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lundi 16 juin 2025

Descente corporelle

 
La descente dans le corps, se fait d’abord les yeux fermés. La descente du centre d’attention qu’est la tour de contrôle, vers quelque chose de plus vaste encore que cette centrale nucléaire qu’est le cœur.

Habiter le corps, descendre dans le corps, toujours plus, encore…  Et s’émerveiller à chaque seconde de sédimentation des pensées laissant apparaître la conscience. Découvrir l’existence, insoupçonnée, d’une autre manière d’être.

Découvrir que ces mots ont leurs limites, découvrir qu’il est possible de vivre davantage l’énergie que la matière.

Ta conscience se promène, entre ton livre, tes soucis, ta maladie, ton passé, ton futur. Il est possible de l’emmener dans le corps, et de l’amener à des strates qui appellent  à être traversées, et explorées organiquement.

Découvrir qu’il est possible d’habiter le monde, la réalité, depuis un état de conscience fondamental — au-delà des formes, des concepts, des idées —  qui te place dans ce non-endroit où la matière prend forme. 

C’est là ta maison avant que tu ne deviennes toi.

Tu pourras y découvrir un volcan. 

Ne le contient pas. 

Tu pourras y découvrir un arbre. 

Ne tire pas dessus pour le faire pousser.

Tu pourras y découvrir une rivière. 

Ne la pousse pas. 

Tu pourras y découvrir un lac.

Ne tente pas de l’aplatir avec ta main.

Stephan Schillinger

Illustration : Caitlin Connoly

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samedi 14 juin 2025

Conscience guérisseuse.

 Si toutefois nous guérissons, c’est davantage à la manière d’un arbre, qui conservera les coups de hache et les marques du temps – la question, ici, est celle de la survie et de la croissance. Un arbre qui survit à un accident majeur de parcours et développe un tronc fort et robuste, mais de travers, peut-il être considéré comme guéri ?

Guérir en effaçant les souvenirs et les traces des traumatismes et blessures, ou guérir en continuant à évoluer en se rapprochant progressivement du bonheur — ou de l’éveil — sont deux perceptions radicalement différentes de la guérison.

Si nous prenons un ruisseau comme métaphore, nos blessures sont autant de pierres qui viennent en altérer, en dévier, le cours. L’intelligence de la vie évoquée pourrait alors être représentée par la force de gravitation, qui fait que le ruisseau coulera toujours vers le bas.

Guérir, selon moi, pour moi, et me concernant, a consisté à faire confiance à l’intelligence de la vie qui coulait en moi. Comme le ruisseau qui trouvera toujours son chemin vers la mer, d’une façon ou d’une autre.

J’entends guérison comme la résolution d’une entrave au bonheur ou à l’éveil, selon ce que nous poursuivons, chacun. Parfois, comme pour un ruisseau jonché de pierres qui viennent dévier son parcours, il convient de ne rien faire d’autre que de faire « confiance au processus de la vie ». C’est-à-dire de se fier à l’ordre naturel des choses.

Je constate qu’il est difficile – voire inacceptable – de concevoir cela, pour une personne qui souffre, mais il ne s’agit pas de ne rien faire, encore moins de se résigner. Il s’agit justement plutôt que de remuer ciel et terre, et d’établir des défenses, remparts, boucliers, carapaces et épines, de se connecter à l’intelligence du vivant. Je crois que la Conscience guérit tout ce qu’elle touche. Qu’aucun comportement destructeur ou malveillant ne résiste longtemps à la lumière de la conscience. 

🙏 Stephan Schillinger 

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dimanche 19 novembre 2023

Porter le vivant


— Je dois vraiment travailler sur moi, et sur mes blessures.

— Ce que tu appelles  « travail sur soi » est davantage une affaire d’exploration que de travail. Il est davantage question de douceur et de présence à soi, que de quantité et de dureté. Cette présence à soi d’où tout peut émerger et être enfin reçu, permet d’atteindre une profondeur de conscience qu’aucune fermeté, détermination, ou quantité de travail n’effleurera jamais.

Une immense main te porte, non pas vers ce que tu demandes, mais ce que tu as besoin de traverser pour parvenir à ta souveraineté.  Ce chemin est un chemin de présence, car c’est dans la capacité à être pleinement présent avec tes émotions que le « travail » se fait. Il ne se fait pas en construisant des chemins de traverse ou des raccourcis, mais en apprenant à s’assoir droit dans le feu des émotions. Afin de devenir à ton tour la main qui porte le vivant.

🙏 Stephan Schillinger©️  

Extrait des livres « Par un Curieux Hasard »

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dimanche 27 novembre 2022

Conscience mystérieuse...


 « Quelque chose respire à travers nous, et expérimente cette réalité en utilisant notre corps comme récepteur, notre cerveau comme filtre : c’est le mystère de la conscience. 

Il existe une communauté indistincte de gens qui cheminent incessamment vers la recherche du lien avec cette conscience universelle, à l’écart de la culture, des conditionnements, des dogmes, des religions, et de toute idéologie. Ceux-là se réunissent autour de la beauté de l’instant présent et de l’intensité de l’expérience directe. 

Ce que les anciens appelaient magie, n'est qu'un approfondissement des liens subtils que l'esprit entretient avec la matière, avec le cours des évènements, que l’intérieur entretient avec l’extérieur. Toute magie effective n'est qu'histoire de collaboration avec une dimension subtile et archétypale, cette intelligence collective, cet ineffable qui donne et qui reprend, avec lequel il s'agit de collaborer, en convenant tacitement que l'on recevra ce qui est demandé à la seule condition que ce cadeau profite au plus grand nombre et au bien collectif. Plus nous approfondissons le sujet de ce Mystère, plus nous le vivons et interagissons avec la dimension subtile de cette existence. » 

Stephan Schillinger

peinture : Väinö Alfred Blomstedt - Francesca 1897

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mardi 13 juillet 2021

Prise de conscience et acceptation

 — Maître, je n’obtiens pas ce que je souhaite de mes relations, pourquoi vais-je d’insatisfaction en insatisfaction ?


— Sans prise de conscience, l’enfant blessé (abandonné, rejeté, trahi, humilié, etc.) qui demeure en toi, s’exprime dans toutes tes relations, et demeure insatiable et inconsolable. Pire encore : il perçoit le monde à travers le filtre de sa blessure. Celui qui ne le conscientise pas, répète le même schéma inconsciemment. Et cette blessure est alors un puits sans fond, qu’aucune autre personne que toi ne parviendra à combler.

— Comment faire alors pour combler ce trou ?

— La blessure de notre enfant intérieur, que nous portons en nous tout au long de toute notre vie, peut être guérie à la seule condition que nous fassions lumière sur elle. Cette lumière dont il est question à travers les âges, des alchimistes aux poètes, et dans tous les ésotérismes, c’est la conscience. Faire lumière, c’est prendre conscience de ce qui est par définition, inconscient, dans le noir.

— Mais alors, une fois la lumière faite, on est guéri ?


— Cela passe ensuite par l’acceptation de ce qui est, puis par la reconnaissance de notre part de responsabilité d’adulte de demeurer, consciemment ou non, dans cet état de souffrance. Accompagner notre enfant intérieur, le prendre par la main et aller visiter ses blessures, nous permet de le faire grandir et enfin considérer les évènements récents de ta vie, comme des évènements extérieurs dont tu portes une responsabilité d’interprétation. 

Retiens bien ceci : l’aspect que tu donnes aux phénomènes extérieurs ne fait que refléter ton état intérieur, conditionné, et déformé par tes blessures ouvertes. C’est en ce sens que la solution réside en Toi.

Stephan Schillinger / Extrait des livres « Par un Curieux Hasard »

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