lundi 16 février 2026

Supplique


Traditionnellement, les énergies saisonnières s’inversent. La vitalité se réveille. Elle n’entrouvre encore qu’une demi-paupière ; cela suffit pour qu’elle se prépare.

Le printemps commence à s’imaginer. Il se voit comme une brise douce, tiède, caressante. Il est un gros bourgeon de velours, un nid douillet pour ce qui doit éclore.

Ce moment du milieu de l’hiver est une espérance.

Dehors, les bourrasques, la tempête, les inondations.

Miroir abstrait de la fureur humaine, remplie de convoitise, de débauche, de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent.

La souffrance est partout mais personne ne cherche les véritables causes.

L’éveil printanier – dans le jardin les jonquilles sont fleuries – ne veut pas dire qu’il se réalisera selon son rêve. Probablement, il ne sera que la suite de cet hiver troublé, détrempé.

Mais nous pouvons l’appeler. Lui dire que nous ne voulons plus des discordes de voisinage et familiales, des dissensions sociales, des guerres de conquête. Nous ne voulons plus de la furie des points de vue. Nous aspirons à la modération, à la paix dans les quartiers, au plaisir de la rencontre, à la dégustation du petit rien.

Le printemps frémit à notre écoute. Notre supplique aura-t-elle la force de l’influencer ?

Christian Rœsch - directeur de la publication de REFLETS

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