vendredi 20 février 2026

Hommage de Betty pour Jean

 Je vous partage un échange doux et joyeux que j’ai eu il y a quelque temps avec 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗕𝗼𝘂𝗰𝗵𝗮𝗿𝘁 𝗱'𝗢𝗿𝘃𝗮𝗹 et d’où sont nés ces deux petits textes : l’un de Jean et l’autre de moi. Bon envol, « enfant heureux »! 🕊️

𝗔𝘃𝗿𝗶𝗹 𝟭𝟵𝟲𝟭…


𝗝𝗲𝗮𝗻 (𝟭𝟯 𝗮𝗻𝘀) :

« Tôt le matin de Pâques, je lis, assis dans mon lit. Soudain une étrange sensation m’envahit. Je pose mon livre et ferme les yeux. Je suis devant la mer, une mer sans bornes et sans aucune vague. Une douce lumière monte à l’horizon. Cette lumière se fait de plus en plus intense et devient bientôt éblouissante. Puis, au-dessus de la mer étale, droit devant moi, monte non pas le soleil familier, mais une colombe blanche. Ses ailes, d’une envergure inouïe, sont pleinement déployées mais ne battent bas. Je suis stupéfait. La colombe monte silencieusement au-dessus de la mer, sa tête est tournée vers l’horizon. Alors qu’elle est à environ trente degrés au-dessus de l’horizon, elle se tourne alors et me regarde directement, intensément. Je suis saisi, bouleversé, car je comprends que cette colombe, c’est moi : je regarde, je suis regardé et je suis ce regard. 

Plus de soixante ans plus tard, je n’ai jamais oublié cette colombe et son regard qui avait transpercé mon âme d’enfant. »

𝗣𝗿𝗶𝗻𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟭…


𝗕𝗲𝘁𝘁𝘆 (𝟱 𝗮𝗻𝘀) :

« Je regarde l’eau de la rivière qui brille sous le soleil de mon cœur d’enfant. Je dépose mes petits pieds nus dans l’eau glacée de cet abri vivant où souvent je me réfugie. Mes petits pieds aiment l’eau très froide, car elle me relie vivement à mon corps, ce corps que je quitte très souvent. J’observe les minuscules brindilles de sapin qui s’entremêlent, tournoient et dessinent des arcs-en-ciel pour la joie de mes yeux d’enfant. Je dépose les paumes de mes mains sur l’eau et perçois alors un battement d’ailes qui croît rapidement en ma direction. Je sursaute, je suis saisie. Apparaît une colombe semblable à celle des images saintes de mon petit missel. Elle ne vient pas du ciel bleu, elle naît devant moi et me regarde. Son plumage blanc immaculé évoque l’amour pur qui monte en moi. Je ressens la chaleur de son corps éblouissant. Je suis stupéfaite, incapable de bouger. La colombe devient plus grande que moi, elle apparaît gigantesque. Je suis absorbé en elle et instantanément j’ouvre les ailes pour m’envoler dans l’immensité du ciel. La petite fille se couche dans les bras de la rivière du destin, mais la colombe veille sur elle à tout jamais. »


"...je suis Louis-Philippe Marineau, le neveu de Jean Bouchart d'Orval. C'est avec beaucoup de peine que je vous annonce le décès de Jean, survenu aujourd'hui le 17 février 2026. Jean a eu une vie exceptionnelle. Il est parti en paix, serein."

------------

Aucun commentaire: