Francie Hallé est décédé à la Saint Sylvestre, lui qui aimait tant les arbres !
“ À quoi sert le beau ? Qu’est-ce qu’il signifie ? Dans les forêts tropicales, j’ai réfléchi à ça puisqu’on est entouré de belles choses. Ma conclusion, au moins provisoire, c’est que la beauté est la preuve de l’évolution a bien fonctionné et que le résultat est parfait.”
Et je constate que l’émerveillement, à mesure que les années passent,
prend de plus en plus d’importance. J’en suis à prétendre que la beauté
devrait faire partie intégrante de la biologie et de l’écologie !
J’ai souvent été en colère. Je me souviens particulièrement d’une
altercation avec un autre chercheur qui me disait que la beauté n’était
pas mesurable. Je lui avais répondu : « Et ton intelligence, tu crois qu’elle l’est ? » C’est quand même une vraie question : pourquoi la science se résumerait à ce qui est mesurable ? Qui a décidé de ça ?
Quand j’ai découvert les forêts primaires, la beauté m’a sauté aux
yeux. Là-bas, si tu as une empathie pour le monde végétal,
l’émerveillement est permanent. Tu ne peux pas l’ignorer. Pour ma part,
je crois que c’est le dessin qui m’a sauvé. Il exige une attention, un
regard, de l’imagination. Ça a été une méthode très efficace pour me
débarrasser de l’approche réductrice de certains scientifiques.
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