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vendredi 28 août 2026

Connaître l'émotion

 "La preuve que vous n’êtes pas libres, puisqu’il s’agit de libération, ce sont les émotions. Grandes ou petites, intenses ou minimes, fréquentes ou plus rares, éphémères ou durables, ce sont les émotions. Et pourquoi est-ce que vous n’êtes pas libres de vos émotions ? Parce que vous ne les connaissez pas. Libération par la connaissance signifie qu’on est libre de ce qu’on connaît réellement ; et connaître, c’est être – consciemment. Si vous voulez être libres de vos émotions, il faut avoir la connaissance réelle, immédiate, de vos émotions. Et c’est ce qu’il y a de plus rare. Quelqu’un peut avoir passé sa vie dans les désespoirs, les angoisses, les anxiétés, les colères et les jalousies, sans connaissance réelle de ses émotions. Et on peut pratiquer beaucoup d’ascèses yogiques ou méditatives sans avoir la connaissance réelle des émotions, parce que, lorsque les émotions sont là, il n’y a plus de méditation et, quand la méditation est là, il n’y a pas d’émotion. (...)

Comment pouvez-vous être vraiment libre de ces émotions en les connaissant ? Comment pouvez-vous les connaître ? En étant, sans dualité, ému. Là je soulève une grosse question. Pratiquement, depuis votre enfance, on vous a empêchés d’être émus. On vous a reproché vos émotions. L’expression de vos émotions gênait les uns et les autres, les mettait mal à l’aise. On vous a fait honte de pleurer. On vous a répété : « Allons souris, ne sois pas triste, si tu voyais quelle tête tu as quand tu es triste ! Si tu veux être aimable et charmant, sois souriant ! Quelqu’un de triste ennuie tout le monde. » Ce qui fait que, tout en étant toujours emporté à longueur d’année par les émotions, on ne les vit plus jamais pleinement, totalement, consciemment – « sans un second », c’est-à-dire sans créer autre chose que l’émotion : je ne devrais pas être ému, je ne suis pas content d’être ému ; que c’est pénible d’être malheureux ; j’en ai assez d’être toujours triste, j’en ai assez de souffrir. Je suis en train de me ridiculiser, etc.

Je suis bien d’accord que les conditions de l’existence ne permettent pas d’exprimer les émotions n’importe où, n’importe quand, à tort et à travers. Autant que possible, vous cherchez à éviter de montrer votre désespoir à vos propres enfants ou d’avoir des colères trop violentes dans l’entreprise où vous travaillez car elles finiraient par vous faire du tort. Mais vous arrivez à cette impasse, de fuir perpétuellement les émotions qui continueront à s’accrocher à vous d’autant plus que vous les fuirez.

Il faut que vous voyiez en face cette vérité : je ne peux être libre des émotions que si j’en ai la connaissance véritable ; et connaître, c’est être. Je ne peux avoir la connaissance de la tristesse que si je suis pleinement, parfaitement triste. Et, plus difficile : je ne peux avoir la connaissance de la colère que si je suis pleinement, parfaitement en colère. Comment allez-vous être pleinement et parfaitement en colère sans exprimer celle-ci – par conséquent sans risquer de frapper, de blesser et vous retrouver devant un tribunal où vous aura traîné votre victime ?

Quelle que soit la difficulté de connaître les émotions, de connaître la colère en étant en colère, de connaître l’angoisse en étant angoissé, vous devez vous rendre compte qu’il n’y a pas d’autre issue. Alors... est-ce vraiment sans issue ? Tout dépend de votre certitude à cet égard et de votre attitude intérieure. Et vous pouvez sentir la valeur de ces trois termes, que j’ai bien souvent utilisés : expression, répression et contrôle. L’expression, le mot le dit bien, c’est ex – au dehors – pression : pousser au-dehors ce qui nous opprime ou nous oppresse. Réprimer, c’est l’enfouir à l’intérieur.

Est-ce qu’il n’y a pas d’autres possibilités que l’expression ? Dans certains contextes, dans certaines conditions, il faut exprimer et une ascèse complète comprend toujours, parmi ses différentes parties, une possibilité de connaître les émotions en les laissant s’exprimer. Mais ce n’est pas la seule possibilité d’être ému, donc de connaître réellement l’émotion. Ce qui doit être éliminé, c’est le mensonge de la répression, la tentative de suppression car c’est une tentative vaine. Toute émotion – un bonheur momentané ou une souffrance – est toujours une forme prise par l’énergie fondamentale en vous, comme une grande vague qui se lève avant de retomber. Si vous pouvez être ému, tout en contrôlant, c’est-à-dire en ne manifestant pas ou peu – mais sans refuser – vous pourrez être consciemment ému et avoir une connaissance de l’émotion. Simplement, vous ne l’exprimerez pas au-dehors. La tragédie de l’émotion, c’est le refus ; c’est le denial – la négation ; c’est la tentative de répression. Et cette tentative est à peu près permanente ; c’est pour cela qu’il y a si peu de progrès sur le chemin. Les émotions pénibles ou douloureuses sont fondamentalement refusées ; par conséquent, vous n’êtes plus unifié dans l’émotion. Une dualité se crée ; je ne devrais pas être ému. 

L’émotion est elle-même le fruit d’un premier refus : ce fait ne devrait pas être ce qu’il est. Et l’émotion pénible est à son tour refusée, plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment ; tout votre être souffre de souffrir et crée un second conflit entre l’émotion et vous.

Dans le conflit, il n’y a aucune connaissance possible de l’émotion. (...) Si vous pouvez, quand vous êtes ému, être vraiment ému – c’est-à-dire accepter complètement la réalité de l’émotion, sans créer un second (je ne devrais pas être ému) –, vous pouvez être ému sans dualité et, dans la plupart des cas, vous pouvez en même temps contrôler. Seulement, aujourd’hui, vous confondez encore le contrôle et la répression. Ce que vous appelez contrôler, c’est réprimer. Vous réussissez à ne pas vous mettre en colère ou à sourire malgré vos malheurs, sur la base irrémédiablement mensongère d’une dualité : je ne devrais pas être ému ; je suis triste, mais je ne suis pas d’accord pour être triste. (...) 

Il n’y a pas que l’expression pleine et entière des émotions qui permet de s’en libérer (...) Si vous le voulez vraiment, vous pourrez être ému tout en contrôlant. Cela n’a rien à voir avec la répression. Je suis triste – un, sans un second ; je suis triste et il n’y a rien à rajouter à cette tristesse. Ici, maintenant, je suis triste. De cette façon seulement, vous pouvez avoir une connaissance réelle des émotions ; et seule cette connaissance conduit à la liberté. Vous n’avez pas la preuve que c’est vrai parce que vous ne l’avez pas tenté. Jusqu’à aujourd’hui, vous avez vécu vos émotions sans en avoir la connaissance réelle puisque vous ne les avez pas vécues unifié et conscient, et que vous êtes entouré de gens qui les ont toujours vécues divisés, souffrant de souffrir et rajoutant dualité sur dualité. Je souffre, je souffre de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir de souffrir de souffrir... L’émotion n’est faite que de refus. Ou, au contraire, dans les émotions dites heureuses, je suis heureux ; je suis heureux d’être heureux, je suis heureux d’être heureux d’être heureux – vous en rajoutez également. 

Donc, réentendez cette phrase : « libération par la connaissance ». Et entendez-la dans son sens concret, réel : c’est la connaissance qui nous libère. Nous ne sommes pas libres et nous ne serons jamais libres de ce que nous ne connaissons pas."

Arnaud Desjardins, extraits de "Au Delà du Moi", pp. 86-90 

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mercredi 17 juin 2026

Se sentir exclu...


 "La base même de la dualité émotionnelle, c'est j'aime/j'aime pas, et tant que nous sommes - employons le mot- pris ou prisonnier du processus exclusif de gratification de soi, il y a toujours la possibilité d'une contrariété. La base émotionnelle de cette contrariété est le sentiment de se sentir exclu pendant un moment de quelque chose. Il faut le voir.

S'il n'y avait qu'une seule chose que nous devrions voir dans toute notre vie, ce serait celle-ci."

Yvan Amar page 60 - La pensée comme voir d'éveil -Édition Le Relié


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mercredi 29 avril 2026

Vous n'êtes pas libres


"La preuve que vous n’êtes pas libres, puisqu’il s’agit de libération, ce sont les émotions. Grandes ou petites, intenses ou minimes, fréquentes ou plus rares, éphémères ou durables, ce sont les émotions. Et pourquoi est-ce que vous n’êtes pas libres de vos émotions ? Parce que vous ne les connaissez pas. Libération par la connaissance signifie qu’on est libre de ce qu’on connaît réellement ; et connaître, c’est être – consciemment. Si vous voulez être libres 
de vos émotions, il faut avoir la connaissance réelle, immédiate, de vos émotions. Et c’est ce qu’il y a de plus rare. Quelqu’un peut avoir passé sa vie dans les désespoirs, les angoisses, les anxiétés, les colères et les jalousies, sans connaissance réelle de ses émotions. Et on peut pratiquer beaucoup d’ascèses yogiques ou méditatives sans avoir la connaissance réelle des émotions, parce que, lorsque les émotions sont là, il n’y a plus de méditation et, quand la méditation est là, il n’y a pas d’émotion. (...)

Comment pouvez-vous être vraiment libre de ces émotions en les connaissant ? Comment pouvez-vous les connaître ? En étant, sans dualité, ému. Là je soulève une grosse question. Pratiquement, depuis votre enfance, on vous a empêchés d’être émus. On vous a reproché vos émotions. L’expression de vos émotions gênait les uns et les autres, les mettait mal à l’aise. On vous a fait honte de pleurer. On vous a répété : « Allons souris, ne sois pas triste, si

tu voyais quelle tête tu as quand tu es triste ! Si tu veux être aimable et charmant, sois souriant ! Quelqu’un de triste ennuie tout le monde. » Ce qui fait que, tout en étant toujours emporté à longueur d’année par les émotions, on ne les vit plus jamais pleinement, totalement, consciemment – « sans un second », c’est-à-dire sans créer autre chose que l’émotion :je ne devrais pas être ému, je ne suis pas content d’être ému ; que c’est pénible d’être malheureux ; j’en ai assez d’être toujours triste, j’en ai assez de souffrir. Je suis en train de me ridiculiser, etc.

Je suis bien d’accord que les conditions de l’existence ne permettent pas d’exprimer les émotions n’importe où, n’importe quand, à tort et à travers. Autant que possible, vous cherchez à éviter de montrer votre désespoir à vos propres enfants ou d’avoir des colères trop violentes dans l’entreprise où vous travaillez car elles finiraient par vous faire du tort. Mais vous arrivez à cette impasse, de fuir perpétuellement les émotions qui continueront à s’accrocher à vous d’autant plus que vous les fuirez.

Il faut que vous voyiez en face cette vérité : je ne peux être libre des émotions que si j’en ai la connaissance véritable ; et connaître, c’est être. Je ne peux avoir la connaissance de la tristesse que si je suis pleinement, parfaitement triste. Et, plus difficile : je ne peux avoir la connaissance de la colère que si je suis pleinement, parfaitement en colère. Comment allez-vous être pleinement et parfaitement en colère sans exprimer celle-ci – par conséquent sans risquer de frapper, de blesser et vous retrouver devant un tribunal où vous aura traîné votre victime ?

Quelle que soit la difficulté de connaître les émotions, de connaître la colère en étant en colère, de connaître l’angoisse en étant angoissé, vous devez vous rendre compte qu’il n’y a pas d’autre issue. Alors... est-ce vraiment sans issue ? Tout dépend de votre certitude à cet égard et de votre attitude intérieure. Et vous pouvez sentir la valeur de ces trois termes, que j’ai bien souvent utilisés : expression, répression et contrôle. L’expression, le mot le dit bien, c’est ex – au dehors – pression : pousser au-dehors ce qui nous opprime ou nous oppresse. Réprimer, c’est l’enfouir à l’intérieur.

Est-ce qu’il n’y a pas d’autres possibilités que l’expression ? Dans certains contextes, dans certaines conditions, il faut exprimer et une ascèse complète comprend toujours, parmi ses différentes parties, une possibilité de connaître les émotions en les laissant s’exprimer. Mais ce n’est pas la seule possibilité d’être ému, donc de connaître réellement l’émotion. Ce qui doit être éliminé, c’est le mensonge de la répression, la tentative de suppression car c’est une tentative vaine. Toute émotion – un bonheur momentané ou une souffrance – est toujours une forme prise par l’énergie fondamentale en vous, comme une grande vague qui se lève avant de retomber. Si vous pouvez être ému, tout en contrôlant, c’est-à-dire en ne manifestant pas ou peu – mais sans refuser – vous pourrez être consciemment ému et avoir une connaissance de l’émotion. Simplement, vous ne l’exprimerez pas au-dehors. La tragédie de l’émotion, c’est le refus ; c’est le denial – la négation ; c’est la tentative de répression. Et cette tentative est à peu près permanente ; c’est pour cela qu’il y a si peu de progrès sur le chemin. Les émotions pénibles ou douloureuses sont fondamentalement refusées ; par conséquent, vous n’êtes plus unifié dans l’émotion. Une dualité se crée ; je ne devrais pas être ému. L’émotion est elle-même le fruit d’un premier refus : ce fait ne devrait pas être ce qu’il est. Et l’émotion

pénible est à son tour refusée, plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment ; tout votre être souffre de souffrir et crée un second conflit entre l’émotion et vous.

Dans le conflit, il n’y a aucune connaissance possible de l’émotion. (...) Si vous pouvez, quand vous êtes ému, être vraiment ému – c’est-à-dire accepter complètement la réalité de l’émotion, sans créer un second (je ne devrais pas être ému) –, vous pouvez être ému sans dualité et, dans la plupart des cas, vous pouvez en même temps contrôler. Seulement, aujourd’hui, vous confondez encore le contrôle et la répression. Ce que vous appelez contrôler, c’est réprimer. Vous réussissez à ne pas vous mettre en colère ou à sourire malgré vos malheurs, sur la base irrémédiablement mensongère d’une dualité : je ne devrais pas être ému ; je suis triste, mais je ne suis pas d’accord pour être triste. (...) 

Il n’y a pas que l’expression pleine et entière des émotions qui permet de s’en libérer (...) Si vous le voulez vraiment, vous pourrez être ému tout en contrôlant. Cela n’a rien à voir avec la répression. Je suis triste – un, sans un second ; je suis triste et il n’y a rien à rajouter à cette tristesse. Ici, maintenant, je suis triste. De cette façon seulement, vous pouvez avoir une connaissance réelle des émotions ; et seule cette connaissance conduit à la liberté. Vous n’avez pas la preuve que c’est vrai parce que vous ne l’avez pas tenté. Jusqu’à aujourd’hui, vous avez vécu vos émotions sans en avoir la connaissance réelle puisque vous ne les avez pas vécues unifié et conscient, et que vous êtes entouré de gens qui les ont toujours vécues divisés, souffrant de souffrir et rajoutant dualité sur dualité. Je souffre, je souffre de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir de souffrir de souffrir... L’émotion n’est faite que de refus. Ou, au contraire, dans les émotions dites heureuses, je suis heureux ; je suis heureux d’être heureux, je suis heureux d’être heureux d’être heureux – vous en rajoutez également. Donc, réentendez cette phrase : « libération par la connaissance ». Et entendez-la dans son sens concret, réel : c’est la connaissance qui nous libère. Nous ne sommes pas libres et nous ne serons jamais libres de ce que nous ne connaissons pas."

Arnaud Desjardins, extraits de "Au Delà du Moi", pp. 86-90

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dimanche 28 septembre 2025

Une invitation à la pratique, par Lee Lozowick.

 

«L'investigation intérieure et «neti neti» (ni ceci, ni ceci) sont deux pratiques traditionnelles en Inde qui nous aident dans notre travail. Avec «neti neti», on constate ce qui monte à la conscience et on dit : «la réalité n'est pas ceci». Car chaque fois que l'on se fixe sur quelque chose de spécifique et qu'on le considère comme étant ce qui est, on exclut tout le reste et on est dans le faux. Si on dit «neti neti» à propos de tout, au bout d'un moment, on arrête de se focaliser sur le spécifique et de fonctionner de manière dualiste, et on arrive à l'essentiel. On arête de diviser la réalité, on l'accepte telle qu'elle est dans sa totalité.
L'investigation intérieure est une pratique très similaire. On questionne chaque émotion, chaque sentiment, chaque pensée : «Who am I kidding ? - De qui je me paye la tête ?». Cette phrase est comme une épée qui tranche toutes les illusions jusqu'à ce qu'aucune ne puisse résister et qu'il ne reste plus rien d'autre que la source même de la Création, c'est à dire ce qui est. Il faut persévérer, persévérer, persévérer.
Même un satori n'est pas la fin du questionnement. Même avec un satori, quand on se dit : «Ça y est !», ça n'y est pas. Dès qu'on en fait un concept, on n'est plus ici, dans ce moment-ci. On pratique donc instant après instant, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'instant, jusqu'à ce qu'il n'y ait qu'ici, juste ici.»

(Lee Lozowick, Hauteville, 6 juillet 2000)
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dimanche 31 août 2025

Automne est là

 Les jours raccourcissent et ces derniers jours étaient bien maussades. Tout cela nous rappelle qu’en énergétique chinoise, nous sommes déjà entrés dans l’Automne depuis le 7 août. 

« 秋三月,此谓容平。天气以急,地气以明。早卧早起,与鸡俱兴。使志安宁,以缓秋刑。收敛神气,使秋气平。无外其志,使肺气清。此秋气之应,养收之道也。逆之则伤肺,冬为飧泄,奉藏者少。 »

Huangdi Neijing (黄帝内经), Suwen (素问), Chapitre 2.


Traduction

« Les trois mois de l’automne sont appelés Rong Ping (容平), maturité et calme. Le souffle du Ciel Yang Qi (天气) devient pressant, le souffle de la Terre Yin Qi (地气) s’éclaircit..

Comme les poules on doit se coucher tôt et se lever tôt. On doit maintenir son esprit en paix afin d’adoucir la rigueur de l’automne. On doit recueillir son Shen et son Qi afin d’harmoniser le Qi de l’automne. Ne pas laisser son intention s’éparpiller à l’extérieur afin de garder le Qi du Poumon pur.

Voilà ce qui correspond à l’énergie de l’automne et la voie pour nourrir le principe de la récolte Yang Shou (养收).

Aller contre cela blesse le Poumon, et en hiver, il y aura des diarrhées avec aliments non digérés (Sun Xie - 飧泄) car il y aura peu à offrir à la saison du stockage. »

Interprétation en MTC

L’automne est une saison de maturité, de contraction et de descente de l’énergie.

• Mouvement associé : vers l’Intérieur, c’est la concentration, le recentrage.

• Organe associé : le Poumon Fei (肺), maître du souffle et de l’immunité.

• Émotion associée : la tristesse ou la mélancolie, qui peut se transformer en intériorité.

• Hygiène de vie conseillée : se coucher tôt, se lever tôt, apaiser son esprit, éviter la dispersion, protéger le Poumon, ‘Recentrer son Esprit vers l’Intérieur’.

Suivre un rythme régulier et adapté permet d’éviter de s’exposer aux déséquilibres de l’hiver (fatigue, troubles respiratoires ou digestifs) ou de s’y préparer.

À cette saison, il ne s’agit plus de s’élancer vers l’extérieur, mais de rassembler son esprit, de rentrer son souffle comme on rentre les récoltes.

Celui qui suit le mouvement de l’automne trouvera en lui la sérénité et préparera ses réserves pour l’hiver. Celui qui le néglige se verra dépouillé, comme un arbre qui a perdu ses feuilles avant d’avoir donné ses fruits.

L’automne est l’école de l’intériorité. Laisser tomber ce qui doit partir, accueillir le silence, et respirer plus profondément.

L’automne est aussi le moment de renforcer ses défenses immunitaires (Wèi Qì - 卫气 – Energie Défensive) pour affronter sereinement les rigueurs de l’Hiver. 

-Institut Ming Men de Nancy

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vendredi 25 juillet 2025

Princes et dragons.

 « Nous n’avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il est des frayeurs, ce sont les nôtres ; s’il est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle.

Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples ; les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions.

Aussi, cher Monsieur Kappus, ne devez-vous pas vous effrayer quand une tristesse se lève devant vous, si grande que jamais vous n'en aviez vu de pareille ; si une inquiète agitation, comme la lumière et l'ombre des nuages, parcourt vos mains et tout ce que vous faites. Il vous faut penser alors que quelque chose se passe en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu'elle vous tient dans sa main ; elle ne vous laissera pas tomber.

Pourquoi voudriez-vous exclure de votre vie quelque anxiété, quelque douleur, quelque mélancolie que ce soit, puisque vous ignorez quel est le travail que ces états accomplissent en vous ? Puisque vous savez bien que vous êtes au milieu de transitions, et que vous ne souhaitiez rien tant que de vous transformer .»

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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lundi 21 juillet 2025

Emotion libre

 Libérer l'émotion est la détente du cœur.

Déposer les larmes est la sagesse de l'âme.

"Manon et Leili - chants d'outre-tombe" de Yann Damezin

"Ce n'est vraiment qu'avec le lying que j'ai pu comprendre la parole du Christ promettant : « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés.» Si l'on parvient à pleurer, c'est-à-dire à laisser venir la souffrance en étant parfaitement réconcilié, on est alors consolé au plein sens du terme parce que l'on éprouve une paix d'un autre monde." 

Eric Edelmann (Swami Prajnanpad et les lyings)

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jeudi 27 mars 2025

A la recherche du Soi


Au mois de mai chez Almora (merci à José Le Roy) - republication des 2 premiers tomes.

"Le désir a pour but sa propre satisfaction. Au moment où le désir vient d’être satisfait, il y a pendant quelques instants un état sans désir et, dans cet état sans désir, peut se manifester cette béatitude inhérente à la conscience de soi ou au sentiment de soi techniquement appelé ananda. Cet ananda n’est pas une émotion. C’est un sentiment, une paix, une joie, une plénitude qui est l’expression de l’être, qui est lié au fait d’être, au « Je Suis », à la conscience d’être, qui ne dépend pas de l’avoir, qui n’est pas affecté par ce que l’on a ou ce qu’on n’a pas. En vérité, le bonheur que l’on cherche dans l’avoir n’est jamais autre chose que la libération momentanée de la joie intrinsèque à l’être dont les désirs et les peurs vous exilent sans cesse."

Adhyatma yoga - À la recherche du soi 1

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mercredi 26 février 2025

Sagesse et névrose

 

Ce qu'il faut retenir, c'est que la sagesse et la névrose sont coémergentes. L'une ne va pas sans I'autre. On a tendance à penser : « Je ne veux pas de la jalousie ; je veux seulement la sagesse tout-accomplissante. Je ne veux pas des propensions névrotiques ; je veux seulement les parties éclairées. » Mais c'est comme si une personne assoiffée dans un désert tombait miraculeusement sur un bloc de glace et disait : « Je n'aime pas la glace. Je vais la jeter et chercher de l'eau ailleurs. » Il n'y a pas d'autre endroit ou chercher. II s'agit simplement de reconnaître que la vraie nature de la glace n'est pas différente de celle de l'eau qui désaltère. De même, si nous voulons découvrir notre propre sagesse, il n'y a pas d'autre endroit où chercher que dans notre propre névrose. Nous pouvons découvrir qu’il y a l'émotion avec ego et l'émotion sans ego.

Pema Chödrön, Comme on vit, on meurt

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vendredi 14 février 2025

Colère(s)


La colère est mauvaise conseillère. C'est vrai. Mais elle peut être un excellent révélateur.

Dans les arts énergétiques chinois, celle-ci est souvent décrite comme un signe de dysfonctionnement organique (Foie). On oublie qu'en la présentant ainsi, on omet de préciser que c'est au travers d'un regard médical qu'elle apparaît pathologique.

Pourtant, comme toute émotion, celle-ci a intrinsèquement une valeur indispensable à la nature. Elle a un côté parfaitement physiologique, et peut se révéler saine, y compris au niveau spirituel.

Que nous signifie-t-elle dans ce cas ?

Premièrement, que quelqu'un ou quelque chose ne respecte pas nos limites ou nos valeurs. 

Deuxièmement elle peut signaler un décalage entre ce qui nous est dit, ce que la surface montre, et le réel sous-jacent. Autrement dit, la colère est un excellent détecteur de mensonges.

Troisièmement, elle peut signaler une accumulation de frustrations, c'est à dire des élans créatifs bridés ou bloqués.

Dans ces trois cas, cette émotion est saine, à condition de pouvoir en faire qqch de constructif, ce qui est une gageure en soi.

Dans tous les cas, ostraciser la colère de manière systématique est une erreur. Ceux qui le font se coupent d'une forme vitale d'énergie qui agit souvent comme le tonnerre en réorganisant une structure bancale ou fausse.

Quand on n'assume pas sa colère, on la refoule ou on s'en coupe complètement. Refoulement et clivage font à coup sûr le lit d'abus de toute sorte.

Il est urgent de redonner à la colère son juste rôle. Qui doit être temporaire pour rester physiologique et sain d'un point de vue spirituel.

Le Bois nourrit naturellement le Feu. La colère doit trouver sa sortie dans la parole, le cœur, le lien, dans notre dignité intrinsèque.

Sans cela elle stagne au Bois, devient chronique, destructrice intérieurement ou extérieurement. Elle devient violence, tournée vers soi ou vers l'autre, si elle ne peut déverser son énergie au Feu.

Dès lors, apprendre à exprimer sa colère de manière constructive, et donc apprendre à communiquer sainement est un travail aussi important en spiritualité qu'apprendre à méditer correctement.

Bonne observation et pratique !

Fabrice Jordan

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mardi 4 février 2025

Sois présent !


 Question : Une émotion négative ne pourrait-elle pas contenir un important message ? Si je me sens souvent déprimé par exemple, c'est peut-être un signal indiquant que quelque chose ne va pas dans ma vie et ça me forcera peut-être à observer mes conditions vie et à les modifier. J'ai donc besoin d'écouter ce que cette émotion a à me dire et non pas de la repousser parce qu'elle est négative.
 

E. T. : Oui, en effet, les émotions négatives contiennent parfois un message, comme les maladies. Mais les changements que vous effectuerez, qu'ils soient reliés à votre travail, à vos relations ou à votre milieu de vie, ne sont en fin de compte « qu'esthétiques », à moins d'être le fruit d'une modification de niveau de conscience. Et ceci ne peut vouloir dire qu'une seule chose : devenir plus présents. Quand vous avez atteint un certain degré de présence, la négativité n'est plus nécessaire pour savoir ce dont vous avez besoin dans votre vie. Mais aussi longtemps qu'elle est là, servez-vous-en. Utilisez-la comme une sorte de signal qui vous rappelle d'être plus présent. Chaque fois que vous remarquerez que la négativité se manifeste en vous, sous une forme ou une autre, ne la voyez pas comme un échec dans votre démarche mais plutôt comme un précieux signal qui vous dit : « Réveille-toi ! Sors de ta tête ! Sois présent ! »

Eckhart Tolle

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dimanche 22 décembre 2024

Le mental par Swami Prajnanpad

 Qu’est-ce que le mental ? Le mental est ce qui vous éloigne de la Réalité, de l’objet. Quand vous vous abandonnez au mental, vous vivez dans l’erreur et donc dans la peine. Le mental ne vous mène jamais à l’objet. Il vous en éloigne toujours. Aussi, il vous faut annihiler le mental si vous voulez vivre dans la réalité. C’est-à-dire, vous devez entièrement vous orienter vers le Ici et Maintenant. Être libre du mental, c’est vivre dans la Vérité.

Comment peut-on dire que le mental cache la Réalité? C’est parce qu’il prend la place de la Réalité.

Le mental n’est rien d’autre qu’une illusion qui vous éloigne de vous-même. A tout moment demandez-vous : «Qu’est-ce que je veux ici et maintenant?» «Qui suis-je dans cette situation ? » Ce que vous voulez être, vous l’êtes déjà. Le désir c’est ce qui vous pousse à agir. Le forgeron veut forger. Le mental forge à la perfection. Mais la plupart des gens ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils gaspillent leur énergie et n’obtiennent pas ce qu’ils prétendent vouloir. Vous n’êtes pas le corps ni le mental seulement. Vous pouvez accorder une certaine attention au corps mais pas toute votre attention. Le corps et le mental sont vos deux instruments. Si l’un des serviteurs domine le maître, quel spectacle désolant !


Le mental crée son propre monde d’irréalité. Chacun crée son propre monde et donc le monde de chaque homme est différent. Et ce monde change pour le même homme d’un jour à l’autre, même si l’homme ne change pas d’endroit. Comme chacun crée son propre monde ; cela ne vaut donc pas la peine de se disputer avec autrui. On doit accepter, s’ajuster, s’adapter à ce qui est, c’est-à-dire, au monde qu’autrui a créé pour lui-même.

Sortez de votre coquille. Soyez à l’aise, naturel. Le monde dans lequel vous vivez et celui avec lequel vous entrez en contact sont également « vôtres ». Ayez le sentiment que toutes les choses sont à vous et acceptez-les. Dites oui à tout. Ne refusez rien et encore moins quelque chose qui se trouve en vous-même.


Le mental a tendance à fuir la réalité. Nous voyons une rivière et nous disons qu’elle fait des zigzags. Mais qu’est-ce qu’une rivière ? Simplement de l’eau. Prenez de l’eau dans vos mains et voyez si elle fait des zigzags. Non. C’est le lit de la rivière qui fait des zigzags. Cependant le mental dit que la rivière fait des zigzags. Le mental prend toujours l’apparence pour la réalité.

Comment distinguer l’apparence de la Réalité? Nous disons qu’un homme est de Madras, qu’un autre est du Bengale. Mais leur essence à tous deux c’est d’être des hommes. Le mental ne voit pas cette réalité sous-jacente, cette unité sous-jacente. L’apparence l’en éloigne. Il voit des vêtements différents et leur donne des noms différents. Comment pouvons-nous savoir que nous voyons l’apparence ou la réalité? Si nous éprouvons un sentiment d’unité, c’est que nous voyons la réalité. Si nous avons l’impression d’être séparé de ce qui nous entoure c’est que nous voyons l’apparence.

La différence est uniquement dans l’apparence. Eventuellement, ces deux hommes sont pareils et il n’y a pas d’antagonisme. Quand nous les séparons l’un de l’autre, immédiatement un conflit surgit. L’émotion apparaît. L’apparition de l’émotion est le test de l’intrusion du mental. Aussi évitez l’émotion, voyez l’unité, non la séparation.

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mercredi 30 octobre 2024

Emotion et adaptation

 Extrait de la conférence de Christophe Massin, lors des journées émergences d'octobre 2024.


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vendredi 25 octobre 2024

Résistance à l'émotion...

 
Toute résistance à l'instant, à ce qui est là devant toi, provoque un mouvement de recherche en vue de trouver un refuge temporaire, un endroit qui sert à te calmer, ou même une pensée qui te soulage. Les refuges peuvent être mentaux, émotionnels ou physiques. Ils nous semblent sécuritaires. Ils tentent d'apaiser le personnage qui a peur d'affronter la réalité, en masquant celle-ci, en la niant ou en tentant de l'améliorer.

Ils sont le carburant de la machine à rêver. Ils agissent comme des pansements sur vos vieilles blessures, au lieu de vous permettre d'y faire face. Ils empêchent vos émotions de terminer leur route, de se déraciner. La résistance à l'émotion provoque une cristallisation et une densification du personnage imaginaire auquel on s'identifie.

~ Betty Quirion

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vendredi 2 août 2024

Accepter d'accepter...

 L'acceptation, un concept profondément ancré dans les domaines de la psychologie et du bien-être, revêt une importance cruciale dans la façon dont nous naviguons à travers les défis et les changements de la vie.

Qu’implique l’acceptation ?


L'acceptation, en essence, consiste à reconnaître et à accueillir pleinement la réalité de ce qui se présente, même lorsque cela va à l'encontre de nos désirs ou de nos attentes. Cela ne signifie pas nécessairement être d'accord avec chaque aspect de la situation, mais plutôt choisir de ne pas lutter inutilement contre ce qui est hors de notre contrôle. Cette approche repose souvent sur des principes de pleine conscience, qui encouragent l'observation et l'acceptation des pensées, des émotions et des sensations sans jugement.

Les bienfaits de l'acceptation

Plusieurs études ont mis en évidence les avantages de l'acceptation pour la santé mentale et le bien-être général. En acceptant les situations stressantes ou difficiles, les individus peuvent réduire leur niveau de détresse émotionnelle, diminuer les symptômes de l'anxiété et de la dépression, et améliorer leur capacité à faire face de manière adaptative. De plus, l'acceptation est souvent associée à une plus grande résilience psychologique, permettant aux individus de rebondir plus facilement après des revers ou des échecs.

L'acceptation favorise également des relations sociales plus saines en encourageant la tolérance et la compréhension mutuelle. En acceptant les autres tels qu'ils sont, avec leurs forces et leurs faiblesses, nous cultivons la compassion et la bienveillance, renforçant ainsi les liens interpersonnels et réduisant les conflits.

L'acceptation dans la pratique clinique

Dans le domaine de la psychothérapie, des approches telles que la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) intègrent des techniques visant à cultiver l'acceptation chez les clients. Ces approches encouragent les individus à reconnaître leurs pensées et leurs émotions sans chercher à les changer ou à les supprimer, les aidant ainsi à développer une relation plus souple avec leur propre expérience intérieure.


Défis et résistances à l'acceptation

Malgré ses nombreux avantages, l'acceptation peut être difficile à pratiquer, en particulier dans des situations où les émotions sont intenses ou les circonstances semblent injustes. Les individus peuvent rencontrer des obstacles tels que la peur du jugement social, le sentiment d'impuissance ou la tendance à s'accrocher à des attentes irréalistes. Cependant, avec de la pratique et un soutien approprié, il est possible de cultiver une attitude plus compatissante et ouverte envers soi-même et les autres.

Cultiver l'acceptation au quotidien

Pratiquer l'acceptation au quotidien demande un engagement conscient et une volonté de s'ouvrir à toutes les expériences de la vie, qu'elles soient agréables ou désagréables. Cela peut impliquer des exercices de pleine conscience, tels que la méditation ou la tenue d'un journal de gratitude, qui aident à développer une attitude de réceptivité et de non-jugement envers soi-même et les autres.

En conclusion, l'acceptation joue un rôle essentiel dans notre bien-être émotionnel et mental. En embrassant la réalité telle qu'elle est et en adoptant une attitude de non-jugement, nous pouvons trouver une plus grande paix intérieure et une résilience face aux défis de la vie. À travers des approches thérapeutiques basées sur l'acceptation et des pratiques de pleine conscience, nous pouvons apprendre à naviguer avec grâce à travers les hauts et les bas de l'existence, en cultivant un plus grand sens de contentement et de sérénité.

Écrit par Yassine Jebbour sur le site Psychologue.net

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jeudi 18 juillet 2024

Couper la haine à la racine

 Mes chers amis,


La haine qui est de l'aversion poussée à son paroxysme est un poison puissant pour chacun de nous car elle risque d'aboutir à de la colère qui fait du tort à tout le monde, à moi comme aux autres, une émotion perturbatrice qui échappe complètement à notre contrôle.

Quelqu'un peut-il souhaiter, le matin en s'éveillant, éprouver de la haine toute la journée, que surtout cette haine ne s'arrête pas et si possible qu'elle s'amplifie.

La haine aboutit immanquablement à du mal être pour nous-même. Nous pouvons croire que la haine et la colère vont nous faire du bien sur le moment, mais ces émotions vont juste agiter notre esprit et perturber cette paix intérieure terrain sur lequel le bien être peut se développer.

La haine se développe toujours à partir d'un ressenti "je n'aime pas, je ne veux pas cela".

Ce ressenti s'exprime sous la forme d'une pensée.

Pouvons nous essayer de voir la façon dont cette pensée s'est construite. Qui a construit cette pensée ? Où a t elle été construite ? Où a t elle surgi, où s'est-elle manifestée ? Puis-je attraper cette pensée ? Par où pourrais-je l'attraper ? Quelle est la forme et/ou la couleur de la pensée ? De quoi est-elle faite, a t elle une substance ?

Une pensée peut-elle rester fixe, ou est-elle comme une rivière, jamais constituée de la même eau ?

Quand la pensée n'est plus là, où a t elle disparu ? A-t-elle laissé une trace, si oui où ? La trace ne serait elle pas simplement une autre pensée sur laquelle on peut appliquer le même processus d'analyse.

Existe-t-il une poubelle à pensée ? elle serait bien pleine !

Mon expérience est que les pensées ne viennent de nulle part, ne séjournent nulle part, sont insubstantielles et disparaissent sans laisser de trace. Ce processus d'analyse permet de couper l'aversion à sa racine et donc d'empêcher la haine de se développer. On peut alors simplement laisser l'esprit se poser en lui-même afin qu'il puisse manifester ses qualités, qui sont les qualités de notre nature de bouddha, les qualités du divin en nous.

Je ne fais ici que vous proposer un processus possible pour diminuer la haine qui peut encore parfois jaillir au fond de nous, cela me semble important.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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mercredi 1 mai 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (3)

 Emotion is never justified.

L’émotion n’est jamais justifiée.


Cette affirmation de Swâmi Prajnânpad a prêté lieu à bien des malentendus, nombre de personnes l’ayant comprise comme « il ne faut pas avoir d’émotions » et ayant donc tenté, sur cette base fausse, de supprimer les émotions dès que celles-ci apparaissaient, aboutissant ainsi à une terrible impasse.

L’émotion n’est jamais justifiée ne veut pas dire « vous ne devez pas avoir d’émotions ». Cela veut dire : l’émotion ne peut pas avoir de justification objective. On ne peut pas se retrancher derrière une situation, un événement, pour se donner raison d’avoir une émotion. L’émotion ne tient jamais à une cause extérieure, elle tient à nous, à notre manière de voir les choses, à notre conditionnement propre, à notre sensibilité, à notre passé personnel. La preuve en est que dans la même situation une autre personne n est pas affectée de la même manière ou peut même ne pas se sentir du tout concernée par ce qui nous touche ; ce qui paraît représenter une montagne pour l’un peut paraître insignifiant pour l’autre, ce qui abat l’un peut stimuler l’autre, etc.

En d’autres termes, nous ne pouvons pas rendre la situation extérieure ou les autres responsables de notre émotion. Elle nous appartient complètement. C’est sur cette base, et uniquement sur cette base, qu’un certain travail sur l’émotion devient possible.

(Arnaud Desjardins)

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mardi 30 avril 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (2)

 Emotion is an unnecessary luxury.

L’émotion est un luxe inutile.


L’émotion, notre manière subjective d’appréhender la réalité, en référence à nous, n’est pas indispensable pour vivre. Elle représente même un énorme gaspillage d’énergie, un « luxe inutile ». Certes, c’est la donnée de départ de tout être humain et Swâmi Prajnânpad, qui avait transcendé les émotions, disait de lui, en se remémorant le passé ! «The young man was only emotion », le jeune homme n’était qu’émotion. Il avait donc connu, comme chacun d’entre nous, la condition commune : le pouvoir qu’a l’existence de modifier nos états intérieurs — tant que nous n’avons pas entrepris un travail conscient et méthodique pour émerger de ce « statut d’esclave ».

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A son élève Arnaud qui s’était comporté sans conscience dans une certaine situation et avait causé du tort à quelqu’un, Swâmiji avait écrit un jour :

Carried away by your emotional blindness, you have gone down below human level.

Emporté par votre aveuglement émotionnel, vous êtes descendu en dessous du niveau humain.

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vendredi 22 mars 2024

L'émotion du feu


Nos émotions se manifestent dans le corps selon un mouvement bien précis. C'est à cela qu'on les reconnaît !
J'aimerais terminer ce tour des Cinq émotions en vous parlant du mouvement du Feu. 🔥

Le Feu, selon la vision chinoise, est la Phase la plus yáng : chaleur à son maximum, éclat qui se voit de loin, crépitement sonore, montée de la fumée vers l'invisible...
Le Feu est mobile, léger, plus proche de l'énergie que de la matière, et insaisissable.
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🔹 Hors du corps, c'est notre lien au Ciel, au spirituel, à la clairvoyance, au discernement.
🔹 Dans le corps, il correspond au Coeur 心 xīn, son émotion est la Joie 喜 xǐ et son mouvement est le déploiement, la dilatation.
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Nous avons tous déjà vécu cela : une excellente nouvelle nous arrive et que se passe-t-il ? Nous sentons notre poitrine se gonfler, nos membres s'alléger, tout notre être s'élever.
Sous l'effet de la Joie, le cœur s'ouvre et la chaleur du Feu nous inonde de son ivresse : nous sautons, nous dansons, chantons, rions...
N'est-ce pas merveilleux ?
On aimerait être dans cet état en permanence !
Et pourtant... toute médaille a son revers.
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La Joie est bien évidemment souhaitable, mais peut rapidement se transformer en Excitation (un exemple un peu extrême : les hooligans après une victoire de leur équipe favorite).
Le mouvement de dilatation du Feu ne doit pas se prolonger indéfiniment sous peine de nous couper de la réalité physique du corps, de la matière, des sensations... bref, de nous-mêmes !
Si la joie nous soulève agréablement, l'excitation nous disperse dangereusement !
Trop d'excitation ou une joie trop intense et brusque peuvent faire plus de mal que de bien : nous avons tous entendu des histoires de gens faisant un infarctus à l'annonce d'une heureuse nouvelle.
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Le Cœur a beau être l'empereur, il n'est pas omnipotent pour autant 🙂
Notre sécurité reste l'ancrage à la Terre (qui étouffe le Feu) et le travail de l'Eau (qui tempère la chaleur).
Il existe d'ailleurs un axe Rein-Coeur (Eau-Feu) dans le corps, je pourrai vous en reparler.
Cultivez la joie saine, la joie tranquille qui porte un joli nom : le Contentement.
... et ne jouez pas trop avec le Feu ! 😉


Alice Korovitch 


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mardi 5 mars 2024

L'émotion du métal


- Par Alice Korovitch


Nos émotions se manifestent dans le corps selon un mouvement bien précis. C'est à cela qu'on les reconnaît.

J'aimerais vous parler aujourd'hui du mouvement du Métal.

Le Métal, selon la vision chinoise, résonne avec l'Automne, le déclin, c'est le début du mouvement de contraction du yīn. Sa couleur est le Blanc, et son émotion est la Tristesse 悲 bēi.

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Je ne parle pas de la tristesse passagère qui peut s'emparer de nous lorsqu'on lit ou visionne quelque chose de triste ou mélancolique, non. Je parle du sentiment qui nous colle à la peau sans relâche lorsque nous avons perdu un être cher, lorsqu'on ne se remet pas d'un traumatisme, lorsqu'on porte un poids trop lourd, que tout nous paraît à la fois vain, futile, immensément difficile, et nous conduit si facilement au découragement ou au désespoir.

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Comme toujours, la Tristesse est l'émotion archétypale, qui regroupe différentes nuances comme :

🔹Chagrin

🔹Mélancolie

🔹Découragement

Cependant, le Métal exprime également :

🔹Justice

🔹Conviction

🔹Courage

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La Tristesse, reliée au Poumon, a un mouvement très particulier : elle dissipe.

Or, le Poumon est appelé en médecine chinoise le Maître du Qì, car c'est lui qui diffuse le Qì dans l'organisme à travers la respiration, et il a un lien privilégié avec la peau.

La Tristesse va donc dissiper le Qì, le laisser s'échapper en quelque sorte. Et notre vitalité avec ! Les frontières de notre corps se floutent, nous devenons poreux.

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Voyez-vous le danger ?

Si un accès passager de chagrin avec grosses larmes nous donne facilement sommeil, une Tristesse installée provoque quant à elle une fatigue chronique, écrasante. 

Apathie, hébétude, plus d'élan pour rien.

La fonction de diffusion du Qì du Poumon est altérée : on ne respire pas bien (les sanglots !), on devient frileux (le Qì ne circule pas de manière optimale) et surtout : épuisé, fatigué en permanence.

La position typique de quelqu'un de triste est le repli sur soi-même, le recroquevillement, comme une tentative de contrer la dissipation, de retenir ce Qì qui s'échappe.

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Le Poumon ayant ce lien privilégié avec la peau, soyez très au contact avec vos proches atteints de Tristesse !

Le toucher est LA première source de réconfort. En permettant au corps de redevenir conscient de ses frontières afin que cesse l'hémorragie de Qì, en refermant les pores, le toucher ouvre le lent chemin de la guérison.

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