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mardi 5 novembre 2024

Malades par repli envers le futur


 NOUS SOMMES MALADES EN RAISON DE NOTRE FUTUR


A cet effet, il importe de noter que Jung ne voyait pas seulement des causes à une maladie. Il disait que nous étions aussi malades parce que nous n’étions pas ce que nous étions appelés à être. Le dérèglement psychique ou physique porte un sens orienté vers le futur. En somme, nous sommes malades parce que nous ne répondons pas au potentiel créateur que notre inconscient abrite. Nous bloquons l’actualisation consciente de ce potentiel dans notre vie concrète. Aujourd’hui, j’entends cela comme le fait de ne pas exprimer ou manifester son essence individuelle, celle qui correspond aux élans naturels qui nous habitent et que nous avons le goût de manifester sur le plan de l’amour ou de la création. En tout cas, il me semble qu’une telle conception complète bien la vision causale. Pour sûr, il y a des causes à nos maux, toutefois, nous souffrons aussi parce que nous ne sommes pas en train de vivre ce qui nous rendrait plus heureux. Il s’agit d’accepter que notre organisme, grâce à l’intelligence qui lui est propre, nous le manifeste spontanément.

Cela étant dit, il n’y a pas d’intérêt à voir dans ces messages des commandes ou des ordres, il est plus juste de les concevoir comme des rappels de notre nature globale. Il y a un déséquilibre et notre être entier l’exprime par la maladie, simplement, directement, sans fard. Notre rôle est d’écouter ces messages, de tenter de les interpréter et d’entreprendre de changer d’attitude ou de comportement...


...Ce que nous sommes venus exprimer ici n’est pas l’ampleur d’un désastre, mais la perfection même qui nous anime de l’intérieur. Nous vivons pour exprimer la beauté de l’univers que nous portons et qui nous entoure. Tel le bourgeon qui contient déjà la feuille repliée en son sein, nous venons du dedans. Nous avons la vie et nous venons créer de la vie en participant au monde. Nous venons animer cette création collective par nos élans. Voilà pourquoi il est important d’écouter les messages de la maladie et de faire de la place à nos tendances créatrices : c'est que la matière même de notre bonheur réside dans leur expression.

Guy Corneau - Revivre !

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jeudi 2 mars 2017

Père absent... avec Guy Corneau

Selon le psychanalyste jungien Guy Corneau, créateur au Canada de groupes de parole pour hommes, le père qui n'assume pas toute sa fonction paternelle crée des « fils manqués ».

Comment définiriez-vous le père manquant ?
Ce n'est pas tant son absence physique qui est en cause, que son retrait psychologique de la vie de famille et de l'éducation des enfants. Il ne participe pas à leurs jeux, ne s'intéresse pas à leur scolarité et à leurs loisirs. Enfermé dans une culture du pouvoir et du silence, il vit comme à côté des siens et n'assume pas sa fonction paternelle entendue comme ce qui aide l'enfant à baliser son chemin, à mettre des mots sur ce qu'il vit, à dessiner des idéaux et à donner du sens à la vie. La présence active d'un père conduit son enfant, a fortiori si c'est un fils, à s'organiser intérieurement. À canaliser son énergie et à s'ouvrir aux autres.
C'est le rôle de la fameuse triangulation, chère à Freud ?
Oui, le père, s'il joue son rôle, c'est-à-dire s'il entre dans une relation non seulement éducative mais aussi affective avec son enfant, lui permet de sortir de la relation fusionnelle avec sa mère. Il l'aide ainsi à entrer en société. Il aide aussi la maman à rompre avec cette symbiose étouffante et à se rappeler qu'elle est aussi et même d'abord une femme désirée par son conjoint avec qui elle fait couple, avant de former un duo parental.
Beaucoup d'hommes seraient violents parce que leurs pères ont été absents ou n'ont pas posé de limites à leurs fils. Ce serait le cas des djihadistes notamment...
Prenez les frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo. Ils sont allés de foyer d'accueil en foyer d'accueil et ils ont trouvé comme père de substitution un imam emprisonné, qui leur a donné les béquilles qu'ils recherchaient. On connaît la suite... Les djihadistes, et plus généralement les jeunes qui rejoignent les gangs violents, sont victimes d'un défaut de construction identitaire lié à un défaut de triangulation. Souvent, ils sortent d'enfances chaotiques où ils ont manqué de père ou de mère.
Vous préférez parler des rôles paternel et maternel en les dissociant des sexes masculin ou féminin. Pourquoi ?
Traditionnellement, les hommes étaient enfermés dans la fonction éducative. Censés être cadrants, ils devaient être autoritaires et abandonner la fonction affective aux femmes. À elles d'être proches des enfants, cajolantes, confidentes, de passer beaucoup de temps avec eux. Il faut sortir de ces stéréotypes. Force est de constater que certains hommes se débrouillent mieux avec le rôle maternel que bien des femmes. Et, réciproquement, bien des femmes incarnent mieux la loi que leurs conjoints. Pourquoi enfermer les uns dans telle case et les autres dans telle autre ? Aujourd'hui, tout est rebattu et c'est, de mon point de vue, un progrès historique, car les enfants ont tout à y gagner. On sait désormais avec certitude qu'une éducation autoritaire et cassante ne fonctionne pas bien et qu'elle produit souvent bien des dégâts psychologiques.
Quels conseils donnez-vous aux papas pour bien assumer leur mission éducative ?
D'abord, de s'occuper avec tendresse de leurs enfants le plus tôt possible et de créer ainsi un attachement bénéfique de l'enfant au papa. Ensuite, si le couple parental se sépare, les papas peuvent et doivent continuer à trouver leur place, êtres proches et soucieux des leurs. Parfois, ce sera même plus facile qu'avant la séparation. Enfin, aux hommes qui éprouvent de grandes difficultés à construire une relation juste avec leurs fils et filles, je suggère d'entreprendre une thérapie. Elle seule les aidera à dénouer des noeuds anciens, à ne pas répéter ce qu'ils ont vécu avec leurs propres pères.


samedi 7 janvier 2017

Hommage à Guy Corneau


"Les émotions sont l'intelligence-même de la vie en nous. Elles s'adressent autant à notre mental qu'à nos sensations.
C'est l'espace de l'âme.
On en rend les autres responsables : c'est à cause de toi que je suis triste, que je suis en colère...
Or c'est faux, c'est à cause de nous : on avait certaines attentes qui reposent sur des blessures inconscientes, et les circonstances viennent nous rappe
ler les états qui s'installent en nous...
On n'est pas toujours au rendez-vous de nous-mêmes, de notre propre vie et les autres ne sont que des acteurs qui réveillent nos blessures, comme l'abandon qui vient nous rappeler que c'est nous qui nous abandonnons nous-mêmes.
La joie c’est quelque chose qui est déposé en nous dès le départ, la simple joie d'exister, la joie d'être au monde mais aussi la joie de nos actions...
Or très tôt, dès l'enfance, elle se voile et les autres émotions apparaissent comme la colère, la tristesse : on n'est plus au rendez-vous de notre propre joie.
Cela crée une frustration profonde et la seule personne qui puisse faire quelque chose c’est soi."

- Peut-on dire que les émotions sont le tissus de l’humanité ?

"C’est comme l'eau qui circule partout.
Les émotions sont un baromètre car la réactivité vient des blessures qui n'ont pas été travaillées.
On attend encore que les autres fassent quelque chose pour nous. A mesure que je prends soin de moi, que je me rencontre, je suis moins réactif et mes émotions vont servir à autre chose, à être un moteur, un propulseur de l'action juste."

- Les émotions sont donc des guides ?
" Oui si je m'en sers comme des alertes qui me disent que quelque chose se passe.
Si je me dis que cette colère est contre moi, et que je vais chercher le conflit inconscient derrière, alors l'émotion est un très bon guide, le fil de pêche qui mène au poisson qui est souvent la blessure profonde.
De nos jours, il y a une sorte de consommation de l'émotion : il ne se passe pas assez de choses satisfaisantes dans ma vie alors je consomme la tragédie du monde. Par exemple, la guerre c'est un assemblage de beaucoup d'insatisfactions de beaucoup de gens, comme un égrégore de mauvaises croyances.
La somme d'iniquité, la mauvaise répartition des richesses, l'inégalité hommes femmes, c'est le terreau de la guerre, et cela commence chez nous : est-ce que je répartis bien les richesses dans ma vie, est ce que je suis équitable envers les gens qui m'entourent, est-ce que je fais ma part pour ceux qui ont moins, pour apporter plus d'égalité ?
La guerre nous invite à regarder la guerre dans nos vies.
Dans mon couple par exemple, choisir toujours la paix, plutôt que les querelles ou le contrôle de l'autre..."


Guy Corneau
Extrait d'une interview en avril 2016 dans "Soleil Levant"


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samedi 19 novembre 2016

« L'apprentissage de la vie c'est d'exister à travers la beauté, la joie, l'intensité d'une vie créatrice... »

Interview de Guy Corneau par Jacky Durand

JD : Bonjour Guy ! Tu es connu ici en France pour tes livres, ta victoire sur la maladie et tes séminaires de développement personnel. Je t’ai entendu récemment en interview avec Lilou Mace et cela m'a donné beaucoup de joie... Pourrais-tu nous parler de la grandeur et de la décadence des émotions ?

 GC : Les émotions sont l'intelligence-même de la vie en nous. Elles s'adressent autant à notre mental qu'à nos sensations.
C'est l'espace de l'âme.
On en rend les autres responsables : c'est à cause de toi que je suis triste, que je suis en colère...
Or c'est faux, c'est à cause de nous : on avait certaines attentes qui reposent sur des blessures inconscientes, et les circonstances viennent nous rappeler les états qui s'installent en nous...
On n'est pas toujours au rendez-vous de nous-mêmes, de notre propre vie et les autres ne sont que des acteurs qui réveillent nos blessures, comme l'abandon qui vient nous rappeler que c'est nous qui nous abandonnons nous-mêmes. La joie c’est quelque chose qui est déposé en nous dès le départ, la simple joie d'exister, la joie d'être au monde mais aussi la joie de nos actions...
Or très tôt, dès l'enfance, elle se voile et les autres émotions apparaissent comme la colère, la tristesse : on n'est plus au rendez-vous de notre propre joie.
Cela crée une frustration profonde et la seule personne qui puisse faire quelque chose c’est soi.

JD : Peut-on dire que les émotions sont le tissus de l’humanité ?

GC : C’est comme l'eau qui circule partout.
Les émotions sont un baromètre car la réactivité vient des blessures qui n'ont pas été travaillées.
On attend encore que les autres fassent quelque chose pour nous. A mesure que je prends soin de moi, que je me rencontre, je suis moins réactif et mes émotions vont servir à autre chose, à être un moteur, un propulseur de l'action juste.

JD : Les émotions sont donc des guides ?

GC : Oui si je m'en sers comme des alertes qui me disent que quelque chose se passe.
Si je me dis que cette colère est contre moi, et que je vais chercher le conflit inconscient derrière, alors l'émotion est un très bon guide, le fil de pêche qui mène au poisson qui est souvent la blessure profonde.
De nos jours, il y a une sorte de consommation de l'émotion : il ne se passe pas assez de choses satisfaisantes dans ma vie alors je consomme la tragédie du monde. Par exemple, la guerre c'est un assemblage de beaucoup d'insatisfactions de beaucoup de gens, comme un égrégore de mauvaises croyances.
La somme d'iniquité, la mauvaise répartition des richesses, l'inégalité hommes femmes, c'est le terreau de la guerre, et cela commence chez nous : est-ce que je répartis bien les richesses dans ma vie, est ce que je suis équitable envers les gens qui m'entourent, est-ce que je fais ma part pour ceux qui ont moins, pour apporter plus d'égalité ?
La guerre nous invite à regarder la guerre dans nos vies.
Dans mon couple par exemple, choisir toujours la paix, plutôt que les querelles ou le contrôle de l'autre...

JD : Tu collabores avec Pierre Lesare pour animer les séminaires « Vivre en santé ». Toi qui as passé trente ans de ta vie malade, dont plusieurs années avec un cancer avancé, quel est le secret de ton alchimie pour transformer le plomb en or, ou le cancer en belle santé ?

GC : D'abord je dirais beaucoup d'humilité, accepter que la maladie soit ton maître, un enseignant qui te tape sur l'épaule à toi très personnellement, et qui te dit que quelque chose ne va pas dans ta vie. Bien sûr qu'un cancer ce n'est pas seulement psychologique, il y a des facteurs environnementaux très importants, des facteurs familiaux aussi.
Mon père est mort du cancer, ma mère en a eu deux, on est des spécialistes pour fabriquer des maladies auto-immunes et orphelines dans ma lignée familiales donc les fragilités sont déjà là.
Ce ne sont que des terrains qui prédisposent, mais les éléments déclencheurs sont des vies où il y a beaucoup de stress et pas assez de joie. Je dirais que le cancer m'a invité à un examen très profond de mon style de vie intérieur et extérieur.
Un des exercices que j'ai fait pendant le cancer est de passer en revue toutes mes relations affectives.
Tout ce qui était réglé et non réglé de toute ma vie : mes relations avec mes parents, mes anciennes compagnes...
Cela m'a demandé de faire plusieurs courriels, quelques coups de téléphone et des rencontres pas toujours faciles, délicates aussi en pleine maladie.
En faisant cela, j'ai eu l'impression de légèreté, de liberté, de retrouver une unité avec la vie, j'avais guéri quelque chose.
Je me suis dit qu'il serait possible que mon corps ne suive pas : c'était un cancer stade 4 et on ne peut pas trop en demander à notre organisme.
Mais j'avais guéri quelque chose et la joie était au rendez-vous, j'allais mourir le sourire aux lèvres et ce serait mon meilleur véhicule pour traverser !
Pendant le cancer, j'ai aussi mis en place beaucoup d'éléments que je connaissais : l'acupuncture, l'homéopathie, agir sur la maladie par l'alimentation.
Je connaissais comment visualiser, utiliser l'imagination créatrice, la méditation, les traitements énergétiques. J'ai mis en scène tout mon arsenal pour me guérir et tranquillement tout cela a ramené une joie de vivre très profonde, même à l'article de la mort. Au lieu de me dire je suis triste parce que j'ai le cancer, je suis désespéré, je me suis dit : j'étais triste et désespéré, je ne le savais pas et le cancer est venu me le dire.

JD : Malgré ta connaissance de toi-même, du psychisme, cela n’a pas empêché que ce cancer vienne. 

GC : Non parce qu'au fond j'ai l'impression que les épreuves viennent à mesure que l'on peut les affronter.... Je viens d'une enfance très troublée, difficile à digérer et tranquillement, j'ai pu y aller couche par couche et le cancer j'espère, était la dernière. Cela m'a permis de rencontrer les couches de protection que j'avais mises en place, et qui m'empêchaient d’être moi-même pleinement. La maladie est toujours une invitation à se retrouver soi-même, et plus que cela, c'est une invitation à sortir de nos misères et retrouver la joie au cœur-même de l'épreuve, parce qu'au fond il n'y a pas de raison de ne pas être joyeux, c'est des raisons que l'on s'invente et qui font que l'on se donne une vie comme ça : on existe à travers nos drames. L'apprentissage de la vie c'est d'exister à travers la beauté, la joie, l'intensité d'une vie créatrice, c'est là le secret. J'ai commencé à réaliser tout ça avec beaucoup de profondeur, de gravité qui invitait à l'allègement.
Les gens te félicitent car tu as vaincu le cancer, mais moi je me disais que j'ai seulement fait mon possible.
Je leur disais : le combat c'est maintenant, c'est chaque jour après pour choisir la joie, pour rester dans la légèreté, pour rester proche des choses que j'ai apprises à travers la maladie, ça pour moi c'est le combat.

JD : Dans une autre interview tu as parlé de nourriture lumineuse, qui provient d'une pratique méditative, mais aussi de la qualité de notre nourriture qui doit aider au processus de guérison.

GC : Tout à fait, plus une nourriture est vivante plus elle te rend vivant, plus c'est proche du cru plus cela te donne de la vie, plus c'est cultivé avec amour plus cela donne de l'amour.
Si on fait un pas de plus, c'est vrai que l'été dernier avec mon ami Pierre on a fait des repas de lumière : on a ingéré consciemment des particules de lumière.
On en ingère tout le temps, tout le monde, mais là, on a appris à ouvrir les centres énergétiques pour les nourrir de lumière, ouvrir les mains, prendre 20 minutes pour ingérer consciemment de la lumière.
Et c'est clair que les premières nourritures de l'être humain sont la lumière, l'eau et l'air.
Je suis un bon vivant j'aime manger et j'avoue que cette consommation de lumière est extrêmement énergisante.
Hubert Reeves, que je connais personnellement dit qu'on est des poussières d'étoiles, poussières de lumière en action dans l'univers, et dans la bouche d'un astrophysicien cela nous ramène à notre juste proportion !
On est des poussières en train de danser dans l'univers.
Quand on regarde le sang au microscope, la santé du sang est indiquée par des phénomènes lumineux.
Cela ressemble aux petites fleurs qu'on voit à la surface de l'eau, dans le sang il y a la même danse de lumière qui indique la santé du sang...
Je me rappelle la première fois où je suis passé proche de la mort, je suis rentré dans des états ouverts et unitifs et je voyais que la nourriture que je mangeais avait sa propre lumière, tout dans l'univers émanait de la lumière douce, c’était fantastique.

JD : Le théâtre ne t'a jamais quitté depuis ton adolescence. Te voilà dans une actualité d'artiste pédagogue à Paris : « L'amour dans tous ses états » au Théâtre du Feu de la Rampe jusqu'au 20 avril.
Tu débusques de façon ludique les difficultés, les drames dans le couple, mais voilà comment
vivre la tendresse au sein du couple ?

GC : C'est un couple qui choisit la guerre à cause de ses blessures. Chacun des protagonistes attend beaucoup de l'autre, et chacun est déçu.
Moi au début j'interviens entre les scènes pour éclaircir et expliquer : quelle est la nature de leur attachement, quelles sont les blessures de fond, et peu à peu je suis happé par le couple et je les retrouve dans mon cabinet.
On joue aussi avec la salle, j'amène les spectateurs dans mon groupe de thérapie.
La salle nous souffle ce qui se passe chez lui, chez elle, ce que le couple est incapable de dire... Et les acteurs reprennent cela. C'est génial, je le fais pour la simple joie de le faire, pour trépigner comme un enfant qui s'apprête à jouer, je suis juste heureux de faire ça.
Au fond, je suis un psy et j'ai passé une grande partie de ma vie à expliquer les choses.
Je trouvais que la partie de moi-même qui avait besoin de s'exprimer sans s'expliquer avait besoin de vivre : la poésie, la chanson, le théâtre, me permettent une intensité, et je trouve cela extraordinaire.
Et comme maintenant je suis vieux, je me dis je vais prendre ma retraite pour faire uniquement des choses que j'aime donc je continue à faire ce que je faisais et je rajoute le théâtre !

source : magazine "soleil levant"

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samedi 29 août 2015

Danis Bois et "La vie entre les mains" (1)



...Un autre événement rapporté également dans La vie entre les mains allait m'interpeller. J'y raconte un épisode qui m'était arrivé en 1973, alors que j'étais jeune kinésithérapeute : «j'eus à m'occuper d'un malade en état de coma profond nouvellement arrivé en service de réanimation. J'allais lui apporter des soins, et m'aperçus en entrant, que je le connaissais : ‘si vous me reconnaissez, serrez-moi trois fois la main', lui dis-je. Il le fit, des larmes coulaient sur son visage. Cette rencontre fut bouleversante : et si le coma profond laissait intact une certaine forme de perception ? S'il existait une autre perception ?... »

Je découvrais étourdi, l'existence d'une conscience qui se cache dans l'ombre et je soupçonnais la présence d'une perception qu'il fallait redécouvrir en plongeant dans soi. En vue de pénétrer ce mystère, je commençais à me familiariser avec une pratique d'intériorisation. Chaque jour, je m'offrais un moment de silence où je fermais les yeux et vivais à l'intérieur de mon corps, ce qui était jusqu'alors inaccessible à ma conscience. C'est ainsi qu'à l'âge de vingt-sept ans j'écrivais dans mon journal : « Un vent nouveau m'amène plus loin : l'exploration du silence interne. Sans technique orientée, sans influence d'aucune sorte. Je m'installe dans une chambre isolée, dans une position de mon choix, et je ferme les yeux. Il y a dans ces rendez-vous un goût d'insolite. Chaque moment, est source de nouvelles découvertes, ne ressemblant jamais à aucune attente. Ces sensations éphémères continuent de résonner dans mon corps » (journal intime, 1976). 

Ce que je rencontrais était plus étrange que ce que mon entendement était capable de concevoir, c'est pourquoi j'écrivais à l'époque : « J'ai décidé de soigner ma surdité à l'inaudible, non pas en ouvrant grand mes oreilles, mais en débridant la partie trop rationnelle de moi-même. (...) Je me sens au bord de quelque chose de nouveau. mais un mur invisible m'en sépare encore.» (Journal intime, 1976). 

Jusqu'alors, je faisais l'expérience de l’intimité du corps en me sondant moi-même dans mes faces à face quotidiens avec le silence. La pratique de la kinésithérapie ne répondait plus à ma quête de profondeur, c'est pourquoi j'entrepris dans les années 1975, des études d'ostéopathie, discipline qui me paraissait plus en adéquation avec ma quête existentielle. Avec cette pratique, je rencontrais la vie subjective mais cette fois-ci à travers le corps d'autrui et non plus seulement à travers mon propre corps...


"Rien n'est plus proche de l'absolu que le silence. 
Il n'y a rien de plus proche de l´être que le silence habité de la présence en soi"


vendredi 23 mai 2014

vendredi 15 juin 2012

le sens de la maladie avec Guy Corneau (3)



Mais chacun sait que la vie est remplie de pièges et d'écueils. Les embûches sont infinies de même que les occasions de trébucher. De peine et de misère, je l'ai appris à mes dépens. J'ai compris graduellement que ce qui faisait la dignité d'un homme, que ce qui le rendait digne de respect, était sa façon de se tenir dans la tempête. Quand l'épreuve survient, on apprend qui l'on est. On sait alors de quel bois on se chauffe et on découvre ses ressources. Et, alors que la maladie ou l'épreuve vous ont dépouillé d'une bonne couche de complaisance vaniteuse, celui que l'on rencontre en soi est un autre. Il a des ressources lumineuses, joyeuses et amoureuses, toutefois il ne saurait prétendre à rien, car ce qu'il a véritablement appartient à tous.


Dernière partie

source : RSR

jeudi 14 juin 2012

le sens de la maladie avec Guy Corneau (2)

Poursuivons l'écoute de cette émission qui peut toucher notre être...

Notre nature universelle est faite de joie, d'amour et de lumière. Elle ne saurait devenir un objet de vanité puisqu'elle existe sans que nous ayons à la mériter ni à faire quoi que ce soit. Sauf la découvrir, bien entendu. Pour cela, chacun est invité à détacher son regard des difficultés et des ombres qui traversent toute vie pour se réjouir de la partie lumineuse qui brille en soi au-delà de sa biographie. Ce qui est en jeu est un choix fondamental : celui de choisir ses états intérieurs. Et lorsqu'à certaines heures de certains jours, la joie est en soi, on se sent alors mystérieusement en lien avec l'univers et l'on sait que l'on répond par notre existence à la beauté et à la force de la vie.

Partie 2

source : RSR

mercredi 13 juin 2012

Le sens de la maladie avec Guy Corneau (1)

Le psychanalyste québecois Guy Corneau témoigne de sa lutte contre le cancer dans son dernier livre "Revivre", paru aux Editions de l'Homme.


Voici le cri d'un homme qui, aux prises avec le cancer, découvre en lui la force insoupçonnée de la joie. De ce récit personnel, émouvant, drôle parfois, Guy Corneau a fait un livre d'amitié où il partage avec ses lecteurs son expérience de la maladie.

Partie 1



2007: le célèbre psychanalyste n'est qu'un patient anonyme dans une salle d'hôpital. Il reçoit la terrible nouvelle: un cancer de grade 4, le plus élevé. 2008: " M. Corneau, je ne sais pas ce que vous avez fait mais ça a marché!", lui annonce son oncologue. 2009: Yanna sa compagne d'âme, meurt d'un cancer qui s'est généralisé. 2010: la vie de Guy refleurit.


Entre ces dates, l'épreuve est rude et l'issue, incertaine. L'auteur relate sa traversée du cancer, durant laquelle il a allié médecines traditionnelles et énergétiques à une démarche psychologique. Sans donner de leçons ni de recettes, en observant son propre parcours avec humilité et humanité, il nous encourage à ne pas nous laisser réduire à notre maladie.


Il nous incite à en découvrir le sens psychologique et spirituel, et à trouver en nous et autour de nous les ressources pour célébrer la vie. Pour le malade, l'ami ou l'accompagnant que nous sommes ou que nous serons à un moment de notre vie, ce livre est une inspiration de chaque instant.


Psychanalyste jungien, Guy Corneau a écrit "Le meilleur de soi", "Victime des autres, bourreau de soi-même" ainsi que "La guérison du coeur, L'amour en guerre" et "Père manquant, fils manqué", qui ont tous été traduits dans plusieurs langues. Au cours des vingt dernières années, Guy Corneau a donné des centaines de conférences et dirigé de nombreux ateliers de développement personnel dans divers coins du globe. Très présent dans les médias, il a animé, pendant quatre ans, l'émission télé "Guy Corneau en toute confidence".
Engagé socialement, il a fondé le Réseau Hommes Québec et le Réseau Femmes Québec, dont la formule s'est répandue dans plusieurs pays. En 1997, il a mis sur pied Coeur.com, un regroupement d'artistes et de thérapeutes qui se réunissent dans un effort commun pour stimuler l'expression créatrice et l'ouverture du coeur.

samedi 25 juillet 2009

Le meilleur de soi avec Guy Corneau

Après obtention d'une Maîtrise en sciences de l'éducation de l'Université de Montréal (1976), Guy Corneau est allé se former à l'Institut de psychologie analytique Carl Gustav Jung de Zürich, où il a reçu son diplôme de psychanalyste en 1981. Il porte le titre de psychanalyste jungien.
Après une dizaine d'années passées en cabinet, il a quitté la pratique privée afin de communiquer plus largement. Ce parti pris de vulgarisation s'est alors traduit par de nombreuses conférences publiques, de l'enseignement et de multiples tournées...

Guy Corneau nous parle des ombres et de la lumière, des compensations... et de nos mécanismes. Vous pouvez l'écouter avec compulsion :




vendredi 27 mars 2009

La présence avec Guy Corneau


Guy Corneau est un psychanalyste jungien et auteur, né au Québec. Voici un extrait d'interview pour goûter plus... (2:35 min)




lundi 19 janvier 2009

Vivre autrement : change ou meurs !

Vivre autrement, c’est surtout un appel au changement, pour que chacun redécouvre les plaisirs d’une vie équilibrée. Mario Proulx a réalisé cette émission. Il a également rencontré une cinquantaine de personnes pour réaliser une série radio de cinq heures. Il offre, dans un livre, une version qui reflète l'ensemble des idées formulées au cours des entrevues avec 11 de ces personnes:
Christophe André, Christine Angelard, Alain Beauregard, Jean-Louis Brazier, Richard Chevalier, Serge Marquis, Matthieu Ricard, David Servan-Schreiber, Arnaud Desjardins, Le père Benoît Lacroix, Martin Juneau.

Dans cette partie : Alain Beauregard, physicien et chef d’entreprise, s'est guéri d'un cancer qui avait été diagnostiqué incurable. Guy Corneau,auteur et psychanalyste, s'est remis d'un cancer. (44 min.)