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mercredi 16 septembre 2026

Souffrance ?

D'après certains enseignements spirituels, toute souffrance est en définitive une illusion, et c'est juste. Mais est-ce vrai pour vous ? Le simple fait d'y croire n'en fait pas une vérité. Voulez-vous éprouver de la souffrance pour le reste de votre vie en continuant de prétendre qu'elle est illusoire ? Cela vous libère-t-il vraiment de la souffrance ? 

La souffrance est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à "ce qui est". L'intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d'identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s'en échapper. Autrement dit, plus on est identifié à son mental et plus on souffre. 

On peut également l'énoncer ainsi : Plus on est à même de respecter et d'accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental. 

~ Eckhart Tolle - Mettre en pratique Le pouvoir du moment présent 

☯️

S'il y a une quelconque forme de souffrance, il n'y a pas de connaissance de soi.

~ Jiddu Krishnamurti - Talk 4, Paris, 27 May 1965

☯️

Il y a illusion lorsqu'il n'y a pas de connaissance de soi.

~ Jiddu Krishnamurti  - Talk 8, Paris, 24 Septembre 1961

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samedi 18 juillet 2026

Plus conscient mais...

 À mesure que leur niveau de conscience augmente, certaines personnes commencent à trouver que leur état "empire", pour ainsi dire, mais c'est tout simplement qu'elles deviennent plus conscientes de ce qui existait déjà en elles depuis de nombreuses années. 


Les gens me demandent souvent si leur état empire parce qu’ils peuvent encore détecter des schémas dysfonctionnels ou réactifs en eux-mêmes. Ce n’est pas comme si ces schémas allaient disparaître immédiatement parce que votre niveau de conscience augmente ; vous en êtes simplement plus conscient.

Ultimement, à mesure que vous devenez plus conscient de vos schémas réactifs, vous pouvez les VOIR, alors qu’avant vous les ÉTIEZ. Il y a une énorme différence entre VOIR un schéma à l’intérieur de vous-même et ÊTRE ce schéma.

Les schémas conditionnés – ou les comportements égotiques, on pourrait dire – ne disparaissent pas immédiatement parce que vous devenez présent. Ils ont leur momentum, en particulier les schémas associés aux résidus émotionnels que nous appelons "corps de souffrance". Il peut y avoir passage à l'acte pendant un bon bout de temps, même s'il y a davantage de présence.

~ Eckhart Tolle  

---(via Petra Tilling, version anglaise)

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jeudi 11 juin 2026

Poisons intérieurs

 

En finir avec la souffrance — pas seulement en soignant ses symptômes mais en éradiquant sa cause première —, c'est précisément ce à quoi vise l'enseignement du Bouddha. [...] Il faut d'abord réaliser que la vraie cause de la souffrance ne se trouve pas à l'extérieur de soi, mais à l'intérieur. [...] C'est pourquoi la véritable pratique spirituelle consiste à s'occuper de son propre esprit. L'esprit est très puissant, il peut créer le bonheur comme le malheur, le paradis comme l'enfer. Si, à l'aide du Dharma, vous parvenez à éradiquer vos poisons intérieurs, rien d'extérieur ne pourra plus vous affecter négativement, mais tant que ces poisons resteront mêlés à votre esprit, vous ne trouverez nulle part au monde le bonheur que vous désirez.

NYOSHUL KHEN RINPOCHE (1932-1999)
📸: Derter (Ahinga Rufa), Parc national de Chitwan, Népal, 2019

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mardi 7 avril 2026

Subir l'expérience

 Q : Qu'en est-il de la douleur physique ? Et de la souffrance ? 


Mooji : Tout est grâce. Si vous aviez vraiment le libre arbitre et le pouvoir de façonner votre destin, de créer votre vie idéale, vous laisseriez probablement de côté tous les inconforts, tout ce qui défie votre ego, tout ce qui expose vos sentiments de culpabilité ou de honte et tout ce qui menace vos attachements. Vous excluriez tous ces éléments et les remplaceriez par des expériences à saveur de chocolat.

Mais quel que soit votre effort pour construire et sécuriser une vie qui satisfasse vos projections, vous échoueriez toujours à égaler, en qualité et en bon augure, la vie qui se déroule sans intention humaine.

Un homme a dit un jour à Sri Nisargadatta : "Maharaj, vos paroles résonnent profondément dans mon cœur. Je sens leur pouvoir et je sais qu'elles sont vraies. Mais si je dois être honnête en décrivant mon expérience, je dois admettre que tout au long de ma vie, j'ai ressenti continuellement de la souffrance..."

Et Maharaj répondit : "Non, ce n'est pas vrai. Vous ne faites pas l'expérience de la souffrance, vous souffrez parce que vous subissez votre expérience."

Vous souffrez parce que vous n'acceptez pas votre expérience.

♡ Quand vous ne souffrez qu'à moitié, vous pouvez l'endurer. 

Mais si vous souffrez totalement votre souffrance, elle vous laisse tomber.

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dimanche 15 mars 2026

Une autre réalité ?

 "Chaque difficulté me montre que je ne suis pas libre, que je voudrais que la réalité soit autrement que ce qu'elle est"...

Q : Dans un entretien, tu disais que tu te trouvais dans un voyage sans fin, que le cœur est un abîme sans fond et que dans notre essence, on pouvait mourir toujours plus. Est-ce que cela signifie qu'il n'y a pas d'éveil définitif où l'on arrête de souffrir et que l'on voit le monde depuis sa vraie beauté ?


Nathalie Delay : On ne pourra jamais simplement effacer la souffrance. Mais mourir toujours plus veut dire se dissoudre dans un "Je ne sais pas". Tout ce que la vie nous montre, c'est exactement ce dont nous avons besoin pour nous libérer des illusions qui nous rendent malheureux. Nous mourons à la vue du mensonge que pour être heureux, nous aurions besoin d'autre chose que ce qui est déjà là. Cette mort permanente de la personne doit avoir lieu au niveau cellulaire. Il s'agit au final d'une déprogrammation du cerveau. La mort de la personne est synonyme de la reconnaissance que tu es l'Absolu. Cette reconnaissance est sans fin, car l'Absolu est sans fin. 

Tu ne vas jamais pouvoir dire : "Maintenant je l'ai". S'éveiller signifie ouvrir une porte – mais le voyage sans fin ne fera que commencer. Ce n'est pas le chemin d'une personne, mais un mouvement vers l'Absolu.

Q : Dans différents enseignements et livres spirituels, il est dit que nous les humains pourrions et devrions devenir des créateurs. Est-ce à l'opposé de ce que tu enseignes – notamment de simplement écouter et d'aller d'instant en instant avec la vie, comme elle se montre, sans résister ?

N.D. : Quand tu ouvres la porte vers l'Absolu, tu te rends compte qu'il n'y a pas une personne qui pourrait créer quelque chose. Il y a seulement un seul créateur – tu peux l'appeler comme tu veux : Conscience, Shiva, Dieu, Amour. Le plus tu te libères de l'idée d'être quelqu'un, le plus ce créateur universel peut se montrer à travers toi. Alors tu fais l'expérience que quelque chose te pénètre, quelque chose qui incarne cet aspect universel et créateur. Le plus tu te libères de toi-même, le plus la création peut se déployer en toute beauté à travers toi.

Q : Tu as suivi la voie de l'illumination quand tu étais pleinement dans la vie : tu étais dans une relation, tu avais une fille et un métier exigeant dans le domaine publicitaire. Comment as-tu trouvé le temps pour la pratique de la méditation ?

N.D. : Dans mon quotidien, il n'y avait pratiquement pas de temps pour une pratique formelle. Il y a eu une période où je voulais quitter ma fille, pour me retirer et me consacrer à une voie spirituelle – mais mon maître me l'a strictement interdit. Il disait que ma fille et mon quotidien étaient ma pratique. Alors j'ai fait 30, 40 fois par jour une micro-pratique : arrêter, prendre quelques respirations conscientes, sentir le sol sous les pieds et le ciel sur la tête. Les exigences du quotidien étaient des maîtres inexorables. 

Chaque difficulté me montre que je ne suis pas libre, que je voudrais que la réalité soit autrement que ce qu'elle est. Dès que je peux arrêter de me battre contre la réalité, je suis libre. Nous cherchons l'illumination dans le dernier recoin de l'Himalaya, alors qu'elle nous attend dans notre propre cuisine.

~ Nathalie Delay 

Extrait d'un entretien paru dans la revue "Yoga Aktuell", édition 2/2017

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mardi 13 janvier 2026

Invente !

 "Inventer, inventer… devant les tragédies du monde, devant les drames qui nous frappent, face aux guerres et à l’injustice, inventer, inventer toujours des chemins de paix, inventer une société éveillée et plus juste. Inventer des remèdes collectifs à la souffrance."

Alexandre Jollien


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lundi 15 décembre 2025

Remise en question

 Q : Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui sont malheureuses, misérables ?


Byron Katie : Oh la la... Qu'il se pourrait que vous croyez quelque chose que vous ne croyez pas. Qu'il se pourrait que vous essayez très très fort de croire ce que vous ne croyez pas. Remettez en question ce que vous essayez de croire et fichez-vous la paix. Libérez-vous de ces croyances et ouvrez-vous à la vie. Pour moi, la vie est synonyme d'amour et de légèreté, de Dieu, de nature et de beauté.

♡

Quiconque est déprimé est simplement en train de croire ses pensées stressantes. Et qui est responsable de me réveiller si je suis déprimée ? C'est moi. Tout le reste n'est que bien-être, mais le mental va le dominer aussi longtemps qu'il croit ce qu'il pense. Il va ignorer tout ce qui peut arriver de bon, car le rôle du mental est d'avoir raison. Tant qu'il n'est pas sorti du déni, il essaie de prouver qu'il a raison, mais il a tort. Et le moyen de savoir que le mental a tort, c'est que tu es déprimé. Ou tu es à fond dans tes addictions : elles te le feront savoir. 

♡

Croire mes pensées est épuisant. Je n'abandonne pas les pensées stressantes, je les remets en question et elles me lâchent. 

♡

Ce dont j'ai besoin, c'est ce que j'ai. C'est la réalité des choses dans l'instant.

~ Byron Katie 

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La souffrance est nécessaire jusqu'à ce qu'elle ne soit plus nécessaire.

~ Eckhart Tolle 

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vendredi 21 novembre 2025

Apaisement de la souffrance

 L'apaisement de la souffrance avec le moine-enseignant Zen Jean Nyojo Rat


Dans la vie quotidienne, le zen Sōtō insiste sur le geste juste, fait avec tout son être, sans attente ni calcul: balayer, cuisiner, jardiner, marcher… car chaque action est une occasion de pratiquer la présence. Chaque geste est déjà l’éveil.

Le zen n’est pas une doctrine compliquée, ni une philosophie abstraite. C’est une voie d’expérience directe qui nous invite à voir la réalité telle qu’elle est, sans fard, sans illusion. 

Son fondement repose sur les Quatre Nobles Vérités, enseignement simple et profond qui éclaire le chemin de la liberté intérieure.

1. La vie est souffrance. Souffrance ne veut pas dire seulement douleur, mais aussi insatisfaction, instabilité, impermanence. 

Tout change, tout passe : nos joies, nos relations, notre santé, nos projets. Reconnaître cela, c’est ouvrir les yeux sur la condition humaine.

2. La cause de la souffrance est l’attachement. Nous voulons retenir ce qui disparaît, repousser ce qui dérange, contrôler ce qui échappe. 

De cette tension naissent frustration et mal-être. L’attachement, nourri par le désir et l’ignorance, nous empêche de goûter la vie telle qu’elle est.

3. La fin de la souffrance est possible. Lorsque nous cessons de nous accrocher, lorsque nous accueillons l’impermanence au lieu de la combattre, nous découvrons une paix profonde. 

Ce relâchement, ce lâcher-prise, ouvre l’expérience du nirvana : une liberté intérieure déjà présente au cœur de l’instant.

4. Le chemin vers la libération est la pratique. 

Le Noble Octuple Sentier n’est pas une théorie, mais une manière de vivre : agir avec justesse, parler avec bienveillance, cultiver l’attention et la clarté, développer la sagesse et la compassion. 

Dans le zen, cela se pratique par zazen, la méditation assise, et par une vigilance simple dans chacun de nos gestes quotidiens.

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vendredi 31 octobre 2025

Cultiver la vie jusqu'à la fin

 A quelques jours de la Toussaint et de la commémoration des défunts, la date de ma chronique

tombe à pic pour vous faire part d’une interrogation sur la fin de vie. Dans quelles conditions allons-nous quitter cette existence ? Devrons-nous finir dans la souffrance, sous prétexte que c’est notre destin, même entourés par des proches ou des infirmiers compatissants, même soulagés par des analgésiques ? Cet été, je débattais avec un ami au sujet de cette loi sur l’aide à mourir adoptée par les députés. Un être pourrait désormais s’administrer un produit létal, sous certaines conditions - être atteint d’une affection grave, incurable, être majeur... S’il ne peut procéder lui-même à cet acte, le malade pourrait demander l’aide d’un médecin. Cet ami de 80 ans défendait le droit de mourir dignement et non dans un état de déliquescence. Quant à moi, je lui exprimais mes craintes d’ouvrir une porte étroite à l’euthanasie, qui allait nécessairement s’agrandir sous la pression de la société, peu encline à prendre soin des plus âgés et des personnes handicapées.

Depuis cinq années, j’accompagnais un frère malade d’un cancer métastasé, dont on venait d’arrêter les traitements. Dans ce contexte de fin de vie, j’évoquais les moments intenses et joyeux que je vivais, son désir de vivre malgré la conscience de son échéance proche et la beauté de voir comment l’esprit émerge à la surface d’un corps épuisé.

AU RYTHME DES PETITS MIEUX

Hâter la fin de mon frère qui vivait relié à ses fils d’oxygène et de morphine était à mes yeux sacrilège, tant notre présent était fécond. Lorsque l’on accompagne un malade sur la fin, on vit un moment à part, hors du temps. On est sans arrêt dans la gravité, l’attente, la tension au sujet d’une mauvaise nouvelle qui pourrait parvenir. On vit au rythme des petits mieux qui sont source d’enthousiasmes, des marches descendues, des consultations, autant d’épées de Damoclès... Pourtant, malgré cette réalité, je n’aurais donné ma place à personne ! Avec mon frère, je cultivais la vie.

Sur les conseils de l’ami, je suis allée voir la Chambre d'à côté, de Pedro Almodovar, qui raconte l’histoire d’une femme atteinte d’un cancer en phase terminale. Elle décide de mettre fin à ses jours avant de subir de nouveaux traitements invasifs qui, d’après les médecins, ne feront rien à part lui donner quelques jours de plus. Mais dans quel état ? Elle demande à une amie de l’accompagner dans une belle maison en pleine nature et de rester dans la chambre voisine. Elle a décidé de s’administrer une substance létale sans révéler à son amie le jour où elle le ferait. La beauté qui entoure la malade et son amie est propice aux partages heureux et amicaux, jusqu’au jour où elle met fin à son existence. Elle accomplit ce geste pour éviter de vivre la souffrance de son corps dévasté.

Le jour où je sortais du cinéma, une longue traversée d’épreuves physiques attendait mon frère, qui ne pouvait plus ni s’alimenter ni s’abreuver. Il respirait très mal avec un seul poumon. 11 était de moins en moins conscient, car les doses de morphine l’entraînaient dans un état de grande confusion. Il n’était plus avec les autres. Lorsqu’on vit dans la proximité d’une telle fin, les termes espérance et acceptation de la souffrance ne veulent rien dire. Il y a juste un être qui n’est plus capable de vivre quoi que ce soit de vivant. « Ta mort fait comme une ile noire dans un océan de lumière, relevait poétiquement Christian Bobin. Pour te rejoindre, aucune barque... Il faudrait pouvoir marcher sur la lumière. Cela doit s'apprendre. Cela s’apprend. »•

Paule Amblard
(source : La Vie)

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lundi 20 octobre 2025

Soif divine

 


Un autre extrait sonore du livre de Amélie Nothomb à boire avec les oreilles.

Ouvrir l'extrait audio



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mercredi 1 octobre 2025

Esprit perturbé

Ogyen Tendzin Jigme Lhundrup,
l’incarnation du grand maître tibétain Dilgo Khyentsé Rinpoché

"‍Mieux vaut donc nous raviser et faire preuve de bon sens. Or, si nous laissons notre esprit nous maltraiter au point que nous vivons dans la souffrance et faisons également souffrir les autres autour de nous, c'est le signe que nous manquons précisément de bon sens. On peut considérer comme ‟ négatives ” les pensées et les paroles qui proviennent de notre esprit perturbé. Si, au lieu de nous lamenter sur notre sort, nous cultivons l'altruisme et la compassion et que ces états d'esprit ‟ positifs ” améliorent notre bien-être et celui d'autrui, nous faisons preuve de bon sens."


 Dilgo Khyentsé Rinpoché

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mardi 19 août 2025

"La Présence n'apparaît que lorsqu'elle est nécessaire."


Personne ne s'éveille dans sa zone de confort. 

Disons que vous allez dans un spa où vous payez 2,000$ par jour pour des conditions d'éveil fantastiques. Votre mental pourrait vous dire : "Ce sont les conditions optimales pour l'éveil, personne ne me dérange, je ressens la paix et la tranquillité partout autour de moi, aucun défi mondain ne peut me distraire de mes périodes de méditation, la nourriture est excellente, tout est pur et propre, deux massages par jour avec des huiles essentielles... Des conditions fantastiques pour l'éveil spirituel ! Ahhh..." (sourire)

Pourriez-vous vous éveiller ainsi ?

Vous pourriez devenir très paisible, et vous seriez comme une plante qui pousse à partir de semences dans un environnement protégé, comme dans une serre : la plante pousse très vite, elle fleurit — mais elle est très faible. Dès qu'elle est placée à l’extérieur, elle s’effondre immédiatement parce qu’elle n’a pas développé les forces internes nécessaires pour exister dans le monde réel.

Donc, pour l’éveil, les défis que vous rencontrez actuellement dans votre vie quotidienne sont en fait ce qu'il y a de mieux pour vous. La manière optimale de s'éveiller à la conscience est d'utiliser les défis auxquels vous êtes confronté dans votre vie quotidienne, au lieu de croire : "Si seulement je pouvais trouver une situation idéale, alors je m'éveillerais facilement."

Non, ça n'arriverait pas. En effet, après quelques premières expériences très agréables dans ce spa imaginaire, votre niveau de conscience baisserait et vous vous rendormiriez graduellement : "C'est tellement agréable... Ahhh..." (sourire)

La Présence n'apparaît que lorsqu'elle est nécessaire. Rien ne vient à moins que cela ne soit nécessaire. Il faut qu’il y ait un appel pour cela. Les choses doivent être difficiles, sinon le changement ne se produira pas.

~ Eckhart Tolle - (extrait d'une vidéo)

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mardi 17 juin 2025

Souffrance, que nous veux-tu ?

Certainement à cause de l’âge, je suis entouré de personnes ayant des problèmes de santé. Et je ne suis pas exclu. Mais que de manières différentes de vivre avec ces dysfonctionnements ! Que de façons variées d’aborder la douleur !

Il y a ceux qui ont mal par peur d’avoir mal. L’idée de la souffrance leur est insupportable. Souvent ils n’ont pas eu précédemment de gros soucis avec leur corps si bien qu’ils craignent que ce soit terrible. C’est la douleur avant la douleur. Elle rend difficilement gérable l’arrivée effective des soins.

Il y a ceux qui interprètent au pire les premiers signes. Ils imaginent un affreux cancer là où il n’y a que broutilles.

Et ceux qui pour une blessure plus sérieuse ressentent des douleurs insurmontables. Ils ont du mal à se contrôler et hurlent sans retenue. Au pire ils accusent le personnel médical de les persécuter.

Il y a les taiseux qui accusent le coup mais se rongent de l’intérieur.

Il y a ceux qui acceptent ce qui leur arrive. Alors la part psychique se réduit considérablement. Les souffrances sont constituées d’une part objective : la douleur provoquée par le dysfonctionnement corporel, et la part psychique – la plus importante – nous rajoutons. Celle-ci est liée à notre histoire et détermine notre comportement. Ceux qui acceptent ce qui leur arrive diminuent considérablement le processus psychique.

Un cran au-dessus, certains considèrent que ce qui arrive est une épreuve pour grandir intérieurement, c’est-à-dire progresser en conscience, en amour. Alors la douleur physique, objective, devient supportable. Ils ne visent pas la guérison du corps mais le gain pour leur âme. Ainsi ils supportent avec le sourire les soins médicaux et chirurgicaux sans se plaindre.

Cela m’évoque les martyrs religieux qui n’appréhendent pas les tortures, voire les réclament. Ils me rappellent que la mort est la condition, le passage pour la vie éternelle dans l’amour divin, infini. Notre corps est un magnifique outil qui nous est prêté un temps pour nous accomplir en servant la vie.

L’ange des Dialogues avec l’ange1 de Gitta Mallasz, le dit nettement :

Le cadavre reste toujours mort.

Le vivant reste toujours vivant,

Mais ils sont reliés entre naissance et mort.

Ce que vous appelez Vie,

C’est la tâche active.

Active – la mort la sert,

passive – la mort est son maître.

Christian Rœsch


 1. Dialogues avec l’ange, entretien 43 (jour de Pâques), éd. Aubier-Flammarion

mercredi 21 mai 2025

Précipitations


 "Ce que vous appelez bonheur, nous l'appelons souffrance". Une manière de souligner sans ménagement que nous cherchons le bonheur là où il ne se trouve pas - dans l'incandescence des plaisirs sans cesse renouvelés, dans le gain, la louange, la renommée, la beauté physique, le pouvoir, etc. -, tout en nous précipitant allègrement vers les causes mêmes de la souffrance.

Jigmé Khyentsé Rinpoché, Carnets d'un moine errant, Editions Allary, 2021

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samedi 17 mai 2025

Se protéger de la souffrance

 Dans la souffrance, on refuse non seulement la situation mais aussi l’état émotionnel pénible quelle déclenche. Ce point essentiel marque la différence avec l’émotion simple. On se débat à la fois contre l’extérieur et contre soi-même. On voudrait ne pas ressentir ce qu’on ressent. Le refus initial de la situation demeure rarement seul et entraîne avec lui le refus de l'émotion qui surgit, puis une cascade d’autres refus...

Christophe Massin - Souffrir ou Aimer



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mardi 22 avril 2025

4 grands inévitables


 Face à ces quatre grands inévitables que sont la souffrance, l’absurdité, la solitude et la mort, quelle fut l’attitude du Christ ?

Celle d’un être « capable de Dieu », c’est-à-dire de pure Présence, vivant la non-dualité et la non-violence avec tout ce qui est et tout ce qui arrive, libre de tout fatalisme, dans une plénitude de conscience et d’amour…

Y a-t-il d’autres chemins pour ne pas rajouter de la souffrance à la souffrance, de l’absurdité à l’absurdité, de la solitude à la solitude, de la mort à la mort ?

La croix n’est-elle pas cette grande patience et cette extrême lucidité face à tous ces inévitables qui nous harcèlent ?

N’est-ce pas dans cette « lumière sanglante » que nous pouvons nous approcher de la « force invincible et vulnérable de l’humble amour » qui transforme nos impasses en issues ?

Découvrir qu’à côté de nos « morts fatales », il est une « mort pascale », une joyeuse et possible résurrection ?

Le temps n’a qu’un temps. Passe ce qui ne peut que passer. La Vie est éternelle !

Jean-Yves Leloup, Avril 2025

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vendredi 4 avril 2025

Souffrance et envie

 

ta souffrance
est une maîtresse exclusive
qui ne se laisse pas quitter ni négliger
sans coup férir
fais-tu mine de l’oublier qu’elle produit ses dossiers convoque ses affidés
elle te tient
tu lui es attaché soumis en vérité
elle se rit
de tes velléités d’émancipation de tes résolutions de liberté
voilà bien longtemps qu’elle a pris ses quartiers en ta demeure dévastée
prétendre l’en déloger est osé
pas moins que présomptueux
elle en a vu défiler
des versions de toi plus ou moins assurées mais au final toutes
si peu armées
face à sa position
de reine
héréditaire
campée sur son bon droit si sûre d’elle
de ses lois
lui échapper est malaisé rare inespéré
il y faut de l’innocence de la pureté
et de la générosité
si par quelque grâce tu viens à te sevrer de sa passion triste et féroce
tu n’en es pas pour autant
léger
comme plume au vent
il te reste la souffrance
plus la tienne non juste celle
du monde entier
extrait de "Dernière Pluie" de Gilles Farcet

vous dirai je
ce que vous avez envie
que je vous dise ?
non
vous dirai je
ce que vous n’avez pas envie
que je vous dise ?
cela dépend
ce que vous avez envie
que je vous dise
je ne vous le dirai pas
ce que vous n’avez pas envie
que je vous dise
si vous voulez
que je vous le dise
je vous le dirai
envie ou pas
encore vous faudra-t-il me
convaincre
de votre volonté
à ce que je vous dise
ce que vous n’avez pas envie
que je vous dise
faute de quoi
je me garderai
de vous le dire
et vous demeurerez seul
avec toutes vos envies
(texte inédit). extrait de Dernière Pluie. par Gilles farcet

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lundi 3 mars 2025

Ne pas seulement dire, montrer.

 NE PAS SEULEMENT DIRE, MONTRER (CARNET, 2025)


Un proverbe anglo saxon dit : » tu peux amener un cheval à la rivière mais tu ne peux pas le forcer à boire"

De même, dans la fonction d’accompagnant spirituel : l’ami spirituel peut mettre une personne face à la vérité - laquelle vérité, du moins sur notre voie qui ne considère pas que voir la nature essentielle de l’esprit suffise à libérer de l’illusion, est  nécessairement relative, un « échantillon » étant entendu que le relatif réellement vu dévoile ce qui est par delà l’échantillon . 

Mais même le nez pour ainsi dire sur la vérité, la personne peut s’avérer incapable de voir.

 Elle ne le peut pas, ne le veut pas, ne le peut pas parce qu’elle ne le veut pas, n’en est pas encore rendue à le vouloir. 

L’erreur de l’accompagnant serait alors de tenter de la forcer à voir, « au nom de la vérité », « pour son bien ». Et ce serait encore un aspect de l’ego chez l’accompagnant ; un ego généreux, peut être, animé des meilleurs intentions, sans doute, ne ménageant pas sa peine, probablement, animé de ferveur, certes .. 

Mais bel et bien l’ego.  

Lucide éventuellement sur la non vision chez l’autre mais pas complètement sur son propre refus de ce qui est, à savoir  : l’autre n’est pas prêt à donner un tour de clef pour ouvrir la porte de sa prison. 

Voilà ce qui est et je suis impuissant. 

Dès que l’accompagnant cherche à passer en force, il y a bras de fer, tentative de faire plier le mental chez l’autre, lequel du coup se cabre encore davantage. 

A moins qu’il y ait aspiration plus forte que tout,  et donc honnêteté radicale. 

Cela arrive mais c’est si rare. 

Dès qu’il y a volonté contre volonté, c’est l’impasse. 

L’accompagné n’a pas à « croire » ce que l’accompagnant lui dit. 

Il a tout au plus à ne pas se fermer d’emblée à ce qui lui est dit et à chercher à voir. 

Et l’accompagnant n’a pas à se contenter de dire en espérant que sa parole fera loi, ce qui serait encore un aspect de l’ego.

 Il a à chercher à montrer. Si l’accompagné vient à voir ce qui lui est montré, c’est la résolution. 

Tant que cela ne s’avère dans les faits pas possible, l’accompagnant a à admettre son impuissance. 

Il a amené le cheval assoiffé au bord de l’eau mais ne le forcera pas à boire. 

Reste à le regarder souffrir.

Gilles Farcet 

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mercredi 5 février 2025

Bonheur conscient ?

 Q : Comment vivre heureux ?

Jiddu Krishnamurti :
Savez-vous quand vous vivez heureux ? Vous savez quand vous souffrez, quand vous avez des douleurs physiques. Quand quelqu’un vous frappe ou est en colère contre vous, vous connaissez la souffrance. Mais savez-vous quand vous êtes heureux ? Êtes-vous conscient de votre corps lorsque vous êtes en bonne santé ?
Sans aucun doute, le bonheur est un état dont vous n’avez pas conscience. Dès l’instant où vous réalisez que vous êtes heureux, vous cessez de l’être.
Mais la plupart d’entre vous souffrez ; et ayant conscience de cette souffrance, vous voulez y échapper et aller vers ce que vous appelez le bonheur. Vous voulez être consciemment heureux ; et dès que vous êtes consciemment heureux, le bonheur est parti. Pouvez-vous jamais dire que vous êtes joyeux ? Ce n'est que plus tard, un instant ou une semaine plus tard, que vous dites : "Comme j'étais heureux, comme j'étais joyeux". En ce moment même, vous êtes inconscient du bonheur, et c'est la beauté de la chose.
Life Ahead, Part 1, Chapter 3
♡
Le bonheur est étrange ; il vient quand vous ne le cherchez pas. Quand on ne fait pas d'effort pour être heureux, alors, de façon inattendue, mystérieusement, le bonheur est là, né de la pureté, de la beauté d'être.
~ Jiddu Krishnamurti

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lundi 27 janvier 2025

Ecoute...

 ECOUTE CE QUI SOUFFRE EN TOI


Ecoute écoute
Ecoute ce qui souffre en toi
Ecoute
N’attends pas d’être à terre
N’ attends pas l’avènement de ta déconfiture
Cale ton oreille au plus près
De ce qui souffre en toi
Au lieu de faire le fier
N’attends pas les grincements de dents
N’attends pas qu’on te jette au feu
Rabaisse ta prétention, je dis, rabaisse là
Oui je t’en prie, écoute
Ce qui en toi jamais ne s’est réconcilié
Ce qui veut en découdre
Redresser tous ces torts qui te furent infligés
Ecoute cette voix sans merci
Eprouve tout le poids de ce bras armé
Toujours tendu dans son effort
De disperser tes ennemis
N’attends pas de te voir démasqué
Sans t’ y être préparé
N’attends pas la honte
La peau à vif et cuisante
L’aperçu dévastateur
De ta stupidité faraude
Oui, ami, n’attends pas
L’envie de te foutre par la fenêtre
Quand tu te dis que tu ne vaux rien
N’attends pas, ami,
De crever comme chien
Ecoute
Non pas ce qui se plaint
Non, pas cela, mais bien
Ce qui souffre en toi
Cette voix là
T’indique le chemin
Cette voix là ne te trompe pas

............... Gilles Farcet


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