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samedi 30 mai 2026

Graine après destruction...

 Q : Avant de venir ici, je m'attendais à être pleine d'amour. En fait, je me sens faible et fatiguée.

Nisargadatta Maharaj : C'est à cause du processus de destruction. Pour commencer, vous avez besoin d'être complètement démolie et reconstruite. Avant de planter la graine, il faut cultiver et fertiliser le terrain. Ce n'est qu'après avoir labouré le sol et planté la graine que la germination a lieu. Le processus de démolition est nécessaire. Ensuite, quand il ne reste plus que la conscience, la germination a lieu.
Graines de Conscience - 6 septembre 1979
via Nisargadatta Maharaj – Enseignement

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samedi 10 mai 2025

Espace de paix


Par temps de guerre, il faut prendre en considération, l’épouvantable liberté du moineau, l’indifférence généreuse et parfumée de la rose…
Tant de vies et de sang perdus dans l’immensité heureuse du printemps,
Tous ces innocents écrasés par des chars,
Tous ces hommes enflammés par des drones…
Qui osera dire encore que la guerre est juste ?
Cela est juste absurde, contagieux comme le virus que seul le rien arrête.
Pourquoi obéissons-nous à des ordres qui nous tuent, qui détruisent tout ce qu’on peut détruire…
On ne lutte pas avec le ciel bleu !
Y a-t-il un seul obus qui ne nous retombe pas sur la tête ?
Seul l’espace en chacun de nous n’est pas atteint par la grande mitrailleuse,
là où respire l’épouvantable moineau,
la sérénité de la rose et l’invincible printemps.

Jean-Yves Leloup, Mai 2025



lundi 23 septembre 2024

L'Indestructible, par Arnaud Desjardins


 « Swâmiji m’a dit un jour : « You know shooting films because you have the being of a cameraman – vous savez filmer parce que vous avez l’être d’un cameraman. » En tant que réalisateur de films, je peux dire que c’était vrai : j’ai été bien servi par le cameraman Arnaud Desjardins, donc je comprends bien Swâmiji. Mais, une fois rentré dans ma petite chambre et notant mon entretien, je me suis demandé : « Pourquoi m’a-t-il dit cela ? Qu’est-ce que cette formulation qui mélange les verbes avoir et être ? » C’est qu’en effet « l’être d’un cameraman » est périssable et mourra si j’ai une maladie évolutive aux yeux qui fait que je vois de moins en moins bien. La cécité détruit les cameramen et les coureurs automobiles, pas les ténors. Et elle ne détruit pas les pères ou les mères. 

Si une femme pianiste virtuose et mère perd son enfant, la mère est brisée mais pas la pianiste. On peut même imaginer que sa souffrance de mère, si elle arrive à la surmonter, puisse enrichir sa sensibilité pour interpréter certaines œuvres. Mais un accident aux mains, même léger, et la pianiste est détruite. Elle peut encore jouer une petite mélodie pour apprendre des chansons à ses enfants mais la virtuose a été tuée. Tous ces aspects de nous-mêmes pour lesquels nous nous prenons sont destructibles – tous ne seront pas détruits mais la plupart le seront par le vieillissement : on n’a plus les mêmes performances physiques, la même mémoire, le même magnétisme sexuel. 

Réfléchissez à cette idée. J’ai des enfants, donc c’est moi en tant que père qui suis plus ou moins comblé, déçu ou détruit. Mes enfants sont charmants et bons élèves, je suis un père heureux. Un de mes fils tombe sous la coupe d’une bande de jeunes révoltés et il en arrive au petit banditisme : je suis détruit en tant que père heureux. J’étais et je ne suis plus. 

Si nous remplaçons la peur de mourir par la peur d’être détruit dans un aspect ou un autre de ce à quoi nous nous identifions et qui est changeant, nous comprenons que la voie spirituelle, c’est la recherche de l’Indestructible en nous, ce que le Bouddha avait appelé le Non-Né, ce que l’Évangile appelle le Royaume des Cieux ou le Royaume de Dieu, ce que le vedanta appelle l’atman. Il s’agit d’une recherche menée en soi-même. Ceci est destructible, cela est destructible. Le reconnaître n’est pas pessimiste mais réaliste. La beauté est fragile : un accident au visage que la chirurgie esthétique ne peut pas complètement réparer et une actrice n’est plus une star. Ayez le courage de reconnaître : « En quoi suis-je destructible – ou, plutôt, quels aspects de “moi” le sont-ils ? » Croyez-le ou non, pour certains hommes, la destruction de leurs cheveux par la calvitie est une souffrance cruelle ! Qu’est-ce qui est détruit ? L’homme qui avait une belle chevelure. »

(Arnaud Desjardins, «La paix toujours présente», chap. 3)

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jeudi 14 septembre 2023

Sixième extinction de masse

 Je vous conseille l'émission de Arte :

Insecticide - Comment l'agrochimie a tué les insectes | ARTE

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dimanche 6 juin 2021

Les microbes sont nos amis...

 

Voici deux extraits du documentaire, diffusé sur Arte, concernant notre microbiote.

Je pense de plus en plus que le milieu extérieur est un miroir de notre milieu intérieur. La déforestation et la destruction de la nature sont en fait les images de la déforestation et de la destruction du microbiote.

Je n'ai pas retenu la partie sur les effets de la césarienne pratiquée de plus en plus dans certains pays et vous ai mis les parties sur les antibiotiques et l'alimentation

C'est à voir !




Si vous souhaitez voir le document en entier, 
vous pouvez utiliser le lien en commentaire pour le charger...

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mercredi 15 avril 2020

Derrière le masque de l'avoir, Jesuis.


La pensée scientifique qui veut que : « le coronavirus est un agent infectieux nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont il utilise le métabolisme et les constituants pour se répliquer » amplifie notre approche objective du réel. Mais, en vis-à-vis de cette représentation mentale, rationnelle, il est une expérience subjective on ne peut plus réelle: l’hôte n’est pas quelque chose, une cellule; l’hôte est quelqu’un, un être humain. Quant à l’agent infectieux, il est lui aussi, comme l’être humain, un être vivant.
Nous voilà donc, depuis quelques semaines, mis en danger de mort par cet être doué de vie qui est partie intégrante DE la Nature. Et l’être humain, pourtant doué de raison se trouve démuni. Le faiseur de bombe atomique n’a présentement, face à ce qu’il considère comme étant un prédateur, d’autre arme que le masque et, sur le plan stratégique, le confinement.

Depuis la Genèse, en passant par Descartes et, depuis quelques années, à travers sa recherche orgueilleuse de fabriquer un homme augmenté, l’être humain s’affirme différent du règne animal, du règne végétal. Il dédaigne absolument qu’il est, comme tout être vivant, partie intégrante DE la Nature; jusqu’à penser que la Nature lui appartient. Possesseur de la Nature il s’autorise à exploiter la terre, la forêt, la végétation, les animaux; il pollue l’air et contamine l’eau; il croupit dans les déchets dont le volume est la mesure quantitative de ce besoin égocentrique qu’est la consommation des objets fabriqués mondialement par la société de consommation.
Et voilà qu’un tout petit être vivant, invisible à l’œil nu, sème le chaos dans le monde entier, dont les plus grandes puissances économiques du globe. Ce minuscule être vivant détraque, en quelque semaines, une quête de sens engagée à travers l’usage des verbes AVOIR (toujours plus), SAVOIR (toujours plus), POUVOIR (toujours plus).


En confrontant l’être humain (chaque être humain) à la loi de l’impermanence, et donc à sa fin dernière, notre ami(e) Corona, attire notre attention sur l’importance du verbe ÊTRE, du tout simple acte d’être.
Être est un verbe d’action.
Quelle action ? « Je suis ! » ! Indication que l’acte d’être n’a de réalité qu’au moment présent. Ici et en ce moment : « JeSuis ». Ayant besoin des mots pour évoquer ce qui est du domaine de l’expérience, je propose d’écrire « Je Suis » sans intervalle entre le sujet et le verbe. « JeSuis » indique qu’il n’y a ni distance ni écart de temps entre ce que je nomme « Je » et ce que je nomme « Suis ». Pas de dualité sujet-objet.
Quand avez-vous dit pour la dernière fois « JeSuis » ? Le plus souvent et inconsciemment vous ajouterez une désignation, une qualification, un titre, un attribut, un savoir-faire. Un ajout qui va vous donner une identité. Nous disons facilement MOI je suis; jusqu’à penser que MOI je suis ce que je pense que je suis.
Et voilà que d’un jour à l’autre le Moi mondain est confiné ! Deux jours, pourquoi pas ? Mais quatre semaines, peut-être six ? Plus !
Quoi faire ?
Je découvre, avec étonnement, que dans la langue anglaise, le mot confinement est synonyme d’accouchement (delivery).
Restez chez vous !
J’ajouterai volontiers à cette injonction gouvernementale le souhait du maître zen : Restez chez vous et profitez-en pour « Rentrez à la maison ! ». Oui, profitons de ce confinement pour, pas à pas, délivrer notre vraie nature d’être humain —« JeSuis »— de son enfermement dans cette illusoire identité cuirassée dans le pronom personnel tonique : MOI.
Que faire à l’occasion de ce confinement ?
Voici la réponse que nous aurait sans doute donnée Graf Dürckheim :
« Se glisser de la logique de l’entendement dans la logique du sensible. Sans répit, nous sentir en contact avec notre propre essence, notre vraie nature d’être humain. Cette réalité essentielle, que nous sommes nous-mêmes, est en opposition radicale avec la réalité de notre ego, du moi mondain. Avec ce moi mondain, nous surmontons et concevons notre vie dans le monde grâce à la conscience DE (la conscience des choses). Si nous prêtons attention à notre être essentiel, il nous faut déconstruire ce qui l’entrave et promouvoir ce qui la rend possible. Ce qui l’entrave est principalement ce qui détermine l’attitude fondamentale du moi mondain, qui veut se maintenir dans le monde; ce « moi, je suis moi et je veux rester moi » qui se sent toujours menacé et est toujours à l’affût, et c’est pourquoi il est toujours tendu. Pratiquez zazen ! 
Dé-tendez-vous. Dé-contre-actez-vous. Zazen est un exercice de métamorphose indissociablement corporel et spirituel. Ce mouvement de transformation du corps vivant que nous sommes, c’est dans ce qu’on appelle la respiration que nous l’expérimentons. La respiration est davantage qu’une alimentation de l’homme en oxygène. L’acte de respirer est l’action vitale absolue ».

Ce qui me touche, à la re-lecture de cette leçon avec Graf Dürckheim qui date des années 1970, c’est l’importance qu’il donne à ce que nous désignons comme étant la respiration, « ce geste de la vie qui nous fait vivre ». Des entreprises sont, ces jours-ci, dans une course effrénée pour fabriquer des appareils … respiratoires. Si vous avez la chance de n’en avoir pas besoin pour survivre, abandonnez-vous à cette action du tout corps vivant dans sa globalité et son unité. 
« Quel mystère … quel miracle … je respire » s’exclame un moine zen en pratiquant zazen. L’expérience « jeSuis » est intégrée dans un espace plus vaste que le monde ordinaire dans lequel nous existons quotidiennement.

Et Graf Dürckheim ajoute :
« Lorsque nous pratiquons zazen il arrive que nous sentons et ressentons quelque chose de la présence de notre propre essence. Nous ressentons une -force- qui n’a rien de commun avec la force du moi et qui est l’expression d’une -plénitude- créatrice. Nous expérimentons que notre existence prend -sens- là même ou sur le plan de l’ego nous sommes confrontés au non-sens, à l’absurde. Nous expérimentons cette réalité qu’est notre être essentiel à travers ce vécu intérieur qu’est le sentEment -d’unité-. Expérience du calme intérieur au cœur de l’agitation du monde. Nous reste alors le devoir de nous familiariser à ce contact sensoriel avec notre vraie nature. Comment ? En reprenant encore et encore la pratique de zazen ».

Jacques Castermane

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lundi 13 janvier 2020

Le cerveau, notre meilleur ennemi

Voici une explication des raisons de notre possible disparition. La conclusion nous indique que seul le travail sur soi peut sauver l'homme de ces fonctionnements primaires.

Le cerveau humain est une arme fatale. une « merveille » construite sur un principe pervers.
Paradoxe : la presse s’inquiète pour le climat puis annonce la vente de milliers d'avions. Sommes-nous collectivement stupides? Si oui, pourquoi ?

Éléments de réponse de Sébastien Bohler dans un livre passionnant, Le Bug humain. Par Fouad Laroui


C'est par les Akkadiens que Sébastien Bohler commence ses « leçons de l’Histoire ». Après un fort accroissement démographique, ils se heurtèrent aux limites de la culture du blé. La terre se tarit. La civilisation s’éteignit comme une population de bactéries dans un tube à essai qui dévorent la nourriture, se multiplient puis meurent quand il n’y a plus rien à manger. Un acarien ne se pose pas de question non plus : s’il peut manger, il le fait et ne réfléchit pas à l’avenir. Mais nous sommes quand même plus avisés que les Akkadiens et que les acariens? 

Non, en fait. Il se pourrait que le passage sur Terre d’Homo sapiens ne dure que le temps d’un battement de cils comparé à celui des cœlacanthes, ces fameux poissons fossiles, ou des requins. Pourquoi? C’est là qu’il faut s’intéresser à cette arme fatale qu’est le cerveau humain. Cette « merveille » est construite sur un principe pervers. Le cortex, siège de l’inventivité, de l’imagination, de tout ce qui nous fait homme, est le fruit d’une évolution récente. Il doit cohabiter avec ce qu’il y a de plus primaire en nous : le striatum, au cœur du cerveau. Nous avons le même striatum que les souris, et il n’a que cinq objectifs : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, glaner de l’information (pour mieux atteindre les trois premiers objectifs) et faire tout cela avec le minimum d’effort. 
Et voilà le défaut de câblage de l’homme, le problème fondamental : son superbe cortex est au service de son très primitif striatum. Quoi qu’il invente, c’est le striatum qui s’en servira. Nous sommes ses esclaves. Il exerce son pouvoir sur l’ensemble de nos actes. Comment? Par la dopamine. Sur ce point, nous ne sommes pas différents de la lamproie. Lorsque ce poisson trouve une proie et s’en nourrit, son striatum libère de la dopamine, la « molécule du bonheur », ce qui renforce les circuits neuronaux qui ont mené à bien l’opération. C’est un apprentissage, en fait - un apprentissage agréable. Apparus sur Terre plusieurs centaines de millions d’années après la lamproie, nous ne fonctionnons pas autrement.

Obsédé, le striatum? Il ne pouvait pas en être autrement : « La sélection naturelle n’a conservé que des individus dotés de striatums fonctionnant de cette manière. [...]
Cet aiguillon qui leur disait : “Va, mange autant que tu peux [...]. Copule autant que tu peux [...]. Montre-toi plus important que les autres [...]. Avale autant d’informations sur le monde que tu pourras.” »

Le lecteur de Bohler retrouvera ici les trois formes de libido distinguées par saint Augustin il y a quinze siècles : libido sciendi (le désir de savoir, la curiosité), libido sentiendi (désir sensuel, charnel) et libido dominandi (la volonté de pouvoir). Avant lui, Aristote disait que le désir d’apprendre, comme le désir tout court, était naturel. La science contemporaine a donc confirmé ces intuitions. Mais à la différence d’Aristote, cet apôtre de la modération et du juste milieu, notre striatum ajoute : « Et fais cela plus que les autres, sinon ce sont tes gènes qui seront submergés par ceux de tes concurrents. En conséquence, ne te modère surtout pas. »

C’est là le nœud du problème, qui explique l’impasse dans laquelle l’espèce humaine se trouve. 
« Maîtrisant toujours plus de technologies pour assouvir nos besoins, nous sommes incapables de nous modérer. » Seuls dans le règne animal, nous disposons d’un cortex. Il a imaginé la révolution industrielle, l’agriculture intensive, la biotechnologie. Elles conjuguent leurs efforts pour satisfaire la boulimie du striatum - en vain : il est insatiable. Pour Freud, l’inconscient mène la danse. En lisant Bohler, on peut se demander si ce n’est pas, à l’intérieur du striatum, ce petit îlot du plaisir qu’est le noyau accumbens. Nous sommes plus « agis » par lui que par notre volonté consciente. Qu’en aurait pensé Sartre, pour qui l’homme choisit librement ses actes ?


L’obsession du statut social 

La libido dominandi se traduit dans une société « évoluée » par la recherche d’un statut social supérieur. Thorstein Veblen étudia, il y a plus d’un siècle, les motivations des consommateurs aux États-Unis. Quand l’individu est à l’abri du besoin, sa principale motivation devient le désir d’émuler ou de dépasser le voisin. La consommation devient « ostentatoire » et conduit au gaspillage. 
Comme souvent chez Bohler, il s’agit de thèmes connus, mais qui prennent ici une dimension scientifique : leur soubassement physiologique est dévoilé. Le fait de regarder un individu en battre un autre dans une compétition sportive nous donne un shoot de dopamine. Dommage que personne n’ait pensé à placer Jacques Chirac dans un scanner pendant qu’il regardait un match de sumo : on aurait vu son striatum s’illuminer chaque fois qu’un des gros bébés en projetait un autre au-delà du cercle sacré... Le Corrézien rêvait inconsciemment de se mettre dans le sillage d’une de ces montagnes de chair pour aller mettre une raclée à un autre chef de meute, François Mitterrand ou Édouard Balladur...

Dans une expérience réalisée à Oxford en 2018, on montre à des singes les logos de Nike ou de Coca-Cola, en leur donnant la possibilité de cliquer sur un bouton pour les revoir. Ils ne le font pas. Mais si on montre brièvement ces mêmes logos à côté de la photo d’un singe dominant, ils se mettent à cliquer de façon compulsive pour les revoir - même si la photo du mâle alpha n’y figure plus ! 
Ils « désirent » maintenant ces marques en elles-mêmes puisqu’elles sont associées à un rang social supérieur... Quant aux adolescents, leur cerveau est un pur striatum : les parties frontales qui seraient aptes à le freiner ont encore un temps de retard. On comprend que certains en arrivent à voler, voire à se prostituer, pour se payer le dernier modèle de Nike ou d’Apple.

La catastrophe consumériste résulte donc de cette combinaison fatale : le cerveau d’un primate et la technologie d’un dieu. Pendant des millénaires, les signes de statut social étaient réservés à une minuscule élite, et la planète pouvait supporter leur consommation superflue. Seul Pharaon avait droit à sa pyramide... Tout a changé depuis la révolution industrielle. Et le mouvement s’est accéléré au cours du xxe siècle.


Sortir de l’impasse

Il semble donc que, pris dans une spirale négative, nous finirons comme les habitants de l’île de Pâques, qui ont littéralement mangé leur île et ont disparu. À moins d’aller au plus profond de nous-mêmes : jusqu’au striatum. Le cerveau est malléable. Les techniques de « pleine conscience » peuvent permettre au cortex de prendre le dessus. Si une personne obèse s’astreint à manger en pleine conscience, elle commencera à perdre du poids : le circuit de récompense du striatum est détourné de la simple absorption de calories.

Seule une partie du propos de Bohler a été ici commentée. Il y a des pages fascinantes sur notre soif d’information et ses conséquences néfastes - « connaître la météo réchauffe la météo »; sur le fait que les cerveaux d’enfants ne supportent plus le calme ; sur l’expérience du marshmallow, si révélatrice ; sur le striatum de mère Teresa, qui donne lieu à des développements passionnants sur les notions d’égoïsme et d’altruisme, même si l’on regrette que l’auteur n’ait pas évoqué l’utilitarisme et Pareto ; sur une expérience « proustienne » de l’auteur, même si celui-ci oublie de mentionner Proust - il est vrai que sa « madeleine » est une odeur infecte d’égout... 

Tout cela procure un plaisir de lecture certain, mais le fond de l’affaire est évidemment très sérieux : avant qu’il ne soit trop tard, il faut arriver à ce que notre conscience soit à la hauteur de notre intelligence. Vaste programme. 


Le Bug humain, de Sébastien Bohler, éditions Robert Laffont, 268 pages, 20 euros.

source : Magazine La Revue (pour l'intelligence du monde)

mardi 19 février 2019

Le bug humain

Une chronique intéressante qui parle des hommes de cette planète... et aussi des femmes !
 
Le journaliste et docteur en neurosciences Sébastien Bolher nous explique pourquoi notre cerveau risque aujourd'hui de causer notre perte. Dans son essai, le Bug humain, publié chez Robert Laffont, il explique que les neurones en charge d'assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir. Ainsi, nous sommes 8 milliards d'êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. 
Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ? 

Extrait de l'émission "La Tête au carré" (12 min.)

mardi 3 juillet 2018

Atomiser la haine...


" chacun d'entre nous doit se rassembler et détruire en lui-même ce pour quoi il estime devoir détruire les autres. Et nous convaincre que chaque atome de haine que nous ajoutons au monde le rend encore plus inhospitalier."
·Etty Hillesum

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mardi 16 février 2016

Des villages sous pesticides... notamment le glyphosate.


Un voyage en Argentine pour voir les dégâts de l'agriculture moderne (ogm et herbicides)



"Qu'est ce qu'ils veulent ? Tuer tous le monde  ?"
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dimanche 1 juin 2014

L'ange destructeur par Benoît Billot

J’entre dans le secrétariat de ma communauté, et j’aperçois le dernier-né de nos appareils de bureau : un « destructeur de documents ».
La notice vient d’être affichée, bien en vue, au-dessus de la machine, et j’y lis, écrit à la main en grosses lettres - «mode d’emploi du destructeur »...

...Le Destructeur est toujours à nos portes. 
Et mieux que cela, il habite nos vies. Aujourd’hui, on le nommerait peut-être pulsion de mort. Car tout être, comme toute collectivité, est habité par cette tendance. Elle lui fait rétrécir ses chances, regarder sa vie de façon négative, craindre les autres et les événements, fuir le risque, choisir ce qui est bien connu, et souvent s’enfermer dans une bulle : sécurité, sécurité ! Notre époque nous y invite. Cette bulle va-t-elle devenir chrysalide ? Il y aurait alors ouverture, espoir d’une renaissance. Mais hélas, bien souvent sans s’en rendre compte, beaucoup ont tellement pris l’habitude de se protéger et de restreindre leur élan vital qu’ils n’imaginent plus qu’il puisse en être autrement. Ils stagnent alors dans des vies marquées par des idées un peu mesquines, des comportements peureux et une sorte d’amertume : celle de manquer le rendez-vous avec la vraie vie.

Regardons notre Destructeur en face. Et pour cela, apprenons à reconnaître son engeance en faisant appel à la grande vertu de discernement. Une aigreur tenace, une colère sourde contre les manifestations de la vie, une méfiance permanente... sont les enfants d’un Destructeur non reconnu et maîtrisé. Disons-le clairement : personne ne pourra l’éliminer, il fait partie de notre ménagerie intérieure. Autant faire sa connaissance, lui attribuer une place et veiller à ce qu’il ne dépasse pas les limites qu’on lui a attribuées. Il peut même finir par tenir un rôle reconnu. Pourquoi ne pas lui confier la charge de nous débarrasser de ce que les ans ont accumulé dans notre maison et qui ne sert plus à rien : déchetteries et organismes de recyclage sont à nos portes.

Mais pourquoi ne pas l’enrôler aussi dans notre combat spirituel ?
Lui demander de veiller à notre chemin de vie et de nous aider à écarter les inévitables obstacles, intérieurs ou extérieurs ? Si nous mettons en œuvre cette grande sagesse, il se transfigure et devient « l’Ange destructeur ».

Benoît Billot