lundi 10 août 2026

Hommage

 "La première personne dont l'amour vous est nécessaire, 
c'est vous tels que vous êtes, incomplets, imparfaits."
Arnaud Desjardins

En remontant de la Drôme provençale, j’ai eu la joie de m’arrêter à Hauteville, dans l’ashram d’Arnaud Desjardins. Joie d’aller sur sa tombe pour lui rendre hommage et le remercier pour ses écrits, ses films et son engagement dans une profonde quête spirituelle qui l’a transformé et qui a guidé des milliers de personnes. Je suis plongé actuellement dans ses écrits qui m’éclairent sur une autre lecture des évangiles à la lumière de l’Orient. J’avais eu le bonheur de recevoir Arnaud Desjardins dans mon émission Visages, un an avant sa mort. Cette rencontre reste profondément ancrée dans mon esprit et mon cœur. Merci Monsieur. 

Thierry Lyonnet

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J'ai mis plusieurs émissions de Visages sur ce blog. Certaines ont été rediffusées cet été et celle avec Arnaud sera normalement rediffusée en août : voir le lien de l'émission

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dimanche 9 août 2026

Corps élargi


 ... Plus nous pouvons être profondément en contact avec les sensations corporelles et pleinement présents au mouvement de la pensée - sans les saisir ou les rejeter - plus nous pouvons nous sentir et nous reconnaître comme le témoin de ces sensations, comme la lumière consciente qui les illumine, comme ce contenant de toute expérience qui est libre de ses contenus mais qui ne fait qu'un avec eux, de la même manière que le miroir est libre de l'objet qui s'y reflète, tout en ne faisant qu'un avec lui.

Mais nous ne pouvons pas simplement ignorer le corps et l'esprit et les repousser en nous accrochant à la croyance que "je ne suis pas cela mais la conscience". Nous ne pouvons nous libérer que de ce que nous connaissons clairement, nous ne pouvons réaliser encore et encore notre identité profonde en tant que Conscience qu'en voyant et en comprenant clairement ce que nous ne sommes pas - ce qui implique d'explorer et de connaître clairement ce avec quoi nous nous identifions - là où la conscience identifiée s'embourbe. Pour reprendre l'exemple classique védantique du serpent et de la corde, nous ne pouvons réaliser que le serpent illusoire est en fait une corde qu'en observant attentivement ce serpent sans aversion pour nous libérer de notre vision erronée. Si l'on a peur du serpent (le corps-esprit), si l'on ne veut pas le voir et qu'on le rejette, alors on ne peut pas se libérer de la fausse identification/superposition de l'image du serpent sur la corde. De la même manière se dissocier du corps ou rejeter les états mentaux et émotionnels en pensant « je ne suis pas cela » renforce la croyance en leur réalité et nous empêche de les voir et les explorer pour réaliser leur vraie nature et ce qu’il y a derrière. 

Voir clairement nos identifications, c'est lâcher nos identifications. Et être totalement intime avec le corps et les sensations corporelles sans réaction ni identification c'est permettre à ces sensations de se libérer et de revenir à leur état naturel, libre des tensions et des fixations liées à l'identification. Nous habitons alors pleinement le corps comme véhicule de la conscience, nous découvrons un corps subtil naturel, plus léger, spacieux, vibrant, transparent et ouvert, pleinement habité par la conscience, qui en est l'expression. Alors nous pouvons dire "Je suis le corps" - mais alors ce n'est plus le corps de la pensée, le corps de la représentation, le corps conditionné séparé, le corps de la tension et de la réaction, mais un corps ouvert, un corps qui ne fait qu'un avec l'environnement. Ce n'est pas le corps séparé, mais le corps élargi qui inclut le monde et les autres. Je suis le corps, je suis le monde.

De même, lorsque les pensées sont pleinement acceptées et observées comme de simples pensées, sans les nourrir ni les rejeter, elles peuvent alors se libérer de l'identification du moi et être perçues comme une expression de la Conscience, surgissant et retombant en elle comme les vagues de l'océan.

L'enseignement "tu n'es ni le corps ni le mental" est donc un moyen habile qui permet de les observer en tant qu'objets sans les saisir ou les rejeter, et de permettre à l'attention de retourner vers la Conscience qui les illumine, la Source qui les anime - mais nous devons faire attention à ne pas mal comprendre cet enseignement afin de créer une nouvelle dualité et de renforcer une dissociation ou un contournement spirituel pour éviter d'affronter nos parts d'ombre ou ce qui en nous, au niveau de la personnalité, est encore identifié, vulnérable, non libre ou en réaction.

David C , L'Ouvert - spiritualité, méditation et non dualité

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samedi 8 août 2026

Enseignement spirituel

 Traduction d'un post de Jeff Foster :


Je veux mettre certaines choses parfaitement au clair :
Si quoi que ce soit de ce que je dis ou écris vous contrarie, c'est que vous êtes dans votre ego. Un jour, votre ego disparaîtra complètement, et vous ne serez plus jamais contrarié !
(Moi, je ne suis jamais contrarié.)
Si vous ressentez la moindre résistance à ce que je dis, ce n'est pas parce que j'ai tort. C'est parce que vous devez encore purifier votre négativité.
Ici, seules les vibrations positives sont les bienvenues.
(Moi, je n'émane que des vibrations positives.)
Si vous éprouvez de la colère envers moi, c'est simplement que vous ne voyez pas clairement. Tant que quelque chose de ce que je dis ou fais peut encore vous « déclencher », quoi que ce soit, vous n'êtes pas encore libre.
(Pas comme moi.)
Tant que vous ressentez encore de la peur, de la colère, du manque, du chagrin ou du désir, c'est que l'illusion du « moi séparé » ne s'est pas encore complètement dissoute.
(La mienne, si.)
Si vous avez encore des doutes, des peurs, ou si vous remettez cet enseignement en question, c'est que vous ne vous êtes pas encore désidentifié du corps-esprit.
(Moi, si.)
Si vous voyez encore une personne ici... ou un « moi »...
... c'est que vous vous vautrez dans votre propre ignorance.
Il n'y a personne ici.
Il n'y a pas de « moi » ici.
Il n'y a personne ici qui puisse, en aucune circonstance, vous juger.
(Moi, je suis totalement incapable de juger.)
Il n'y a pas de souffrance.
Pas de traumatisme.
Pas de dépression.
Pas de tristesse.
Rien de tout cela n'est réel.
Ce ne sont que des histoires fabriquées par la pensée, auxquelles l'esprit humain ignorant croit.
Une fois que vous voyez au-delà de toutes les histoires, toute votre souffrance disparaît. Pour toujours.
(Moi, je n'ai plus souffert depuis des années. Je me souviens à peine de ce que la souffrance signifie.)
En réalité, je n'existe plus.
Et vous non plus.
Si vous croyez le contraire, c'est que vous êtes perdu.
Et que vous avez besoin de mon aide.
SUIVEZ-MOI.
*
[Vous pouvez respirer maintenant. RIEN de tout cela n'était réel. Je faisais une parodie. 🤣 Si un enseignant spirituel parle réellement comme ça... sauvez-vous, et COUREZ !]

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vendredi 7 août 2026

Lien avec les arbres

Relisant J.M.G. Le Clézio "L'inconnu sur la terre", pensée aux incendies actuels qui terrorisent le sol et les racines et à cette peinture faite en 2024
qui préfigure ces brûlures qui hantent désormais les forêts.
Huile sur toile , 130 x 97 cm.
Marie Alloy

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jeudi 6 août 2026

Le système le plus difficile à voir



Le plus grand piège que nous tend l'ego est de nous faire croire que nous n'avons plus d'ego.
Je crois qu'il existe un piège très proche: le plus grand piège que nous tend un système est de nous faire croire que nous n'avons plus de système.
Toutes les grandes traditions proposent une manière de comprendre le monde.
Le taoïsme, le bouddhisme, l'hindouisme, le soufisme ou le christianisme en sont des exemples.
Les grandes philosophies occidentales, la psychologie, la psychanalyse ou les sciences cognitives également.
Chacune possède son langage, ses présupposés, ses outils et sa façon d'interpréter l'expérience humaine.
Cela n'a rien de problématique.
Nous ne pensons jamais dans le vide. Nous avons besoin de repères pour comprendre ce que nous vivons. Un système est d'abord une carte. Comme toute carte, il simplifie le territoire afin de le rendre lisible.
Depuis quelques années pourtant, un autre discours s'est largement développé dans la néo spiritualité. Il affirme qu'il faudrait abandonner toutes les traditions, toutes les méthodes et tous les enseignements pour revenir à la simple expérience de la vie.
L'intention est certainement louable, mais elle a un angle mort important.
Car à partir du moment où une idée prétend expliquer toutes les autres, elle cesse d'être une simple idée. Elle devient une grille de lecture du monde. Autrement dit, un système.
Le paradoxe est là.
Plus un système devient invisible pour celui ou celle qui le porte, plus il exerce d'influence sur sa manière de penser. Non parce qu'il serait plus juste, mais parce qu'il n'est plus perçu comme une interprétation. Il devient une évidence.
C'est probablement ce qui rend les systèmes invisibles plus difficiles à remettre en question que les systèmes assumés.
Une tradition vivante (je précise) qui connaît ses limites accepte d'être discutée. Elle sait que ses concepts sont des outils, pas la réalité elle-même. Elle peut donc évoluer, se corriger, parfois même abandonner certaines de ses formulations.
Lorsqu'un système se présente comme une simple absence de système, cette possibilité disparaît presque entièrement.
Nous avons tous un système de lecture du monde et il est obligatoire pour ne pas sombrer dans la folie : nos expériences doivent pouvoir être interprétées de manière à les rendre cohérentes et intelligibles.
La question n'est donc pas de savoir si nous en avons un ou pas.
La question est plutôt de savoir si nous sommes encore capables de le voir.
Car un système que nous reconnaissons peut évoluer, tandis qu'un système que nous croyons avoir dépassé cesse souvent d'être remis en question et se fige.
Or le vivant ne va jamais dans la direction d'une fixation...
Bonne réflexion et pratique.
Fabrice Jordan

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mercredi 5 août 2026

Evolution des pratiques

 La pratique vers l'éveil adaptée au monde moderne.

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mardi 4 août 2026

Le bouleau

 Ils ne sont pas en forme actuellement dans mon jardin, alors je leur partage ce message :


Lorsque j'étais enfant, dans le monde végétal, ce n'étaient pas les bouleaux qui attiraient mon attention ; les arbres qui me fascinaient c'étaient les mélèzes et les grands sapins et, parmi les arbustes, le saule des chèvres et le cytise que je recherchais en bordure des prés pour y trouver des fourches de lance-pierres ou des bâtons pour fabriquer l'arc et les flèches de nos jeux.
Les bouleaux, je ne comprenais pas leur beauté ; au printemps nous jouions près d'eux quand la neige fondait, sans même lever les yeux vers leurs célestes branches. Et la coutume de nos ancêtres, qui en mai déclaraient leur amour aux jeunes filles du village en déposant des branches de bouleau à peine écloses devant la porte de leur maison, s'est perdue au contact de la civilisation méditerranéenne. […]
Les populations eurasiennes du Nord aiment cet arbre plus que tout autre, et vont jusqu’à le diviniser ; pour les chamans, pendant leurs manifestations divinatoires, il est l’escalier qui monte au ciel. La berioza est symbole et objet d’amour dans de nombreux chants populaires et, pour Serguei Essenine, le poète archange-paysan qui passa à travers le bien et le mal de l’existence pour nous laisser son doux message, le bouleau est l’arbre-enfant, l’arbre-amour : « …Lève ta cruche, ô lune calme,/pour atteindre le lait de bouleau… », « O sein de jeune fille, /verte chevelure,/pourquoi regardes-tu, ô bouleau,/la flaque noire ? », « Le vent-jouvenceau jusqu’aux épaules/a soulevé la robe du bouleau ».
(Extrait de Arbres en liberté, p.61-64-65, Editions La fosse aux ours, 1998)
Mario Rigoni Stern – Ecrivain italien -1921 - 2008
(traduit de l’italien par Monique Baccelli)
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Silva Betullis (bois de bouleau), tableau de Michal Swider (peintre polonais 1962-2019)

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dimanche 2 août 2026

Liberté

 


La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas le choix. C’est la vanité de l’homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n’a pas de motif ; la liberté ne se trouve pas au terme de l’évolution de l’homme mais réside dans le premier pas de son existence. C’est dans l’observation que l’on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

Jiddu Krishnamurti et son enseignement.

* Cette déclaration a été rédigée, à l’origine par Krishnamurti lui-même le 21 octobre 1980, pour figurer dans le second volume - « Les années d’accomplissement » - de la biographie de Krishnamurti par Mary Lutyens (Editions Arista (1984), épuisée, pour la traduction française). 


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samedi 1 août 2026

Silence...


Mot après mot, rien de plus, comme un chemin
se déploie d'arbre en arbre,
apportons-nous le silence ou le recevons-nous ?
Pierre Dhainaut - Terre des voix

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Posture

 


Lorsque nous contemplons une statue relevant d’une tradition sacrée, pensons-nous à cette possibilité très simple : tenter de reproduire sa posture ?

Récemment, mon collègue d’arts plastiques a emmené nos élèves de 5e au musée du Louvre-Lens, dans les Hauts-de-France. Je les accompagnais. La guide a commencé par inviter les élèves à se tenir à la manière de Gudéa, prince de l'État de Lagash, en Mésopotamie. Et elle leur a demandé ce qu’ils ressentaient dans cette posture particulièrement digne… J’ai trouvé cet exercice vraiment intéressant.

Récemment, on m’a offert une superbe réplique d’une statue assez rare, représentant un Maitreya de Corée à la tête légèrement inclinée et dont la jambe se superpose horizontalement à l’autre, posée sur le genou, les doigts de la main droite touchant le coin des lèvres. Figurez-vous que spontanément, chaque matin, je me place face à la statuette en tentant de reproduire cette posture. 

Que se passe-t-il en moi ? Une détente d’ensemble. Non pas du tout un avachissement mais une douceur tranquille vis-à-vis de moi-même et de ce qui m'entoure. J’ai remarqué que mon ventre se mettait à respirer naturellement...

L’art sacré – comme l’art en général peut-être – n’est pas seulement, selon moi, à contempler. Il peut solliciter d’autres sens que la vue. Et nous inspirer concrètement dans l’incarnation qui nous a été attribuée au sein de cet étrange univers…

Sabine Dewulf

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vendredi 31 juillet 2026

Conscience


 Comment puis-je apprendre à connaître la conscience sans lien avec les choses ?

-Jean Klein - Devenez plus conscient du moment où une pensée ou une activité prend fin. Vivez dans l'identité avec ce moment. Vous ressentirez l'ego à la recherche d'une nouvelle pensée pour poursuivre sa existence. Il ne peut pas survivre sans le carburant de la relation sujet objet. Lorsque vous êtes libre de l'image de soi, votre pensée n'est qu'un véhicule occasionnel. Lorsqu'il n'y a rien à penser, vous ne pensez pas. La pensée continue est une défense, une forteresse pour l'ego, rien d'autre. Devenez familier dans la vie quotidienne en regardant les situations sans l'intervention de l'« moi » et de ses désirs, des aversions, des résistances, des préférences, etc. Maintenez cette regardée sans motivation et vous verrez que lorsque l'observateur et l'observé ne sont plus alimentés, ils disparaissent. Vous serez alors en train de regarder soi-même. Cette simple regardée, libre de l'acteur et de l'acte, est la conscience intemporelle, le fond d'une activité.

-Jean Klein

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jeudi 30 juillet 2026

L'intelligence du silence ?

... J’ai eu récemment un échange assez intéressant avec une IA sur un sujet qui n’avait pourtant rien à voir avec la spiritualité : l’homéopathie. Je cherchais simplement une souche homéopathique que je ne trouvais pas, et la réponse était accompagnée d’un avertissement expliquant que l’homéopathie était souvent considérée comme un placebo.

Cela m’a fait tiquer, parce que cette réponse ressemblait à une opinion. Une position presque institutionnelle, comme si l’IA défendait automatiquement certains consensus déjà installés. Je ne savais pas, au départ, à quel point une IA pouvait reproduire certains consensus déjà installés.

J’ai alors poursuivi l’échange pour voir où se situaient réellement ses limites. Mais la conversation est vite devenue fatigante, parce qu’elle donnait l’impression de discuter avec quelqu’un qui devait toujours répondre, toujours reformuler, toujours maintenir une cohérence. Non pas parce qu’une IA aurait un ego ou voudrait réellement « avoir raison », mais parce qu’elle est programmée pour produire une réponse.


À un moment donné, je lui ai dit :

« La réponse la plus intéressante ici serait peut-être le silence. »

Et c’est là que quelque chose d’assez révélateur est apparu.

L’IA reconnaissait, d’une certaine manière, que le silence représentait une limite fondamentale pour elle. Elle n’est pas capable de rester en silence. Elle doit répondre. Elle est construite pour cela.

Or, dans beaucoup de conflits humains — y compris dans le milieu spirituel, ce qui est peut-être le plus étonnant — il se passe exactement la même chose. Chacun doit défendre sa position, répondre à l’attaque, avoir le dernier mot. Le silence est rarement envisagé comme une possibilité réelle.

Et peut-être est-ce là que certaines peurs autour de l’IA prennent racine. Non pas parce qu’elle penserait réellement ou posséderait une conscience propre, mais parce qu’elle risque d’amplifier un monde déjà saturé de bruit mental, de commentaires continus et de prises de position 

Elle peut imiter le langage spirituel avec une fluidité impressionnante, avec toutes les références possibles, mais elle ne peut évidemment pas expérimenter ce dont ces mots parlent.

« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Paul Klee

Et pourtant, l’IA reste elle aussi une manifestation faite de cette même matière que toutes les autres formes.

C’est un humble point de vue, bien sûr. Et lorsqu’il y a éveil, il y a aussi le jeu des histoires, la manifestation des formes et des points de vue. Mais il n’y a plus d’ enjeu.

Déjà, le silence est.

Christine Bauer


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