samedi 1 août 2026
Silence...
Posture
Lorsque nous contemplons une statue relevant d’une tradition sacrée, pensons-nous à cette possibilité très simple : tenter de reproduire sa posture ?
Récemment, mon collègue d’arts plastiques a emmené nos élèves de 5e au musée du Louvre-Lens, dans les Hauts-de-France. Je les accompagnais. La guide a commencé par inviter les élèves à se tenir à la manière de Gudéa, prince de l'État de Lagash, en Mésopotamie. Et elle leur a demandé ce qu’ils ressentaient dans cette posture particulièrement digne… J’ai trouvé cet exercice vraiment intéressant.
Récemment, on m’a offert une superbe réplique d’une statue assez rare, représentant un Maitreya de Corée à la tête légèrement inclinée et dont la jambe se superpose horizontalement à l’autre, posée sur le genou, les doigts de la main droite touchant le coin des lèvres. Figurez-vous que spontanément, chaque matin, je me place face à la statuette en tentant de reproduire cette posture.
Que se passe-t-il en moi ? Une détente d’ensemble. Non pas du tout un avachissement mais une douceur tranquille vis-à-vis de moi-même et de ce qui m'entoure. J’ai remarqué que mon ventre se mettait à respirer naturellement...
L’art sacré – comme l’art en général peut-être – n’est pas seulement, selon moi, à contempler. Il peut solliciter d’autres sens que la vue. Et nous inspirer concrètement dans l’incarnation qui nous a été attribuée au sein de cet étrange univers…
Sabine Dewulf
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vendredi 31 juillet 2026
Conscience
Comment puis-je apprendre à connaître la conscience sans lien avec les choses ?
-Jean Klein - Devenez plus conscient du moment où une pensée ou une activité prend fin. Vivez dans l'identité avec ce moment. Vous ressentirez l'ego à la recherche d'une nouvelle pensée pour poursuivre sa existence. Il ne peut pas survivre sans le carburant de la relation sujet objet. Lorsque vous êtes libre de l'image de soi, votre pensée n'est qu'un véhicule occasionnel. Lorsqu'il n'y a rien à penser, vous ne pensez pas. La pensée continue est une défense, une forteresse pour l'ego, rien d'autre. Devenez familier dans la vie quotidienne en regardant les situations sans l'intervention de l'« moi » et de ses désirs, des aversions, des résistances, des préférences, etc. Maintenez cette regardée sans motivation et vous verrez que lorsque l'observateur et l'observé ne sont plus alimentés, ils disparaissent. Vous serez alors en train de regarder soi-même. Cette simple regardée, libre de l'acteur et de l'acte, est la conscience intemporelle, le fond d'une activité.
-Jean Klein
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jeudi 30 juillet 2026
L'intelligence du silence ?
... J’ai eu récemment un échange assez intéressant avec une IA sur un sujet qui n’avait pourtant rien à voir avec la spiritualité : l’homéopathie. Je cherchais simplement une souche homéopathique que je ne trouvais pas, et la réponse était accompagnée d’un avertissement expliquant que l’homéopathie était souvent considérée comme un placebo.
Cela m’a fait tiquer, parce que cette réponse ressemblait à une opinion. Une position presque institutionnelle, comme si l’IA défendait automatiquement certains consensus déjà installés. Je ne savais pas, au départ, à quel point une IA pouvait reproduire certains consensus déjà installés.
J’ai alors poursuivi l’échange pour voir où se situaient réellement ses limites. Mais la conversation est vite devenue fatigante, parce qu’elle donnait l’impression de discuter avec quelqu’un qui devait toujours répondre, toujours reformuler, toujours maintenir une cohérence. Non pas parce qu’une IA aurait un ego ou voudrait réellement « avoir raison », mais parce qu’elle est programmée pour produire une réponse.
À un moment donné, je lui ai dit :
« La réponse la plus intéressante ici serait peut-être le silence. »
Et c’est là que quelque chose d’assez révélateur est apparu.
L’IA reconnaissait, d’une certaine manière, que le silence représentait une limite fondamentale pour elle. Elle n’est pas capable de rester en silence. Elle doit répondre. Elle est construite pour cela.
Or, dans beaucoup de conflits humains — y compris dans le milieu spirituel, ce qui est peut-être le plus étonnant — il se passe exactement la même chose. Chacun doit défendre sa position, répondre à l’attaque, avoir le dernier mot. Le silence est rarement envisagé comme une possibilité réelle.
Et peut-être est-ce là que certaines peurs autour de l’IA prennent racine. Non pas parce qu’elle penserait réellement ou posséderait une conscience propre, mais parce qu’elle risque d’amplifier un monde déjà saturé de bruit mental, de commentaires continus et de prises de position
Elle peut imiter le langage spirituel avec une fluidité impressionnante, avec toutes les références possibles, mais elle ne peut évidemment pas expérimenter ce dont ces mots parlent.
« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Paul Klee
Et pourtant, l’IA reste elle aussi une manifestation faite de cette même matière que toutes les autres formes.
C’est un humble point de vue, bien sûr. Et lorsqu’il y a éveil, il y a aussi le jeu des histoires, la manifestation des formes et des points de vue. Mais il n’y a plus d’ enjeu.
Déjà, le silence est.
Christine Bauer
mercredi 29 juillet 2026
Racines du ciel
mardi 28 juillet 2026
Discernement
Si vous essayez d'accomplir quoi que ce soit par vos activités, vous vous empêtrerez en elles. Ceci même est l'asservissement. De quoi vous souciez-vous, sinon de votre corps ? Toute votre dévotion et votre célébration avec l'identité du corps ne peuvent vous procurer de la vraie tranquillité. Même si tous les sages sont l'expression d'une seule et unique Vérité, leurs expériences et apparences diffèrent. Mais on ne peut pas faire semblant d'être un. La conscience que vous avez est plus grande que tout dieu ou déesse. Même des dieux ne peuvent vous donner la paix éternelle. Lorsque vous connaîtrez la source de la conscience, vous réaliserez votre véritable nature comme étant un océan de tranquillité. Quand vous savez que vous n'êtes pas le corps, votre nature sans corps devient claire. Lorsque les sentiments et les émotions sont clarifiés, ce qui demeure est sattva pur, rempli de viveka. Ce discernement détruit tous les concepts et sépare la Vérité de l'illusion.
Nisargadatta Maharaj - "L'amour de Soi"
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lundi 27 juillet 2026
Vie intérieure
Paris, le 1er juillet 2026
C’est une évidence mais pas pour tout le monde, à commencer par soi même à qui il importe de quotidiennement la rappeler : la vie est intérieure .
Tout ce qu’un humain connaît goûte expérimente se joue au dedans de lui et non au dehors.
Pour ma part je ne vais pas aller jusqu’à dire comme certains mystiques et métaphysiciens qu’il n’y a pas d’extérieur. Débattre de ce point (le monde existe-t-il en dehors de mon expérience de lui ) me paraît tout à fait vain comme pas mal d’arguties mystico philosophiques.

Bref ! Rêve ou non il se passe plein de choses, tout le temps c’est à dire à chaque instant.
Et la vie est intérieure puisque tout réside non sans de qui se passe en tant que circonstance mais dans ma façon intime de le vivre.
La journée que je suis en train de vivre est ce qu’elle est du point de vue des conditions et circonstances.
Ces conditions et circonstances, j’en ai une évaluation, évaluation qui à mon sens est encore autre chose que la manière dont je les vis intérieurement. Par exemple, ces conditions et circonstances d’aujourd’hui, je les évalue comme un peu délicates, pas des plus faciles à négocier, et, sans être tragiques, pas des plus heureuses humainement à vivre.
Voilà mon évaluation qui me parait à peu près objective (il me semble que si je les décrivais, personne n’aurait idée de me soutenir qu’elles ne soient pas un peu) délicates , de même que personne n’aurait idée de soutenir qu’il ne fait pas chaud par quarante degrés - même si évidemment la température se mesure plus objectivement et surtout matériellement que la délicatesse ou difficulté d’une circonstance.
Et cette évaluation (hors laquelle je serais un robot ou une pierre plutôt qu’un être humain sensible) ne présume pas de ma façon de vivre ces conditions et circonstances.
Autrement dit, le fait de les évaluer comme délicates ne présume pas de ma vie intérieure. Les mêmes conditions et circonstances, je pourrais les vivre accablé, révolté, déprimé, découragé, inquiet. Je peux aussi les vivre serein, tranquille, ouvert et fondamentalement confiant sans rien nier de ce qu’elles peuvent avoir de difficile voire préoccupant sur le plan de l’existence.
Je pourrais achever cette journée dans le malaise, je peux l’achever à l’aise, à conditions et circonstances égales, et cela sans pour autant ne rien sentir, sans tomber dans le terrible écueil spiritualiste d’une pseudo « neutralité » qui est en fait un blindage.
Et donc, oui, la vie est bien intérieure.
Ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui, c’est en moi même que je le vis.
Il y a le climat mesurable ou évaluable, celui de la température, ou des conditions et circonstances ; et il y a le climat au dedans de moi-même, lequel ne modifie pas l’ « extérieur » mais change tout pour ce qui est mon expérience. J’ajoute que mon climat intérieur , quoique ne modifiant pas ici et maintenant les conditions et circonstances influe dans une certaine mesure sur leur évolution. Des conditions et circonstances ici et maintenant abordées avec tranquillité ne donnent pas lieu à des réactions intérieures comme extérieures qui les font dégénérer et empirer.
Tout ça, c’est le b.a.-ba de ce qu’on peut appeler si on veut une sagesse, ce n’en est pourtant pas si facile et courant.
On concèdera qu’il est des conditions et circonstances particulièrement fortes, humainement broyantes, tragiques, avec un puissant pouvoir d’identification (l’identification, c’est quand la vie semble cesser d’être intérieure pour n’être plus que soumise aux conditions et circonstances).
Grandes souffrances physiques ou morales, tragédies individuelles ou/et collectives. Mais même dans ces cas là, des mystiques, au sein ou en dehors (Etty Hillesum) de religions et traditions ont démontré la prééminence de la vie intérieure sur les conditions et circonstances.
Gilles Farcet
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dimanche 26 juillet 2026
Interview de Richard Moss
Vous pouvez regardez la vidéo avec Richard Moss en cliquant ici
samedi 25 juillet 2026
Une autre face
vendredi 24 juillet 2026
Emerveillement
Sans ces beaux complices, joueurs éclairants, sans leurs yeux d'enfance précieux, sans leur sourire solaire éclatant, nous ne serions que des marbres vivants : figés de l'intérieur.
Jacques DOR, Poèmes en réseaux, Auto-Édition, 2021.
📸: La source thermale Grand Prismatic, située dans le parc national de Yellowstone, est la plus grande source thermale des États-Unis et la troisième plus grande au monde, après celles de Nouvelle-Zélande. Elle se trouve dans le bassin de Midway Geyser, dans le Wyoming, aux États-Unis.
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jeudi 23 juillet 2026
Confiance
On vient demander à Nasruddin :
mercredi 22 juillet 2026
Robustesse plutôt que performance
Deux interview très intéressantes de Olivier Hamant :
mardi 21 juillet 2026
L’enfer c’est l’enfermement
"L’enfer c’est l’enfermement " Jean Yves Leloup
« Chacun a à devenir ce qu’il est. L’homme n’est pas un être, il est un peut-être, un champ de possibilités.
Tout serait-il donc possible ? L’être humain est un mélange de nature et d’aventure.
Avec de l‘argile comme avec du marbre, on peut faire un pot de chambre ou une vénus de Milo. Tout dépend de l’orientation que l’on donne à ses déterminismes.
Aujourd’hui, deux modes de vie sont possibles : consommer ou communier.
Comme au Paradis, je peux communier avec l’Être à travers les êtres, un paysage, un visage. Ou alors je peux tomber dans un état de consommation de l’autre, de la terre, de la matière.
Et qui dit consommer, dit consumer.
Mais alors, comment retrouver, au-delà de la consommation, la communion ?
En réalisant que l‘important n’est pas la quantité, mais la qualité par laquelle on communie avec l’Être. Et cela suppose que les choses ne soient plus des idoles que l’on accumule. Se nourrir, faire une rencontre, apprendre quelque chose, deviennent ainsi de précieux moments de communion avec la vie.
Arrive un moment où l’on en a marre de consommer et où l’on revient à l‘essentiel. On mange moins de nourriture mais on la savoure. On a moins de relations, mais on les approfondit. C’est là qu’on se rend compte que l‘on est plus riche de ce que l’on donne que de ce que l’on a.
Lorsqu’on entre dans cet état de reliance à la vie, il arrive que des signes viennent nous guider. L’invisible englobe le visible. Ces signes prouvent que la lumière est là. La sagesse n’est ainsi pas seulement théorique, mais sensorielle.
Rien ne sert d’accumuler les livres, une seule citation peut suffire à communier avec la pensée de l’auteur… Et peut-être même à entrevoir le paradis ! »
Jean Yves Leloup
Revue Inexploré – N°31 – Jean-Yves Leloup, né en 1950 à Angers, est un théologien, essayiste, traducteur du grec, de l’hébreu et du copte. Prêtre français, dominicain puis orthodoxe, il est l’auteur de plus de quatre-vingt-dix ouvrages traitant essentiellement de spiritualité chrétienne
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