1er août ...
Je reprends et complète un peu mon entrée d’hier.
Quantité de témoignages d’éveillés obéissent à un schéma récurent que l’on pourrait grossièrement résumer ainsi : période de dépression plus ou moins prononcée , impression de toucher le fond, irruption soudaine et hors contexte d’une expérience « d’éveil », intégration plus ou moins effectuée et aisée de cette expérience, début du témoignage et enseignement qui voit la personne proclamer son éveil tout en insistant sur le fait qu’il n’y a personne…
À cet égard la phrase de l’ami Daniel Morin (dans son livre Où est donc le problème) me parait sans appel dans sa lucidité mordante : « chez certains malgré un discours imparable, il y a toujours la notion d’un moi qui serait sorti d’affaire. Leurs prestations ne servent qu’à valider un moi enseignant. »
Les livres et témoignages des « éveillés ne racontent pas (sauf celui courageusement écrit par Andrew Cohen après sa vertigineuse chute et " destitution ") les abus divers et variés ; lesquels surviennent , de manière si prévisible, dans un contexte d’immaturité, d’enjeux de pouvoir non pris en compte, en l’absence de structures propres à réguler - ou pire encore comme dans le cas notoire de certains Tibétains ou de l’Eglise, à l’intérieur de structures qui faillissent à leur raison d’être en mettant le problème sous le tapis jusqu’à ce que les odeurs trop nauséabondes obligent à le soulever. Mais alors il est trop tard. Les dégâts sont faits et souvent irréparables .
Tentative de provisoire conclusion à la volée :
Oui, Il y a eu et il y a des « sages » , des témoins, dont certains, rares, transcendants , des êtres transparents au Tout Autre. Des êtres reflétant ce « Tout Autre », jusqu’à un certain point , voire de manière éblouissante.
Mais il n’y a pas « d’état ». Pas de concession de sainteté à perpétuité, pas un absolu que le relatif pourrait saisir, pas de forme apte à intégralement capter le sans forme.
Gilles Farcet
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