vendredi 7 mai 2021

Mathieu Ricard : "La bienveillance, c'est une question d'entraînement"

 

 Plus que jamais engagé dans de nombreux projets humanitaires, le moine bouddhiste et essayiste en est persuadé : le Covid-19 est un signal d'alarme qui pointe notre rapport déséquilibré aux autres espèces vivantes. Pour lui, ce n'est qu'en prenant soin du monde et de nos semblables que nous retrouverons l'équilibre. On ne présente plus Matthieu Ricard, le moine bouddhiste aux multiples talents. Auteur, photographe, interprète du Dalaï-lama, ce globe-trotteur est un pèlerin au service de l'altruisme en action, "fil d'Ariane qui peut indiquer le juste chemin dans ce dédale de préoccupations" que sont "la recherche du bonheur, la protection du vivant, les impératifs de l'économie et la prise en compte des générations futures", et que la crise sanitaire rend encore plus aiguës.

Loin de son monastère népalais, confiné depuis des mois en Dordogne auprès de sa mère de 97 ans, il a fêté les 20 ans de son ONG Karuna-Shechen, dont les programmes bénéficient à plus de 250 000 personnes dans l'Himalaya. Et a lancé Résilience, un projet pilote en France avec le Samu social de Paris, pour que ceux qui viennent en aide aux plus vulnérables soulagent la souffrance des autres sans s'y perdre.

Marie Claire : Comment pouvons-nous résister à ce climat délétère ?


Mathieu Ricard : Il faut améliorer les conditions extérieures mais notre contrôle reste limité, éphémère et souvent illusoire. Il importe donc de cultiver les ressources intérieures. L'univers n'est pas un catalogue où l'on commande selon nos désirs et nos goûts. Récemment Mind and Life Europe a organisé un webinar avec le Dalaï-lama sur le thème : "Notre humanité commune en période d'incertitude", mais l'incertitude est toujours présente.

Quand on est un méditant, on doit toujours se demander ce qui viendra en premier : demain matin ou ma propre mort. Ce n'est pas pour sombrer dans la morosité mais pour donner toute sa valeur au temps qui passe : écouter la pluie, regarder le soleil ou la beauté de l'être humain. Lors d'une de mes rencontres avec le père Ceyrac, il sortait du métro et me dit : "Les gens sont si beaux, mais ils ne le savent pas."

C'est la capacité d'émerveillement…

Oui, et l'émerveillement mène au respect. Vous n'allez pas détruire ce qui vous émerveille. Concerné par leur sort, vous allez préserver la nature, les autres espèces, prendre soin de vos 122 semblables, venir au secours de ceux qui sont dans le besoin.

Il nous faut donc cultiver l'altruisme ?

Certains nous font un faux procès : "Vous faites ça parce que ça vous fait du bien, encore un truc égocentrique." C'est ridicule, cela revient à dire : "Il faut faire un feu qui éclaire mais qui ne donne pas de chaleur."

C'est dans la nature des choses : si vous êtes généreux, ouvert à autrui, accueillant, vous vous sentirez bien. Avoir chaud au cœur est un "bonus" de la bienveillance, mais son but principal est d'accomplir le bien d'autrui. Tout le monde est gagnant alors que dans l'égoïsme, tout le monde est perdant.

Longtemps assimilée aux moines ou aux adeptes du new-age, la perception de la méditation a beaucoup évolué…

Il y a trente ans, vous proposiez un article sur la méditation à une revue scientifique, on levait les yeux au ciel. Après vingt ans de recherche, des centaines d'études sont publiées chaque année. Il existe différents types de méditations : celle sur l'amour altruiste augmente votre bienveillance, celle sur la pleine conscience augmente l'attention mais pas forcément les comportements pro sociaux…

Si vous musclez vos biceps, vous ne musclez pas vos mollets. Chaque type d'entraînement de l'esprit a une signature différente dans le cerveau et notre état d'esprit influe sur notre santé.

Si on peut muscler son cerveau, pourquoi alors ne pas apprendre ces techniques à nos enfants ?

Le neuroscientifique Richard Davidson a développé le Kindness Curriculum pour les enfants : 40 min, trois fois par semaine pendant dix semaines. Les résultats sont étonnants sur leurs interactions sociales, mais aussi sur leur équilibre émotionnel et leur intérêt à apprendre.

Un autre projet, Silver Santé, financé par la Commission européenne, a étudié les effets de l'entraînement de l'esprit sur le vieillissement. Cent cinquante volontaires de plus de 65 ans ont été testés par l'Inserm au centre Cycero de Caen ainsi qu'à Lyon. Les résultats sont en cours d'analyse. Une étude préliminaire de la structure et du métabolisme du cerveau de méditants à long terme a révélé un gain de dix à quinze ans…

D'où votre juvénilité !

Oui, ça va encore, on me dit que je ne fais pas mes 75 ans. (Rires.) Et il faut aussi garder le sens de l'humour (1).

La pandémie a-t-elle changé notre rapport au monde et aux autres ?

Il y a eu d'immenses souffrances qui nous rappellent notre fragilité et doivent nous inciter à la solidarité. Le virus a aussi balayé notre arrogance. L'homme se voyait en maître de l'univers : il peut manipuler les gènes, envoyer des hommes sur la lune, les transhumanistes nous promettent de vivre trois cents ans… et un virus d'un dixième de millimètre fait tout voler en éclat.

La Covid-19 est un signal d'alarme : tous les virus importants depuis trente ans, Ebola, grippe aviaire, grippe porcine, Sras, sont liés au rapport malsain ou déséquilibré que nous entretenons avec les autres espèces, notamment à cause de l'élevage industriel et la destruction des milieux naturels des espèces sauvages. On dévalorise les animaux en les réifiant, ils deviennent des machines à saucisses… Ils ne sont plus des sujets de vie alors que la plupart d'entre eux possèdent une large gamme d'émotions. On leur impose le droit du plus fort sans aucune justification éthique (2).

Face au virus, quel regard posez-vous sur notre société occidentale et son refus de la mort ?

En Occident, on a oblitéré la pensée de la mort, elle est cachée, aseptisée, alors qu'en Orient, on meurt en famille entouré de toute la communauté. On dit : "La mort est certaine et son heure est imprévisible". Y réfléchir souvent donne tout son sens à l'existence, sinon, à force d'oublier que l'on va mourir, on oublie qu'on est en vie.

Votre ONG, qui agit en Asie, lance un projet en France…


Karuna-Shechen a vingt ans d'existence, j'ai donné de nombreuses conférences au profit d'autres ONG en France, j'ai eu envie de faire quelque chose ici. En coconstruction avec Mindfulness Solidaire, Karuna-Shechen (3) et le Samu social de Paris, on a lancé Résilience, un projet pilote pour ses travailleurs sociaux. On sait qu'aux États-Unis, 60 % du personnel médical et des travailleurs sociaux ont été, sont ou seront affectés par un burn-out.

À force de résonner avec la souffrance des autres, on tombe dans l'épuisement émotionnel. Ce n'est pas la fatigue de la compassion mais de l'empathie. Avec la neuroscientifique Tania Singer, via des IRM, nous avons montré qu'en s'engageant dans la compassion, au lieu d'épuiser nos ressources, on les régénère. C'est un état mental constructif qui va vers l'autre alors que l'empathie est l'effet que la souffrance de l'autre a sur vous.

Karuna-Shechen finance donc un cycle de huit sessions d'échange et de pratique méditative pour aider les travailleurs sociaux du Samu social de Paris, confrontés à un défi permanent, à être encore plus résilients, plus forts, plus heureux de faire ce qu'ils font. 

Mais peut-on apprendre la compassion ?

C'est drôle comme question ! (Rires.) On apprend bien à lire et à écrire ! C'est une question d'entraînement.

Tout le monde a des moments de bienveillance inconditionnelle vis-à-vis d'un être cher, un enfant, un animal. On n'a qu'une envie, c'est que cette personne soit heureuse, épargnée par la souffrance, sauf que cela dure quoi, quinze secondes ? Et puis on passe à autre chose, ce n'est pas quelque chose que l'on cultive comme on fait des gammes de piano.

La méditation n'a rien de mystérieux, elle ne consiste pas à vider son esprit en s'asseyant sous un manguier avec deux bâtons d'encens. C'est entraîner son esprit à des capacités dont on a le potentiel et qui sont à l'état dormant tant qu'on ne les amène pas à un point optimal, exactement comme lorsque vous apprenez à lire et à écrire. C'est l'entraînement de l'esprit.


1. Coauteur, avec Ilios Kotsou, de "Les folles histoires du sage Nasredin", dessins de Gabs, éd. de L'Iconoclaste et Allary. 2. Coauteur, avec Jason Gruhl, de l'album pour enfants "Nos amis les animaux", illustrations de Becca Hall, éd. Allary. 3. mindfulness-solidaire.org et karuna-shechen.org 

Article publié dans le magazine Marie Claire n°824, mai 2021 

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jeudi 6 mai 2021

De gaieté de cœur

 

« ça me touche au cœur »
« avoir du cœur »
« la main sur le cœur »
« le cœur sur la main »
« avoir un cœur d'or »
« avoir le cœur gros »
« histoire de cœur »
« avoir un cœur de pierre »
« avoir un coup de cœur »
« ouvrir son cœur »
« porter quelqu'un dans son cœur »
« s'en donner à cœur joie »

Nous entrons dans le mouvement du Feu (pour avoir le cœur net) 5 mai 2021 au 19 juillet 2021 (Été - Feu - Cœur ) l’extériorisation.
C'est le rayonnement.
Je vous propose un exercice à prendre à cœur.
Nous pouvons aller au cœur de nos mains (point Maître Coeur 8), sur le point Laogong, pour équilibrer l'énergie corporelle (le Qi). Si le cœur vous en dit, après avoir massé les deux mains, nous pouvons remercier en faisant "Gassho" devant le milieu de la poitrine.
J'espère que cela vous donnera du cœur à l'ouvrage... pour cette vie qui circule en nous.
"Nos mains jointes devant le chakra du cœur (Anahata Chakra) représentent l’équilibre et l'harmonie entre le côté droit et gauche réunis en notre centre, connectant les hémisphères droit et gauche de notre cerveau. Cet équilibre est physique, mental et émotionnel. C'est le processus de l'unification du yoga que d’équilibrer nos énergies. Du point de vue yogique, le cœur énergétique ou spirituel est visualisé comme un lotus au centre de la poitrine. Il symbolise le fait que nous honorons et célébrons le moment présent. Il nous permet de contrôler le flux de cette énergie ou force de vie (prana), nous préparant ainsi à la méditation."

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lundi 3 mai 2021

Les 7 dates les plus propices du mois de mai


Dans les affaires comme dans la vie, le timing est primordial, mais il n'existe pas de moment idéal pour tout. 


Le timing a-t-il joué un rôle dans votre vie et votre degré de réussite ? J'ai vu un mauvais timing ruiner les meilleurs plans et détruire des carrières réussies. J'ai également observé qu'un bon timing peut faire progresser rapidement la carrière d'une personne, même si elle n'est qu'un employé moyen, ou, s'il s'agit d'un chef d'entreprise, lui permettre de connaître un succès fulgurant même si son produit n'est qu'à moitié au point. 

Ce que je veux dire, c'est que... si vous vous organisez, que vous faites preuve de diligence raisonnable et que vous prenez les bonnes mesures, le fait de choisir le bon moment vous permettra de réussir, même si vous faites beaucoup d'erreurs. 

Dans l'étude du Feng Shui, de l'astrologie chinoise et du Qi Men Dun Jia, le temps est un élément essentiel de la manière dont ces systèmes sont utilisés et nous affectent. L'une des pratiques les plus populaires, même jusqu'à présent, est la sélection de dates propices pour effectuer des activités importantes. 

J'ai choisi 7 des meilleures dates en mai 2021. Tout ce que vous avez à faire est de planifier quelque chose pour ces dates, assurez-vous de ne pas les laisser se perdre. 

1. Date : 8 mai 2021 - Dragon de feu (Bing Chen丙辰)

Meilleure(s) heure(s) : 3:00 - 4:59 PM, 5:00 - 6:59 PM

Sur les 60 piliers de Jia Zi, Bing Chen est l'un des 10 jours de l'esprit. Il est dit que les personnes nées ce jour-là ont un sens accru de l'intelligence et de la sagesse. Profitez de ce jour pour faire votre introspection ; repensez à vos expériences passées et considérez les bonnes et les mauvaises choses comme des leçons à tirer.

2. Date : 14 Mai 2021 - Chien d'eau (Ren Xu壬戌)

Meilleure(s) heure(s) : 9:00 - 10:59 AM

Ren Xu est l'un des 4 piliers que l'on appelle la vertu du jour. Cette étoile est associée à la force intérieure, à la bienveillance et à une protection supérieure. La meilleure utilisation de cette étoile est de transformer les mauvais événements en bons événements. Changez votre perspective et essayez de voir les choses du point de vue de l'autre partie. À partir de là, formulez de nouvelles stratégies pour aller de l'avant.

3. Date : 16 Mai 2021 - Rat des Bois (Jia Zi甲子)

Meilleure(s) heure(s) : 1:00 - 2:59 AM

En plus d'être le premier des 60 piliers, Jia Zi est également connu sous le nom de Dieu Noble qui progresse. C'est une indication de richesse en croissance rapide, d'indépendance et de détermination inébranlable. La meilleure façon d'utiliser cette journée est d'abord d'éliminer tout le bruit. Rendez tout superflu, sauf vos objectifs principaux. Une fois que vous aurez déplacé les plus gros rochers, les plus petits seront un jeu d'enfant. 

4. Date : 17 mai 2021 - Bœuf de bois (Yi Chou乙丑)


Meilleure(s) heure(s) : 5:00 - 6:59 AM, 3:00 - 4:59 PM

Yi Chou est l'un des rares piliers qui sont considérés comme le Dieu d'or noble. Cette étoile est liée aux aspects du talent, de l'intelligence et de la proéminence. Il ne peut montrer ses effets positifs que lorsqu'un Feu fort est présent, ce qui rend ce mois idéal. Pour devenir une personne importante, vous devez commencer à faire des choses importantes. Utilisez ce jour pour planifier de telles activités.

5. Date : 20 Mai 2021 - Dragon de la Terre (Wu Chen 戊辰)

Meilleure(s) heure(s) : 5:00 - 6:59 PM

Wu Chen est un autre pilier de la vertu du jour. Bien qu'il soit dans l'étoile qui transforme le mauvais en bon, la lecture est légèrement différente à cause de la tige et de la branche. Les événements négatifs dans notre vie sont seulement aussi mauvais que la façon dont nous les percevons. Si vous voulez changer le monde, la façon la plus rapide et la plus facile de le faire est de le regarder différemment. Utilisez l'énergie de ce jour pour accomplir cela.

6. Date : 25 Mai 2021 - Coq d'eau (Gui You 癸酉)

Meilleure(s) heure(s) : 3:00 - 4:59 AM, 11:00 - 12:59 PM

Aujourd'hui forme la combinaison de trois harmonies avec le mois et l'année. La structure métallique est associée aux traits d'un type de leader sérieux et réaliste. Si vous avez retardé certaines décisions difficiles, ou s'il y a une conversation difficile que vous avez balayée sous le tapis, profitez d'aujourd'hui pour être ce jour-là. Les bons leaders sont là pour prendre de bonnes décisions, pas pour rendre les gens heureux tout le temps. 

7. Date : 27 Mai 2021 - Cochon de Bois (Yi Hai乙亥)

Meilleure(s) heure(s) : 7:00 - 8:59 AM, 7:00 - 8:59 PM

Le Si-Hai est considéré comme le Clash le moins problématique du BaZi et le pilier Yi Hai est associé à l'apprentissage. Bien que nous considérions souvent le Clash comme douloureux et désirable, il fait partie de la vie et constitue l'essence même de la croissance. Si vous avez voulu abandonner une mauvaise habitude ou abandonner certains choix de vie, aujourd'hui est un bon jour pour mettre le pied à l'étrier.

Un bon sens du timing est l'intelligence. Un bon sens du timing, c'est l'intuition. L'homme sage trouve un équilibre parfait entre les deux pour naviguer dans la vie. 

Joey Yap 

P.S. Le timing est important, mais nous ne devrions pas être paralysés simplement parce que le timing n'est pas parfait. Être et rester productif doit être votre priorité absolue, quelle que soit la situation.

(traduit par Fabrice Jordan)

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Bon mois de mai !

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samedi 1 mai 2021

Danser avec l’incertitude

 Tiré du mooc sur la transition intérieure de l'université Colobris

Un texte écrit par Michel Maxime Egger ; une invitation à nous laisser porter par le Vivant, la joie et l'incertitude...

Danser avec l’incertitude


À l’aube de cette nouvelle année, j’ai envie de nous offrir un texte découvert depuis peu, dont je sais qu’il va me servir de viatique et de boussole pour les mois à venir. Car tout indique qu’il nous faudra continuer à naviguer entre vents et marées, surfer sur et entre les vagues, traverser la mauvaise tempête qui secoue la planète depuis des mois.
Ce cadeau est un poème de Fernando Pessoa, tiré de son Livre de l’intranquillité :

« De tout, il restera trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche... une rencontre. »


Difficile de ne pas penser à l’écophilosophe Joanna Macy. Dans ce temps proprement apocalyptique – au sens non pas de fin du monde, mais étymologique de dévoilement – où l’humanité est à la croisée des chemins, elle nous invite à apprendre à « danser avec l’incertitude ».
Danser, oui. Mais comment ? À partir de quel point d’ancrage ? Dans quel axe ? Avec quelle énergie ? Si c’est l’ego qui mène le bal, avec son obsession du faire, son besoin de contrôle et de sécurité extérieure, sa volonté de pouvoir, son horizontalité sans autre horizon que lui-même et le monde dans sa matérialité, nous n’irons pas très loin. Et nous ne tiendrons pas longtemps debout dans la tourmente…
Et si, pour danser avec l’incertitude, nous nous laissions être dansés. Non pas ballottés en tous sens par les événements, mais soulevés et (em)portés par le souffle du Vivant. Dans une belle verticalité entre la Terre et le Ciel, dans une ouverture à ce que l’Orient chrétien appelle les énergies divines : la grâce de l’Esprit qui habite et anime toute la création, agit en nous et à travers nous à partir du moment où nous nous y rendons présents et transparents.
Le point d’appui, alors, ce n’est pas seulement le sol – dont on sait à quel point il peut se dérober sous nos pieds – mais le cœur-esprit, le centre le plus central de notre être, qui nous connecte à la Source et nous appelle à devenir des êtres reliés. « Va dans ton propre fond, et là, agis ! Car toutes les œuvres que tu fais là, elles vivent ! », disait Maître Eckhart. Elles vivent, parce qu’elles sont manifestation de la conscience, de l’amour et de la joie.
Les effondrements en cours et à venir, dont la pandémie n’est qu’un symptôme, m’invitent à ce travail dans la profondeur, à revenir chaque jour et chaque instant à ce lieu du cœur. Car il est le creuset alchimique où tout, par le feu de l’Esprit, peut être transfiguré : la tristesse en joie, le ressentiment en compassion, la colère en courage, la peur en confiance, la mort en renaissance, l’impuissance en espérance.
La clé pour entrer dans cette danse du Vivant, c’est le désir, son ardeur qui engendre le premier pas, puis le suivant… Dans la conscience que, pour paraphraser Maurice Bellet, malgré toutes les incertitudes de demain, « il n’y a d’assurance qu’en avant ». Car si le futur est ce qui sera à partir de ce qui est, l’à-venir est ce qui sera à partir de ce qui adviendra. Et cela, on ne peut le prédire, car il est de l’ordre de l’émergence, donc de l’inattendu, de l’inconnu, de l’inespéré toujours possible, du non-encore advenu de l’histoire. Le fruit de la synergie entre notre liberté et la grâce du divin.
Aujourd’hui, je commence…

Michel Maxime Egger
Sociologue, écothéologien, auteur d’ouvrages sur l’écospiritualité et l’écopsychologie, responsable du Laboratoire de transition intérieure (Pain pour le prochain et Action de Carême)

Publié dans le webzine « Debout en 2021 : Vœux d’intervenants de l’Université A Ciel Ouvert »

mercredi 28 avril 2021

L'égo avec Christophe Massin



« Ce qui ébranle l’ego, c’est de le démasquer sur le vif plutôt que de vouloir le changer. » Christophe Massin.

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mardi 27 avril 2021

Métamorphose par le geste

 


"Chacun de nous en changeant son vécu, en métamorphosant le rapport qu'il entretient avec les choses, avec les êtres, en vivant un grand amour, ou simplement en arrosant son pot d'azalée, en caressant la tête d'un enfant, en faisant mille gestes d'amour, sauve le monde sans le savoir".
Jorge Louis BORGES

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lundi 26 avril 2021

Lecture spirituelle

 

Jean-Marc Mantel, "La Pratique spirituelle – De l’effort et du non-effort", éditions Accarias-L’Originel, 2021, 303 pages, 21 euros.


Après avoir feuilleté ce livre des éditions Accarias-L’Originel, je dois bien reconnaître qu'il ne m'a plus quitté...
Presque entièrement constitué de questions-réponses à propos d’une pratique spirituelle qui prend ici la forme d’une écoute en profondeur, ce livre m’a retenue d’abord par la concision des réponses apportées. Jean-Marc Mantel, psychiatre de formation, y témoigne d’une permanence de la conscience-témoin : depuis cette source, les réponses semblent jaillir sans effort, précisément, dans une brièveté radicale qui n’exclut jamais la profondeur. Si bien qu’on peut ouvrir cet ouvrage à n’importe quelle page : nous y trouverons toujours au moins une question et sa réponse, souvent plusieurs, en connexion directe avec nos propres questionnements d’êtres engagés sur une voie spirituelle, quelle qu’elle soit.
De plus, le langage employé par cet instructeur est tout à fait limpide, et cette clarté ne trompe pas ; elle révèle l’authenticité d’une réponse ancrée dans l’expérience vécue : « Il est en effet important de persévérer dans l’écoute et l’accueil des perceptions, jusqu’à ce que les résistances à la plénitude de l’accueil disparaissent complètement. Les perceptions circulent alors, de manière fluide, dans la conscience qui les contient. » Certaines formules, telle ou telle métaphore, sont même de nature à nous éclairer d'une lumière vive et sans appel. Ainsi, le "Soi" est-il comparé à un "ogre" qui tôt ou tard dévorera le moi...

Ce livre est divisé en 26 chapitres. Ceux-ci sont regroupés dans trois grandes parties thématiques, qui suivent une progression logique : « Quel chemin suivre pour se libérer du mirage du moi ? », « La pratique de l’écoute révèle ce que je ne suis pas » et « La pratique de l’écoute révèle ce que je suis ». De la libération du mirage du moi à la révélation du Je suis, il y a l’espace d'une méthode précise, proche de l’Advaïta-Vedanta et de certains courants du bouddhisme comme le Dzogchen. Pour autant, Jean-Marc Mantel n’invite à rejeter aucune approche, fût-elle psychologique, en insistant sur le fait qu’une thérapie ou qu’un maître spirituel surgissent sur le chemin lorsque le patient ou le disciple y est prêt.
En guise de conclusion, nous trouvons 36 citations, brèves elles aussi, comme celle-ci, qui porte sur la nature d’une attitude souvent mal comprise, l’acceptation : « L’acceptation n’est pas le fruit d’un effort. Elle n’est pas un résultat. Elle est ce qu’elle est, lorsque le refus n’est pas. »
Un tel ouvrage s’adresse aussi bien à des personnes qui découvriraient le chemin spirituel qu’à des chercheurs de longue date. Il aborde tous les aspects essentiels de la pratique : la purification du cœur, l’écoute du corps physique, la distinction entre les différents corps qui nous composent, la grande question de la (non) liberté, le travail sur les pensées et notamment celui qui concerne la « pensée-racine » : la « pensée moi »… Même pour les lecteurs qui ont l’habitude de ce type d’enseignement, la lecture reste constamment prenante et source de redécouverte fondamentale : "La vigilance n'est pas le fruit d'un effort. Elle est la nature de la conscience, qui ne dort pas. Le mental peut s'assoupir. Mais la conscience ne s'assoupit pas, n'étant pas un état, mais le connaisseur de tous les états." La brièveté et le tranchant (sans rien d’abrupt, cependant) des réponses empêchent en effet le mental de vagabonder et recentrent, encore et toujours, sur l’essentiel – c’est-à-dire ce qui perçoit, à l’arrière-plan : « L’écoute est guérisseuse. Elle objective les souffrances, sans les nourrir. La souffrance est une réaction. Ce qui est conscient de la souffrance est en dehors de la souffrance. »
On l’aura compris : je recommande vivement cette lecture !
Sabine Dewulf

Texte de 4e de couverture :
"L'enseignement de Jean-Marc Mantel invite continuellement le questionneur à tourner son regard du monde perçu vers ce qui le perçoit. Il invite à négliger la pensée objet et à habiter la conscience-témoin. Vient alors naturellement la question du "comment faire ?". Comment habiter la non-pensée qui ne connaît pas la souffrance ? Ce livre enseigne un chemin du "comment faire".
La pratique spirituelle présentée ici est une pratique de l'écoute silencieuse de ce qui se manifeste en nous. Pour le personnage identifié à son histoire, la pratique est un chemin qui amène à un glissement d’identification. C'est un abandon de l’identification au monde objectivable et instable (pensées, émotions, sensations que l’on croit être soi), au profit de l'identité réelle et stable d’être l’ultime sujet qui écoute le monde changeant.
Cette "pratique" requiert-elle beaucoup d'efforts pour éviter l'éparpillement mental ? L'effort est-il contre-productif pour le lâcher-prise ? Faut-il accepter tout ce qui se manifeste en soi ? Toutes ces questions trouveront des réponses limpides et imagées.
Par sa précision et sa clarté, cet enseignement a la qualité des enseignements des grands maîtres spirituels, qu'il prolonge, la modernité en plus. Il ne peut pas manquer d'illuminer ses lecteurs."

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