lundi 10 décembre 2018

Méditation ?


La méditation immobile, qui tient une place capitale dans le yoga ou dans la voie du zen avec le zazen, ne joue pas apparemment un rôle aussi important sur le chemin décrit dans mes différents livres. Tous ceux qui pratiquent une forme ou une autre de méditation se heurtent à des difficultés – agitation intérieure, distraction, associations d’idées – qui vont à l’encontre du propos de la méditation et mon propre gourou, Swâmi Prajnanpad, considérait qu’on ne pouvait efficacement méditer qu’après avoir érodé dans l’existence un grand nombre de ces difficultés ou obstacles intérieurs. 

Pourtant il est normal que vous cherchiez tous à comprendre quelle place la méditation peut tenir dans votre propre ascèse. La première chose à dire, c’est que le mot français méditation recouvre des activités très différentes qu’il ne faut pas confondre. Certaines méditations sont tout de suite accessibles aux débutants et d’autres ne sont fructueuses que pour les méditants entraînés qui ont déjà progressé sur le chemin de la simplification et du dépouillement intérieurs. 

La véritable méditation est une activité non seulement différente mais même, en un sens, opposée à toutes celles que nous connaissons. Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé. Pour comprendre l’essence de la méditation, il faut se souvenir de cette affirmation que nous sommes déjà ce que nous aspirons à être mais que nous n’en sommes pas conscients. 

Vous connaissez l’image que j’ai si souvent employée : « Nous sommes tous déjà nus sous nos vêtements. » Du fait des vêtements notre nudité demeure invisible, mais celle-ci n’est pas à projeter dans le futur comme le fruit de nos efforts ou l’effet de certaines causes, elle est là. Il y a simplement à la découvrir, à la révéler. C’est ce qui ne doit jamais être perdu de vue en ce qui concerne la méditation. Alors que dans la vie courante toutes nos tentatives visent toujours à mettre en œuvre des causes pour produire certains effets, dans la méditation il n’y a pas à produire, il y a à découvrir. 

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Arnaud Desjardins
Approches de la Méditation 

vendredi 7 décembre 2018

jeudi 6 décembre 2018

Conscience d'être relié...


Que penser de la crise actuelle ? 


Nous avons à prendre conscience d'une loi très profonde, ontologique, qui veut que l'humanité soit une. Ce que découvre aujourd'hui la physique quantique et qu'énonce David Bohm disant "Si l'humanité ne prend pas conscience qu'elle est une, elle va vers les plus graves périls". C'est la dure loi du Talion : Ce que nous faisons à l'autre nous est renvoyé en boomerang car l'autre est nous-même. Le globule blanc, défenseur du territoire de notre organisme le sait, qui ne tue pas le microbe appelé "non soi", mais l'intègre après avoir vérifié que l'organisme, appelé "soi", le porte en lui. Comme lui, il faut intégrer l'adversaire et non le tuer comme ennemi. C'est là une grande différence de conception de la guerre et de ses stratégies. Malheureusement l'humanité n'a vécu jusqu'ici que dans le concept infantile du meurtre de l'ennemi, sans réaliser qu'ainsi on se tue soi-même. A mon avis, lorsque dans les évangiles, le Christ demande à celui qui a reçu un soufflet sur une joue de tendre l'autre, il nous incite en fait à retrouver la mémoire de la zone que nous avons gifflée autrefois, dans un geste oublié.


Annick de Souzenelle
Pour une mutation intérieure


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mercredi 5 décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

Interview de Catherine Harding


"De plus en plus, je comprends que je ne suis pas Catherine du tout, je ne suis pas la petite Catherine. Je suis la conscience universelle éternelle qui expérimente la vie dans le corps de Catherine, tout comme vous êtes la conscience universelle qui est en train d’expérimenter le fait d’être vous. A notre racine, dans notre cœur, nous sommes cette conscience claire et universelle. C’est pourquoi nous sommes un seul Espace conscient.
Si nous prenons la peine de retourner notre attention pour atteindre cet endroit merveilleux, la conscience universelle qui est en chacun de nous, nous la verrons. Je pense que cela est très important. La petite Catherine n’est qu’un véhicule, un instrument. Mais je ne deviens pas l’instrument. Si je prends un marteau, c’est une extension de mon corps, mais je ne deviens pas le marteau. Si Catherine est mon instrument, je ne deviens pas Catherine totalement, je me sers de Catherine. C’est pourquoi, il nous faut prendre soin de notre instrument : nous devons le garder en bon état si nous voulons pouvoir l’utiliser. Je fais donc de mon mieux pour me maintenir en forme, parce que, de toute évidence, je suis encore en vie ; j’essaie d’améliorer ma condition physique afin que mon instrument me serve un peu mieux de nouveau.
J’apprends encore et toujours – je ne fais qu’apprendre. J’apprends à être plus présente. J’apprends à voir ce que je suis réellement plus souvent. Et j’apprends à ralentir. Tout est extrêmement lent maintenant, ce qui permet d’avoir un autre regard sur les choses. Cela met une distance entre nous et ce qui nous semble important. Lorsque nous prenons le temps d’être tout simplement et de regarder à partir de notre Centre, nous nous rendons compte que tout ce que nous croyions urgent ne l’est pas tant que ça. Nous n’avons pas besoin de faire ceci ou cela. Tandis que lorsque nous nous identifions à la petite personne que nous sommes, nous pensons : « Oh, je dois faire ceci, je dois faire cela » ; or, c’est rarement nécessaire.
Pour moi, la chose la plus importante est maintenant de vivre l’éveil au quotidien, plutôt que de ne faire qu’en parler. Je n’ai aucun doute que c’est ce que je dois faire maintenant. Si je veux accorder aux problèmes de ma famille l’attention nécessaire, il faut que je sois Ici, au centre de moi-même, sinon je ne peux pas le faire. Faire les choses lentement m’aide énormément. J’apprends aussi à me détacher de mon apparence physique. Ce corps qui est le mien se détériore avec le temps. Lorsque je regarde mon corps, je me dis : « C’est incroyable, ce n’est pas moi ! » Ce n’est que maintenant que je commence à comprendre le message que ce corps n’est qu’une enveloppe temporaire qui m’a été confié pour cette courte vie."

Catherine Harding
Extrait du livre "Libre d'aimer", écrit avec Karin Visser 

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lundi 3 décembre 2018

Persévérer...

Un texte magnifique de Christiane Singer pour l’espoir et l’amour, que partage Henri Gougaud et que je partage également.

« Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir,
le balbutiement que la rhétorique satisfaite.
Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi en chaque homme,
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile une seule fois.
Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts
et dans les espérances non cotées en bourse.
Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme
est la vénération et que c’est la répression de ce désir
qui rend haineux et fou.
Persévérer à voir Dieu partout. Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement des haut- parleurs,
dans le crissement des freins et dans le frrrrrt…d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer.
Pour que la gangrène de l’indifférence ne se propage pas. »
Christiane Singer

Texte paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 229
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dimanche 2 décembre 2018

1er dimanche de l'Avent



« Nos racines sont au ciel » 
Sainte Thérèse de lEnfant Jésus et de la Sainte Face 





Le 2 décembre, c'est le premier dimanche de l'Avent, c'est-à-dire pour les enfants : bientôt Noël ! On entre en effet dans cette période joyeuse de l'attente de la naissance de Jésus, mais pas seulement.







CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
Un temps d'attente joyeuse...
Pendant ces quatre semaines précédant Noël, nous nous préparons à accueillir le Christ, à célébrer sa naissance. Quelle chance ! Pour symboliser ce moment qui peut sembler long - mais plus l'attente est longue, plus la joie est comble -, nous installons la crèche et fabriquons un calendrier de l'Avent, ou allumons une bougie sur une couronne... Chaque jour qui passe et rapproche de Noël est l'occasion de se réjouir (et de rendre grâce !).
... et profonde
Noël, ce n'est pas seulement Dieu qui se fait homme et vient parmi nous, c'est aussi, plus spirituellement, Dieu avec nous. Cette attente presque insoutenable par tout ce qu'elle fait espérer concerne tout le Royaume, ce fameux royaume dont nous parle l'Évangile et qui adviendra le moment venu, quand le Christ reviendra en gloire.
Alors, veillons !
Pour tout cela, pour cette promesse qui nous est faite, veillons, restons vigilants, attentifs à nous, aux autres, aux oiseaux, au vent ; peu importe, dès lors que nous ne nous endormons pas sur nos faux lauriers de sagesse, d'obéissance ou de réussite. Si nous mettions (et quand je dis nous, je pense à certains en particulier, hauts comme trois pommes et dont la lettre au père Noël est déjà prête, ils se reconnaîtront...) la même excitation, la même énergie à imaginer les cadeaux qui nous attendront au pied du sapin ou la taille de la bûche au chocolat qu'à attendre et à espérer Jésus, ce serait une belle preuve d'amour.

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Source : La Vie 

samedi 1 décembre 2018

Joie de l'Avent



Il y a bien des occasions légitimes de pleurer et de se lamenter : le monde va mal, les hommes sont fous et méchants, la planète est malade, l’avenir est sombre, notre vie est pleine de ratages, de déceptions, pauvre en amour, mais riche en trahison, souffrances, défaillances de santé.
Mais le temps de l’avent nous invite à une conversion. Une conversion en trois temps pour accueillir la joie que Dieu veut nous offrir à la crèche. 


D’abord, faire mémoire. Célébrer les moments où le souffle chaud et enivrant de la joie nous a enveloppés, nous a soulevés dans un bonheur inoubliable. C’est souvent dans notre enfance qu’il faut chercher ces moments de pur bonheur, de joie émerveillée.


Ensuite, ouvrir nos yeux et nos oreilles pour voir ce que la grisaille veut nous cacher : les gens sont plus beaux qu’on ne croit. Le monde recèle des merveilles. Dans la routine d’une journée banale, une mélodie du bonheur joue peut-être en sourdine. Enfin, partir à l’exploration de notre cœur. Dieu y a enfoui un trésor. La joie ne demande qu’à sourdre en nous. Au plus profond de notre être, il y a la joie de se savoir connu par Dieu, aimé de lui, capable à notre tour d’aimer, de danser, de jouer, de rire, d’avoir un regard bienveillant sur les autres.


La joie est un choix. L’avent est le moment privilégié pour développer en nous toutes les potentialités de la joie que contient un cœur vaste. Avec l’avent est venu le temps de l’insurrection de la joie. C’est par la joie qu’on peut commencer à changer le monde. C’est par la joie de l’avent qu’on peut commencer notre métamorphose de sainteté. 


 
Frère Philippe Verdin 
Couvent St Jacques à Paris 

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jeudi 29 novembre 2018

Instant !



On ne peut ré-assembler ce qui n’a jamais été dispersé... 
et encore moins l’expliquer !
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L'Éveil, l’Illumination, 
c’est la Grâce de l’Instant.

On ne peut pas dire que ce n’est rien, au contraire. 
On ne peut pas dire non plus que ce soit quelque chose. 
C’est l’insaisissable que nous Sommes, que Tout Est. 
Ce qui Est. L’Instant Vivant. Absolument.

En cet Instant Présent, Absolu de mémoire, 
Quelle autre lumière que cette Lumière-là ?
Quel autre éveil que cet Éveil-là ?
Quelle autre Conscience ?

En cet Instant, Absolu en lui-même,
En cet Instant sans temps, Maintenant,
Qui n’est pas illuminé, qui n’est pas éveillé ?

Tout se tient et se révèle dans l’Instant.

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 Extrait de "La danse de l'instant"
de Charles Coutarel
Aux Editions Accarias L'Originel 

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mercredi 28 novembre 2018

Apprendre de la nature !



A-t-on jamais vu un arbre refuser de vivre en automne, sous prétexte que son printemps fut beau et son été fructueux ? Combien de discours, combien d'exercices spirituels a-t-on inventés pour tenter de nous persuader qu'il faut vivre l'instant, esprit, cœur et corps présents là où la vie nous a plantés ! L'arbre sait faire cela. Quand ses feuilles jaunissent et tombent, les retient-il ? Non, il épouse l'automne, puis l'hiver, et la renaissance du printemps. C'est de lui, et non des livres de philosophie, que nous avons le plus à apprendre ! Quant à la pierre, long est le chemin qui mène à la Présence cachée au cœur de son silence. Elle est, elle, hors du temps. Le temps de la pierre, c'est l'infini. 
 
Henri Gougaud

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