ERIC EDELMANN, Retour à l’innocence primordiale - 21 méditations pour se rappeler qui nous sommes , paru aux éditions L’ORIGINEL Editions L'Originel Charles Antoni (2026).
J’ai eu la chance immense de pouvoir aller écouter Arnaud Desjardins de vive voix pendant des années, de 2002 à 2011, l’année de sa mort : il ne se passe pas une journée sans que je ne savoure ce privilège. Arnaud Desjardins fut en effet un enseignant spirituel d’une envergure exceptionnelle, lui qui se présentait immanquablement comme un disciple de Swâmi Prajnânpad, son maître indien. Il était pourtant lui-même un maître occidental, comme il en existe très peu. Il était de ceux qui ne cherchent qu’à libérer leurs apprentis disciples de tous leurs conditionnements, y compris des mécanismes qui tendraient à rendre ces apprentis dépendants de lui-même.
Ce livre est précédé d’une introduction, très intéressante et d’une clarté remarquable, de Sophie Edelmann, avec qui son époux anime le centre québécois de Mangalam. Le reste de l’ouvrage se compose d’un bref avant-propos, d’une première section intitulée « Une question de perspective : guérir l’égo ou guérir de l’égo ? », puis d’une seconde qui a pour titre « Approches méditatives ».
La première partie présente la méditation telle qu’elle se pratique dans cet enseignement et dans d’autres. Il en précise les différents pièges possibles, souvent subtils, et les illusions qui recouvrent sa pratique. Il insiste aussi sur l’importance de s’inscrire dans une lignée cohérente, une tradition authentique de maître à disciple. Il indique enfin les conditions propices à une méditation digne de ce nom :
« Lorsqu’Arnaud Desjardins nous recommande de “spiritualiser nos fonctions”, il invite à rendre celles-ci de plus en plus subtiles afin de nous rendre aptes à appréhender une réalité d’un ordre supérieur qui se situe en deçà de l’apparition des perceptions sensorielles habituelles et des conceptions dualistes. […] S’il y a une progression en méditation, elle va dans le sens d’une plus grande clarté parce que nous devenons plus transparents. […] À la différence d’une approche méditative essentiellement fondée sur une concentration exclusive (one pointed mind, “l’esprit fixé sur un point”), on peut au contraire cultiver une ouverture sans restriction, une conscience-témoin qui laisse passer les pensées et représentations comme un reflet sur un miroir. Ce “lâcher-prise” par rapport à toutes les productions mentales est possible, non pas à partir du seul mental, mais à partir de l’être entier, qui inclut le corps physique, la posture juste et une parfaite stabilité. » (p. 53-54)
La seconde partie nous propose 21 méditations, dont le texte est issu d’enregistrements de méditations réellement menées, dans la fraîcheur de l’instant présent. Chaque méditation demande donc que l’on s’imprègne lentement de chaque phrase, de chaque mot ici retranscrits, afin d’en retirer des fruits qui ne soient pas qu’intellectuels. C’est dans la lenteur et la profondeur de la lecture que la substantifique moelle de cet enseignement a quelque chance de nous parvenir, si nous ouvrons le cœur et le corps à cette parole vivante. L’une de ces méditations, par exemple, qui s’intitule « S’entraîner au “oui“ », commence ainsi : « Déposez-vous, en relâchant toutes les tensions avec une approche bienveillante. Ce regard qui est tourné vers soi-même n’apporte pas la division, le jugement, mais il est tout accueil. C’est une non-opposition, un regard ouvert, englobant, qui inclut votre condition et votre état intérieur. » (p. 79)
Je vous recommande vivement cette lecture !
Sabine Dewulf
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