mercredi 29 juillet 2026
Racines du ciel
vendredi 17 juillet 2026
Derrière les yeux
mercredi 22 avril 2026
mercredi 18 février 2026
Shabbat
Shabbat
dimanche 24 août 2025
Ne voyez-vous pas l’homme de la voie?
Ce poème débute par une singulière interrogation qui nous est adressée. Mais déjà nous pourrions nous méprendre. Il semblerait en effet que nous soyons invités à contempler un sage, un exemple vivant de l’accomplissement des enseignements en la personne d’un saint, d’un maître ou d’un gourou. Or rien n’est plus faux. Cette question toute rhétorique pointe au cœur du cœur, à l’intimité de nous-même, à ce que, à défaut de termes plus adéquats, j’appellerais l’espace intérieur, car il n’existe rien de tel, intérieur et extérieur sont des mirages et des constructions. Cet homme de la voie est cet être humain que vous êtes, quel que soit son identité ou son sexe, ses préférences ou ses rejets, son âge ou sa nationalité. C’est l’homme dépourvu de rang, déshabillé des oripeaux de l’identification. Jiko, le soi-même. Ce qui reste quand nous nous sommes oubliés, que les vestiges du passées et ses ruines ou que les échafaudages du futur se sont évanouis, nous, et nous seuls, c’est à dire en pauvreté, en humilité, réduit à la seule incandescence d’être. Ce qui est dit ici n’implique en rien le simple rejet de l’étude ou de l’action, ce qu’il faut entendre ici c’est que la voie ne dépend plus de la seule activité intellectuelle ou du corps qui se meut conformément à son histoire fait d’habitudes et de conditionnement. La voie du non faire ne peut être comprise comme une simple léthargie, une paralysie des sens et du sens, elle est plutôt l’inhibition des réactions et schémas habituels de la pensée afin de laisser surgir le mouvement véritable. Nous cessons d’en être la source, d’en contrôler le cours, ce que le Wu Wei désigne, c’est l’abandon de toutes ces histoires, ces mémoires, ces interprétations et réflexes, automatismes du corps et penchants de la pensée qui empêchent la voie de se réaliser d’elle-même. Autrement dit la non action est une action dépourvue d’effort, en pleine conformité avec l’expression universelle.
mercredi 13 novembre 2024
L'homme en chemin
" Il incombe à chacun de bien savoir vers quelle voie le pousse son cœur, et d'embrasser alors celle-ci en y mettant toutes ses forces ... "
(Rabbi Baer dans Le Chemin de l'homme de Martin Buber)
" Le retour décisif sur soi-même est le commencement du chemin dans la vie de l'homme...
Ainsi, le chemin par lequel un homme accèdera à Dieu ne peut lui être indiqué par rien d'autre que par la connaissance de son être propre, la connaissance de sa qualité, de sa tendance essentielle.
Dans chaque être, il est un trésor qui ne se trouve en aucun autre, mais ce qui est "trésor" en lui, il ne pourra le découvrir que s'il saisit véritablement son sentiment le plus profond, son désir principal, ce qui, en lui, émeut son être le plus intime. "
Martin Buber, Le Chemin de l'homme
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jeudi 15 août 2024
Deux réalités (1)
Tout être humain est tendu entre deux réalités
« L'homme est tendu entre deux réalités : sa réalité
existentielle au cours de laquelle il se sent menacé — la durée de son
existence dans le monde — par le chaos des événements extérieurs ET sa réalité
essentielle, qui n'est autre que sa vraie nature, ce que j'appelle son être
essentiel. » (K.G. Dürckheim)
"L'homme se sent menacé — la durée de son existence —
dans le monde" ! Cela a toujours été et l'est encore aujourd'hui.
Aujourd'hui comme hier la menace relève de la puissance de
la Nature. Ici un tremblement de terre ; là un tsunami. Ici une sécheresse ; là
une inondation. Aujourd'hui plus qu'hier des dangers relèvent de la prétention
de l'être humain. Exemple : identifié à son ego la vanité de l'homme est telle
qu'il pense vivre – dans – la nature et qu'il peut donc dominer, contraindre,
ce quelque chose à quoi il fait face. En réalité, comme tous les êtres vivants,
l'homme vit – de – la Nature.
La vraie nature de l'être humain, sa réalité essentielle,
est de la même Nature que la Nature.
La Nature est notre propre essence, notre réalité
essentielle. Pour se libérer de cette menace le devoir de l'homme est de se
mettre au service des lois de la Nature. Je crains que l'obsession de
l'intelligence artificielle l'en dispense plus encore.
Lorsque, au début de mon séjour à Rütte (1967), j'ai dit à
Graf Dürckheim que je n'arrivais pas à comprendre la relation entre ce qu'il
désigne comme étant notre être essentiel et ce qu'il appelle le moi
existentiel, il a souri et m'a dit "Je vous comprends ! Parce qu'on ne
peut pas comprendre cette relation. Mais vous pourriez commencer par lire un
récit qui me donne l'impression d'être une véritable clé de compréhension de la
souffrance qui est propre à l'être humain. Cette allégorie attire notre
attention sur la relation de la vague avec l'Océan".
Quel est ce récit ?
Le lendemain, sous la porte de ma chambre, s'était glissée
cette métaphore qui répond à la question : « Qui suis-je ? »
LA VAGUE ET L'OCEAN.
« La vague n'est pas un objet différent de l'Océan, quelque
chose qu'il serait possible de séparer de l'Océan. Le sentiment qui anime la
vague tout au long de son parcours en surface, dans ce qu'on appelle le monde,
est le sentiment de sécurité.
La sécurité ! Comment se fait-il ? Parce que la vague se
sent UNE avec l'Océan.
Si la vague se différencie de l'Océan en pensant il y a moi
et en dessous de moi il y a quelque chose, l'Océan, son parcours en surface est
animé par l'angoisse et les états qui l'accompagnent. »
Cette allégorie reprend ce qui est commun à la plupart des
voies de sagesse qui ont leurs racines en Orient et en Extrême-Orient.
Tout enseignant du Yoga, du Tai-Chi-Chuan, du tir à l'arc
(Kyudo), de l'art du thé (Chado), de l'art du combat au sabre (Kendo), de l'art
de la calligraphie (Shodo) devrait lire et relire ce qui est la clé de
compréhension du fondement des ces pratiques à la fois différentes et
identiques.
L'affirmation qui est commune à tous ces enseignements est
que profondément, dans son essence, l'homme est réellement libre, calme,
confiant. Comme la vague je peux envisager un parcours dans le monde dans la
... sécurité.
L'Océan est la matrice de chaque vague. De l'Océan s'extrait
chaque vague. Chaque vague n'est autre que l'Océan. Il serait prétentieux de
dire "Je suis l'Océan...!" Mais j'ai le droit de dire que
"Jesuis un paquet d'Océan!"
Dans les années 1930, Graf Dürckheim pratique l'exercice
appelé zazen et le tir à l'arc (Kyudo) depuis quelques mois. À D.T. Suzuki, qui
lui a conseillé de ne pas aborder le Zen à travers son entendement de
philosophe mais en entrant dans la pratique d'un exercice, il dit "Si je comprends
bien, le Zen ouvre sur l'expérience d'être comme un poisson dans l'eau ?"
Réponse immédiate de Suzuki :"Non. Le Zen ouvre sur
l'expérience d'être comme l'eau ... dans l'eau".
La Voie tracée par Graf Dürckheim, le Zen dans ce que cette
tradition recèle d'universellement humain, me libère de l'illusion que la Vie
est – dans - le vivant, me libère de l'illusion que l'Être est – dans -
l'étant.
Le vivant, le corps vivant que je suis (Leib, IchLeib)
"EST" la vie qui d'instant en instant prend forme existentielle.
Le corps n'est pas le contenant d'un contenu ... la Vie. De
même que la vague n'est pas le contenant d'un contenu ... l'Océan.
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Jacques Castermane
A suivre.
dimanche 23 juin 2024
Ombre et lumière
Mordom. Il s’appelait Mordom. Il était terrible. En tout cas je l’imaginais tel. Quoi qu’il eût le pouvoir de se rendre invisible (je ne l’avais jamais vu et chacun n’en parlait que pour dire son absence), il ne semblait pas appartenir à la galaxie des super-héros. J’avais épluché bien des comics, espéré tomber sur une page où il serait vaincu par Superman ou terrassé par Spiderman…
Mais pour cela, encore fallait-il offrir prise. Apparaître. Or, de Mordom, nous ne connaissions que le nom. Et cela suffisait à susciter l’effroi. Peut-être ce nom n’était-il qu’une variante, à partir de la première syllabe, de cet autre ennemi invisible, et par-là invincible, ce professeur Moriarty que jamais Watson ne verra et que Sherlock Holmes n’affronte physiquement qu’une seule fois, et encore, le jour de sa mort…
Mordom a-t-il un corps ? A-t-il toutes ses dents ? De quelle couleur sont ses cheveux ? N’est-il pas le diable lui-même, dont les noms mystérieux suffisent à inspirer la crainte : Satan, Lucifer, Belzébuth, Béelzéboul, Légion… ? À mesure que je grandissais, celui que j’imaginais comme une grosse brute au visage sombre devenait plus diaphane. Bien plus tard, je reconnus l’impression que me laissait Mordom dans les figures évanescentes et non moins terrifiantes que l’on trouve des nouvelles de Lovecraft. Il y a Cthulhu, évidemment, l’affreuse créature tentaculaire. Il y a surtout Nyarlathotep, démon à l’identité flottante, ombre qui plane, monstre dont la forme est celle que lui donnera votre propre angoisse…
Relativiser l’épreuve
Un jour, j’ai compris. J’ai compris que quand les adultes rencontrent une épreuve, ils éprouvent le besoin de la mettre en perspective, de la replacer dans un champ plus large. Bref de la relativiser. Ou bien de relativiser l’épreuve de leurs congénères, afin de n’avoir pas à s’y intéresser ou à les consoler. J’ai aussi compris que ce qui me distinguait d’un adulte était précisément ce recul qu’on acquiert face à la contrariété. Ce jour où j’ai compris, c’était avant l’école.
Ma mère revenait de la boulangerie. « Cette nuit, quelqu’un a visité notre voiture ! », nous annonce-t-elle. L’inconnu a pris un paquet de cigarettes qui traînait là et piqué la monnaie du parking dans la boîte à gants. « Bah, il n’y a pas mort d’homme. » Non pas le Mordom dont la présence aurait signifié pire que toutes les effractions. Non, seulement une façon de dire que ce n’est pas grave. Je me souviens : le pain était là, tout frais, mais il n’y avait plus de chocolat en poudre pour mettre dans mon lait. Comme il n’y a pas non plus mort d’homme, on m’a demandé de retenir mes larmes.
Sous un fond de grâce
Mordom n’est parti pas comme ça. Le pouvait-il seulement, lui qui jamais n’est venu ? Car jamais je n’entendis dire : « Il y a mort d’homme ! » Mordom m’a laissé sa leçon de sagesse. Quand il m’arrive aujourd’hui un peu plus qu’un lait chaud sans poudre chocolatée, ou qu’une visite de la boîte à gants, quand vraiment le bât me blesse, je sens avec une acuité particulière l’absence d’un mal qui fût pire.
Mordom a fait mieux. Il m’a confié une lumière pour éclairer sous un jour plus favorable mes épreuves. Relativiser l’adversité non en la maximisant par imagination peut mener à se rendre insensible. Plus sage encore est de reconnaître que l’épreuve n’a jamais lieu que sous un fond de grâce. On ne tombe malade que d’être en vie. Il n’y a de tension en famille que parce qu’il y a là une famille assez unie pour vivre les tensions. Nos disputes en couple écrivent l’histoire d’amour sans laquelle elles n’existeraient pas. Etc.
Mordom est devenu Rich. Car tout ça, n’est-ce pas, ce sont les problèmes de Rich.
Par Martin Steffens.
Professeur de philosophie en classe préparatoire, il a notamment publié Petit traité de la joie. Consentir à la vie, Rien que l’amour. Repères pour le martyre qui vient, l’Amour vrai. Au seuil de l’autre (Salvator), et Faire face. Le visage de la crise sanitaire (Première Partie). Dernier ouvrage paru : Dieu, après la peur (Salvator).
source : La Vie
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lundi 3 juin 2024
Tout sert !
Y aurait-il la moindre parcelle de vivant qui n’ait son utilité ?
J’ai beau scruter : dans le monde végétal, tout sert. Le plus visible est la chaîne alimentaire. Mais pas seulement. Le végétal contient des principes actifs pour soigner les animaux et les humains. Il constitue la base de la pharmacopée. Il régule le climat. En se nourrissant du minéral terrestre et de la lumière céleste, il montre subtilement l’amour inconditionnel : recevoir-donner.
Le minéral qui nourrit le végétal est indissociable de la chaîne du vivant. Chaque atome, dans sa spécificité, s’unit à un autre pour constituer le socle de la vie terrestre visible. Par exemple le carbone aux multiples affinités ou la combinaison hydrogène-oxygène pour son environnement gazeux.
Y aurait-il le moindre insecte, le moindre animal qui n’ait son utilité ? Même si je connais peu d’animaux parmi leur immense diversité, je sais que chaque espèce possède un instinct dominant qui lui est propre, et lui donne une façon unique d’exister. Et nous sommes la sommation du monde animal. Nous leur devons la base de ce qui constitue notre personnalité.
Avec un petit truc en plus : la parole. Tout a son utilité. Et l’homme n’aurait pas d’utilité ?
Au sommet de l’évolution, le petit dernier arrivé sur terre n’aurait pas sa place active dans la chaîne du vivant ?
L’être le plus complexe de la création a, comme les autres, son utilité. Bien sûr, son originalité, c’est qu’il doit trouver sa propre utilité. Elle est forcement singulière car chaque être humain est singulier.
Mais la famille humaine a reçu et sait la nature de son service, à la suite des règnes qui nous ont précédés. Être comme le minéral, croître comme le végétal, instinctivement ensemble comme l’animal, en le sachant par sa personnalité, son rôle : donner de l’amour.
Mettre de la paix là où il y a la guerre, de l’ordre là où le désordre gouverne, mettre de la douceur où la haine domine.
Donner de l’amour, selon sa propre forme, voilà l’utilité dévolue à chacun.
Christian Rœsch
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jeudi 2 mai 2024
Les formules de Swami Prajnanpad (4)
Man as man.
L’homme en tant qu’homme.
Swâmiji m’avait un jour cité cette parole du Mahabharata : « Et maintenant, je vais te dire le secret des secrets ! dans tout cet univers, il n’y a rien de plus grand que l’Homme. »
Swâmiji considérait que « l’Homme », c’était l’homme accompli, l’homme unifié, l’homme libéré des émotions, libéré du mental, libéré de l’égoïsme et non pas l’homme encore tâtonnant, encore prisonnier de ses peurs, de ses désirs, de ses lâchetés, de ses passions et de son isolement parmi les autres, conflictuel, rancunier, douloureux, emporté, incapable de s’aimer et d’aimer les autres, coupé de l’infini. Celui-ci n’est qu’un germe d’homme, une potentialité d’homme. Mais ce germe et cette potentialité sont en tout homme.
— Un grain de sagesse, chap. «Voici l’Homme ».
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lundi 1 avril 2024
Passage sur terre...
Le Christ sort au matin de la vieille maison fatiguée du monde. Il a une trentaine d'années. Il n'emporte rien avec lui. Il commence sa vie buissonnière dont, après sa disparition, ses amis recueillent des lambeaux. La joie de l'air contre ses tempes, les confidences de l'eau entre ses mains les éblouissements des renards qui croisaient son chemin, de tout cela rien ne nous est parvenu. Quelques paroles dont la plupart empruntent leur beauté à l'univers patient des bergers, des pêcheurs, des viticulteurs : voilà tout ce qui reste du passage sur terre du plus grand des poètes. Car c'est être poète que regarder la vie et la mort en face et réveiller les étoiles dans le néant des cœurs. Les commentateurs ont usé jusqu'à la corde ces paroles de l'errant. Elles résistent. Le simple est inépuisable. Comme des frelons sur une poire tombée dans l'herbe, ainsi s'agitent les théologiens, agglutinés autour des larmes d'un visage si humain qu'il en devenait divin. "Mon dieu, mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" Cette parole du Christ est la parole la plus amoureuse qui soit. Chacun en connaît la vibration intime. Aucune vie ne peut faire l'économie de ce cri. Cette parole est le cœur de l'amour, sa flamme qui tremble, se couche et ne s'éteint pas. Elle est aussi bien la seule preuve de l'existence de Dieu : on ne s'adresse pas ainsi au néant. On ne fait pas de reproches au vide.
Christian Bobin - L'homme-joie page 153
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vendredi 16 février 2024
Une autre Saint-Valentin
Mi-février : la végétation se réveille des torpeurs de l’hiver, les champs verdissent ; la sève cherche à monter. Le chant des oiseaux se fait entendre. Les hormones titillent ; c’est la fête des amoureux. Cette énergie nouvelle provenant de la lumière invite à nous laisser prendre dans ses rais.
Ce milieu de février, paradoxe apparent, est aussi une invitation à la purification. Début du carême – qui se fête bruyamment – où la vie propose de nous nettoyer des scories de l’hiver, de nous débarrasser de l’ancien qui ne sert plus, de faire place nette autant dans le corps que dans notre environnement. Vider les placards, vider les rancœurs. Faire propre du sol aux murs, du foie aux intestins, et aussi assainir les pensées jusque dans le cœur.
Ainsi préparée notre terre intérieure, tout comme celle qui nous environne, est prête à accueillir le renouveau printanier quarante jours plus tard. Quarante est le symbole de la fin d’un cycle, et nous fêterons la résurrection christique. Quel que soit l’état de la Terre, le Ciel fait son office. Il envoie chaleur et lumière pour que pousse le nouvel Homme.
À nous de l’accueillir pour qu’il mûrisse et s’épanouisse dans le cocon de notre être.
Réjouissons-nous aujourd’hui, en ces prémices de la nouvelle terre, du nouvel homme.
Christian Rœsch
mercredi 27 septembre 2023
En tant qu'égo, individualité, être non régénéré, vous n'êtes pas Dieu. Et pourtant vous êtes Dieu, vous êtes l'Absolu. Certains d'entre vous pensent peut-être : '' mais c'est un blasphème que de dire : je suis Dieu ''. Non, le blasphème luciférien, c'est d'oser dire : '' je ne suis pas Dieu, je suis autre que Dieu, il y a Dieu et moi ''.
Monstrueuse affirmation d'indépendance et d'autonomie, prétention à posséder l'être en soi-même. Il y a beaucoup moins d'égoïsme et d'orgueil à se dénier toute existence autre que l'Unique Réalité qu'à se considérer comme un être, même pécheur, humilié et plein de remords, existant par soi-même.
Le but proposé à l'homme c'est de perdre complètement sa conscience d'être autre que Dieu.
- Arnaud Desjardins (extrait du livre" Les chemins de la sagesse")
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