J'espère que vous allez bien digérer cette vidéo que je vous ai préparée :
La citation du lundi
Il y a 16 heures
Quand cette jeune femme est arrivée, nous lui avons fait visiter la maison et expliqué les horaires des activités. Ce matin, buvant un thé ensemble, nous essayons de la mettre à l’aise, mais elle reste assise au bord de la chaise, les épaules crispées, un petit sourire malheureux sur les lèvres. Nous tentons de savoir s’il y a un problème, mais elle secoue la tête à toutes nos questions. Puis, dans un murmure, elle dit : « Ça me fait peur, parce que je sais que je vais me tromper ! » Gentiment, nous lui répondons que, certainement, elle va se tromper, puisque c’est la première fois qu’elle vient ; que cela n’a pas d’importance, que nous sommes là pour l’aider.
C’est une peur qui vient de loin : alors pourquoi pas à l’école des « cours d’erreurs » ! Des cours où les erreurs seraient appréciées pour ce qu’elles sont le plus souvent, des tentatives, des créations, des essais originaux ! Qu’on laisse les enfants se tromper en toute liberté ! Et même avant l’école : ce petit qui tente ses premiers pas, et pouf ! se retrouve assis sur le derrière : voyez-le regarder autour de lui, l’air incertain : s’il trouve des mines sévères, des sourcils froncés, il va se mettre à pleurer - mais s’il voit des sourires, il y a de fortes chances pour qu’il éclate de rire, rire joyeux, sans souci, de l’enfant complètement en accord avec le monde.
Le plat que l’on me sert n’est pas à mon goût, je me dis que c’est une excellente occasion pour revoir mes habitudes, m’ouvrir à la nouveauté. Récemment, au judo, je me suis tordu la cheville avec comme résultat deux ou trois semaines d’immobilité. La conversion intérieure induite par le mystique dominicain m’a aidé : « Pourquoi considérer cet événement comme un obstacle ? » « Comment en profiter réellement ? » Aucun pessimisme, nulle résignation dans l’intime conviction que tout ce qui nous arrive est le meilleur pour nous. J’ai le pied foulé, je cours à l’hôpital, allais-je dire ! Il s’agit de tout sauf de rester inactif et de justifier l’inacceptable, mais de croire que dans l’aventure humaine rien n’est totalement mauvais. Loin du fatalisme, je comprends cette foi comme la démission d’une volonté de tout maîtriser. Dieu a, je le crois, choisi ce voyage pour moi avec sa destination, ses rebondissements et ses mésaventures libératrices.
Je plaide pour commencer par une expérience simple et légère de la méditation. Pour ma part, j’effectue un exercice chaque soir avec ma fille, durant deux minutes, ce qui correspond à la durée d’attention normale d’un enfant ou d’un ingénieur ! Il s’agit simplement de goûter à la joie d’être en vie et d’y goûter ensemble, et, au-delà, à la joie d’être... tout simplement d’être. Une belle façon de s’entraîner à faire attention à chaque instant, sans porter de jugement. Quand je présente cette méthode dans le cadre de mon travail auprès de mes collègues chez Google, je propose aussi deux approches : la facile et la “plus facile”.
Le temps des vacances est pour moi l’occasion de marcher. Plus précisément, de marcher autrement. Sans courir. Sans avoir les yeux rivés sur ma montre pour arriver à l’heure à la gare, en réunion ou à mes rendez-vous. Sans avoir l’esprit encore encombré de ce que je viens de vivre ou déjà préoccupé de ce qui va suivre. Sans avoir à imposer à mon corps un rythme commandé par des impératifs à tenir. Sans remplir ces temps par la consultation de mon répondeur. Revenir plus consciemment, plus longuement et plus régulièrement dans mes pieds pour être là et m’ouvrir à tout ce qui m’entoure.
Nos enseignements prennent en compte ses évolutions afin de permettre à chacun de trouver l’apaisement. C’est ainsi que les nouveaux maux font naître de nouvelles pratiques. Pour les mettre en œuvre, nous proposons à chacun de travailler sur les racines de sa souffrance afin de se frayer un chemin vers la guérison. Dans le bouddhisme, nous parlons de lâcher-prise. Il faut être prêt à abandonner ce que l’on sait pour pouvoir apporter des réponses neuves. Ensuite, rien de plus facile que de transmettre cette nouvelle pratique en parlant “avec le cœur”.