Affichage des articles dont le libellé est paysage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est paysage. Afficher tous les articles

lundi 25 septembre 2023

Si je regarde...


Si je regarde devant moi
le paysage
peut-être que mes particules vont
se mettre ensemble
se rassembler
se souvenir que ce corps est entier vivant
quoique.
Je regarde dedans le cadre
je respire
le paysage
je t'entends oui je t'entends
tu dis viens viens dedans moi
je frissonne je crois que tout est là.
Estelle Dumortier
Où l'air ne chute pas
(La rumeur libre)

--------------

mardi 28 février 2023

Vieillissement

 Le vieillissement dénude  (Extrait de mon carnet ) 19 février 2023


Le vieillissement dénude. L’énergie de la jeunesse fait tampon (dans le sens de « buffer », expression très Gurdjievienne). Avec le recul, c’est comme ci cette énergie brute, massive, à la fois emportait dans un élan et empêchait de sentir des impressions plus essentielles, plus près du noyau de l’humain et de la personne. Au fur et à mesure que je vieillis - et cela se fait plus net à quasi 64 ans qu’à 60- j’ai le sentiment d’être dans mon ressenti intime au plus près de la condition humaine nue, une condition humaine à qui on aurait ôté ses fards et qui présenterait son visage tel quel. Ce visage peut s’avérer très beau mais sa vérité ne pardonne pas. Si la lumière qui luit dans les ténèbres ne l’a pas peu à peu gagné, alors ce visage peut être effarant. 

Oui, c’est comme si il y avait de moins en moins de tampon entre ma personne et la condition humaine dans son implacabilité. Plus de petite chanson pour couvrir le silence, plus de jeux d’ombres, de feux d’artifice, d’éclairages avantageux pour distraire du paysage dans son âpre vérité.

-----------

Gilles Farcet

-----------

vendredi 4 juin 2021

Rencontre de l'instant

 


En ces temps , et pour moi , c'est avec la nature que la rencontre a lieu; cette nature qui jour après jour se réinvente et la magie opère...
"Ces êtres de dialogue, de partage et de mouvance que nous sommes, vivent de la magie des rencontres, meurent de leur absence. Chaque rencontre nous réinvente illico - que ce soit celle d'un paysage, d'un objet d'art, d'un arbre, d'un chat ou d'un enfant, d'un ami ou d'un inconnu. Un être neuf surgit alors de moi et laisse derrière lui celui qu'un instant plus tôt je croyais être."
Christiane Singer 1943-2007
Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies
peinture: Zhou Chunya

**********

mercredi 10 juin 2020

Paix du pays sage...


La paix qui émane du paysage te touche à ce point parce qu’elle éveille en toi un lieu similaire, un lieu qui l’accueille et la comprend, un lieu qui lui répond. Sa douceur, son harmonie secrète, sa grâce singulière, ne font que susciter d’intimes correspondances. 

Si tu parviens à rejoindre ce lieu profond, à en situer le che­min – ce lieu caché, ce lieu qui n’en est plus un, qui donne forme plus qu’il ne contient -, où que tu ailles, quoi qu’il arrive, toujours cette paix sera là. Par quel miracle, par quelle mystérieuse alchimie, deman­des-tu? 

Regarde, regarde encore, contemple la paix en sa beauté, jusqu’à ce qu’elle se dessine en toi, s’y imprime, jusqu’à ce que tu comprennes qu’elle est la forme même de ton âme.
Philippe Mac Leod, Sens et beauté (Ad Solem, 2011)


dimanche 17 novembre 2019

Avancement...

Tu es sur une route sans nom.
Calligraphie : caractère du Dao / Tao 道, humain en chemin
Il t’appartient de la nommer.
Personne ne le fera à ta place.
Pas par manque d’altruisme
mais parce que l’avancée sur la route
ne concerne que toi,
quelles que soient les rencontres que tu y feras.
Avance.
Tiens une main
quand cela est possible,
tu la reconnaîtras :
celle-là ne griffera pas,
ne broiera pas,
ne mollira pas.
Avance,
traverse les paysages
de soleil et de brise,
de pluie et de tempête.
Commence doucement à aimer.
Crée ton ordre.
Sois à ce que tu fais.
Il n’y a rien d’autre à comprendre.

Poème de Judith Wiart




mercredi 15 juin 2016

Suite du voyage avec Christian Bobin

La Russie est le nom d’une espérance, d’une manière invincible d’envisager la vie.

L'itinéraire se poursuit dans une page de poésie signée Tomas Tranströmer.
Pour Christian Bobin, l'oeuvre de Traströmer est un pays, un territoire. 


 Tranströmer, c’est ma cabane

(source France Inter - 17 min.)


---------

lundi 2 février 2015

La marche réenchante mon existence avec David Le Breton



« La marche implique les ressources élémentaires du corps, sans technologies, à pas d’homme, sans hâte, chacun selon son rythme. Elle sollicite un temps ralenti à ma mesure et à celle de mon désir. Je parcours les sentiers, j’arpente les forêts ou les montagnes, je gravis les collines pour avoir le plaisir de les redescendre, tout en restant à hauteur d’homme, livré à mes seuls moyens physiques, introduit à la sensation continue de moi et du monde. 

La marche réenchante mon existence. Elle n’est pas seulement regard, elle m’est aussi immersion parmi les nappes d’odeurs, les sons, la tactilité, quand le sentier se confronte soudain à une rivière, un ruisseau et que mes mains s’abandonnent à la fraîcheur de l’eau. Je sens l’épaisseur subtile de la forêt que recouvre l’ombre, les effluves de la terre ou des arbres, j’éprouve la texture du jour. 

J’entends les cris des oiseaux, les bruits de l’orage ou les appels des gamins dans les villages, les stridulations des cigales ou le craquement des pommes de pin sous le soleil. Selon les saisons, je cueille les fraises des bois, les noisettes, les champignons... La marche est une expérience sensorielle totale qui ne néglige aucun sens. Les retrouvailles avec le cosmos ne sont jamais loin, mes pas me mènent infiniment plus loin que le paysage. » 

 David Le Breton, sociologue et écrivain, est l’auteur, notamment, de Marcher, éloge des chemins et de la lenteur (Métailié, 2012).


jeudi 17 juillet 2014

Vision d'êtres(s)



"Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cents univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est." 

 Marcel Proust
La Prisonnière, page 762


lundi 18 mars 2013

Semaine sans pesticides...même s'il y en a partout...


Pour retrouver l'harmonie avec la nature...


Du 20 au 30 mars
Des centaines d'évènements pour promouvoir les alternatives aux pesticides
http://www.semaine-sans-pesticides.com/

L'UE n'interdira pas les pesticides nocifs aux abeilles
Les Etats membres de l'Union européenne ne sont pas parvenus à dégager une majorité qualifiée, 

soit pour, soit contre une interdiction de trois pesticides d'utilisation courante liés au déclin des abeilles.

samedi 1 septembre 2012

En mouvement vers le Jardin avec Gilles Clément (2)



Mais ce à quoi je crois le plus, c’est à la requalification permanente de tout ce qui permet à la vie d’exister – et d’évoluer. Je ne crois pas tellement à une diversité quantitative, mais à une diversité comportementale. C’est elle qui constitue le moteur de l’évolution de la vie sur cette planète. 

 L’imprédictibilité est ce qui caractérise la vie. Et l’on sait bien que l’humanité, à l’échelle de la vie, vient tout juste d’éclore dans l’histoire de la planète. Et la vie elle-même… Parce qu’avant même l’avènement de la vie, il y a la fabrication de cette espèce de socle, de l’eau, de l’oxygène… qui va permettre à la vie d’exister.


Partie 2 : 13 min. - Source : France Inter

"Une feuille morte tombée au sol n’est pas une souillure , c’est une nourriture."

 "Accepter l'autre dans sa diversité, ça permet de savoir qui on est soi-même."

vendredi 31 août 2012

En mouvement vers le Jardin avec Gilles Clément (1)


Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, il enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles (ENSP).
En dehors de son activité de créateur de parcs, jardins, espaces publics et privés, il poursuit des travaux théoriques et pratiques à partir de trois axes de recherche :

- Le Jardin en Mouvement, concept issu d’une pratique sur son propre jardin dans la Creuse, appliqué à l’espace public en France et à l’étranger dés 1983.  Première application à l’espace public en 1986 pour le Parc André Citroën inauguré en 1999.

- Le jardin Planétaire, projet politique d’écologie humaniste, concept porté à la connaissance du public par le biais d’un roman-essai, Thomas et le Voyageur chez Albin-Michel en 1996, puis par une exposition majeure dans la Grande Halle de la Villette en 1999/2000 ainsi que par un certain nombre d’études : Le Jardin Planétaire de Shanghaï, la Charte paysagère de Vassivière en Limousin et autres travaux en cours.

- Le Tiers-Paysage, concept élaboré à l’occasion d’une analyse paysagère en Limousin, défini comme « fragment indécidé du Jardin Planétaire » ; cela concerne l’ensemble des espaces délaissés ou non exploités considérés par lui comme les principaux territoires d’accueil à la diversité biologique.
Partie 1 : 30 min. - Source : France Inter



lundi 30 juillet 2012

Aimons les arbres

Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin. 


 En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...


... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier... 


 ... Il faut aimer les arbres. 


 Michel Cazenave
 - Arbres



samedi 28 juillet 2012

Ne rien faire avec Christiane Singer

Leçon de chose
Décor : une fenêtre ouverte peut suffire - un banc de square, mieux encore : la forêt.


S’immobiliser. Stopper la toupie verbale qui entraîne notre esprit dans sa giration obsessionnelle.
Se taire passionnément. Et chaque fois qu’une association de pensées se faufile, s’immisce dans une fêlure de notre attention, la rejeter impitoyablement.


Ne rien faire, ne rien déranger.


Dériver.
Assise sur un rocher, je laisse le froid visiter l’épaisseur de mes jupes.
Me traversent le crissement et les bruits, l’odeur de la terre.
Suspension. Pointe aiguë. L’envie de crier.
Soudaineté de la perfection.


Je n’écoute pas. Les sons me recouvrent comme un lichen.
Je ne regarde pas. Les branches et leurs ombres poussent dans les yeux ouverts.
Je ne respire pas. Un souffle régulier m’habite et me scande.
Je ne flaire pas. Les odeurs m’enfouissent au ventre leurs rhizomes.


Absence et suspension.
Où allais-je chercher l’aventure. ?


Une escapade semblable permet au moins deux découvertes : en ne faisant rien, celui qui n'a rien fait a déjà fait beaucoup; et ce qu'il faut à l'homme pour aller au bout de ses rêves et de ses possibilités n'est rien d'autre que ce qu'il a déjà : son corps.


Dès lors, tout s'éclaire. Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.

Christiane Singer, 
les âges de la vie, éditions Albin Michel, p. 25-27