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mardi 24 décembre 2024

Nature et prière


 Gilles Farcet : « Depuis ma petite enfance, j’ai été happée par la recherche de l’Absolu et cela involontairement », écrivez-vous (Un itinéraire, page 10). Qu’est-ce qu’être « happée par la recherche de l’absolu » ?

Marie-Madeleine Davy : Dans ma petite enfance, la nature m’a ouvert les yeux. J’ai toujours habité Paris, mais je passais deux mois par an à la campagne, chez ma grand-mère, dans une maison dont je devais par la suite hériter. Il y avait là un très grand jardin, et l’Absolu, me semble-t-il, m’a été communiqué par la nature. J’éprouvais le sentiment de pouvoir parler avec les arbres, les fleurs, l’herbe, et je jouissais d’une grande familiarité avec les animaux (papillons, libellules, moustiques même). Les oiseaux venaient près de moi, et mon meilleur gourou a été un corbeau, que je nommais Elie. Un jour, ce corbeau est venu se poser sur ma tête. Et il me semblait converser avec lui. C’était un ami ; un ami intime, profond. Le matin, lorsque j’étais paresseuse, il venait taper au carreau afin que je lui donne quelques graines. Oui, mon plus grand gourou, ce fut lui…

Gilles Farcet : Vous arrive-t-il de prier ?

Marie-Madeleine Davy : Oui. Mais pas avec des prières toutes faites. Je n’en ai pas l’usage. J’invoque, j’appelle. Je peux crier au secours, ou encore remercier. Voyez-vous, la vie est une prière si elle est ordonnée dans le face à face. La plupart du temps, nous ne sommes pas sincères, nous biaisons et n’obtenons donc pas de réponse. Mais aucun appel authentique ne résonne dans le désert. La prière, pour moi, consiste à sourire à ce qui est venu, à ce qui vient, ce qui viendra. Elle est avant tout acceptation profonde. L’épreuve débouche sur une aurore.

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mardi 23 octobre 2018

Enseignement du maître...

Histoire telle qu'elle fut racontée par YVAN :
Dans la région où habitait Nasrudin, il y avait un paysan qui travaillait tous les jours avec ses ânes,
il avait dix ânes et le soir, à la fin de sa journée de travail, il ramenait les ânes au champ où il avait l’habitude de les attacher chacun à un piquet pour les laisser la nuit se reposer, manger ; il les récupérait le lendemain.
Et ce soir là, il a ses piquets, ses cordes et commence à planter un piquet, attache le premier âne, puis le deuxième… le neuvième, il arrive au dixième, il n’a plus de corde…
Il ne sait pas trop que faire avec son dixième âne ; il est là, perdu dans ses pensées, il ne peut pas en attacher deux ensemble, ils n’auraient pas assez d’herbe, ils vont se battre, c’est alors qu'un peu plus loin, il voit Nasrudin assis sous un arbre en méditation, il s’approche de Nasrudin, connu pour sa sagesse ;
à lui, je peux demander un conseil, se dit-il.
  • Je suis désolé de vous déranger, j’ai un problème, alors il lui explique son problème, j’ai dix ânes et neuf cordes,
Nasrudin réfléchit un moment et dit :
  • Tu n’as qu’à faire semblant de l’attacher.
Le paysan est un peu incrédule mais c’est Nasrudin qui le dit, un grand sage…
Il revient vers son âne, plante le piquet, le regarde droit dans ses yeux, fait semblant de passer la corde autour du cou de l’âne et s’en va, sans se détourner pour ne pas éveiller de soupçon chez son âne.
Le lendemain, quand le paysan revient, il est un peu inquiet, mais tous les ânes sont là.
Il les fait  partir, mais rien à faire un n’avance pas, ne veut pas bouger alors il se dit, il me l’a ensorcelé, ce n’est pas possible !
Regardant un peu plus loin, Nasrudin est toujours là sous son arbre.
  • j’ai à nouveau un problème, j’ai bien fait ce que vous m’avez dit de faire mais maintenant mon âne ne veut plus s’en aller.
  • Nasrudin le regarde et lui demande :
  • Est ce que tu l’as détaché ?
  • Ben non, je ne l’ai pas détaché puisque je ne l’ai pas attaché.
  • Toi, tu le sais mais lui ne le sait pas.
L’enseignement du Gourou, c’est de faire semblant de nous détacher, mais nous, nous croyons par toute une série d’artifices que nous sommes attachés, aliénés.
Fondamentalement nous sommes libres autant que cet âne.
La condition dans laquelle nous sommes d’être entravés, aliénés fait qu’il y a là, la nécessité d’un enseignement faisant semblant de nous détacher.   
      
                                                                                              Yvan

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samedi 12 juillet 2014

« personne ne nous appartient. » avec Amma

Extrait de la réponse d'Amma à une question posée sur le vrai sens de la phrase : « personne ne nous appartient. »


Amma : Quand on dit « personne ne m'appartient, » il est du même coup sous-entendu que « tout le monde m'appartient, tout le monde est un prolongement de mon Être Véritable. » Si nous exposons 100 pots remplis d'eau dehors au soleil, nous verrons le soleil se refléter dans chacun des 100 pots. Mais en réalité, il n'y a pas 100 soleils ; il n'y en a qu'un seul. De la même façon, il n'y a qu'une seule conscience qui se manifeste dans tous les êtres.

Pourquoi les Écritures et les gourous disent-ils que tout est un ? Parce qu'ils ne veulent pas que nous soyons tristes ou déprimés et qu'ils savent que si nous comprenons cela –qui est la vérité – nous cesserons d'avoir du chagrin. Le fait de penser que nous sommes le complexe limité corps-esprit nous mène tout naturellement à l'insécurité et à la peur. Cette insécurité nous rend dépendants des autres – ce qui provoque attachement et chagrin. Notre existence même repose sur ce que disent et font les autres. Nous grimpons au septième ciel quand on nous encense et nous tombons plus bas que terre quand on nous critique. Les mahatmas veulent nous libérer de cette dépendance et ils savent bien que pour la dépasser, il est essentiel de comprendre ces vérités spirituelles.

Un roi rêva une nuit qu'il était un papillon - tout heureux de voleter de ci, de là. À son réveil, il se sentit troublé. Il se demandait sans cesse : « Suis-je un roi qui a rêvé qu'il était un papillon ou un papillon qui a rêvé qu'il était un roi ? » Très troublé, il alla voir un gourou – qui lui répondit : « Tu n'es ni un papillon, ni un roi. Tu es pure conscience. C'est dans le champ de cette conscience – qui est toi – que ces deux expériences ont eu lieu. L'atman est la seule vérité. Le papillon et le roi sont deux rêves. »

Mes enfants, éveillons-nous à cette compréhension pour voir que nous ne faisons qu'un avec les autres. Voyons les comme notre propre Soi. C'est le seul moyen de dépasser la peine que nous ressentons. Amma sait que ce n'est pas facile, mais on peut y arriver en s'entraînant constamment. Au même titre que nous avons appris à nous identifier à notre nom, nous avons besoin d'apprendre à nous identifier à notre Véritable Soi.



source : Amma France

mercredi 2 janvier 2013

Opinion d'un pèlerin par Arnaud Desjardins



"J'ai fini par voir, auprès de certains sages - maîtres hindous, tibétains  et même musulmans - qu'il y a une sagesse et une voie qui mène à cette sagesse."


"Mais ce qui peut vraiment satisfaire ce besoin, ce pressentiment qu'il existe en nous une perfection, c'est cela qui était déjà connu autrefois dans les différents enseignements et les différentes traditions et, qui a, au contraire, été perdu aujourd'hui. Donc tout homme a bien en lui une impression confuse du but final bien que je dise qu'il ne puisse absolument pas se le représenter; il y aspire parce que tout homme refuse cette condition limitée soumise à la souffrance, au doute et essaie maladroitement, de s'en échapper. Et en même temps ce but final est au départ très loin parce que très proche... Il existe déjà si vous voulez, mais nous en sommes séparés par toutes sortes d'émotions, de conceptions, d'idées, de certitudes, de peur, de désir, d'avidités, qui sont stockés en nous ou dans notre inconscient; et on a l'impression que c'est inépuisable, comme les fameuses écuries d'Augias. Et pourtant c'est possible de percer à travers tout ça, de se dépouiller, de se dénuder et d'atteindre cette vérité unique, universelle et éternelle au plus profond de nous."

Arnaud Desjardins