Quel est ce penseur qui disait à propos de l’évolution : « il y a le règne minéral, végétal animal, puis, il y a le règne humain et au-delà de l’humain : le « chrétien ». »
lundi 28 septembre 2026
« Une conscience alertée par le jour ! »
Quel est ce penseur qui disait à propos de l’évolution : « il y a le règne minéral, végétal animal, puis, il y a le règne humain et au-delà de l’humain : le « chrétien ». »
dimanche 31 mai 2026
Et c’est le temps qui passe !
Lorsqu’on prend de l’âge, on se demande parfois comment arrêter le temps, freiner l’accélération des heures que l’on constate. À peine s’est-on retourné que 20 ans sont passés. Déjà ! « Enfant à l’aube et ce soir, un vieillard ! Qu’est-elle d’autre qu’un seul jour, la vie ? », dit Pétrarque dans son poème les Triomphes.
La réalité est que le temps n’existe pas, il appartient au monde de la matière, à nos conditions terrestres, celles que l’on quittera le moment venu.
Le leurre temporel
Toutes les religions parlent du leurre temporel. Un leurre avec lequel on doit pourtant apprendre à composer dans notre incarnation. Comment faire pour prendre distance, ne pas redouter le sablier qui s’écoule mais s’appuyer sur ce qu’il représente ici pour évoluer et s’en détacher ? Ce n’est pas rêver de comprendre qu’un jour, je dirai adieu à Chronos. Mais auparavant, j’aimerais faire en sorte qu’il ne puisse pas me dévorer !
Dans les représentations du temps, Monsieur Chronos est un vieil homme échevelé, à la barbe hirsute, aux ailes noires. Le peintre Francisco de Goya en montre une image effrayante, celle d’un homme aux yeux exorbités en train de déchiqueter de ses dents le corps de son enfant. Ivre de son omnipotence, il redoute que l’un de ses héritiers prenne sa place, aussi préfère-t-il s’en débarrasser. L’image a beau être terrifiante, je pense qu’elle saisit de cette façon extrême pour méditer avant qu’il ne soit trop tard sur cette existence qui passe d’abord lentement et puis trop vite.
Les ailes de Chronos
Le Temps a des ailes noires. Ce signe est double, l’aile désigne le ciel, c’est un attribut du spirituel ; la valeur noire signifie ce qui est caché, ce qui demande à être dévoilé, mis en lumière. Tel le corbeau noir dans l’histoire de Noé, qui montre que le temps de sortir de l’arche n’est pas venu, qu’il faut attendre les ailes blanches de la colombe pour découvrir une terre nouvelle où il fera bon vivre. Les ailes de Chronos m’incitent à la réflexion. Et si le temps n’était pas un simple dévoreur de nos jours mais un allié ? S’il conduit à la mort physique, il permet à l’être une prise de conscience de la fugacité de son existence pour conduire sa vie dans un sens bénéfique.
Sénèque, dans ses Lettres à Lucilius, incite à prendre en compte la valeur philosophique du temps qui permet d’instaurer de l’ordre dans le chaos intérieur de l’être : « La part considérable de la vie se passe à mal faire, une large part à ne rien faire, toute la vie à ne pas être à ce que l’on fait. Me citeras-tu un homme qui attribue une valeur réelle au temps, qui pèse le prix d’une journée, qui comprenne qu’il meurt un peu chaque jour ? » Cette question du philosophe stoïcien vous semble peut-être âpre. En réalité, elle nous éclaire sur ce monde d’apparences que l’on doit apprendre chaque jour à quitter pour comprendre que le réel de la vie est libéré du temps et ne meurt pas.
Louange des jours passés
La grande faux de Chronos donne le choix à l’homme : subir son tranchant ou s’en servir pour la vie. Si j’ai pris le temps de parler ainsi, c’est pour partager avec vous chers lecteurs ce que je crois profondément. Lorsque notre esprit est paisible comme l’eau d’un lac, on peut s’extraire du temps, sentir la vie cachée sous la surface des choses.
On peut arrêter le temps en étant avec son amour, son ami, on peut arrêter le temps en créant, on peut arrêter le temps en goûtant au souffle des mots du beau livre d’Emmanuel Godo, Une si fragile présence (Albin Michel). On peut… Tout ceci est une louange des jours passés et à venir, une prière. La vie est prière.
Paule Amblard
Historienne de l’art, spécialisée dans l’art médiéval et la symbolique chrétienne, elle a publié Un pèlerinage intérieur (Albin Michel), les Enfants de Notre-Dame et la Chambre de l’âme (Salvator), Notre-Dame de Paris, les symboles des pierres (Salvator). Dernière parution : Aube de Jérusalem (Salvator).
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Source : La Vie
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samedi 24 janvier 2026
Maladie et mort
Que voulez-vous dire?
C.A. : Notre équipement neurobiologique n’est pas conçu pour affronter tranquillement l’idée de notre propre mort : comme un animal entre les griffes d’un prédateur, l’humain doit se battre jusqu’au bout pour sa survie. Concevoir notre finitude reviendrait, pense-t-on, à se laisser dévorer sans bouger. Donc on se débat, on refuse la possibilité de mourir, on évite même d’y penser. Toutes les civilisations ont tenté d’apprivoiser la mort, de lui trouver un sens, une explication : « N’ayez pas peur, il se passera des choses après, et vous y aurez accès si vous vous comportez bien. » Ça ne suffit pas. La mort reste un impensé total, et on continue de faire des efforts désespérés pour ne pas voir l’éléphant au milieu de la pièce. Si c’est comme ça qu’on tient, très bien. Mais à certains moments, quand la fin approche ou se précise, on n’a plus le choix : parler de ses peurs peut alors nous amener à une forme de paix. C’est ce qu’on a voulu faire dans ce livre : accompagner le lecteur sur ce chemin où il fait face à ce qu’il redoute.
Au printemps 2015, on vous a diagnostiqué un cancer du poumon, dont vous êtes aujourd'hui guéri : comment avez-vous vécu cette traversée?
C.A. : D’abord avec une certaine difficulté à accepter la réalité : on a découvert ce cancer tout à fait par hasard. Je ne fumais pas, je ne toussais pas, je n’avais pas maigri, j’étais, certes, un peu fatigué, mais pas plus que ça. En tout cas, aucun symptôme qui aurait pu m’alerter, voire me préparer au diagnostic - si tant est que ce soit possible. J’avais, en revanche, une tumeur au rein, et il a fallu vérifier si elle ne s’était pas propagée sur une autre partie du corps : c’est là qu’on a découvert ce cancer du poumon. J’étais sidéré : pour la première fois de ma vie, j’avais une maladie potentiellement mortelle. Je suis alors passé par le tourbillon d’émotions propres à ces moments-là : il y a de la peur, évidemment, de la colère, de l’envie, même, vis-à-vis de ceux qui, eux, ont fumé ou fument, et pourtant n’ont rien. Mais chez moi, la tristesse a vite prédominé : alors ça y est, c’est déjà fini? Les gens, les endroits, les choses que j’aime, je vais devoir les quitter? Pendant la batterie d’examens qui a suivi, je guettais, sur le visage des médecins, le moindre signe qui m’indiquerait si, oui ou non, mon heure avait sonné. C’était terrible, parce que dans le même temps, je comprenais combien la vie était formidable, et comme je chérissais la mienne. Certes, elle n’était pas sans stress, voire sans emmerdes, mais quand même ! Très vite, ce diagnostic a recalibré mon regard sur les blessures du quotidien.
Que se passe-t-il, pour vous, une fois le diagnostic posé?
C.A. : J’ai eu la chance de pouvoir éviter la chimiothérapie comme la radiothérapie - donc de longs mois de traitements pénibles et douloureux. Mais on m’a enlevé la moitié du poumon, plus les ganglions autour. C’était une très grosse opération, qui a provoqué, chez moi des réactions assez incroyables. La veille, j'ai eu un choc mystique. Pas banal, pour quelqu’un qui. comme moi, vient d’une famille de militants communistes - enfant, on m’avait appris à chanter L’Internationale quand je voyais un curé. Je suis devenu croyant sur le tard, parce que j’ai trouvé un certain réconfort dans la foi. En revanche, je pratique peu. Je vais rarement à la messe, et disons qu’intérieurement j’oscille un peu. Mais là, le soir précédant l’opération, je me retrouve dans la chapelle de l'hôpital et je me mets à prier. Happé par un cocktail d’espérance, d’angoisse et de tristesse, je ressens l’urgence de parler à Dieu. Je commence par le remercier pour toute cette vie qu'il m’a permis de vivre, pour mes études, pour ma femme, pour mes trois filles, pour ces lectures qui m'ont passionné, pour m’avoir fait grandir dans un pays en paix... Et puis, quand même, j’ai la trouille. Justement parce que cette vie, je voudrais quelle continue un peu. Alors je lui dis : « C'est toi le chef, donc c’est toi qui vas décider. Mais franchement. si tu es OK pour me donner un peu plus de temps, je suis preneur. » [Rires] Je suis resté une bonne heure à prier, alternant entre exaltation euphorique et crise de larmes : j’étais en feu. J’ai fini par retourner dans ma chambre, mais j’ai encore connu quelques phases de grande, grande intensité émotionnelle.
Racontez-nous._
C.A. : Par exemple, juste après l’opération. Je suis dans mon lit. avec toutes ces tubulures et ces perfusions, quand j'ai une attaque de gratitude - comme on peut avoir des attaques de panique : éperdu de reconnaissance pour les infirmières, pour mon chirurgien, pour son équipe, je dis mon amour pour la médecine, pour la vie. pour l’humanité... Et je reste dans cet état quasi délirant pendant quinze bonnes minutes. Certes, je recevais de la morphine pour moins souffrir, mais ça n’explique pas tout. Les jours suivants, j’ai pu aussi me retrouver à méditer pendant des heures, comme en lévitation, sans même sentir le temps passer. Bref, la maladie m’a fait connaître des secousses émotionnelles si fortes qu’elle m’a profondément transformé. Je me suis juré de ne jamais oublier l’intensité de ces moments-là. Et de me rappeler, toujours, combien le fait même d'être en vie était passionnant.
dimanche 16 mars 2025
Digne et souple comme le bambou
La poésie orientale fait de la nature une source de philosophie quotidienne. Notre chroniqueuse puise dans la symbolique du bambou et des pratiques d’énergie de quoi inspirer le commencement du carême.
Par Élisabeth Marshall
Un océan végétal à perte de vue. Une forêt de vert tendre, parcourue d’ondulations douces au gré du vent. Il y a bientôt un an, à l’aube du printemps, je contemplais la Mer de bambous, un lieu mythique du sud de la Chine. J’apprenais que cette plante qui a pris racine dans l’empire céleste avant de parer nos jardineries d’exotisme est en Orient un bien précieux et un emblème.
La rectitude exemplaire
Le bambou sert à tout : nourrir, bâtir, soigner. Droit et souple, il symbolise cet humain digne et tolérant qui a grandi à la lumière de Confucius et de Lao-tseu. La tige aux nœuds réguliers, érigée comme une colonne, figure la rectitude exemplaire ; le feuillage souple et aérien rappelle la nécessaire bienveillance à maintenir dans l’existence.
En pratiquant le qi gong, cet art de l’énergie en mouvement, j’ai mieux compris combien l’imaginaire poétique de la philosophie taoïste, profondément inspiré par la nature, peut nous aider à cultiver les vertus. La verticalité semble pour nous une évidence, mais, si nous traversons un épisode de fragilité ou que nous observons la marche balbutiante d’un tout-petit, nous mesurons mieux toute l’énergie et l’équilibre qu’il faut déployer pour rester debout.
L'appui d’un regard de confiance
Je pense à la détermination joyeuse de Joanne, la benjamine de mes petits-enfants. Lâchant ses appuis, voici qu’elle tente seule ses premiers pas. Chancelante sur ses jambes et surprise elle-même par son audace, elle est comme tendue vers le monde.
À mon tour, je m’interroge : qu’est-ce qui me tient debout et me fait avancer dans l’existence ? L’espoir chaque matin renouvelé, la soif d’apprendre et de découvrir, l’aspiration à être heureuse et à rendre heureux ceux qui m’entourent… ou peut-être encore l’appui d’un regard de confiance, d’une parole juste, donnée ou reçue, qui d’un coup me relève et me tient.
Tout aussi vital que le maintien solide de mes valeurs est le travail intérieur qui me gardera agile de corps et bienveillante d’esprit. Là encore, le corps m’enseigne. Courbures, flexions, rotations… Ma gymnastique du matin, qui détend les articulations, me guide vers la nécessaire souplesse à entretenir dans les épaules, les hanches, les genoux. C’est aussi pour moi l’image de la fluidité du geste et du cœur à cultiver en soi pour éviter toute raideur ou aigreur de pensée.
Rester flexible
Accueillir sans rechigner le goût neuf de chaque jour, ne pas bouder les occasions de s’ouvrir à d’autres joies, d’autres croyances ou d’autres façons de voir. Comme la tige gracile de la plante, rester flexible dans les changements de vent. Vivre, en somme, sans figer nos corps ni nos sentiments.
Alors, en ce début de carême, pour conjuguer droiture et souplesse, laissons-nous inspirer par la sagesse du bambou. Appuyés sur la Parole et la prière, mais ouverts à l’inédit qu’elles pourront nous souffler. Fidèles à nos résolutions, mais souples dans leurs applications. On pourra s’aider en méditant ce proverbe portugais, cité par Paul Claudel en épigraphe de son drame poétique le Soulier de satin : « Dieu écrit droit avec des lignes courbes. »
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source : La Vie
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mardi 24 décembre 2024
Nature et prière
Gilles Farcet : « Depuis ma petite enfance, j’ai été happée par la recherche de l’Absolu et cela involontairement », écrivez-vous (Un itinéraire, page 10). Qu’est-ce qu’être « happée par la recherche de l’absolu » ?
Marie-Madeleine Davy : Dans ma petite enfance, la nature m’a ouvert les yeux. J’ai toujours habité Paris, mais je passais deux mois par an à la campagne, chez ma grand-mère, dans une maison dont je devais par la suite hériter. Il y avait là un très grand jardin, et l’Absolu, me semble-t-il, m’a été communiqué par la nature. J’éprouvais le sentiment de pouvoir parler avec les arbres, les fleurs, l’herbe, et je jouissais d’une grande familiarité avec les animaux (papillons, libellules, moustiques même). Les oiseaux venaient près de moi, et mon meilleur gourou a été un corbeau, que je nommais Elie. Un jour, ce corbeau est venu se poser sur ma tête. Et il me semblait converser avec lui. C’était un ami ; un ami intime, profond. Le matin, lorsque j’étais paresseuse, il venait taper au carreau afin que je lui donne quelques graines. Oui, mon plus grand gourou, ce fut lui…
Gilles Farcet : Vous arrive-t-il de prier ?
Marie-Madeleine Davy : Oui. Mais pas avec des prières toutes faites. Je n’en ai pas l’usage. J’invoque, j’appelle. Je peux crier au secours, ou encore remercier. Voyez-vous, la vie est une prière si elle est ordonnée dans le face à face. La plupart du temps, nous ne sommes pas sincères, nous biaisons et n’obtenons donc pas de réponse. Mais aucun appel authentique ne résonne dans le désert. La prière, pour moi, consiste à sourire à ce qui est venu, à ce qui vient, ce qui viendra. Elle est avant tout acceptation profonde. L’épreuve débouche sur une aurore.
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dimanche 27 octobre 2024
Fourbu
jeudi 3 octobre 2024
« Priez pour ma conversion »
vendredi 23 août 2024
Arc et flèche...
dimanche 3 juillet 2022
Risque
Après avoir pris le risque
De sortir de l'eau primitive,
Après avoir pris le risque
De se tenir debout,
De ressentir, de penser,
La vie vous invite au risque suprême,
Le risque d'être.
Que votre pensée ne soit qu'une force,
Votre cœur qu'un sentiment,
Votre corps tout entier qu'une sensation,
Et que de tout votre être
Il n'y ait plus que cela,
Qu'il n'y ait plus d'autres alternatives
Que le risque.
Yvan Amar
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dimanche 7 février 2021
Gingembre, yoga et prière : le secret de longévité de Ginette, centenaire lilloise
Veuve depuis 40 ans, cette arrière-grand-mère force l'admiration par sa jeunesse d'esprit et ses engagements. Reportage dans le Vieux-Lille, à la maison Madeleine-Delbrêl où elle prend ses quartiers chaque mercredi soir.
Ce mercredi soir, Ginette nous a donné rendez-vous à la maison Madeleine-Delbrêl, située au 27 rue Négrier, dans le Vieux-Lille. N'allez pas croire que nous nous rendons dans un Ehpad tenu par une congrégation. Non, il s'agit d'un foyer d'étudiants et jeunes professionnels, ouvert en 2014, dans lequel la centenaire tient un rôle majeur. Elle fréquente le lieu assidûment depuis quatre ans, chaque mercredi soir, jour où la messe est célébrée à 19 heures, suivie d'un dîner. Elle s'est liée d'amitié avec ses résidents. « Ginette, c'est un peu notre mascotte, explique très sérieusement Arthur, un étudiant breton qui se fait un plaisir de raconter sa première rencontre avec l'intéressée, devenue « sa troisième grand-mère » ! « Quand je suis arrivé pour la première fois, j'ai cru que Madeleine Delbrêl, c'était Ginette ! »
La centenaire, née le 6 novembre 1918, vit dans le quartier. Elle s'intéresse depuis toujours à l'oeuvre de cette poétesse et assistante sociale (1904-1964), convertie au christianisme à l'âge de 20 ans. Cette dernière, devenue une grande mystique et initiatrice d'une première petite communauté avec deux amies scoutes, a donné naissance aux équipes Madeleine Delbrêl. Est-ce à force de lire ses livres ou grâce à la sagesse acquise au fil des ans que Ginette a appris à vivre simplement, au coude-à-coude avec ceux qu'elle côtoie ? Elle participe aux diverses réunions des jeunes, les accueille parfois chez elle, et lorsqu'il y a des sorties s'y fait conduire. « J'ai compris que j'aidais les autres en leur donnant l'occasion de rendre service, d'être charitables et fraternels. Ça m'a aidée à mieux accepter (la dépendance, ndlr), confie-t-elle. En rajoutant : « Car ce n'est pas facile tous les jours, c'est même de plus en plus difficile. J'ai les oreilles appareillées, une cataracte à un oeil, certains jours je me dis que j'en ai assez, que c'est dur de continuer. Alors je demande au Seigneur : "Donne-moi la force, autrement il faut venir me chercher". »
« Quel risque court-on à croire ? »
Au quotidien, elle vit seule dans un appartement de deux étages et refuse de s'installer au rez-de-chaussée, comme ses enfants l'y invitent. « Cet escalier m'entretient », assure la centenaire. Au moment de sortir dans le jardin pour être photographiée, elle demande qu'on l'accompagne en lui tenant le bras, mais dédaigne la chaise installée à son intention. « Je suis croyante, et c'est ce qui me tient !, fait-elle valoir. La mort ne me fait pas peur, je l'imagine comme un long tunnel et j'ai la certitude que ce sera mieux qu'ici. Et si j'ai été roulée, je ne le saurai pas. Quel risque court-on à croire ? » Elle a creusé ce chemin de confiance dans le scoutisme, et raconte avec fierté qu'elle a été une des premières jeannettes à Lille. « Sa présence est rassurante, elle a une expérience de vie que nous n'avons pas. Elle a le talent de nous faire oublier nos soucis, elle nous recentre sur l'instant présent, précise Arthur, qui s'improvise porte-parole des colocataires du foyer. Elle nous apporte beaucoup sur nombre de sujets par ce qu'elle est, ce qu'elle véhicule et incarne comme espérance et optimisme. »
À 100 ans la voici connectée au XXIe siècle dans une société en pleine mutation. Autour d'elle, tous connaissent le secret de sa forme : « Je mange tous les jours du gingembre, confirme-t-elle, je vais une heure par semaine dans un cours de yoga du quartier... Et je prie chaque matin pendant 20 minutes. » C'est après le décès de son mari que, se retrouvant seule chez elle, elle a commencé à pratiquer le yoga, à partir marcher sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, et à entreprendre de grands voyages tout en menant une vie associative très riche. Autant d'activités ouvertes sur le monde et les autres que cette experte en vieillesse conseille.
Être là où il y a de la vie
L'heure de la messe approche... Une dernière question : comment rester confiant face à ce qui peut nous arriver une fois passé le seuil des 75-85 ans ? « En s'appuyant sur le Seigneur, en ne s'enfermant pas sur soi, car il y a de la vie à être avec les autres. Il faut savoir appeler, proposer de faire des choses ensemble. Le Seigneur passe à travers eux. À nos âges, il faut continuer à faire des efforts, lâcher le moins de choses possible, car on ne retrouve plus ce qu'on a lâché », observe-t-elle. 19 heures, la voilà, ponctuelle, installée au premier rang dans la chapelle. Le temps n'a pas de secret, décidément, pour Ginette...
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Source : La Vie
dimanche 22 novembre 2020
Comment traverser l'épreuve de l'inceste ?
1. Libérer la parole
Il est d'une urgence vitale pour les victimes, mais aussi pour les proches, de parler, de sortir du secret, de lever le tabou. Jésus nous pousse à oser mettre des mots sur les maux car « la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32). Ce n'est pas un choix, mais un devoir pour nous tous, même si, évidemment, de telles paroles peuvent provoquer des tsunamis.
2. Se faire accompagner
Une victime d'agression ne peut pas s'en sortir seule. Le rôle de l'entourage, des proches, est primordial. L'accompagnement psychologique également. Si je n'avais pas entrepris une thérapie à partir de 2009, j'aurais sans doute sombré. Tout le défi est de trouver le bon thérapeute, formé au traitement des violences sexuelles.
3. Prier pour l'agresseur
J'ai entendu une parole forte un jour : « Il n'est pas en notre pouvoir de ne plus sentir et d'oublier l'offense, mais le coeur qui s'offre à l'Esprit saint retourne la blessure en compassion transformant l'offense en intercession. » Quand j'ai commencé à prier pour mes parents, pour leur conversion, j'ai fait un grand pas sur le chemin du pardon, et donc de ma libération intérieure. Car l'incapacité à libérer la bénédiction retient la guérison. J'ai pleinement conscience que certaines victimes ne souhaitent pas emprunter cette voie ou n'y parviennent pas. Le pardon est un long chemin.
4. Pardonner
Le pardon, ce n'est pas l'oubli. Le pardon ne supprime pas la nécessité de la justice. Il faut dénoncer le mal pour se considérer comme victime et pour aider l'agresseur à corriger sa faute. J'ai fini par comprendre que le vrai pardon, c'est accepter que mes cicatrices, et la souffrance qui en découle, ne disparaîtront jamais, mais qu'elles peuvent se transformer en quelque chose de beau. Pour moi, le vrai pardon est un fruit de la foi. Sans Dieu, je n'aurais jamais pu pardonner à mes parents, ni d'ailleurs à moi-même - la culpabilité aurait continué à me ronger.
Mathilde Désanges
mardi 4 août 2020
Posture intérieure avec Christiane Singer
mercredi 29 avril 2020
Naissance et puissance de l'amour
Un très beau partage avec Annick de Souzenelle (97 ans)
lundi 11 novembre 2019
mercredi 15 mai 2019
Prendre le temps...
« Je sais que m’attendent des faiblesses nouvelles, des pauvretés nouvelles et des pertes nouvelles. Ce sera la descente vers ce qui est l’essentiel, le plus caché en moi, plus profond que toutes les parts de réussite et d’ombre en moi. Ce sera tout ce qui reste quand tout le reste aura disparu. Ma personne dénudée, une innocence primale qui attend sa rencontre avec Dieu. Merci de vos prières qui m’accompagnent dans cette descente vers ce trésor, le plus profond de mon être... »
La qualité essentielle pour vivre en communauté est la patience : reconnaître que soi-même, les autres et la communauté tout entière ont besoin de temps pour grandir. Rien ne se fait en un seul jour.
Pour vivre en communauté il faut savoir accepter le temps et s’en faire un ami. Et celui qui est ami du temps ne dit pas toute la journée : « Je n’ai pas le temps! » Il ne part pas en guerre contre lui ; il l’accepte et le chérit.
Jean Vanier, Communauté lieu du pardon et de la fête
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samedi 30 mars 2019
Prière salvatrice...
elle a un p’tit air de ma maman, comme on dit, de son vivant,
et surtout j’ai été interpelée par son nom et sa mission:
« Mère du dieu de tendresse envers tous les cœurs mauvais ».
Pauvre petite mère, que de boulot, car nous sommes tous plus ou moins mécréants, infirmes de l’amour, handicapés de la fraternité, accidentés de la sexualité, étrangers à notre propre destinée, et souvent ceux qui le sont le plus, sont ceux qui affirment le plus t’aimer.
Ô ma Babouchka, petite grand-mère supposée du monde, ce n’est pas que notre cœur soit mauvais ou que nous soyons méchants, c’est juste que notre vieux monde a inventé de belles histoires à dormir debout et que cela a marché puisque depuis des millénaires nous avançons les yeux fermés, les poings serrés.
Mais là, petite mère, nous ne savons plus quoi faire, et notre autre mère la Terre va peut-être nous lâcher, alors please, toi qui est si bien placée, change la formulation de ta mission et deviens pour nous, du fond de mon cœur et humblement, je te le demande :
« La Mère du dieu de tendresse et de sauvetage envers tous les cœurs égarés.»
Elisabeth Kuhn
dimanche 10 mars 2019
Quarante jours de joie et de grâce
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| Illustration Juliette Léveillé |
mardi 31 juillet 2018
Ne pas se refermer
Ce qui apparaît souffrance est fécondité, ce qui apparaît mort est renaissance. Si nous voulons vraiment changer, nous ne pouvons faire l'économie d'une réflexion à ce niveau-là. Sinon, nous en resterons toujours à une vision étriquée qui ne nous aidera pas à dépasser nos limites. Le pire qui puisse finalement nous arriver n'est pas d'être confronté à des difficultés; c'est de nous fermer lorsque ça fait mal.
Je vous en prie, faites bien attention à cet aspect du chemin, prenez garde de ne pas vous replier sur votre refus lorsque la souffrance vous paraît intolérable. Je pense à une belle prière que nous pourrions tous faire à la Vie, et qui serait en tout cas l'expression d'une maturité : "Aidez-moi à ne pas me refermer lorsque ça fera mal." S'il y a une demande à faire, c'est bien celle-là : "Aidez-moi à vivre intensément la souffrance, à en faire vraiment l'expérience et à bien voir pourquoi cela m'est donné".
Cette prière est une demande de vivant, alors que la fermeture procède de la mort.
André Rochette "Par l'amour de la vie" (chapitre : L'épreuve du feu)
(merci à mon ami Yannick)
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mardi 3 avril 2018
Après le carême, un bonheur renouvelé
Deux chemins
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