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jeudi 2 octobre 2025

Des signes...

Dans son nouvel ouvrage, Anne-Dauphine Julliand raconte sa confrontation à la mort d’un troisième enfant...


Je ne cherche pas de signes d’eux. Nulle part. Ni dans le dessin des nuages, ni dans le bourdonnement d’une ampoule, ni dans les soupirs de la maison. Je ne cherche pas de signes d’eux. Mais j’en vois. Comme ceux que Gaspard a vus après la mort de Thaïs.

« Tu verras, elle t’enverra des signes, c’est sûr. » Elles étaient trois amies venues me rendre visite, serrées sur le canapé. Je leur avais servi un jus de fruits, j’aurais préféré un alcool fort. De ceux que je ne bois jamais d’ordinaire. Mais les jours n’avaient plus rien d’ordinaire. Ils suivaient celui de la mort de Thaïs. « Mort ». J’ose le mot, comme Gaspard le faisait alors. Lui seul capable, dans l’insouciance de son enfance. Il n’avait pas encore six ans. Il est entré dans le salon, s’est laissé embrasser par chacune, baiser mouillé de larmes, puis il nous a oubliées. Il s’est installé sur le parquet, allongé sur le ventre, les jambes repliées en l’air qui, dans leurs battements, dessinaient des ciseaux. Il a étalé ses jouets; plongé dans son monde imaginaire, il parlait tout haut. Comme si nous n’étions pas là. Mais en réalité, il entendait, il écoutait notre conversation gênée. Il guettait nos réactions pour ajuster les siennes. Comme s’il devait apprendre de nous dans la peine. Sans savoir que c’était nous qui nous inspirerions de sa manière de faire. De son instinct à se confronter à la réalité, quand nous tentions de la fuir. De la simplicité de ses larmes, de sa confiance dans nos bras, de la spontanéité de ses paroles, de sa manière de s’adresser au ciel, de son rire retrouvé.

Quand elles se sont levées pour partir, leur verre à peine touché, l’une de mes amies a posé sa main sur mon bras. « Tu verras, Thaïs t’enverra des signes, c’est sûr. » Je n’ai rien répondu. Mais cette injonction à guetter des preuves m’a agacée. Pourquoi chercher à faire parler l’Au-delà ? J’ai refermé la porte derrière elles. Gaspard a disparu dans sa chambre. Avant de revenir, un livre dans la main. Celui que nous avions lu quelques nuits plus tôt, collés l’un contre l’autre. Une belle histoire d’amitié. Il voulait que je la lise encore. Quand j’ai tourné la dernière page, il a dit en caressant son oreille, comme il le faisait quand il était ému : « Ton amie tout à l’heure, elle a dit que Thaïs t’enverra des signes. C’est des signes comme celui-là ? C’est possible d’en avoir en vrai ? » Son doigt a pointé la couverture du livre, le dessin élégant et son titre « Mon cygne argenté ». Pour lui, les signes étaient des cygnes.

Je n’ai jamais oublié les cygnes de Gaspard. Grâce à eux, et à lui, je souris intérieurement chaque fois que l’on me demande si je vois des signes de mes enfants.

Ce matin, je suis partie toute seule marcher dans la campagne autour de la maison de mes parents. Un besoin de m’éloigner, de retrouver le calme et de hurler ma peine loin de toute oreille. Sur l’étang au bout du chemin de terre, là où nous aimons nous promener en refaisant le monde, une boucle empruntée par toutes les générations de la famille, sur l’étang, cinq taches blanches contrastent avec la surface sombre. Cinq cygnes dans toute leur élégance. J’admire la grâce de leur glissement sur l’eau. Trois d’entre eux se détachent et s’approchent de la rive. Tout près. Il suffirait que j’avance de quelques pas, le bras tendu, pour effleurer leur plumage. Je ne bouge pas. Nous restons dans un face-à-face. Puis, en un seul mouvement, ballet coordonné, ils courbent le cou, inclinent bas la tête. Tous les trois. Une révérence. Un salut. Un signe.

Mes signes sont des cygnes.

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samedi 13 janvier 2024

Parler aux enfants

 "Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.


Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait."

Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."


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mardi 12 janvier 2021

Sur les pas de Edouard Cortés pour "ensylvaner" le monde

« Rien que l'arbre ! » C'est d'une citation trouvée chez Rostand qu'a jailli l'étincelle - Cyrano de Bergerac, à l'agonie, n'accepte pour tout appui qu'un tronc. Édouard Cortès décide de lui emboîter le pas. Pour sauver sa peau, un matin de février 2019, il file vers une forêt du Périgord noir qu'il connaît comme sa poche depuis l'âge des culottes courtes. Quelques mois plus tôt, il y a repéré un chêne dans lequel il construit une cabane, un perchoir qui offre refuge et apaisement. Il s'en persuade : c'est en concrétisant un rêve d'enfant qu'il pourra soigner une blessure d'adulte. Et nous voici donc, en ce jour d'hiver humide et glacial, à suivre Édouard Cortès sur le sentier qui mène à sa thébaïde cachée dans une chênaie du Lot. Vers le sud, on aperçoit à l'horizon les contreforts de la vallée de la Dordogne. Plus à l'est, le causse Corrézien, cousin de celui que nous arpentons, l'un de « ces petits pays pauvres » et sauvages qui ont gardé leur authenticité. Casquette sur la tête, silhouette trapue et volontaire, l'homme qui marche devant nous dans le froissement des feuilles mortes a parcouru le monde avant de courir les bois.

 Prendre de la hauteur

En fidèle complice de Sylvain Tesson qui est de ses amis, il a sillonné le Caucase, roulé en 2 CV jusqu'au Viêt Nam, marché vers Jérusalem, traversé caméra à l'épaule les crêtes et les vallées d'Afghanistan. Un matin, sur les bords de la Loire, il se voit offrir un boulot saisonnier de berger. Le pâtre y trouve du bonheur et décide alors, avec son épouse Mathilde, de faire le grand saut du retour à la nature : le nomade s'enracine dans le Périgord, où il élève bientôt une centaine de brebis caussenardes. Mais l'affaire tourne mal, soucis administratifs, dettes et découragement. La « tentation de la corde », comme il le dit abruptement, lui obscurcit l'esprit. En un dernier sursaut, il tente le retrait : prendre de la hauteur dans sa cabane. Et la voici qui apparaît, cette arche immobile, dans le fouillis des ramures dénudées par l'hiver, aussi modeste, évidente, accueillante et poétique que celui qui l'a construite. Une échelle de corde rafistolée, un solide plancher à 6 m du sol, et des vitres qui ouvrent à 360° sur l'océan des bois. Délicieux vertige. Au gré des bourrasques, le radeau tangue, mais on s'y sent en toute sécurité... La bouilloire chante sur le vieux réchaud à gaz, Édouard Cortès s'affaire tout en parlant comme un livre, hisse des baluchons aux cordes, prépare le thé, craque des noix. Les bois d'un cerf font office de patères. Un minuscule oratoire à David le Dendrite, un saint des forêts chez les orthodoxes, a été déposé sous le toit par l'écrivain. Sur les coffres fabriqués de ses mains et réchauffés des peaux de ses moutons, on s'assoit et devise joyeusement tandis que la buée des vitres ne laisse plus entrevoir que les mousses phosphorescentes des branches alentour. L'hiver rend les animaux discrets - nous apercevrons tout de même cinq chevreuils et un vol de palombes...

Comment vit-on trois mois seul dans une cabane perchée ?

É.C. J'ai ici un balcon sur les arbres, un avant-poste sur la beauté du monde. Le recours aux forêts rend possible le réveil de la vie intérieure. Car ce ne sont pas les merveilles qui manquent, mais notre regard qui manque à la merveille. Le lichen pousse là, il attendait mes yeux. La beauté est bien présente : il suffit que les humains décrochent de leur écran. Je me suis retrouvé avec une interrogation : si je ne peux plus tenir sur mes semblables, sur moi-même, sur une foi, que reste-t-il ? Le retour en forêt permet d'échapper à la vanité des hommes. J'ai vécu dans ma cabane l'une des plus grandes formes de la liberté, loin du regard des autres, à vaquer et à me doucher nu sur ma branche à 6 m du sol - les arbres ne jugent pas notre côté animal. J'ai tenu un journal de cabane, mon écriture y a aussi gagné une forme de nudité. Auparavant, j'avais quelques espoirs humains et quelques espérances divines, et j'ai perdu les deux. Même si je pense souvent que Dieu a continué de croire en moi quand je ne croyais plus en lui. Je citerai mon compagnon de route Bernanos : « La foi, c'est 24 heures de doute, moins une minute d'espérance » À un moment, il y a une cassure, une traversée des forêts sombres comme on en trouve chez Dante. Autrefois, on parlait d'acédie, cet épuisement du sens de la vie - notre burn-out contemporain - qu'ont connu aussi les Pères du désert ou les stylites sur leur colonne, saisis d'une grande nuit. J'ai essayé d'apprivoiser cette obscurité-là et d'y trouver l'étincelle d'un devenir. Les arbres m'ont permis la trouvaille.

Vous évoquez votre « enforestation » : en quoi consiste-t-elle ?

C'est un terme ancien issu des Eaux et Forêts - une administration dont La Fontaine fut d'ailleurs un maître - qui désignait le reboisement d'une parcelle en jachère. Chateaubriand a utilisé le mot comme une allégorie pour l'homme - j'ai eu ce désir de ré-enforester mon esprit et mon intelligence. Le recours aux forêts est vieux comme l'humanité. Il y a le Wanderer dans la culture germanique, le wild à l'américaine magnifié par Thoreau. Nous avons assez de racines latines et grecques pour avoir notre propre vocabulaire de sauvages ! Je suis lié au petit peuple traditionnel des forêts, bûcherons, colporteurs, charbonniers, mérandiers (qui façonnaient les tonneaux), feuillardiers (qui les cerclaient avec du châtaignier). Je ne me sens pas dans la forêt mais de la forêt. J'aime la sylve, du latin sylva (le bois), qui a aussi donné « sylvestre ». Je souhaite apporter le néologisme « ensylvaner » : ce qui pourrait nous offrir des perspectives dans ce moment un peu tragique de notre histoire, où la pandémie s'étend. Ou comment retrouver en forêt une respiration, éviter d'abîmer son regard dans le puits des réseaux sociaux : se noyer dans le vert plutôt que dans le sombre. Les coffres de ma cabane garantissaient des pâtes et des rillettes. Mais, dans mon adversité, j'ai eu recours à ce qui a été scandaleusement étiqueté « non essentiel » : j'ai posé mon regard sur l'écorce du chêne, tendu l'oreille vers le chant du loriot. J'ai accepté un peu d'inconfort et de froid, comme une manière de vivifier la vie, d'en retrouver la sève. Il m'a fallu arriver à 40 ans pour faire de mon enforestation un rite initiatique. J'avais toujours vécu dans le mouvement. Le défi de la stabilité au creux d'un chêne a été d'autant plus grand. J'ai été augmenté par l'immobilité : elle m'a permis, en étant un peu aux arbres, de retourner aux hommes.

Mais vous avez apporté la preuve que le retour vers la nature peut aussi comporter des risques...

Ayant vécu une enfance au rythme des déménagements continuels de ma famille - mon père était banquier -, j'ai trouvé un port d'attache entre le Périgord et les causses du Quercy, d'où sont originaires mes grands-parents des deux lignages. Dans cette forêt, je me sens de quelque part, j'ai le sentiment d'être chez moi, d'où la sensation du retour. Mais l'expérience d'y devenir berger a été le grand naufrage : mon idéalisme d'aller à la vie rurale - pour retrouver harmonie et unité - s'est heurté aux exigences administratives, au système indigne des prix bas compensés par les subventions, sans oublier l'énorme charge de travail qui pèse nuit et jour. Il m'est arrivé de dormir au milieu du troupeau à l'heure du premier agnelage, ça faisait partie de l'aventure. Seulement, quand il a fallu emprunter à nouveau pour construire la bergerie, le ressort a cédé, tout s'est effondré. Le sort actuel des paysans est dramatique. Leur dur labeur n'est pas récompensé, j'ai expérimenté le mépris social sournois qu'ils subissent. Et je partage l'analyse de Houellebecq sur cet énorme plan social invisible qui est à l'œuvre dans la paysannerie française. Le même sort guette désormais les forestiers : même processus d'industrialisation et de rendement à tout-va, au pays de Philippe le Bel, Colbert et Napoléon III, qui a longtemps eu une belle politique de préservation des forêts. Il faut relire l'Argent de Péguy ou la France contre les robots de Bernanos : le système a sa logique, celle du veau d'or qui pousse à la prédation et à la destruction. Or, l'homme n'est pas dans la nature mais de la nature. Des générations de paysans ont su ne pas scier la branche sur laquelle ils étaient assis. Ici, dans le Périgord noir, la forêt a repris du terrain : c'est un pays qui a peu souffert de l'agrochimie, sa relative pauvreté agraire l'a sauvé et permettra désormais de valoriser son or vert.

Comment la fréquentation des livres et la littérature complètent-elles la fréquentation des arbres ?


J'ai le chic pour choisir des métiers engagés qui ne rapportent guère : produire des nourritures, qu'elles soient terrestres ou spirituelles ! L'idéaliste Don Quichotte fait partie de mes amis. Mais j'aime aussi énormément Jack London, car il tire de ses divers et rudes métiers la sève de sa plume. C'est comme si mon épisode paysan m'avait donné plus de légitimité pour écrire, plus d'épaisseur aussi, l'impression que c'est la terre qui parle. J'y ai trouvé un peu d'or. Les arbres m'ont enseigné, mais je n'ai pas négligé pour autant la bibliothèque du milieu où j'ai grandi. J'aime la dimension du rêve chez Saint-Ex, ses récits d'aviation qui font toujours référence à l'enfance. La cabane perchée est aussi une démarche artistique et poétique. Pourquoi tant d'écrivains ont-ils cherché à nous rapprocher de l'arbre ? Victor Hugo se console auprès d'eux : « Toute idée humaine ou divine qui prend le passé pour racine a pour feuillage l'avenir. » Durant mes trois mois, j'ai lu et relu les très consolantes Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, parce qu'il y a quelque chose de blessé dans la nature humaine. Et j'ai voulu trouver des mots pour m'apaiser sur le plan humain. J'ai arrêté de chercher une réponse purement spirituelle. Ma cabane n'est pas religieuse, même si elle a quelque chose qui touche à l'absolu, même si la lumière y tutoie le sacré. Je suis un être traversé par le doute et je suis heureux que mes certitudes soient sans cesse bousculées. J'ai été empoigné par cet arbre à la vie. Il m'a réconcilié avec l'idée qu'il puisse y avoir une clarté supérieure. J'ai souvent considéré que la grâce n'était pas pour moi. Mais dans le bruissement des feuilles, j'ai entendu ce qui peut être un souffle sous forme d'interrogation : n'est-ce pas pour toi aussi ? La question n'est pas résolue.

Diriez-vous que vous avez vécu dans votre cabane une forme de renaissance, une rédemption ?

J'ai vécu un hiver d'où tout à coup la sève a rejailli, un printemps sur mon âme et sur mon cœur. Pourtant, même si j'ai choisi la lumière, mon fil de funambule reste précaire. J'affectionne le mot rédemption, mais il est trop fort pour moi, je ne suis pas prêt à me l'accorder. J'ai souhaité au contraire apprivoiser ma fragilité, apprendre à être plus souple avec la vie. La Fontaine ou Hugo partent du minuscule pour aller vers l'universel. Grâce aux hannetons qui entrent la nuit dans la cabane, on peut sentir que l'arbre est enraciné. 
 
Dans la cabane a commencé à poindre une forme de quiétude 

 Ça m'a beaucoup appris. J'ai l'impression d'être désormais comme un arbre, davantage debout. Peut-être un peu tordu. Mais debout. Jusque-là, j'avais une vision écologique uniquement transcendante. J'ai découvert la richesse de l'écosystème forestier, la protection des systèmes vivants qui sont notre matrice. Ils nous donnent l'air pur, l'eau, la protection des sols. L'arbre, reflet de la beauté, est aussi le creuset de l'esprit. Il réunit la nécessité vitale, écologique, spirituelle et poétique.

Vous écrivez : « J'ai été profondément consolé par mon arbre. Mais le bonheur, n'est-ce pas accepter de n'être jamais absolument consolé ? »...

Je m'étais sans doute trompé sur la manière d'atteindre le bonheur. La beauté, pour le chatoiement qu'elle amène à l'âme, on en crève : on en veut toujours davantage ! La corde que je voulais me passer autour du cou il y a quelques années, j'en ai finalement fait une balançoire pour mes enfants... Il faut revenir à cette balançoire de temps en temps, à l'arbre pour s'y ressourcer. Je ne suis plus à la poursuite du bonheur. Dans la cabane a commencé à poindre une forme de quiétude. Je suis un rescapé du désespoir, qui a lutté pour trouver la terre ferme. Je crois à la « viridité » dont parlait sainte Hildegarde de Bingen, cette force et cette verdeur qui sont des cadeaux de la vie. Au digital, je préfère le végétal. Quand on a du chagrin avec soi-même, on peut s'en remettre à ce compagnon merveilleux qu'est l'arbre qui s'enracine, se tient droit et jaillit dans la lumière. Il est loin des algorithmes qui nous asservissent aux écrans et à l'immédiateté, qui détournent et volent notre attention : lui nous la rend ! Il est le plus fabuleux des antidotes. Une manière somme toute de reprendre le pouvoir.


À lire Par la force des arbres, d'Édouard Cortès, Équateurs, 18 euros. (source : La Vie)

A écouter : Vivre dans une cabane: le rêve d'enfant d'Edouard Cortès

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jeudi 17 décembre 2020

Ecoute de la blessure

 


"Tourne-toi vers la partie de toi-même qui se sent brisée,
sensible,
à vif,
" mal à l'aise ",
et pour un instant,
arrête de t'enfuir,
arrête de chercher une solution.
Écoute-la.
Reste présent en sa présence,
comme tu le ferais avec un enfant blessé."
Jeff Foster

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dimanche 1 novembre 2020

« Les enfants abordent la mort sans a priori, avec curiosité »

Psychologue dans le service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré, à Garches (Hauts-de-Seine), auteur de plusieurs ouvrages dont le Courage des lucioles (Philippe Rey), Muriel Derome côtoie des enfants malades, handicapés ou accidentés et leurs familles. Elle détaille trois clés que les plus jeunes nous livrent à leur insu.

 1. Vivre le présent

Avec l'âge, les adultes sont presque toujours confrontés à un sentiment de déjà-vu. Toute situation évoque des souvenirs, ou tout au moins des représentations, si bien que l'on devient assez mal à l'aise face à l'imprévu. L'enfant, au contraire, pose un regard neuf sur la réalité et s'y adapte en permanence. Il affronte la mort de la même manière qu'il se rend à l'école pour la première fois, qu'il découvre un petit frère ou une petite sœur qui vient de naître, qu'il part en colonie de vacances… Il aborde la mort sans a priori, avec curiosité. « Elle est belle, comme ça, avec ses cheveux ondulés », remarque ainsi un petit garçon devant le corps de sa sœur décédée. Un adulte qui s'approche d'un mort, lui, est dans ses peurs et dans sa répulsion, qui envahissent et influencent sa manière de voir. Souvent, dans la vie, la peur de la souffrance est plus difficile à vivre que la souffrance elle-même. Apprenons à être davantage dans le moment présent.

2. Voir la lumière dans la nuit

Les enfants passent sans arrêt du grave au léger, puis du léger au grave. Je n'hésite pas à leur poser des questions « choquantes » aux yeux de leurs parents : « Qu'est-ce que tu trouves de bien, dans cette mort ? » L'un d'eux m'a avoué un jour : « La mort, c'est moins dur que la maladie. » Pour eux, la maladie rime souvent avec angoisse, pleurs, incertitudes, espoirs déçus et indisponibilité des parents. De la même manière, lors d'un enterrement, les petits peuvent se réjouir d'être montés dans le clocher de l'église ou d'avoir lancé des fleurs sur le cercueil. À leur suite, n'ayons pas peur d'exprimer avec authenticité ce que nous ressentons, d'accueillir ce qui monte en nous de douloureux, sans penser que c'est définitif. C'est ce qui nous permettra, ensuite, de saisir qu'au cœur de la nuit la plus sombre brillent toujours de petites étoiles. Acceptons de nous laisser traverser par la douleur, sans nous focaliser sur elle, et entretenons notre capacité d'émerveillement, pour garder nos yeux ouverts sur la beauté de la vie.

3. Rester connecté à l'invisible


« Quand je ne serai plus là, pour rester en contact, vous utiliserez la prière. La prière, c'est comme le téléphone. Vous direz tout à Dieu, et il me transmettra. »
 Tanguy, décédé d'une tumeur au cerveau à 12 ans, évoquait ainsi l'au-delà. Mieux que nous, les enfants perçoivent la continuité entre la vie terrestre et la vie céleste. Leur capacité d'imagination rend leur monde intérieur très riche, qui peut intégrer d'autres dimensions, créer un univers presque sans support, bien plus facilement que pour nous, qui sommes dans le tangible, le rationnel. Ainsi cette question d'Alice, 7 ans : « Est-ce que c'est l'âme qui nous permet de rester solides ? Qui nous empêche de tomber en miettes ? » Elle nous rappelle que l'Esprit saint, souffle de vie, habite en nous et nous structure. Même si cela n'enlève rien à la douleur de l'absence, les enfants nous invitent, par leurs questionnements, à relever le spirituel dans nos vies et à hiérarchiser nos priorités à la lumière de l'éternité.

Source : Magazine La Vie
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dimanche 25 octobre 2020

Le visage éternel

 

Lors d'une de mes promenades dans les rues de Paris, je suis tombée sur un jeune garçon de 5 ou 6 ans qui contemplait pensivement la façade de l'immeuble devant lui, attendant patiemment que sa mère termine une conversation à quelques pas de là. J'aime toujours regarder ce que regardent les enfants, car ils voient ce que nous ne savons plus voir et qui pourtant saute aux yeux. En l'occurrence, il y avait au rez-de-chaussée de l'immeuble, une large et grande fenêtre à barreaux qui réfléchissait dans le miroir de sa vitre teintée le bleu du ciel, le blanc des nuages et le feuillage d'automne d'un arbre.


Les anges portent-ils des masques ?

« Que regardes-tu ainsi ? », lui ai-je demandé. Il a levé les yeux vers moi, et il m'a répondu en riant : « Tu ne vois pas ! Ils ont mis le ciel en prison ! » Oui, ce n'était pas un mirage, et j'avais bien devant moi la prison du ciel. Pourquoi mettons-nous des barreaux à nos fenêtres ? Pour que personne ne rentre chez nous ! Pourquoi mettons-nous des vitres teintées ? Pour que personne ne voie à l'intérieur ! Et bien souvent, nous oublions qu'il suffit de quelques barreaux et d'une vitre teintée pour arrêter le ciel et fermer notre porte à Celui qui frappe patiemment pour entrer chez nous et y faire sa demeure. Or voilà que le vent souffle, faisant défiler les nuages et tomber les feuilles dans le miroir.


Heureux d'avoir quelqu'un à qui parler, ce jeune garçon m'a demandé si je pensais que les anges autour de nous portaient des masques eux aussi. Je lui ai répondu que je ne savais pas, mais que je pensais que les anges pouvaient perdre, en ce moment, leurs plumes, comme les arbres, leurs feuilles. Que se retrouvant nus, ils auraient besoin cet hiver de la chaleur de nos coeurs, et que, dépourvus d'ailes, ils emprunteraient nos bicyclettes, au printemps, pour aller chercher des plumes toutes neuves.

« Es-tu prêt à prêter ton vélo à un ange ? », ai-je demandé à cet enfant, conquis par mon histoire. Du haut de son âge encore déraisonnable, il m'a dit que oui, si c'était pour qu'il change de plumes et en retrouve d'autres ! Il m'a alors confié que sa mère lui avait expliqué que les masques que les adultes portent dans la rue sont comme les masques de beauté qu'elle étale parfois sur sa peau le soir. Ce sont des masques qui vont permettre aux personnes de se faire beaux et belles. Des masques qui vont soigner leur peau, et réparer quelque chose en eux pour que leurs sourires reviennent au printemps.

 

L'autre : un visage, un rivage

Moi qui ne sais plus regarder les gens dans les yeux, ne voyant que leurs masques, voilà que ces paroles de mère et d'enfant me sauvaient du naufrage. Quelle joie de pouvoir envisager différemment ces barreaux de tissu où nous emprisonnons le ciel et nos sourires ! Comme si seules les mères connaissaient pleinement ce mystère du face-à-face, du cœur-à-cœur, du « joue-à-joue » que sont les visages. Comme si seules les mères pouvaient entendre le désir du jeune enfant en nous de dévisager. Comme si seules les mères pouvaient nous apprendre à voir en l'autre ce qu'il est : un visage, un rivage.

Rentrée chez moi, désireuse de plonger mon regard dans un visage, j'ai mis sur ma table de travail une icône de la Sainte Face. Les peintres d'icônes nous rappellent que le Christ est un visage. Non pas un masque de personnage, mais le visage d'une personne. Un visage qui a connu nos ténèbres et qui s'est illuminé d'amour pour ces enfants perdus en recherche de face-à-face que nous sommes. Une icône ne fige pas les traits et elle ne masque rien. Elle accepte la vie comme la mort, elle accomplit tout et elle nous donne à contempler ce que le ciel a ouvert et révélé en nous : son visage éternel.


Charlotte Jousseaume
source : La Vie
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dimanche 3 mai 2020

Ignorance de la Vie


Tiré d'un article intéressant de Mediapart
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NOUS NE MANQUONS DE RIEN
La pandémie révèle la fragilité et la fausseté de notre société. Nous pouvons continuer de répondre à cette « agression » comme d’habitude, en renforçant notre refoulement et nos mensonges, en partant en guerre pour faire disparaître ce qui nous dérange, en nous empiffrant toujours plus vite et toujours plus intensément pour chercher l’objet externe qui enfin nous comblera et nous coupera des émotions que provoque notre désarroi profond. Ou bien en profiter pour ouvrir les yeux, déboucher nos oreilles et écouter.
Que se passe-t-il alors ? A vous de me le dire…
Il semble que lorsque l’on se réouvre à la vie qui nous entoure et dont nous sommes, lorsque l’on retrouve cette union simple avec le vivant, une joie simple d’être vivant émerge. Nous voyons et sentons les choses différemment, avec un autre goût. Nous retrouvons la saveur de vivre. C’est une fête des sens et une joie profonde. Dans la vie, par notre réintégration à la nature comme élément vivant parmi les autres, nous retrouvons nos racines. Nous nous sentons entiers, complets. Ce que nous cherchions désespérément à l’extérieur de nous, était depuis toujours en nous et tout autour de nous. Nous découvrons que nous sommes déjà entiers et que nous l’avons toujours été. Faites l’expérience, peu à peu, et vous sentirez. Expérience du souffle, de la présence. Les mots peuvent sans doute paraître mièvres, mais l’expérience ne l’est pas. A toutes les époques, dans toutes les régions du monde et toutes les cultures, des personnes ont cherché à retranscrire cette expérience (Râmana Mahârshi, Rabindranâth Tagore, Osho, Jiddu Krishnamurti, Tchouang Tseu, Lao Tseu, Thich Nhat Hahn, Saint François d’Assise, Sainte Thérèse de Lisieux, Rûmi, Ostad Elahi, Rashi, Martin Buber, Arnaud Desjardins, Armelle Six, Daniel Morin, Jean Bouchart d’Orval, Jeff Foster, Richard Moss…).
La peur peut alors se réveiller. Ce simple plaisir est-il encore durablement possible ? Mes enfants pourront-ils encore profiter de cette simple joie de vivre ? Il n’est jamais trop tard pour s’interroger sur le monde qu’on laisse à ses enfants… pour s’interroger sur ses responsabilités. Ce sera toujours possible d’être plein de la joie d’être vivant, mais dans quel environnement ? Que pouvons-nous faire ? Que pouvons-nous répondre au Covid-19 (qui est lui aussi un virus vivant qui cherche à se reproduire et à se perpétuer) ?

CE QUI SE JOUE N'EST PAS LA VICTOIRE SUR UN VIRUS MAIS BIEN LA COMPRÉHENSION DE NOTRE RÔLE DANS LES DRAMES QUI S'ANNONCENT
Voici quelques modestes et rapides pistes. Ce qui se joue n’est pas la victoire sur un virus mais bien la compréhension de notre responsabilité et de notre rôle dans les drames qui s’annoncent. Si nous ne pouvons pas contrôler la nature et les humains, il nous reste une marge d’action immédiate et majeure : le contrôle de nos créatures et de nos chimères. Le contrôle du monde parallèle. La fin du cheminement consistant peut-être à ne plus avoir besoin de contrôler quoi que ce soit. Ce cheminement a sans doute deux volets : une introspection individuelle et le discernement de perspectives pertinentes puis le passage à l’action dans la société.
L’introspection individuelle est le premier et principal contrôle dont nous disposons, celui qui nous permet de construire et de déconstruire à notre gré nos croyances et notre vision du monde, nos dénis et nos peurs, nos pulsions et nos sentiments de manque. La première chose à faire semble sans doute de nous éveiller au monde vivant qui nous entoure et nous habite et de discerner au milieu des carcans idéologiques, dogmatiques, culturels collectifs et au milieu de nos croyances individuelles celles qui sont encore pertinentes et que nous voulons conserver et celles limitantes ou opacifiantes que nous devons modifier ou dont il nous semble important de nous émanciper. Le réenracinement dans le monde de la vie va de toute façon changer notre manière d’appréhender le monde, la vie et les êtres vivants.
Au niveau social, ce qui dépend de nous est beaucoup plus délicat. Cela ne doit pas nous freiner ni nous empêcher de chercher à apporter notre pierre à l’édifice et jouer notre rôle de colibri.

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samedi 4 avril 2020

Mandala antivirus ou antiennui


De la part de Jean-Pierre Tingaud, artiste parisien :
"je vous envoie ce prototype d'Antivirus (imprimable)
- même les enfants peuvent faire le test avec des feutres (4 couleurs)
ce n'est pas un poisson d'avril (quoique... :-)
éventuellement, vous me direz si ça marche..."

Cliquez sur le dessin pour le voir plus précisément...
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mercredi 4 décembre 2019

Une vraie dualité


A l'origine, le petit bébé fait très mal la distinction entre lui et le reste du monde – il vit ce qu'on appelle communément un état fusionnel avec la mère – puis il se rend compte peu à peu que si son bras ou sa jambe fait partie de lui, sa mère, elle, est autre que lui. Il peut bouger son bras s'il le veut mais il ne déplacera pas sa mère simplement en désirant que celle-ci le fasse; il l'appelle et elle ne vient pas. Pour le bébé, et en tout cas pour le fœtus tant qu'il est dans le sein de sa mère, il n'y a pas de dualité, de division entre « moi » et « séparé de moi ». La naissance inévitable de l'ego, c'est la perception de cette distinction : ceci n'est plus moi, c'est autre, indépendant, ne répondant pas à ma demande. Il y a chez le petit enfant une nature tyrannique qui veut que la réalité soit une avec lui et qui refuse l'abandon de cette fusion. L'enfant, en grandissant, se heurte – parfois violemment – à l'autre. Puis il se plie, il cède, sans se réconcilier au fond de lui-même avec l'implacable loi de l'altérité et de la différence. Là se trouve l'origine de la dualité au sens le plus immédiat, le plus concret, et il y a refus de cette dualité chaque fois qu'elle ne nous convient pas. C'est la base de la constitution de l'ego et du mental, avec leur tendance despotique qui cherche toujours à reprendre le dessus et qui est presque tout le temps, sinon tout le temps, battue en brèche par l'existence. Parmi les personnages contradictoires qui nous composent se trouve un tyran : je veux, j'exige, j'ordonne. Il faut reconnaître l'aspect psychologique subtil qui est à la source de ces comportements dictatoriaux. 

Cette nostalgie d'un monde qui ne serait pas autre que nous subsiste à travers les années. Elle est tout le temps présente et tout le temps déçue, avec l'espoir du miracle – hélas éphémère – dans la passion amoureuse : je vais trouver avec mon bien-aimé ou ma bien-aimée la relation fusionnelle que j'ai connue autrefois dans les bras et plus encore dans le sein de ma mère. Espoir illusoire et irréalisable que l'autre va devenir moi, va devenir comme moi, va devenir identique à moi. C'est le grand leurre de la fascination amoureuse : nous sommes un, nous sommes faits l'un pour l'autre, c'est l'âme sœur, nous nous correspondons exactement, comme s'il pouvait y avoir un autre moi-même. Un alter ego, cela n'a jamais existé, cela n'existera jamais. Cette fausse non-dualité peut s'exprimer, aussi choquant que cela paraisse, par « il n'y a que moi ». Et nous vivons en effet dans un monde où il n'y a que des prolongements de moi, des projections de moi, l'annexion par moi de la réalité, même si ce phénomène psychologique est sans cesse démenti par les faits. L'aspiration à faire triompher cette fausse non-dualité ou cette fusion est aussi puissante qu'elle est erronée. Le chemin de la non-dualité, de l'unité, de la communion, passe d'abord par une vraie dualité. 

Regardez bien le diagramme célèbre du yin et du yang : une partie noire avec un point blanc et une partie blanche avec un point noir, entrelacées, car il ne s'agit pas d'un cercle coupé en deux par un diamètre. Il y a bien un cercle, un, réunissant une partie noire et une partie blanche intimement associées, mais le noir reste noir, le blanc reste blanc. Et une certaine demande fusionnelle qui demeure en nous aboutirait à mélanger le noir et le blanc en une couleur grise uniforme : enfin nous ne sommes plus qu'un! Faux. Le diagramme de l'unité du yin et du yang n'est pas une couleur grise. C'est l'association intime, à l'intérieur d'un cercle, du noir et du blanc. Vous pouvez, sans être spécialiste du taoïsme, vous souvenir de cette image. Ne cherchez pas la non-dualité là où vous ne la trouverez jamais, là où elle ne sera jamais. 

La voie vers l'état sans ego commence donc par l'effort pour vivre, exister, dans une vraie dualité.



Arnaud Desjardins
La Voie et ses pièges

dimanche 30 juin 2019

De l'enfance à l'adulte...


Et je citais il y a quelques jours seulement cette définition de la libération par Swâmiji, une de ces petites définitions qui, chaque fois, m’atteignaient au bon endroit : 
« Être libre, c’est être libre de papa et maman. » 

Arnaud Desjardins


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samedi 27 avril 2019

mardi 23 avril 2019

Puzzle unificateur...


Retrouvons l'enfant éparpillé en nous. Prendre soin de chaque morceaux. Pour devenir l'adulte au cœur d'enfant...


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dimanche 10 mars 2019

Quarante jours de joie et de grâce

 Avec Jésus poussé par l'Esprit au désert, entrons dans le temps du carême, le cœur joyeux, mais prêts à partir au combat, les yeux rivés sur le feu de Pâques.







Tu es une poussière aimée !
Illustration Juliette Léveillé
Mercredi dernier, le prêtre a tracé sur toi une petite croix avec des cendres. Par ce signe pénitentiel, tu t'es reconnu poussière, mais une poussière aimée. Pécheur, mais un pécheur pardonné. « Miséricordié » ! Te voici donc disposé à entrer dans l'itinéraire du carême. Et tu peux le faire le cœur joyeux et non pas affligé, car c'est un temps de grâce pour que, au bout de ta marche, tu puisses recevoir le feu de Pâques, en brûler et en rayonner autour de toi. Ne perds jamais de vue cet horizon !
Prépare-toi au combat
Entre dans le carême le cœur léger donc, confiant en la miséricorde divine, mais prêt à partir au combat. Regarde Jésus : après son baptême, le voici « conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon » (Luc 4, 1-2). Suivre Jésus pas à pas - et c'est bien l'idée du carême - implique de lutter personnellement contre le diable, qui ne manquera jamais de mettre des embûches sur ta route. Dans ces moments, saisis, avec Dieu, les armes de la foi : la prière, le partage et le jeûne.
Le meilleur jeûne
Quel est donc ce jeûne qui plaît à Dieu ? Écoute le pape François : « Jeûnez de mots offensants et transmettez seulement des mots doux et tendres. Jeûnez de colère et remplissez-vous de douceur et de patience. Jeûnez de soucis et ayez confiance en Dieu. Jeûnez d'égoïsme et équipez-vous de compassion pour les autres. Jeûnez de mots et équipez-vous de silence et de la disponibilité à écouter les autres. » À toi de jouer !
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jeudi 21 février 2019

lundi 17 septembre 2018

Ecole de la forêt...



Une école pour avoir confiance en soi...
On ne doit pas avoir de forêts en France, ou elles sont plus dangereuses, ou il y fait plus froid...ou il y a des tiques de protection...




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vendredi 5 janvier 2018

Pour un monde meilleur


Denis Marquet répond à la question d'un enfant


source : France Inter émission "Les p'tits bateaux" 

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mercredi 18 octobre 2017

Accepter ce qui est sans jugement




Accepter ce qui est sans jugement, voilà la clé.
« C’est ce qui est », comme si cela n’allait jamais être différent.
Tant que vous avez le désir que ce soit différent, vous réduisez votre aptitude à accepter complètement. Accepter complètement implique l’absence de jugement : cela est ce qui est, tel que c’est, parfait, ici et maintenant. Vous permettez alors à l’intelligence innée de votre moi humaniste d’être différente, si la différence est l’évolution du processus. Mais tant que vous voulez être différent, c’est que l’ego contrôle le processus ; alors le processus ne trouvera pas sa manière avec vous.
La vie ne nous donne pas toujours exactement ce que nous préférons, mais elle nous donne ce dont nous avons besoin pour être dans une relation optimale avec le Divin.
La seule chose que l’ego fera toujours, c’est de renforcer ses propres points de vue. Etes-vous remplie de haine envers vous-même ou vous sentez-vous dévalorisée en tant que femme ? Si c’est le cas, vous allez attirer à vous un homme qui abusera de vous physiquement et qui aura beaucoup d’aventures. Il est stupéfiant de constater à quel point certaines personnes peuvent se rendre malades et n’arrivent pas à joindre les deux bouts, financièrement, alors que d’autres ne font apparemment rien et sont couvertes d’or. Cela ne concerne pas Dieu, mais l’ego. Enfant, nous développons une stratégie psychologique et nous orientons le monde de telle manière qu’il serve notre stratégie, littéralement.
Si nous acceptons ce qui est, sans jugement, il n’y a pas d’ego là-dedans. Ce qui est est, peu importe ce qu’on en pense. Ce qui est est. Alors la réalité devient un mécanisme de l’intelligence de la vie et de l’univers, au lieu d’être un mécanisme de l’ego.
Lee Lozowick
Le Réel tel quel

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