samedi 17 avril 2021

Exercice pour rejoindre notre corps

 

Pratiques de retour à son corps

Nous vous proposons à présent d'expérimenter la Transition Intérieure par vous-même !
Voici 2 exercices qui vous permettront de prendre un temps pour vous et de réfléchir à ce que le changement intérieur vous évoque.
Il est important que vous lisiez l'ensemble de l'exercice avant de le mettre en pratique.

1. Méditation marchée


a. Marcher

Durée : à votre convenance
Matériel : aucun

Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez pratiquer la méditation marchée. Il suffit de prendre conscience que vous êtes en train de marcher.

Marchez… lentement… juste pour le plaisir de marcher… avec liberté et solidité, sans vous dépêcher. Soyez simplement présent·e à chacun de vos pas. Dites-vous « je fais un pas… puis un autre pas… » et sentez chaque partie de votre pied posé sur le sol (d’abord le talon, puis la plante du pied et ensuite les orteils).

Si vous souhaitez parler à quelqu’un ou répondre au téléphone, arrêtez-vous de marcher et prêtez toute votre attention à la personne en face de vous ou au bout du fil, à vos paroles et à votre écoute.

De temps en temps, arrêtez-vous, regardez autour de vous et voyez comme la vie est merveilleuse : les arbres, les nuages, le ciel infini, un insecte, un oiseau qui chante, une brise légère, ou même les jouets de vos enfants sur le sol, la table de la cuisine où vous prenez soin de manger chaque jour.

La vie est tout autour de vous, vous êtes vivant·e et capable de marcher en paix.
Marchez comme une personne libre et sentez vos pas devenir plus légers au fur et à mesure que vous marchez. Exprimez votre gratitude et votre amour à la terre et à la vie.
Appréciez tous les pas que vous faites.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, utiliser ce poème (faites deux ou trois pas pour chaque inspiration et chaque expiration, et pensez) :

  • À l’inspiration « je suis ici », à l’expiration « maintenant ».
  • À l’inspiration « je suis solide », à l’expiration « je suis libre ».
  • À l’inspiration « je respire », à l’expiration « je suis vivant·e ».


(inspiré de la méditation marchée, pratique du village des Pruniers, monastère bouddhiste zen en France et dans le monde, Thich Nhat Hanh).

b. Ressentir

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Durée : minimum 10 minutes
Matériel : une feuille de papier, un crayon gris, quelques crayons de couleurs ou marqueurs

Après avoir marché, restez dans un état méditatif et calme. Rendez-vous à votre bureau ou à votre espace de travail. Dessinez sur une feuille une trace de pied ou tracez le vôtre. Remplissez-le ensuite de couleurs ou de mots, tentez de traduire ce que vous avez ressenti durant cette méditation.
Comment vous êtes-vous senti·e ? Était-ce plutôt agréable ou désagréable ? Dans quelle humeur cela vous a-t-il mis·e ? Cela vous a-t-il appris quelque chose ?

2. Danse libre intuitive


Durée : à votre convenance - exercice complet : 30 minutes
Matériel : de quoi écouter une piste audio (baffles de l’ordinateur ou autres)
Musique : choisissez à votre convenance et à votre ressenti du moment

Nous vous proposons, pour cette pratique, de trouver un endroit où vous pourrez être tranquille, à l’abri des regards, si cela est important pour vous de préserver une forme d’intimité.
Nous vous invitons à vous allonger, au milieu de l’espace que vous occupez, par terre ou sur un matelas léger, et à commencer à écouter la musique que nous vous proposons, les yeux fermés.
Nous vous invitons à commencer par rester immobile et simplement écouter.
Prendre conscience de ce que vous écoutez.
Demandez-vous… La musique est-elle lente ou rapide ? Douce ou énergique ?
Que vous fait-elle ressentir ? Où cela se trouve-t-il dans votre corps ?
Quelle énergie est présente en vous en écoutant cette musique ?
Que vous donne-t-elle (ou non) envie de faire ? Voulez-vous bouger ? Chanter ? Crier ? Sauter ?

Dans un second temps, après avoir observé tout cela, nous vous proposons de sentir le sol sous votre corps, de le toucher, doucement, à votre rythme.

Puis nous vous invitons à vous mettre en mouvement, guidé·e par la musique, les yeux ouverts ou fermés, suivant votre ressenti intérieur, et à bouger, danser…, guidé·e par votre intuition. Revenez à des moments de calme si vous le souhaitez. Tout est juste.

Poursuivez jusqu’à la fin de la playlist, ou arrêtez avant si c’est bien pour vous.

Qu’avez-vous ressenti ? Prenez quelques notes si vous le souhaitez.

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vendredi 16 avril 2021

Secret de famille

 Il est toujours impressionnant, lorsque je reçois des personnes, de voir comment les expériences vécues dans l'enfance sont minimisées et de voir également que les secrets pourrissent peu à peu les racines de l'arbre généalogique.



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Extrait du magazine de la santé




jeudi 15 avril 2021

Exercice : les quatre quadrants de Ken Wilber

 

Dans l’approche intégrale de Ken Wilber, toute chose (être naturel, objet, situation, système, etc.) peut être analysée à partir de 4 perspectives fondamentales qui résultent du croisement de 2 dimensions d’analyse :

  • individuel-collectif
  • intériorité-extériorité


Dans cet exercice, nous vous invitons à explorer ces 4 quadrants en observant votre vie ainsi que le monde qui vous entoure.

Voici une présentation synthétique des 4 quadrants :

image 1













Et si nous appliquions les 4 quadrants à une pomme, ça pourrait donner cela :

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Venons-en à l'exercice :
1) Sur une feuille, identifiez et écrivez des aspects de vous-même et de votre mode de vie que vous aimez.

D’où cela vient-il ? Comment voyez-vous cette qualité dans le système plus large ?
Vous pouvez vous servir du tableau ci-dessous pour vous aider.

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2) À présent, identifiez et écrivez des aspects de vous-même et de votre vie que vous n'aimez pas.

D’où cela vient-il ? Comment voyez-vous ce défaut dans le système plus large ?

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3) Parmi les éléments que vous observez en vous et autour de vous, qu’est-ce qui contribue à créer un avenir meilleur et à préserver la vie sur Terre ?


4) Au contraire, qu’est-ce qui contribue à mettre en danger la vie sur Terre ?


5) Comment utiliseriez-vous les 4 quadrants pour concevoir des projets et une société qui contribuent à préserver la vie sur Terre ? Illustrez avec un exemple concret.

Ex : « je veux créer un potager collectif »
Comment faire pour que ce projet soit cohérent avec un monde en transition (toucher les dimensions intérieur-extérieur et personnel-collectif) => Par exemple, revisiter nos croyances collectives afin de voir si certains pensent que les pesticides sont nécessaires (quadrant collectif intérieur), que l’on peut acheter des semences brevetées au supermarché (quadrant individuel extérieur), etc.


Extrait du Mooc de la Transition Intérieure de l'université Colibri


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mercredi 14 avril 2021

Balayer devant sa porte...

 A chacun son exercice pour pratiquer... et demeurer calme.



"Il y a toujours un balai près de moi.
Dès que j'ai du temps libre, je balaie le sol,
Balayer harmonise la circulation et le souffle.
Balayer calme l'agitation et les pensées.
Massages et exercices respiratoires sont fastidieux !
Alors, rien ne vaut de balayer par terre
C'est là une recette facile pour
Demeurer calme et prolonger la vie".
LU YU



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mardi 13 avril 2021

Pas demain sans lien...

 


J'aime penser que nous avons tous besoin de changer de point de vue, de regard, de faire des pas de côté, et d'observer la vie qui va en nous à partir d'une autre berge que celle des habitudes ou de nos lassitudes.
À certains jours où tout nous semble trop clair pour être vraiment juste, à d'autres, quand tout nous semble tellement confus, il faut que quelqu'un, quelque chose, ou quelques-uns nous poussent à voir les choses autrement.
Alors on peut entrer dans la vérité de la vie. Dans une justesse que nous ne pouvions deviner de nous-même. On a besoin des autres !
Raphaël Buyse (source ; La Vie)

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lundi 12 avril 2021

A suivre à la lettre...

 



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Anagramme taoiste

 

Maître Lao-tseu




“Qui sait ne parle pas 

Qui parle ne sait pas

Garde la bouche fermée 

Garde la porte close 

Émousse tout tranchant 

Dénoue tous les nœuds 

Harmonise toute lumière 

Mêle toute poussière 

Là réside l’Unité mystérieuse 

Atteins suprême vacuité 

Maintiens en toi quiétude 

Dans la manifestation foisonnante des choses 

Je contemple leur retour

Car toute chose après avoir fleuri 

Retourne à sa racine”

Ou l’âme artiste

extrait de "Anagrammes pour lire les pensées"
De Raphaël Enthoven

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Anagramme existentielle

 


Le réel est silencieux,

enseigne Clément Rosset. Seulement le silence n’est pas l’absence de bruit mais l’absence de parole… Et tout ce qui met le silence en sourdine témoigne de lui. Dès qu'on le meuble, on le donne à entendre. Plus on le conjure, plus il est criant. C’est de lui que sont extraits les mots, et c’est à lui qu’ils retournent. Que dit donc le silence? Que le monde n’est pas là pour nous faire plaisir et qu’aux rêveries de l'imaginaire il faut substituer le talent de

lire l’existence seule.


extrait de "Anagrammes pour lire les pensées"
De Raphaël Enthoven
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dimanche 11 avril 2021

La saveur de l'existence

 

Aujourd'hui, nous vivons dans une culture de l'immédiat. On s'emballe, on se passionne, on s'enthousiasme ; on se désole, on dégringole. On vit dans l'émotion : cela peut nous jouer de bien vilains tours. Au risque de passer à côté de notre authenticité.

œuvre de Philippe Ramette


 Prendre un peu de hauteur, regarder les choses avec un peu de distance, laisser plus de place au raisonnement nous fait grandir. Les pas de côté que d'autres nous suggèrent, la prise de hauteur que la vie nous impose quelquefois, ou la descente dans notre profondeur nous permettent d'accueillir ce qui se dessine dans nos vies avec plus de légèreté. Et se précise alors le choix de continuer le chemin entamé ou de décider de changer de route, si elle ne nous convient pas.

Mystérieusement, les pas de côté, la prise d'un peu de hauteur ou de profondeur, qui peuvent parfois nous donner le sentiment d'avoir un pied dans le vide, nous recentrent, nous alignent, nous remettent dans notre vraie nature, apportent de plus en plus de vie et de saveur à l'existence. Changer de point de vue, c'est bien souvent changer de point de vie.

Raphaël Buyse (source : La Vie)

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samedi 10 avril 2021

A la découverte de François Couplan et des plantes sauvages

 


Pour avoir reçu François Couplan, avoir eu la chance de lui montrer mon jardin, et avoir le plaisir, grâce à lui, de me nourrir de plantes sauvages, je tenais à vous informer de son passage dans l'émission qui aura lieu demain dimanche.

"Demain dimanche 11 avril à 13h20, je parlerai de ma relation avec les plantes dans l’émission CO2 MON AMOUR sur France Inter : On cueille des plantes sauvages avec François Couplan !

Elle a été réalisée l’été dernier par Denis Cheissoux qui nous a rendu visite sur notre terrain du Haut Ourgeas à Barrême dans les Alpes de Haute Provence.

Vous allez sentir la chaleur de l'été, humer le parfum de la lavande sauvage et découvrir Ce que les Plantes ont à nous dire (l'un des derniers livres de François Couplan, réédité en poche cette année ).

Nous vous souhaitons une bonne écoute, et de belles découvertes !"

Photos de l'émission avec François Couplan


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L'empreinte du printemps

 


Le printemps!
Saison magnifique du retour à la vie. Partout on ressent ce frémissement qui signe cette éternelle renaissance. Les oiseaux chantent à nouveau dès le lever du soleil, les premiers bourgeons apparaissent et la durée des jours augmente de façon tangible. C’est le printemps de la nature et de la vie, pas celui du calendrier occidental. C’est celui qui se dessine dès le début février, avec la remontée progressive de la sève. Dans les profondeurs du sol, la graine se réveille et le loir endormi commence à s’étirer un peu. C’est la saison de la pulsion et de l’impulsion de vie. Elle commence, selon le calendrier solaire chinois, entre le 4 et le 10 février de chaque année. C’est la date véritable parce qu’observée dans son essence même et non par la simple vision de ses manifestations. L’équinoxe n’est donc pas son début mais son apogée. Lorsque le jour est égal à la nuit, le printemps est à son expression maximale. Cela fait déjà un mois et demi qu’il a démarré et que la sève a commencé à monter.

C’est ici que l’on peut constater combien les visions de l’Orient et de l’Occident sont parfois différentes. L’un observe les phénomènes dans leur nature alors que l’autre dans ce qu’il en voit. L’un se préoccupe de l’équilibre et l’autre de s’opposer au déséquilibre.
La crise actuelle, à laquelle personne ne peut échapper, en est la démonstration flagrante, dans la manière de la voir, de la percevoir et de la concevoir. Cela fait un an que l’on déploie une énergie folle, à vouloir contrôler l’incontrôlable. Toutes les stratégies de « lutte contre », échouent. Pourtant aucun effort n’a été ménagé pour confiner, interdire, empêcher, restreindre, etc. Pour quel résultat tout en se persuadant que sinon, cela aurait été pire.

Dans cette vision occidentale, nous avons perdu de vue ce qu’est la vie, c'est-à-dire un risque à prendre. Par besoin de prétendue préservation, on a étouffé toute pulsion. On a étouffé les deux franges extrêmes de la population, les anciens et les jeunes. On a exilé les anciens et désespéré les jeunes. Alors les anciens se laissent partir et les jeunes n’ont plus l’envie de démarrer. Pourtant ces deux populations sont l’essence même de la survie d’une société. Les anciens sont les racines, les références et les jeunes sont le devenir. Les anciens sont l’énergie de l’Eau, essence même de vie par excellence et les jeunes, l’énergie du Bois, essence même de la créativité et du dynamisme.


Ces énergies sont puissantes dans le corps. L’énergie de l’Eau est celle de la résistance à la fatigue et au stress. C’est aussi celle des références et de la culture… L’énergie du Bois c’est celle de l’impulsion, du démarrage, de la mise en route. C’est elle qui fait que l’on se redresse comme la tige qui sort de terre pour grandir vers le ciel. C’est aussi celle qui a la charge de l’immunité acquise, parce qu’elle se nourrit de la rencontre… Faut-il développer pour se rendre compte combien tout cela a été mis à mal, pour ne pas dire plus?
Mon propos ici n’est ni politique, ni sociétal. Il est un constat de ce qui nous attend. Il est destiné à nous faire comprendre combien la place de tous ceux qui « restent droits », va être majeure dans les temps qui viennent. Il nous faut garder confiance et persévérer car nombreux sont ceux qui ont ou auront besoin d’une présence forte, pour pouvoir tenir.

Les énergies du printemps, au niveau macrocosmique, sont inaltérables. Elles dépasseront toujours les blocages et nuisances que notre monde fabrique. Alors servons-nous en. Appuyons nous sur cette puissance qui fait que la plus petite racine d’arbre est capable de soulever tous les murs et les bétonnages que nous faisons. Nos enfants et nos parents attendent cela de nous, comme nos patients ou tous les êtres en souffrance que nous croisons. Ils attendent que nous libérions leurs blocages, mais aussi leur parole et leur droit à être. Ils attendent que nous les libérions de la peur qui fait courber l’échine et effondre les défenses.
Michel Odoul.

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vendredi 9 avril 2021

Les 3 fractures

 

Cet article vous présente la vision d'Otto Scharmer, enseignant chercheur au MIT. 

Le MIT, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le Massachusetts Institute of Technology, un institut de recherche américain et une université, spécialisé dans les domaines de la science et de la technologie.
Le U Lab du MIT, cofondé par Otto Scharmer, est un MOOC qui a produit l'émergence d'un écosystème global d'innovation sociétal et de renouveau individuel.

Cette vision va vous aider à mettre du sens dans les profondeurs des structures systémiques à l’œuvre dans les champs économique, social et sociétal, ainsi que sur les angles morts qui nous font obtenir des résultats collectifs dont plus personne ne souhaite.

« Imaginez un iceberg : 10% (visibles) se situent au-dessus du niveau de la mer, 90% sont en dessous. »
Si nous regardons la partie visible, nous constatons trois fractures : écologique, sociale et spirituelle.

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credits : espace-sciences.org

La fracture écologique


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes en tant qu'individus et les éléments naturels. Cela se voit de nombreuses manières : destruction des écosystèmes, raréfaction des ressources naturelles, diminution des volumes d'eau douce dans les fleuves et les nappes phréatiques, changement climatique et érosion des sols à l'œuvre dans le monde entier.
Si vous voulez mettre un chiffre sur cette séparation, le voici : 1,5. La manière dont fonctionne l'économie mondiale aujourd'hui consomme 1,5 fois plus vite nos ressources environnementales que les écosystèmes ne sont capables de les régénérer. Et nous savons que cela ne va pas changer du jour au lendemain et que nous devons nous atteler à améliorer la situation collectivement.
(Note du traducteur : c'est probablement pour cela que vous êtes sur ce MOOC !)

La fracture sociale


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes et les autres. Celle-ci prend de nombreuses formes : polarisation sociale, fragmentation de la société, conflits, violence, inégalité et pauvreté. Aujourd'hui, les 50 personnes les plus riches du monde possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Et à travers le monde entier, nous vivons dans une situation où le maintien de l'ordre est une fine couche fragile qui pourrait casser à tout moment. En fait, elle est en train de se fendre à une vitesse grandissante à la fois dans l'hémisphère sud et dans l'hémisphère nord.

La fracture spirituelle


J'entends par là une déconnexion entre nous-mêmes… et nous-mêmes : une division entre qui je suis aujourd'hui, mon moi actuel, et le moi que je pourrais être demain, mon moi essentiel. Si ces deux « moi » ne sont plus en interaction, ne sont plus en lien, que voyons-nous ? Un taux d'épuisement professionnel (note du traducteur : burn out en anglais), de dépressions et de suicides en augmentation constante. En 2010, dans le monde entier, le nombre de morts par suicide est supérieur au nombre total de morts dues aux guerres, aux meurtres ou aux catastrophes naturelles. Ainsi, malgré toute la violence actuelle dans le monde, plus de gens se sont violentés eux-mêmes en se suicidant qu'en étant tués par quelqu'un d'autre.
C'est ce nombre choquant que nous mettons en avant dans cette fracture, et bien que nous en parlions très peu dans les actualités, elle est aussi importante et signifiante que les deux autres divisions qui sont plus visibles.

Et les 90% restants ?


Nous avons donc ces trois divisions dans le monde. Il ne s'agit pas de problèmes nouveaux. Ils durent depuis plus de cent ans. Regardons au XXe siècle comment nous y avons fait face.
À l'échelle mondiale, nous avons mis en place une ou plusieurs organisations au sein des Nations Unies pour répondre à chacune de ces divisions.
Dans les gouvernements, nous avons créé un ou plusieurs ministères pour répondre à ces divisions.
Au sein des ONGs (organisation non gouvernementale), nous avons créé des secteurs pour répondre à une partie spécifique de chacune des divisions écologique, sociale et spirituelle.
Et au sein de nos systèmes éducatifs, nous avons un ou plusieurs départements dédiés à chacune d'entre elles.
Nous avons conservé une approche de type « silos », enfermée dans des réponses au niveau des symptômes, et non des causes profondes. Nous ne considérons pas ainsi les interdépendances entre ces divisions.

Mais qu'est-ce qui est présent en dessous de la ligne de flottaison de l'iceberg ? Quelles sont les racines, les 90% de l'iceberg que nous ne voyons pas ? Quelles sont les interactions systémiques enfouies que nos réponses ont ignorées ? En soignant les conséquences, et non les symptômes, ces derniers continuent d'émerger, encore et encore, malgré tous nos efforts.

Je pense qu'il existe trois forces :

  • la première est une séparation structurelle et systémique ;
  • la seconde est un changement nécessaire de conscience, de la manière dont nous pensons, et qui influence la manière dont nous agissons ;
  • la dernière, et la plus profonde, est en lien avec notre créativité, la source de qui nous sommes et de qui nous voulons être demain, qui a une grande influence sur les niveaux supérieurs.


Pour le premier niveau de profondeur, la fracture structurelle, voici différents éléments :

  • la bulle écologique : la fracture entre une planète aux ressources limitées et le paradigme de la croissance économique infinie ;
  • la bulle des revenus : la fracture entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres. Selon Thomas Piketty, elle est due à l'accélération de l'écart entre la rétribution du capital et la croissance réelle sur le long terme. Cela se traduit par l'écart entre les plus riches, 0,1% de la population, et les 99,9% restant ;
  • la bulle financière : l'écart entre la finance et l'économie réelle. Aujourd'hui, la finance représente 98% des transactions financières, dégradant l'économie réelle plutôt que la servant.

Nous avons aussi quatre autres séparations structurelles qui sont toutes aussi importantes que les trois premières citées : séparations entre la bulle technologique et nos besoins réels, entre la bulle de leadership et la paralysie collective, entre la bulle de gouvernance et celles et ceux qui n'ont pas de voix, entre la bulle foncière et l'utilisation de la terre pour le bien commun de tou·te·s.

Mais répondre à chacune d'entre elles, ou même à toutes en même temps, n'atteint pas les deux derniers niveaux de fracture qui sont sous-jacents et qui sont bien plus importants.


Schéma récapitulatif

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