jeudi 30 avril 2026
S'attarder
vendredi 13 septembre 2024
Fanaison ?
vendredi 21 juin 2024
Rêve
« On rêve d'une minute de silence universel où le monde se tiendrait soudain immobile et muet, les yeux clos, attentif au seul respir du vent dans les arbres, au chuchotement clair d'un ruisseau, au déploiement d'une herbe dans la lumière, à l'unanime pulsation du sang dans les cœurs, une minute pour que le monde reprenne conscience et se réajuste à la seule réalité qui vaille, le pur sentiment d'exister un et multiple, entre deux néants, sur la terre perdue dans les cieux innombrables. »
Jean Pierre Siméon - La poésie sauvera le monde
peinture Charles Guilloux 1886-1946 - La rivière au crépuscule
-----------------------
jeudi 10 août 2023
jeudi 3 août 2023
Il nous faut regarder
Derrière les yeux plissés et les visages mous
Au delà de ces mains ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain ou qui sont poing levé
Plus loin que les frontières qui sont de barbelés
Plus loin que la misère il nous faut regarder
Le ciel gris ou bleuté, les filles au bord de l'eau
L'ami qu'on sait fidèle, le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle, le bateau qui revient
L'ami qu'on sait fidèle, le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle, le bateau qui revient
Et des cris de colère des hommes qui ont peur
Par delà le vacarme des rues et des chantiers
Des sirènes d'alarme, des jurons de charretier
Plus fort que les enfants qui racontent les guerres
Et plus fort que les grands qui nous les ont fait faire
Le murmure de l'été le sang qui monte en soi
Les berceuses des mères, les prières des enfants
Et le bruit de la terre qui s'endort doucement
Les berceuses des mères, les prières des enfants
Et le bruit de la terre qui s'endort doucement
vendredi 30 décembre 2022
Univers qui bouge avec nous
Tout est changement. Comme les pas hésitants de l'enfant qui apprend à marcher, le but est la recherche d'un équilibre pour découvrir le monde. A travers le yinyang, c'est un espace intérieur qui s'ouvre, peuplé d'animaux qui nous entraînent dans de multiples directions...
vendredi 16 septembre 2022
Gardiens...
"Il fut un temps peut-être où cela avait du sens de penser que la terre était un parent qui nous avait donné la vie, qui nous avait nourris, calmés, lavés, bercés, instruits et nous avait chanté des chansons. Mais la métaphore devient vite plus compliquée. Combien d’agressions un corps peut-il endurer avant que ses processus naturels de guérison s’épuisent et qu’il commence à changer ? La terre et la mer resteront, mais les grands systèmes qui nous maintiennent en vie – les cycles féconds de la nature, les cycles de réchauffement et de refroidissement, la respiration des plantes, les cycles des saisons, les grands courants des océans – changent sans que nous comprenions comment. Que devons-nous faire, nous, les enfants abandonnés, qui racontons des histoires la nuit ?
Il n’y a pas d’autre solution : nous devons devenir les gardiens des lieux que nous habitons. Nous devons être moralement responsables du bien-être de l’air, de l’eau, de la terre. Et si cela rend nos relations avec la terre compliquées et douloureuses, peut-être n’y a-t-il là rien de surprenant... Un changement s’impose ... Assumer le rôle de gardiens est la responsabilité la plus spirituelle et physique de notre temps."
Kathleen Dean Moore - Sur quoi repose le monde
---------------
mardi 16 août 2022
« L’être humain, cancer de la Terre ? »
Une image en dit souvent beaucoup plus et beaucoup mieux qu’un long discours. Certaines conversations particulièrement imagées deviennent alors des messages qui ne peuvent nous laisser indifférents. Je me rappelle quelques paroles échangées avec Maurice, un jeune médecin camerounais, fils d’un guérisseur traditionnel, qui était venu en Europe pour se former à la chirurgie urologique (la spécialité que j’ai longtemps pratiquée). Nous étions en train d’opérer un patient dont la vessie était envahie par une grosse tumeur cancéreuse. Nous avions déjà procédé à l’ablation de l’organe malade et nous nous apprêtions à reconstruire un réservoir urinaire à l’aide d’un morceau d’intestin. Vaste et long chantier durant lequel nous avions tout le loisir de bavarder.
« Quelle curieuse maladie que le cancer, me dit Maurice.
— Pourquoi dis-tu cela ? je lui demande.
— Parce que c’est une maladie extrêmement vivante. Tout à coup, des cellules se mettent à proliférer de façon exagérée et incontrôlée. Jusqu’à envahir l’endroit où elles sont nées. Animées par une vitalité débordante, elles finissent par se répandre en dehors de cet endroit. Elles s’implantent ailleurs, dans d’autres organes où elles continuent de proliférer. La logique des cellules cancéreuses est celle de la croissance et de l’expansion à tout prix. Quitte à tuer l’organisme dont elles sont issues.
— Tu as raison, c’est une logique absurde. Le cancer est une maladie très vivante, assurément trop vivante.
— Pour en guérir, il faut sans doute être plus vivant que lui. Encore faut-il comprendre ce que signifie “être vivant”. »
La remarque de Maurice me rappelle que le cancer ne survient pas par hasard. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’une « maladie de civilisation », un mal qui plonge ses racines dans nos stress, nos pollutions et toutes sortes de comportements potentiellement dangereux pour la santé. Une maladie trop vivante qui révèle notre incapacité de bien vivre. Car bien vivre ne demande pas de la croissance à tout prix. Cela ne réclame pas non plus une décroissance. Mais plutôt un équilibre et de l’harmonie. Ni trop, ni trop peu.
« En fait, nous (les êtres humains) nous comportons un peu comme des cellules cancéreuses, me dit Maurice avec un regard malicieux. Nous sommes aussi extrêmement vivants. Nous cherchons aussi à proliférer et à envahir l’endroit où nous sommes nés. Quitte à abîmer la Terre, dont nous sommes issus. Ne serions-nous pas le cancer de la Terre ? »
À ce moment de notre conversation, une petite artère s’est mise à saigner. Je n’ai donc pas pu répondre à la question de Maurice. Mais, en y repensant, je ne peux m’empêcher de visualiser cette image d’un être humain qui se comporte comme une cellule cancéreuse. Et je me dis que mon jeune assistant n’était pas dépourvu de sagesse en utilisant cette comparaison. Il n’était probablement pas le fils d’un guérisseur traditionnel africain pour rien.
Thierry Janssen
Source : Psychologie magazine
lire aussi : https://spinescent.blogspot.com/2020/04/lhomme-est-le-cancer-de-la-terre.html
-----------------
samedi 30 juillet 2022
Porté par la terre
lundi 21 mars 2022
Beauté animale !
" Qu'est-ce que l’homme sans les animaux ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’âme, car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l’homme. Toutes les choses sont liées. Il faut apprendre a vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos ancêtres. Afin qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants que le sol est riche des vies de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous avons toujours appris aux nôtres, que la terre est notre mère et que ce qui advient à la terre advient aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, mais l'homme appartient à la terre. Ceci nous le savons. "2
L’attitude de ces chamanes n’est pas sans rappeler l’attitude fraternelle à l’égard de la création de François d’Assise : « Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous, les fleurs odorantes sont nos sœurs, les chevreuils, le cheval, le grand aigle, sont nos frères » ; aux paroles du chamane pourrait se joindre aussi celle du poète :
« Je crois qu’une feuille d’herbe n’est en rien inférieure au labeur des étoiles
Et que la fourmi est également parfaite, et un grain de sable, et l’œuf du roitelet
Et que la rainette est un chef-d’œuvre digne du plus haut des deux
Et que L ronce grimpante pourrait orner les salons du ciel
Et que la plus infime jointure de ma main l’emporte sur toute mécanique
Et que la vache qui broute tête baissée surpasse n'importe quelle statue
Et qu'une souris est un miracle capable de confondre des milliards d'incroyants" 3
jeudi 3 février 2022
Quatre regards
Nous vivons sur la même terre, sous le même ciel, mais nous vivons dans des regards différents et chacun de ces regards, de ces « points de vue », constituent des mondes et des consciences qui parfois s’affrontent.
Changer le monde, c’est changer de regard ; pour rencontrer le monde de l’autre, il faut entrer dans son regard ou partager celui qui nous est propre.
On peut distinguer quatre grands types de regards ou de visions du monde.
4 - Il y a encore un autre regard, regard silencieux, contemplatif, l’œil de l’intuition, qui pressent l’unité d’une Conscience qui se manifeste dans la diversité des mondes perçus, analysés, objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de vue (objectif et subjectif), c’est-à-dire toutes nos créations, imaginations, conceptualisations, représentations du monde.
dimanche 5 décembre 2021
Hommage à Pierre Rabhi
Car nous entrons dans une ère où, face aux planifications de l'homme, la nature décidera et mettra des limites.
La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l'égard de la vie.
lundi 29 novembre 2021
Lien entre terre et ciel
Les feuilles quittent l’arbre
Peut-être pour mieux vivre
Pour sentir d’autres souffles
Tenter d’autres lumières
Retrouver leur demeure
De terre et de mémoire
Sans rien perdre du ciel
Gérard Bocholier
mardi 16 novembre 2021
Attentif et vigilant...
Je sais si peu de l'autre,
je ne puis être que réceptif,
tout jugement est trompeur.
Je le découvre à chaque instant.
Quand j'accepte que je ne sais rien,
que rien n'est saisissable,
opère le charme.
Dès que je prétends savoir,
le charme se rompt.
La réalité profonde s'évanouit soudain.
Attentif et vigilant,
je sens l'humus au fond,
cette terre à cultiver,
jour après jour.
L'Eternel, Lui,
sème et moissonne.
extrait de: ''Le petit carnet bleu de Maître Wong''
(Editions: Parole et Silence)
******
mardi 24 août 2021
L'hexagramme de l'année est le 36.
samedi 31 juillet 2021
La chance d'être accueilli sur terre, de pouvoir y respirer et d'y marcher.
dimanche 11 juillet 2021
Apprécier notre humanité commune
Il est important de prendre conscience de l’interdépendance de tous les êtres et du monde qui nous entoure. Pour leur permettre de renforcer le sentiment d’être connecté au monde et à l’ensemble des êtres, le psychologue et thérapeute, Paul Gilbert, spécialiste de l’auto-compassion et de la compassion, propose à ses patients des visualisations comme celle-ci:
“Je vous invite à imaginer devant vous une mer d’un bleu superbe, chaude et calme, qui vient caresser une côte sablonneuse. Imaginez que vous vous tenez tout simplement debout avec de l’eau glissant agréablement sur vos pieds. Et maintenant, levant les yeux vers l’horizon, imaginez que cette mer est ici depuis des millions d’années, et qu’elle est, depuis, une source de vie. Elle a vu bien des choses dans l’histoire de la vie, et elle sait bien des choses. Maintenant, imaginez que cette mer vous accueille pleinement pour ce que vous êtes, qu’elle connaît vos combats et vos peines. Laissez s’établir entre vous et la mer, avec son pouvoir et sa sagesse, un lien privilégié, tout en acceptant pleinement ce que vous êtes.”
La compréhension de cette interdépendance universelle est la source même de l’altruisme le plus profond. En comprenant à quel point notre existence physique, notre survie, notre confort, notre santé, etc. dépendent des autres et de ce que nous fournit le monde extérieur –remèdes, nourriture, etc.–il devient facile de nous mettre à leur place, de vouloir leur bien-être, de respecter leurs aspirations et de nous sentir intimement concernés par l’accomplissement de ces aspirations.
Comment peut-on alors ne pas prendre soin des équilibres naturels qui se sont mis en place au fil des millénaires ? Il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, de reconnaître l’incroyable richesse et la subtilité des liens d’interdépendance qui associent tous les acteurs et les forces dynamiques de la Nature.
Je souhaite vous partager un exemple très inspirant, que m’ont raconté mes amis de Karuna-Shechen, l'association humanitaire que j’ai co-fondée. Depuis cette année, Karuna étend ses programmes à une région très isolée du Népal, celle de la vallée de Ruby, nommée ainsi en référence à la pierre précieuse, car des gisements s’y trouveraient. Là-bas, des populations Tamang et Dalit cohabitent : c’est avec émerveillement que nos salariés sur le terrain ont rencontré ces familles de descendance tibétaine vivant en quasi autarcie. Éloignées des structures de santé et d’éducation, mais aussi des fournisseurs alimentaires, ils vivent nécessairement en harmonie avec leur environnement. Les animaux notamment y ont une place centrale : les locaux en rient eux-mêmes, disant que chez eux, il y a plus d’animaux que d’humains !
Ces populations ont ainsi une conscience accrue du lien qui les lie, eux les humains, avec tous les autres êtres vivants avec qui ils cohabitent. Ils cultivent la terre de manière durable et écologique, pour la préserver et leur garantir des vivres, pour eux mais aussi pour les générations futures. Ils élèvent et soignent leurs animaux, qui leur apportent du lait et leur permettent de cultiver les champs. Lorsqu’on demande à ces personnes si elles ne préfèreraient pas vivre dans un lieu plus proche de la ville, et de ses infrastructures, on répond : “pourquoi aller ailleurs, quand la terre ici nous apporte tout ce dont on a besoin ?”
Que peut-on retenir de personnes rencontrées dans la Ruby Vallée ? Il est indispensable de prendre conscience de l’interdépendance de toutes choses et d’assimiler cette vision du monde, de sorte que notre manière d’agir s’en trouve transformée. L’altruisme et la compassion sont intimement liés à cette compréhension de l’interdépendance, qui permet de mettre à bas le mur illusoire que nous dressons entre « moi » et «autrui », entre « je » et « nous », et nous rend responsables de notre terre et de ses habitants.
Comme l’explique le Dalaï-lama : Acquérir un sentiment de responsabilité universelle – percevoir la dimension universelle de chacun de nos actes et le droit de tous au bonheur et à la non-souffrance –, c’est acquérir une attitude d’esprit qui, quand nous voyons une occasion d’aider autrui, nous porte à la saisir plutôt que de nous soucier uniquement de nos petits intérêts personnels.
jeudi 22 avril 2021
jeudi 15 avril 2021
Exercice : les quatre quadrants de Ken Wilber
Dans l’approche intégrale de Ken Wilber, toute chose (être naturel, objet, situation, système, etc.) peut être analysée à partir de 4 perspectives fondamentales qui résultent du croisement de 2 dimensions d’analyse :
- individuel-collectif
- intériorité-extériorité
Dans cet exercice, nous vous invitons à explorer ces 4 quadrants en observant votre vie ainsi que le monde qui vous entoure.
Voici une présentation synthétique des 4 quadrants :

Et si nous appliquions les 4 quadrants à une pomme, ça pourrait donner cela :

Venons-en à l'exercice :
1) Sur une feuille, identifiez et écrivez des aspects de vous-même et de votre mode de vie que vous aimez.
D’où cela vient-il ? Comment voyez-vous cette qualité dans le système plus large ?
Vous pouvez vous servir du tableau ci-dessous pour vous aider.

2) À présent, identifiez et écrivez des aspects de vous-même et de votre vie que vous n'aimez pas.
D’où cela vient-il ? Comment voyez-vous ce défaut dans le système plus large ?

3) Parmi les éléments que vous observez en vous et autour de vous, qu’est-ce qui contribue à créer un avenir meilleur et à préserver la vie sur Terre ?
4) Au contraire, qu’est-ce qui contribue à mettre en danger la vie sur Terre ?
5) Comment utiliseriez-vous les 4 quadrants pour concevoir des projets et une société qui contribuent à préserver la vie sur Terre ? Illustrez avec un exemple concret.
Ex : « je veux créer un potager collectif »
Comment faire pour que ce projet soit cohérent avec un monde en transition (toucher les dimensions intérieur-extérieur et personnel-collectif) => Par exemple, revisiter nos croyances collectives afin de voir si certains pensent que les pesticides sont nécessaires (quadrant collectif intérieur), que l’on peut acheter des semences brevetées au supermarché (quadrant individuel extérieur), etc.
Extrait du Mooc de la Transition Intérieure de l'université Colibri
vendredi 9 avril 2021
Les 3 fractures
Cet article vous présente la vision d'Otto Scharmer, enseignant chercheur au MIT.
Le MIT, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le Massachusetts Institute of Technology, un institut de recherche américain et une université, spécialisé dans les domaines de la science et de la technologie.
Le U Lab du MIT, cofondé par Otto Scharmer, est un MOOC qui a produit l'émergence d'un écosystème global d'innovation sociétal et de renouveau individuel.
Cette vision va vous aider à mettre du sens dans les profondeurs des structures systémiques à l’œuvre dans les champs économique, social et sociétal, ainsi que sur les angles morts qui nous font obtenir des résultats collectifs dont plus personne ne souhaite.
« Imaginez un iceberg : 10% (visibles) se situent au-dessus du niveau de la mer, 90% sont en dessous. »
Si nous regardons la partie visible, nous constatons trois fractures : écologique, sociale et spirituelle.

La fracture écologique
J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes en tant qu'individus et les éléments naturels. Cela se voit de nombreuses manières : destruction des écosystèmes, raréfaction des ressources naturelles, diminution des volumes d'eau douce dans les fleuves et les nappes phréatiques, changement climatique et érosion des sols à l'œuvre dans le monde entier.
Si vous voulez mettre un chiffre sur cette séparation, le voici : 1,5. La manière dont fonctionne l'économie mondiale aujourd'hui consomme 1,5 fois plus vite nos ressources environnementales que les écosystèmes ne sont capables de les régénérer. Et nous savons que cela ne va pas changer du jour au lendemain et que nous devons nous atteler à améliorer la situation collectivement.
(Note du traducteur : c'est probablement pour cela que vous êtes sur ce MOOC !)
La fracture sociale
J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes et les autres. Celle-ci prend de nombreuses formes : polarisation sociale, fragmentation de la société, conflits, violence, inégalité et pauvreté. Aujourd'hui, les 50 personnes les plus riches du monde possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Et à travers le monde entier, nous vivons dans une situation où le maintien de l'ordre est une fine couche fragile qui pourrait casser à tout moment. En fait, elle est en train de se fendre à une vitesse grandissante à la fois dans l'hémisphère sud et dans l'hémisphère nord.
La fracture spirituelle
J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes… et nous-mêmes : une division entre qui je suis aujourd'hui, mon moi actuel, et le moi que je pourrais être demain, mon moi essentiel. Si ces deux « moi » ne sont plus en interaction, ne sont plus en lien, que voyons-nous ? Un taux d'épuisement professionnel (note du traducteur : burn out en anglais), de dépressions et de suicides en augmentation constante. En 2010, dans le monde entier, le nombre de morts par suicide est supérieur au nombre total de morts dues aux guerres, aux meurtres ou aux catastrophes naturelles. Ainsi, malgré toute la violence actuelle dans le monde, plus de gens se sont violentés eux-mêmes en se suicidant qu'en étant tués par quelqu'un d'autre.
C'est ce nombre choquant que nous mettons en avant dans cette fracture, et bien que nous en parlions très peu dans les actualités, elle est aussi importante et signifiante que les deux autres divisions qui sont plus visibles.
Et les 90% restants ?
Nous avons donc ces trois divisions dans le monde. Il ne s'agit pas de problèmes nouveaux. Ils durent depuis plus de cent ans. Regardons au XXe siècle comment nous y avons fait face.
À l'échelle mondiale, nous avons mis en place une ou plusieurs organisations au sein des Nations Unies pour répondre à chacune de ces divisions.
Dans les gouvernements, nous avons créé un ou plusieurs ministères pour répondre à ces divisions.
Au sein des ONGs (organisation non gouvernementale), nous avons créé des secteurs pour répondre à une partie spécifique de chacune des divisions écologique, sociale et spirituelle.
Et au sein de nos systèmes éducatifs, nous avons un ou plusieurs départements dédiés à chacune d'entre elles.
Nous avons conservé une approche de type « silos », enfermée dans des réponses au niveau des symptômes, et non des causes profondes. Nous ne considérons pas ainsi les interdépendances entre ces divisions.
Mais qu'est-ce qui est présent en dessous de la ligne de flottaison de l'iceberg ? Quelles sont les racines, les 90% de l'iceberg que nous ne voyons pas ? Quelles sont les interactions systémiques enfouies que nos réponses ont ignorées ? En soignant les conséquences, et non les symptômes, ces derniers continuent d'émerger, encore et encore, malgré tous nos efforts.
Je pense qu'il existe trois forces :
- la première est une séparation structurelle et systémique ;
- la seconde est un changement nécessaire de conscience, de la manière dont nous pensons, et qui influence la manière dont nous agissons ;
- la dernière, et la plus profonde, est en lien avec notre créativité, la source de qui nous sommes et de qui nous voulons être demain, qui a une grande influence sur les niveaux supérieurs.
Pour le premier niveau de profondeur, la fracture structurelle, voici différents éléments :
- la bulle écologique : la fracture entre une planète aux ressources limitées et le paradigme de la croissance économique infinie ;
- la bulle des revenus : la fracture entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres. Selon Thomas Piketty, elle est due à l'accélération de l'écart entre la rétribution du capital et la croissance réelle sur le long terme. Cela se traduit par l'écart entre les plus riches, 0,1% de la population, et les 99,9% restant ;
- la bulle financière : l'écart entre la finance et l'économie réelle. Aujourd'hui, la finance représente 98% des transactions financières, dégradant l'économie réelle plutôt que la servant.
Nous avons aussi quatre autres séparations structurelles qui sont toutes aussi importantes que les trois premières citées : séparations entre la bulle technologique et nos besoins réels, entre la bulle de leadership et la paralysie collective, entre la bulle de gouvernance et celles et ceux qui n'ont pas de voix, entre la bulle foncière et l'utilisation de la terre pour le bien commun de tou·te·s.
Mais répondre à chacune d'entre elles, ou même à toutes en même temps, n'atteint pas les deux derniers niveaux de fracture qui sont sous-jacents et qui sont bien plus importants.
![]() |
| Schéma récapitulatif ****** |
















