mercredi 1 juillet 2026
La Douceur
samedi 2 mai 2026
Deux pleines lunes
Et voilà qu’en ce 1er mai, une fois les clochettes du muguet fermées et la nuit tombée, Dame lune pleine et ronde viendra en majesté ouvrir le bal de mai, puis en son dernier jour, le 31, viendra le refermer !
Deux pleines Lunes en ce joli mai !
Celle de cette nuit s’annonce comme une des plus puissantes de l’année. C’est la pleine lune des fleurs- il suffit de regarder les jardins-, une pleine lune en Scorpion dans le signe zodiacal du Taureau.
Mais c’est aussi pour les bouddhistes la pleine lune et la fête du Wesak, le point culminant de l’année spirituelle.
La légende raconte qu’au cours d’une cérémonie sacrée, le Bouddha, le Christ et les Êtres Illuminés au cœur de toute foi, offrent au monde une bénédiction particulière. Quand nous nous relions à cet évènement, une grande chaîne de lumière est créée et élève toute vie.
Quelques soient nos croyances, notre foi ou l’ouverture de nos esprits, peut-être pouvons nous simplement cette nuit, ouvrir les portes de nos cœurs et laisser la sagesse, la lumière et l’amour s’y déverser.
Jolie nuit de pleine lune à TOUS
Elisabeth Kuhn
peinture: Takashima Yajuro 1890 – 1975 - the moon 1963
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mercredi 9 juillet 2025
Accueil nocturne
samedi 1 mars 2025
Poésie de la nuit
samedi 24 août 2024
lumière de la nuit
Hexagramme du samedi 24 selon l'almanach Ton Shu :
jeudi 13 juin 2024
jeudi 16 mai 2024
Cerveau de nuit et cerveau de jour
samedi 11 mai 2024
La vie sauvage du cerveau
Chaque matin, une de mes amies artistes note un des rêves qu’elle vient de vivre, et l’illustre d’un dessin aussi beau qu’énigmatique. Puis, elle publie tout ça sur Instagram, et le résultat est fascinant. Un peu embarrassant parfois, tant elle s’y livre avec sincérité. Elle m’a expliqué sa méthode pour ne pas oublier ses rêves : sortir tout doucement du sommeil, les laisser remonter à son esprit, et surtout les noter tout de suite, dès le réveil. Je m’y suis entraîné, et j’ai pratiqué quelque temps, ça marche très bien.
Mais au bout d’un moment, j’ai laissé tomber. Il y a tellement d’activités intéressantes à observer dans notre cerveau ! Moi mon truc, c’est plutôt ce qui s’y passe quand nous sommes éveillés : voir vivre les autres humains, tenir un journal pour comprendre mes émotions et réactions, méditer…
Et pour ce qui s’y passe la nuit, je préfère laisser faire ma cervelle ! Et observer le résultat sans trop chercher à creuser, un peu comme un jardin que je laisserais vivre, à l’état naturel, sans y intervenir. Bon, c’est vrai que c’est un univers incroyable, je suis d’accord avec ce qu’en disait l’humoriste Pierre Dac : « Les rêves, c’est pour ne pas s’ennuyer en dormant. » Effectivement, on ne s’ennuie jamais en rêvant ; et parfois, avec sa musique étrange, vient un songe qui nous marque pour toujours.
C’est ce que le psychanalyste Jung appelle les « grands rêves », il assure qu’on n’en ferait que quelques-uns dans sa vie. Pour ma part je me souviens très précisément de mon Grand Rêve, je l’ai vécu vers l’âge de 10 ans.
Ça se passe dans une immense pièce sombre, avec des femmes qui marchent en silence dans des coursives qui me surplombent ; moi je suis en bas, tout seul, allongé sur de grands lavabos collectifs, comme ceux d’une école ou d’une colonie de vacances ; j’ai froid, je me demande ce que je fais là, tout seul, ce que font ces femmes, et ce qui va m’arriver. Je ne cherche pas à fuir, à agir, à partir. J’attends, sans peur, calmement, mais avec l’impression que quelque chose d’important va advenir…
Bizarre, hein ? Et le plus bizarre, c’est que je m’en souvienne aussi précisément depuis si longtemps. Bon, pour l’interprétation, ne comptez pas sur moi, je vous laisse la faire, si ça vous amuse. Mais vous feriez mieux de vous plonger dans vos propres grands rêves, tiens…
Vraiment, j’adore les rêves : faire les miens, écouter ceux des autres. Mais j’adore de loin, comme j’adore la poésie hermétique, celle de Saint-John-Perse, par exemple, qui reçut le prix Nobel de littérature en 1960. Un passage :
« Écoute, ô nuit, dans les préaux déserts et sous les arches solitaires, parmi les ruines saintes et l’émiettement des vieilles termitières, le grand pas souverain de l’âme sans tanière,
Comme aux dalles de bronze où rôderait un fauve.
Grand âge, nous voici. Prenez mesure du cœur d’homme. »
C’est beau, n’est-ce pas ? On peut en rester là, et laisser courir notre esprit à partir de ces images et de ces mots ; ou bien, on peut rentrer dans l’exégèse, et décoder peu à peu, puisque c’est un grand poème sur le vieillissement. Moi, bien souvent, j’en reste là, la musique des mots et la poésie des rêves me suffisent.
C’est passionnant les rêves que nous faisons la nuit, c’est émouvant, remuant, révélateur parfois… Mais il y a un truc encore plus passionnant, c’est la vie que nous menons de jour.
Et pour ma part, je préfère réfléchir à mes jours qu’à mes nuits, comprendre la veille plus que le sommeil. Je me sens proche du philosophe Diogène, quand il dit : « Nous sommes plus curieux du sens de nos rêves que des choses que nous voyons éveillés. »
Oui, de mes deux cerveaux, cerveau de jour et cerveau de nuit, je préfère jardiner le premier et laisser le second vivre sa vie sauvage, non sans admirer sa créativité !
Christophe André
(source : le blog)
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vendredi 12 avril 2024
Invisible lumière
mercredi 17 janvier 2024
Silence vibratoire
Mes longues nuits dans la montagne m'ont rendu familier des différentes vibrations du silence, façonné par l'atmosphère du temps. Il est feutré lorsque la neige est légère, étouffé lorsqu'elle est épaisse. Les gelées qui durcissent le sol le rendent plus aérien mais, lorsque le givre gagne les rameaux, il se fait limpide ; dans l'humidité des brouillards denses, je le perçois comme enveloppant.
Aux aurores des matins frais, quand la rosée perle les végétaux, il est léger, innocent, dansant, mais quelles que soient les conditions, il m'apaise toujours. J'entends le silence, le respire, le ressens. Ma vie a un sens.
Michel Munier - L'oiseau forêt
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mercredi 28 décembre 2022
Lumière des 12 nuits
En ce mois de décembre, nous célébrons Noël et la fin de l'année. Mais savez- vous que les 12 nuits qui suivent cette fête ont une particularité peu connue et qu'elles sont appelées les douze nuits saintes ?
La célébration des Nuits Saintes, ou Douze Nuits de Noël, est observée dans de nombreuses cultures. Elle peut être envisagée comme un voyage intérieur que l’on entreprend pour donner naissance à la lumière afin d’illuminer l’obscurité et comme une reconnexion au monde spirituel.
Pendant la célébration des Nuits Saintes, les fenêtres des cieux sont ouvertes et les voiles sont levés entre le Ciel et la Terre. Les nuits sont habitées et notre foyer visité par des mondes célestes. A la campagne, les paysans parlent doucement dans leurs écuries pour ne pas faire fuir ces bons esprits apportant bénédiction à leur cheptel.
Les Nuits Saintes commencent la veille de Noël, le 24 décembre, lorsque les forces de la Nature se sont retirées dans la terre et qu'un calme règne autour de nous. Nuit après nuit, jusqu'au 6 janvier, nous pouvons accompagner le ciel pour poser les semences des 12 prochains mois et pour donner naissance à un monde nouveau grâce à l’amour et au respect que nous portons à la terre et la création.
Pour le rituel des Douze Nuits, 12 bougies sont placées en cercle et une 13ème, au centre, honore la lumière du soleil. Chaque soirée, nous méditons pour que nous puissions apporter ensemble notre lumière sur Terre pour l'année à venir. Chaque méditation est emportée dans la nuit qui suit et chaque nuit sainte correspond à un mois de l’année qui vient. Portez une attention particulière à vos rêves pendant cette période car ils peuvent devenir prophétiques.
Ulrich et Nathalie
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dimanche 6 novembre 2022
Entrer dans la nuit
Novembre est le mois de l’année qui me fait entrer dans la nuit. Chaque matin, je me lève bien avant le lever du soleil et, chaque soir, je me couche bien après son coucher : impossible d’échapper à l’obscurité extérieure !
Désorientée par ces jours qui se font de plus en plus courts, j’attends patiemment l’arrivée de l’Avent qui m’orientera, en décembre, vers la lumière de Noël. En attendant de me laisser guider par ce phare, je suis invitée à vivre sans boussole le mystère de la mer, tantôt calme tantôt démontée, de la nuit. Elle vient me rappeler que ma vie est tissée de fils de toutes couleurs, du plus sombre au plus lumineux.
Croître en vérité
Si je parle de mer calme ou démontée, c’est que la nuit, pour moi, n’est pas faite d’air, de feu ou de terre, mais bien d’eau ! La nuit est froide et humide, comme l’est l’atmosphère pluvieuse de novembre. Elle m’offre la profondeur et l’obscurité de ses eaux, où je n’ai plus qu’à embarquer, à voguer, à plonger, à marcher, selon la visibilité des jours. Ces eaux ne conduisent pas à la mort ; au contraire, elles sont matricielles. Elles retiennent, pour façonner en elles, tout ce dont j’ai à faire le deuil : ce qui a disparu à tout jamais de ma vie, comme ce qui n’y est jamais apparu, faute d’avoir été attendu, désiré et accueilli.
Ce travail du deuil est vital : c’est lui qui me garde vivante, marchant éveillée et confiante sur mon chemin. Comme nous l’a dit Jésus, « tout ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé » : tout ce qui n’est pas aimé, pardonné, traversé, honoré n’est pas sauvé. Consacrer symboliquement un mois de l’année à la mer calme ou démontée de la nuit est donc essentiel pour croître en vérité. J’accepte alors de naviguer entre disparition et apparition. J’apprends à laisser partir dans les profondeurs ce qui est mort, et à faire remonter à la surface ce qui désire vivre et venir au jour pour connaître la pleine lumière.
Comment naviguer ainsi entre disparition et apparition ? En dansant dans la nuit ! Chaque novembre, je pose sur ma table de travail une photographie d’aurore boréale. Pour les Inuits, ces lumières du Grand Nord sont en effet les âmes des enfants non nés qui dansent dans la nuit polaire. N’ayant jamais quitté le ventre de leur mère, ils ne savent pas quitter celui de la Terre, et tambourinent ainsi à la porte du Ciel. Contempler cette image m’incite à ouvrir le ventre de la nuit pour délivrer ce qui cherche à mourir ou à naître. Elle me dit que je souffre moins du manque de lumière, que d’un manque de danse.
Assembler ce qui a disparu
Qui dit danse, dit musique ! Novembre est le mois de l’année où j’écoute le plus de musique, dans le noir de la nuit tombée. Tendre l’oreille devient essentiel pour suivre tous les vagues à l’âme qui m’habitent, comme si l’ouïe se faisait plus fine lorsque la visibilité diminue. Il est vrai que seule la musique, qu’elle soit vocale ou instrumentale, permet de chasser les nuages qui cachent l’infini de l’Univers et la lumière des étoiles. Seule la musique permet à ce qui est agité par les vagues de crier, de pleurer, d’invoquer, de chanter.
Cette année, j’ai joint à la danse et à la musique, une eau florale de rose. J’ai appris en effet que les Mexicains répandent dans leur maison, lors de la fête des morts, des pétales de fleurs pour que leur parfum balise un chemin et guide ceux qui sont morts jusqu’à la table commune. Il est vrai que les vivants et les morts s’assemblent dans une même communion des saints.
Et n’est-ce pas cela la vocation vespérale de novembre ? Assembler à la nuit tombée ce qui a disparu à tout jamais et ce qui n’est jamais apparu, pour que ce mot « jamais » ne fasse plus obstacle au désir de vivre et à la joie du cœur. Un désir et une joie qui auront tout le temps de l’Avent pour dissiper la nuit et laisser naître le jour.
Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d’écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique (Cerf), Et le miroir brûla (Cerf) et J’ai marché sur l’écume du ciel (Salvator).
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source : La vie novembre 2022
dimanche 26 septembre 2021
Juste un temps
« Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts »
Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, nous relate un rituel original auquel elle a participé en août 2021 avec sa communauté : trois jours consacrés à la mémoire des défunts. Une manière émouvante et concrète de se tourner vers « ceux qui nous ont quittés ».
De petites lumières tremblantes qui illuminent un instant le crépuscule, puis, au fil de la rivière, s’éloignent et disparaissent… Nous regardons partir ces fins morceaux d’écorce ou de bambou que nous avons confectionnés cet après-midi, taillés et lissés, puis peints : des fleurs, des oiseaux, des ébauches de visages, toujours des couleurs… Sur le dessus une feuille, ou un morceau de papier avec un nom. Et enfin, collée en équilibre, une petite bougie.
Puis, tard en cette belle journée de la mi-août, quand le soleil a commencé à disparaître derrière la colline, nous sommes descendus en silence jusqu’au cours d’eau en contrebas ; nous sommes restés là quelques minutes, recueillis, chacun dans ses pensées, dans ses souvenirs, mais puisant de la force à être ensemble. Nous ne pouvions plus voir le jardin ni les bâtiments ; le quotidien semblait avoir disparu. Il nous restait un monde vert et silencieux, tranquille et accueillant ; juste un murmure, celui de l’eau, un fredonnement léger pour accompagner ces instants d’émotion.
Moment de partage et d’acceptation
Alors, chaque personne à tour de rôle a allumé sa bougie, s’est avancée et a délicatement déposé la frêle embarcation sur l’eau. Quelques secondes pour la regarder prendre son élan, puis une autre personne à son tour pour confier un nom, un souvenir, à la source de toute vie.
Car comme il est dit, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts. Cette cérémonie clôt le temps des morts ; ou plutôt non, pas une cérémonie, le mot est trop fort, il ne transmet pas la simplicité, la retenue de nos gestes ; pas un rituel non plus, chacun s’avance doucement, prend le temps voulu, il n’y a pas de préséance, personne ne dirige. C’est un moment de partage, d’acceptation aussi : ouvrir les mains et laisser partir.
Vers tous ceux qui nous ont quittés...
Les deux jours précédents ont été un temps du souvenir : nous avons choisi de garder cette date de plein été, comme au Japon, pour nous tourner vers nos proches, ou moins proches, vers tous ceux qui nous ont quittés. Plénitude : le potager croule sous les courgettes et les haricots, avec les pointillés orange des potimarrons ; dans le jardin, c’est à qui, dahlias, cosmos, ou lupins, attrapera le plus tôt le soleil. Mais déjà, dans nos montagnes, le matin se fait frisquet, et le soir, les sapins s’enroulent dans une brume légère…
Offrandes et longue méditation silencieuse
Il est d’usage d’aller le premier jour au cimetière laver les tombes, aussi tendrement, dit-on, que si on lavait le dos de sa mère… Ici, en ces contreforts des Cévennes, nous nettoyons le petit cimetière qui se trouve sur le terrain en nous efforçant d’enlever mauvaises herbes et orties le plus doucement possible ! Le lendemain matin, chacun dépose, dans la salle de méditation ou au-dehors, dans la forêt ou en plein champ, des offrandes. Ce peut être un message, une photo, ou ce qu’aimait la personne : ainsi il y a sur l’autel une plaquette de chocolat, du Coca, une petite maquette d’avion et un joli foulard.
L’après-midi, nous nous sommes réunis pour une longue méditation silencieuse, puis, séparément, nous avons marché jusqu’à la nuit. Troisième jour, les petits bateaux, la rivière… Nous revenons au temple en silence ; la nuit est tombée. Un grand apaisement en nous et autour de nous ; fatigués et heureux, comme au retour d’un grand voyage. Le halo des lampes qui accompagne notre marche nous le dit : nous ne sommes jamais seuls, nous traversons cette vie, entourés de tous et de chacun, ensemble, et ainsi entre la douceur dans nos vies.
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mercredi 6 janvier 2021
Pensées d'une nuit paisible
La clarté de la lune s'épand au pied de mon lit.
Les yeux ensommeillés,
je l'ai d'abord prise pour une couche de givre sur le sol.
Levant la tête, j'observe la lune ;
baissant les yeux, je pense à mon lointain bercail.
"Si profonde est la forêt" - Anthologie de la poésie des Tang - Préface de Pierre Dhainaut (Ed. Les Deux-Siciles)- traduction Guomei Chen
En recherchant une image pour ce poème, je suis tombé sur celle-ci et elle correspondait au même poème chinois mais avec une traduction différente. Etonnant !
J’ai déjà parlé de Li Baï, ou Li Po (701-762), un des plus grands poètes chinois, qui composa des poèmes avec l’empereur, et aima le vin un peu plus que de raison.
Li Baï voyagea beaucoup, dépensa beaucoup, se maria quatre fois, et eut des amis de tous styles : taoïstes, hauts fonctionnaires, hommes de lettres (comme le poète Du Fu), qui l’admiraient.
Comme la plupart des poètes chinois, il éprouvait une dilection pour la lune. Dans ses Pensées d’une nuit calme, il écrit :
Au pied du lit la lune étend son vif éclat
On croirait presque voir du givre sur la terre
Si je lève les yeux, c’est la lune brillante
Si je baisse les yeux, le pays de mes pères *
Son penchant pour le vin lui valut plusieurs revers de fortune : insolence, querelles, il fut par trois fois chassé de la Cour.
Lorsque le sort cessa vraiment de lui être favorable et qu’il fut condamné à l’exil, il reprit sa vie vagabonde, errant de la maison d’un ami à celle d’un autre, et d’ivresse en ivresse. Son voyage prit fin une nuit qu’il naviguait sur le fleuve Yang Tsé, près de Nankin. On raconte que la lune se reflétait si joliment dans l’eau qu’il voulut l’embrasser, et se noya.
* traduction Florence Hu-Sterk, © Gallimard
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dimanche 1 novembre 2020
« Les enfants abordent la mort sans a priori, avec curiosité »
1. Vivre le présent
Avec l'âge, les adultes sont presque toujours confrontés à un sentiment de déjà-vu. Toute situation évoque des souvenirs, ou tout au moins des représentations, si bien que l'on devient assez mal à l'aise face à l'imprévu. L'enfant, au contraire, pose un regard neuf sur la réalité et s'y adapte en permanence. Il affronte la mort de la même manière qu'il se rend à l'école pour la première fois, qu'il découvre un petit frère ou une petite sœur qui vient de naître, qu'il part en colonie de vacances… Il aborde la mort sans a priori, avec curiosité. « Elle est belle, comme ça, avec ses cheveux ondulés », remarque ainsi un petit garçon devant le corps de sa sœur décédée. Un adulte qui s'approche d'un mort, lui, est dans ses peurs et dans sa répulsion, qui envahissent et influencent sa manière de voir. Souvent, dans la vie, la peur de la souffrance est plus difficile à vivre que la souffrance elle-même. Apprenons à être davantage dans le moment présent.
2. Voir la lumière dans la nuit
Les enfants passent sans arrêt du grave au léger, puis du léger au grave. Je n'hésite pas à leur poser des questions « choquantes » aux yeux de leurs parents : « Qu'est-ce que tu trouves de bien, dans cette mort ? » L'un d'eux m'a avoué un jour : « La mort, c'est moins dur que la maladie. » Pour eux, la maladie rime souvent avec angoisse, pleurs, incertitudes, espoirs déçus et indisponibilité des parents. De la même manière, lors d'un enterrement, les petits peuvent se réjouir d'être montés dans le clocher de l'église ou d'avoir lancé des fleurs sur le cercueil. À leur suite, n'ayons pas peur d'exprimer avec authenticité ce que nous ressentons, d'accueillir ce qui monte en nous de douloureux, sans penser que c'est définitif. C'est ce qui nous permettra, ensuite, de saisir qu'au cœur de la nuit la plus sombre brillent toujours de petites étoiles. Acceptons de nous laisser traverser par la douleur, sans nous focaliser sur elle, et entretenons notre capacité d'émerveillement, pour garder nos yeux ouverts sur la beauté de la vie.
3. Rester connecté à l'invisible
« Quand je ne serai plus là, pour rester en contact, vous utiliserez la prière. La prière, c'est comme le téléphone. Vous direz tout à Dieu, et il me transmettra. » Tanguy, décédé d'une tumeur au cerveau à 12 ans, évoquait ainsi l'au-delà. Mieux que nous, les enfants perçoivent la continuité entre la vie terrestre et la vie céleste. Leur capacité d'imagination rend leur monde intérieur très riche, qui peut intégrer d'autres dimensions, créer un univers presque sans support, bien plus facilement que pour nous, qui sommes dans le tangible, le rationnel. Ainsi cette question d'Alice, 7 ans : « Est-ce que c'est l'âme qui nous permet de rester solides ? Qui nous empêche de tomber en miettes ? » Elle nous rappelle que l'Esprit saint, souffle de vie, habite en nous et nous structure. Même si cela n'enlève rien à la douleur de l'absence, les enfants nous invitent, par leurs questionnements, à relever le spirituel dans nos vies et à hiérarchiser nos priorités à la lumière de l'éternité.
vendredi 17 janvier 2020
Sous les étoiles...

Ce soir, comme assez souvent, je suis sorti à la nuit pour ma dernière marche de la journée (la compulsion des 10 000 pas, n'est ce pas ...) sur le chemin qui mène à la propriété ou j'habite, en pleine campagne poitevine. Le ciel étoilé était splendide, clair, et beaucoup de "merci" à l'univers me sont montés. Merci de contempler ce ciel, de m'en nourrir, de marcher, de respirer l'air de la nuit avec mes poumons de presque 61 ans ... Du coup, je partage un texte de chanson, inspiré au départ par celle de Dylan, Shooting Star. Ce n'est pas une traduction mais une très très libre adaptation.
Je suis sorti sous les étoiles
et j'ai senti ta présence
tu avais su percer le voile
le voile des apparences
et moi j'ai tant essayé
de te suivre, d'y arriver
je suis sorti sous les étoiles
je me suis senti accompagné
et j'ai vu ma vie défiler
je me suis juré que je resterais digne
de ce que tu m'avais enseigné
que je saurais grandir tout en restant fidèle
à ce qu'on avait partahé
je suis sorti sous les étoiles
j'ai su qu'il me faudrait veiller
j'écoute la nuit
qui me font pressentir
ce qui n'a pas de prix
j'entends la rumeur de la vie
C'est le premier instant
c'est le dernier moment
je sens que tout commence et finit maintenant
je te rejoins
je te suis
et je me suis senti relié
au frères et aux amis
que tu avais aidé
à mûrir et à cheminer
ceux qui sont toujours là
ceux qui s'en sont allés
ceux qui doivent encore arriver
je suis sorti sous les étoiles
j'ai su qu'il fallait continuer
vendredi 6 décembre 2019
Nuitamment...
dimanche 2 juin 2019
Hommage à Michel Serres
La profession de foi de Michel Serres (né à Agen, le 1er septembre 1930, philosophe et épistémologue français et décédé hier) laisse une place au divin... mais pourquoi la société ne reflète-t-elle pas le divin ?
C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. L’obscurité n’a jamais vaincu la lumière !
Michel Serres nous partage sa nocturne perception (6 min.) :
écouter Michel Serres
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mercredi 6 février 2019
Tendre ami !
![]() |
| Illustration: Karen L’Hémeury |
Qu’il n’en faut pour noyer un homme au fond d’un puits.
Versez, mains, et vous, cils, votre restant de nuit.
Il est place pour vous
Dans ces rumeurs obscures
Encerclant à la fois
Le vivre et le mourir.
Approchez, tendre ami, aux lèvres étonnées,
Gardiennes du plaisir
Qui tourne loin de nous.
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vendredi 11 janvier 2019
Vie pour un matin... radieux
« Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la bonne nouvelle, j’affirme avec audace ma foi dans l’avenir de l’humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain ne soit qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoique ce soit le cours des événements,
Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir réalité.
Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot.
La vie même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l’espoir d’un matin radieux. »
Martin Luther King
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