mardi 20 février 2024

Refus de l'émotion


Et, au premier chef, l'émotion, mélange d'énergie fluide et de pensée. Un regard attentif sur soi permet de découvrir que cette émotion est avant tout un refus. Ressentiment, peur, colère nous envahissent dès que nous refusons les situations déplaisantes.
Ainsi découle naturellement une thérapeutique de l'émotion, Elle tente de dégager notre vision de la réalité, des préjugés qui la recouvrent.

Denise Desjardins


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lundi 19 février 2024

Violence, tensions, micro-agressions : comment apprendre à se préserver



INTERVIEW. Le psychiatre Christophe Massin nous invite à analyser nos propres mécanismes de défense et partage des pistes pour se protéger et « se réconcilier avec soi-même ».

par Alice Pairo-Vasseur (Publié le 16/02/2024) dans Le Point

«  Avoir du mal à se défendre n’est pas une fatalité. On peut avoir le sentiment que cela nous dépasse, qu’on ne peut faire autrement, mais la vérité est que chacun peut progresser dans ce domaine », fait valoir le Dr Christophe Massin.

L'attitude délétère d'un proche, le mépris d'un chef, l'agressivité d'un quidam… La nécessité de se défendre et de se faire respecter nous concerne tous. Or nous n'avons pas tous la même capacité à le faire. Pourquoi certains subissent quand d'autres protestent et savent poser leurs limites ? Et comment apprendre à s'opposer et se préserver ? Avec Savoir se défendre – L'immunité psychique (éd. Odile Jacob), le psychiatre Christophe Massin propose une analyse fine et accessible des mécanismes de défense. Il nous invite à observer notre propre fonctionnement, à prendre conscience de nos conditionnements et partage ses pistes pour faire face aux agressions extérieures. Et « se réconcilier avec soi-même ».

Le Point : Vous nous invitez, à travers votre livre, à préserver notre « immunité psychique ». De quoi s'agit-il exactement ?

Christophe Massin : Comme avec l'immunité physiologique, qui nous protège des agressions de toutes sortes (microbiennes, infectieuses…), l'immunité psychique vise à nous défendre de situations (actions, paroles…) qui pourraient nous atteindre et nous perturber sur le plan psychologique. Mon observation part d'un constat clinique : pour m'être occupé de risques psychosociaux en entreprise, j'ai pu observer pendant des décennies combien les personnes qui manquaient de défenses, de limites, pouvaient être maltraitées, exploitées ou écrasées.

Et ce, dans tous les milieux : ouvriers, cols blancs, infirmières, gendarmes… Ces actions ne mettaient pas, à proprement parler, leur vie en danger. Mais elles avaient le pouvoir de les atteindre, de les perturber sur le plan psychique et même, à terme, d'avoir un impact sur leur corps et leur santé (allergies, déficiences immunitaires, maladies auto-immunes…). Préserver son immunité psychique revient donc à distinguer ce qui est bon pour soi de ce qui peut nous faire du tort. Mais aussi à se faire respecter, à poser ses limites et à défendre son intégrité. Comme une sentinelle qui dirait : « Non, ça, je ne laisse pas passer. »

Notre société nous mettrait plus à l'épreuve que jamais, exposez-vous dans votre livre. Expliquez-nous…

Je ne suis pas sociologue et cela mériterait une analyse à part entière. Mais force est de reconnaître qu'une désinhibition des pulsions agressives opère dans notre société. Et le mouvement semble général : les conducteurs de bus, les maires, les médecins, les professeurs. Tous ceux qui travaillent au contact du « public » sont touchés. Les écriteaux de salles d'attente rappelant qu'on doit « respecter la secrétaire », les professeurs qui racontent qu'ils se font insulter par leurs élèves…

Tout cela aurait été inconcevable quelques années en arrière ! Cette agressivité dépasse d'ailleurs nos frontières, le climat de tensions et de crises que l'on observe sur l'ensemble de la planète (réchauffement climatique, conflits…) fait monter les réflexes de peur, donc la violence. Dans cet environnement de plus en plus instable et imprévisible, il est fondamental de s'interroger sur ses ressources. Suis-je prêt à faire face ? Vais-je réussir à ne pas me laisser embarquer ?

Vous pointez aussi les effets délétères d'une agressivité « minimisée », « banalisée »…

Oui, car cette agressivité n'est pas reconnue comme telle, et peut être, de fait, un véritable piège. Plus pernicieuse que l'attaque frontale ou l'insulte, elle est faite de jugements dépréciatifs, de mépris, voire d'une surdité à ce que l'on est. Quand, en réunion, ce supérieur ou ce collègue vous fait une remarque « l'air de rien », ce peut être une flèche, un projectile que vous recevez. Et il est important de ne pas s'y habituer. Cela commence par le fait de le reconnaître et de le nommer puis de le signifier. Cela n'a souvent « pas l'air méchant », mais ce peut être, dans certains cas, un poison : vous êtes déstabilisé, commencez à douter de vous, à culpabiliser…

Comment savoir si l'on malmène son immunité psychique ?

Les retours des autres (proches, amis, collègues…) peuvent être très utiles en la matière. Si mon entourage me fait part de réactions qui lui paraissent inadaptées (« mais tu ne dis rien ? », « pourquoi tu laisses faire ça ? »), cela mérite, sans doute, que j'y regarde de plus près… Mais je peux aussi en prendre conscience, de moi-même.

Certains, par exemple, vont être affirmés dans certains contextes, et se montrer plus inhibés dans d'autres : ils se défendent avec assurance dans leur vie personnelle mais ne font pas de vagues au travail, ou l'inverse. S'ils en sont satisfaits, alors il n'y a pas nécessairement de problèmes. Mais s'ils se sentent frustrés, blessés, humiliés, si cela joue sur leur confiance en eux ou affecte leur capacité à agir et prendre position, alors c'est qu'ils malmènent leur immunité psychique.

Il existe en nous des mécanismes basiques face à l'agression. Ce sont d'ailleurs les mêmes que chez les animaux : le neurobiologiste et spécialiste du comportement animal Henri Laborit avait ainsi détecté trois modes de réponses (symbolisés par ce qu'il appelait les « 3 F », pour « fight, flight, freeze ») : j'« entre en conflit », je « fuis » ou je me « pétrifie » – il en existe aussi de plus marginaux, comme la ruse. L'important est de s'assurer que j'adapte cette palette de réactions selon les circonstances, car chaque situation requiert une réponse sur mesure. Si, par exemple, ma réaction aux agressions est toujours la même (je me montre agressif, contourne, fais profil bas ou tente d'amadouer mon interlocuteur), c'est que ma réponse immunitaire n'est pas adaptée.

Ces réactions sont souvent le fruit de conditionnements profonds, dites-vous dans votre livre. Comment les contredire ?

En effet, certains conditionnements peuvent avoir des effets importants – et délétères – sur nos capacités à nous défendre. En premier lieu desquels la peur, qui peut complètement inhiber un enfant, et l'adulte qu'il deviendra. Comme le manque de soin, qui l'amènera à penser qu'il est quantité négligeable et peut se « laisser faire ». Ou le fait qu'il s'attache à ne pas reproduire certains comportements (en particulier ceux d'un parent), qui le conduiront à répondre de façon inadaptée aux situations d'agression.

Pour autant, avoir du mal à se défendre n'est pas une fatalité. On peut avoir le sentiment que cela nous dépasse, qu'on ne peut faire autrement, mais la vérité est que chacun peut progresser dans ce domaine ! Bien sûr, cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Se défaire de conditionnements (particulièrement lorsqu'ils ont trait à la peur, qui reste l'inhibiteur le plus fort) demande du travail et l'on peut se faire aider pour cela. Je donne des pistes concrètes dans ce livre. Mais, comme je l'expliquais plus tôt, il y a un préalable et cela commence par une prise de conscience de son propre fonctionnement.

La colère – généralement présentée comme improductive, voire comme un signe de faiblesse – est plutôt valorisée dans votre livre. Expliquez-nous…

Oui, car il y a de saines colères. Qu'il convient de distinguer des emportements colériques, qui soulagent momentanément mais ne résolvent rien, ne sont bénéfiques à personne et induisent parfois des retours coûteux… Une colère saine n'est pas dirigée contre l'autre, elle permet d'affirmer que j'existe, de signifier que je refuse qu'on piétine ce qui est important pour moi et de préserver ce qui m'est précieux (mon intégrité, mon identité…).

Elle est une manifestation de l'immunité psychique. Voyez, dans la nature, comment les femelles sont capables de faire reculer l'ennemi pour protéger leurs petits : une lionne peut sortir les griffes face à deux lions dominants, un oiseau poursuivre un gros prédateur parce qu'il s'est approché trop près du nid… C'est magnifique et surtout salvateur, au sens premier du terme !

Votre livre expose, enfin, que ce qui est opérant au niveau individuel l'est aussi pour nous tous. Qu'avons-nous à gagner, collectivement, à préserver notre immunité psychique ?

Il n'y a qu'à voir quels ressorts les mouvements populistes, ou les démagogues, actionnent. En mobilisant la peur, la haine et en désignant un bouc émissaire (le Juif, l'étranger, le riche…), ils conditionnent leurs sympathisants et biaisent, d'une certaine manière, leur immunité psychique. Ce qui apparaît comme un danger suscite, alors, une réponse disproportionnée, voire inadaptée, à ce qui apparaît comme une menace. Être conscient de ces mécanismes et apprendre à y répondre est donc un enjeu individuel et collectif.



Savoir se défendre – L'immunité psychique, de Christophe Massin, éd. Odile Jacob, 208 pages, 21,90 euros.

La nécessité de se défendre nous concerne tous : une relation où l’on est agressé par un proche, des exigences professionnelles qui dépassent les limites, un réseau qui cherche à nous embrigader en distillant de fausses informations.
Or nous n’avons pas tous la même capacité à nous défendre.
Pourquoi certains restent-ils passifs alors que d’autres protestent et savent poser leurs limites ? Pourquoi d’autres encore retournent l’agression contre eux-mêmes ou bien réagissent de façon excessive ?
Prendre conscience de son fonctionnement psychologique, en élucider les motivations profondes est un préalable à un véritable travail de renforcement de l’immunité psychique, qui permettra d’en finir avec l’impuissance et la culpabilité et de se réconcilier avec soi-même.

L’immunité psychique : une nouvelle approche pour apprendre à se défendre, à se faire respecter et à empêcher la violence contre soi.

Christophe Massin est psychiatre. Il a notamment publié Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion, qui a reçu le prix Psychologies-Fnac en 2014, et Une vie en confiance. Dialogues sur la peur et autres folies qui sont de grands succès. 

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dimanche 18 février 2024

La « pulsion de mort », fatale ou pascale ?


Yeshoua envoie ses disciples annoncer l’Évangile de vérité (alétheia), vérité qui est Amour/Agapè, conscience du Réel infini, un et diversifié.

Cet Amour/Agapè n’est pas un acte de volonté mais de lucidité : la prise de conscience ou la reconnaissance que tout est interrelié, inter-indépendant et intriqué. Cela devrait rendre la guerre impensable avant d’être impossible : tuer un autre c’est se tuer soi-même.

Tout « service » « militaire » est une contradiction dans les termes, on ne sert pas avec des armes à la main.
Toute fabrication d’armes est déjà un crime, l’argent investi dans ce commerce mortifère suffirait largement à éradiquer les problèmes de la faim dans le monde, sans parler des urgences climatiques.

Tuer les hommes est sans doute plus facile que de les nourrir, plus lâche surtout.

« La guerre est l’état naturel de nos sociétés, la paix est un temps d’exception » disait avec beaucoup d’assurance le général, comme si la guerre qui est son métier et son choix était le choix et le métier de tous.

N’est-ce pas la paix qui est notre vraie nature, l’harmonie, l’union dans la différence ?
N’est-ce pas la guerre qui est plus qu’une exception, une perversion, réduction de l’autre au même, séparation, exclusion etc.?

C’est la « pulsion de mort » disait Freud, au-delà du principe de plaisir et de toute pulsion vitale ; ne faut-il pas distinguer une pulsion de mort « fatale » et une pulsion de mort « pascale » ? : le désir de mort et de destruction (de soi et de l’autre) c’est l’homme du ressentiment qui n'accepte pas sa faiblesse, veut tout dominer et cache dans son sein « les vanités qu’il ne saurait voir… ».

Le désir de vie, d’Amour/Agapè, c’est la pulsion de mort « pascale », qui ne craint pas la mort, qui aspire à l’effacement de son ego ou de son égocentrisme pour vivre une vie plus vaste, une intelligence plus éveillée, un amour plus universel : son « Je suis » véritable.

La lâcheté et la bêtise, n’est-ce pas de dire « oui » à la guerre et « non » à la paix ?
Le courage et l’intelligence, n’est-ce pas de dire « non » à la guerre et « oui » à la paix ?

Être assez fort pour ne pas répondre à la violence par la violence, libéré des engrenages du mépris, de la menace et de la terreur, n’est-ce pas là, un « devoir » d’humanité qui justifie « les droits de l’homme » ?

René Girard parlait de ces engrenages comme ceux d’un mimétisme primaire ; le Christ venant briser ces engrenages. Peut-on lire alors sa passion, son ensevelissement et sa résurrection comme expression d’une « pulsion de mort pascale », fin de l’ego, éveil au soi et à l’Être nouveau ?
 
Jean-Yves Leloup, février 2024

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samedi 17 février 2024

Se détacher du miroir

 


Désolé si cette pépite – sous-titrée « Reflecting a lifetime » – vous semble un peu rude pour commencer une année … qui s’annonce difficile :

« Il raconte l’histoire d’un homme qui passe de l’enfance au statut de vieillard, le temps d’un brin de toilette. … Si ce récit paraît être une fiction, il est pourtant bel et bien réalité puisqu’il est tout simplement l’histoire de chacun d’entre nous. »

Comme nous sommes tellement « ignorants de ce dont nous sommes le plus assuré, notre essence transparente comme le cristal », nous avons besoin de « réveils » sans cesse plus puissants. D’autant plus que, généralement, « nous n’aimons point les réveils … ».

Il existe deux manières radicalement différentes de regarder « Le miroir » & de se regarder dans un miroir :

  • l’habituelle : l’objet reflète ce que nous sommes, constate les inexorables effets du temps sur nos corps … Entretien machinal d’une commune léthargie, si bien résumée par Christian Bobin dans Le Très-Bas : « Le monde veut le sommeil. Le monde n’est que sommeil. Le monde veut la répétition ensommeillée du monde. … L’enfant va à l’adulte et l’adulte va à sa mort. Voilà la thèse du monde. Voilà sa pensée misérable du vivant : une lueur qui tremble en son aurore et ne sait plus que décliner. C’est cette thèse qu’il te faut renverser. »
  • celle de la Vision du Soi, le véritable cadeau :

Voilà ce que Douglas écrit dans « Vivre sans stress » à quelqu’un qui se regarde dans un miroir tenu à bout de bras :

« Votre visage humain, votre visage acquis, votre apparence est là-bas, à un mètre environ. C’est une chose. Mais ici, de ce côté-ci de votre bras, se trouve votre visage non-humain, votre Visage Originel, votre Réalité. Ce n’est pas une chose. […] Il est bénéfique de bien faire la différence entre nos deux visages et de bien mettre chacun à sa vraie place. […] Utilisez maintenant votre miroir pour vous débarrasser du stress – en le regardant pour voir ce que vous n’êtes pas. »

Ne vous contentez surtout pas de lire ce passage, faites réellement l’expérience devant un miroir, vérifiez ce qu’il en est pour vous-même !

Elle coïncide bien entendu avec celles que proposent la plupart des véritables spiritualités, le Zen notamment :

Connaissez-vous le kôan : « Vous êtes l’image au miroir, mais l’image au miroir n’est pas vous » ? Le moi n’est que votre image, celle que vous présentez aux autres et à laquelle par erreur vous vous identifiez. Votre moi est aléatoire, il n’est que provisoire, il naît et il meurt, il meurt parce qu’il est né. Or vous, vous étiez avant et vous serez après. Voilà ce que signifie l’expression « visage originel ». Jacques Brosse « Pratique du zen vivant » (page 85)

Elle s’inscrit dans le droit fil de la logique de la Vie « surabondante », la Grande Vie : « Mais l’amour veut l’éveil. L’amour est l’éveil chaque fois réinventé, chaque fois une première fois. » (Christian Bobin, Le Très-Bas).

Et l’observation & constatation soigneuses de ce qui est vu permettent – simplement, concrètement, joyeusement – d’adopter cette nouvelle & très ancienne façon de Voir :

d’où sort la dent de lait ?

où vont la brosse à dents, le rasoir, la cigarette ?

où disparaissent le gant de toilette, l’eau dont s’asperge l’adolescent, la gorgée effervescente ?

les lunettes ne s’ajustent-elles pas en un « œil unique » ?

les nombreux « R » inversés dans le titre et le générique de début ne sont-ils pas autant d’invitation à retourner le regard vers sa source ?

 Jean-Marc Thiabaud

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vendredi 16 février 2024

Une autre Saint-Valentin

 


Mi-février : la végétation se réveille des torpeurs de l’hiver, les champs verdissent ; la sève cherche à monter. Le chant des oiseaux se fait entendre. Les hormones titillent ; c’est la fête des amoureux. Cette énergie nouvelle provenant de la lumière invite à nous laisser prendre dans ses rais.

 Ce milieu de février, paradoxe apparent, est aussi une invitation à la purification. Début du carême – qui se fête bruyamment – où la vie propose de nous nettoyer des scories de l’hiver, de nous débarrasser de l’ancien qui ne sert plus, de faire place nette autant dans le corps que dans notre environnement. Vider les placards, vider les rancœurs. Faire propre du sol aux murs, du foie aux intestins, et aussi assainir les pensées jusque dans le cœur.

Ainsi préparée notre terre intérieure, tout comme celle qui nous environne, est prête à accueillir le renouveau printanier quarante jours plus tard. Quarante est le symbole de la fin d’un cycle, et nous fêterons la résurrection christique. Quel que soit l’état de la Terre, le Ciel fait son office. Il envoie chaleur et lumière pour que pousse le nouvel Homme.

À nous de l’accueillir pour qu’il mûrisse et s’épanouisse dans le cocon de notre être.

Réjouissons-nous aujourd’hui, en ces prémices de la nouvelle terre, du nouvel homme.

 Christian Rœsch

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jeudi 15 février 2024

Shiatsu en Ehpad


Une personne travaillant en ehpad s'est dit que si le shiatsu lui faisait du bien, elle pouvait le proposer aux résidents.

Ainsi, j'ai récemment pu sentir la détente se propager dans des corps en fin de vie et chez des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Certaines ronronnaient pendant la séance puis avaient ensuite oublié mais j'ai ressenti que le corps n'oublie pas qu'il a reçu de la détente... au moins pendant un moment.

Une fois, une de ces personnes m'a demandé d'arrêter le contact et s'est tourné vers moi en disant : "Regarde !" et en montrant une cour déserte.

Dans un état de présence profonde, nous avons regardé ensemble la cour immobile.

Elle s'est de nouveau tournée vers moi en levant le doigt et a dit : "Ecoute !" et nous avons prêté l'oreille au silence...

Après un moment magique de contemplation commune, elle s'est retournée vers moi en disant avec sa voix fluette : "Merci !!!".

Elle avait, pour moi, résumé en 3 mots notre présence sur terre.

Gratitude !

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mercredi 14 février 2024

Révélation de l'Année du Dragon de Bois 2024

Cher(e) ami(e) du Tao,


Approchez, car le 10 février prochain ne sera pas un jour comme les autres. Il marquera le début de l'année du Dragon de Bois, débutant une ère nouvelle et excitante.

Dans le grand ballet céleste du zodiaque chinois, chaque animal, lié à l'un des cinq éléments essentiels – métal, bois, eau, feu, terre –, revient sur scène tous les douze ans. 

Cette année, c'est au tour du Dragon de Bois de prendre les devants, succédant ainsi au Dragon d'Eau de 2012. Cette transition marque non seulement un changement d'ère, mais aussi l'avènement d'une période prometteuse sur bien des égards. Avant de découvrir ce que l'Année du Dragon de Bois pourrait nous réserver, laissez-moi vous emmener dans un voyage à travers le temps, au cœur d'un monde de légendes et de mythes.

Alors, installez-vous confortablement et laissez votre curiosité s'éveiller à la lecture de ce récit fascinant...

La légendaire course des douze animaux orchestrés par l'Empereur de Jade

Notre conte commence dans le palais céleste, où l'Empereur de Jade, souverain des cieux et gardien des équilibres cosmiques, présidait une audience solennelle. Soudain, trois nobles créatures – le tigre, le phénix et le dragon – firent irruption, la colère dans leurs yeux, criant à l'injustice.

"L'homme, l'homme est la cause de notre colère !", proclamèrent-ils. 

L'Empereur, intrigué et légèrement consterné, leur demanda qui osait les défier, eux, les rois respectés de la montagne, de l'eau et de la forêt. La réponse fut unanime : l'Homme, avec son insatiable quête de domination, représentait une menace constante pour leur existence. Réfléchissant profondément, l'Empereur de Jade formula alors un plan audacieux. 

"Retournez chez vous et convoquez tous vos vassaux", dit-il. Ils doivent se présenter à la Porte sud de mon palais à l'aube de la cinquième veille. Le premier à se présenter sera choisi comme le symbole de l'année de naissance de l'Homme et sera ainsi épargné de toute persécution. Pour les autres, leur sort ne dépendra que d'eux.

Les trois majestés s'empressèrent de transmettre le message. 

La Course Épique à la Porte Sud du Ciel

L'annonce de cette course extraordinaire se répandit comme une traînée de poudre. Chaque animal, grand ou petit, se prépara avec fébrilité. 

Le Rat, cependant, occupé à creuser son trou, n'entendit la nouvelle que tardivement. Intrigué, il interrogea le Chat, qui se prélassait au soleil en se léchant les pattes. "Qu'est-ce qui se trame ?" demanda le Rat. Le Chat, dans un élan de candeur, lui révéla le défi de l'Empereur de Jade. Excité à l'idée de participer, le Rat proposa une alliance au Chat : 

"Partons ensemble. Mais tu sais, je suis matinal. Je viendrai te réveiller." Le Chat, confiant, accepta l'accord. Le lendemain, avant même l'aube, le Rat, rongé par la pensée que le Chat, plus rapide, pourrait le devancer, décida de partir seul, trahissant sa promesse. Il se faufila silencieusement hors de sa tanière et se dirigea seul vers le palais céleste, laissant derrière lui le Chat encore endormi.

Arrivé à la Porte sud du Ciel, le Rat découvrit une scène impressionnante : des animaux de toutes sortes, fauves féroces et oiseaux majestueux, s'étaient rassemblés dans une masse vibrante d'excitation et de tension. 

L'Empereur de Jade, d'une voix puissante, donna le signal de départ. Un chaos indescriptible s'ensuivit. Chaque animal tentait désespérément de se frayer un chemin à travers la foule compacte. 

Stratégies et Ruses dans la Quête du Zodiaque

Le Rat, comprenant qu'il ne pourrait rivaliser en force, eut une idée de génie. Il se faufila agilement entre les jambes des autres concurrents et, dans un élan inattendu, se projeta en premier devant l'Empereur. Étonné mais impressionné, l'Empereur déclara : "Le premier arrivé est le Rat !" 

Ainsi, le Rat se hissa à la première place du zodiaque. Le Bœuf, robuste et déterminé, se fraya un chemin à travers la masse avec une force impressionnante, arrivant en deuxième position. L'Empereur, admiratif, le désigna comme le deuxième animal du zodiaque.

Le Tigre, dans un élan de fierté et de puissance, bondit au-dessus de la foule, atterrissant avec grâce en troisième position. Le Lapin, rusé et agile, s'inspira du Rat et se faufila discrètement pour prendre la quatrième place. Le Dragon, en colère mais toujours majestueux, décida d'utiliser ses pouvoirs magiques. Il s'éleva dans les airs, survolant la foule, et se posa délicatement en cinquième position. 

Le Serpent, malin et souple, se glissa astucieusement entre les jambes des autres, se classant sixième. Le Cheval, avec une détermination farouche, concentra toute sa force dans un bond spectaculaire, se plaçant septième. Le Mouton, moins fort mais ingénieux, utilisa ses cornes pour écarter les autres, se faufilant ainsi à la huitième place. Le Singe, vif et malicieux, utilisa ses talents d'acrobate, bondissant de tête en tête, et se hissa en neuvième position. Le Coq, anxieux mais déterminé, battit des ailes et survola la mêlée pour se poser en dixième place. L'Empereur de Jade, estimant que le nombre d'animaux était déjà adéquat, s'écria : 

"Ça suffit !"

Mais son premier ministre, interprétant mal ses paroles, ajouta le Chien à la liste en onzième position. 

Lorsque l'Empereur réitéra : 

"C'est assez !"

Le ministre, persistant dans son erreur, marqua le Cochon en tant que douzième et dernier animal du zodiaque. Saisissant le papier, l'Empereur comprit qu'il y avait maintenant douze noms. 

Bien que surpris, il accepta cette nouvelle configuration. 

Ainsi furent établis les douze animaux du zodiaque chinois.

Chaque créature de cette légende ancienne porte en elle une particularité qui transcende le temps : une bravoure, une ruse, une sagesse... Des traits qui ne sont pas de simples récits mais des empreintes sur l'âme collective, sculptant la place emblématique de ces animaux dans la culture et les cœurs des hommes. Cette histoire vivante continue d'émerveiller et d'inspirer, traversant les âges avec grâce.

Tournons maintenant notre regard vers le Dragon de Bois de 2024.


Quels traits uniques le distinguent ? Quelle influence aura-t-il sur l'année à venir ? 

Dans l'univers complexe et riche de l'astrologie chinoise, le Dragon se tient à part en tant que seule créature mythique parmi les douze signes du zodiaque. Représentant la royauté, la puissance et l'ambition, il est un porte-étendard du succès et de la prospérité. 

Lorsque le Dragon se marie avec l'élément Bois, il embrasse des qualités de croissance, de créativité et de renouveau, faisant de lui un symbole dynamique d'évolution.

En 2024, l'année du Dragon de Bois, les prédictions et les caractéristiques se tissent dans une prédiction d'avenir en mouvement :

Période de croissance et d'innovation : les astrologues prévoient une vague d'innovation et de créativité. Cette année pourrait se traduire par des avancées technologiques remarquables, des éclats artistiques inédits et une approche rafraîchie pour aborder les problématiques mondiales.

Développement personnel et créativité : c'est le moment idéal pour l'auto-amélioration et l'expansion des horizons personnels. L'année appelle à l'enrichissement des connaissances et à la découverte de nouvelles passions, tant dans les sphères professionnelles que dans les loisirs.

Transformation et opportunités : le Dragon de Bois se présente comme un agent de changement significatif. Individus et collectivités pourraient se trouver à des carrefours stratégiques, prêts à emprunter des chemins qui redéfiniront leur avenir.

Prospérité et abondance : traditionnellement associé à la bonne fortune, le Dragon promet que 2024 sera une année propice à l'enrichissement financier et à l'accroissement de l'abondance.

Défis et résilience : malgré les promesses d'opportunités, l'année sera jalonnée de défis nécessitant courage et persévérance pour être surmontés.

Relations et communication : en accord avec l'élément Bois, symbole de connexion, cette année pourrait aussi être un moment clé pour fortifier les liens personnels et professionnels, ainsi que pour affiner les compétences en communication.



En conclusion, l'Année du Dragon de Bois de 2024 s'annonce comme une période charnière, riche en promesses de croissance, d'innovation et de transformation. C'est une invitation à embrasser le changement, à cultiver la résilience et à saisir les opportunités pour un avenir prospère. 

Que cette année vous apporte succès, créativité et liens enrichis, et que vous puissiez naviguer à travers ses défis avec force et sagesse. Que les enseignements ancestraux du Dragon de Bois vous guident et vous inspirent tout au long de cette année remarquable.

Avec mes meilleurs vœux pour une année lumineuse et prospère,

Charles Zhang

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mardi 13 février 2024

L'entre-nous


Je n’existe pas. Tu n’existes pas.
Mais ce qui existe (…)
c’est ce qui s’est tressé entre nous,
ce qui est filé entre nos deux quenouilles,
la relation, l’entre-nous.

Lorsque je comprends que tout ce qui détermine mon existence
définit l’exact périmètre de ce qui n’est pas important
et que tout ce qui me relie à la création est le Vivant

– alors seulement la bonne existence peut commencer.

(Christiane Singer)

Recueil: Du bon usage des crises
Editions: Albin Michel
(l'arbre à lettres)

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lundi 12 février 2024

Dépasser l'égo

 

16 octobre 1959

Swamiji : Prenez un autre exemple. Vous dites " j'avance ". Est-ce que réellement vous avancez ? Svâmiji vous répond : " Non, vous n'avancez pas malgré les apparences." 

Avancer est une réaction... réaction de quelle action ? Essayez de répondre... 

de l'action de pousser le sol vers l'arrière. On ne monte pas un escalier, on ne fait que pousser les marches vers l'arrière. On n'atteint pas le Soi, on dépasse l'ego. Comment ? C'est ce que nous verrons la prochaine fois.

Extrait de Candide aux pays des Gourous de Daniel Roumanoff. Éd. Dervy 

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dimanche 11 février 2024

Svâmi Prajnânpad, "Six portes vers le présent"

Ecrit par Sabine Dewulf

Ce week-end, j'ai le grand plaisir de vous présenter ce nouveau livre des éditions dirigées par Jean-Louis Accarias dont je viens d'achever la lecture : Svâmi Prajnânpad, "Six portes vers le présent – Entretiens avec Daniel Roumanoff", Traduction et mise en forme de Colette Roumanoff,  ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2024.


Svâmi Prajnânpad est l’un des grands maîtres spirituels de l’Inde. Aussi un livre portant sur ses enseignements est-il toujours bienvenu et précieux. Mais celui-ci est d’autant plus important qu’il correspond aux seuls entretiens que Daniel Roumanoff, l’un de ses élèves français, ait enregistrés. Nous tenons donc entre nos mains un document d’un intérêt exceptionnel.
Ces portes vers le présent sont six conversations qui se sont déroulées en 1972, avant et après une troisième (et dernière) série de lyings auprès de Svâmiji. Elles sont précédées d’un avant-propos de Colette Roumanoff, qui replace ces entretiens dans leurs différents contextes, du plus restreint au plus large, et d’une introduction rédigée par Daniel Roumanoff lui-même en 1986, en réponse à des critiques formulées par deux philosophes après la soutenance de sa thèse, laquelle portait sur l’enseignement de Svâmi Prajnânpad.
Chaque dialogue est présenté par un petit texte de Colette Roumanoff qui récapitule très utilement les différents thèmes qui y sont abordés. Le livre se conclut par sa postface qui, elle-même, s’achève par cette phrase importante : « C’est le travail de toute une vie et un nouveau travail pour chaque journée. »
Les paroles du maître se caractérisent par une grande brièveté et sont dépourvues de liens logiques. Cet enseignement toujours vivant (très précisément adapté à l'élève) est dispensé par touches successives, juxtaposées, régulièrement entrecoupées d’une histoire notée en caractères italiques (une sorte de fable ou une anecdote vécue par le maître) et destinée à illustrer le propos d’une manière à la fois imagée et concrète. En effet, Svâmi Prajnânpad cherche à entrer peu à peu dans le détail de ce qui lui est exposé en épousant de près le mouvement que prend l’entretien. Tour à tour, il répond et interroge, dans un esprit socratique.
En début de réponse, la répétition d'une formule de Daniel Roumanoff ou encore un « Oui » interviennent souvent. Ce OUI est au fondement d'un enseignement qui consiste, pour l’essentiel, à accueillir le réel tel qu’il se présente - ou encore « la nature ». Cependant, dans le discours du maître, les nuances sont constamment à l’œuvre, à l’image exacte des nuances dont est faite la complexité des situations. Ainsi le non et le oui demandent-ils à coexister : « Non également dans la vie professionnelle. Mais oui relativement dans une certaine mesure. »
Il est intéressant aussi de suivre le cheminement de l’apprenti disciple dans ces entretiens. Daniel Roumanoff fait ainsi part de ses découvertes et de ses tentatives, de ses échecs momentanés également, qu'il s'agisse de sa vie de couple, de père de famille ou de ses activités professionnelles. Le dialogue restitue le mouvement dans lequel cette quête s’accomplit, avec ses ébauches et ses réussites, et tout le recommencement que supposent certaines étapes : « D. Comme il y a eu tant d’années de refoulement, des émotions peuvent encore être réprimées. / S. Oh ! Oui. […] Et vous verrez que la durée de l’expression de l’émotion va se raccourcir de plus en plus. »
A ces six portes correspondent six grandes thématiques, que je reformulerai ainsi :
1. Le rôle du ressenti dans les relations effectives.
2. L’action véritable, dégagée des obligations et de la division intérieure.
3. La manière dont il convient de se situer par rapport aux émotions.
4. Les critères concrets d’une action authentique.
5. L’organisation de la vie pratique au quotidien.
6. L’importance de l’attention consciente pour vivre le présent.
Et pour terminer, voici mon florilège de citations de Svâmi Prajnânpad, dans ce livre :
« Une super personne est celle qui ne fait que donner. Il n’y a plus que le don. »
« En fait, toutes les relations naissent du vécu des relations de l’enfance. Et ce sentiment se prolonge dans la vie en société. »
« La nature n’a pas été autorisée à faire son travail. Dans le lying, que fait-on ? On permet à la nature de travailler. Dans ce processus, la cause et l’effet sont présents. Cette loi de la cause et de l’effet est généralement niée dans la vie consciente. »
« Dans la vie sociale, la règle fondamentale ou le fondement est de donner et de recevoir. Pas prendre d’abord et donner ensuite. Voyez toujours comme fonctionne la nature. »
« Allez à la racine fondamentale : « Pourquoi cette émotion ? » L’émotion n’apparaît que lorsque je ne vois pas une chose telle qu’elle est, mais que je la prends pour quelque chose d’autre. »
« Vous ne devez pas faire de suppositions. »
« Mais voyez, l’émotion vient, vient. Et quand elle s’apaise, la compréhension vient. Et quand la compréhension vient, l’émotion s’en va. »
« Répéter… répéter… répéter… en ne tenant aucun compte du temps… en ne tenant aucun compte du nombre de fois. »
« Aujourd’hui ne s’arrête jamais. »
« Tout est si simple et si facile mais le mental rend tout complexe. »
« Il faut être strict et non pas sévère. »
« […] essayez toujours d’être sincère envers vous-même et vous ne pourrez qu’être sincère envers l’autre. »
« Vous devez voir. Vous devez questionner et prenez chaque point.»
« Avant d’agir, il faut sentir. Sentir d’abord, puis décider, ensuite agir. Mais ce sentiment doit être un sentiment et non pas une identification émotionnelle. »
« Je suis ce que je suis, sans aucune référence à personne d’autre. »
« Si vous n’êtes pas conscient, vous ne pouvez rien connaître. C’est le point essentiel. »
« Accomplissez le présent pleinement et alors la croissance est inévitable. Sinon cette croissance apparente sera fausse. »
« L’indépendance vraie, c’est l’auto-dépendance. »
« Vous ne pouvez pas vous fermer, mettre un mur entre vous et la société. »
« Tant qu’il n’y a pas d’expérience et de contact direct, on ne peut pas dire ce que c’est. »

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samedi 10 février 2024

Bonne année du dragon de bois !


 Selon l'astrologie chinoise, 2024 (à partir du 4 février) sera placée sous le signe du Dragon de Bois, un animal censé apporter créativité et chance. En Chine, le dragon est considéré comme un signe de bon augure, caractérisé par sa détermination, son optimisme et son courage. Belle année sous ce signe !

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Les techniques classiques de méditation


Pour rappel, on vous partage quand même les techniques bien connues de la méditation classique. En effet, de temps en temps, en complément des activités actives ci-dessus, rien ne vous empêche de tenter de faire une séance de méditation plus traditionnelle.

Pour rappel, la technique la plus couramment utilisée est celle de la respiration. Tout d’abord, il faut prendre conscience de sa respiration. Ensuite, vous pouvez utiliser la respiration thoracique, ventrale et abdominale, progressive ou encore la cohérence cardiaque. Avant même de bien se nourrir ou de bien dormir, il est essentiel de bien respirer.

Connaissez-vous la règle des trois ? Un homme peut vivre 3 minutes sans respirer, 3 jours sans boire et 3 semaines sans manger, ce qui montre bien l’importance de la respiration. Elle nous accompagne 24h sur 24h et on néglige souvent son importance vitale tant elle nous parait naturelle. Pourtant, la plupart des personnes respirent mal. Mieux respirer vous aidera à relâcher les tensions et déstresser.

Ensuite, il existe la méditation par le corps qui consiste à prendre conscience de ce dernier, à explorer et vous concentrer sur les différentes parties de votre anatomie. La méditation sonore est aussi une pratique traditionnelle avec l’utilisation d’instruments spécifiques comme les bols tibétains. La visualisation peut aussi vous aider à entrer en état méditatif tout comme la gratitude. Enfin, vous pouvez méditer par la parole. Soit par la formulation d’affirmations engageantes et positives, soit par la répétition d’un mantra. Il s’agit d’un mot, d’une phrase ou d’un son spécifique, tel que « Om ».

On espère que vous trouverez votre bonheur dans toutes ces propositions ! Et vous, comment arrivez-vous à pratiquer la méditation ?



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vendredi 9 février 2024

Découverte intérieure

 


Certaines personnes passent énormément de temps et d'énergie à explorer le monde.

Mais elles ne passent jamais de temps et d'énergie à explorer leur esprit. Si elles le faisaient, elles réaliseraient que c'est le plus grand voyage qu'elles puissent faire.

~ Chamtrul Rinpoché

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jeudi 8 février 2024

Liberté intérieure



 La liberté ne veut pas dire : faire ce que je veux ; la liberté veut dire : être libre de moi, devenir un espace illimité où l’Univers puisse être accueilli. 

La liberté, c’est être coupé de toute adhérence à soi, ne plus coller à soi, ne plus se subir soi-même, mais faire de toute la vie un don dans un pur élan d’amour.

Maurice Zundel




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mercredi 7 février 2024

Pas d'obtention

Dans la vie, on ne peut rien obtenir sans surmonter des obstacles. Les obstacles qui s’opposent à une claire perception de son être véritable sont : le désir du plaisir et la peur de la souffrance. L’obstacle, c’est la motivation "plaisir-douleur". L’état naturel est l’état où nous sommes libérés de toute motivation, où aucun désir ne se manifeste.

~ Nisargadatta Maharaj - Ni Ceci, Ni Cela

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mardi 6 février 2024

Souffler n'est pas jouer

  


Dans la grisaille hivernale qu’est-ce qui peut nous allumer ?

– Le jeu !

Le jeu n’est pas la compétition. Il faudrait renommer les jeux olympiques car il s’agit bien de compétition entre les nations. À l’image des compétitions acharnées imposées dans l’industrie, le commerce.

« Toujours plus haut, plus vite, plus fort » est l’autre versant de :

« Toujours plus puissant, devancer la concurrence, plus rentable ».

Revenons au jeu véritable qui n’a pas pour but de gagner contre l’autre à tout prix.

Le jeu est plaisir. C’est sa raison d’être.

Le comble du jeu, du plaisir, est de se dépasser. S’offrir des sensations inhabituelles.

Se dépasser dans le sport, c’est faire vivre au corps l’au-delà des limites connues.

Il aime être poussé à fond.

Se dépasser en amour est une expérience similaire avec un plus, la jouissance, cette sensation enivrante de perdre ses repères spatio-temporels, où l’on découvre un autre état psychique, fugitif mais réel.

Se dépasser en esprit est le comble de la méditation. Entrer dans la vie invisible, rencontrer le Vivant qui est là, au-dedans et au-delà de soi, c’est la réjouissance suprême, le ravissement.

 Un jour où je traînais les pieds pour une activité – que je m’étais donnée tout seul – Gitta Mallasz (1) m’a dit :

« Si ce n’est pas un jeu, arrête tout de suite ! »

Ce qu’elle m’a confirmé dès le lendemain par un petit mot, écrit sur son papier à lettres, reçu par la poste :

« Mon Christian,

Si c’est un jeu,

Si c’est un divertissement joyeux

Si c’est une récréation,

Continue,

Sinon, cesse immédiatement ce que tu as commencé.

Dieu joue avec toi,

et par toi.

Tout autre chose nous tue.

Gitta (03/12/1990)

PS : Ne te prends pas au sérieux

Si tu ne te prends plus au sérieux, tout vient vers toi.

 

Jeu, plaisir, dépassement, jouissance, réjouissance : c’est la nouvelle proposition « olympique » pour atteindre le sommet.

Christian Rœsch

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(1) Gitta Mallasz 1907-1992, auteure de Dialogue avec l’ange éd. Aubier-Flammarion
Voir sur le site l’inédit de Gitta Mallasz : Savez-vous jouer ?

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lundi 5 février 2024

Conférence d’Emmanuel Desjardins

 

Conférence d’Emmanuel Desjardins retransmise en direct

Je signale la prochaine conférence publique d’Emmanuel Desjardins, responsable du centre spirituel d’Hauteville fondé par Arnaud Desjardins,
Vendredi 9 Février 2024 à 20h sur le thème « La vie quotidienne comme chemin spirituel ».
Elle aura lieu au Centre culturel Bouddhiste de Rennes mais sera retransmise en direct en visio par Zoom.
Voici le lien pour s’inscrire <https://www.helloasso.com/.../conference-rennes-emmanuel...>

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dimanche 4 février 2024

Ce que peut le corps !

 

Au 17ème siècle, Spinoza, quelques années après la mort de Descartes, écrit que : « Le corps peut, par les seules lois de sa nature, beaucoup de choses qui causent à son âme de l’étonnement ».

Longtemps, en ce qui concerne la vie de l'être humain, la place accordée à l'esprit a été démesurée. Aujourd'hui c'est le corps qui, étonnamment, occupe une place centrale dans de nombreux secteurs de la vie humaine. En dehors des découvertes scientifiques concernant l'organisation et les fonctions du corps, de nombreuses personnes s'accordent un temps réservé au corps. À la pratique sportive, s'ajoutent les pratiques qui visent le bien-être.

Mais revenons à cette indication fondamentale : ce que peut le corps ! Pour la comprendre il faut différencier ce que - le moi peut faire avec le corps - et ce que – le corps aimerait faire de moi - ?


Ce que le moi peut faire avec le corps est spectaculaire.

Le corps, dans cette optique, est considéré comme un outil, un instrument, un moyen pour atteindre un but. D'où l'opposition entre moi et quelque chose : mon corps. Un point de vue dualiste qui fait du corps un objet (un jeté-hors).

Ce corps objectivé, Dürckheim le désigne comme étant "le corps que l'homme A" (Körper dans la langue allemande). L'incroyable capacité des contorsionnistes m'impressionne. Aussi la danseuse qui peut "faire" le grand écart latéral et antéro-postérieur. Le trapéziste qui "fait" des sauts périlleux. Le sauteur à la perche qui franchit une barre placée à plus de six mètres de hauteur. Ou ces jeunes-gens qui dansent un hip-hop acrobatique.

Quant à ce que peut le corps c'est tout simplement ce que le moi ne peut pas faire. Par exemple :

"Respirer" !

L'action vitale la plus intime et la plus sensible, l'acte de respirer, est infaisable. C'est sans doute la raison pour laquelle les différentes traditions spirituelles proposées depuis plus de 25 siècles en Orient et en Extrême-Orient sont centrées sur l'attention portée sur l'acte de respirer. Il ne s'agit pas de faire des exercices respiratoires inventés par l'homme mais d'accueillir le souffle vital initié par la vie qui nous fait vivre.

Ceci étant est-il possible de dire quels sont les exercices proposés au cours d'une retraite au Centre Dückheim ?

Graf Dürckheim définit la Voie qu'il a tracée à son retour du Japon (1947) comme étant : " Le Zen dans ce que cette tradition recèle d'universellement humain."

Chaque journée au Centre commence par la pratique de l'exercice appelé zazen. Zazen ? C'est -ne rien faire- mais à fond !

Quelques heures de pratique suffisent pour se rendre compte que le rien faire ouvre nos yeux sur l'INFAISABLE, sur cette part de nous-même de laquelle sourdent des actions qui transcendent les capacités de ce qu’on appelle notre vouloir. La première étant inévitablement l'acte de respirer.


Expérience, sensible, de ce que peut le corps, le naturel. Remonte à ma mémoire ce moment au cours duquel il était clair que je suis obligé d’inspirer et que je suis obligé d'expirer. Et que moi, capable de faire mille et une choses, n'y est pour rien. J'ai rarement fait l'expérience de ce qu'on appelle la liberté intérieure comme à ce moment-là. Et cette force transcendante, ce rythme vital absolument infaisables ouvraient la porte sur un grand calme intérieur.

L'infaisable tisse notre vraie nature d'être humain. Ce que Graf Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel.

La personne qui apprend à se confier à l'infaisable … dans tout ce qu'elle fait … libère son état de santé fondamental dont le symptôme majeur est le CALME, le grand calme intérieur.

Je ne pratique pas zazen (le Kyudo, le Shodo, l'Aïkido, le Yoga, le Taichi-Chuan) pour gagner une médaille d'or ou une médaille d'argent c'est-à-dire pour passer d'un ego de taille XXL à la taille XXXL.

Mais alors, pourquoi pratiquer ? Parce que "Lorsque vous pratiquez zazen, le corps prend la forme du calme" (Hirano Katsufumi Rôshi)

Jacques Castermane

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samedi 3 février 2024

Changement immuable



Vous êtes un courant continu de changements, 

c'est vous et ce n'est pas vous. 

Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas. 

Il est immuable. Il est absolu. Et c'est vous.

Swami Prajnanpad


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vendredi 2 février 2024

Tourments du monde

j’ai cessé
d’être indifférent
aux tourments de ce monde
seulement préoccupé
de ma sérénité
le poids de la peine
sous lequel cette terre ploie
sape une part de ma force
que seule une charge supérieure de compassion
peut me faire regagner
ce n’en est pas fini de l’innocence
mais c’en est fini de l’insouciance
je vieillis léger de moi-même
et lourd du malheur qui m’entoure
nul n’est une île
ma joie ne se satisfait plus d’elle-même
elle veille et ne se nourrit plus
que de ce qu’elle donne
je n’aurais pas cru
que ce fût si implacable

Gilles Farcet

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