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dimanche 20 septembre 2026

Sourire à naître

 La lecture de vos derniers commentaires m'a donné le sourire...

PIERRE SANSOT – Anthropologue, philosophe et sociologue français - 1928 - 2005
LE SOURIRE ET L’ÉCOUTER

Le sourire nous paraît plus engageant que l’écouter. Nous voyons naître le sourire, il redessine le visage, il éclot avant de prendre forme. Durant un instant indécis, nous sommes inquiet à la pensée qu’il ne verra pas le jour et que notre proche ne nous en fera pas don. Quand il survient, nous avons conscience que rien de fâcheux ne nous affectera de cette personne qui nous reconnaît comme son semblable ; le sourire que je perçois sur son visage s’accomplit une seconde fois sur notre visage. Toute cette composition charnelle manque, dans une certaine mesure, à l’écoute. Certes je devine si l’autre est disposé à me prêter attention, mais je n’associe pas à ce point une attitude mentale et une manifestation corporelle. C’est pourquoi l’autre se croit souvent obligé d’exagérer une mimique pour m’avertir qu’il s’est rendu disponible. En outre, je n’aperçois pas ce phénomène de miroir. Il n’existe pas de rebond, de symétrie entre la chair de celui qui écoute et celle de celui qui parle.
(Extrait de Du bon usage de la lenteur, p. 50, Editions Payot & Rivages, 1998)
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vieille femme et enfant (okimono)

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dimanche 13 septembre 2026

Ne pas savoir

 

🌱 Graines de conscience

« Si nous savions ce que nous ne savons pas ! »
« Dieu, nul ne l’a jamais vu »
Le Réel, nul ne l’a jamais vu, nous ne connaissons que les réalités visibles qui le manifestent.
La Vie, nul ne l’a jamais vue, mais nous ne connaissons que les atomes, les cellules, la biologie qui l’incarnent.
La Conscience, nul ne l’a jamais vue.
Nous ne connaissons que les organes, les pensées et les images qui témoignent de son existence.
L’Amour, nul ne l’a jamais vu.
Nous ne connaissons que les désirs, les émotions et les sentiments qu’il éveille dans nos corps.
Dieu n’est pas à portée de main ou de concept, à moins que notre main et notre cerveau, soient capables de saisir l’espace ou la lumière…
Pourtant, Dieu est à portée de souffle, si nous respirions un peu plus profondément…
Mais le souffle « nous ne savons ni d’où il vient, ni où il va ».
Ni d’où vient l’inspir, ni où va l’expir, c’est pourtant de là que nous venons, et c’est là où nous allons.
Savoir que nous ne savons pas ne devrait pas nous empêcher d’écouter. Au contraire, cela pourrait redoubler notre attention, si ce n’est notre étonnement…
Le souffle (pneuma) et avec Lui la vie, la conscience, l’amour… nous est donné à chaque instant…
Si nous savions ce que nous ne pouvons pas savoir !
« Si tu savais le don de Dieu », disait-Il…
Jean Yves Leloup, septembre 2026
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vendredi 4 septembre 2026

« Un »

« Quelqu’un m’a dit un jour qu’en pratiquant la méditation depuis des mois, il pouvait maintenant compter ses respirations de 1 à 100 sans se tromper.

Je lui ai donc proposé une pratique bien plus difficile avec l’exercice que voici :

Quand vous inspirez, vous inspirez ; quand vous expirez, vous expirez … et vous dites « un » à la fin de chaque cycle. Puis vous recommencez : inspir, expir, « Un »… inspir, expir, « Un »… »

Cette histoire non sans malice que raconte Jacques Castermane interroge immédiatement le sens de notre pratique : pratiquons-nous dans un esprit d’acquisition et de réussite ou avec un esprit vierge de toute récupération ? Pratiquons-nous centrés dans le mental ou un peu plus libres du mental ?

Et Jacques de poursuivre : « Un, c’est la pleine attention à un geste corporel unique, global et entier, porté par le cycle inspiration/expiration, dans le langage de la personne assise en ce moment pour ce moment. Geste qui n’a pas besoin de s’insérer dans un lien de causalité, d’être préparé par quoi que ce soit. Un bébé n’est pas préparé à vivre quelque chose, il vit. Compter ses respirations pour se concentrer ou se préparer à za-zen ne sert absolument à rien. Un, Un et encore Un, c’est vraiment za-zen. »

Il est difficile et très déstabilisant de sortir de l’esprit d’efficacité propre à la conscience ordinaire, ainsi que de quitter l’habitude de devoir faire quelque chose pour obtenir un résultat. Avec cette attention au « Un » sans arrêt renouvelée, le mental est immédiatement mis hors-jeu : plus de progression linéaire possible, plus de recherche de performance ou de but à atteindre.

Pratiquer la voie du zen c’est apprendre à ne pas rester dans notre mode de pensée habituel pour retrouver et favoriser une autre forme de conscience : la conscience pré-mentale, propre au bébé ou au tout jeune enfant. Cette conscience primaire sensorielle est une approche du réel se faisant par la sensation, nécessitant de redonner toute sa place à l’élan vital naturel, au geste corporel concernant la Personne dans sa globalité. Approche se révélant, pour un être humain adulte, par la redécouverte et la pratique du Hara, centre vital.

« Redescendre » en Hara, c’est quitter le centre intellectuel de la raison et des injonctions mentales, pour s’ouvrir à l’océan de « Ki » (le « Chi » en chinois), force primitive qui nous anime depuis nos premiers instants de vie.

C’est l’éveil à un processus vital dynamique, indépendant de notre volonté, et la reconnaissance de l’intelligence naturelle du corps, portée par les grandes lois du vivant. S’ouvrir à ces lois, c’est « passer du mental au vital ».

Des lois universelles telles que la loi de la différence, de l’impermanence ou de l’interdépendance nous relient au flux incessant qu’est la Vie.

Tout change tout le temps, tout se transforme. Toute entrée en relation, qu’elle soit en lien avec un évènement intérieur ou extérieur, me concerne, me touche et me transforme.

Devenir de plus en plus ouvert et sensible à ces lois, aux actions vitales du corps soumis à ces lois naturelles, est une attitude à contre-courant de notre manière ordinaire de tout aborder par la pensée.

A l’inverse de cette ouverture, des lois-pièges du mental – désir de ressemblance, de permanence ou d’indépendance - nous maintiennent dans l’illusion de pouvoir atteindre un jour une parfaite et tranquille sécurité. Un état d’être statique « bon pour moi », mais finalement inaccessible car sans arrêt bousculé et remis en cause par le flux des évènements.

Volonté égocentrée de fixité qui nous fait vivre la plupart du temps dans un état d’être agité, anxieux et angoissé, et nous coupe de nos racines vitales et transformatrices en Hara.

Se détendre, se poser en Hara, c’est plonger dans la conscience sensorielle océanique qui a baigné nos premiers mois et premières années d’existence.

Affiner un contact sensoriel avec le réel est la porte d’entrée du Zen, c’est apprendre à être « Un » avec ce qui se présente, sans le filtre de la pensée.

Pratiquer, c’est sentir corporellement qu’une sensation n’a de réalité qu’au moment présent. Que toute sensation est une action, que toute sensation/action est une mise en relation.

Que toute sensation/action nous transforme.

Pratiquant un exercice, il ne s’agit pas de comprendre, discuter, s’opposer ou de chercher à modifier ce qui se présente à nous, réflexe d’une récupération mentale de l’exercice, mais d’accompagner une transformation déjà en cours, voulue et portée par la vie.

Pratiquer l’absolue immobilité en za-zen ou le geste juste, c’est s’exercer à la non-intervention, afin de déranger le moins possible les rythmes naturels et les équilibres subtils du corps vivant. Ainsi, dans tout exercice, nous découvrons que la tenue, la forme ou la respiration sont des actions innées qui n’ont pas besoin de ma volonté pour s’activer et se réaliser. Il ne s’agit pas de fabriquer une posture extérieure, de chercher à la maintenir, de paraitre calme un certain temps, mais de libérer une création vitale de chaque instant afin de goûter et de se soumettre à une transformation infaisable : l’acte d’être.

Jacques Castermane nous rappelle « qu’un chemin de transformation n’est pas un chemin de formation ; c’est le passage d’un état à un autre, d’un opposé à un autre, d’une contradiction à une autre, passage vu, accepté et favorisé, qui est source d’unité et de Grand Calme ».

Se déconnecter du vouloir faire, de l’ambition personnelle ou de tout contrôle conscient est une régression pour l’ego, une mise en retrait : très difficile de laisser faire l’infaisable ! L’infaisable ?

Une mise à l’écoute de tout soi-même au service des intentions du corps vivant ou « intentions de l’Être ».

La toute-puissance de la conscience rationnelle nous oriente sans arrêt dans une pratique de construction, de formation d’un soi-même idéalisé, et toujours dans une seule direction, le mieux-être. État que j’atteindrais plus tard grâce à des efforts répétés ? Rien n’est moins sûr !

La pratique du « Un » est un geste de renouvellement constant, instantané et sans but.

Renouvellement du Geste, création de chaque instant qui nous plonge dans le processus vital qu’est l’acte d’être, incessant chemin de transformation naturelle à effet immédiat.

Joël PAUL

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mardi 28 avril 2026

Ecoute du corps

 

Le corps possède sa propre intelligence ; il sait quand il est fatigué et qu'il a besoin de repos. En général, je fais deux heures de yoga par jour, mais ce matin, j'étais fatigué. J'avais préparé mon tapis et tout le matériel pour ma séance, et mon corps m'a dit : "Non, désolé." J'ai répondu : "D'accord", et je suis retourné me coucher. 

Ce n'est pas de la paresse. Mon corps m'a dit : "Laisse-moi tranquille, tu as beaucoup parlé hier, tu as vu beaucoup de monde, tu as marché et tu es fatigué." Ma pensée m'a alors dit : "Tu dois te lever et faire tes exercices, c'est bon pour toi, tu en fais tous les jours, c'est devenu une habitude. Ne te relâche pas, tu vas devenir paresseux ! Continue !" 

Ce qui signifie que c'est ma pensée qui fait de moi un paresseux, et non mon corps.

~ Jiddu Krishnamurti 

The Awakening of Intelligence - (via Krishnamurti Foundation Trust)


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samedi 11 avril 2026

Hauteur d'homme



Dans le pays qui m'est cher les yeux font croire
à l'au-delà
Les paroles sans effort se colorent d'amitié
Les choses ont le temps de se regarder
Le fruit écoute l'arbre
Les rires réclament de l'espace
Les blés chantent haut leur soleil
puis s'apaisent dans le pain

Georges Bonnet - Un ciel à hauteur d'homme
L'Escampette

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vendredi 10 avril 2026

Se laisser trouver


Karlfried Graf Dürckheim  : ''On ne peut pas « chercher » son Être essentiel… Bien sûr, il est tout à fait naturel de dire « je le cherche », mais en vérité, il y a là un mouvement qui le repousse ; donc, au contraire, il faut dire « je dois me laisser trouver » parce que l’Être ne fait rien d’autre que nous chercher. Si vous prenez l’exemple d’une plante, celle-ci ne fait rien d’autre que de grandir jusqu’à ce que la fleur puisse sortir… c’est comme cela que nous avons tous, êtres vivants, une force qui prend la direction de ce qu’on doit devenir finalement.

C’est une force qui nous cherche et pas que nous devons chercher ; alors si nous disons « je cherche mon Être », il faut faire attention, car nous faisons là un mouvement existentiel alors qu’il s’agit justement d’une expérience essentielle, et nous ne pouvons pas remplacer le mouvement qui vient de notre essence par un effort existentiel. Il faut pouvoir se mettre à l’écoute de quelque chose qui nous appelle. Vous êtes appelé à réaliser quelque chose, vous n’appelez pas vous-même. Se mettre à l’écoute de ce qui vous appelle et se laisser trouver.

Q : Mais c’est là une démarche qui va tout à fait à l’encontre de notre manière occidentale d’appréhender la vie !

KGD: Absolument ! L’homme de notre civilisation s’imagine pouvoir « faire » quelque chose pour trouver son Être. Non ! non, c’est l’Être qui le cherche, il doit se laisser trouver.

Q. Peut-on dire là qu’il s’agit d’une attitude Yin ?

KGD. Oui et non. Dès qu’il y a le Yin, il vous faut le Yang : dès que vous êtes trouvé parce que vous êtes passif, dans une attitude ouverte, vous devez alors vous emparer de ce qui vient vous chercher, en prendre la responsabilité ; car lorsque quelque chose vous touche, il faut non seulement pouvoir l’accepter mais aussi le prendre en main et l’aider à devenir fructueux.

- Karlfried Graf Dürckheim

Extrait de ''Le chemin est le but, entretien avec Karlfried Graf Dürckheim'', Revue Itinérance. No 1. 1986.

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mercredi 25 mars 2026

Ecoute du printemps

 


On n’arrête pas le printemps qui arrive.

Peut-il suspendre ces bruits de couteaux au fond de nos âmes ?
Ces épaisses fumées qui empoisonnent l’air ?
On n’arrête pas le printemps, c’est l’heureuse défaite promise à toutes nos armes,
c’est la brise légère qui achève nos discours assassins.
L‘homme est grand s’il dépasse son hiver, il sait que celui-ci reviendra mais,
pour quelques heures il ne casse pas l’œuf, il n’écrase pas le bourgeon,
de tout ce qui doit éclore.
Il attrape la vie au vol,
il écoute.

Jean-Yves Leloup, mars 2026

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mardi 24 mars 2026

« Vérifiez que vous êtes un humain »

 


Un colis se fait attendre : le transporteur qui doit me le livrer me propose de suivre son acheminement en temps réel. Je me connecte donc sur le site de l’agence, mais, avant de me donner les informations nécessaires, un message s’affiche sur mon écran : « Vérifiez que vous êtes un humain »… C’est une belle question pour un temps de carême ! Pour m’en assurer, je dois recopier fidèlement une suite insensée de chiffres et de lettres.

Être humain, ce serait donc cela ? Reproduire ce que l’on a vu ou répéter ce qui se dit ? Cela m’évoque plutôt l’idée d’une vérification que je suis bien un enfant sage, ce que je n’ai pas envie d’être. Entre être un enfant sage de la Loi ou un fils rebelle de l’Esprit, mon choix est fait. Comme je ne m’exécute pas, la machine me propose une alternative : quatre morceaux d’un puzzle à reconstituer. J’ai le sentiment d’être un petit singe dont on voudrait tester l’intelligence.

Se sentir reconnu et appelé

J’ai appris de ce prophète de Nazareth que j’ai pour ami depuis longtemps une autre idée de ce qu’est être humain, sans trop savoir si je le suis assez : je n’ai pas trouvé de plus bel être que lui. Et je sais qu’un grand nombre, depuis des siècles, se sont inspirés de lui. Cet homme-là n’avait rien de l’étoffe d’un surhomme ou d’un héros.

Il se tenait là. Vraiment là. Il était là « pour ». Pour un aveugle à Jéricho, pour une femme submergée par son affectivité, pour un jeune homme que l’on disait riche, pour des lépreux qui n’en pouvaient plus d’être à la marge, pour une femme de Samarie qui se mentait à elle-même et pour tant d’autres encore. Purement présent à leur histoire, sans se soucier des ricanements et des critiques infondées de ceux qui assistaient à leur rencontre. Son « être là » le rendait profondément humain et donnait à d’autres envie de le devenir.

Il écoutait : les gens le savaient bien. Il entendait les joies et les espoirs, les cris et les tristesses. Il entendait même le non-dit. Nombreux sont ceux qui ont osé lui dire, sans crainte d’être jugés, ce qu’ils avaient dans le cœur : deux pèlerins déçus, une femme jetée en pâture à la vindicte des bien-pensants, deux de ses compagnons de route rêvant d’une place de choix dans son royaume. Chacun se sentait reconnu et appelé, invité à faire quelques pas de plus. Il savait restaurer le vouloir-vivre de l’autre. Ne serait-ce pas cela, être humain ?

Plus pauvre que lui, plus simple, il n’y avait pas. Il s’était choisi quelques disciples pas toujours fiables, sans préjuger de leur réponse. Il ne cherchait pas son intérêt. Sa pauvreté le rendait rencontrable, à âmes égales : « Quel bel homme que celui-là », devaient se dire ceux qui croisaient sa route. Sa façon d’être déconstruisait chez l’autre tout désir de puissance. Il apprenait — en le vivant — que la fragilité n’est pas une tare, mais un chemin…

Des chemins d’être

Il n’a jamais voulu voler quelqu’un, le ramener à lui ou l’annexer. Il ouvrait des chemins d’être que l’on croyait impossibles. Il ne remplissait personne de son savoir mais il libérait, déliait, désenchaînait : c’était comme une passion en lui, une « vocation ». Y a-t-il plus juste humanité que celle-là ? Dieu ne pouvait sans doute pas mieux se dire qu’en lui.

Ses quatre postures, être là, écouter, se tenir simplement et ne jamais chercher à manger l’autre m’invitent. Relire ma vie à l’aune de ces quatre attitudes, chercher des points d’ajustement, les déployer dans l’aujourd’hui de ma vie me permettraient de répondre à la question de mon transporteur… Mais j’ai encore bien du chemin à faire. À l’heure qu’il est, à quelques semaines de Pâques, j’attends toujours mon colis…

Raphaël Buyse

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mardi 9 décembre 2025

Mourir pour continuer à vivre. Le Rat de Terre – Wu Zi (戊子)

Depuis le 7 décembre, nous sommes entrés dans l’avant-dernier mois de l’année...


Voyons quels sont les éléments à notre disposition en cette période :
Wu (戊), la Terre Yang dans le Tronc Céleste, agit comme une sorte de couvercle, comme pour voiler ce qui se trame dans sa branche. Quoi qu’il en soit, pour ceux qui connaissent la métaphysique chinoise, cette Terre Yang évoque l’ancrage et la stabilité ; elle cherche à nous rassurer, à nous mettre en confiance. La Terre symbolise le collectif, elle fixe un cadre, assure la cohésion et la consolidation. Elle ralentit le cours des choses – d’ailleurs, l’image de ce binôme pourrait être celle d’un barrage sur l’eau, qui canalise le flux. Mais aura-t-elle la force de maîtriser cette eau, potentiellement trouble ?
Dans la Branche Terrestre du Rat Zi (子) se trouve justement cette Eau Yin, Gui (癸), alors que le Rat lui-même est un animal Yang. Cette branche cardinale ne comporte qu’un seul tronc caché, une eau pure, insaisissable, subtile et délicate. Elle ne transiverge pas, elle est déterminée dans la direction qu’elle souhaite prendre. Cela fait de ce rat, en apparence petit mais malin, un grand stratège grâce à son esprit vif et créatif. Cette branche du mois comporte une notion de mouvement, de communication, d’intuition, mais aussi de mystère. Cette eau est associée aux Reins, aux oreilles ; son émotion est la peur primaire, viscérale, instinctive. Son mouvement descendant nous entraîne vers le bas, comme s’il était nécessaire de lâcher prise. L’eau, source de vie, est nécessaire au grand nettoyage – un passage obligé pour que le cycle puisse recommencer avec le Bois. C’est aussi le moment de nous délester de ce qui ne nous appartient plus, d’opérer un nettoyage intérieur avant le début du prochain cycle.

Mourir pour continuer à vivre.
Ce binôme du mois renvoie l’image d’une montagne cachée dans la brume, mystérieuse. Notre instinct nous met en garde : le manque de cohérence apparent entre le Tronc et la Branche souligne la complexité de la période. Rien n’est tel qu’il paraît au premier abord. Ce mois nous demande de prendre le temps d’observer ce qui se passe sous la surface, pour discerner la vérité cachée.
C’est un mois pour s’entourer de personnes de confiance, de celles qui vous feront grandir sur le long terme. Ce mois nous invite à trouver notre propre stabilité, à penser à l’avenir sans nous laisser déstabiliser par nos peurs et nos émotions. C’est le moment de repérer les signes avant-coureurs, de prendre conscience de ce qui n’est qu’illusion et de ce qui constitue la vérité. En pleine connaissance de cause, nous pouvons alors agir. Peut-être est-il temps d’assumer la responsabilité de nos choix et, pourquoi pas, de laisser derrière nous ce dont nous n’avons plus besoin.
Pour tirer le meilleur parti de cette énergie de clôture et de purification, voici quelques conseils pratiques :
Pratiquez l'écoute : L'énergie de l'Eau est liée aux oreilles et à l'intuition. Prenez du temps dans le silence pour écouter – votre intuition, les non-dits dans vos relations, les murmures de votre corps. Ce qui émerge ainsi sera souvent plus révélateur que les apparences.
Faites un inventaire concret : L'énergie Terre du Tronc nous invite à la structuration. Listez ce que vous souhaitez clore : une habitude, une dette, un projet, une relation devenue toxique. L'écrire ancre l'intention et facilite le « grand nettoyage ».
Ralentissez pour mieux discerner : La Terre « ralentit le cours des choses » mais le courant sous-terrain peut aussi vous emporter. Résistez à l'impulsion de réagir vite. Face à une situation confuse, marquez une pause délibérée. La vérité cachée (la montagne dans la brume) a besoin de temps pour se révéler.
Renforcez votre ancrage : L'énergie Terre parle de stabilité mais pour contrer la peur instinctive de l'Eau, ancrez-vous avec des routines solides. Restez en contact avec la nature (la Terre), et en vous entourant de personnes fiables (le collectif).
Libérez par un rituel : Symbolisez la clôture ; brûler une vieille liste, ou simplement méditer en visualisant la libération d'un poids. Accorder une action concrète à l'intention spirituelle donne toute sa puissance à l'énergie du mois car ce mois nous demande tout de même d’agir.
En agissant ainsi, vous vous alignez consciemment avec le flux de ce mois puissant et devenez un acteur serein de la transition vers l'année du Cheval de Feu.
Mylene Wilks-Coste
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lundi 1 décembre 2025

Petits exercices d'écoute d’autrui


Pour s’entraîner à écouter l’autre quand il nous parle :

1- Tout d’abord, effectuer une bonne respiration, en prêtant une grande attention, pendant quelques secondes, au souffle qui entre et qui sort des poumons. On élimine ainsi les pensées parasites et toutes réponses préconçues. On se met dans une disposition d’ouverture pour recevoir la parole de l’autre sans aucun préjugé, et pour entendre ce qu’il dit et non pas ce que l’on se dit à son sujet. Il se produit alors une véritable RENCONTRE.

2- Se mettre à sa place pour comprendre son point de vue sans lui imposer le nôtre. Pour cela, il est bon de reformuler ses propos avec nos mots et lui demander si l’on est bien fidèle à ses dires.

3- Notre intuition a sa logique que la raison ne connaît pas. Il est donc très utile de la laisser parler et surtout de l’écouter. Si on lui laisse libre cours, elle ne manquera pas de se manifester.

Françoise Réveillet - Petites pensées pour voyager léger

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vendredi 3 octobre 2025

"Les deux ensemble !"

 

Avant de « faire », se mettre à « l’écoute de l’infaisable » !

Lorsque la personne occidentale décide de s'engager dans la pratique du Yoga, du TaïchiChuan ou dans une discipline artistique, artisanale ou martiale qui a ses racines au Japon, il s'attend à devoir "faire" un exercice. D'où ma surprise lorsque j'entends le vieux sage de la Forêt Noire me dire que sur la Voie qu'il propose, il ne s'agit pas tout de suite de s'appliquer à "faire" quelque chose, un exercice inventé par l'homme.

Avant de faire, il importe tout d'abord de se mettre à l'écoute afin de laisser advenir "l'infaisable".

Se mettre à l'écoute de l'infaisable ?

Il est important de distinguer deux forces. Il y a la force qu'on développe et qu'on "fait" et l'autre qu'on ne peut absolument pas faire. Ainsi, on ne peut pas faire battre son cœur, il y a là une force que nous devons admettre. De même, Il est important pour la personne occidentale de distinguer deux niveaux d'actions. Ainsi, je ne peux pas "faire" cette action vitale qu'est la respiration, il y a là une action infaisable que je me dois tout simplement d'admettre.

Ce qui n'est pas de l'ordre du "faire" et que nous avons à laisser advenir, révèle ce qu'il y a d'universellement humain en l'homme. C'est un premier pas important sur le chemin que de reconnaître cette part de nous-mêmes qui nous dépasse.

Ceci dit, il faut se rendre compte que le caractère de la réalité qui transcende ce que l’être humain peut faire, dépend de notre vision du réel et pas d'une cause extérieure. D'où l'absolue nécessité lorsqu'on se met en chemin de distinguer deux approches du réel.

Graf Dürckheim distingue ce qu'il appelle l'esprit occidental et l'esprit oriental. L'esprit occidental PENSE le réel comme étant un ensemble d'objets. L'esprit oriental VOIT le réel comme étant un ensemble de processus.

Il voit là deux usages de ce qu'on appelle la conscience : la conscience DE et la conscience SANS de. « Se mettre à l'écoute implique une approche du réel autre que celle de notre conscience ordinaire : la conscience DE. La mise à l'écoute implique l'usage de la conscience SANS de. C'est vraiment important lorsqu'on va pratiquer un exercice. En effet, l'usage de la conscience DE me conduit à -penser- que "j'ai un corps" ; l'usage de la conscience SANS de me conduit à -voir- que" corps je suis" ».

Je ne comprends pas ! Le corps qu'on "a" // le corps qu'on "est" ? La conscience DE // la conscience SANS de ?

Mieux que les mots par lesquels nous cherchons à comprendre, une image peut bien souvent nous permettre de voir ... ce qui n'est pas à comprendre.

Regardez ce cylindre !

La lumière qui le rend visible projette sa forme sur deux écrans différents ; ce qui nous amène à envisager qu'un cylindre est circulaire ou qu'il est rectangulaire.

L'image ci-dessus semble démontrer qu'un cylindre dispose des mêmes propriétés qu'un rectangle ou qu'un cercle. Cette incompatibilité résulte non pas de la chose en soi mais de notre manière de la conceptualiser, de notre manière d'en être conscient.

En physique classique, des années durant, des scientifiques ont affirmé que la lumière est un phénomène ondulatoire alors que d'autres scientifiques affirmaient que la lumière est un phénomène corpusculaire.

Jusqu'au jour où en physique quantique, ces deux phénomènes sont considérés comme coexistants. En fonction du contexte expérimental, un électron peut donc se présenter soit sous forme de particule, soit sous forme d'onde.

Mais enfin ! La lumière est-elle faite d'ondes ou de particules ? Un maître Zen répondra : "Les deux ensemble!". Les deux ensemble !

Cette exclamation est insupportable pour tout être humain doué de raison. D'autant plus lorsqu'elle associe des oppositions qui nous paraissent inéluctables : le corps (et) l'esprit ... la santé (et) la maladie... le bien (et) le mal ... l'inspiration (et) l'expiration ... le calme (et) l'agitation... la vie (et) la mort ...

Dès qu'il vous est possible de faire usage de la conscience SANS de (déjà à notre disposition tout au long de la gestation) vous pouvez maintenant "faire" zazen! C'est à dire faire... rien ! Si ce n'est être à l'écoute (zen) de ce qui se présente lorsque vous êtes là assis absolument immobile (za.)

Grâce à une pratique régulière et renouvelée de l'exercice, l'expression "Les deux ensemble " est vue non seulement comme un principe constitutif de notre existence mais comme étant la source de cet état d'être qui manque cruellement à la personne occidentale : le CALME intérieur. Le grand calme qui n'est pas le contraire de l'agitation (dualité) mais l'absence de toute agitation (symptomatique de notre vraie nature).

Jacques Castermane

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vendredi 26 septembre 2025

Le soin de l'écoute

 La présence à l'autre est le premier soin. Il ne coûte qu'une écoute. Mais n'a pas de prix.




Source : Je serai là de L'homme étoilé
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samedi 20 septembre 2025

A l'écoute !

De même pour écouter. Dans une conversation qui ne vous implique pas trop, vous pouvez tenter cet effacement : non pas « j'écoute Simone » – moi je suis là et j'écoute attentivement Simone – mais « Simone est écoutée ». Il y a une écoute, il y a une possibilité de répondre, il y a une mémoire de ce qui aura été dit, mais ahamkar, « ce qui fait le moi », momentanément n'est plus présent. Vous verrez aussi combien c'est inhabituel. Et si vous pouvez vivre cette expérience, ce changement d'attitude intérieure, relativement facile à effectuer ne fût-ce que pendant quelques instants, cela vous en dira déjà plus sur l'effacement de l'ego que bien des paroles de sages.

Arnaud Desjardins - La voie et ses pièges


Ce n'est pas ce que vous écoutez qui vous rend tranquille: c'est d'écouter. La joie c'est d'écouter. 

Ce qu'il y a de plus beau à écouter, c'est vous, votre peur, votre avidité, votre tristesse. Là se trouve la beauté. C'est mille fois plus profond que d'écouter quiconque.

Eric Baret

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vendredi 16 mai 2025

Chut !

 Il y a une voix qui n'utilise pas de mots. Écoutez.

Rumi.


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mardi 6 mai 2025

Appel corporel pour aimer son corps...


"Téléphone-moi Appelle-moi et dis-moi Que tu m′aimes, que tu m′aimes, que tu m'aimes Téléphone-moi Rassure-moi et dis-moi Que tu m′aimes, que tu m'aimes, que tu m′aimes"

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lundi 3 février 2025

Le quotidien à vivre


L'extrait ici de l'interview de Christiane Singer (dans l'émission Visages en 2007) est très instructive sur notre position quotidienne dans l'existence.


A écouter avec une attention neuve : juste ici


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lundi 27 janvier 2025

Ecoute...

 ECOUTE CE QUI SOUFFRE EN TOI


Ecoute écoute
Ecoute ce qui souffre en toi
Ecoute
N’attends pas d’être à terre
N’ attends pas l’avènement de ta déconfiture
Cale ton oreille au plus près
De ce qui souffre en toi
Au lieu de faire le fier
N’attends pas les grincements de dents
N’attends pas qu’on te jette au feu
Rabaisse ta prétention, je dis, rabaisse là
Oui je t’en prie, écoute
Ce qui en toi jamais ne s’est réconcilié
Ce qui veut en découdre
Redresser tous ces torts qui te furent infligés
Ecoute cette voix sans merci
Eprouve tout le poids de ce bras armé
Toujours tendu dans son effort
De disperser tes ennemis
N’attends pas de te voir démasqué
Sans t’ y être préparé
N’attends pas la honte
La peau à vif et cuisante
L’aperçu dévastateur
De ta stupidité faraude
Oui, ami, n’attends pas
L’envie de te foutre par la fenêtre
Quand tu te dis que tu ne vaux rien
N’attends pas, ami,
De crever comme chien
Ecoute
Non pas ce qui se plaint
Non, pas cela, mais bien
Ce qui souffre en toi
Cette voix là
T’indique le chemin
Cette voix là ne te trompe pas

............... Gilles Farcet


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mardi 31 décembre 2024

Etre à l'écoute

 Qu'est-ce que vous décidez vraiment ?


Vous constatez vos émotions, vous constatez votre ressenti. Mais il n'y a pas la place pour une décision. Donc, il n'y a pas de fuite possible. On ne peut ni faire face, ni fuir. Parce que ça impliquerait une personnalité. La personnalité, c'est une vie romantique. Il n'y a pas de personnalité. Il y a une expression et votre expression et la mienne sont différentes. On peut appeler cela la personnalité mais c'est l'expression. Et ce qui s'exprime n'est pas quelque chose.
Vous ne pouvez pas décider de faire face à vos peurs, ça c'est imaginaire. Vous ne pouvez pas décider de ne plus être jaloux, vous ne pouvez pas décider de ne plus être angoissé. Qu'est-ce que vous pouvez vraiment décider ? La décision, c'est un imaginaire. Comme l'alcoolique qui décide tous les soirs de ne plus boire, ce genre de décision a peu de valeur...
La vraie vie est dans une écoute, elle n'est pas dans une décision. De cette écoute, j'ai des évidences. On peut s'arrêter de boire, mais ce n'est pas par décision, c'est par évidence. Quand vous changez de mari, c'est par évidence, ce n'est pas une décision. La décision va concrétiser l'évidence, mais la décision n'amène pas l'évidence.
(extrait d'une vidéo)
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Ce n’est pas ce que vous écoutez qui vous rend tranquille : c’est d’écouter. La joie, c’est d’écouter. Ce qu’il y a de plus beau à écouter, c’est vous, votre peur, votre avidité, votre tristesse. Là se trouve la beauté. C’est mille fois plus profond que d’écouter quiconque.
~ Éric Baret

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jeudi 10 octobre 2024

Tendre l'oreille


"Je n’ai pas envie de parler de moi,

 mais de tendre l’oreille 

pour écouter la germination et le bruit du temps."

Ossip Mandelstam 1891-1938

art graphique: Sarah Jarret





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dimanche 21 juillet 2024

Sous l'aile du silence

 


"Il faut tant de silences pour rejoindre le silence. Tant d'abandon pour recueillir une poignée de présence - pas plus grosse qu'un cœur d'oiseau - incommensurable sous le front enfin lisse et tranquille."

Philippe Mac Leod - Variations sur le silence

aquarelle: Ping



"Nous sommes au commencement du monde, toujours au commencement de la création. Chaque battement de notre cœur peut susciter une nouvelle étoile; chaque battement de cœur peut susciter une liberté encore endormie; chaque battement de notre cœur peut rayonner sur toute l’histoire et sur toutes les galaxies. Pourvu justement que nous entrions dans ce silence infini où l’on n’est plus qu’à l’écoute du silence éternel…

….Cette présence cachée, présence diaphane, est une présence réelle qui ne s’impose jamais mais qui est offerte à tous comme une invitation à découvrir cet immense secret d’amour caché au fond de toute conscience humaine…

La vie à tous les degrés ne peut conquérir sa valeur que dans le silence et le recueillement. Si cela est vrai de la vie physique, combien plus l’est-ce de la vie spirituelle…

Maurice Zundel

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