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dimanche 18 octobre 2026

La grâce des faux pas

 En partage aujourd’hui, ces deux poèmes, qui se suivent, de mon recueil La Grâce des faux pas, paru en 2026 chez Les éditions sans escale .

Je tiens particulièrement à ce livre qui redit en tâtonnant l’importance de revenir au corps, et ce faisant à la matière, à la perception la plus simple possible, à ras-de-terre, quelles que soient les circonstances. Les faux pas sont faits d’oubli de ce retour toujours nécessaire. Ils sont aussi inévitables. Ils font partie d’une grâce qui nous déborde : celle du grand mouvement de l’univers auquel nous appartenons corps et âme…
Cet ouvrage est le premier que j’écris sans accompagnement d’œuvres visuelles en dehors de la couverture : on y trouve une très belle peinture de Caroline François-Rubino , soigneusement choisie en commun.

Suivre la course des cailloux.
À leurs côtés ces teintes
où se trempent mes yeux.
De nouvelles peaux meurent,
la durée se dilue,
ma tête s’abandonne
au sol inépuisable.
●
Je l’avais oublié :
je suis encore au cœur
du temps démesuré.
L’esprit veille sans cesse,
une blancheur à peine
pour replacer le corps
sur sa ligne d’aplomb

●

Sabine Dewulf
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samedi 5 septembre 2026

L'absolu oublié

 Ils rebaptisent, ils révisent, ils effacent. L’histoire devient meuble, l’identité un jeu d’étiquettes. Leur monde est une salle de montage où chacun coupe, colle, compile. Mais plus personne n’assume l’héritage. Il n’y a plus que le présent immédiat, jetable — jeté : un présent sans Présence.

La rébellion est louée quand elle n’est que posture, mais la fidélité au vrai, au beau, au juste est suspecte d’imposture. Les Modernes honorent le déracinement, célèbrent l’amnésie, sanctifient l’indifférence. L’absolu les effraie ; seul le relatif est jugé fréquentable. Tout se vaut, donc plus rien ne vaut.

Les Modernes vivent parmi les cendres éteintes, ils marchent sur une terre froide au pâle horizon et l’âme — cette sainte brûlure, cette soif cachée, ce veilleur sous la peau — n’est plus qu’un résidu, une rumeur ancienne, une légende honteuse qu’ils évitent d’évoquer. Et quand parfois elle ressurgit, dans la nuit, dans le silence, dans le regard d’un être aimé, dans la peur nue d’un instant suspendu — alors ils fuient, se divertissent, allument un écran : n’importe quoi pour ne pas entendre, pour ne pas voir que l’abîme est sous leurs pieds — et qu’il s’ouvre en eux.

Les machines sont leurs maîtres. Elles parlent à leur place, pensent à leur place, décident à leur place.  On les dit intelligentes, mais elles ne comprennent rien à la grâce. Elles classent, ordonnent, prédisent — mais ne savent pas contempler, ne savent pas aimer, ne savent pas pardonner. Ni prier. Chaque instant, elles perfectionnent leur toile. D’invisibles réseaux tissent une prison que nul ne voit : tout y est connecté — sauf l’âme. 

Le progrès est leur dieu. Il ne juge pas, mais il condamne. Il ne guide pas, il avance. Peu importe où : il avance — les yeux clos. Il pousse sans fin, comme une plante sans racines. Les Modernes l’invoquent dans chaque discours. Ils gravent son nom sur les murs de leurs dystopies. Mais ce dieu-là ne sauve pas : il détruit sur son passage tout ce qui donnait au monde sa grâce et sa beauté.

Il reste une perte plus sourde, plus secrète, plus difficile à nommer — celle qui ne se voit plus parce qu’elle est devenue l’air même que l’on respire, l’évidence muette derrière chaque geste, chaque jour, chaque mot ; une perte si profonde que plus rien en l’homme ne proteste, une chute si ancienne qu’elle passe pour la nature des choses, un oubli devenu loi, devenu monde, devenu seconde peau. Et c’est cela, peut-être, le comble de la misère : non pas de souffrir, mais de ne plus savoir que l’essentiel manque ; non pas de cracher contre le ciel, mais de vivre comme s’il n’y en avait jamais eu ; non pas de blasphémer, mais de ne plus même prononcer le nom de Celui qui n’a pas de nom, de ne plus même soupçonner que cet Absolu ait pu nous précéder et nous fonder — et d’avoir oublié que nous L’avons oublié.

Gabriel Arnou-Laujeac

Extrait de La verticale perdue. 

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jeudi 23 avril 2026

Mystère bleu.

 

"Bleus de la profondeur,
Nous n'en finirons pas
d'interroger votre mystère.
L'illimité n'étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus
Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n'est autre
que nos propres bleus à l'âme."
François Cheng - La vraie gloire est ici
peinture: Leon Spilliaert 1884-1946
Sea scape with white sails 1922

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mardi 31 mars 2026

Insaisisable


C'est pourquoi la simple contemplation de l'insaisissable est génératrice d'amour. 

Regardons une fleur, sans cupidité, sans vouloir la saisir, regardons-la absorber le soleil. 

Qu'aucune pensée d'égoïsme ne brouille le dialogue qu'elle entretient avec nous, et bientôt l'âme même de sa vie florale rejoindra notre plus intime sensibilité. 

D'elle à nous l'amour se réfléchira comme entre deux miroirs.

Roger Godel - "Essais sur l'expérience libératrice"


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dimanche 14 décembre 2025

Elan de vie

 


« Au bout de tout, voici ce que j’ai saisi : la vraie vie n’est pas seulement ce qui a été donné comme existence ; elle est dans le désir même de vie, dans l’élan même vers la vie. Ce désir et cet élan étaient présents au premier jour de l’univers. Au niveau de chaque être cependant, ils sont fondés sur ce que son âme – par-delà les épreuves, les souffrances, les chagrins, les effrois, les blessures reçues ou infligées aux autres – aura préservé de sensations éprouvées, d’émotions vécues, d’inlassables aspirations à un au-delà de soi, de soifs et de faims aussi infinies que le besoin sans borne d’amour et de tendresse. »

—François Cheng —De l’âme

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lundi 25 août 2025

Privation impossible

 

Il aurait sans doute préféré ne pas savoir, ne pas se poser de questions, ne se douter de rien, et continuer de se complaire dans le charme de l'insouciance, la douceur de l'illusion, la paresse de la tranquillité de l'esprit.

Mais la vie est malicieuse et têtue, elle se charge d'éclairer vos ombres en semant inlassablement sur votre chemin les événements qui vous obligeront à apprivoiser vos démons.

Impossible de priver votre âme de ce qu'elle a besoin d'expérimenter ici-bas. Impossible de couler une existence heureuse en contournant ce que vous devez apprendre.

Laurent Gounelle - Un monde presque parfait

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jeudi 3 juillet 2025

Perception d'âme


 "Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse. Cet "ici et maintenant" ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance et, par là, prendre tout son sens que s'il est vécu par une âme."

François Cheng- D'une Âme

peinture: Kikuchi Yuichi 1912 - 1993 Print 4 from the series 'Four Aspects of Mount Fuji' 1950


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mercredi 7 mai 2025

Recréation

 

"Si tous les oiseaux étaient pris aux pièges
et tous les poissons morts dans les filets,
si tous les arbres fondaient comme la neige
et s’éteignaient, l’été, les feux follets,
si toutes les mers désertaient les grèves
ou s’il n’était plus d’anges dans le ciel,
si tu restais seul avec tes rêves
parmi l’effondrement universel,
trouverais-tu dans ton âme profonde
assez de joie pour recréer le monde ?"
Auguste Marin (1860-1904)

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peinture: Carlo Carrà 1881-1966
barca solitaria 1924

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mercredi 19 mars 2025

Ames

 

Aimez et souffrez, espérez et contemplez. 

Malheur, hélas ! à qui n'aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! 

La mort lui ôtera tout. Tâchez d'aimer des âmes, vous les retrouverez.

Les Misérables - Victor Hugo - Chapitre IV


Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. 

La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.

Post scriptum de ma vie, une œuvre posthume publiée en 1901, composée de recueils de textes philosophiques rédigés en 1860.

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mercredi 8 janvier 2025

J’ai dû accepter…



Accepter que le temps, cet insaisissable mystère, échappe à ma compréhension, et que l’éternité demeure une énigme pour mon esprit mortel.
J’ai dû accepter que mon corps, fragile enveloppe, n’était pas immortel, qu’il vieillirait,
et qu’un jour, il s’éteindrait doucement.
J’ai dû accepter que nous sommes faits de souvenirs et d’oubli, de vœux inachevés, de bruits et de silences, de murmures éphémères et de nuits étoilées. De petites histoires, tissées dans l’ombre des détails subtils.
J’ai dû comprendre que tout est passager, que rien ne dure éternellement.
Et j’ai dû accepter que ma venue au monde avait un sens, que j’étais là pour donner le meilleur de moi-même, pour semer des traces de lumière avant de m’effacer dans le grand silence.
J’ai dû accepter que mes parents ne seraient pas éternels, que mes enfants, un jour, prendraient leur envol, traçant leur propre chemin loin de moi. Ils ne m’appartenaient pas, comme je l’avais cru un instant.
Leur liberté d’aller, de venir, de choisir, était un droit aussi précieux que ma tendresse pour eux.
J’ai dû accepter que tout ce que je possédais n’était qu’un prêt,
que rien ici-bas ne m’appartenait vraiment. Tout, comme ma propre existence, était éphémère, destiné à être transmis, laissé aux mains d’autres âmes, quand je ne serai plus là.

J’ai dû accepter que balayer mon trottoir chaque matin n’était qu’un doux leurre, un geste pour me convaincre que ce petit coin du monde était mien, alors qu’il ne l’était pas. Ma maison, mon refuge, n’était qu’un toit passager,
un abri qui un jour accueillerait d’autres vies, d’autres histoires.
J’ai dû comprendre que mon attachement aux choses, aux êtres, aux lieux, ne ferait que rendre plus douloureux l’heure de mes adieux. Que les arbres que j’ai plantés, les fleurs que j’ai chéries, les oiseaux que j’ai écoutés chanter, n’étaient que des passants dans ma vie.
Tout comme moi, ils étaient mortels.
J’ai dû accepter mes failles, mes fragilités, ma condition d’être éphémère, voué à disparaître,
tandis que la vie continuerait,
sans moi, comme un fleuve insensible à ma mémoire.
Et j’ai dû accepter qu’un jour,
je serais oublié.
Prenons soin de notre âme,
car elle seule nous appartient.
Silvia Schmitt

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dimanche 20 octobre 2024

Un grand et un petit retournement

 Les anciens chamans ou thérapeutes allaient à la recherche de l’âme perdue ou exilée de ceux qui étaient considérés comme des corps malades ou malheureux.


Leur âme perdue, c’est leur énergie perdue, leur santé, leur souffle, la vibration subtile de leurs corps vivants.

Leur âme perdue, c’est leur conscience perdue, cette lumière, ce discernement, cette claire vision de tout ce qui est, sans jugement.

Leur âme perdue, c’est leur bonté perdue, cette bienveillance qui reconnaît et respecte tout ce qui existe, qui ne fait qu’« un avec ».

Leur âme perdue, c’est leur silence perdu, l’infini, la liberté qui contient tous les bruits du monde et ne s’arrête en aucun.

Cette âme perdue, pourtant, elle n’est jamais loin…

La vie, la conscience, l’amour, le silence, ne sont jamais loin…

C’est le revers de l’unique médaille, l’implicite de l’explicite, l’intérieur de l’extérieur, l’invisible du visible, l’onde de la particule, le Réel en toute réalité.

Chaque instant d’attention, c’est le retour de la conscience perdue, ce retournement de la médaille.

Chaque instant de bonté et de générosité gratuite, c’est le retour de l’amour perdu, le retournement de la médaille.

Chaque instant de plaisir, c’est le retour de l’énergie perdue.

Chaque instant est une occasion favorable d’accueillir la vie, la conscience, l’amour, le silence souvent oubliés, jamais perdus, c’est un grand et un petit retournement.

 Jean-Yves Leloup, octobre 2024

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dimanche 6 octobre 2024

Ame tranquille

 

« À quoi sert à l’homme de gagner l’univers entier s’il vient à perdre son âme ? »

Celui qui cherche à gagner l’univers est toujours en guerre ; c’est par la guerre, la force, la volonté de puissance qu’il pense obtenir l’univers, le tout qu’il cherche.

On connaît les résultats ! Cette terre qui devrait être un jardin dont l’homme prend soin, comment est-elle devenue un champ de ruines et de cendres ?

Si l’homme cherchait d’abord son âme ? Son âme qui est sa beauté, sa générosité, sa tranquillité, son silence…

Son silence surtout, son humilité ou sa vacuité, là où l’univers tout entier se donne…

Pouvons-nous encore rétablir des sillons d’eau vive dans les décombres ?

Retrouver notre âme et l’âme du monde dans ce chaos qui oublie l’étoile pour laquelle il fut créé. La simple lumière qui chaque jour éclaire et dissipe nos ombres ; cette tranquillité, ce silence perdu ou oublié. Ces yeux toujours ouverts qui donnent de l’âme au corps et à tout ce qui existe.

 Jean-Yves Leloup, octobre 2024

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lundi 15 janvier 2024

Ressourcement de l'âme

 


À l'âme aussi il arrive, d'avoir besoin d'ombre, de repli, de recueillement, de silence profond. Elle veut s'éloigner du monde des agitations, des frénésies et des paroles aboyées. Elle se reconnait dans la nuit, la fraîcheur, la densité d'un rocher, l'immobilité d'un insecte, le scintillement de l'eau. L'âme aussi doit se ressourcer, se recharger, puiser dans ses racines des motifs d'espérer, de grandir, d'ajouter un peu de lumière à la lumière originelle des êtres et des choses. Celle dont l'intensité faiblissante fait craindre les disparitions, l'effacement d'un monde sensible digne encore du vivant : fragile, poétisé et sans cesse menacé.

Jacques Dor


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mardi 21 mars 2023

L'instant de l'âme

 


"Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse. 
Cet "ici et maintenant" ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance et, par là, prendre tout son sens que s'il est vécu par une âme. "

p 152  ✨🌛✨   De "l'âme" -  François Cheng


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vendredi 13 janvier 2023

Comment préserver l’âme d’un enfant ?

En décembre 2008 j'ai eu la chance d'assister à Paris à un séminaire de deux jours de Stephen Jourdain. C'était le dernier séminaire qu'il donnait car il s'est éteint 2 mois plus tard. Une étrange rencontre. Un homme parfaitement clair, un homme provocateur, un homme sans concession, mais un homme torturé par son histoire humaine. Comme la réalité est indicible, il en parlait poétiquement. Il m'a apporté une liberté, la liberté d'être ce que je suis. Aucune apparence n'est à cultiver. Nous pouvons être dans la crudité de notre humanité ou dans sa pudeur, quelque part, cela n'a aucune importance, pourvu que nous préservions la pureté de notre enfant intérieur.

Je vous souhaite à tous une belle journée, en compagnie de cet enfant intérieur qui ne nous quitte jamais, mais que nous ignorons souvent.

Philippe



"Comment préserver l’âme d’un enfant ?

Un grand dessein, mais une utopie : l'âme puérile se corrompt toute seule. Selon les apparences, le grand corrupteur, c’est « l’extérieur » : la société, l’école, les parents. En fait, quasiment dès le berceau, nous nous corrompons nous-mêmes. Il ne s’agit donc pas, ici, de préserver mais de sauver ; de mettre cet enfant que nous chérissons plus que tout, en position de se sauver lui-même.

Nous sommes tous des âmes malades – du moins, le virus de la cécité interne, de la pauvreté interne, la mort intérieure, est lové dès la naissance dans les abysses, hélas inconscients, de l’intimité de nous-mêmes. Au tournant, pourtant scintillant de la vie de l’adolescence, nous allons, toujours dans la nuit de l’inconscience, activer le virus. Et, spirituellement parlant, nous entrerons dans le coma.

Je le répète : la société a bon dos, les parents aussi…  Ces instances extérieures n’arrangent rien, c’est vrai ! Mais elles ne font qu’attiser une malédiction qui est déjà sur nous. La malédiction est sur nos subjectivités, et chacun de nous en est l’inventeur et l’ouvrier zélé.

Quel est le salaud qui met de la suie sur le monocle de l’âme ? Qui m’enténèbre et me salit au point que j’oublie que je suis un esprit, que je suis une sensibilité – plus grave encore, simplement que je suis ? Oui, qui est le dispensateur de toute cette crasse interne, QUI S’ACHARNE AINSI SUR MOI ? Moi. Moi personnellement.

Sûrement, je veux dire quelque chose ou quelqu’un en moi ? Non, je veux bien dire moi ; je veux dire exactement moi.

Donc, voilà l’incroyable vérité : c’est nous-mêmes et pas un autre à l’extérieur de nous, et pas un autre à l’intérieur de nous, qui nous massacrons – j’ai failli dire bousillons – d’instant en instant, sans jamais nous lasser, et sans que notre moi intérieur habituel en ait la moindre conscience."

Stephen Jourdain - extrait de "Voyage au centre de soi"

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dimanche 1 mai 2022

Le changement intérieur

 


"Il ne suffit pas de manger bio et de se chauffer au solaire. Il n'y aura pas de changement de société sans changement humain. Et pas de changement humain sans changement de chacun. J'espère que l'humanité comprendra enfin que la grande mutation sera celle de l'âme humaine." (Pierre Rabhi)

samedi 14 août 2021

Une histoire d'âme

 


En cours d`existence nous devenons réalistes, concrets, effectifs, c`est-à-dire que nous perdons contact avec la complexité et la diversité de la réalité qui est par essence, sacrée. 

Pourquoi croyez-vous que certains vieillards finissent par ne se souvenir que de leur enfance?

 Elle seule a le poids, l`épaisseur du réel; l`âge adulte retourne à son irréalité, à la brume des valeurs abstraites, arbitraires et datées auxquelles il a tout sacrifié.

Extrait de Histoire d'âme de Christiane Singer


En souvenir de cette belle âme !


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mardi 5 janvier 2021

Récupérer ses âmes vagabondes

 


10 minutes avec Fabrice Jordan pour un pas de Tao dans cette nouvelle année
(programme pour ce mercredi d'épiphanie):


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mardi 17 novembre 2020

Des mots essentiels !

 


Et la saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d'autre solution, vraiment aucune autre solution, que de rester en soi-même, dans son propre centre et de l'extirper de son âme, toute cette pourriture. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n'ayons d'abord corrigé en nous. Et cela me paraît l'unique leçon de cette guerre : de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs.

Etty Hillesum
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