vendredi 28 janvier 2022

« Dissociez l'adulte et l’enfant » (Swami Prajnanpad)



Commentaire d'Arnaud :
Même si vous progressez sur le chemin et qu'en tant qu'adultes vous devenez plus lucides, plus mûrs, plus intelligents, l'enfant, lui, subsiste tel quel. Il n'évolue pas, il ne mûrit pas, il demeure.
Simplement, il jouera un rôle de moins en moins important dans vos existences. Mais même en ayant beaucoup progressé, il y aura encore des moments où un enfant de deux ans qui, lui, n'a pas du tout changé affleurera à la surface.
Votre progrès, c'est la manière dont vous allez vous situer par rapport à cet enfant. Pour lui, certaines situations seront toujours insupportables, en ce sens que s'il est marqué par un abandon, tout signe actuel d'abandon touchera toujours une plaie à vif. Le symptôme d'aujourd'hui va être interprété émotionnellement et mentalement par l'enfant. C'est l'appréciation par un cerveau et un cœur puérils d'une situation présente, c'est-à-dire une vision – erronée, certes, mais qui s'impose – de la réalité à laquelle l'enfant donne inévitablement un contenu menaçant, déchirant, intolérable.
Ne tentez pas cette acrobatie qui consisterait à ce que l'enfant en vous accepte ce qu'en aucun cas il n'acceptera, ce qu'il ne pourra jamais accepter, cet enfant dont la définition est de ne pouvoir que refuser.

C
herchez en tant qu'adultes à vous dissocier de l'enfant. Considérez qu'il y a en vous deux lieux psychologiques, deux manières de vous situer, l'une qui est l'enfant, avec ses émotions douloureuses, l'autre qui est l'adulte, lequel est détendu, à l'aise, en paix. Ces deux mondes sont complètement différents mais il est possible de passer de l'un à l'autre.
La question n'est donc pas de faire grandir l'enfant mais de dissocier l'adulte de l'enfant. Ou, autre manière d'exprimer la même idée : on ne guérit pas les empreintes passées, on en émerge.
« Dissociate adult and child », disait Swâmiji. « Dissociez l’adulte et l’enfant. »
Lorsque Swâmiji a dit ceci, j’ai commencé par tiquer, comme je le faisais souvent : « Ah ! encore une dualité, s’il y a l’enfant et l’adulte, ça fait deux... » Non. Ça ne fait pas deux. Parce qu’aujourd’hui, ce qui est vraiment réel, c’est l’adulte qui voit les choses telles qu’elles sont et que l’enfant, lui, appartient au passé : vous n’avez plus trois ans, vous n’avez plus deux ans et demi. Si vous pouvez dissocier en vous l’adulte et l’enfant, vous pourrez être vraiment dans le monde réel, ici et maintenant, et pas dans le monde recouvert par les projections de l’enfant.
Swâmiji disait aussi : « L’ego, c’est le passé qui recouvre le présent. » L’ego, c’est l’enfant en vous qui vient recouvrir le présent. Vous pouvez voir en vous l’enfant qui est toujours là, pour l’éduquer avec amour. Mais tant que l’enfant sera là, vous ne serez ni un adulte ni un sage.
(Les formules de Swami Prajnanpad)
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A se rappeler et à pratiquer le plus souvent possible !

jeudi 27 janvier 2022

Une présentation du shiatsu


Je suis toujours étonné de ce que peut apporter cette technique... qui quelquefois devient pour moi un art, une porte pour entrer en contact avec le mystère du vivant.


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source Europe 1




mercredi 26 janvier 2022

Les émotions

 


Les émotions. Ce que l'on appelle trop facilement « le stress » (un mot-valise qui ne veut rien dire) est en réalité une émotion, ou plutôt un cortège d’émotions qui nous assaillent avec parfois une grande violence ET une grande constance. Il y a les émotions « chocs » (deuil, annonce d’une maladie grave, licenciement...), et aussi les « petites » vexations du quotidien, les « petites » agressions au bureau, les « petites » maladresses subies. Lesquelles, au final, font de « grands » problèmes. 

L'émotion, étymologiquement, signifie « mouvement de/vers l’extérieur » ; par principe, l’émotion nous fait faire des choses (souvent, n’importe quoi !). C’est son « travail » : nous faire réagir, ce qui explique qu’elle se traduise par une multitude de réactions corporelles - bourdonnements d'oreilles, « sang glacé », « sang dans les pieds », chaleur/rougeur (le rouge aux joues), transpiration chaude, sueurs froides, fourmillements, maux de ventre... - mais aussi verbales, gestuelles... Sous le coup d’une émotion, on peut jeter de la vaisselle par terre, frapper quelqu’un, crier, hurler, pleurer, dire des choses que l’on regrette aussitôt, plier bagage, etc.

En fait, une émotion naît en nous à la suite d’un événement réel ou fantasmé, et provoque un mouvement vers l’extérieur. C’est une pulsion, qui se traduit par des réalités physiologiques bien tangibles. Chaque émotion provoque une « charge » (la charge émotionnelle), habituellement suivie d'une « décharge » (soulagement, crise de larmes, fou rire...). Mal gérée, elle provoque des contractures, des douleurs articulaires, tendineuses...

Que faire ? Évacuer le surplus d’émotions au fil des arrivées. Ne pas confondre émotion (irréfléchie, fugace) et sentiment (mental, sur la durée). L’émotion - qu’elle soit positive ou négative - doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre, se canaliser. Sinon, ça fait mal ! Donc n'ignorez pas vos émotions, ne les enterrez pas. Si c’est votre stratégie, sachez qu’elles vont ressortir un jour ou l’autre, comme des zombies, soyez-en sûr. 

Accueillez-les plutôt comme elles viennent et trouvez les outils qui vous aident à les décharger : respiration profonde, sport, sommeil profond, activité artistique...

Extrait de mes huiles essentielles anti-arthrose de Danièle Festy

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mardi 25 janvier 2022

Vivre librement l'ordinaire

MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP


"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."

La plus que vive


 "La vie ordinaire ne cesse de vouloir nous aider. Nous sommes fous de vouloir aller dans le spectaculaire, de croire qu'il faut toute une machinerie pour nous émerveiller. Rien de plus émerveillant que le vivant, que l'éphémère, que l'ordinaire" 

Christian Bobin  entretien dans la revue Reflets

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lundi 24 janvier 2022

Chers amis du Dharma,...

 Thayé Dorjé, Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa, partage le message suivant au sujet du décès de Thich Nhat Hanh. 



Chers amis du Dharma,

Thich Nhat Hanh, l’un de nos maîtres bouddhistes les plus révérés de notre époque, a quitté son corps. J’aimerais exprimer mes condoléances à tous ses étudiants de par le monde et je souhaiterais aussi nous encourager tous à nous réjouir de son activité sans limite et de son héritage atemporel.

Son décès ne signifie pas qu’il soit parti. Comme il l’a lui-même dit : « C’est seulement du fait de notre mécompréhension que nous pensons que la personne que nous aimons n’existe plus après sa mort. C’est parce que nous sommes attachés à l’une de ses formes, à l’une des multiples manifestations de cette personne... La personne que nous aimons est toujours présente. Elle est autour de nous, en nous et elle nous sourit. »

Notre lignée karma kagyü a un lien spirituel très spécial avec maître Thich Nhat Hanh parce que c’est grâce à sa bonté que nos moniales de Dhagpo Kundreul Ling ont pu recevoir les vœux de pleine ordination monastique, les voeux de bhikshuni (gelongma en tibétain), au Village des Pruniers, en 1994.

Puisque la pratique du vinaya est le fondement de tout mérite et de toute sagesse, il n’existe pas de plus grand cadeau que celui fait à la lignée du Dharma du Bouddha.

En ce qui concerne le monde, je pense que sa contribution principale était – et est encore – la pratique authentique de la spiritualité, sans séparation ni frontière.

Cette spiritualité sans frontière n’était pas que paroles et elle ne signifiait pas non plus mélanger les diverses religions et traditions spirituelles si bien que le caractère unique de chacune serait perdu.

Il a plutôt essayé, sans être source d’afflictions pour les autres, de révéler et de refléter la nature de chaque croyance d’autrui afin que chacun se sente respecté, compris et accepté dans sa singularité et ses différences. Et c’est ce respect et cette acceptation, – ce « laisser être »–, qui permettent aux autres de parvenir à la compréhension qu’au bout du compte, nous sommes les mêmes.

C’est ainsi que les afflictions se calment et s’apaisent, ce qui permet à chacun de voir la « vérité », quel que soit le nom que nous lui donnons.

Une telle activité est reconnue par les bouddhistes comme le Dharma du Bouddha.

Il n’existe rien en quoi les bodhisattvas ne s’impliquent pas, rien qu’ils n’apprennent pas afin d’apaiser les afflictions d’autrui, comme les cinq sciences et tous les outils sociaux, y compris la politique.

C’est ce qu’a fait maître Thich Nhat Hanh.

Le reste nous appartient.

Thayé Dorjé

Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa



Voir la vidéo en hommage sur Sagesses Bouddhistes

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dimanche 23 janvier 2022

Hommage à Thich Nhat Hanh

 Pour beaucoup d'entre nous, Thich Nhat Hanh a beaucoup compté: que ce soit par son enseignement, profond, joyeux et plein d'humour de la pleine conscience, par sa présence bienveillante et ancrée et par son incarnation d'une pratique méditative mise au service de la société.

Pensées d'amour et gratitude pour ce qu'il apporté et apporte pour un monde plus apaisé, juste et bienveillant...

De tout cœur avec la communauté du Village des Pruniers. Sa présence continuera certainement à nous inspirer et nourrir notre pratique 🌸


- J'ai demandé à la feuille si elle avait peur parce que c'était l'automne et que les autres feuilles tombaient. La feuille m'a dit: «Non. Pendant tout le printemps et l'été, j'étais très vivante. J'ai travaillé dur et aidé à nourrir l'arbre, et une grande partie de moi est dans l'arbre.

Ne dit pas que je ne suis que cette forme, car la forme de feuille n'est qu'une infime partie de moi. Je suis l'arbre tout entier. Je sais que je suis déjà à l'intérieur de l'arbre, et quand je retournerai au sol, je continuerai à nourrir l'arbre. C'est pourquoi je ne m'inquiète pas. En quittant cette branche et en flottant au sol, je vais faire signe à l'arbre et lui dire: 'Ai très bientôt.' "

"..." Ce jour-là, il y avait un vent qui soufflait et, au bout d'un moment, j'ai vu la feuille quitter la branche et flotter jusqu'au sol en dansant joyeusement, car en flottant, elle se voyait déjà là dans l'arbre. C'était tellement heureux. J'ai baissé la tête et je savais que nous avons beaucoup à apprendre de la feuille… -

 Thich Nath Hanh

Thich Nath Hanh a dédié sa vie à l'enseignement de la mindfulness (pleine conscience) mais a aussi été un activiste social engagé. Pionnier du Bouddhisme et de la pleine conscience en occident, il est l'incarnation de la paix intérieure mise au service de la société, de la paix dan le monde.

Texte de Ilios Kotsou

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samedi 22 janvier 2022

En paix avec le désir

 


Le désir est la forme active du mental.
Il est ressenti comme un manque, une sensation d'incomplétude.
Il est fondé sur le sentiment que quelque chose est inconnu, et reste à connaître.
C'est parce que nous nous sentons séparés que nous cherchons à compléter ce qui nous manque par quelque chose d'extérieur.
Mais en réalité, nous avons tout à l'intérieur de nous-même.
La pacification des désirs, c'est cela qu'on appelle la libération.
Swâmi Prajñânpad, Les Lois de la Vie.






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vendredi 21 janvier 2022

Premier post : le 20 janvier 2007


J'apprends la disparition sur terre de Thich Nhat Hanh. J'ai commencé ce blog par un article sur lui le 20 janvier 2007... Le voici :

"Regardez une fleur par exemple. Elle ne peut pas être par elle-même, elle doit inter-être avec le soleil, les nuages, la terre... Imaginez qu'il n'y ait pas de soleil, aucune fleur ne pourrait pousser. En regardant profondément dans la fleur, je vois donc l'élément soleil et je peux toucher le soleil quand je touche la fleur ; le soleil est dans la fleur : fleur et soleil inter-sont. Quand je regarde la fleur, je peux voir aussi le nuage, et toucher le nuage parce que je sais très bien que sans lui il n'y aurait pas de pluie et la fleur ne pourrait pas pousser. Il y a donc bien aussi l'élément nuage dans la fleur. La fleur ne peut pas être par elle-même, elle doit inter-être avec le nuage."

"Je suis ici, maintenant, je suis solide, je suis libre, dans la réalité ultime, je m'établis."
extraits du n°2 de la revue "Sources"

J'ajoute la vidéo sur les 4 vérités dans le bouddhisme :

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Ego menacé

Pour l'instant, l’ego ne se sentait pas menacé par ces réunions hebdomadaires. Mais le jour où nous serions vraiment remis en cause, il y aurait trois attitudes possibles : ceux qui resteraient, ceux qui partiraient puis reviendraient, et enfin ceux qui ne reviendraient pas et commenceraient à critiquer Arnaud et le Bost. Le lendemain, une des dames présentes - l'ancienne assistante sociale - lui écrivit, non sans emphase : « Maître, s'il n'en reste qu'une, je serai celle-là !» Par la suite, elle fréquenta le Bost pendant quelques années puis, un beau jour, disparut pour ne plus jamais revenir.

C'est une loi que nous devions apprendre auprès d'Arnaud : chaque fois qu'il y a over-emphasis, un accent exagéré pour affirmer une chose, c'est qu'il y a, à l'arrière-plan, totalement refoulé, un aspect de nous que nous refusons de laisser affleurer à la conscience et qui, tôt ou tard, se révélera avec d'autant plus de force qu'il aura été nié longtemps.

Une autre fois, le bruit circula parmi nous qu'un des participants portait un jugement sans appel sur ces réunions autour d'Arnaud: « C'est de la métaphysique de cours du soir pour ouvriers portugais... ». Quelle ne fut pas ma stupeur, quelques années plus tard, d'apprendre que l'auteur de cette remarque cinglante n'était autre que mon père !

Dans l’intime d’un chemin/Véronique Desjardins


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jeudi 20 janvier 2022

La pratique toujours...

 Les exemples puisés dans sa propre sadhana montraient l'acharnement dont il (Arnaud) avait fait preuve pour tirer la substantifique moelle de la voie sur laquelle il était engagé. Il préparait longuement ses entretiens avec Swâmiji puis, après I’entretien, prenait des notes pour reconstituer l'entretien dans son intégralité. Quand il rencontrait Swâmiji, il abordait un sujet précis - il nous disait qu'il pouvait avoir un entretien avec Swamiji portant sur une seule phrase- et ressortait avec une compréhension claire.

L'intensité de présence de Swamiji, la clarté de ses réponses aiguisaient son intelligence. Le reste de la journée, seul avec lui-même, il réfléchissait et, s'il sentait que sa compréhension devenait moins percutante, il reposait sa question le lendemain et Swâmiji reprenait son explication. « Make it your own ! » lui disait son maître, faites-en votre propre substance. »

À nouveau, une fois seul, Arnaud reprenait l'entretien, trouvait ses propres exemples, tirait ses conclusions et apportait son butin le lendemain à Swámiji qui concluait : « You have got it, Arnaud ! Vous avez compris !» Au sortir de ce type de sitting, Arnaud n'était plus le même que celui qui était entré dans la pièce de Swâmiji. Quand il avait fait son bien propre d'un point précis après plusieurs entretiens, il avait franchi une étape, sa compréhension s'était définitivement établie.

Véronique Desjardins


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Aucune description de photo disponible.

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mercredi 19 janvier 2022

Amour de lune ou d'univers

 



 


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Une légende raconte que le soleil et la lune étaient amoureux.
Mais cet amour était impossible car la lune naissait, et le soleil s'endormait.
Alors, dieu dans son infini bonté à créé l'éclipse pour prouver
qu'il n'existe aucun amour impossible dans ce monde.



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mardi 18 janvier 2022

VAGUE (" le nirvana est le samsara")

 

Illusion que ce monde,

disent ils

non sans dédain

or

l’illusion n’est pas ce monde

mais la conviction

qu’il gravite autour de moi

le moi n’est qu’un rêve,

clament ils

non sans morgue

or

le rêve n’est pas le moi

mais sa prétention d’exister

souverain

par lui même

et à jamais

séparé

alors qu'il n'est que distinct

vaines, ces entreprises,

prétendent ils

non sans condescendance

or

nos entreprises

non seulement ne sont pas vaines

mais chacune

chacune

importe

pourvu qu’elle participe

au déploiement

du vivant

vaine

par contre

la conviction

que le monde devrait

se conformer à notre gré

fiction que la personne

pointent ils

non sans affectation

or

la personne

n’est pas plus fiction

que la vague

jaillie de l’océan

fiction par contre

que sa propension

à s’imaginer

autonome

et éternelle

chimère que le libre arbitre

dénoncent ils

non sans désespoir

or

est ce chimère que

le vertige

du possible choix

dans le précipice de l’instant

mais chimère,

que de se croire

libre

tant qu’on ne l’est pas

chimère

de s’attribuer

la moindre liberté

comprenne qui pourra

aveuglement que l’amour

ricanent ils

non sans cynisme

or

aimer

aimer de la manière

la plus ordinaire

la plus banale

qui soit

ses enfants

son conjoint

sa maison

son chien

aimer

n’est pas s’aveugler

s’aveugler

c’est confondre

chaque objet d’amour

avec l’amour lui même

investir d’éternité

l’éphémère

et ainsi refuser

la perte

l’éloignement

le changement

égarement que le désir

avertissent ils

non sans morbidité

or


le désir

n’est pas plus aveugle

que la vie

dont il procède

n’est aveugle

que la pulsion

vouée

à son seul assouvissement

surface, surface

pointent ils

non sans superficialité

or

la surface

n’est superficielle

que tant qu'elle est appréhendée

hors de la profondeur

dont elle procède

et qui l'irrigue

La surface est la profondeur

La profondeur est la surface

oh


qu’il me soit donné

de me savoir

vague

dérisoire

cruciale

vague

naissant

vivant

mourant

en l’inconnaissable océan

me savoir

pleinement

joyeusement

glorieusement

vague


.........Gilles Farcet

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