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lundi 19 octobre 2026

Cultiver la paix

 🪷🪷🪷 Méditer, est-ce se retirer du monde ou apprendre à mieux y agir ? 🪷🪷🪷

Il aurait eu 100 ans le 11 octobre dernier.

Un siècle après sa naissance, Thích Nhất Hạnh (1926-2022) nous laisse une conviction aussi simple que révolutionnaire : on ne peut pas véritablement cultiver la paix en soi tout en restant indifférent à la souffrance du monde.

Moine zen vietnamien, poète, enseignant et artisan de paix, celui que ses disciples appelaient affectueusement Thầy (« maître ») a traversé les tragédies du XXe siècle sans jamais renoncer à croire en la capacité des êtres humains à se transformer.

Lorsque la guerre déchirait le Vietnam, il aurait pu choisir le silence des monastères. Il a préféré aller à la rencontre des populations meurtries, participer à la reconstruction des villages, venir en aide aux victimes et appeler à la réconciliation.

Méditer ne suffisait pas. Il fallait aussi agir.

C'est ainsi qu'il a contribué à donner au bouddhisme engagé une portée internationale : une spiritualité qui ne détourne pas les yeux de la souffrance, mais qui puise dans la méditation la lucidité et la compassion nécessaires pour y répondre.

Et son engagement ne s'arrêtait pas aux conflits armés.

Bien avant que l'urgence écologique ne s'impose au cœur du débat public, Thích Nhất Hạnh nous invitait à prendre conscience de notre interdépendance avec le vivant. Protéger la Terre n'était pas, à ses yeux, une cause extérieure à la pratique spirituelle : prendre soin de la planète, c'est aussi prendre soin de nous-mêmes.

À travers le Village des Pruniers, fondé en France en 1982, et ses enseignements diffusés dans le monde entier, il a rendu la pleine conscience accessible à des millions de personnes.

Mais attention à ne pas réduire son héritage à quelques exercices de respiration destinés à mieux supporter le stress quotidien !

La pleine conscience, telle qu'il l'enseignait, n'était pas une méthode pour s'accommoder d'un monde qui souffre. Elle était aussi une invitation à le transformer.

Transformer notre manière de consommer. De parler. D'écouter. De regarder celui qui ne pense pas comme nous. De répondre à la violence sans alimenter davantage la haine.

Une révolution ? Peut-être. Mais une révolution qui commence parfois par un simple pas, accompli en pleine conscience.

En ce centenaire de sa naissance, l'Union Bouddhiste de France souhaite rendre hommage à cette figure majeure du bouddhisme contemporain, dont la vie rappelle combien la sagesse et la compassion peuvent nourrir un engagement concret au service des autres.

Thích Nhất Hạnh s'est éteint en 2022. Mais son message demeure d'une brûlante actualité, dans un monde traversé par les guerres, les fractures sociales et les crises environnementales.

Car la paix n'est pas seulement ce que nous espérons voir advenir un jour. Elle est aussi ce que nous choisissons de construire, dès aujourd'hui, dans chacun de nos actes.

Un pas en pleine conscience ne change peut-être pas le monde. Mais il change déjà notre manière d'y marcher.

Union bouddhiste de France

vendredi 16 octobre 2026

Hommage à Douglas Harding

 En 2007 Douglas Harding nous quittait à l'âge de 97 ans et comme il le disait si bien, il a pu arrêter de prétendre être Douglas Harding.

Ce grand génie de l'humanité a utilisé sa vie incarnée à mettre au point différents moyens pour nous révéler notre véritable nature, ce que nous sommes vraiment, vraiment, vraiment. Non seulement il a mis au point ces expériences mais il les a partagées dans le monde entier en écrivant des livres et en animant des ateliers sur les 5 continents. Il nommait cela "la vision sans tête", en anglais "Headless way".Son enseignement n'était basé sur aucune croyance, mais sur l'expérience vécue de nos 6 sens (les 5 sens physiques et le sens mental). Comme Ramana Maharshi, il a toujours pointé vers celui (ou ce) qui percevait.

Vingt ans plus tard que reste-t-il des enseignements de celui qui a toujours refusé de créer une nouvelle église, une nouvelle école, un nouveau dogme, mais qui croyait en une communauté d'amis sincères partageant une même vision de leur véritable nature ?

J'ai personnellement bien connu Douglas Harding de 1993 a 2007 et ce qu'il m'a permis de voir, de réaliser a bouleversé ma vie et cette évidence ne m'a plus jamais quitté. Ce que je parais être peut me quitter et disparaître, pas ce que je suis.

De 1997 à 2002 j'ai été l'éditeur de la revue "Vivre Sans Tête" qui était un lieu de partage entre les amis de Douglas Harding.

Je souhaiterais organiser un WE d'hommage en son honneur à Niort (79) les 22 et 23 mai 2027. 

L'idée est de retrouver les amis qui l'ont connu et nous sommes nombreux. 

Après 20 ans, que nous reste-t-il de ces enseignements, de ces expériences ? 

Qu'en avons-nous fait dans nos vies ?

Au cours de ces deux journées nous pourrions partager cela avec des amis qui n'ont pas connu Douglas Harding, mais qui sont curieux de découvrir les expériences que Douglas Harding a mis au point, et qui sont curieux de voir leur véritable nature,.

En fonction du nombre de personnes intéressées par ce projet l'hommage aurait lieu chez nous à Saint Maxire ou dans une salle à Niort.

Si vous avez connu Douglas Harding, je vous saurais gré de bien vouloir diffuser l'information auprès de vos amis qui l'auraient connu afin de contacter le maximum d'anciens amis. 

Vous pouvez répondre à un sondage (https://framadate.org/polls/4f329fa053198fd04ec0) ou directement m'écrire afin que je puisse découvrir ceux qui seraient intéressés par ce projet et que je puisse organiser cet hommage dans les meilleures conditions.

Si vous avez des commentaires ou des propositions, n'hésitez pas à m'en faire part.

Philippe Fabri (06 07 19 44 83)

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lundi 10 août 2026

Hommage

 "La première personne dont l'amour vous est nécessaire, 
c'est vous tels que vous êtes, incomplets, imparfaits."
Arnaud Desjardins

En remontant de la Drôme provençale, j’ai eu la joie de m’arrêter à Hauteville, dans l’ashram d’Arnaud Desjardins. Joie d’aller sur sa tombe pour lui rendre hommage et le remercier pour ses écrits, ses films et son engagement dans une profonde quête spirituelle qui l’a transformé et qui a guidé des milliers de personnes. Je suis plongé actuellement dans ses écrits qui m’éclairent sur une autre lecture des évangiles à la lumière de l’Orient. J’avais eu le bonheur de recevoir Arnaud Desjardins dans mon émission Visages, un an avant sa mort. Cette rencontre reste profondément ancrée dans mon esprit et mon cœur. Merci Monsieur. 

Thierry Lyonnet

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J'ai mis plusieurs émissions de Visages sur ce blog. Certaines ont été rediffusées cet été et celle avec Arnaud a été rediffusée en le 4 août : voir le lien de l'émission

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vendredi 7 août 2026

Lien avec les arbres

Relisant J.M.G. Le Clézio "L'inconnu sur la terre", pensée aux incendies actuels qui terrorisent le sol et les racines et à cette peinture faite en 2024
qui préfigure ces brûlures qui hantent désormais les forêts.
Huile sur toile , 130 x 97 cm.
Marie Alloy

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dimanche 21 juin 2026

Mon père

 De votre père, décédé en 1999, vous dites : « Je l'aime tellement que sa mort n'a jamais eu lieu » ...


Christian Bobin : « C'est une parole d'amour qui est comme toutes les vraies paroles d'amour : exagérée. Ce que j'ai voulu signifier, c'est que son absence n'a jamais eu lieu. J'aimais beaucoup le toucher, tenir sa main dans la mienne, et la mort a rendu le geste impossible. Je ne peux plus lui montrer mes livres, qu'il savait lire adorablement, jusque dans les brumes de la maladie qui lui a détricoté la mémoire. Ma part rationnelle sait très bien que sa mort a eu lieu, qu'une tombe porte son nom dans la ville toute proche. Mais ce savoir n'est rien par rapport à tout ce que je sais d'autre sur mon père, agissant, bénéfique et rayonnant. Il continue de l'être. »

Interview du magazine la vie en 2015 ( extrait)

Bonne fête à tous les pères...présents ou absents.

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dimanche 14 juin 2026

Beauté du monde

 

"Garrowby Hill" (1998), huile sur toile.


« Le monde est très, très beau si vous le regardez. Mais la plupart des gens ne regardent pas beaucoup. Ils scannent le sol devant eux pour pouvoir marcher, mais ils ne regardent pas vraiment les choses incroyablement bien, avec intensité. Oui, et je l'ai toujours su. ”

David Hockney

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dimanche 7 juin 2026

Edgar Morin, l’unité d’une voie

 Parmi les grands humanistes français qui accompagnent la conversation démocratique, il tenait une place à part. Le sociologue et philosophe Edgar Morin, décédé le 29 mai 2026 à l'âge de 104 ans, avait fait de sa longue existence la matière même d’une pensée toujours renouvelée.


« Renaître et renaître jusqu’à la mort… » C’était l’une de ses nombreuses maximes de vie. Edgar Morin est décédé le vendredi 29 mai 2026. Durant ses presque 105 années d’existence, il aura eu le temps d’observer plusieurs fois ce « commandement », comme il disait. Par l’esprit, à travers les recommencements qui ont scandé son itinéraire intellectuel, amoureux et spirituel. Et à la lettre, en esquivant de justesse plusieurs rendez-vous avec la camarde.

L’enfance dans « une totale liberté mentale »

« J’ai échappé à la mort dès avant ma naissance, sans parler des risques que j’ai pris durant la Résistance. Plus tard, j’ai survécu à deux graves accidents de santé », confiait-il à Laure Adler dans la dernière Heure bleue que lui avait consacrée la journaliste le 26 juin 2023 sur France Inter.

Le doyen des intellectuels français a raconté cet événement originel à plusieurs reprises : la maladie cardiaque de sa mère lui interdit d’avoir des enfants. Enceinte, elle prend en vain des produits abortifs. Étranglé par le cordon ombilical, le bébé doit son salut au médecin, qui le secoue par les pieds jusqu’à ce qu’il pousse son premier cri. Luna, la mère du petit Edgar, décède une dizaine d’années plus tard. Sa mort provoque chez son fils unique un « Hiroshima intérieur », une immense solitude et une culpabilité « toujours prête à revenir ».

Son père, Vidal Nahoum, est commerçant dans le quartier du Sentier, à Paris. Dans Vidal et les siens (Seuil, 1989), Edgar Morin – c’est le nom qu’il conserve de ses années de clandestinité dans la Résistance – explore les origines de sa famille. Des juifs séfarades de souche italienne côté maternel, installés à Salonique port de l’Empire ottoman sur la mer Égée. Côté paternel, les Nahoum sont des Séfarades expulsés d’Espagne en 1492, fixés à Livourne en Italie, avant de rejoindre Salonique. Ses parents se rencontrent à Paris où Edgar grandit dans « une totale liberté mentale », « libre de chercher ses propres vérités », raconte-t-il dans un livre d’entretiens avec Djénane Kareh Tager Mon chemin (Fayard, 2008).

Comme un concentré d’histoire contemporaine

Si sa vie personnelle lui fournit une inépuisable matière pour se découvrir lui-même, le destin public d’Edgar Morin est un concentré d’histoire contemporaine. À 16 ans, il envoie des colis aux anarchistes catalans en pleine Guerre d’Espagne. À 21 ans, sous l’Occupation, il rejoint la résistance communiste. En 1956, il quitte le Parti communiste, prenant acte que la terreur stalinienne est une impasse et une imposture. Il s’en explique en 1959 par une retentissante « autocritique » dans un essai du même nom. Depuis, et jusqu’à son dernier souffle, il n’a cessé de partager sa passion pour la vitalité de la démocratie, attentif à tout frémissement collectif porteur d’espérance.

Quant à sa carrière professionnelle au CNRS, elle épouse l’évolution sociologique de la société française, depuis l’après-guerre jusqu’à la fin des années 1980. Ses enquêtes ethnologiques font date. Dans la Métamorphose de Plozévet (1967), il analyse la fin de la paysannerie, la révolte des jeunes, et – déjà ! – la montée des valeurs féministes. Autant de changements inscrits dans la singularité de cette commune bigoudène, dans le Finistère, où il séjourne près d’un an. Quand les sociologues de l’époque ne voyaient que des classes sociales, il est le premier à décrire en 1963 le surgissement, en France et aux États-Unis, d’une classe d’âge adolescente avec sa culture propre. En 1969, il publie une célèbre enquête sur le mécanisme de propagation d’une rumeur (la Rumeur d’Orléans, Seuil) selon laquelle de jeunes femmes prétendument chloroformées disparaissaient dans les cabines d’essayage des détaillants juifs de la rue de Bourgogne, à Orléans.

« C’était un narcissique généreux »

« Sa vie même est une quête d’unité entre ses engagements politiques, ses recherches et son histoire intime », souligne Bernadette Puijalon, anthropologue, qui fréquente ses écrits depuis les années 1960. En effet, nous savons presque tout des amours d’Edgar Morin. Il a raconté chacune de ses épouses, depuis Violette, la mère de ses deux filles, puis Johanne, la Canadienne, et Edwige, l’adorée, décédée en 2008. Jusqu’à Sabah, sa compagne, universitaire marocaine rencontrée au Festival des musiques sacrées à Fès en 2009.

« C’était un narcissique généreux qui a exposé au fil des années ses avancées, ses incohérences, ses carences avec honnêteté. Il indiquait en permanence où il en était, à ce moment précis de son chemin d’homme. Ce grand intellectuel m’a montré qu’on pouvait s’approprier son domaine de recherche pour grandir soi-même. » Spécialiste des âges de la vie, Bernadette Puijalon l’a interviewé alors qu’il n’avait « que » 70 ans. « Je lui dois la plus délicate mise en garde contre l’infantilisation de nos parents vieillissants, se souvient-elle. Un des secrets de sa vitalité, c’était de dialoguer en permanence avec le meilleur de l’enfant, le meilleur du jeune homme qu’il avait été et le meilleur du vieillard qu’il espérait devenir. »

Au carrefour de l’intime et du politique

L’apport d’Edgar Morin se situe au carrefour de l’intime et du politique. Il a été notamment l’un des premiers à montrer que l’autonomie est un mythe, sur le plan intime et collectif : c’est la gestion de nos dépendances et interdépendances qui la détermine. En 1972, il découvre le rapport du Club de Rome et prend conscience du problème écologique sur lequel il n’a cessé de réfléchir et d’alerter jusqu’à sa mort. « J’ai alors compris que la course aux profits était la cause principale de la dégradation de notre environnement et qu’elle conduisait à la crise de la démocratie un peu partout », se souvient-il dans Mon chemin.

Toujours, il additionnait les approches au lieu de les opposer. C’est le cœur de la fameuse « pensée de la complexité ». Complexité au sens étymologique : ce qui est tissé ensemble. Elle est explorée, sous la forme d’une véritable aventure intellectuelle, dans les six volumes de la Méthode, publiés de 1977 à 2004. Cette méthode se veut une « voie », surtout pas un système.

Parcours intellectuel des États-Unis à l’Amérique du Sud

L’origine de ce travail monumental s’ancre dans ses séjours en Amérique du Sud et aux États-Unis. À la fin des années 1960 en Californie, il découvre l’école des sciences humaines de Palo Alto dont les théoriciens considèrent que la réalité n’existe pas en soi : chacun construit des réalités et des systèmes qui peuvent fonctionner ou dysfonctionner. « Le premier volume de la Méthode est arrivé à un moment de vide intellectuel où les espérances révolutionnaires se désintégraient, reconnaît-il dans Mon chemin. Il a suscité un certain intérêt et m’a valu des interviews où j’ai pu exposer mes idées. »

Ses idées se propagent dans le monde, en particulier en Amérique latine. En Colombie, il existe aujourd’hui un « doctorat en pensée complexe » reconnu par le ministère de l’Éducation. Une statue en bronze d’Edgar Morin a même été érigée en 2007 dans la ville d’Hermosillo, 600 000 habitants, dans le nord du Mexique. « En Amérique latine, l’œuvre de Morin est accueillie comme l’aventure interdisciplinaire d’un marginal génial et d’un franc-tireur inspirant », analyse son disciple, le philosophe franco-colombien Nelson Vallejo-Gomez dans le livre Edgar Morin, les cent premières années (Hermann, 2023). « Le débat intellectuel latino-américain, notamment dans les universités publiques, était phagocyté par les querelles idéologiques entre marxisme et antimarxisme, capitalisme et communisme, amis et ennemis, explique-t-il. La lecture de Morin apparaît comme un bol d’oxygène pour une minorité en quête de liberté d’esprit. »

« Curieusement, la pensée de cet intellectuel agnostique a d’abord été accueillie dans des institutions catholiques comme l’Université pontificale bolivarienne de Medellín (Colombie), l’Université Cândido Mendes de Rio de Janeiro (Brésil), l’université ibéro-américaine, créée par des jésuites à Mexico », poursuit Nelson Vallejo-Gomez. Ses plaidoyers pour une éducation transdisciplinaire, coopérative, suscitent en particulier un intérêt constant depuis la parution de son livre les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur (Seuil, 2000).

En France, un contemporain capital, sollicité et attendu

En France, la pérennité de sa vivacité intellectuelle et son immense curiosité en font un contemporain capital, sollicité et attendu, car il ne donne pas de leçon. Interviewé dans les colonnes de La Vie, le 17 septembre 2020 (N° 3916), en pleine crise sanitaire, il souligne : « La notion de voie s’oppose à la notion rigide de programme et à la notion statique de modèle de société, alors que tout est en évolution. Il n’y a pas de but à atteindre, mais un cheminement à aménager. »

« Que te reste-t-il à faire ? », l’interrogeait Laure Adler. « Continuer dans le sens de ma vie, en essayant de lutter contre l’illusion et l’erreur. J’ai moi-même fait deux erreurs fondamentales dans ma jeunesse. J’ai été pacifiste parce que je ne savais pas que Hitler voulait coloniser toute l’Europe. J’ai été communiste, parce que je me faisais des illusions. Quand on fait des erreurs aussi profondes, on réfléchit sur les sources. À 102 ans, je me sens plus motivé que jamais car nous vivons des circonstances terribles et allons vers des désastres en somnambules. »

« Pour moi, la mort ne comporte pas de mystère »

Edgar Morin, jusqu’au bout, a appelé à cultiver des oasis de fraternité, de pensée et de convivialité face à la régression qui menace. Des oasis de résistance où seront sauvegardées les forces de liberté et de conscience. Beaucoup de jeunes aujourd’hui suivent cette voie de façon très concrète sans avoir forcément lu ou entendu le vieux sage.

Edgar Morin ne croyait pas au Dieu personnel des religions monothéistes, ni en aucun système théologique, mais il était sensible aux mystères. « Pour moi, la mort ne comporte pas de mystère », disait-il à Laure Adler à l’occasion de la parution de son dernier livre (Encore un moment, 2023). « C’est la dégradation physique de tout l’être. C’est une loi de la nature. C’est la vie qui est un mystère. Pourquoi cette force créatrice dont je suis possédée même à mon âge ? Ce n’est pas moi qui possède la vie. C’est elle qui me possède. » En tout cas, la vie l’aura aimé autant qu’il l’a aimée.

source La Vie - par Dominique Fonlupt

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mardi 21 avril 2026

"Demain, c'est maintenant"

Hier, j'ai accompagné un ami poète. C'était la cérémonie d'enterrement de Pierre Dhainaut décédé le 14 avril à 90 ans. 

- Au revoir le souffle poétique que tu nous partageais par vague lumineuse à chaque rencontre... Et ta voix et ton écoute profondes.



(Vert pâle, la couleur...)

Vert pâle, la couleur, ou vert tendre, à quoi 

servirait-il de la définir quand tu la rencontres
la première fois cette année ? Couleur est vie
voulant plus que la vue : les bourgeons
resurgissent, ils s’allongent, ils pèsent,
ils ne pèsent pas, le vert pâle, le vert tendre, 
réjouis-toi d’être inapte à répondre
avant de parcourir le seuil sous la glycine,
renonce à demander où tu te rends.





Des pierres, que signifie pour des pierres
perdre haleine ? En si petit nombre 
nos tournures, cela n’est que cela,
un son qui sort d’un son, le réintègre, 
et ce que l’on prend pour des stèles 
compactes, la douleur aussi les perfore.
Venir, venir en aide, ravager le spectacle, 
prendre sur soi le mal, quelques mots, 
ânonnés, dégageront la route.

Pierre Dhainaut
Et pourtant, Éd. Arfuyen, 144 p., 15 €

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vendredi 13 mars 2026

Hommage à une âme forestière

 Les forêts perdent une de leurs plus grandes alliées : « Lulu du Morvan » est décédée à l’âge de 84 ans.

Lucienne Haèse s’est battue toute sa vie pour protéger les arbres et empêcher les « coupes rases », qui consiste à raser tout ou partie d’une parcelle de forêt pour la sylviculture intensive.



« Par exemple, on va bientôt prélever cet arbre parce qu’il est arrivé à maturité et prive ses voisins de lumière, m’explique Lulu en pointant un chêne. Mais on ne touchera pas aux autres autour de lui, qui profiteront de son absence pour s’étendre. On fait aussi attention à laisser de vieux arbres mourir sur pied, car ils servent d’abris et de garde-manger pour les oiseaux. C’est ça la gestion responsable d’une forêt. Les coupes rases sur plusieurs hectares sont un non-sens écologique ! »


Lulu marque une pause, puis pointe un vieux chêne avec sa canne : « Je veux que mes cendres soient dispersées au pied de son tronc. Il est tellement beau. »

Photo Ketty Beyondas, JSL
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vendredi 20 février 2026

Hommage de Betty pour Jean

 Je vous partage un échange doux et joyeux que j’ai eu il y a quelque temps avec 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗕𝗼𝘂𝗰𝗵𝗮𝗿𝘁 𝗱'𝗢𝗿𝘃𝗮𝗹 et d’où sont nés ces deux petits textes : l’un de Jean et l’autre de moi. Bon envol, « enfant heureux »! 🕊️

𝗔𝘃𝗿𝗶𝗹 𝟭𝟵𝟲𝟭…


𝗝𝗲𝗮𝗻 (𝟭𝟯 𝗮𝗻𝘀) :

« Tôt le matin de Pâques, je lis, assis dans mon lit. Soudain une étrange sensation m’envahit. Je pose mon livre et ferme les yeux. Je suis devant la mer, une mer sans bornes et sans aucune vague. Une douce lumière monte à l’horizon. Cette lumière se fait de plus en plus intense et devient bientôt éblouissante. Puis, au-dessus de la mer étale, droit devant moi, monte non pas le soleil familier, mais une colombe blanche. Ses ailes, d’une envergure inouïe, sont pleinement déployées mais ne battent bas. Je suis stupéfait. La colombe monte silencieusement au-dessus de la mer, sa tête est tournée vers l’horizon. Alors qu’elle est à environ trente degrés au-dessus de l’horizon, elle se tourne alors et me regarde directement, intensément. Je suis saisi, bouleversé, car je comprends que cette colombe, c’est moi : je regarde, je suis regardé et je suis ce regard. 

Plus de soixante ans plus tard, je n’ai jamais oublié cette colombe et son regard qui avait transpercé mon âme d’enfant. »

𝗣𝗿𝗶𝗻𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟭…


𝗕𝗲𝘁𝘁𝘆 (𝟱 𝗮𝗻𝘀) :

« Je regarde l’eau de la rivière qui brille sous le soleil de mon cœur d’enfant. Je dépose mes petits pieds nus dans l’eau glacée de cet abri vivant où souvent je me réfugie. Mes petits pieds aiment l’eau très froide, car elle me relie vivement à mon corps, ce corps que je quitte très souvent. J’observe les minuscules brindilles de sapin qui s’entremêlent, tournoient et dessinent des arcs-en-ciel pour la joie de mes yeux d’enfant. Je dépose les paumes de mes mains sur l’eau et perçois alors un battement d’ailes qui croît rapidement en ma direction. Je sursaute, je suis saisie. Apparaît une colombe semblable à celle des images saintes de mon petit missel. Elle ne vient pas du ciel bleu, elle naît devant moi et me regarde. Son plumage blanc immaculé évoque l’amour pur qui monte en moi. Je ressens la chaleur de son corps éblouissant. Je suis stupéfaite, incapable de bouger. La colombe devient plus grande que moi, elle apparaît gigantesque. Je suis absorbé en elle et instantanément j’ouvre les ailes pour m’envoler dans l’immensité du ciel. La petite fille se couche dans les bras de la rivière du destin, mais la colombe veille sur elle à tout jamais. »


"...je suis Louis-Philippe Marineau, le neveu de Jean Bouchart d'Orval. C'est avec beaucoup de peine que je vous annonce le décès de Jean, survenu aujourd'hui le 17 février 2026. Jean a eu une vie exceptionnelle. Il est parti en paix, serein."

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samedi 3 janvier 2026

Hommage à Francis Hallé

Francie Hallé est décédé à la Saint Sylvestre, lui qui aimait tant les arbres !



“ À quoi sert le beau ? Qu’est-ce qu’il signifie ? Dans les forêts tropicales, j’ai réfléchi à ça puisqu’on est entouré de belles choses. Ma conclusion, au moins provisoire, c’est que la beauté est la preuve de l’évolution a bien fonctionné et que le résultat est parfait.”

Et je constate que l’émerveillement, à mesure que les années passent, prend de plus en plus d’importance. J’en suis à prétendre que la beauté devrait faire partie intégrante de la biologie et de l’écologie ! 

J’ai souvent été en colère. Je me souviens particulièrement d’une altercation avec un autre chercheur qui me disait que la beauté n’était pas mesurable. Je lui avais répondu : « Et ton intelligence, tu crois qu’elle l’est ? » C’est quand même une vraie question : pourquoi la science se résumerait à ce qui est mesurable ? Qui a décidé de ça ? Quand j’ai découvert les forêts primaires, la beauté m’a sauté aux yeux. Là-bas, si tu as une empathie pour le monde végétal, l’émerveillement est permanent. Tu ne peux pas l’ignorer. Pour ma part, je crois que c’est le dessin qui m’a sauvé. Il exige une attention, un regard, de l’imagination. Ça a été une méthode très efficace pour me débarrasser de l’approche réductrice de certains scientifiques.

« L’être humain peut-il coexister avec une nature intacte sans l’abîmer ? Nous devrions en être capables, mais il nous reste à le prouver »

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mercredi 18 juin 2025

Présence naissante (18 juin)

 


Dans cette soumission aux émotions, il n'existe aucun « je » réel, il n'y a pas d'agissant. Le voca­bulaire que nous utilisons ici distingue agir et réagir. « Don't mistake reaction for action », « Ne prenez pas des réactions pour des actions. » Effectivement, à ce niveau-là – et ce niveau-là est le vôtre aujourd'hui – tout le mal vient de ce que « vous » n'êtes pas là et tant que « vous » n'apparaî­trez pas à l'intérieur de ce chaos, le chemin ne pourra jamais commencer : vous ne pourrez être ni un disciple, ni quoi que ce soit, si ce n'est une marionnette comme disait Swâmiji, une machine comme disait Gurdjieff. « Because you are not there », « parce que vous n'êtes pas là », voilà d'où vient tout le mal, toujours absent, jamais présent. A un moment c'est l'ambitieux qui règne, un mo­ment le vaniteux, un moment le meurtrier, un moment l'idéaliste, un moment l'obsédé sexuel, mais « vous », jamais – ou si rarement.

Déjà, à un niveau immédiatement compréhensible, vous pouvez sentir que le pronom « je » – « je » ou « je suis » – est capital. Essayez de développer la conscience de soi, peut-être pas la cons­cience du Soi, mais la conscience de soi. Essayez de ressentir « moi » – pas le désespéré, pas l'op­timiste, pas l'obsédé sexuel, pas le mystique, pas l'idéaliste – moi, qui commence, commence à ap­paraître... Et en même temps, entendez sans vous troubler cette contradiction apparente : « La libé­ration viendra le jour où “ vous ” ne serez plus là. » La libération viendra le jour où l'ego aura dis­paru.

Arnaud Desjardins - La Voie et ses pièges

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mercredi 14 mai 2025

Le jour où tout a changé



J’ai goûté, dit-elle, comme par mégarde, à la saveur d’Être. Et ce simple mot, ce mot qui pourrait glisser entre deux silences sans qu’on y prenne garde, devient ici le seuil. Non pas un événement, mais un basculement. Non pas une pensée, mais une saveur. C’est un peu comme si l’âme avait bu à la source, à peine une gorgée, mais que toute la soif du monde s’en trouvait changée.
Il est des instants où le temps s’écarte. Où l’on cesse de vouloir comprendre. Où l’on ne cherche plus à plaire, à convaincre, à blâmer. Il est des instants où l’on devient nu — comme le ciel après la pluie, comme un visage sans rôle, sans masque, sans défense. L’Être alors se donne. Non pas avec éclat, mais avec cette douceur ferme des choses essentielles : le pain, l’arbre, le regard de celui qui sait.
Quelque chose en moi, dit-elle encore, n’est pas né avec moi et ne mourra pas avec moi. Cette parole-là, on ne la dit pas sans frémir. Elle est ancienne, plus ancienne que les livres et les prières. C’est la parole du Soi, dirait Jung. Le cœur du cœur, la source d’où tout naît. C’est cette part de nous qui ne craint ni la mort ni le chaos, car elle n’y appartient pas. Elle nous habite, sans jamais nous posséder.
Et quand cette part se révèle, même pour une seconde, tout ce que l’on croyait savoir s’effondre. Il n’y a plus de plainte, plus d’accusation, plus de vouloir. L’autre cesse d’être ennemi ou allié. Il devient frère de passage. Et le monde cesse d’être un théâtre. Il devient un champ. Un jardin. Un désert sacré.
Et alors — ô miracle discret — les choses apparaissent dans leur vérité nue. Un bol devient un bol. Une main devient une main. Le vide lui-même devient lumineux.
On voudrait s’agenouiller devant cela, mais il n’y a rien devant quoi s’agenouiller. Tout est là. Rien de spectaculaire, et pourtant… tout est changé.
À ceux qui cherchent des preuves, on ne pourra rien dire. L’Être ne se démontre pas. Il se goûte. À ceux qui veulent l’atteindre, il faudra dire : il vient quand tu ne le poursuis plus. Il est timide, comme la grâce. Il est entier, comme le chagrin pur.
Et ceux qui l’ont entrevu ne le gardent pas comme un secret. Ils le vivent comme une évidence. Non pour s’en faire un blason, mais pour marcher autrement. Pour aimer un peu mieux. Pour écouter davantage. Pour parler moins.
Christiane Singer ne donne pas de méthode. Elle n’enseigne pas. Elle offre. Elle donne à voir une saveur. Et cela suffit. Car celui qui a goûté à l’Être n’a plus besoin de convaincre. Il sait. Il ne sait pas quelque chose, il est ce savoir.
Et cela — cela suffit.

Laurent Brun Lafferrere
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mardi 1 octobre 2024

Bout du monde - hommage à Jacques Réda


Il y a partout dans les campagnes de ces endroits qu’on appelle le bout du monde, qui vous laissent croire à une imminence de l’infini. C’est une route vers le haut de sa côte, une arête de rochers à l’horizon, un plan de cailloux vibrant comme un plateau de balance où se pèsent des tonnes de soleil concassé. Chacun, en outre, a fait de bonne heure sa propre expérience dans ce domaine : dans le couloir d’un appartement, au coin d’une rue, tout au fond du jardin sous les petites dragées de l’ortie blanche, partout. Car le monde à vrai dire n’est fait que de bouts du monde, mais il faut de l’entraînement pour s’en rendre compte et s’y accoutumer.

Jacques Réda - extrait de "L'Herbe des talus"

Né le 24 janvier 1929 à Lunéville, en Lorraine, Jacques Réda, autoproclamé «l’un des derniers dinosaures» de la poésie française, qui écrivait au stylo-plume et gardait ses distances avec les ordinateurs, est mort lundi 30 septembre, à l’âge de 95 ans, ont appris les éditions Gallimard. L’on retiendra de lui qu’il fut longtemps l’incarnation en vers et en prose d’une insolente jeunesse, joueuse et curieuse, infatigable arpenteur de la capitale et de ses environs (à pied, vélo ou Solex), où il trouvait partout, lors de ses pérégrinations, matière au saisissement, à l’éblouissement... (extrait de Libération)

Chaque arbre est un caractère

Dont la forme sort de terre
Tout comme de notre esprit,
Sans qu'on les ait prononcées,
Des paroles, des pensées
Que l'on fixe par écrit.
Elles font, dans le langage,
Une sorte de branchage
Aussi net et régulier
Que ceux du chêne et du hêtre
Qu'une loi condamne à n'être
Ni frêne ni peuplier.

Leçons de l'arbre et du vent

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mardi 12 mars 2024

Hommage à Chandra Swami


Q : Affirmeriez-vous connaître votre Être véritable ?
Chandra Swami : Se proclamer soi-même comme tel, c'est le nier. Quand vous vous êtes réalisé, il n'y a rien à proclamer.
Q : Alors vous ne proclamez rien, mais vous dites que vous êtes réalisé...
Swamiji : Je ne dis rien. Quand vous dites que vous vous êtes réalisé, cela semble être une chose du passé.
Q : Non, j'ai demandé si vous vous diriez "réalisé", car je pense que c'est un événement et également un "état d'être".
Swamiji : La réalisation n'est pas une expérience, c'est le fait d'expérimenter. Dans la terminologie hindoue, ce genre de question est appelé "anadhikar cheshta", ce qui signifie inconvenance.
Si vous dites "oui", c'est faux.
Si vous dites "non", c'est faux.
La Vérité/Dieu est quelque chose qui n'est ni connaissable, ni inconnaissable.
Extrait de : Le Chant du Silence
(Arnaud Desjardins signe la préface)
✨ ✨️ ✨
️️Sri Chandra Swami Udasin nous a quittés le 9 mars dernier, quelques jours après son 94e anniversaire.
"Om Hari Sharanam"
(Ô Seigneur, je prends refuge en Toi)
🙏
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(une pensée pour un ami qui est sur place !)

lundi 27 novembre 2023

Hommage à Magda Hollander-Lafon

 


Elle avait 16 ans quand elle a été déportée à Auschwitz (Pologne), lors de la Seconde Guerre mondiale. Magda Hollander-Lafon est décédée ce dimanche 26 novembre 2023, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Elle était l’une des dernières survivantes françaises de la Shoah.

Vous pouvez revoir les articles sur cette grande dame avec ce lien.

https://spinescent.blogspot.com/search/label/Magda%20Hollander-Lafon

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samedi 14 octobre 2023

Hommage à Hubert Reeves

Il aimait les étoiles et les arbres ! 



"Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré, selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir, et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire. Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme), de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit. Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous, et il en est de même des herbes prétendues mauvaises. En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres. Ajoutons, en passant, que, face aux extinctions multipliées d’espèces dont nous sommes aujourd’hui responsables, nous mériterions, seuls, le qualificatif d’espèce hautement nuisible à l’harmonie et à la préservation de la biodiversité."
Hubert Reeves


Dialogue avec les arbres millénaires



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lundi 9 octobre 2023

Hommage pour un 9 octobre 1978

Le rire est dans le cœurLe mot dans le regardLe cœur est voyageurL'avenir est au hasard...


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