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samedi 20 juillet 2024

Qui je suis...



 ” Je ne pourrais pas dire qui je suis. Je n'en ai pas la moindre idée. Je suis quelqu'un sans origine, sans histoire, sans pays et j'y tiens. Je suis là, je suis libre, je peux tout m'imaginer. Tous est possible. Je n'ai qu'à lever les yeux et je redeviens le monde. (…). ”

~ réplique du film “Les Ailes du Désir, réalisé par Wim Wenders à Berlin. Prix de la mise en scène Festival de Cannes 1987.

Le titre original du film est « Der Himmel über Berlin » (le Ciel au-dessus de Berlin)

- photo des acteurs-Anges inoubliables Otto Sanders and Bruno Ganz ❤️

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mercredi 10 janvier 2024

Souriez, la vie vous filme.

"Le sourire est le pont.

Pas le rictus, ni le rire. Le sourire.

Le rire est le contraire des pleurs.

Le sourire n'a pas de contraire."

- Dialogues avec l'ange, recueillis par Gitta Mallasz



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vendredi 25 décembre 2020

Joyeux Noël

 Bienvenue sur cette terre !


Dans les traditions les plus anciennes, l’Ange est l’expression de l’Éternité en soi, la reliance (Alliance) à la « vibration » d’origine, "l’Avant" l’incarnation dans le temps linéaire. (l’avent, à-vent = souffle sacré, instruments à vent, chant, orgue ), l’Avant l’incarnation dans le temps linéaire. 

C'est la Voyelles des lettres...

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mercredi 16 décembre 2020

Quelques plumes d'ange...

 Voici un article extrait du très beau blog de La Licorne



Extraits du livre: "Dialogues avec l'ange", 

recueilli par Gitta Mallasz

 

C'est au plus profond de la nuit 
que se manifeste la lumière.

 .

La grandeur de l'obstacle n'est pas punition 
mais confiance.

 .

Allume les hommes 
et ne t'attriste pas des ténèbres.

 .

Ne corrige pas le mauvais, mon serviteur, 
mais augmente le bon.

 .

Le désespoir, le doute sont manque d'unité. 
Ne demeure pas dans la dualité. 


Ce qui est sève pour la plante , 
est joie de vivre pour l'homme.

 .

Sois toujours pleine de joie, envers tous, envers tout!
Envers toi-même aussi!

 .

Tu ne rayonneras pas, si tu oublies de le demander. 
La demande est nécessaire. 
Ne sois pas tiède à demander, 
demande toujours! Constamment!

 .

Tu accueilles en toi le mal et tu le transformes en bien. 
Car le mal n'existe pas, mais seulement la force non transformée.

 .

Le monde a soif - en vous la source. 
Le monde hurle - en vous le silence. 
Le monde pleure - en vous le seul baume.

.

 Tout animal sait pleurer, gémir. 

Sourire, seul l'homme le sait. 
C'est la clef. 
Ne souriez pas seulement 
lorsque vous êtes de bonne humeur! 
Votre sourire est sourire créateur!

 .

Le sourire élève au dessus de tout. 
Le sourire intérieur est la condition première.

.

Avez-vous observé où vous en êtes 
lorsque vous ne pouvez pas sourire? 
Dans la boue, dans la boue gluante.

 .

"C'était" - est omission, 
"ce serait bon" - incapacité, 
"c'est bon" - suffisance. 
Que ta parole soit: "que ce soit!"


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dimanche 25 octobre 2020

Le visage éternel

 

Lors d'une de mes promenades dans les rues de Paris, je suis tombée sur un jeune garçon de 5 ou 6 ans qui contemplait pensivement la façade de l'immeuble devant lui, attendant patiemment que sa mère termine une conversation à quelques pas de là. J'aime toujours regarder ce que regardent les enfants, car ils voient ce que nous ne savons plus voir et qui pourtant saute aux yeux. En l'occurrence, il y avait au rez-de-chaussée de l'immeuble, une large et grande fenêtre à barreaux qui réfléchissait dans le miroir de sa vitre teintée le bleu du ciel, le blanc des nuages et le feuillage d'automne d'un arbre.


Les anges portent-ils des masques ?

« Que regardes-tu ainsi ? », lui ai-je demandé. Il a levé les yeux vers moi, et il m'a répondu en riant : « Tu ne vois pas ! Ils ont mis le ciel en prison ! » Oui, ce n'était pas un mirage, et j'avais bien devant moi la prison du ciel. Pourquoi mettons-nous des barreaux à nos fenêtres ? Pour que personne ne rentre chez nous ! Pourquoi mettons-nous des vitres teintées ? Pour que personne ne voie à l'intérieur ! Et bien souvent, nous oublions qu'il suffit de quelques barreaux et d'une vitre teintée pour arrêter le ciel et fermer notre porte à Celui qui frappe patiemment pour entrer chez nous et y faire sa demeure. Or voilà que le vent souffle, faisant défiler les nuages et tomber les feuilles dans le miroir.


Heureux d'avoir quelqu'un à qui parler, ce jeune garçon m'a demandé si je pensais que les anges autour de nous portaient des masques eux aussi. Je lui ai répondu que je ne savais pas, mais que je pensais que les anges pouvaient perdre, en ce moment, leurs plumes, comme les arbres, leurs feuilles. Que se retrouvant nus, ils auraient besoin cet hiver de la chaleur de nos coeurs, et que, dépourvus d'ailes, ils emprunteraient nos bicyclettes, au printemps, pour aller chercher des plumes toutes neuves.

« Es-tu prêt à prêter ton vélo à un ange ? », ai-je demandé à cet enfant, conquis par mon histoire. Du haut de son âge encore déraisonnable, il m'a dit que oui, si c'était pour qu'il change de plumes et en retrouve d'autres ! Il m'a alors confié que sa mère lui avait expliqué que les masques que les adultes portent dans la rue sont comme les masques de beauté qu'elle étale parfois sur sa peau le soir. Ce sont des masques qui vont permettre aux personnes de se faire beaux et belles. Des masques qui vont soigner leur peau, et réparer quelque chose en eux pour que leurs sourires reviennent au printemps.

 

L'autre : un visage, un rivage

Moi qui ne sais plus regarder les gens dans les yeux, ne voyant que leurs masques, voilà que ces paroles de mère et d'enfant me sauvaient du naufrage. Quelle joie de pouvoir envisager différemment ces barreaux de tissu où nous emprisonnons le ciel et nos sourires ! Comme si seules les mères connaissaient pleinement ce mystère du face-à-face, du cœur-à-cœur, du « joue-à-joue » que sont les visages. Comme si seules les mères pouvaient entendre le désir du jeune enfant en nous de dévisager. Comme si seules les mères pouvaient nous apprendre à voir en l'autre ce qu'il est : un visage, un rivage.

Rentrée chez moi, désireuse de plonger mon regard dans un visage, j'ai mis sur ma table de travail une icône de la Sainte Face. Les peintres d'icônes nous rappellent que le Christ est un visage. Non pas un masque de personnage, mais le visage d'une personne. Un visage qui a connu nos ténèbres et qui s'est illuminé d'amour pour ces enfants perdus en recherche de face-à-face que nous sommes. Une icône ne fige pas les traits et elle ne masque rien. Elle accepte la vie comme la mort, elle accomplit tout et elle nous donne à contempler ce que le ciel a ouvert et révélé en nous : son visage éternel.


Charlotte Jousseaume
source : La Vie
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mercredi 25 décembre 2019

Noël en profondeur


J’ai la chance d’aimer la solitude.
Dans le passé, la maladie et la dépression m’ont donné le goût de la descente dans les profondeurs.
Et puis les enseigneme
nts traditionnels sont venus, les murs qui masquaient les mondes invisibles se sont lézardés, et la Présence s’est ouverte dans une autre profondeur.
La Nativité est pour moi le lieu-même de cette autre profondeur -un dépouillement, qui est plénitude de l’essentiel.
J’entre avec gratitude et volupté dans la solitude et le silence où s’apprivoise au fil d’un temps incertain le murmure de la source d’Eau Vive...
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. » (Antoine de Saint-Exupéry)
Là où crèche le silence, le poids de la solitude est un ancrage en ciel comme en terre, seuls les anges répondent...

...
Je vous souhaite à chacun et chacune une douce descente au cœur de l’hiver jusqu’au jaillissement de la Lumière des Mondes...


Vierge à l’Enfant, cathédrale d’Évry
-Judith Cypel-

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samedi 4 mai 2019

Cercles d'anges


Anges, à partir d'un manuscrit de la kabbale, France, 1536 
(Genève, bibliothèque de Genève ms. FR. 167, f. 105)

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vendredi 22 mars 2019

Les anges, derrière ton épaule


C’est dans le dernier livre de Christian Bobin, La Nuit du cœur, une merveille comme d’habitude. Dès le chapitre 3, ceci : « J’écoute le bruit que fait l’araignée d’eau courant sur l’étang. Je frissonne au passage d’un ange pressé de rentrer chez lui. » Christian voit des anges partout ; c’est une des sources de sa grâce.

Il y a des gens comme ça, qui croient aux anges. Longtemps, j’ai eu du mal avec ce truc, vraiment. Peut-être était-ce dû à une patiente, croisée lorsque j’étais jeune interne. Elle se promenait dans les couloirs de l’hôpital en écartant de ses mains des mouches qui volaient tout autour d’elle. Mais il n’y avait pas de mouches. Et quand je lui demandai pourquoi ces gestes de la main, elle m’expliqua, l’air préoccupé : « ce sont les anges, qui volent trop près de moi ; ne les voyez- vous pas ? » Non, je ne les voyais pas ; et je ne les vois toujours pas aujourd’hui.

Mais beaucoup de mes proches les voient, ou les sentent. C’est mon cousin François, qui nous raconte qu’il a perçu leur présence, au soir d’une journée d’été où l’amitié a soufflé sur notre groupe, et réconforté un de ses frères, déprimé. C’est mon épouse, après la lecture d’un petit livre offert par une amie, qui se met, dès le lendemain, à voir la main des anges derrière toutes les joies de la journée.

À leur contact, je me mets parfois à croire, moi aussi, aux anges, à chercher leurs traces dans nos vies. Cela m’aide à mieux voir tous ces copeaux de bonheurs minuscules qui nous tombent du ciel, chaque jour. Ils sont vraiment là, eux ; ils ne sont pas une illusion. Croire aux anges me fait du bien. Un bien fou.

Je pense souvent à la phrase de Claude Nougaro, dans sa chanson Plume d’Ange : « La foi est plus belle que Dieu. » Même si Dieu n’existe pas, la foi est belle et réconfortante. Même si les anges n’existent pas, songer à leur présence à nos côtés nous soutient, nous ouvre les yeux sur ce que nous oublions : la chance d’être là, vivants.

Croire aux anges nous rend humbles : tout ne dépend pas de nous, de nos efforts, de nos qualités ; pour que la vie soit belle et bonne, il y a aussi des choses et des chances qui doivent nous tomber du ciel.

Croire aux anges, c’est penser qu’une présence aimante veille sur nous. Parfois imprévisible dans ses actions, dans ses absences, dans ses violences aussi, que nous ne comprenons pas, ou seulement des années plus tard.

Pas besoin d’y croire à 100%. On peut juste se contenter d’une demi-croyance. On en a beaucoup, de ces demi-croyances, de ces confiances dont nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient fondées ni garanties, mais dont nous percevons obscurément que nous ne pourrions vivre sans elles.

Maintenant, arrêtez-vous de lire. Arrêtez-vous de tout. Respirez. Écoutez. Ressentez. Je suis sûr qu’il y en a un, là, penché sur votre épaule, juste à cet instant… 

 Christophe André
 cet article a été initialement publié dans Psychologies Magazine en décembre 2018.


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dimanche 17 mars 2019

Aux sources de l'amour avec Philippe Mac Leod

Écrivain et poète, chroniqueur dans La Vie depuis bien des années, Philippe Mac Leod est décédé le 25 février. Nous lui rendons hommage en publiant ce texte inédit.







CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
© Jean-Pierre Denis - Après les obsèques de Philippe Mac Leod, le 1er mars, plusieurs de ses amis et lecteurs se sont retrouvés dans les Côtes-d'Armor
Par une indéfinissable magie la lumière me retient sur le seuil. Il y a pourtant, à cette heure, encore tant à faire à l'intérieur de la maison : la vaisselle, par exemple, un brin de ménage dans les toiles d'araignée surprises par le soleil radieux. Malgré sa douceur, ce quelque chose d'indéfinissable à entendre et à comprendre s'impose d'une manière si impérieuse. Comment y résister ? Déjà le dos de la chaise vide m'interpellait de son silence cuivré, à table, mais ne mangeant ni ne parlant, buvant en chaque instant toute la lumière du monde, par petites gorgées, mais longues, longues et profondes.
La lumière n'a pas d'âge, comme l'instant toujours neuf, comme le silence qui s'installe en moi dès que le cœur se détache de la chaîne des préoccupations : le silence, le beau silence roulé dans un mince reflet qui brille sur le bois de la table débarrassée ; le silence, lorsque la lumière s'entortille dans la rigole d'un brin d'herbe à la fenêtre, étale sur le grain grossier de la pierre un glacis de porcelaine ou colle sur la vitre un grand miroir aux eaux lisses et mobiles.
Où que l'on se trouve, et à l'heure exacte où l'instant nous trouve, voici qu'apparaît la frêle chapelle d'un sanctuaire itinérant, avec son jour de vitrail, ses miroitements, ses ombres frêles et ses clartés d'un mystère tout proche. La lumière libère les sources de l'amour, en tout lieu ouvrant de petites failles, de tremblants interstices, longues fissures dans la pierre de nos inerties. C'est un appel à la vie, la vraie, au seul réel qui soit et ne se révèle que dans le détachement, l'attention enfin libre de toute attente.
Ainsi les anges sans doute se posent-ils parmi nous, sans bruit, par milliers, sur le bord d'un meuble, dans un chausson qui traîne, parmi les fleurs sur les dalles de la terrasse. Leurs ailes déploient la lumière. Le silence garde le chatoiement de leur passage discret comme le tremblement d'un souffle. Ils ne s'attardent pas, jamais, ne connaissant pas l'insistance, mais laissent ouverte après leur départ la brèche, le mince interstice à travers lequel on voit l'abîme de douceur qui fait la profondeur des choses.
Ils poussent des portes, ils plantent des échelles, ils plongent des regards émerveillés en nous invitant à descendre le long de la corde « entretissée » de l'or du jour et du fil ténu d'un chant d'oiseau plus solide que le temps qui passe. On hésite à les suivre, confortablement assis dans un fauteuil. On guette cependant, on veille. On est peut-être un de ces anges, le temps d'un silence, dans la grande lumière, le monde un moment suspendu, aussi léger que le rayon dans les branches, le reflet d'un nuage embrasé à la surface de l'eau en contrebas, froide et pure encore de tout savoir. De même, à la surface des yeux, il n'est plus rien à retenir. Il s'agit seulement de s'ouvrir à cet instant de la révélation que certifie la paix de son sceau inimitable. On ne trouve plus la place pour une pensée, la trop encombrante mémoire, et si revient la complainte du chagrin, le monde tout entier se referme et me laisse au dehors.
L'amour toujours plus léger, plus transparent, m'invite à l'ascèse de l'instant, laissant tout sur le seuil, la plainte et la rengaine, pour entrer nu comme la lumière dans cette plénitude d'un moment d'être véritable. Oh ! Lave-moi, douce lumière ! Loin au fond de la chair encore sombre et nouée par endroits. Purifie-moi aux sources de l'instant, qui fait le seul présent de Dieu et la couleur si fragile de l'amour.
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Philippe Mac Leod 
1954 Naissance à Port-Lyautey, au Maroc.
2016 S'installe près de la chapelle de Goz-Iliz dans les Côtes-d'Armor.
2019 Supplique du vivant et Variations sur le silence (Ad Solem).
25 février Décès.
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samedi 21 avril 2018

Dialogue avec l'Ange...




"La Création entière n'est faite que de Lumière. 
Il m'apparaît qu'en réalité il n'y a ni matière, ni esprit, seulement différents degrés de vibration d'une seule et unique Lumière. 
Hanna illustre cette vibration en montrant que la Lumière vient d'un seul point :
La Source Divine. 
Elle jaillit avec une intensité inimaginable, passant des vibrations les plus ténues à des fréquences de plus en plus denses. La plus dense de toutes, nous l'appelons "pierre".
Au milieu du schéma, il y a une interruption d'une importance extrême : cela veut dire que le courant de Lumière n'est pas continu.

La vibration la plus basse de l'Ange est la seule qui peut rejoindre la vibration la plus haute de l'homme : Ainsi le haut et la bas sont unis dans l'Homme Nouveau. 
Pour l'instant, la brèche, l'interruption entre la vibration la plus haute de l'Ange et la plus basse de l'homme existe encore : on l'appelle aussi la mort. 
La naissance de l'Homme Nouveau est la mort de la mort ." 
 

Dialogues avec l'Ange,
Gitta Mallasz


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mercredi 3 février 2016

Les cieux de Marie-Elise Larène


Peintre et pastelliste, elle crée, depuis près de 30 ans, des ciels. À leur contact, elle a découvert la dimension spirituelle qui l'habitait et qui ne demandait qu'à éclore. ...


Ma dimension spirituelle a mis du temps à émerger. Son fil conducteur était logé en moi, depuis toujours. J'ai été une petite fille fervente, entourée par des parents pieux. Mon père a d'ailleurs voué sa vie à la Vierge par son art. J'ai un souvenir très fort de ma confirmation qui m'a bouleversée. Avec le recul, je considère cet événement comme une expérience de Dieu. Assez jeune, j'avais troqué la pratique religieuse contre la visite de lieux de cultes où je trouvais de quoi épancher ma soif : à l'église Saint-Julien-le-Pauvre (Paris Ve), séduite par la liturgie orientale d'une grande beauté, à Saint-Georges (Paris XIXe), bercée par les chants orthodoxes... Ces rites étrangers me transportaient dans un doux voyage poétique. Ma vie spirituelle s'est créée comme j'ai fait mes dessins : elle a puisé sa source dans mes expériences, mes épreuves, et dans mon coeur. Jusqu'à la cinquantaine, j'en avais une idée très floue. Dans mes tableaux, elle se manifestait sur un plan poétique, mystique, onirique. Ces composantes, retrouvées dans les ciels, m'ont peu à peu permis de rejoindre une sphère bien plus profonde, au goût d'éternité.

L'éternité est dans un écrin qu'il nous appartient à tous d'ouvrir, à tout moment. Il est comme un flocon de neige porté par le vent. Mes toiles fixent cette dimension qui m'habite, avant, pendant, et après l'acte créateur. Le temps est alors comme suspendu, arrêté. L'éternité est ce présent vécu avec intensité, non pas dans l'intelligence, mais dans le cœur. Lorsque je peins, je fais fi de tout le reste. Cette plénitude, je la retrouve dans la méditation, le matin. Descendue dans mon ciel intérieur, j'embrasse alors un peu de cette béatitude dans laquelle j'espère être plongée après ma mort. Nous en avons tellement peur, et si peu de belles choses sont dites à son propos ! Nous ne pouvons certes qu'esquisser une image de l'au-delà. Mais je n'ai aucun doute sur son existence. Je crois que nous sommes un esprit divin dans un corps physique, et que notre enveloppe s'éteint, disparaît, le passage franchi. Je vois la vie comme un terrain d'expériences, d'apprentissages précieux permettant à chacun de se découvrir en vérité et en plénitude. Pour, au final, retourner à un état de perfection, semblable à celui du nourrisson, qui n'a rien d'autre à donner et à recevoir que de l'amour. Mon but est de mourir au plus proche de cet état de confiance et de pureté. Je vois la mort comme les retrouvailles d'un lieu d'accueil fabuleux. Retrouvailles avec le Père éternel et tous ceux que nous aurons aimés. Le ciel sera ma récompense. C'est sur terre que la vie est sans concession !

J'ai fini par comprendre à quel point je l'aimais, cette vie. Il m'a fallu 32 ans. Mes toiles contiennent toujours un horizon de terre car je me refuse à être en apesanteur, suspendue au-dessus du vide : je veux témoigner de la beauté du ciel sur la terre, en tant qu'être humain, à ma hauteur d'1,63 m. J'offre à voir quelque chose auquel les gens ne donnent que peu de temps et d'attention. Or, nous nous rejoignons tous quand il s'agit de beauté, d'équilibre et d'harmonie. L'artiste a pour vocation de proposer d'autres chemins de vie, de visions et de conscience des choses. Depuis peu, je dessine, et brode certaines de mes œuvres au fil d'or, des anges. Par ces créations, je voudrais que chacun prenne conscience qu'un ange veille sur lui à chaque instant. Loin d'être une fuite, le ciel est un tremplin pour aller plus loin, plus haut. Mes tableaux traduisent cet idéal, mais ils sont aussi le reflet de mon état d'être profond, le témoin de ma foi et de mon idéal. Accordé à mon tempérament passionné, le pastel, qui est fait avec des pigments purs, sert mes toiles d'une intensité vibrante.

Le ciel, qui n'est qu'inconstance de par ses mouvements et ses couleurs changeantes, m'a appris à accepter l'impermanence de la vie, sans me sentir pour autant en insécurité. C'est d'ailleurs lorsque j'ai perdu la sécurité matérielle et connu la précarité que j'ai dû apprendre à me forger intérieurement pour gagner ma liberté. Les sécurités que je cherchais à l'extérieur étaient en fait des chaînes. On ne gagne jamais autant sa liberté que lorsqu'on en a manqué : 18 ans durant, j'ai peint des ciels dans une cave. Manquer de lumière me poussait à la désirer ardemment, et donc à la créer.

Je ne demande ni assurances, ni preuves, ni garanties. Je ne cherche pas de réponses, mais des épousailles avec le mystère qui me comble et me remplit. Je crois qu'un dessein divin nous conduit. Et souvent, j'ai été surprise de mon propre chemin. Comment être pessimiste puisque je ne sais rien de l'avenir ? Je fais ce que j'ai à faire pour aider. Je sais que je suis là pour ça.



source : La Vie
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dimanche 1 juin 2014

L'ange destructeur par Benoît Billot

J’entre dans le secrétariat de ma communauté, et j’aperçois le dernier-né de nos appareils de bureau : un « destructeur de documents ».
La notice vient d’être affichée, bien en vue, au-dessus de la machine, et j’y lis, écrit à la main en grosses lettres - «mode d’emploi du destructeur »...

...Le Destructeur est toujours à nos portes. 
Et mieux que cela, il habite nos vies. Aujourd’hui, on le nommerait peut-être pulsion de mort. Car tout être, comme toute collectivité, est habité par cette tendance. Elle lui fait rétrécir ses chances, regarder sa vie de façon négative, craindre les autres et les événements, fuir le risque, choisir ce qui est bien connu, et souvent s’enfermer dans une bulle : sécurité, sécurité ! Notre époque nous y invite. Cette bulle va-t-elle devenir chrysalide ? Il y aurait alors ouverture, espoir d’une renaissance. Mais hélas, bien souvent sans s’en rendre compte, beaucoup ont tellement pris l’habitude de se protéger et de restreindre leur élan vital qu’ils n’imaginent plus qu’il puisse en être autrement. Ils stagnent alors dans des vies marquées par des idées un peu mesquines, des comportements peureux et une sorte d’amertume : celle de manquer le rendez-vous avec la vraie vie.

Regardons notre Destructeur en face. Et pour cela, apprenons à reconnaître son engeance en faisant appel à la grande vertu de discernement. Une aigreur tenace, une colère sourde contre les manifestations de la vie, une méfiance permanente... sont les enfants d’un Destructeur non reconnu et maîtrisé. Disons-le clairement : personne ne pourra l’éliminer, il fait partie de notre ménagerie intérieure. Autant faire sa connaissance, lui attribuer une place et veiller à ce qu’il ne dépasse pas les limites qu’on lui a attribuées. Il peut même finir par tenir un rôle reconnu. Pourquoi ne pas lui confier la charge de nous débarrasser de ce que les ans ont accumulé dans notre maison et qui ne sert plus à rien : déchetteries et organismes de recyclage sont à nos portes.

Mais pourquoi ne pas l’enrôler aussi dans notre combat spirituel ?
Lui demander de veiller à notre chemin de vie et de nous aider à écarter les inévitables obstacles, intérieurs ou extérieurs ? Si nous mettons en œuvre cette grande sagesse, il se transfigure et devient « l’Ange destructeur ».

Benoît Billot

vendredi 27 décembre 2013

Les bonheurs de Sophie (1)

Voici un extrait des célèbres Malheurs de Sophie, de la comtesse de Ségur. 
On a beaucoup reproché à celle-ci un manichéisme et un moralisme étroit. 
Ma lecture est différente : si je reconnais bien dans ce texte un certain vocabulaire moraliste propre au 19e siècle et un ton destiné à un public enfantin, j'y découvre aussi, plus essentiellement, un récit particulièrement riche de sens et d'une étonnante profondeur. 
Mais chut ! Pour l'instant, je ne ferai pas de commentaire. Je vous laisse entrer dans ce rêve de Sophie, la fillette dont le prénom signale la quête d'une sagesse authentique... Je vous invite à pénétrer dans l'étrangeté de ces jardins de l'Autre Monde et à laisser la narration faire son oeuvre en vous...

A suivre... 
Sabine (auteure du Jeu des Miroirs)


Sophie eut une nuit un peu agitée ; elle rêva qu’elle était près d’un jardin dont elle était séparée par une barrière ; ce jardin était rempli de fleurs et de fruits qui semblaient délicieux. Elle cherchait à y entrer ; son bon ange la tirait en arrière et lui disait d’une voix triste : « N’entre pas, Sophie ; ne goûte pas à ces fruits qui te semblent si bons, et qui sont amers et empoisonnés ; ne sens pas ces fleurs qui paraissent si belles et qui répandent une odeur infecte et empoisonnée. Ce jardin est le jardin du mal. Laisse-moi te mener dans le jardin du bien. 
– Mais, dit Sophie, le chemin pour y aller est raboteux, plein de pierres, tandis que l’autre est couvert d’un sable fin, doux aux pieds. 
– Oui, dit l’ange, mais le chemin raboteux te mènera dans un jardin de délices. L’autre chemin te mènera dans un lieu de souffrance, de tristesse ; tout y est mauvais ; les êtres qui l’habitent sont méchants et cruels ; au lieu de te consoler, ils riront de tes souffrances, ils les augmenteront en te tourmentant eux-mêmes. » 
Sophie hésita ; elle regardait le beau jardin rempli de fleurs, de fruits, les allées sablées et ombragées ; puis, jetant un coup d’œil sur le chemin raboteux et aride qui semblait n’avoir pas de fin, elle se retourna vers la barrière, qui s’ouvrit devant elle, et, s’arrachant des mains de son bon ange, elle entra dans le jardin. 
L’ange lui cria : « Reviens, reviens, Sophie, je t’attendrai à la barrière ; je t’y attendrai jusqu’à ta mort, et, si jamais tu reviens à moi, je te mènerai au jardin de délices par le chemin raboteux, qui s’adoucira et s’embellira à mesure que tu y avanceras. » 

Sophie n’écouta pas la voix de son bon ange : de jolis enfants lui faisaient signe d’avancer, elle courut à eux, ils l’entourèrent en riant, et se mirent les uns à la pincer, les autres à la tirailler, à lui jeter du sable dans les yeux. 


Sophie se débarrassa d’eux avec peine, et, s’éloignant, elle cueillit une fleur d’une apparence charmante ; elle la sentit et la rejeta loin d’elle : l’odeur en était affreuse. Elle continua à avancer, et, voyant les arbres chargés des plus beaux fruits, elle en prit un et y goûta ; mais elle le jeta avec plus d’horreur encore que la fleur : le goût en était amer et détestable. 


Sophie, un peu attristée, continua sa promenade, mais partout elle fut trompée comme pour les fleurs et les fruits. Quand elle fut restée quelque temps dans ce jardin où tout était mauvais, elle pensa à son bon ange, et, malgré les promesses et les cris des méchants, elle courut à la barrière et aperçut son bon ange, qui lui tendait les bras. Repoussant les méchants enfants, elle se jeta dans les bras de l’ange, qui l’entraîna dans le chemin raboteux. Les premiers pas lui parurent difficiles, mais plus elle avançait et plus le chemin devenait doux, plus le pays lui semblait frais et agréable. 

Elle allait entrer dans le jardin du bien, lorsqu’elle s’éveilla agitée et baignée de sueur. Elle pensa longtemps à ce rêve. [...]


Les Malheurs de Sophie
 XVI – Les fruits confits. 
Par la Comtesse de Ségur

samedi 6 avril 2013

Sans réfléchir, s'offrir un peu d'amour


Voyons, ce week-end, les jugements que nous posons sur nous... Sont-ils légitimes ?




samedi 21 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (5)

Cinquième épisode : De l'ombre à la lumière

1- La prostituée de Babylone : Nous sommes toujours dans les dangers des illusions du monde. Explication symbolique de cette femme et sens historique de cette vision au temps de Jean. 

2- La chute de Babylone : Annonce de cette disparition d’un monde vicié qui s’écroule, comme ces démons combattus par de simples oiseaux blancs. Ils sont signe de la lumière qui perce l’ombre et la fait disparaître.


3- La mesure de la Jérusalem : Image du renouveau de l’homme. Nous met face à cette ville nouvelle : du jardin de l’Eden à une ville. 


4- Conclusion sur ce périple de l’Apocalypse qui est passage de l’ombre à la lumière, avec une lecture du dernier passage du texte de l’Apocalypse : sur l’appel du Christ au lecteur : "Viens !".

dimanche 29 avril 2012

Les anges avec Annick de Souzenelle (3)

"Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! dit Jésus ! "L'Evangile est semé de cette injonction divine que déjà Israël faisait sienne : Ecoute Israël. . ." Quelle est donc l'oreille qui peut entendre ? Quel oeil, capable de voir ? Et quel est le coeur suffisamment ouvert pour comprendre ? Il semble que nos sens épris, du réel immédiat, épris du connu, ferment leurs capacités détectrices de l'essentiel !"




Dernière partie (15 min.)

samedi 28 avril 2012

Les anges avec Annick de Souzenelle (2)

Au long de décennies passées à interroger le texte biblique et les mystères de sa langue, Annick de Souzenelle a construit une lecture originale et vivante de la tradition hébraïque. Tout se fonde, dans le travail d'Annick de Souzenelle, sur une lecture pas à pas du texte hébraïque de la Genèse, à travers ses non-dits, ses allusions que seul peut comprendre celui ou celle qui a répudié les promesses illusoires de la traduction : les deux tomes volumineux d'Alliance de feu, réédités récemment, sont le fruit de ce patient cheminement. Partant d'une intuition profonde de la spiritualité chrétienne originelle, Annick de Souzenelle dégage ce patrimoine universel de sa gangue moralisatrice pour en restituer la vitalité enthousiasmante. Mettant à portée de tout un chacun la richesse infinie du texte sacré, elle nous donne ainsi à contempler l'amour divin derrière ces mots qu'un « exil existentiel » nous fait parfois lire comme terribles...


Partie 2 (18 min.)