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jeudi 2 juillet 2026

Désir et peur

Ok Imaginons que la peur est ici (Daniel montre le dos de sa main), et que le désir est là (Il montre le creux de sa main). Le désir est attractif, il crée de la tension qui engendre de l'énergie. Cette tension crée le mouvement vers une réalisation possible plus tard. La peur, elle, réfrène le mouvement. Elle est liée au désir car elle est l'autre face du désir. Quand la face du désir avance, la face de la peur avance aussi, mais en freinant. C'est donc l'autre face du désir. J'ai envie de ceci, oui, mais si il se passe cela... Et quand la peur est plus forte que le désir, elle te fait oublier ton désir. Les gens disent alors je ne veux plus avoir peur, et oublient leur désir premier. Mais où vont-ils prendre l'énergie pour avancer? Il leur faut un désir plus fort que la peur pour recréer une tension et aller vers ce but.

Daniel Morin

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mercredi 6 mai 2026

Remettre au lendemain, fatigue

 REMETTRE AU LENDEMAIN, FATIGUE

(extrait de Le Jardin du Dedans, couverture ci dessous)

Un précepte de base de l’écologie est de ne pas gaspiller les ressources énergétiques.
Dans la perspective de l’écologie intérieure, nous gagnons à nous interroger quant à notre gestion de nos énergies « subtiles ».
Les pensées inutiles sont grandes consommatrices d’énergie, la division intérieure l’est tout autant. Toute démarche écologique s’attache à identifier les racines de la pollution et du gaspillage. Pour ce qui est de la division intérieure et de la production de pensées inutiles, l’un des facteurs majeurs reste ce mécanisme fort répandu qu’on nomme la « procrastination ». je suis frappé de constater, au fil de mes relations amicales et professionnelles, à quel point cette « maladie » a pris des proportions endémiques. Beaucoup d’êtres humains s’engagent à faire quelque chose et tout simplement ne le font pas, ou tardent tant à le faire que cela en devient inepte.
Remettre au lendemain fatigue
Il n’y a pas de petite procrastination : que la « chose à faire » soit jugée « importante » ou anodine, le simple fait de ne pas respecter un engagement constitue une violence vis-à-vis de nous-même (sans compter la nuisance qu’elle peut causer aux autres). une violence si « ordinaire », si courante qu’elle passe inaperçue et que les conséquences en sont constamment minimisées, comme dans le cas des pollutions de tous les jours.
Que j’en sois pleinement conscient ou non, le fait de ne pas faire ce qu’il m’est demandé de faire, ce que je me suis engagé à faire, produit en moi une division intérieure sous forme de malaise diffus (« je devrais faire et je ne fais pas ») et de pensées « tendues vers » (« il faut que je fasse... »). Ce malaise et ces pensées, si vagues soient-ils, sont grands consommateurs d’énergie psychique. Chaque engagement non tenu, chaque acte procrastiné est un peu comme une casserole attachée à un fil, lui-même accroché à notre pantalon... de casserole en casserole, nous en venons à avancer dans un bruit psychique assourdissant. L’engagement non tenu, l’action demandée non accomplie et demandant toujours à l’être, ralentissent notre marche en avant et nous tirent vers l’arrière. Plus je procrastine, moins je peux être en paix, et tout simplement disponible à l’instant.

Jeune, j’étais comme tant d’autres un adepte du grand vague et de la procrastination. Le déclic s’est produit quand j’ai compris que faire ce que j’avais à faire dès que possible ne relevait pas d’une injonction morale mais d’une gestion intelligente de mon énergie, donc de mon intérêt profond et même de ma vie spirituelle. Toute personne ayant tenté de s’asseoir pour méditer remarquera un afflux de pensées ; elle remarquera aussi qu’une grande proportion de ces pensées a trait à des choses à faire...
il y a cinquante ans, quand j’ai commencé à la pratiquer, la méditation n’était pas à la mode, mais le mécanisme de procrastination étant, lui, indémodable, j’ai assez vite compris le lien concret entre ma manière de traiter mes petites affaires au quotidien et la qualité de ma vie intérieure.
« Ce que vous avez à faire, faites-le maintenant », disait Swami Prajnanpad.
Cette parole, en elle-même de bon sens, prononcée par un grand spirituel a eu sur moi un impact décisif. je ne prétends pas être devenu à cent pour cent fiable : l’erreur est humaine, l’humanité ne souffre pas la perfection. Mais avoir pris cette parole au sérieux a beaucoup contribué à ma possibilité de jouir de la paix ici et maintenant.
Faire ce qu’on doit faire maintenant ne signifie pas nécessairement tout de suite, toutes affaires cessantes, ce qui serait bien difficile dans un contexte où courriels, messages et appels ne cessent d’allonger la fameuse « liste » au fur et à mesure.
Le secret, très simple, consiste à ne pas laisser les choses dans le vague : tout noter, puis envisager même approximative- ment quand l’action pourra réalistement être accomplie. je peux être en paix ici et maintenant non pas parce que j’ai « tout fait » – ce qui relève de l’impossible, nous mourrons sans doute avec une longue liste de choses à faire – mais parce que ce que j’ai à faire,
Je sais que je le ferai et quand, ou à peu près quand.
On n’imagine pas l’énergie subtile ainsi économisée, la disponibilité à l’instant ainsi retrouvée et donc, oui... l’aptitude à la joie dans la relation non polluée à ce qui est ici et maintenant.

Gilles Farcet

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lundi 16 juin 2025

Descente corporelle

 
La descente dans le corps, se fait d’abord les yeux fermés. La descente du centre d’attention qu’est la tour de contrôle, vers quelque chose de plus vaste encore que cette centrale nucléaire qu’est le cœur.

Habiter le corps, descendre dans le corps, toujours plus, encore…  Et s’émerveiller à chaque seconde de sédimentation des pensées laissant apparaître la conscience. Découvrir l’existence, insoupçonnée, d’une autre manière d’être.

Découvrir que ces mots ont leurs limites, découvrir qu’il est possible de vivre davantage l’énergie que la matière.

Ta conscience se promène, entre ton livre, tes soucis, ta maladie, ton passé, ton futur. Il est possible de l’emmener dans le corps, et de l’amener à des strates qui appellent  à être traversées, et explorées organiquement.

Découvrir qu’il est possible d’habiter le monde, la réalité, depuis un état de conscience fondamental — au-delà des formes, des concepts, des idées —  qui te place dans ce non-endroit où la matière prend forme. 

C’est là ta maison avant que tu ne deviennes toi.

Tu pourras y découvrir un volcan. 

Ne le contient pas. 

Tu pourras y découvrir un arbre. 

Ne tire pas dessus pour le faire pousser.

Tu pourras y découvrir une rivière. 

Ne la pousse pas. 

Tu pourras y découvrir un lac.

Ne tente pas de l’aplatir avec ta main.

Stephan Schillinger

Illustration : Caitlin Connoly

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mardi 11 mars 2025

Temps et énergie dépensés

 


Si l’on a une certaine inclination pour la vie spirituelle, je pense qu’il ne faut pas passer trop de temps à essayer de trouver la meilleure maison, le meilleur travail, le meilleur n'importe quoi, car ce que l'on considère être "meilleur", ce n’est que notre manière de voir les choses. Bien sûr, si la maison n'a pas de fuites, c'est bien, si le quartier n'est pas trop violent, c'est bien, si vous avez un travail décent, c'est bien, mais pour moi ce n'est pas central.

Il ne faut donc pas dépenser trop d’énergie à essayer de se construire une vie fonctionnelle. C'est peut-être une erreur en Europe et en Amérique, que les gens pensent qu'ils doivent d'abord établir une sorte de structure matérielle et qu'ensuite ils pourront approfondir leur vie spirituelle. Jean Klein a toujours méprisé cette manière de voir les choses, affirmant que vous échappez à l'appel de la Vérité. 

Quand l'appel de la Vérité est là, ce n'est pas le moment de préparer quoi que ce soit : il faut se conformer à cet appel et ainsi rendre sa vie fonctionnelle de manière minimale, pour ne pas dépenser trop d'énergie avec votre maison, ou avec votre femme, ou votre mari, ou vos enfants, ou votre entreprise, ou votre jardin. Ces choses peuvent être là, mais elles ne sont pas le centre de la vie et alors l'investigation peut commencer. Donc, encore une fois, ce n'est pas mal d'avoir une vie fonctionnelle, mais ça ne devrait pas être si important ; c'est préférable que ça soit fonctionnel de manière simple. 

~ Éric Baret 

(extrait d'une vidéo en anglais)

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samedi 16 novembre 2024

Corps à corps

 

dessin par Gérard Beaulet

L'environnement, c'est mon corps et mon corps c'est l'environnement.

Pour décrire cette sensation qui est intense et en même temps mouvement, les mots énergie, vibration, lumière, se présentent naturellement.

Mais c'est une manière de parler qui pointe vers quelque chose.

C'est une transposition verbale de quelque chose qui n'a pas de description plus juste. C'est pour cela que les descriptions du corps subtil diffèrent dans les diverses traditions. On ne parle pas de quelque chose d'objectif.

On exprime ce qui est vécu par une cérébralité spécifique.

Chacun vit l'énergie, la lumière, d'une manière différente à travers le prisme de sa cérébralité.

Eric Baret 

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mardi 12 novembre 2024

Entrée dans l'hiver

 

❄️ L’HIVER : MORT ET TRANSFIGURATION

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Ce titre est celui d'un chef-d’œuvre musical formidable : 🎵“Tod und Verklärung” 🎶 de Richard Strauss. Un vaste poème symphonique qui ne laisse personne indifférent.
Je vous recommande son écoute !
Et il sert très bien mon propos du jour. 😊
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🟡 Car ça y est, c’est l’Hiver 冬天 dōng tiān. 🌬
Ou plutôt devrais-je dire : c’est l’entrée dans l’Hiver.
Comme toute chose en ce monde, les saisons obéissent à un rythme immuable :
🔹Commencement
🔹Développement
🔹Apogée
🔹Déclin
🔹Transformation
Et nous voici donc aux portes de l’Hiver, à son commencement.
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🟡 MAIS ALORS POURQUOI PARLER DE MORT ?
Parce que c’est la saison du déclin, du dénuement, c’est la fin d’un cycle commencé 9 mois plus tôt avec le Printemps.
🔹A l’échelle d’une journée, l’Hiver représente la nuit, le sommeil, l’inactivité. 🌃😴
🔹A l’échelle d’une vie, il représente la grande vieillesse et effectivement, la mort. 👴🫧
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C’est d’ailleurs la saison associée
🔹à l’Eau
🔹au Froid
🔹au Nord
🔹au Sombre
🔹à la Peur
C’est la saison du Rein 腎 shèn, qui stocke le Jīng 精.
Et le Jīng 精 qui arrive à son terme entraîne la mort.
Tout pour nous réjouir n’est-ce pas ?
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🟡 À LA FOIS CONCLUSION…
Oui, c’est définitivement la fin des jours longs et lumineux, de la chaleur bienfaisante du soleil haut dans le ciel.
Oui, c’est la fin de beaucoup de choses agréables à l’extérieur.
😞
Nous rentrons définitivement dans le Yīn 陰 de l'année. Et le propre du Yīn 陰 c'est d'être froid, lent, lourd, épais, statique...
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Mais si l’on s’accorde au rythme de cette saison qui est le ralentissement, et à sa configuration qui est la circulation du Qì 氣 dans les profondeurs, alors l’Hiver nous ouvre la voie de l’allègement, de la rêverie, du silence, de l’ascèse.
Est-ce qu'un paysage enneigé n'est pas une merveille à regarder ? 🌨
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Dans les anciennes civilisations, lorsque sortir dans le froid était tout simplement trop dangereux, c’était alors le temps des longues veillées autour du feu 🔥, avec mille contes, légendes et histoires pour modeler la psyché, développer l'imagination et donner une cohésion au groupe. C’était aussi le temps du développement d’un talent manuel ou spirituel.
Cela reste d’actualité pour nous !
L’Hiver nous invite non seulement au ralentissement mais aussi à l’introspection.
C’est la saison parfaite pour la méditation !! 🧘‍♀️
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🟡 … ET PRÉPARATION
C’est tout le paradoxe de cette saison, trop largement et injustement détestée.
L’Hiver marque à la fois une fin et un début. C’est logique puisque tout est cyclique ! 💫
Cette saison fondamentalement calme permet la régénération, pose les prémices du réveil.
N’oubliez pas que dans 3 mois le Yáng 陽 va surgir des profondeurs pour à nouveau se déployer vers la surface et l’extérieur. 🌴
Ce mouvement aura la force et la vigueur du Bois. Si vous n’avez pas suivi le repos prescrit par l’Hiver-médecin, alors vous serez complètement à plat ! 🥴
Comme le sommeil et le repos permettent d’être d’attaque en journée, l’Hiver permet de répondre présent au Printemps.
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🟡 ET LA TRANSFIGURATION DANS TOUT ÇA ?
Et bien poussons la métaphore et voyons l’Hiver 冬天 dōng tiān comme un rite de passage.
Lorsqu’on réussit :
🔹à résister au Froid
🔹à aimer le Nord
🔹à traverser l’Eau
🔹à affronter sa Peur
🔹à regarder son Obscurité
🔹à ne plus craindre la Mort
Bref lorsqu’on réussit à “passer l’Hiver”, on est nécessairement transfiguré !
Dans trois mois, vous serez de nouvelles personnes ! 😉
Est-ce que ce n’est pas une belle raison de se réjouir et d’accueillir cette saison le Cœur ouvert ?

Alice Korovitch

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samedi 19 octobre 2024

Réveiller votre énergie vitale

Durée : 2 à 3 minutes.

Bienfaits : Refait circuler l'énergie mise au repos pendant le sommeil, redonne de la confiance et de l’enthousiasme pour démarrer sa journée en douceur.

Position de départ : Debout en position initiale.

Déroulé

• Imaginez-vous comme un oiseau prêt à décoller.

• Inspirez par le nez et levez vos bras comme pour déployer vos ailes.

• À hauteur des épaules, tournez les paumes vers le ciel, levez vos bras en vous mettant sur la pointe des pieds comme pour aller plus haut.

• Expirez profondément par la bouche en reposant vos talons au sol et en ramenant vos bras le long du corps.

• Renouvelez l’enchaînement durant 2 minutes.

• Pendant la dernière minute, inspirez, levez les bras à hauteur des épaules puis étirez-les au maximum sur les côtés.

• Maintenez l’air dans vos poumons ainsi que l’étirement pendant 5 secondes.

• Expirez en relâchant les bras.

Le plus : 
Si vous avez besoin de retrouver plus d’énergie, secouez-vous quelques instants avant de commencer.

Comment ça marche ?

Les étirements de bon matin assurent une mise en circulation et une stimulation de l’énergie et de la circulation sanguine dans l’organisme. Ils sont idéals pour dissiper les raideurs matinales musculaires ou articulaires.

Extrait de "Je booste ma santé" par Nathalie Bonnaud

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mardi 30 avril 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (2)

 Emotion is an unnecessary luxury.

L’émotion est un luxe inutile.


L’émotion, notre manière subjective d’appréhender la réalité, en référence à nous, n’est pas indispensable pour vivre. Elle représente même un énorme gaspillage d’énergie, un « luxe inutile ». Certes, c’est la donnée de départ de tout être humain et Swâmi Prajnânpad, qui avait transcendé les émotions, disait de lui, en se remémorant le passé ! «The young man was only emotion », le jeune homme n’était qu’émotion. Il avait donc connu, comme chacun d’entre nous, la condition commune : le pouvoir qu’a l’existence de modifier nos états intérieurs — tant que nous n’avons pas entrepris un travail conscient et méthodique pour émerger de ce « statut d’esclave ».

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A son élève Arnaud qui s’était comporté sans conscience dans une certaine situation et avait causé du tort à quelqu’un, Swâmiji avait écrit un jour :

Carried away by your emotional blindness, you have gone down below human level.

Emporté par votre aveuglement émotionnel, vous êtes descendu en dessous du niveau humain.

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dimanche 25 février 2024

Dans l’énergie du printemps, allégeons et dépoussiérons nos intérieurs


Dans la maison comme dans la nature, la nouvelle saison s’annonce par un grand nettoyage, une régénération du corps et de l’esprit pour mieux accueillir la vitalité montante. Un coup de fraîcheur revigorant qu’il nous faut préparer. (Par Élisabeth Marshall)

Avec le retour de la lumière me vient depuis quelques jours des envies de ménage et de renouvellement. Des envies d’ouvrir grand les fenêtres, de dépoussiérer les meubles, de dégager l’espace et la vue, de nettoyer les recoins et d’alléger mon intérieur. Comme une cure de rajeunissement pour la maison et pour l’esprit. Repousser définitivement les derniers miasmes de l’hiver, débusquer les coins d’ombre et me laisser porter par l’énergie du printemps qui monte.

On associe depuis toujours, et dans toutes les cultures du monde, le printemps à une forme de nettoyage et de régénération, de la nature comme de l’humain. La saison contient en germe un bouleversement et une vie à l’état brut qu’il nous faut être prêts à recevoir. Tandis que le ciel se lave à grandes eaux de soudaines giboulées, la tradition et le bon sens invitent l'humain à s’alléger par le jeûne et le repos digestif. À se libérer des « stocks » de l’hiver pour remettre son corps en mouvement et au jardin. Une invitation pour la médecine traditionnelle chinoise à nous « mettre au vert », et ce dans une merveilleuse synchronicité avec la nature : au moment où l’on s’attache par la verdure à régénérer le foie, les talus se couvrent de feuilles de pissenlits aux vertus nettoyantes.

L’élan des nouvelles énergies

Pour cette approche taoïste de santé, la saison printanière a débuté dès le mois de février, durant cet entre-deux où tout se met en branle, où les graines commencent à germer, les jours à rallonger. Le printemps nous fait entrer, bien avant le 21 mars, dans l’élan des nouvelles énergies et inspirations. Ne mésestimons pas dès lors l’effort d’adaptation que représente, pour le corps, ce passage vers la renaissance saisonnière, entre fatigue déprimante ou trop plein de tension et d’impatience. Et respirons ! Aérons nos intérieurs, au moins une heure chaque jour. Retrouvons le réflexe de grandes inspirations et expirations devant la fenêtre ouverte ou la pratique des « nettoyages de poumons », ces méthodes ancestrales de pranayama par lesquelles le yoga vise à réveiller notre énergie vitale et à éliminer ce qui nous encombre.

C’est là que mon ménage de printemps révèle aussi tous ses atouts. En substituant à la fatigue visuelle du désordre, de l’accumulation ou de la poussière, un intérieur frais lavé, des vitres de nouveau transparentes, des pièces dégagées où circule la lumière, je me redonne de l’élan et de la vitalité… à moi-même ainsi qu’à tous les visiteurs de la maison. Je me souviens que c’est dans cet esprit que le Japon – l’un des pays les plus propres au monde ! – entretient ses temples zen ou ses intérieurs. Ou que, dans un monastère de Bourgogne, les moniales marquent l’arrivée du printemps en ouvrant grand les voilages d’hiver qui occultaient les fenêtres de la chapelle.

Et il me plaît de déceler de subtiles mais constantes correspondances entre les traditions. De faire miens, en ces jours d’allègement du carême, les mots dansants du poète japonais Issa : « Rien qui m’appartienne sinon la paix du cœur et la fraîcheur de l’air. »

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source : La Vie

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