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mardi 20 octobre 2026

Se déposer

 Méditer ce n'est pas faire mais se laisser défaire. C'est se confier au corps vivant, aux sensations et au mouvement naturel de la respiration et les laisser faire et nous défaire. Rien à atteindre, rien à contrôler, rien à comprendre ou à diriger – plutôt céder la place à la sensation et au rythme de l’inspir et de l’expir afin qu’ils nous ramènent à nous-mêmes, qu’ils dénouent nos fixations, nos tensions, nos saisies, nos ruminations, nos distractions en les ancrant dans notre présence corporelle et dans ce  mouvement du Vivant. Méditer c'est se laisser être respiré par la Vie et se confier et s’accorder encore et encore à cette intelligence et sagesse inhérente qui la meut, et dont nous ne sommes pas séparés. C'est se donner encore et encore à ce qui est "infaisable" mais que la vie fait naturellement, spontanément et librement : le va et vient naturel de la respiration, les sensations qui s'expriment dans le corps, les organes des sens qui reçoivent naturellement les perceptions sans choisir ou commenter ou juger, le simple fait d'entendre, de voir, de sentir, de percevoir - et plus fondamentalement, la faculté innée et naturelle d'être conscient, cet espace ouvert dans lequel tout apparaît et disparaît. 

Se déposer dans une présence et disponibilité réceptive et se remettre au corps pour lui laisser faire tout le travail, lui laisser nous ramener et nous ancrer dans cette intimité avec la vie, lui laisser dévoiler les tensions, fixations et réactivités qui nous éloignent de cette intimité, lui laisser nous enseigner, nous réharmoniser et nous réaccorder avec cette sagesse du Vivant en nous.

David C, L'Ouvert

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mercredi 14 octobre 2026

Simple automne

Chères amies, chers amis,

Shibata Zeshin, Kaki et fourmis, période Meiji, XIXe siècle

L’automne nous invite à la simplification. Osons nous dépouiller du superflu pour retrouver l’essentiel.

La simplicité porte en elle une puissance redoutable, elle nous pose face à nous-mêmes sans possibilité de fuite. Or nous avons tous tendance à dépenser une quantité non négligeable de temps et d’énergie à la recouvrir de complexité pour éviter un contact trop vrai et trop prégnant avec le réel.

Et si nous osions écouter et voir en direct, en toute simplicité, la réalité qui est là sous nos yeux en cessant de lui imposer nos interprétations, nos théories et nos appréciations. Si nous la laissions être ce qu’elle est, sans critère et sans standard, que se passerait-il ?

La simplicité nous invite à lâcher nos savoirs, à nous dénuder, comme les arbres se détachent de leurs feuilles, pour expérimenter en direct le vent, la pluie et le soleil. Nous n’avons pas besoin de manuels, pour ressentir la vérité et l’intensité de la vie.

Seul le désir de vivre pleinement et intégralement sont nécessaires.

Alors ? Allons-nous enfin oser vivre en vérité et cesser de conceptualiser, théoriser et d’aseptiser la vie en nous et autour de nous ?

Les pratiques proposées, l’assise et l’ancrage ont chacune à leur manière le dessein de nous reconnecter à la simplicité d’être, de nous ramener à notre sagesse et notre plénitude originelle.

- Nathalie Delay

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lundi 7 septembre 2026

Etat de simplicité


 "Alors que vous méditez, il est naturel que les pensées continuent de surgir. Le point n'est pas d'essayer de les arrêter, ce qui serait impossible de toute façon, mais de les libérer.

Cela se fait en restant dans un état de simplicité, qui permet aux pensées de surgir et de disparaître sans s'accrocher à elles.

Lorsque vous n'entraînez plus le mouvement des pensées, elles se dissolvent tout seuls sans laisser de trace.

Lorsque vous n'abîmez plus l'état de calme avec des fantasmes mentaux, vous pouvez maintenir la sérénité naturelle de l'esprit sans effort.

Parfois, laissez vos pensées couler, et observez la nature inébranlable derrière elles.

Parfois, coupant brutalement le flux des pensées, regardez la conscience nue."

~

Dilgo Khyentse Rinpoche

De : "Le trésor du cœur des éveillés"

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mardi 11 août 2026

Eclipse

 ÉCLIPSE DU 12 AOÛT : FAUT-IL VRAIMENT RESTER À L’INTÉRIEUR SELON LA METAPHYSIQUE CHINOISE ?

En parcourant les publications qui circulent actuellement dans les milieux de la métaphysique chinoise moderne, je suis tombé sur plusieurs avertissements concernant l’éclipse solaire du 12 août. Il faudrait rester chez soi, fermer les rideaux et éviter toute exposition. Certaines publications affirment qu’une minute passée à observer l’éclipse pourrait entraîner une année de malchance. D’autres désignent les personnes qui seraient particulièrement vulnérables en fonction de leur BaZi.
Chacun reste libre de suivre ces recommandations. Si vous ressentez le besoin de vivre cette éclipse dans le retrait, je ne vois aucune raison de vous forcer à sortir. Un geste peut avoir du sens pour nous sans devoir s’imposer à tous.
Il devient toutefois nécessaire de vérifier les sources lorsque ces conseils sont présentés comme des règles anciennes de la métaphysique chinoise.
Les éclipses étaient effectivement prises très au sérieux dans la Chine traditionnelle. Le Soleil représentait notamment le souverain. Son obscurcissement pouvait être interprété comme un avertissement du Ciel et amenait l’empereur à suspendre certaines activités, à adopter une tenue plus sobre et à examiner sa manière de gouverner.
Le Zuozhuan décrit déjà le rite destiné à « secourir le Soleil ». Le Fils du Ciel ne tenait pas de grand banquet et faisait battre le tambour à l’autel du sol. Les seigneurs y présentaient des étoffes et faisaient également battre le tambour dans la cour. Sous les dynasties suivantes, ces cérémonies furent organisées dans les bâtiments officiels, sur des plateformes découvertes et dans les cours des administrations. On y disposait une table d’encens, tandis que les tambours résonnaient jusqu’au retour complet du disque solaire.
La tradition connaît donc la gravité, l’abstention et la rectification. Elle connaît aussi des rites accomplis publiquement, devant le phénomène. Je n’y ai pas trouvé de règle générale demandant à toute la population de se barricader chez elle pour échapper à une influence nocive.
Xunzi allait beaucoup plus loin. Il rangeait les éclipses parmi les transformations rares du Yin et du Yang. Nous pouvons nous en étonner, écrivait-il en substance, mais nous n’avons pas à les craindre. Un gouvernement éclairé ne sera pas renversé par une éclipse, tandis qu’un pouvoir désordonné ne sera pas sauvé par l’absence de signes célestes.
Il connaissait parfaitement le rite du « secours au Soleil », mais lui attribuait une fonction culturelle et morale plutôt qu’une efficacité magique. Le rite donnait une forme à l’événement et rappelait aux êtres humains leurs responsabilités. Croire que les tambours obligeaient réellement le Soleil à revenir relevait, selon lui, d’une confusion.

Le corpus taoïste adopte une position plus rituelle. Le Duren Jing et ses commentaires mentionnent les éclipses parmi les désordres célestes qui peuvent donner lieu au jeûne rituel, à l’offrande d’encens et à la récitation de textes sacrés. Nous sommes alors dans le cadre précis d’une pratique spirituelle transmise. Ce passage ne parle ni de rester derrière des rideaux ni d’une contamination frappant ceux qui se trouveraient dehors.
Je n’ai trouvé aucune origine classique taoïste ou métaphysique à la règle selon laquelle une minute d’observation vaudrait une année de malchance.
Je n’ai pas davantage retrouvé de méthode ancienne permettant d’établir les listes de Troncs célestes et de Branches terrestres actuellement présentées comme particulièrement menacés. Il peut exister des interprétations contemporaines intéressantes, mais leur caractère récent devrait être annoncé.
Cela ne retire pas toute portée métaphysique à l’éclipse. Connaître son mécanisme physique ne nous oblige pas à rester indifférents à ce qu’elle représente.
Pendant quelques instants, la lumière du Soleil nous parvient à peine. Pourtant, le Soleil n’a rien perdu. Quelque chose s’est simplement interposé entre lui et nous.
Il arrive que nous vivions une expérience semblable. Une part de nous demeure présente, mais toute notre existence s’est organisée de telle manière qu’elle ne trouve plus d’espace pour apparaître. Nous finissons parfois par croire qu’elle est morte, alors qu’elle est seulement recouverte.
L’éclipse peut nous offrir un moment pour regarder cela sans fabriquer une prédiction ni chercher un message personnel caché dans le ciel. Qu’est-ce qui s’est interposé entre nous et notre propre lumière ?
La réponse ne sera probablement pas spectaculaire. Elle peut concerner une décision continuellement reportée, une parole que nous n’osons plus prononcer ou une orientation dont nous nous sommes progressivement éloignés.
Le retour de la lumière mérite autant d’attention que son obscurcissement. Une prise de conscience ne change rien si elle disparaît dès que nous reprenons nos occupations. Lorsque ce qui était caché redevient visible, encore faut-il accepter de lui faire une place concrète.
Ceux qui souhaitent vivre l’éclipse dans le retrait pourront s’asseoir en silence quelques minutes avant son maximum. En Suisse, celui-ci aura lieu approximativement entre 20 h 15 et 20 h 20.
Nous pouvons observer intérieurement ce qui s’est obscurci, puis choisir, au retour de la lumière, un geste simple qui lui rendra un peu de place dans notre vie. Cette proposition est une pratique contemplative inspirée par le phénomène, et non un ancien rituel taoïste, précisons le.
Ceux qui préfèrent sortir et observer l’éclipse peuvent naturellement le faire, en protégeant leurs yeux selon les recommandations officielles.
Les pratiquants ayant reçu des consignes particulières suivront les indications de leur lignée.
Il vaut mieux ne pas improviser des talismans ou des invocations à partir de fragments recueillis sur Internet, surtout lorsque plusieurs règles rituelles différentes sont mélangées.
Rester à l’intérieur peut être un choix de recueillement parfaitement respectable. Sortir pour regarder le ciel ne constitue pas davantage une faute spirituelle. Je ne vois aucune raison d’ajouter de la peur à un phénomène qui nous offre déjà une image suffisamment forte.
Pour ma part, je profiterai de cet obscurcissement pour regarder ce qui, en moi, est toujours vivant, mais attend encore que je lui rende une place.
Bonne réflexion et pratique.
Fabrice Jordan
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mercredi 5 août 2026

Evolution des pratiques

 La pratique vers l'éveil adaptée au monde moderne.

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mercredi 24 juin 2026

Conscience unique


« La méditation est d’une simplicité déroutante. Elle ne consiste ni plus ni moins à observer tout ce qui arrive, y compris nos propres pensées et notre respiration, sans faire le moindre commentaire. Au bout d’un moment, toute pensée, tout dialogue avec soi-même se dissipent et l’on aperçoit qu’il n’y a en fait pas de ‘soi-même’ distinct de ce qui est en train de se dérouler, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre peau. Notre conscience, notre respiration et nos sentiments participent du même processus que le vent, la croissance des arbres, le bourdonnement des insectes, le cours de l’eau et la rumeur lointaine de la ville. Tout cela est un seul et unique évènement aux multiples facettes, un perpétuel maintenant sans passé ni futur, dont on est conscient avec le même ravissement fasciné d’un enfant en train de lancer des galets dans la rivière.»

Alan Watts

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vendredi 19 juin 2026

Prendre un moment matinal

 

Avant de commencer la journée prenons un moment pour nous ancrer dans la pleine présence. Avant d’être emportés par le flot des « Je dois » et des « Il faut », prenons le temps de ressentir notre corporalité dans sa totalité. Nos pieds posés sur la terre, établissons-nous dans la réalité de l’instant. Laissons notre centre vital devenir vivant, notre corps respirer. Le souffle s’approfondit, prend de l’ampleur. Le mental se détend, la région de la poitrine se vide doucement du trop-plein émotionnel et de l’anxiété qui s’accumulent au fur et à mesure des jours. Laissons au cœur l’espace de se déployer et à l’esprit de s’ouvrir.

Prenons le temps de redevenir un tout unifié, habité par le souffle, pour entrer dans l’activité du jour, notre aplomb et notre tranquillité stabilisés. Même si cet aplomb et cette tranquillité s’étiolent au fur et à mesure de la journée, le simple fait de prendre un moment, chaque matin, pour s’y établir, nous aide à ne pas complètement perdre pied dans les remous du Réel.

Ce temps du matin nous permet de générer une présence enracinée dans le vrai de l’instant. Célébrons le jour nouveau qui commence, une création et non pas une inlassable répétition, si nous savons être présents de tout notre être, cœur, esprit et centre vital unifiés. Un temps de rassemblement et de recueillement. Une prière vivante, incarnée des pieds à la tête. Le ciel et la terre s’unissent dans notre réceptivité et nous permettent d’aborder la journée avec sérénité.

Nous retrouvons la capacité de nous ajuster sur le vif aux variations du réel sans perdre l’équilibre. Le goût de l’aventure et la joie de l’imprévu remplacent l’inquiétude et la résistance. Nous sommes de moins en moins frileux, prêts à jouer pleinement notre partition dans le grand ballet de la Réalité.

Nathalie Delay

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lundi 23 mars 2026

Retour à l’innocence primordiale

 ERIC EDELMANN, Retour à l’innocence primordiale - 21 méditations pour se rappeler qui nous sommes , paru aux éditions L’ORIGINEL Editions L'Originel Charles Antoni (2026).

J’ai eu la chance immense de pouvoir aller écouter Arnaud Desjardins de vive voix pendant des années, de 2002 à 2011, l’année de sa mort : il ne se passe pas une journée sans que je ne savoure ce privilège. Arnaud Desjardins fut en effet un enseignant spirituel d’une envergure exceptionnelle, lui qui se présentait immanquablement comme un disciple de Swâmi Prajnânpad, son maître indien. Il était pourtant lui-même un maître occidental, comme il en existe très peu. Il était de ceux qui ne cherchent qu’à libérer leurs apprentis disciples de tous leurs conditionnements, y compris des mécanismes qui tendraient à rendre ces apprentis dépendants de lui-même.
Un livre composé par le disciple à qui a été offert, par Arnaud Desjardins de son vivant, le flambeau de cet enseignement-là ne peut donc être qu’infiniment précieux. Eric Edelmann, par ailleurs docteur en philosophie, est l’auteur d’une douzaine d’autres ouvrages.
Ce livre est précédé d’une introduction, très intéressante et d’une clarté remarquable, de Sophie Edelmann, avec qui son époux anime le centre québécois de Mangalam. Le reste de l’ouvrage se compose d’un bref avant-propos, d’une première section intitulée « Une question de perspective : guérir l’égo ou guérir de l’égo ? », puis d’une seconde qui a pour titre « Approches méditatives ».
La première partie présente la méditation telle qu’elle se pratique dans cet enseignement et dans d’autres. Il en précise les différents pièges possibles, souvent subtils, et les illusions qui recouvrent sa pratique. Il insiste aussi sur l’importance de s’inscrire dans une lignée cohérente, une tradition authentique de maître à disciple. Il indique enfin les conditions propices à une méditation digne de ce nom :
« Lorsqu’Arnaud Desjardins nous recommande de “spiritualiser nos fonctions”, il invite à rendre celles-ci de plus en plus subtiles afin de nous rendre aptes à appréhender une réalité d’un ordre supérieur qui se situe en deçà de l’apparition des perceptions sensorielles habituelles et des conceptions dualistes. […] S’il y a une progression en méditation, elle va dans le sens d’une plus grande clarté parce que nous devenons plus transparents. […] À la différence d’une approche méditative essentiellement fondée sur une concentration exclusive (one pointed mind, “l’esprit fixé sur un point”), on peut au contraire cultiver une ouverture sans restriction, une conscience-témoin qui laisse passer les pensées et représentations comme un reflet sur un miroir. Ce “lâcher-prise” par rapport à toutes les productions mentales est possible, non pas à partir du seul mental, mais à partir de l’être entier, qui inclut le corps physique, la posture juste et une parfaite stabilité. » (p. 53-54)
La seconde partie nous propose 21 méditations, dont le texte est issu d’enregistrements de méditations réellement menées, dans la fraîcheur de l’instant présent. Chaque méditation demande donc que l’on s’imprègne lentement de chaque phrase, de chaque mot ici retranscrits, afin d’en retirer des fruits qui ne soient pas qu’intellectuels. C’est dans la lenteur et la profondeur de la lecture que la substantifique moelle de cet enseignement a quelque chance de nous parvenir, si nous ouvrons le cœur et le corps à cette parole vivante. L’une de ces méditations, par exemple, qui s’intitule « S’entraîner au “oui“ », commence ainsi : « Déposez-vous, en relâchant toutes les tensions avec une approche bienveillante. Ce regard qui est tourné vers soi-même n’apporte pas la division, le jugement, mais il est tout accueil. C’est une non-opposition, un regard ouvert, englobant, qui inclut votre condition et votre état intérieur. » (p. 79)
Je vous recommande vivement cette lecture !

Sabine Dewulf

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jeudi 29 janvier 2026

Opportunité...

 


"Notre bonheur dépend de nous, de notre façon de répondre aux événements, et non des autres personnes. Notre souffrance dépend également de nous. Quand nous sommes conscient.e.s de cela, nous ne blâmons ni ne nous plaignons plus ; nous sommes déterminés à prendre un nouveau départ avec nous-mêmes. Car une nouvelle opportunité est déjà en train de se présenter à nous".
-le maître zen Thich Nhat Hanh, extrait d'une lettre à ses disciples

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lundi 26 janvier 2026

Accepter les névroses cachées


Dans la pratique de la méditation, finalement, nous sommes exposés. Nous espérions ne pas avoir à passer par l'embarras de nous exposer ; nous espérions contourner cette zone particulière et devenir éclairés.
Vous pouvez parler de la façon dont vous étiez mauvais auparavant. Il n'y a pas de mal à en parler car c'est du passé ; vous êtes déjà une meilleure personne.
La pratique de la méditation est tout le contraire de cela. Il ne s'agit pas du tout d'atteindre un certain état d'être. La pratique de la méditation est un moyen de devenir ami avec soi-même. Que nous soyons dignes ou indignes, là n'est pas la question. Il s'agit de développer une attitude amicale envers nous-mêmes, d'accepter les névroses cachées qui nous traversent.
"Écrits choisis" dans les Œuvres complètes de Chogyam Trungpa, volume 2, page 540.

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vendredi 21 novembre 2025

Apaisement de la souffrance

 L'apaisement de la souffrance avec le moine-enseignant Zen Jean Nyojo Rat


Dans la vie quotidienne, le zen Sōtō insiste sur le geste juste, fait avec tout son être, sans attente ni calcul: balayer, cuisiner, jardiner, marcher… car chaque action est une occasion de pratiquer la présence. Chaque geste est déjà l’éveil.

Le zen n’est pas une doctrine compliquée, ni une philosophie abstraite. C’est une voie d’expérience directe qui nous invite à voir la réalité telle qu’elle est, sans fard, sans illusion. 

Son fondement repose sur les Quatre Nobles Vérités, enseignement simple et profond qui éclaire le chemin de la liberté intérieure.

1. La vie est souffrance. Souffrance ne veut pas dire seulement douleur, mais aussi insatisfaction, instabilité, impermanence. 

Tout change, tout passe : nos joies, nos relations, notre santé, nos projets. Reconnaître cela, c’est ouvrir les yeux sur la condition humaine.

2. La cause de la souffrance est l’attachement. Nous voulons retenir ce qui disparaît, repousser ce qui dérange, contrôler ce qui échappe. 

De cette tension naissent frustration et mal-être. L’attachement, nourri par le désir et l’ignorance, nous empêche de goûter la vie telle qu’elle est.

3. La fin de la souffrance est possible. Lorsque nous cessons de nous accrocher, lorsque nous accueillons l’impermanence au lieu de la combattre, nous découvrons une paix profonde. 

Ce relâchement, ce lâcher-prise, ouvre l’expérience du nirvana : une liberté intérieure déjà présente au cœur de l’instant.

4. Le chemin vers la libération est la pratique. 

Le Noble Octuple Sentier n’est pas une théorie, mais une manière de vivre : agir avec justesse, parler avec bienveillance, cultiver l’attention et la clarté, développer la sagesse et la compassion. 

Dans le zen, cela se pratique par zazen, la méditation assise, et par une vigilance simple dans chacun de nos gestes quotidiens.

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vendredi 3 octobre 2025

"Les deux ensemble !"

 

Avant de « faire », se mettre à « l’écoute de l’infaisable » !

Lorsque la personne occidentale décide de s'engager dans la pratique du Yoga, du TaïchiChuan ou dans une discipline artistique, artisanale ou martiale qui a ses racines au Japon, il s'attend à devoir "faire" un exercice. D'où ma surprise lorsque j'entends le vieux sage de la Forêt Noire me dire que sur la Voie qu'il propose, il ne s'agit pas tout de suite de s'appliquer à "faire" quelque chose, un exercice inventé par l'homme.

Avant de faire, il importe tout d'abord de se mettre à l'écoute afin de laisser advenir "l'infaisable".

Se mettre à l'écoute de l'infaisable ?

Il est important de distinguer deux forces. Il y a la force qu'on développe et qu'on "fait" et l'autre qu'on ne peut absolument pas faire. Ainsi, on ne peut pas faire battre son cœur, il y a là une force que nous devons admettre. De même, Il est important pour la personne occidentale de distinguer deux niveaux d'actions. Ainsi, je ne peux pas "faire" cette action vitale qu'est la respiration, il y a là une action infaisable que je me dois tout simplement d'admettre.

Ce qui n'est pas de l'ordre du "faire" et que nous avons à laisser advenir, révèle ce qu'il y a d'universellement humain en l'homme. C'est un premier pas important sur le chemin que de reconnaître cette part de nous-mêmes qui nous dépasse.

Ceci dit, il faut se rendre compte que le caractère de la réalité qui transcende ce que l’être humain peut faire, dépend de notre vision du réel et pas d'une cause extérieure. D'où l'absolue nécessité lorsqu'on se met en chemin de distinguer deux approches du réel.

Graf Dürckheim distingue ce qu'il appelle l'esprit occidental et l'esprit oriental. L'esprit occidental PENSE le réel comme étant un ensemble d'objets. L'esprit oriental VOIT le réel comme étant un ensemble de processus.

Il voit là deux usages de ce qu'on appelle la conscience : la conscience DE et la conscience SANS de. « Se mettre à l'écoute implique une approche du réel autre que celle de notre conscience ordinaire : la conscience DE. La mise à l'écoute implique l'usage de la conscience SANS de. C'est vraiment important lorsqu'on va pratiquer un exercice. En effet, l'usage de la conscience DE me conduit à -penser- que "j'ai un corps" ; l'usage de la conscience SANS de me conduit à -voir- que" corps je suis" ».

Je ne comprends pas ! Le corps qu'on "a" // le corps qu'on "est" ? La conscience DE // la conscience SANS de ?

Mieux que les mots par lesquels nous cherchons à comprendre, une image peut bien souvent nous permettre de voir ... ce qui n'est pas à comprendre.

Regardez ce cylindre !

La lumière qui le rend visible projette sa forme sur deux écrans différents ; ce qui nous amène à envisager qu'un cylindre est circulaire ou qu'il est rectangulaire.

L'image ci-dessus semble démontrer qu'un cylindre dispose des mêmes propriétés qu'un rectangle ou qu'un cercle. Cette incompatibilité résulte non pas de la chose en soi mais de notre manière de la conceptualiser, de notre manière d'en être conscient.

En physique classique, des années durant, des scientifiques ont affirmé que la lumière est un phénomène ondulatoire alors que d'autres scientifiques affirmaient que la lumière est un phénomène corpusculaire.

Jusqu'au jour où en physique quantique, ces deux phénomènes sont considérés comme coexistants. En fonction du contexte expérimental, un électron peut donc se présenter soit sous forme de particule, soit sous forme d'onde.

Mais enfin ! La lumière est-elle faite d'ondes ou de particules ? Un maître Zen répondra : "Les deux ensemble!". Les deux ensemble !

Cette exclamation est insupportable pour tout être humain doué de raison. D'autant plus lorsqu'elle associe des oppositions qui nous paraissent inéluctables : le corps (et) l'esprit ... la santé (et) la maladie... le bien (et) le mal ... l'inspiration (et) l'expiration ... le calme (et) l'agitation... la vie (et) la mort ...

Dès qu'il vous est possible de faire usage de la conscience SANS de (déjà à notre disposition tout au long de la gestation) vous pouvez maintenant "faire" zazen! C'est à dire faire... rien ! Si ce n'est être à l'écoute (zen) de ce qui se présente lorsque vous êtes là assis absolument immobile (za.)

Grâce à une pratique régulière et renouvelée de l'exercice, l'expression "Les deux ensemble " est vue non seulement comme un principe constitutif de notre existence mais comme étant la source de cet état d'être qui manque cruellement à la personne occidentale : le CALME intérieur. Le grand calme qui n'est pas le contraire de l'agitation (dualité) mais l'absence de toute agitation (symptomatique de notre vraie nature).

Jacques Castermane

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mercredi 17 septembre 2025

Le temps de l'automne

 


Cette rentrée automnale est sous le signe de l’agitation. Ce n’est pas extraordinaire car notre fonctionnement habituel nous pousse à faire vite.

Vite se lever, vite déjeuner, vite partir travailler, vite les enfants à l’école, vite manger, vite faire les courses (bien nommées !). Tout vite !

Même changer de premier ministre.

À quoi ça sert ?

Non pas, comme on pourrait le croire, à tout faire ; ça sert à ce qu’il n’y ait pas de temps vide. Le temps vide, c’est du recul sur cette agitation. Prohibé par l’ego. Le temps vide, c’est s’offrir le rien. Le plaisir d’ouvrir les yeux sur les petites choses autour de nous. Le plaisir de les fermer pour déguster la batterie du cœur et l’accordéon des poumons.

Le temps vide invite à méditer. Et sur quoi va s’ouvrir le point d’interrogation ?

– Sur l’insanité de la course effrénée.

Surprise ! Je suis à la fois la balle et le joueur de flipper qui appuie sur les boutons et secoue la machine.

Prendre le temps !

C’est s’élever au-dessus de ce monde en folie, s’élever au-dessus de soi-même. Là se trouvent le paisible, la quiétude, la rencontre, l’alliance.

Et savez-vous ?

Plus nous nous arrêtons, plus nous trouvons le temps de faire ce que nous avons à faire.

Et de le faire bien. 

Et de faire le bien.

Christian Rœsch - directeur de la publication de REFLETS

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mardi 9 septembre 2025

Une conscience insaisissable par la pensée

 

« Le zen nous apprend ceci : lorsque l’homme lâche le moi ordinaire – et il le peut – ce qui reste n’est pas rien. Au contraire, toute la vie devient présente d’une autre manière. L’homme n’est plus un sujet percevant la vie comme une multiplicité d’objets délimités, mais un sujet dans lequel la vie est intimement présente au-delà de l’objectivité et des contraires. Cette nouvelle vision exige un élargissement de la conscience. »

Immanquablement, lorsque l’on parle dans un enseignement spirituel de changement de niveau de conscience, restant identifiés à notre conscience ordinaire, nous ne raisonnons qu’en termes d’acquisitions de performances supérieures gratifiantes pour MOI : « Enfin je vais élargir mes savoirs et mes pouvoirs ! ». Or, d’une part, cette autre conscience n’est accessible que si le moi relâche son emprise, et, d’autre part, cet élargissement de conscience est beaucoup plus simple et naturel que ce que le mental peut en penser et imaginer. Il n’est pas question d’augmenter ou de gagner quoi que ce soit, mais de retourner à la source de la conscience première, une et inclusive, noyau essentiel que nous sommes en vérité et que nous connaissons, car nous l’avons déjà connu et goûté.

D.T. Suzuki parle du satori, expérience fugace et momentanée de notre vraie nature, comme « d’une expérience à la fois nouvelle et ancienne ». Nouvelle, car l’expérience d’être est sans arrêt renouvelée et renouvelable. Dans un même temps, ce goût du vrai soi-même nous ramène à la conscience océanique dans laquelle nous avons commencé notre existence, baignant dans une inconscience vitale soumise aux seules lois du vivant. Ce sentiment océanique d’unité et d’appartenance à plus grand, nous pouvons, « consciemment cette fois », insiste Durckheim, le retrouver étant adultes : c’est le sens de la pratique et de l’engagement sur la Voie.

Cette possibilité, qui fait la grandeur et la richesse de « la précieuse vie humaine » (expression chère aux bouddhistes), nous ouvre « à la grande vie » et dépasse notre conscience ordinaire rationnelle avec laquelle nous abordons le monde habituellement. C’est pourquoi Durckheim l’appelle conscience sensitive supérieure ou conscience surnaturelle.

Ce retour à la conscience sensitive, « insaisissable par la pensée mais pas inconnaissable », est souvent vécu comme une régression pour la conscience rationnelle propre à l’être humain adulte ; conscience qui sait tout, peut tout, contrôle tout, et, de son point de vue, aura, saura, pourra encore et toujours plus.

Tout miser sur une compréhension intellectuelle est une impasse sur la Voie du zen.

Nous ne cherchons pas avec la tête une réponse à la question - qui suis-je ? -, nous nous efforçons de sentir, de vivre corporellement la réponse à la question - que suis-je ?

« La volonté de conservation du moi est une preuve du manque de transparence de l’homme à sa nature essentielle ; c’est un refus de s’abandonner aux forces de vie, au cycle de transformation qu’est la Vie. C’est précisément cela qui étouffe en lui la vie authentique. »

Pratiquer le zen, c’est passer de la recherche d’un idéal, fausse représentation mentale de la réalité, à une expérience corporelle concrète et vraie.

« La vérité est une qualité sensorielle indépendante de la volonté de comprendre » rappelle Jacques Castermane. Alors, plutôt que de chercher à acquérir des facultés en plus, il s’agit de se défaire de tout ce qui voile notre profondeur, afin de sentir « cette vie intimement présente » qui nous anime. Ce que nous savons, ce que nous attendons, ce que nous espérons sont des idées, des concepts, des « contenus » de notre conscience ordinaire. Nous devons laisser tomber cette habitude de saisir le monde par la pensée si nous voulons goûter l’enseignement du corps vivant, Leib : une expérience sensorielle et vivante.

On oppose constamment corps et esprit, d’autant plus si l’on se dit sur un chemin spirituel : il y a les bassesses matérielles d’un côté, peu intéressantes, et, heureusement, l’esprit spirituel pour nous tirer vers le haut.

« C’est un grand malentendu de croire que l’exercice spirituel est une concentration sur un contenu transcendant, un effort pour s’identifier à une image transcendante. Cette identification peut être un très beau moment, mais c’est une illusion totale de croire que la présence d’un contenu transcendant dans la conscience transforme l’homme. Le sens du chemin est la transformation de l’homme, pas de le remplir avec des contenus sacrés. L’exercice spirituel a pour sens de devenir un autre, et c’est en devenant un autre qu’on verra autrement et qu’on verra autre chose.»

En engageant le corps dans l’apprentissage d’une technique, d'un exercice régulier (ce que nous nommons exercice spécifique sur la Voie), ou dans une présence attentive aux activités quotidiennes les plus simples (ce que nous appelons le quotidien comme exercice), nous pourrons nous transformer. Une attention soutenue nous permet de renouer, instant après instant, avec le geste vivant qu’est être. « Faites tout peu plus lentement ! Prenez soin du Geste ! Plus de fluidité et de dignité dans le geste ! » Ces instructions maintes fois répétées dans la pratique participent à « mettre de l’être dans chaque action ».



La voie du Zen nous ramène au vécu sensoriel, à la subjectivité, au sentiment intime d’être, qui ne s’appuie pas sur des théories, des dogmes ou des idées, mais sur l’expérience corporelle immédiate du pratiquant.

La technique renouvelée maintes fois nous montre comment renouer avec notre profondeur en nous appuyant sur des forces que nous avons oubliées au profit des seules forces de l’esprit.

S’ouvrir aux « ressources du corps », c’est le sens sacré du retour au bassin, au ventre, aux pieds, dans la pratique d’un exercice, aussi simple soit-il : retrouver et libérer les forces du centre vital, Hara, qui portent et accompagnent l’homme dans son lien à la vie universelle.

Corps, « champ de sensations, champ d’actions, champ de conscience », de plus en plus libre des tensions physiques, émotionnelles, mentales, nous relie à l’intelligence vitale.

Corps nous plonge dans nos racines, par un retour à la conscience originelle, et réalise pleinement notre complétude d’être humain. Seule source de réel apaisement ?

Et si la reconnaissance et la libération du point d’appui vital, Hara, était la clé pour retrouver un esprit clair et apaisé, un cœur confiant et ouvert ?

Les réponses à ces questions ne peuvent être qu’exercées, goûtées, renouvelées.

 

Joël Paul

 Tous les textes ou expressions en italique sont de K.G Durckheim

Livres : « Le centre de l’être » - « Méditer pourquoi, comment ? »

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samedi 12 juillet 2025

Naturelle méditation


Bien que remarquablement naturelle dès le début, cette méditation le devient de plus en plus, jusqu’à l’être finalement totalement. Au début, vous avez sans doute besoin de petits trucs pour vous permettre de revenir à ce que vous percevez – par exemple compter vos yeux (quels yeux ?), et observer que vous êtes espace d’accueil pour le visage d’un ami. Mais avec le temps (et cela ne prend pas forcément des années) ces trucs ne sont plus nécessaires : l’état de Première Personne devient une seconde nature (ou la première Nature retrouvée) et vous cessez d’être préoccupé sans cesse avec votre absence de visage.

C’est beaucoup plus simple que cela – comme se reposer Chez Soi, dans l’air superbement clair de notre Demeure, sans même y penser. Tout comme personne ne s’arrête dans l’entrée pour étudier la porte qu’il vient de franchir, mais s’avance dans la maison pour en savourer le confort, vous savourez l’Immensité intérieure et ces petites portes d’entrée vous apparaissent comme les inventions dérisoires et provisoires – en fait les astuces – qu’elles sont.

(Beaucoup d’astuces religieuses traditionnelles sont si compliquées ou mystérieuses ou belles ou impressionnantes qu’elles détournent l’attention de leur but initial et les moyens en arrivent à remplacer la fin. J’espère que la trivialité évidente de nos astuces les empêchera de se transformer au cours des siècles en objets sacrés auxquels on attache une valeur pour eux-mêmes.)

Douglas Harding

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lundi 7 juillet 2025

Zen en 1969


" Notre monde actuel ne nous laisse aucun répit : accumulation d’activités, tyrannie des mails, infos déprimantes ou connectivité permanente. Pourquoi ne pas mettre de la zénitude dans votre vie ?

Dans le reportage de 1969 à Nice, après une explication sur ce qu'est le zen, on assiste à une séance de Zazen dirigée par Taisen Deshimaru, avec l’usage du bâton plat. Ici, pas de mortification. Le coup de bâton agit sur les nerfs du cou. Il empêche l’esprit de s’égarer dans le flot des pensées parasites. Impressionnant mais inoffensif.

L’art du zen
Le zen est une philosophie de l’authenticité et une voie vers l’éveil née de l’expérience du Bouddha Shâkyamuni qui vivait dans l’Inde du Nord quelques siècles avant Jésus-Christ. Refusant de devenir soldat, il quitte tout pour devenir un ascète itinérant. Au bout de six ans, le sage atteint l’éveil après une nuit de méditation.

Le Bouddha passe ensuite les 45 années suivantes à enseigner l’art du zen aux hommes."

Source : INA
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dimanche 18 mai 2025

A propos de Taisen Deshimaru

Maître Taisen Deshimaru s’installe en France en 1967 avec pour mission de diffuser le ZEN en Europe, aussi durant 15 ans, il fonde une centaine de dojos , transmettant l’essence du zen à des milliers de disciples. Auteur de nombreux ouvrages, il a également traduit les textes fondamentaux du bouddhisme zen, rendant ainsi accessible, cette sagesses, aux occidentaux. Son héritage perdure aujourd’hui et de nombreux disciples continuent de transmettre son enseignement. Dans le Rire du Tigre, hommage à Maître Deshimaru à la personnalité hors du commun, Marc de Smedt retrace ses 10 années passées auprès de lui, un témoignage intime et bienfaisant.


"Mourir à son petit moi, mesquin et égoïste, pour découvrir une vie plus profonde et agir instant après instant, pas après pas, avec vigueur, sagesse. Créer sa vie au lieu de la subir."


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samedi 3 mai 2025

S'asseoir


Tous les matins s’asseoir, non pas pour penser à ses problèmes, ni analyser sa vie, mais simplement pour écouter. Notre quotidien est rempli d’activités et d’obligations. Au milieu de cette effervescence, si nous ne prenons pas le temps de nous poser en silence, loin du téléphone, de l’ordinateur et de toutes les personnes avec qui nous sommes en lien, nous aurons très peu de chance de reconnaître l’immensité de notre être.

Simplement s’asseoir simplifie l’instant et nous ramène à nous-mêmes. Nous pouvons alors observer ce qui nous trouble et nous agite. Nous pouvons respirer avec ce qui nous habite sans avoir besoin de trouver une solution. Dans l’assise, nous réalisons que l’agitation s’apaise dès que l’on cesse de vouloir autre chose que ce qui est là. Nous nous déposons alors dans la substance de l’instant, où nous goûtons le silence et la plénitude de notre être.

L’assise est la pratique spirituelle par excellence. Elle élimine tout pour ne laisser que l’Essentiel. Elle exige régularité et engagement, sinon son pouvoir transformateur ne peut œuvrer.

Tous les matins, on a le choix : soit on entre dans la journée emporté par le mental, ses "je dois" et ses "je veux" ; soit on s’assoit pour s’ancrer dans sa vérité fondamentale. L’assise permet de coïncider avec le réel et libère de l’emprise du mental. Nous réalisons que la vie n’est pas une lutte mais un accord juste qui se vit dans l’instant.

Ce n’est pas tous les jours facile de s’asseoir face à son chaos, face à son envie de fuir, d’être ailleurs, de regarder ailleurs. Mais si tous les jours nous renouvelons cet engagement avec nous-mêmes, une transformation intérieure se produit. Les aléas de la vie nous troublent de moins en moins, nous gagnons en sérénité, stabilité et confiance.

S’asseoir régulièrement, seul ou ensemble, permet de s’affermir et de se soutenir mutuellement dans cette pratique exigeante et profondément transformatrice pour laquelle il faut du courage et de la patience.

~ Nathalie Delay

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mercredi 16 avril 2025

Samadhi

 "Le dernier mot.

Il n’y a rien qui ne soit sacré, rien qui ne soit pratique spirituelle. Hakuin, ce merveilleux maître zen du dix-huitième siècle qui a restauré la vitalité du zen au Japon, a mis en garde contre la croyance que le zen exige le rejet énergique de toutes les préoccupations mondaines. 

La vraie pratique du zen se fait au milieu de l’activité. 

Quand nous cuisinons, nous sommes dans le samadhi de la profonde cuisine. Quand nous nettoyons, nous sommes profondément dans le samadhi de nettoyage. 

Cette condition, le samadhi, n’est pas une vacance, un état de stupeur, un état d’esprit blanc. Il s’agit d’une condition profondément éveillée, alerte et vivement présente — et bien sûr, elle peut être heureuse. 

Nous sommes peut-être si éveillés que nous pouvons entendre la cendre de l’encens tomber. Chacune des activités dans lesquelles nous sommes engagés, lorsque nous donnons toute notre attention, sans aucun sentiment de ressentiment ou de comparaison, est une occasion de faire l’expérience de quelque chose, d’ouvrir les yeux plus clairement. 

Quand nous abandonnons notre emprise égocentrique sur les choses, nous trouvons que quelque chose de merveilleux est là, quelque chose qui a toujours été là; nous n’avons jamais été sans elle. Jetez tout, y compris ce que je peux dire, y compris les bonnes conditions qui peuvent se présenter. Allez-y. Aucune condition n’est permanente. Ne vous accrochez à rien. Devenez la fumée de l’encens. Abandonnez l’habitude d’interférer avec ce qui se passe et vous sentirez votre esprit devenir plus sain, plus fort. En acceptant vos malaises ou frustrations plutôt que de les réprimer ou de les éviter, en permettant des changements en vous-même, vous ferez l’expérience de votre vrai moi." 

Dernier chapitre du livre "Subtle sound" de Maurine Stuart...(foldedhands)

Ps : Samadhi, état méditatif intense.

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lundi 10 mars 2025

Méditation du jour

 10 mars : N'envie personne : ton axe de vie est unique. 

L'envie procède du manque. Tu envies lorsque tu penses que tu n'as pas assez. Si tu penses que tu n'as pas assez c'est que tu n'as pas conscience de ta beauté intérieure et de ta plénitude. Ton chemin de vie est unique. Tu es la seule personne capable d'accomplir ta destinée. 

Trouve le sens de ta vie et mets-toi en marche...

Pour accompagner cette méditation, pratique l'exercice suivant :  


Tenir un journal quotidien :

Afin de développer ton ancrage dans l’instant présent, commence un journal quotidien dans lequel tu écriras chaque jour quelques phrases, de préférence en fin de journée. C’est un bon moyen pour développer la conscience de soi, la juste distance par rapport à soi-même et le questionnement intérieur. C’est aussi une manière de donner corps et réalité à ton quotidien et de prendre conscience que chaque jour te permet de construire ta vie. Écrire quotidiennement dans ton journal te permettra de développer ta conscience et de prendre du recul par rapport à ta propre vie. Cela te permettra aussi de relire les événements et de mesurer le chemin parcouru. Cela te donnera confiance en toi et dans le moment présent. Commence dès aujourd’hui !

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Source : 365 méditations et exercices de pleine conscience

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