vendredi 17 mars 2017

Pied de nez à la maladie...


Les vivants n'ont pas d'âge. Seuls les morts- vivants comptent les années et s'interrogent fébrilement sur les dates de naissance des voisins. 
Quant à ceux qui voient dans la maladie un échec ou une catastrophe, ils n'ont pas encore commencé de vivre. Car la vie commence au lieu où se délitent les catégories. 
J'ai touché le lieu où la priorité n'est plus ma vie mais LA VIE. C'est un espace d'immense liberté.

Christiane Singer ~ Derniers fragments d'un long voyage.


***


jeudi 16 mars 2017

Un pont à construire...



« Personne ne peut bâtir à ta place le pont qu’il te faudra toi-même franchir sur le fleuve de la vie, personne hormis toi. 

Certes, il existe des sentiers et des ponts et des demi dieux sans nombre qui offriront de te porter de l’autre côté du fleuve, mais seulement au prix de toi-même: tu te mettrais en gage et tu te perdrais. 

Il n’existe au monde qu’un seul chemin sur lequel nul autre que toi ne peut passer. Où mène-t-il? 
Ne te le demande pas. Suis-le. » 

Friedrich Nietzsche, 
considérations inactuelles III

***

mardi 14 mars 2017

En route avec... qui suis-je ?...



Posez-vous bien la question : « Mais qui suis-je ? Celui ou celle de ce matin, celui ou celle d’hier, celui ou celle de la semaine dernière ? » et observez. Bien des fois, vous avez pris une décision et, quand il a fallu exécuter cette décision, vous ne compreniez plus pourquoi vous l’aviez prise. Bien des fois, vous avez voulu une chose et, quand cette chose s’est réalisée, vous n’étiez plus celui qui l’avait tellement voulue.

Chacun doit regarder ceci pour soi. La première constatation est celle de cette instabilité, le contraire de l’immuabilité. La seconde constatation est celle de cette complexité, le contraire de la simplicité. Pendant longtemps, un être humain est vraiment fait de pièces et de morceaux, psychologiquement, mentalement, émotionnellement. La première étape, c’est d’abord de perdre des illusions bien ancrées – qu’on peut perdre très vite intellectuellement, mais qu’on ne perd pas vitalement – sur une prétendue unité et une prétendue stabilité. 
Quand vous aurez observé que vous (pratiquement) vous n’existez pas, la question « Qui suis-je ? » prendra un sens concret. Pas : « Je vais méditer, méditer, demander qui suis-je, frapper à la porte du cœur, et un jour l’atman va se révéler. » Non, tout de suite, la question se pose, et tout de suite, des éléments de réponse vont commencer à venir. 

« Mais qui suis-je donc ? » La question est toute simple. 

Arnaud Desjardins
Le vedanta et l’inconscient  
À la recherche du soi III 


-----------

lundi 13 mars 2017

Hommage à Roop Verma


Q : Pourrais-tu nous donner une définition de la "musique spirituelle" ?
Je crois que tout ce qui est issu de la nature, toute la vie est musique, et que la manière dont nous nous relions à la vie et à la nature nous permet de qualifier ou de différencier telle musique de telle autre. La musique spirituelle est celle qui nous relie à l'esprit ou au spirituel. Comment nous relier à l'esprit ? Il y a une forme de méditation à laquelle on peut associer une activité, elle est source d'énergie. Cela signifie que vous donnez la couleur ou la force de la méditation à cette activité ou à toute forme d'art. Voilà ce qu'est toute musique pour moi.
La musique sacrée ancienne était composée selon ce principe ; on sélectionnait des notes, on combinait certains sons ; le plus important n'était pas l'architecture musicale, c'était la force que la musique recevait grâce à la méditation, et elle devenait spirituelle parce qu'elle provoquait un état dans lequel on pouvait faire l'expérience de la relation avec le reste de l'univers, avec la création toute entière, ou, si je puis dire, avec l'esprit.
Revenons à la musique ancienne ; comment est-elle apparue à l'origine ? Nos très lointains ancêtres avaient appris à sauter, à inventer des danses et à produire différents sons pour créer une sorte de musique. Ce n'est que plus tard, quand les maîtres des temps anciens ont accédé à des états de conscience plus profonds en méditant qu'ils ont entendu ou perçu des sons dans leur tête et dans leurs oreilles. Nous appelons ce son "le Nad intérieur".
Les hommes étant par nature curieux, ils ont essayé de retrouver ce son béni qu'ils avaient entendu et qui venait de l'intérieur d'eux-mêmes. Ils ont alors inventé toues sortes d'instruments pour l'imiter, mais en vain.
Voilà un procédé qui va de l'intérieur vers l'extérieur. Une fois que ces instruments furent créés, il devint possible d'inverser le procédé, c'est à dire, de trouver des sons à l'extérieur qui en en entrant en résonance avec l'intérieur permettent de retrouver cet état. C'est la vibration, la résonance qui agit dans ce principe.

Q - Comment sais-tu quand il s'agit d'une musique spirituelle ou d'une autre musique ?
La musique spirituelle est celle qui porte l'énergie de l'être humain, de tout l'être. Je ne dis pas que les musiciens qui font de la musique Pop ou Rock ne mettent pas d'énergie dans leur musique. Au contraire, ils déploient une énergie considérable, mais elle vient d'un mouvement extérieur, c'est une énergie physique, or nous parlons d'une énergie spirituelle, de celle qui suit un mouvement vertical, non un mouvement horizontal dans lequel on continue à se mouvoir sur un même plan. Dans un mouvement vertical vous allez de plus en plus profond ou de plus en plus haut. Dans la méditation c'est ce mouvement que nous rencontrons, qui donne la profondeur, la qualité, le sentiment spirituel : une étincelle divine. Quand vous écoutez cette musique, vous êtes en harmonie avec la nature, la création, vous-même et les autres qui eux aussi ressentent la même chose. Quand vous sortez d'un concert rock, vous êtes très excités, vous avez envie de bouger, une activité surgit. La musique spirituelle au contraire vous met dans une attitude de repos. Dans le cycle de la création, il y a l'activité et le repos, le mouvement et le repos : l'activité est pour la création, le repos pour la re-création, pour se ré-énergétiser. Les battements du coeur aussi ont ces deux phases, systole et diastole, contraction et décontraction et c'est merveilleux de savoir que la période de repos est la plus longue ; que le coeur se repose plus qu'il ne travaille ; donc que le repos est plus important car il nous ramène à notre état neutre. Je crois qu'il y a un point d'équilibre quand nous sommes un avec la nature ; c'est ainsi que je définis la non-activité consciente, car la conscience est très éveillée au moment où l'activité est réduite à zéro. Dans notre langue nous avons un mot pour traduire cet espace : c'est "Akasha". C'est quelque chose de très subtil. Le même espace est à notre disposition ici, entre vous et moi, entre nous et le soleil, entre le soleil et les autres galaxies ; c'est le même espace, on ne peut pas le diviser, et c'est la même énergie qui fait que si vous produisez un son ici, comme ce claquement de doigts, en deux secondes il a fait sept fois le tour de la planète. En cet instant, vous êtes unis à l'espace, vous êtes reliés au tout si vous êtes totalement conscient. Un son créé ici est partout, tout est relié dans l'espace, les planètes, les galaxies... et si maintenant je vais cueillir une fleur dans le parc, je fais bouger une étoile car elles sont reliées. Cette inter-relation doit, absolument, être reconnue.

Q - Quand tu parles, tu es présent totalement et je sens avec toi tes ancêtres d'il y a des milliers d'années.
Oui, absolument. Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qu'étaient l'esprit individuel et l'esprit universel. Je lui ai répondu par une question :
"Qu'est l'esprit individuel selon toi ?
– C'est moi, je suis un individu donc c'est mon esprit.
– Et si tu réunis les esprits présents et tous ceux des temps passés, c'est l'esprit universel."
L'esprit des ancêtres, de tous les grands hommes, celui des grands compositeurs, des musiciens, etc, irradie. Leur corps n'est plus, mais l'énergie de leur esprit est toujours là et partout ; c'est l'esprit universel ; un tout collectif et c'est à cette source que nous pouvons puiser en tout temps.
De la même façon, quand vous tournez le bouton de la radio et la mettez sur une fréquence, vous entendez les nouvelles, de la musique, etc. D'où viennent-elles ? Comment pourraient-elles nous parvenir si elles n'étaient pas déjà présentes dans l'espace ? Les images que vous regardez à la télévision apparaissent sur l'écran quand vous l'allumez ; la télévision est là pour recevoir les images déjà présentes dans l'espace. Si nous pouvions devenir comme ces instruments, nous pourrions recevoir tous les messages. Dans ces exemples, la connexion, la relation entre l'esprit individuel et l'esprit universel apparaît comme un processus. Plus vous êtes capables d'abandonner de votre individualité, plus vous êtes reliés à l'esprit suprême.

*****************


dimanche 12 mars 2017

Corps glorieux

Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, je suis.
Évangile selon saint Jean chapitre 8, verset 28



Nous ne pouvons pas être en dehors de notre corps, c’est pourquoi nous croyons à la résurrection des corps, dès maintenant et par-delà la mort. Il s’agit d’accueillir dès maintenant l’éternité dans notre temps. Apprendre à vivre chaque instant comme l’avènement même de l’éternité : une plénitude de la présence. Dès à présent, soyons présents aux présents. 

Le corps glorieux n’est pas celui — narcissique — que nous vante la publicité des salles de sport, mais bien celui qui déjà s’annonce humblement dans notre existence, dans la traversée des petits bonheurs et des grandes douleurs, marquée par l’amour et la trahison, la prière et le doute, la guerre et le repos, la générosité et le pardon. 

Le corps glorieux n’est pas celui d’une plastique idéalisée, mais celui qui s’annonce dans sa vérité la plus authentique, qui porte les stigmates de ses labeurs solitaires pour sa vie et les cicatrices de ses combats pour la vie des autres ; semblable au corps du Christ ressuscité qui honore les plaies de sa Passion. Dans l’attente de son accomplissement total, le corps glorieux se laisse déjà découvrir sur cette terre : malgré l’embonpoint, qu’il claudique ou qu’il soit amputé, un corps habité, vivant, libre, rayonne d’une vie qui vient d’ailleurs. Déjà, notre corps glorieux nous est à portée de corps. Du corps inconnu au corps habité, du corps méprisé au corps exposé, du corps celé au corps parlé, du corps honteux au corps glorieux, nous sommes en chemin pour arriver à : je suis. Notre corps est le lieu de notre résurrection. 

Frère Jean-Pierre Brice Olivier



source: carême dans la ville


vendredi 10 mars 2017

Un rendez-vous... de développement personnel ludique...

Toucher du bois...


Francis Picabia 
Femme aux arbres

Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,
C'est devenu du bois.
Il y avait une grande politesse de paroles,
C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.
Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse
Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe?
C'est devenu du bois sans intentions apparentes
Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre
Elle reste muette
Du moins pour les oreilles humaines,
Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances
Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.
Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,
Tout en restant immobile !
Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route ,
Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature
Parmi les autres oiseaux
Mais lui ne fait pas attention,
Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,
Et regarder, pour mieux se taire,
Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,
Il faut savoir être tout entier dans une feuille
Et la voir qui s'envole.

Jules Supervielle


mercredi 8 mars 2017

S'ouvrir au Féminin...




« J’appelle féminin cette qualité que la femme réveille au cœur de l’homme, cette corde qui vibre à son approche. 
J’appelle féminin le pardon des offenses, le geste de rengainer l’épée lorsque l’adversaire est au sol, l’émotion qu’il y a à s’incliner. 
J’appelle féminin l’oreille tendue vers l’au-delà des mots, l’attention qui flotte à la rencontre du sens, le palpe et l’enrobe. 
J’appelle féminin l’instinct qui au-delà des opinions et des factions flaire le rêve commun. »

Christiane Singer, « Une Passion. Entre ciel et chair », 
Espaces Libres, Albin Michel

-----------


mardi 7 mars 2017

Pensée de la semaine avec Matthieu Ricard


«The Little Deer», peinture de Frida Kahlo
Au départ, il faut être poursuivi par la peur de la naissance et de la mort comme un cerf qui s'échappe d'un piège. 
À mi-chemin, il ne faut rien avoir à regretter, même si l'on meurt à l'instant, comme le paysan qui a travaillé la terre avec soin. 
À la fin, il faut être heureux comme celui qui a terminé une immense tâche [...]. 
Ce qu'il faut surtout savoir, c'est qu'il n'y a pas de temps à perdre, comme si une flèche avait atteint un point vital de notre corps.

Gampopa, Sonam Rinchen (sgam po pa dwags po lha rje, bsod nams rin chen, 1079-1153), cité oralement par Dilgo Khyentsé Rinpotché.
GAMPOPA (1079-1153)

=========>>>


lundi 6 mars 2017

De la conduite à la présence


Revenant de Lisieux, sous la pluie, je vous partage une excellente vidéo avec Mooji :





***