On vient demander à Nasruddin :
jeudi 23 juillet 2026
Confiance
mercredi 22 juillet 2026
Robustesse plutôt que performance
Deux interview très intéressantes de Olivier Hamant :
mardi 21 juillet 2026
L’enfer c’est l’enfermement
"L’enfer c’est l’enfermement " Jean Yves Leloup
« Chacun a à devenir ce qu’il est. L’homme n’est pas un être, il est un peut-être, un champ de possibilités.
Tout serait-il donc possible ? L’être humain est un mélange de nature et d’aventure.
Avec de l‘argile comme avec du marbre, on peut faire un pot de chambre ou une vénus de Milo. Tout dépend de l’orientation que l’on donne à ses déterminismes.
Aujourd’hui, deux modes de vie sont possibles : consommer ou communier.
Comme au Paradis, je peux communier avec l’Être à travers les êtres, un paysage, un visage. Ou alors je peux tomber dans un état de consommation de l’autre, de la terre, de la matière.
Et qui dit consommer, dit consumer.
Mais alors, comment retrouver, au-delà de la consommation, la communion ?
En réalisant que l‘important n’est pas la quantité, mais la qualité par laquelle on communie avec l’Être. Et cela suppose que les choses ne soient plus des idoles que l’on accumule. Se nourrir, faire une rencontre, apprendre quelque chose, deviennent ainsi de précieux moments de communion avec la vie.
Arrive un moment où l’on en a marre de consommer et où l’on revient à l‘essentiel. On mange moins de nourriture mais on la savoure. On a moins de relations, mais on les approfondit. C’est là qu’on se rend compte que l‘on est plus riche de ce que l’on donne que de ce que l’on a.
Lorsqu’on entre dans cet état de reliance à la vie, il arrive que des signes viennent nous guider. L’invisible englobe le visible. Ces signes prouvent que la lumière est là. La sagesse n’est ainsi pas seulement théorique, mais sensorielle.
Rien ne sert d’accumuler les livres, une seule citation peut suffire à communier avec la pensée de l’auteur… Et peut-être même à entrevoir le paradis ! »
Jean Yves Leloup
Revue Inexploré – N°31 – Jean-Yves Leloup, né en 1950 à Angers, est un théologien, essayiste, traducteur du grec, de l’hébreu et du copte. Prêtre français, dominicain puis orthodoxe, il est l’auteur de plus de quatre-vingt-dix ouvrages traitant essentiellement de spiritualité chrétienne
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lundi 20 juillet 2026
Quel chemin ?
Avant de devenir un enseignant spirituel respecté, Arnaud Desjardins était un célèbre réalisateur de documentaires pour la télévision française. Son parcours l’avait conduit à réaliser d’exceptionnels documentaires sur les spiritualités orientales, des œuvres qui conservent aujourd’hui toute leur beauté et leur actualité (toutes disponibles ici : https://www.youtube.com/playlist...)
dimanche 19 juillet 2026
Chemin d'existence
Chaque être humain brûle en secret d’une soif de découvrir enfin qui il est vraiment. Oui, il m’arrive parfois de joindre des niveaux de conscience plus subtils, là où l’Essence d’Être au plus profond résonne, se dévoile. Cela relève d’un Sentiment, au sens où Arnaud l’entend, celui d’une évidence qui flirte avec l’Absolu. En chaque instant, ne cesse de battre le cœur du Mystère d’Être. Un chemin se fait à travers chaque être humain
QUI SUIS-JE ?
Ma vie jusqu’à maintenant, est la preuve tout au long de ces années passées d’un vrai intérêt sincère pour la recherche spirituelle. Je suis encore à soixante-quinze ans, marqué par cet appel venu d’une profondeur qui me dépasse très largement et dont il m’arrive parfois d’en avoir l’intuition, de bref aperçus. Au plus profond de moi, il y a bien un « Georges Morant » qui veut découvrir ce qu’il est vraiment. « Je » aspire à s’élargir en infini, mourir à l’identité, l’entité personnelle qui se croit séparée
Est-ce que c’est vraiment ce que je veux : disparaître à ce niveau, mourir à ce que je ne suis pas, opérer une transformation intérieure radicale et naître à nouveau comme disent les évangiles.
Au sujet du corps physique, je n’ai aucun doute, il va s’éteindre en un dernier souffle. Même s’il risque de me causer diverses souffrances, je ne crois pas un seul instant que cela soit la toute fin de l’existence.
Georges Morant
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samedi 18 juillet 2026
Plus conscient mais...
À mesure que leur niveau de conscience augmente, certaines personnes commencent à trouver que leur état "empire", pour ainsi dire, mais c'est tout simplement qu'elles deviennent plus conscientes de ce qui existait déjà en elles depuis de nombreuses années.
Les gens me demandent souvent si leur état empire parce qu’ils peuvent encore détecter des schémas dysfonctionnels ou réactifs en eux-mêmes. Ce n’est pas comme si ces schémas allaient disparaître immédiatement parce que votre niveau de conscience augmente ; vous en êtes simplement plus conscient.
Ultimement, à mesure que vous devenez plus conscient de vos schémas réactifs, vous pouvez les VOIR, alors qu’avant vous les ÉTIEZ. Il y a une énorme différence entre VOIR un schéma à l’intérieur de vous-même et ÊTRE ce schéma.
Les schémas conditionnés – ou les comportements égotiques, on pourrait dire – ne disparaissent pas immédiatement parce que vous devenez présent. Ils ont leur momentum, en particulier les schémas associés aux résidus émotionnels que nous appelons "corps de souffrance". Il peut y avoir passage à l'acte pendant un bon bout de temps, même s'il y a davantage de présence.
~ Eckhart Tolle
---(via Petra Tilling, version anglaise)
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vendredi 17 juillet 2026
Derrière les yeux
jeudi 16 juillet 2026
Rage
RAGE
mercredi 15 juillet 2026
Perte de repères
La canicule nous apprend à modifier notre comportement
Les maladies cognitives aussi ...
Dans nos sociétés nous savons depuis des temps lointains nous défendre contre le froid, c'est devenu un réflexe naturel ou automatique qui ne demande aucun effort de réflexion ou de mise à distance de ce qui nous arrive. La chaleur jusqu'à maintenant n'était jamais considérée comme un danger vital. J'ouvre la fenêtre et je dis: "Oh! la la, il fait encore chaud". Je pense à consulter la météo, mais je n'ai pas le réflexe de fermer rapidement la fenêtre. Je n'ai pas encore compris que s'exposer à la chaleur quand on peut l'éviter est dangereux. Le corps stocke la chaleur comme il stocke le froid et la régulation n'est pas automatique. Dans une période de canicule notre quotidien doit être revisité et réaménagé. Il faut acquérir de nouveaux réflexes que les habitants des pays chauds connaissent déjà. Notre intelligence nous sert à inventer des mots, une langue, des moyens techniques et de nouvelles stratégies pour conserver une vie supportable. En Inde, quand une mère retrouve son enfant chéri on dit que cela lui "rafraichit" le coeur. Dans nos pays tempérés, ce qui nous rend heureux nous "réchauffe" le cœur.
Pour dire les choses simplement il faut changer ses réflexes instinctifs, aller dans tous les détails pratiques pour construire un quotidien adapté, forcément différent.
Quand on se trouve confronté à une maladie cognitive le mode d'emploi habituel "prendre soin d'une personne malade" ne fonctionne pas mieux que celui qui consiste à garder ses habitudes quotidiennes de lutte contre le froid en période de canicule.
Ce que l'on constate en premier lieu c'est que les repères de temps et d'espace du malade ont changé.
Ce que l'on constate en deuxième lieu c'est qu'essayer de le faire revenir dans ses repères anciens est perçu comme une agression (et c'en est une véritablement).
Et on se trouve complètement démuni, comme l'illustration le suggère : Le malade est perdu faute de repères adaptés et l'aidant est tout aussi perdu. Personne ne sait ni ce qu'il faut faire, ni ce qu'il faut éviter. Pour continuer à communiquer avec la personne en difficultés cognitives il faut changer ses réflexes instinctifs. Notre corps stocke les frustrations et le stress, comme il stocke le froid ou le chaud, et ce n'est jamais simple de rétablir l'équilibre quand l'environnement n'est pas favorable.
Colette Roumanoff
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mardi 14 juillet 2026
Adoration
L’Adoration ne vise pas quelque chose ou quelqu’un de particulier,
C’est l’ouverture totale de la vie, de la conscience et de l’Amour.
Adorer, c’est demeurer, silencieux et dans l’ouverture.
La moindre chose désirée pour elle-même, nous prive du Tout désiré pour lui-même.
C’est dans le Tout d’abord, qu’on trouve la chose. Ce n’est qu’après, que dans la chose, on trouve le Tout.
Rechercher un état de conscience particulier,
Nous prive, de la pure conscience.
Quand la pure conscience est là,
On ne recherche plus d’états de conscience particuliers.
Tous les états de conscience particuliers arrivent sans qu’on ait besoin de les chercher.
Rechercher ou être attaché à un mode de vie particulier,
Nous prive de la grande Vie,
Qui se donne dans toutes les formes de vie particulières.
Rechercher ou être attaché à un amour particulier,
Nous prive du grand et saint Amour, universel, inconditionnel,
Dans lequel nous pouvons accueillir tout amour singulier et particulier.
« Cherchez d’abord le Royaume, tout est donné par surcroît »
Cherchez d’abord l’universel, l’infini.
Le singulier, le particulier, est donné par surcroît.
Mais chercher « d’abord » tel état de conscience particulier,
Tel mode de vie, tel amour singulier,
Ne nous donne pas nécessairement accès à la Conscience pure, à la Vie infinie et à l’Amour inconditionnel.
Cherchez d’abord le Soi ou le Dieu infini,
Notre moi ou notre être fini,
Nous sera donné par surcroît.
Nous faisons le contraire,
Nous cherchons d’abord ce qu’est notre moi,
Et nous ne le trouvons jamais, ni le Soi.
Nous découvrons qui nous sommes, quand nous découvrons notre place,
Notre « Je », dans l’infini.
Comme toute étoile, tout érable et n’importe quel héron,
Tous « singuliers », au cœur de l’interrelation de tout ce qui existe…
Adorer, demeurer dans l’ouvert,
Avant de chercher ou de trouver, tout ce qui nous est donné dans cette ouverture.
Adorer, Aimer, s’ouvrir silencieusement, sans pensée, sans attente, sans attraction, sans répulsion, sans souffrance…
C’est l’unique nécessaire, tout le reste est donné par surcroit.
Jean-Yves Leloup, juillet 2026
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lundi 13 juillet 2026
4 pilules dès maintenant.
Maintenant que l'on se rend compte qu'on est gravement malade, parce qu'on fume trop de CO2, qu'on boit des pesticides, qu'on déguste du plastique à toutes les sauces... quels sont les remèdes ? Chimiothérapie de dépollution qui détruira néanmoins une partie des êtres humains ? Radiothérapie pour changer les rayons de la surconsommation ? Hormonothérapie pour diminuer nos actes basés sur l'argent et le pétrole qui (nous) coulent à flots ?
Que veut-on vraiment ?
Le seul traitement possible est celui d'une transformation intérieure, la seule capable d'engendrer des actes de guérison et non de destruction. Cela est possible pour chacun à sa juste mesure. Cela demande de changer de regard (je suis la Nature) et de prendre un traitement quotidien.
Prendre au moins quatre pilules en pensant à notre terre :
- la bleue : je m'aime (et je ne me compare pas aux autres). J'ai de la valeur.
- la verte : je suis une partie du tout que je respecte car il me fait exister et grandir.
- la rouge : j'apporte ma lumière en agissant au mieux et en développant mes qualités.
- la blanche : je me sens relié aux autres avec justesse.
Ce ne sera pas facile d'avaler les pilules ! Et ce traitement est à prendre à vie, car le trouble humain a une grande force de récidive !
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dimanche 12 juillet 2026
Cheminement spirituel
La tapisserie de Bayeux sera exposée au British Museum de Londres après un voyage dans un caisson spécialement conçu pour éviter les vibrations du transport.
Cette immense broderie du XIe siècle, 70 m de longueur sur 50 cm de hauteur, qui montre des centaines de personnages et d’animaux, est exceptionnelle de créativité, de mouvement, un chef-d’œuvre inestimable qui fait partie depuis 2017 de la mémoire du monde à l’Unesco.
Lutte sanglante
On ne connaît pas l’artiste qui conçut le carton, mais les historiens s’accordent sur une armée de brodeurs, peut-être des artisans du sud de l’Angleterre. Et d’armée, de bataille, il en est question puisque la tapisserie présente une série de scènes racontant une lutte sanglante pour le trône d’Angleterre après la mort du roi Édouard le Confesseur. Prévoyant sa fin proche, le roi envoie son beau-frère Harold signifier à Guillaume, duc de Normandie, qu’il devient son héritier.
Plusieurs scènes montrent le voyage de Harold, ses mésaventures avec le duc de Bretagne, qui le retient prisonnier, et sa libération par Guillaume, à qui il prête serment de vassalité sur des saintes reliques. Mais, à la mort du roi, Harold s’empare du trône anglais, provoquant la guerre avec le duc de Normandie. Les scènes deviennent guerrières, les cavaliers et soldats en armure incendient des villes, coupent des têtes et des membres. Les images sont terribles, sanglantes, réalistes jusqu’au dégoût. La bataille de Hastings de 1066 donne la victoire à Guillaume le Conquérant, qui deviendra roi d’Angleterre.
Que devons-nous retenir de cette broderie troublante par sa beauté alors qu’elle montre un massacre ? Que peut-elle nous apprendre que nous ne sachions déjà sur la capacité des hommes à se battre pour exercer le pouvoir sur les autres ? Peut-être que la tapisserie, dans notre monde secoué par les conflits, tombe à pic.
La guerre, une métaphore
Elle est plus qu’un document sur une bataille historique. Certes, son réalisme est une mine de renseignements sur la façon de faire la guerre – les cavaliers, les fantassins, les armures, les casques –, mais elle cache son jeu. Son commanditaire serait le demi-frère de Guillaume, un évêque nommé Odon, qui inaugure la cathédrale de Bayeux avec la tapisserie. Un lieu sacré expose et met en avant une vision guerrière ! En réalité, ce qui est montré est moins la défaite anglaise que celle d’un homme félon qui trahit son serment sur les reliques et reçoit en retour une punition divine. Les soldats ennemis ne sont jamais ridiculisés et la broderie laisse une large place à l’histoire anglaise qu’elle honore.
Une autre épopée guerrière, celle du Mahabharata en Inde, montre deux clans opposés malgré des liens familiaux. La guerre devient une métaphore de ce qui se passe dans chaque cœur humain et de ce conflit universel que nous devons affronter en faisant un chemin de connaissance de nous-mêmes. D’une épopée à l’autre, il y a peut-être le partage d’un même cheminement spirituel qui nous permet de regarder la tapisserie de Bayeux avec d’autres yeux.
Paule Amblard- Historienne de l’art, spécialisée dans l’art médiéval et la symbolique chrétienne
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vendredi 10 juillet 2026
La foi...
Aujourd’hui, j’évoquerai ce qui m’apparaît comme le fondement d’une existence. Celui-ci se résume en un mot : la foi. Non pas la foi en un dogme ou un dieu, mais dans la vie elle-même… Ce terme est issu du latin « fides » qui signifie confiance, loyauté, promesse…
C’est par cette sorte de foi que commence le conte Le Diable aux trois cheveux d’or. Un nourrisson naît coiffé, c’est-à-dire le crâne couvert d’un fragment de membrane fœtale. Pour les habitants du village, c’est un signe de chance : tout réussira à cet enfant dans son existence. C’est donc imprégné de ce présage favorable que va grandir cet « Enfant de la Chance ».
Mais ne nous méprenons pas ! Ce qui est intéressant, dans ce qui suit cette naissance, ce n’est pas la destinée heureuse dont on attend en vain l’accomplissement. Bien au contraire : plus que quiconque, le jeune garçon ira d’épreuve en épreuve, risquant la mort à chacun de ses pas. Dans l’une des dernières parties du conte, il sera même contraint de se rendre en enfer !
De quelle « chance » ce conte nous parle-t-il donc ? Eh bien, très précisément, il nous parle de la foi en la vie, de cette conviction qui habite le héros dès sa naissance et selon laquelle tout ce qui lui arrivera tournera à son avantage. Puissante leçon : ce conte nous invite à renverser notre regard, à cesser de tout diviser selon les catégories du bon et du mauvais et à considérer n’importe quel événement, fût-il des plus funestes, comme une merveilleuse opportunité.
Dans le jeu qui accompagne ce conte et que j’ai publié en 2016 aux éditions du Souffle d'Or, Stéphanie Delcourt, ma coautrice, formée par Anne-Marie Jobin, a eu l’idée géniale d’y proposer un exercice créatif qui permet de se réapproprier sa naissance en remplaçant les paroles négatives assimilées par notre inconscient par un oracle bénéfique, à inscrire par-dessus la photographie du nourrisson que nous fûmes, selon un protocole très précis présenté dans le livre.
Transformer la malédiction qui gouverne notre inconscient en promesse, c’est retrouver la foi dans notre existence. Dès lors, tout devient possible…
Sabine Dewulf
https://sabinedewulf.fr/trois-cheveux-d-or/
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