mardi 1 avril 2025
Corps et esprit avec Michel Odoul
dimanche 25 septembre 2022
L'artisan, l'artiste et la guérison
Toute médecine est un art.
L’art nécessite et développe deux facettes chez ceux qui le pratiquent : l’artisan et l’artiste.
L’artisan vient en premier :
Il est celui qui apprend docilement, travaille assidûment, répète inlassablement, qui s’améliore constamment à condition de se mettre humblement au service de son ouvrage.
L’artiste se manifeste ensuite :
Il est celui qui invente, crée, libère, ouvre des voies, casse les codes et développe sa magie, à la condition de connaître son artisanat sur le bout des doigts.
Comme Yīn 陰 et Yáng 陽, l’un est incomplet sans l’autre, l’un appelle l’autre, et nous avons les deux en nous.
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L’artisan est dans la matière, dans le Jīng 精, au niveau de la Terre qui est yīn.
L’artiste est dans l’esprit, dans le Shén 神, au niveau du Ciel qui est yáng.
Et au milieu, comme toujours, l’Humain qui fait le trait d’union grâce au Qì 氣, et avec le Cœur 心 xīn.
On retrouve ici la dynamique Ciel-Homme-Terre et le travail des trois Dāntián 丹田 :
D’abord les fondations. Ensuite seulement la construction visible, les sphères supérieures et le style propre à chacun.
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Savez-vous ce que l’on trouve dans 藥 yào un des idéogrammes du mot médecine/remède ?
艹 : le radical des plantes et herbes
樂 : lè qui signifie à la fois “musique”, “plaisir” et “joyeux”
Cela fait référence à la fois à la pharmacologie et aux racines chamaniques de la médecine : celui qui soigne chante et danse en plus de connaître les plantes.
Mais chant et danse sont en eux-mêmes, intrinsèquement, thérapeutiques, n’importe quel artiste de scène pourra vous le confirmer. Elles font flamboyer joyeusement le Cœur, qui nous rend alors à nous-mêmes.
Et c’est bien là la vraie guérison.
Alice Korovitch
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vendredi 3 juin 2022
Mal-aimé, souffrant, porteur de mémoires parfois traumatiques, de somatisations, on peut rencontrer le corps par le chemin de la parole, et c'est la pensée qui permet de l'analyser.
Selon Charlotte Védeilhé, quand la médecine ne trouve pas d’origine physique, radiographique à la douleur, aux dysfonctionnements, aux drôles de sensations, un mot apparaît : psycho-somatique. Ce n’est pas un gros mot, il souligne l’intrication du corps et de la psychée. Pourtant il est souvent le raccourci vers un « c’est dans la tête ». Peut-être en effet que cela vient d’une émotion (d’ailleurs, les émotions sont-elles inscrites uniquement dans la tête ?) mais c’est aussi dans le corps, quelque part.
La personne à qui on parle de gêne d’origine psycho-somatique se retrouve souvent chez le psy. C’est important, mais pourquoi ne pas explorer l’autre chemin, celui du somato-psychique.
Pourquoi ne pas aussi partir du corps puisque c’est lui qui s’exprime ?
Dans la psychologie il manque un lien plus direct au corps, la voie de la médecine chinoise est une excellente approche complémentaire . La médecine chinoise est vieille de plusieurs millénaires, fondée sur l’observation du vivant. Elle parle de ce qui circule en nous, de ce qui est entravé. Elle propose un support de compréhension du monde basé sur les cycles naturels, tout est connecté, inter-relié. A l’image du yin-yang souvent traduit par le manichéisme occidental blanc/noir, bon/mauvais. Or il s’agit de l’aube qui pointe dans le noir de la nuit, et du crépuscule qui s’invite dans la lumière de la journée. C’est une vision dynamique d’un monde en mouvement, à la fois théorique en proposant une vision thérapeutique de l’homme, et pratique avec ses outils (réflexologie, pharmacopée, massage, travail des méridiens et points d’acupuncture, exercices physiques tels que le Qi Gong…).
Il y a 5 éléments : Eau-Bois-Feu-Terre-Métal qui correspondent chacun à des organes, des émotions, des couleurs (comme on le voit en FengShui par exemple), des saveurs…
Si on prend un exemple, le printemps c’est une saison, c’est aussi une période de la vie, c’est aussi une énergie particulière-celle de l’expansion, du déploiement, du mouvement comme on l’observe dans la nature à cette saison.
En médecine chinoise, le printemps est associé à l’énergie du foie qui nous parle de souplesse (physique et psychique), de libre mouvement. C’est être en phase avec ses envies, occuper sa place avec confiance, savoir s’adapter. Quelqu’un qui se sent mal dans sa peau, dans sa vie peut ressentir une anxiété qui peut s’exprimer par des maux de ventre, de tête, une oppression thoracique, une irritabilité… En psychothérapie, en travaillant du côté émotionnel on pourra bien sûr peu à peu avancer et travailler sur ces inconforts physiques. Mais l’idée est aussi de pouvoir partir du corps pour redonner un peu d’air, permettre de soulager quelque chose du corps pour rendre à l’esprit ses ressources et sa capacité à transformer les choses pour avancer plus sereinement.
On peut aussi avoir par exemple pour des raisons innées et/ou acquises une faiblesse de l’énergie de la rate qui aura pour conséquence une tendance à la cogitation et une difficulté à passer à l’action. L’origine c’est le corps, l’émotion devient la conséquence… qui renforce à son tour la problématique corporelle.
Parler de soi est difficile quand on est peu à l’aise avec ses émotions, quand on est « pas élevé comme ça » et prendre soin de son corps peut être un premier pas pour pouvoir s’écouter et se raconter. Il y a aussi de plus en plus de gens qui ont fait un travail sur eux-mêmes et avec ce paradoxe de se connaître par cœur, de se voir fonctionner, sans que quelque chose ne se décale réellement pour eux. Là encore, cette approche par l’énergie du corps peut laisser place à un chemin et des pistes différentes.
Accompagner les gens à parvenir à davantage de conscience de leurs ressources, de leurs vulnérabilités, c'est leur permettre de reprendre le fil de leur vie en toute autonomie.
Charlotte Védeilhé
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dimanche 20 septembre 2020
jeudi 21 novembre 2019
mercredi 20 novembre 2019
Le méridien Rein ou l’élément Eau de l'hiver

Le méridien du rein est impliqué dans le contrôle du volume, de la composition et de la pression des fluides dans toutes les cellules, ainsi que dans l'ensemble de l'organisme. Il est important pour la croissance, le développement et la reproduction. Le sang circule à travers les reins à sa pression la plus élevée, les toxines sont filtrés et les nutriments sont véhiculés là où ils sont nécessaires. L'eau est symbolique de mystère, d'émotion et d'esprit. Le méridien du rein intervient dans l'équilibre de ces aspects de la vie.
Selon la médecine chinoise, le rein est aussi censé emmagasiner la force vitale et comporte un fort aspect spirituel.
L'élément eau est symbolisé par l'océan, la mer, les lacs et les fleuves. L'élément métal engendre l'eau, visualisée comme des gouttes se condensant sur une surface métallique froide ou bouillonnant depuis les profondeurs de la terre où se condense les minéraux.
L'eau est contrôlée et engendrée par la terre, un peu comme un conteneur. L'eau contrôle le feu en l'éteignant.
Comme l'eau à une diversité de propriétés, elle est très mystérieuse et peut-être un symbole de l'inconscient, de la vie onirique, des émotions, de ce qu'on ne comprend pas et de ce que l'on craint, et pourtant rester un élément essentiel de la vie quotidienne.
lundi 16 septembre 2019
"Je ne dis rien, donc je n'exprime rien"
Cette injonction cachée est très présente dans le monde de la spiritualité.
Nourris par nos lectures, nos stages, nos pratiques, nous avons appris à considérer certaines expressions comme "positives" et d'autres, comme "négatives". Ainsi, l'amour, la compassion, le sourire font partie des expressions que notre ego aime mettre en avant. A l'inverse, la colère ou le simple fait d'exprimer la valeur que nous nous octroyons est le plus souvent mal vue.
Combien de fois ai-je entendu des "non, non, tout est ok" forcés, par des pratiquants de longue date, se transformer ensuite en guerres de tranchées larvées et non assumées? Aussi, comme l'enseigne l'analyse transactionnelle, le niveau "apparent" de la conversation peut être totalement à l'opposé du niveau "caché" de l'enjeu relationnel.
Ici à nouveau, une science cognitive occidentale est plus indiquée et performante qu'une science introspective orientale, qui n'est pas outillée pour mettre de telles interactions en évidence, pour les métaboliser et les transformer. C'est pourquoi ce type d'interaction est très courant dans le monde des pratiquants spirituels.
Le modèle des 5 mouvements (éléments) chinois est ici intéressant, en tant que symbole. Il y a deux grands déficits possibles de la parole: le premier est une pathologie du passage du Bois au Feu. L'autre une pathologie du passage du Métal à l'Eau et du "passage à l'eau".
Le premier, le déficit du passage du Bois au Feu, peut être classifié de constitutionnel. Pour des raisons familiales, d'entourage, systémiques, certaines personnes (en fait, nous sommes très nombreux à avoir des déficits de ce côté là) n'ont pas appris les compétences nécessaires à l'élaboration de leur ressenti et leur verbalisation. Le Bois est associé à la sortie de l'invisible vers le visible, de l'inaudible vers l'audible. Le Feu est associé à l'expression au sens large et donc à la parole. Un mouvement normal du Bois vers le Feu consiste donc à avoir la capacité à ressentir nos émotions (non encore audibles) à les métaboliser, puis à passer au Feu en les exprimant. Ce passage peut se travailler, s'entraîner et des compétences peuvent être acquises. Si ce n'est pas le cas, notre système énergétique dévie cette énergie vers la Terre, plutôt que vers le Feu, entraînant ainsi tout le cortège des manifestations psycho-somatiques. Le système s'exprime donc, mais suit une voie non physiologique, et nous payons le prix des symptômes pour garder notre équilibre. Nous avons donc ici une pathologie du "non POUVOIR dire". Une technique comme la CNV, par exemple, est un modèle d'entraînement du passage du Bois au Feu et peut donc aider à guérir cette pathologie.
Le deuxième déficit est très différent, et touche particulièrement les pratiquants spirituels. Il s'agit du déficit du passage du Métal à l'Eau. Ici, nous n'avons pas à faire à une pathologie du non pouvoir dire, mais à une pathologie du non VOULOIR dire. Pourquoi? Que se passe-t-il lorsque nous nous disons? Nous nous délimitons (passage au métal, qui tranche, qui délimite) et nous donnons une forme à notre ressenti. Que se passe-t-il quand une forme émerge? Elle peut être critiquée. Elle montre ses qualités, mais en même temps ses limites. Et ses failles, aussi.
L'élément qui suit est l'EAU, qui représente psychiquement et symboliquement le passage de la mort à la vie. L'eau a une double symbolique. Elle peut être très menaçante (pensez à un tsunami) ou être le berceau de la vie. Autrement dit, elle représente ce que Freud appelle l'angoisse de castration. En se "disant", on prend le risque d'être contre-dit et castré psychologiquement. Et ceci est tout simplement intolérable pour certains egos. Alors autant se taire et se complaire dans une position métallique, de repli, qui en même temps fait planer sur l'interlocuteur toute la menace de l'Eau: sa puissance, son mystère (le non dit est menaçant car il est flou et peut donc porter sur tout et n'importe quoi), la menace de mort psychique.
Dans le monde spirituel, qui prétend si souvent vouloir tuer l'ego, il est marrant de constater à quel point celui-ci se défend de manière si intelligente. Il peut en plus prétendre "n'avoir rien exprimé" et en tout cas pas cette pauvre émotion nommée colère qui n'appartient qu'aux moldus, de son point de vue. Sous des apparences discrètes et modestes, cette position est en réalité éminemment narcissique.
Ainsi donc, une position que la psychologie moderne appelle "passive-agressive" prend tout son sens. Ne pas dire peut être aussi, voire plus violent que dire ou exprimer maladroitement, par la colère, quelque chose qui doit être exprimé.
Profitons-en pour rappeler que la spiritualité, au niveau le plus fondamental, est RELATION. Relation à l'autre, relation à la nature et à sa propre nature, relation au Cosmos. Même les particules élémentaires, pour pouvoir exister, doivent s'acquitter du "ticket existentiel" nommé relation. Sans entrer en relation avec son environnement, une particule ne peut sortir du Vide quantique. Alors imaginons à quel point la relation est importante pour nous, qui nous prétendons non élémentaires! ...
Fabrice Jordan
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lundi 5 mars 2018
Quelques médecines alternatives
Les bienfaits de certaines techniques de soins :
vendredi 6 octobre 2017
Se laisser tomber à terre
A travers le méridien du Poumon et du Gros intestin de l'élément métal, se dessine l'hésitation au lâcher prise de la feuille automnale. Se laisser aller à la chute, rompre avec ses attaches pour un avenir incertain - celui de rendre à la terre une forme ancienne et de participer à la germination d'une nouvelle...
En ce 9e mois, la voie du Yang est affaiblie, celle du Yin est florissante.
Les plantes et les herbes commencent à se faner, et tous les êtres entreprennent de « se cacher ». On tonifie le foie, on consolide les reins en nourrissant l’harmonie originelle, on aide la rate et l’estomac. Il convient de diminuer l’amer et d’augmenter le doux.
Le mois d’octobre est un mois « terre », intermédiaire entre automne et hiver. La puissante montée du Yin impose d’économiser ses forces ; ce n’est pas une période propice à l’intervention active ; il faut s’adapter, se tenir au repos. Tout retourne à la terre. Il faut se protéger des vents violents et froids car ils risquent de pénétrer le foie et de l’affecter. Dans le meilleur des cas, la perturbation sera rejetée par le méridien de la vésicule biliaire pouvant déterminer des symptômes variés : torticolis – migraines ophtalmiques – vertiges – atteintes douloureuses tendino-musculaires.
(source)
vendredi 8 septembre 2017
La poésie, une médecine absolue...
Christian Bobin : Mon premier tout petit livre était déjà une lettre. Adressée à qui ? Peut-être à moi... Avec le temps, j’ai appris qu’écrire, c’était chercher quelqu’un dans le noir, attendre un écho dans les ténèbres du monde. Pour prendre une autre image — puisque mon infirmité est de ne penser et vivre que par images—, le principe de l’écriture est celui de la petite marchande d’allumettes, qui les craque une à une dans l’espérance que cela éclairera un visage face au sien.
Patrice van Eersel : Pourquoi serait-ce une infirmité ?
Christian Bobin (sourire) : Ce n’est ni vrai ni faux. Quand un sens s’atrophie, un autre se développe—les aveugles entendent même un sourire ! Je pense que mon goût des images est venu d’une chose qui me manquait pour avoir une vie stable dans ce monde. Mais cela a fait naître autre chose, qui a pris la forme de ces grappes d’images. Mais la poésie, ce n’est pas pour faire joli. C’est une impulsion, un élan du printemps dans le langage. C’est donc la chose la plus précieuse qui soit, la médecine absolue.
Patrice van Eersel : Le poète japonais Ryokan hante votre livre...
Christian Bobin : Je l’ai rencontré peu à peu, assez tard. Les livres, comme les gens, arrivent à leur heure.
Je le connaissais de loin, mais c’était une rumeur, un nom qui fane dans un dictionnaire. Puis la vie, les épreuves et aussi les enchantements m’ont amené à lire des textes orientaux, des poètes japonais ou chinois, des demi-fous, et j’ai été touché par celui qu’on appelait « le moine enfant », autant par sa vie que par sa parole. Les Japonais le considèrent comme leur saint François d’Assise. La lecture de Ryokan m’a rendu heureux. Etant heureux, j’ai eu envie de vivre, et pour moi, vivre passe par écrire et m’adresser à d’autres et chercher quelqu’un dans le monde.
Patrice van Eersel : Plusieurs fois, dans ce livre, vous vous dédoublez. Une partie de vous part ailleurs, pour écrire ou voyager, votre main droite, par exemple...
Christian Bobin : J’écris toujours à la main, et ma main est très heureuse. Ma pensée vient tard, d’un pas très lent. Ce n’est pas la première invitée. Le premier invité est une sorte de joie, d’énergie, de danse des atomes des doigts, du corps, du cerveau, mais aussi de la chaise où je suis assis, des atomes du pré que je vois par la fenêtre, et tous ces atomes se mélangent Je suis en moi, clôturé par un songe, mais aussi au dehors, parce que le songe peut envahir tout l’Univers et je ne fais plus guère de distinction entre le brin d’herbe, le bois de la table et ce qu’on appelle « moi », de façon incertaine.
voir aussi : Christian Bobin et Ryokan
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samedi 26 août 2017
La compassion diminue la consommation de soins :
Certains font d'étranges raisonnements selon lesquels l'augmentation de la qualité des soins, en tout cas de la satisfaction des patients, créerait une demande encore plus grande. Des médecins de Toronto font, dans le "Lancet"(i), la démonstration du contraire : les sans-abri qui fréquentent les urgences ont moins tendance à revenir consulter lorsqu'ils sont traités simplement avec "compassion" et écoutés, que lorsqu'ils reçoivent l'accueil tout-venant par des professionnels souvent débordés.
L'expérience, qui a porté sur 133 sans-abri dans trois hôpitaux, était la suivante : des volontaires spécialement formés ont accueilli certains d'entre eux, leur offrant sandwich ou jus de fruit, discutant avec eux de leur situation ; les autres n'avaient droit qu'au traitement tout- venant.
Résultat : chez les premiers, le taux de retour à l'hôpital a diminué d'un tiers et se situait à 0,43 visites par mois, contre 0,65 pour l'autre groupe (un peu plus de 7 visites par an).
Les auteurs soulignent que le coût de la compassion - s'il avait fallu payer les volontaires ("si tant est que les gens doivent être payés pour être gentils")- excéderait les économies réalisées grâce à elle.
Mais ils concluent : "La justification première de la compassion est la simple décence, pas les économies".
R.C.
Le Quotidien du Médecin 9 mai 1995
(i)The Lancet 6 mai 1995, Redelmeier, Molin,Tibshirani (Toronto).
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vendredi 21 avril 2017
Accueil de la vie proche de la mort avec Marie-Félicie Rousseau
On suit avec cœur ces expériences d'une grande humanité, où chaque action est importante et la présence à soi primordiale.
Quatrième de couverture
Dans le contexte du débat sur la fin de vie, le Dr Marie-Felicie Rousseau décrit la complexité des situations vécues par les patients (et leur entourage) lorsqu'ils se savent porteurs d'une maladie grave. Avec un travail de décodage des véritables raisons qui poussent certains a réclamer le droit a une mort anticipée . Rares sont les textes qui abordent ces questions avec autant de simplicité, de modestie, d'intelligence et de profondeur. Et plus rares encore, ceux dont on sort le cœur léger et les yeux éblouis par le miracle de notre propre humanité. A travers ces témoignages d'un médecin de soins palliatifs, ces portraits émouvants de personnes que l’échéance ultime révélé a leur vérité intérieure et ou l'auteur s'implique et se dévoile personnellement, ce livre nous amène à regarder autrement, ce que nous éludons trop souvent.
Il nous fait comprendre que c'est justement dans les jours, les semaines, ou les instants qui précédent notre fin, que nous pouvons accéder le plus surement a la force inexplicable et mystérieuse qui anime l’être humain, a cette forme de vérité qu'aucun mot ne saurait décrire, mais dont ces témoignages nous démontrent la puissance et la bouleversante beauté.
Un livre intelligent, émouvant et magnifique."
mardi 28 mars 2017
Méditation... guérison intérieure ?
Petite méditation par des non-initiés :
samedi 11 mars 2017
L'apport bienfaisant de l'ostéopathie
Quand le corps est vu dans son ensemble...
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mardi 7 juin 2016
mercredi 2 mars 2016
La symbolique du coeur
Jean-Marc Kespi, praticien de médecine chinoise depuis plus de 50 ans, nous explique la symbolique du coeur dans cette pensée.
Si vous voulez toucher du doigt la subtilité de la philosophie et de la médecine chinoises, vieilles de plus de 5 000 ans, mettez de côté dans un premier temps tout raisonnement occidental », avertit Jean-Marc Kespi, médecin et président d'honneur de l'Association française d'acupuncture. Pratiquant la médecine chinoise depuis plus de 50 ans, il nous emmène en voyage dans la complexe et très poétique symbolique chinoise du coeur et de l'empereur...
Gardien du secret de la vie
« Le cœur est l'empereur des organes et assure les mêmes fonctions que le véritable empereur. Soleil de l'univers, il est la source de la vie, le fils du ciel, le miroir qui reflète l'ordre du monde et la vibration originelle, le shen, mystère de la vie. Dans la pensée chinoise, le shen nous est prêté à la naissance, et nous le restituons au moment de notre mort. Là où circule le shen, la vie est présente. Dès lors, le rôle du cœur est primordial : il doit refléter et transmettre le mieux possible cette vibration originelle. Il est le pont entre ce mystère de la vie et la réalité. Comme s'il était gardien du secret de la vie. Pour les Chinois, le cœur empereur est le siège de notre nature propre, jonction entre l'origine de la vie et l'essence unique de chacun.
Si le miroir est sale, il reflétera mal l'ordre naturel du vivant et ne redistribuera pas correctement ce souffle de vie à ses ministres. Il irriguera mal ses organes. La pensée chinoise nous dit en substance que plus on s'interpose face à nos angoisses, pensées et ambitions, plus on est opaque et moins on est réceptif au secret de la vie. Pour accomplir cette fonction de miroir, le coeur doit donc être pur, clair et vide. Tel un sage qui ne s'interpose pas, n'impose pas sa volonté propre. Il reçoit et transmet. Il est l'empereur et laisse actions et décisions à son ministre. Il nous permet d'être dans le vide, dans l'instant présent.
Carrefour des émotions
Au-delà du cœur empereur, les Chinois considèrent qu'il en existe un second : le cœur ministre, par quoi l'empereur agit. Son agent en quelque sorte ! Le coeur ministre agit sur le coeur anatomique, les vaisseaux et le sang. Il est très sensible aux émotions. C'est pourquoi toute émotion excessive, y compris positive, se répercute d'abord sur le cœur. Comme pour chaque organe, les Chinois attribuent un sentiment particulier au cœur : la joie paisible pour le coeur empereur, et l'allégresse, l'exubérance en action pour le cœur ministre. Ce dernier peut être malade physiquement ou psychologiquement (un infarctus est la conséquence d'un problème physique souvent conjoint à une émotion excessive). Alors que les atteintes du poumon sont liées à un deuil, à une injustice, celles des reins à la peur, les maux du cœur résonnent de toutes nos émotions. Il est le carrefour des organes et des émotions qui leur sont liées. Trop d'émotions, ou pas assez, même une joie excessive lèsent le coeur. Son défi pourrait se résumer ainsi : "Suis le courant plutôt que d'imposer ce que tu veux." Une véritable école de sagesse.
Enfin, la pensée chinoise considère que les mêmes lois régissent toute vie. L'acupuncture décrit sur un mode symbolique une architecture originelle du vivant. C'est pourquoi l'architecture impériale de Pékin, coeur et organe directeur du pays, répond à celle du coeur dans le corps humain. Ainsi trois points d'acupuncture régissant le coeur trouvent-ils leur correspondance dans les trois édifices du temple du Ciel. Le temple des Ancêtres fait écho au point d'acupuncture relié aux lignées généalogiques de l'individu, alors que l'autel du Tertre circulaire était un lieu de recueillement important, symbolisant le centre vide. L'empereur y parvenait après un long parcours symbolique. Alors "seul dans son tête-à-tête avec le ciel, l'empereur se réconcilie avec lui-même et l'univers", rapportait François Cheng, écrivain, poète et calligraphe chinois lors d'une conférence. »
L'organe sacré des Égyptiens
Siège de l'âme et source de vie, le coeur a donné lieu chez les Égyptiens à de nombreux rites funéraires. La vie était considérée comme éphémère, et la mort, une étape à franchir pour accéder à la vie éternelle. « Durant la momification, le cadavre était épilé et éviscéré, rapporte Philippe Gorny, chirurgien cardio-vasculaire et spécialiste d'histoire de la médecine. Mais le cœur restait en place, car dans le Livre des morts, il est écrit : “Ton cœur véritable est avec toi, comme il fut lorsque tu étais sur terre. Tu pénétreras dans ton corps au jour de ta naissance.“ » Après un périple dans le «monde intérieur », le mort comparaissait devant le tribunal divin où il était soumis à une ultime épreuve : la pesée du cœur – c'est-à-dire de la conscience – par Thot, dieu de la justice. « Si le cœur était aussi léger que la plume de vérité à l'effigie de Maât, le mort devenait “juste et justifié”, et Osiris, le dieu des morts lui ouvrait les portes du paradis, dit Philippe Gorny. Le défunt pouvait jouir de l'éternité, monter sur la barque solaire et retrouver l'intégrité de son corps. Si les Égyptiens conféraient un caractère sacré au cœur, il était surtout l'organe indispensable à la réincarnation et le premier support matériel de l'âme. Il représentait l'essentiel de la vie terrestre et la conscience du défunt lors de son séjour au bord du Nil. »
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source : La Vie
mardi 19 janvier 2016
"Le ventre est un symbole fort en médecine chinoise"
Les intestins sont-ils aussi considérés comme un deuxième cerveau en médecine chinoise ?
Plusieurs points d’acupuncture du méridien du gros intestin sont spécifiques aux maladies neurologiques, comme l’hémiplégie, et certains points situés sur l’abdomen ont des indications digestives et psychiques, voire uniquement psychiques. Mais désigner les intestins comme notre deuxième cerveau me paraît exagéré. Il y a des neurones dans l’intestin, mais pas de pensées. On est plus dans le domaine du subconscient. D’ailleurs, les problèmes digestifs sont souvent liés au stress et à des choses difficiles à formuler, inconscientes. Dans la pensée chinoise, le cerveau est le siège de l’esprit et des fonctions supérieures de l’homme, tandis que le thorax abrite l’âme et le ventre plutôt les appétits grossiers.
Si le ventre est le centre des désirs, il est pourtant aussi le centre de l’homme ?
C’est là effectivement toute la subtilité de la pensée chinoise, qui mêle différents niveaux d’interprétation. Le tronc, dans la Grande Triade chinoise, est composé du thorax, qui représente le Ciel, du bas-ventre, qui correspond à la Terre, et du ventre, qui symbolise l’Homme lui-même. Le ventre est le centre même de l’homme, le lieu des transformations. C’est le réceptacle général des souffles (le qi) et la source de la vitalité, désignée chez les Japonais par hara.
Quel est le rôle des organes de la digestion dans la médecine chinoise ?
Ils sont considérés comme des zones énergétiques et chaque organe est associé à une saison, une saveur, un élément et une qualité. Ainsi, l’estomac est un lieu de transformation, l’intestin grêle un lieu de réception et de purification et le gros intestin un lieu de transmission et d’élimination. Ces processus ne sont pas purement chimiques, mais avant tout énergétiques. Chaque aliment nourrit ainsi un organe particulier à travers ses saveurs (acide pour le foie, doux pour la rate, amer pour le cœur…) ou sa nature (humide, frais, chaud, sec). D’où l’importance d’une alimentation variée, mais aussi adaptée aux saisons, aux terrains ou aux pathologies en diététique chinoise.
Comment s’interprètent les pathologies digestives ?
L’intestin grêle récolte, fait prospérer ce qui vient de l’estomac sous l’action du feu du cœur : sans cela, on assiste à des angoisses, insomnies, problèmes de concentration et difficultés digestives. La rate joue un rôle important et régit les passages à l’acte reliant la pensée, le sens et l’intention. Sa défaillance – reflet de ruminations – peut entraîner des lourdeurs, ballonnements ou brûlures digestives. Foie et vésicule biliaire forment un couple à part. La vésicule biliaire est l’organe de la décision, à l’origine du commencement et de l’action. Les personnes qui ont des problèmes de vésicule ont souvent du mal à démarrer le matin. Le foie est quant à lui le général des armées et régule les agressions digestives. Il est associé à la colère, mais aussi à la lumière et à la possibilité d’ascension spirituelle. Organe du printemps, de l’extériorisation, de l’ascension et de la créativité, il joue un rôle important dans les troubles digestifs et je constate fréquemment que les gens bloqués dans leur imaginaire présentent souvent des problèmes de foie avec des reflux, nausées, vomissements ou crises de foie. Enfin, le gros intestin est, lui, associé aux poumons, et un déséquilibre de ces deux organes peut se manifester par de la tristesse. En ce sens, la médecine chinoise fait effectivement écho aux récentes découvertes sur les liens entre émotions et intestins…
mardi 29 septembre 2015
Reconnaissance du ventre (1)
De la très belle émission sur notre deuxième cerveau, je vous ai sélectionné les meilleurs fragments en trois volets :
mercredi 15 avril 2015
Le cancer, une excroissance pour croître intérieurement par Christian Rœsch (1)
Une difficulté à avaler, comme un raclement dans le fond de la gorge, me voilà en route pour me faire soigner par un naturopathe. Ma tendance - due à mon histoire depuis mes premiers jours sur terre - a toujours été de me méfier de la médecine institutionnelle et par réaction de faire plutôt confiance à ceux d’à côté. Si bien que j’ai étudié et pratiqué les médecines dites alternatives avec frénésie (homéopathie, acupuncture, kinésiologie, orthodontie fonctionnelle...). Ce thérapeute ne me procura aucun résultat. J’ai persévéré en allant voir un médecin acupuncteur chevronné et réputé. Il m’a remarquablement rééquilibré les énergies des méridiens mais cela n’a eu aucun effet sur mon problème. Il m’a envoyé vers un magnétiseur renommé. Pareil !
Si bien que mon problème s’aggravant (douleurs, vomissements...), je consulte mon généraliste et ami. Bien sûr j’aurais dû commencer par lui mais on ne se refait pas! Il m’envoie illico chez un gastro-entérologue qui décide une gastroscopie en urgence, laquelle se conclut par: « Ce n’est pas bon signe ». Là, je perçois enfin l’hypothèse du cancer. Il veut me revoir dans 15 jours quand il recevra les résultats de l'anatomopathologie. À cette date je suis à un séminaire. Nous convenons qu’il me donne les résultats au téléphone à l’heure du déjeuner. Au téléphone, le gastro me communique les résultats confirmant le soupçon de carcinome de l'œsophage au-dessus du cardia. Ça y est : je comprends que c’est une épreuve sérieuse. J’accepte ce qui est. Accepter, c’est recevoir avec le sourire. Je retourne à table, continuant la conversation en cours. Cela pourrait ressembler à un déni. Vingt-cinq ans de travail intérieur, accompagné par le même maître ont un effet certain. Je l’avais déjà vérifié lors d’un accident grave de moto deux ans auparavant.
GÉMIR OU ACCEPTER?
Le temps d’un cri de toutes mes forces dans le casque - pour ne pas perdre conscience - c’était la durée pour choisir entre : gémir et en vouloir au conducteur de la voiture qui m’avait renversé ou bien accepter où le Ciel voulait m’emmener. Je sais, de tout mon être, que Dieu ne me veut pas de mal. Il est amour. Mais l'amour divin n’est pas l'amour affectif. Il guide ma vie incluant tous les moyens pour me permettre (ce qui est différent d'obliger) de progresser en conscience, en amour. L'accident de moto m’avait fait changer de vie : passer de chirurgien-dentiste à directeur de publication. Maintenant, où veut-il m'emmener avec ce cancer?
DIEU NE ME VEUT PAS DE MAL
Le premier enseignement que je tire de cette maladie est ceci :
J’étais dans un clan par rapport à la médecine, la médecine marginale.
La vie m’a amené à m’en remettre à l’autre camp. Quel humour! Si bien que je suis réconcilié profondément. Les deux ont leur rôle, et ils ne sont pas interchangeables.
Dans le circuit du traitement du cancer, j’ai été « bien traité ». C’est-à-dire non seulement bien soigné mais encore pris en main humainement par des équipes médicales faisant de leur mieux, à tous les niveaux depuis les aides-soignantes jusqu’aux patrons. Cela n’a pas empêché Dieu de pousser le curseur des épreuves. À la troisième séance de chimio préopératoire, j’ai approché la mort. Est-ce que j’aurais un reproche? Est-ce que j’aurais un regret? Certes non, j’ai vécu de grandes contemplations lors de ce passage. Les scientifiques se demandent s’il y a de la vie ailleurs que sur terre. La vie terrestre visible est une goutte d’eau par rapport à la vie de l’univers. C’est une certitude pour mon être, mais je sors du sujet...
Cette réconciliation me fait voir la médecine autrement. D’un côté, persiste une médecine empirique, héritée des connaissances anciennes lorsque les hommes étaient proches de la nature. Cette connaissance n’est pas d’ordre rationnel, elle ne s’explique pas. Parfois elle dégénère en « savoir » plus ou moins commercial. Dans tous les métiers il y a des charlatans. De l’autre, la médecine moderne atteignant des sommets de performance en diagnostic analytique, en médicaments, en chirurgie. Elle n'exclut pas l’art du médecin : le nez, cette intuition complétant l’expérience qui oriente un diagnostic avant toute preuve matérielle. La réconciliation me fait pressentir la médecine postmoderne. À la technique de plus en plus efficace mais qui rend le malade de plus en plus objet de la science, se joindra la médecine « humanisant ». Le médecin aidera le malade à comprendre le sens de sa maladie et l’orientera vers l’accompagnement nécessaire pour qu’il trouve les actes pour progresser dans sa vie et guérir en profondeur. C’est donc un médecin qui aura fait un travail de fond sur lui-même menant à de « grands yeux » voyant l’intériorité révélée par la maladie, et ayant une vraie compassion pour ses malades (compassion: vivre l’épreuve de la « passion » avec l’autre)...
mardi 10 mars 2015
Soigner les douleurs articulaires grâce aux plantes
Quelques conseils phytothérapeutiques pour les douleurs articulaires :














