A propos du bonheur... et de la gratitude.
samedi 3 août 2013
vendredi 2 août 2013
Intelligence émotionnelle avec Ilios Kotsou (2)
Eviter, fuir, nous battre avec nos émotions contribue à augmenter notre mal-être à long terme. En outre, cela a aussi pour effet de nous empêcher d'apprendre de nos émotions car ce processus ne peut s'enclencher que si nous commençons à les accueillir, à nous familiariser avec elles.
Accueillir ses émotions est l'un des moyens de prendre conscience de nos automatismes pour créer un espace de liberté dans nos vies. Cette idée n'est pas nouvelle, elle nous vient de sagesses ancestrales et se retrouve dans de nombreuses traditions. Ce qui est nouveau en revanche, c'est l'évolution de la recherche scientifique qui permet aujourd'hui de valider certains éléments et de tisser des liens entre diverses traditions.
Ci-dessous, ce texte de Rûmi illustre de manière très poétique l'importance de l'accueil de ses émotions. (Pour le voir en image et en anglais)
L’être humain est une maison d’hôte
Chaque jour, une nouvelle arrivée
Une joie, une dépression, une méchanceté,
Une prise de conscience momentanée arrive comme un visiteur inattendu.
Accueille-les et procure-leur de la distraction !
Même s’il s’agit d’une foule de chagrins,
Qui violemment vident ta maison de ses meubles,
Pourtant, traite chaque invité honorablement,
Il pourrait bien faire de la place
Pour une joie nouvelle.
La pensée sombre, la honte, la malveillance,
Accueille-les à la porte en riant, et invite-les à l’intérieur.
Soit dans la gratitude pour quiconque arrive,
Car chacun a été envoyé comme guide par le plus vaste.
Rumi
L'accueil des émotions est aussi au coeur d'une méthode dont on parle beaucoup aujourd'hui, la pleine conscience (aussi appelée "mindfulness). Cette technique trouve son origine dans le bouddhisme.
Accueillir ses émotions est l'un des moyens de prendre conscience de nos automatismes pour créer un espace de liberté dans nos vies. Cette idée n'est pas nouvelle, elle nous vient de sagesses ancestrales et se retrouve dans de nombreuses traditions. Ce qui est nouveau en revanche, c'est l'évolution de la recherche scientifique qui permet aujourd'hui de valider certains éléments et de tisser des liens entre diverses traditions.
Ci-dessous, ce texte de Rûmi illustre de manière très poétique l'importance de l'accueil de ses émotions. (Pour le voir en image et en anglais)
L’être humain est une maison d’hôte
Chaque jour, une nouvelle arrivée
Une joie, une dépression, une méchanceté,
Une prise de conscience momentanée arrive comme un visiteur inattendu.
Accueille-les et procure-leur de la distraction !
Même s’il s’agit d’une foule de chagrins,
Qui violemment vident ta maison de ses meubles,
Pourtant, traite chaque invité honorablement,
Il pourrait bien faire de la place
Pour une joie nouvelle.
La pensée sombre, la honte, la malveillance,
Accueille-les à la porte en riant, et invite-les à l’intérieur.
Soit dans la gratitude pour quiconque arrive,
Car chacun a été envoyé comme guide par le plus vaste.
Rumi
L'accueil des émotions est aussi au coeur d'une méthode dont on parle beaucoup aujourd'hui, la pleine conscience (aussi appelée "mindfulness). Cette technique trouve son origine dans le bouddhisme.
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jeudi 1 août 2013
Intelligence émotionnelle avec Ilios Kotsou (1)
Nous avons hérité de nos ancêtres d'un système d'alarme et de protection très efficace. Face à un danger (ou à la perception d'un danger), nos ancêtres réagissaient par l'attaque, la fuite ou le repli. Ces trois réponses se retrouvent encore aujourd'hui dans notre attitude face aux émotions.
Nous essayons d'éviter au maximum ce qui nous est désagréable ou nous fait souffrir et recherchons ce qui nous semble positif. Or, face aux émotions, l'évitement est une option peu efficace. Il est possible d'éviter, de contrôler ou de fuir un événement externe (un tigre, une personne désagréable, etc.), mais il n'est pas possible d'éviter des éléments intérieurs comme des pensées ou des émotions.
Ce que l'on croit être une solution devient le problème. La recherche a montré que l'évitement des émotions était non seulement inefficace, mais qu'il pouvait en outre avoir l'effet paradoxal d'augmenter notre mal-être à moyen ou long terme.
Plutôt que d'éviter ou de contrôler : accueillir...
Ilios Kotsou
(petit cahier d'exercices d'intelligence émotionnelle)
Nous essayons d'éviter au maximum ce qui nous est désagréable ou nous fait souffrir et recherchons ce qui nous semble positif. Or, face aux émotions, l'évitement est une option peu efficace. Il est possible d'éviter, de contrôler ou de fuir un événement externe (un tigre, une personne désagréable, etc.), mais il n'est pas possible d'éviter des éléments intérieurs comme des pensées ou des émotions.
Ce que l'on croit être une solution devient le problème. La recherche a montré que l'évitement des émotions était non seulement inefficace, mais qu'il pouvait en outre avoir l'effet paradoxal d'augmenter notre mal-être à moyen ou long terme.
Plutôt que d'éviter ou de contrôler : accueillir...
Ilios Kotsou
(petit cahier d'exercices d'intelligence émotionnelle)
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mercredi 31 juillet 2013
Maître Taisen Deshimaru pour vous servir !
Ses dernières paroles à ses disciples sont : « Please, continue zazen. »
Yasuo Deshimaru, appelé également « Mōkudo Taisen », plus connu comme Taisen Deshimaru a légué à ses disciples l'essence du zen, zazen, qu'ils transmettent maintenant à leur tour, continuant sa mission, pratiquant dans les dojos, vivant dans le social, et se retrouvant au temple de la Gendronnière lors des grandes sessions de l'année.
Comme Bodhidharma, il y a mille cinq cent ans, avait apporté le zen de l'Inde en Chine, comme Dogen, il y a huit cent ans, l'avait introduit au Japon, Maître Deshimaru a transmis l'essence de l'enseignement du Bouddha en Europe et dans le monde.
Yasuo Deshimaru, appelé également « Mōkudo Taisen », plus connu comme Taisen Deshimaru a légué à ses disciples l'essence du zen, zazen, qu'ils transmettent maintenant à leur tour, continuant sa mission, pratiquant dans les dojos, vivant dans le social, et se retrouvant au temple de la Gendronnière lors des grandes sessions de l'année.
Comme Bodhidharma, il y a mille cinq cent ans, avait apporté le zen de l'Inde en Chine, comme Dogen, il y a huit cent ans, l'avait introduit au Japon, Maître Deshimaru a transmis l'essence de l'enseignement du Bouddha en Europe et dans le monde.
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mardi 30 juillet 2013
Regardez votre moi divin avec votre œil intérieur
Voici un court extrait (p.394) de «La vie des Maîtres » de Baird T. Spalding - Editions J'ai lu - dans lequel Emile, un des Maîtres du livre, parle de la prière et de l'inversion du regard.
"Entrez dans le lieu secret de votre âme, fermez la porte au monde extérieur, fermez vos yeux de chair, regardez votre Moi divin avec votre œil intérieur. Vous vous êtes paisiblement mis dans un état réceptif spirituel. Le Principe de Dieu est le but unique. Je communie avec l'Energie de la Vie Universelle. Elle me traverse, je la connais, je la sens. Je remercie Dieu mon Père d'avoir la faculté d'accomplir toutes choses.
Quand vous priez Dieu et que votre âme intime est en contact avec l'Energie de la Vie Universelle, vous utilisez cette énergie dans une mesure illimitée. Vous donnez le nom de Dieu à l'Esprit infiniment sage qui existe au-dedans comme au-dehors de tout être humain. L'ex-pression extérieure de Dieu ne peut se formuler qu'à travers vous. Il n'est donc pas nécessaire de rechercher aide et connaissance à l'extérieur. Cherchez-les à l'intérieur, sachant que la vérité intelligente et la source de toute connaissance sont latentes en vous. Pourquoi chercher le savoir à l'extérieur, Puisque Dieu, l'Esprit Universel, est intérieur ?
Ayant compris ce principe, vous pouvez faire appel à lui pour n'importe quelle oeuvre en étant certains que le Dieu intérieur est le plus grand des éducateurs."
Extrait de "Vivre sans tête", revue n°7 juin 2000"Entrez dans le lieu secret de votre âme, fermez la porte au monde extérieur, fermez vos yeux de chair, regardez votre Moi divin avec votre œil intérieur. Vous vous êtes paisiblement mis dans un état réceptif spirituel. Le Principe de Dieu est le but unique. Je communie avec l'Energie de la Vie Universelle. Elle me traverse, je la connais, je la sens. Je remercie Dieu mon Père d'avoir la faculté d'accomplir toutes choses.
Quand vous priez Dieu et que votre âme intime est en contact avec l'Energie de la Vie Universelle, vous utilisez cette énergie dans une mesure illimitée. Vous donnez le nom de Dieu à l'Esprit infiniment sage qui existe au-dedans comme au-dehors de tout être humain. L'ex-pression extérieure de Dieu ne peut se formuler qu'à travers vous. Il n'est donc pas nécessaire de rechercher aide et connaissance à l'extérieur. Cherchez-les à l'intérieur, sachant que la vérité intelligente et la source de toute connaissance sont latentes en vous. Pourquoi chercher le savoir à l'extérieur, Puisque Dieu, l'Esprit Universel, est intérieur ?
Ayant compris ce principe, vous pouvez faire appel à lui pour n'importe quelle oeuvre en étant certains que le Dieu intérieur est le plus grand des éducateurs."
lundi 29 juillet 2013
Un moteur sans recherche...
dimanche 28 juillet 2013
L'ennui mis au jour avec Patrick Lemoine
L’ennui n’existe pas dans la nature. Et il y a des ethnies qui n’ont pas de mot pour l’exprimer. Quand on lutte pour sa survie, on ne s’ennuie pas, même s’il s’agit de rester sans bouger pour surveiller une proie, ou de vérifier que l’on n’est pas attaqué. Les Chinois n’ont pas non plus de vocable pour le dire. Dans les cultures orientales, la méditation a une place centrale. Et l’ennui représenterait un décalage entre l’homme et son environnement, ce qui va à l’encontre de la recherche d’harmonie. En Occident en tout cas, l’ennui est une production des sociétés sédentarisées et urbanisées. Dès lors que vous savez que votre nourriture et votre sécurité sont assurées, vous commencez à vous payer le luxe de l’ennui...
Cela dit, ça se cultive. Il y a des familles où l’on ne supporte pas de laisser les enfants quelques minutes sans rien faire. Je vois des parents qui passent leur temps libre à courir, du foot au dessin puis aux louveteaux, faire des burn-out. Laisser son enfant 10 minutes sans lui proposer une activité n’est pas cruel. Les enfants trop sollicités deviennent des intolérants à l’ennui et donc plus facilement addicts. Dès lors que l’on n’est pas capable de rester face à soi-même, on fait avec ce que l’on a. La drogue, l’alcool et… pourquoi pas l’addiction numérique ? L’ennui à petites doses dès la petite enfance permet de développer l’imagination, la créativité, l’introspection, une forme d’autonomie. Je suis reconnaissant à mes parents de m’avoir laissé m’ennuyer dans le jardin à regarder les oiseaux !
Patrick Lemoine
(source : La Vie)
Cela dit, ça se cultive. Il y a des familles où l’on ne supporte pas de laisser les enfants quelques minutes sans rien faire. Je vois des parents qui passent leur temps libre à courir, du foot au dessin puis aux louveteaux, faire des burn-out. Laisser son enfant 10 minutes sans lui proposer une activité n’est pas cruel. Les enfants trop sollicités deviennent des intolérants à l’ennui et donc plus facilement addicts. Dès lors que l’on n’est pas capable de rester face à soi-même, on fait avec ce que l’on a. La drogue, l’alcool et… pourquoi pas l’addiction numérique ? L’ennui à petites doses dès la petite enfance permet de développer l’imagination, la créativité, l’introspection, une forme d’autonomie. Je suis reconnaissant à mes parents de m’avoir laissé m’ennuyer dans le jardin à regarder les oiseaux !
Patrick Lemoine
(source : La Vie)
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Ibn Arabî Le sceau de la sainteté
Grand maître spirituel de l’Islam, ce philosophe et mystique est lu par les intellectuels soufis. Pour lui, se découvrir, c’est découvrir Dieu en soi et inversement.
Par Faouzi Skali
Ibn Arabî est né à Murcie dans une Andalousie au carrefour de l’Orient et de l’Occident, à une époque d’alliance entre la science et la foi, où savants et métaphysiciens marchent main dans la main.
Ibn Arabî rencontre Averroès, très jeune. Son père, inquiet de l’engagement mystique précoce de son fils, l’a envoyé porter des livres au vieux philosophe de Cordoue. En frappant à la porte d’Averroès, celui-ci lui ouvre et lui dit : " oui ". Ibn Arabî le regarde et dit : " oui " à son tour. Puis, il le regarde de nouveau et dit : " non ". Le philosophe lui demande alors : " Qu’est-ce que vous, mystiques, découvrez de plus que nous [philosophes] ne puissions trouver déjà à travers la voie rationnelle ? " Pour Ibn Arabî la réponse se situe entre le oui et le non.
Car la voie mystique n’est ni rationnelle ni irrationnelle. L’esprit s’échappe des limites de la matière. C’est autre chose que la philosophie, hors du domaine de la raison. Sans comprendre leurs propos, on traite les mystiques de blasphémateurs, on les crucifie, on les condamne car ils parlent de choses que le commun des mortels ne peut pas admettre. Quand Ibn Arabî dit tout cela à Averroès, il a près de 14 ans.
Musulman, Ibn Arabî se forme aux théologies à sa façon. Il considère que Jésus est son premier maître spirituel. Véritable génie, il acquiert une science considérable en fréquentant par la lecture différents maîtres et prophètes. Il écrit des livres d’une façon très spéciale, notamment les Gemmes de la sagesse. Il dit l’avoir " reçu " d’un trait, une nuit, réveillé par le prophète Mahomet.
La sagesse est représentée par une pierre dont la forme est comparée à la Tradition. Ainsi, la pierre est la même pour tous les hommes, mais elle est taillée de façon différente selon les religions, selon les formes prophétiques dictées à Abraham, Jésus et Mahomet, le dernier prophète.
À La Mecque, il écrit son ouvrage majeur, l’œuvre métaphysique la plus importante de l’Islam : les Illuminations mecquoises. D’une très grande profondeur, elle résume les aspects spirituels et métaphysiques propres au soufisme, son enseignement initiatique. Ces révélations conjuguent à la fois une extrême rigueur dans la conception et un travail visionnaire qui doit à Ibn Arabî son surnom de fils de Platon.
Ibn Arabî n’est pas influencé par la scission entre raison et foi qui transparaît déjà avec Averroès. Au contraire, avec Ibn Arabî, la foi en tant que vision, conscience et expérience du cœur entre en ligne de compte. La profondeur soufie d’Ibn Arabî se situe dans la rencontre entre l’amour et la connaissance, le cœur et la raison. Il est allé très loin dans le voyage de l’âme vers la proximité divine et exprime cette expérience avec une extrême beauté en commentant ces propos du Prophète : " Celui qui se connaît lui-même, celui-là connaît son Seigneur. " Son voyage spirituel explore son être dans ses profondeurs les plus intimes.
Vivre dans le monde, c’est sans cesse se rapprocher du mystère de l’être divin. Dans un hadith qoudsi (propos divin), Dieu dit : " J’étais un trésor caché, j’ai aimé à être connu. J’ai alors créé le monde afin que je sois connu par lui. " Ibn Arabî s’appuie sur cette explication de la Création pour faire comprendre le but de l’existence. Il s’agit bien de réaliser ce désir de Dieu d’être connu. Ibn Arabî insiste ainsi sur l’importance du désir et de l’amour divins. Ce " soupir du miséricordieux " dont il parle, c’est la manifestation de l’existence, le souffle. Toute l’existence n’est que l’émanation de cette nostalgie divine. L’homme, ou l’âme humaine, quand elle se fait transparente par la prière, devient l’œil par lequel le divin se regarde lui-même. C’est l’œil de la contemplation.
Ce que personne avant lui n’avait imaginé avec tant de cohérence, devient avec Ibn Arabî un aboutissement mystique, une extraordinaire synthèse. Ce n’est pas un hasard si le Moyen Âge l’appellera le Docteur Maximus ! Quant à certains soufis, ils diront de lui qu’il porte le " sceau mahométien ".
En effet, il fut bien l’héritier du Prophète sous ses aspects tant ésotériques que spirituels. Et Ibn Arabî reste, aujourd’hui encore, une référence importante pour toutes les écoles soufies à travers le monde, au titre du visionnaire métaphysique.
Pour qui s’intéresse au soufisme, Ibn Arabî est une étape cruciale. Il trouvera chez lui une liberté, une capacité de transcender les limites de la raison et des formes, d’élargir la conscience dans la connaissance et l’amour divin. Ibn Arabî lui indiquera la voie vers des domaines extrêmement profonds, voire déconcertants. Il comprendra que la perception est toujours au-delà de ce qu’on imagine, qu’elle nous rend humbles devant une connaissance sans limites. A.S.
Né dans la médina de Fès, Faouzi Skali est directeur du festival de Fès depuis sa création en 1994. Spécialiste du soufisme, il est l’auteur de Jésus dans la tradition soufie, en cours de traduction chez Albin Michel.
"Le sommeil loin de Toi me devient interdit.
Comment peut-on dormir séparé de l’Aimé ?
L’amour est ma religion et ma foi. "
Le grand maître soufi
1165 Naissance à Murcie (Espagne).
1179 Rencontre avec Averroès, à Cordoue (Espagne).
1196 À Fès (Maroc), révélation du " sceau de la sainteté mahométienne.
1203 Commence les Conquêtes spirituelles mecquoises.
1223-1240 S’installe à Damas (Syrie), où il finit sa vie.
Aller plus loin avec le soufisme
À VOIR
- Participer au festival de Fès
Fès organise depuis dix ans un festival de musiques sacrées du monde.
Les invités de cette année : chanteurs soufis du Kurdistan iranien, derviches tourneurs de Konya, moines danseurs du Tibet, mais aussi Monserrat Figueras, sœur Marie Keyrouz et Yousou N’Dour...
Du 28 mai au 5 juin.
Les concerts se déroulent dans des lieux magnifiques : place Bab Boujloud, porte de la Bab Al Makina, patio du musée Batha...
- Les rencontres de Fès
Parallèlement au festival se tiennent des rencontres sur le thème Une âme pour la mondialisation. Invités : Laure Adler, Bertrand Collomb, Leïla Shahid, Jorge Semprun...
Du 29 mai au 2 juin, de 9 heures à 13 heures.
- Le festival off
En marge des manifestations officielles, des concerts gratuits ont lieu tous les jours à 17 h 30, place Bab Boujloud.
Soirées soufies, à partir de 23 heures, à travers la ville.
Tout le programme sur www.fesfestival.com
Y aller
- Avec La Vie : Jean-Claude Petit, ancien président de Malesherbes Publications, accompagne un groupe de lecteurs à Fès, pendant le festival (2 120 €). Inscriptions : Martine Lominé, 163, bd Malesherbes, 75017 Paris.
Tél. : 01 48 88 65 34.
- Avec Terra Diva, 340 €. Hôtels de 79 à 191 € par jour pendant le festival. 29, rue des Boulangers, 75005 Paris, 01 44 07 10 12.
- Liaisons directes Paris (Orly)-Fès avec la Royal Air Maroc. Aller-retour le 27 mai et le 7 juin : 479,42 €.
- Sur les traces d’Ibn Arabî
La mosquée Aïn el Khaïl, dans le cœur de la médina de Fès. Ibn Arabî y vécut, y travailla et y reçut sa révélation. Cette petite mosquée est menacée par deux maisons mitoyennes qui risquent de s’écrouler. Laïla Skali, architecte, se mobilise pour la sauver et en faire une bibliothèque sur le soufisme et Ibn Arabî.
À lire
- Ibn Arabî dans le texte
Traité de l’amour se lit aisément. L’introduction de Maurice Gloton, traducteur et spécialiste des grands soufis, propose une chronologie éclairante sur la vie d’Ibn Arabî. Dans la même collection, mais plus ardus pour les non-arabisants : la Sagesse des prophètes et les Illuminations de La Mecque.
Albin Michel, 8,60 €.
- L’Esprit de Fès : en quête de sens et de beauté
Pour ce livre anniversaire, Nathalie Calmé a recueilli des témoignages d’artistes, philosophes, économistes... venus au festival depuis dix ans. En vente au festival, disponible en librairie début juin, éd. Albin Michel. A.S.
Ibn Arabî et l’amour
"L’amour est ce rapport
Qui concerne aussi bien l’homme que Dieu,
Bien que notre science
Ignore cette relation.
Car l’amour est savouré,
Mais son essence incomprise.
N’est-ce pas étonnant, mon Dieu ! Ô mon Dieu !
L’Être même de Dieu
Est fondé sur l’amour,
Lui qui voit en nous comme en Lui,
Sans que nous soyons principe d’analogie.
Le terme de l’amour chez l’homme
Est de réaliser l’union :
L’union de deux esprits
Et l’union de deux corps.
Aussi l’excellence de l’amour
Est-il l’effet de l’Excellence !"
Extrait de Traité de l’amour, Albin Michel coll. Spiritualités vivantes.
Par Faouzi Skali
Ibn Arabî est né à Murcie dans une Andalousie au carrefour de l’Orient et de l’Occident, à une époque d’alliance entre la science et la foi, où savants et métaphysiciens marchent main dans la main.
Ibn Arabî rencontre Averroès, très jeune. Son père, inquiet de l’engagement mystique précoce de son fils, l’a envoyé porter des livres au vieux philosophe de Cordoue. En frappant à la porte d’Averroès, celui-ci lui ouvre et lui dit : " oui ". Ibn Arabî le regarde et dit : " oui " à son tour. Puis, il le regarde de nouveau et dit : " non ". Le philosophe lui demande alors : " Qu’est-ce que vous, mystiques, découvrez de plus que nous [philosophes] ne puissions trouver déjà à travers la voie rationnelle ? " Pour Ibn Arabî la réponse se situe entre le oui et le non.
Car la voie mystique n’est ni rationnelle ni irrationnelle. L’esprit s’échappe des limites de la matière. C’est autre chose que la philosophie, hors du domaine de la raison. Sans comprendre leurs propos, on traite les mystiques de blasphémateurs, on les crucifie, on les condamne car ils parlent de choses que le commun des mortels ne peut pas admettre. Quand Ibn Arabî dit tout cela à Averroès, il a près de 14 ans.
Musulman, Ibn Arabî se forme aux théologies à sa façon. Il considère que Jésus est son premier maître spirituel. Véritable génie, il acquiert une science considérable en fréquentant par la lecture différents maîtres et prophètes. Il écrit des livres d’une façon très spéciale, notamment les Gemmes de la sagesse. Il dit l’avoir " reçu " d’un trait, une nuit, réveillé par le prophète Mahomet.
La sagesse est représentée par une pierre dont la forme est comparée à la Tradition. Ainsi, la pierre est la même pour tous les hommes, mais elle est taillée de façon différente selon les religions, selon les formes prophétiques dictées à Abraham, Jésus et Mahomet, le dernier prophète.
À La Mecque, il écrit son ouvrage majeur, l’œuvre métaphysique la plus importante de l’Islam : les Illuminations mecquoises. D’une très grande profondeur, elle résume les aspects spirituels et métaphysiques propres au soufisme, son enseignement initiatique. Ces révélations conjuguent à la fois une extrême rigueur dans la conception et un travail visionnaire qui doit à Ibn Arabî son surnom de fils de Platon.
Ibn Arabî n’est pas influencé par la scission entre raison et foi qui transparaît déjà avec Averroès. Au contraire, avec Ibn Arabî, la foi en tant que vision, conscience et expérience du cœur entre en ligne de compte. La profondeur soufie d’Ibn Arabî se situe dans la rencontre entre l’amour et la connaissance, le cœur et la raison. Il est allé très loin dans le voyage de l’âme vers la proximité divine et exprime cette expérience avec une extrême beauté en commentant ces propos du Prophète : " Celui qui se connaît lui-même, celui-là connaît son Seigneur. " Son voyage spirituel explore son être dans ses profondeurs les plus intimes.
Vivre dans le monde, c’est sans cesse se rapprocher du mystère de l’être divin. Dans un hadith qoudsi (propos divin), Dieu dit : " J’étais un trésor caché, j’ai aimé à être connu. J’ai alors créé le monde afin que je sois connu par lui. " Ibn Arabî s’appuie sur cette explication de la Création pour faire comprendre le but de l’existence. Il s’agit bien de réaliser ce désir de Dieu d’être connu. Ibn Arabî insiste ainsi sur l’importance du désir et de l’amour divins. Ce " soupir du miséricordieux " dont il parle, c’est la manifestation de l’existence, le souffle. Toute l’existence n’est que l’émanation de cette nostalgie divine. L’homme, ou l’âme humaine, quand elle se fait transparente par la prière, devient l’œil par lequel le divin se regarde lui-même. C’est l’œil de la contemplation.
Ce que personne avant lui n’avait imaginé avec tant de cohérence, devient avec Ibn Arabî un aboutissement mystique, une extraordinaire synthèse. Ce n’est pas un hasard si le Moyen Âge l’appellera le Docteur Maximus ! Quant à certains soufis, ils diront de lui qu’il porte le " sceau mahométien ".
En effet, il fut bien l’héritier du Prophète sous ses aspects tant ésotériques que spirituels. Et Ibn Arabî reste, aujourd’hui encore, une référence importante pour toutes les écoles soufies à travers le monde, au titre du visionnaire métaphysique.
Pour qui s’intéresse au soufisme, Ibn Arabî est une étape cruciale. Il trouvera chez lui une liberté, une capacité de transcender les limites de la raison et des formes, d’élargir la conscience dans la connaissance et l’amour divin. Ibn Arabî lui indiquera la voie vers des domaines extrêmement profonds, voire déconcertants. Il comprendra que la perception est toujours au-delà de ce qu’on imagine, qu’elle nous rend humbles devant une connaissance sans limites. A.S.
Né dans la médina de Fès, Faouzi Skali est directeur du festival de Fès depuis sa création en 1994. Spécialiste du soufisme, il est l’auteur de Jésus dans la tradition soufie, en cours de traduction chez Albin Michel.
"Le sommeil loin de Toi me devient interdit.
Comment peut-on dormir séparé de l’Aimé ?
L’amour est ma religion et ma foi. "
Le grand maître soufi
1165 Naissance à Murcie (Espagne).
1179 Rencontre avec Averroès, à Cordoue (Espagne).
1196 À Fès (Maroc), révélation du " sceau de la sainteté mahométienne.
1203 Commence les Conquêtes spirituelles mecquoises.
1223-1240 S’installe à Damas (Syrie), où il finit sa vie.
Aller plus loin avec le soufisme
À VOIR
- Participer au festival de Fès
Fès organise depuis dix ans un festival de musiques sacrées du monde.
Les invités de cette année : chanteurs soufis du Kurdistan iranien, derviches tourneurs de Konya, moines danseurs du Tibet, mais aussi Monserrat Figueras, sœur Marie Keyrouz et Yousou N’Dour...
Du 28 mai au 5 juin.
Les concerts se déroulent dans des lieux magnifiques : place Bab Boujloud, porte de la Bab Al Makina, patio du musée Batha...
- Les rencontres de Fès
Parallèlement au festival se tiennent des rencontres sur le thème Une âme pour la mondialisation. Invités : Laure Adler, Bertrand Collomb, Leïla Shahid, Jorge Semprun...
Du 29 mai au 2 juin, de 9 heures à 13 heures.
- Le festival off
En marge des manifestations officielles, des concerts gratuits ont lieu tous les jours à 17 h 30, place Bab Boujloud.
Soirées soufies, à partir de 23 heures, à travers la ville.
Tout le programme sur www.fesfestival.com
Y aller
- Avec La Vie : Jean-Claude Petit, ancien président de Malesherbes Publications, accompagne un groupe de lecteurs à Fès, pendant le festival (2 120 €). Inscriptions : Martine Lominé, 163, bd Malesherbes, 75017 Paris.
Tél. : 01 48 88 65 34.
- Avec Terra Diva, 340 €. Hôtels de 79 à 191 € par jour pendant le festival. 29, rue des Boulangers, 75005 Paris, 01 44 07 10 12.
- Liaisons directes Paris (Orly)-Fès avec la Royal Air Maroc. Aller-retour le 27 mai et le 7 juin : 479,42 €.
- Sur les traces d’Ibn Arabî
La mosquée Aïn el Khaïl, dans le cœur de la médina de Fès. Ibn Arabî y vécut, y travailla et y reçut sa révélation. Cette petite mosquée est menacée par deux maisons mitoyennes qui risquent de s’écrouler. Laïla Skali, architecte, se mobilise pour la sauver et en faire une bibliothèque sur le soufisme et Ibn Arabî.
À lire
- Ibn Arabî dans le texte
Traité de l’amour se lit aisément. L’introduction de Maurice Gloton, traducteur et spécialiste des grands soufis, propose une chronologie éclairante sur la vie d’Ibn Arabî. Dans la même collection, mais plus ardus pour les non-arabisants : la Sagesse des prophètes et les Illuminations de La Mecque.
Albin Michel, 8,60 €.
- L’Esprit de Fès : en quête de sens et de beauté
Pour ce livre anniversaire, Nathalie Calmé a recueilli des témoignages d’artistes, philosophes, économistes... venus au festival depuis dix ans. En vente au festival, disponible en librairie début juin, éd. Albin Michel. A.S.
Ibn Arabî et l’amour
"L’amour est ce rapport
Qui concerne aussi bien l’homme que Dieu,
Bien que notre science
Ignore cette relation.
Car l’amour est savouré,
Mais son essence incomprise.
N’est-ce pas étonnant, mon Dieu ! Ô mon Dieu !
L’Être même de Dieu
Est fondé sur l’amour,
Lui qui voit en nous comme en Lui,
Sans que nous soyons principe d’analogie.
Le terme de l’amour chez l’homme
Est de réaliser l’union :
L’union de deux esprits
Et l’union de deux corps.
Aussi l’excellence de l’amour
Est-il l’effet de l’Excellence !"
Extrait de Traité de l’amour, Albin Michel coll. Spiritualités vivantes.
samedi 27 juillet 2013
Etre à l'écoute avec Boris Jollivet
À 41 ans, Boris Jollivet recueille la rumeur du monde. De l’Afrique à l’Inde, du Queyras au Jura, de la Loire, sillonnée en canoë, à ce bois d’Indre-et-Loire, près de son village, non loin d’Amboise.
« Gamin, j’étais déjà un naturaliste dans l’âme. » Adolescent, Boris avait été subjugué, au printemps, d’entendre chaque nuit de violentes percussions dans une poutre en bois d’une chambre. Il avait guetté ce tic-tac, ce bruit énigmatique, jusqu’à percevoir qu’un coléoptère de trois millimètres – une grande vrillette – se tapait la tête contre la poutre...
« Gamin, j’étais déjà un naturaliste dans l’âme. » Adolescent, Boris avait été subjugué, au printemps, d’entendre chaque nuit de violentes percussions dans une poutre en bois d’une chambre. Il avait guetté ce tic-tac, ce bruit énigmatique, jusqu’à percevoir qu’un coléoptère de trois millimètres – une grande vrillette – se tapait la tête contre la poutre...
Un couple de cygnes prend son envol
Quand vous êtes au milieu d'un lac gelé, la nuit, le froid augmente, la glace se fissure, vous sentez la vibration dans vos jambes et ça chante dans tous les sens comme par magie.
C'est pour moi le plus beau concert de la terre (que je connaisse).
C'est difficile à expliquer la prise de son car peu de personne la pratique, mais lorsqu'on enregistre, il se passe beaucoup de chose, on est concentré dans un autre monde qui procure beaucoup d'émotions.
Boris Jollivet
http://www.deezer.com/fr/album/47546
Quand vous êtes au milieu d'un lac gelé, la nuit, le froid augmente, la glace se fissure, vous sentez la vibration dans vos jambes et ça chante dans tous les sens comme par magie.
C'est pour moi le plus beau concert de la terre (que je connaisse).
C'est difficile à expliquer la prise de son car peu de personne la pratique, mais lorsqu'on enregistre, il se passe beaucoup de chose, on est concentré dans un autre monde qui procure beaucoup d'émotions.
Boris Jollivet
http://www.deezer.com/fr/album/47546
vendredi 26 juillet 2013
Changement vers l'estime de soi avec Elina Dumont
« Enfant de l'abandon, adolescente fugueuse, femme de la rue. J'en ai bavé, pourtant je m'en sors, et je n'en reviens pas. Je raconte ma longue nuit. J'ai parlé, souri, dragué, emballé, couché : juste pour trouver un lit. J'étais dehors. Il fallait bien que je trouve un chez moi. […] J'ai des dents blanches, un sourire engageant, je n'ai pas l'air d'une fille de la rue, d'une "SDF" comme on dit. Ma mère était un danger pour ses enfants. Elle buvait, elle était psychiatrique. J'ai été placée, tôt, chez la mère Trognon, au milieu des vaches, des prés et des forêts. La mère Trognon accueillait des enfants de la DDASS comme moi. Dans le village, des gens ont abusé de moi. Je ne savais pas, personne ne m'a rien dit, je croyais que c'était normal.
À 15 ans, j'ai grimpé le mur et j'ai fui, direction Paris. J'ai atterri dans un foyer. Monsieur Jacky m'a lancé comme stripteaseuse en me faisant croire que j'allais percer comme danseuse. Dans la rue, c'est sans limites. J'ai eu le nez dans la coke, j'ai bu, je me suis évanouie pour que les pompiers me ramassent. Dormir au chaud, à l'hôpital, […] c'est le luxe des gens de peu.
Mes amis de la rue m'en ont beaucoup appris : "Neuneuil", "Darty" "Zonzon", "la Fiole". […] Je ne les laisse pas tomber, c'est un peu ma famille. Dehors, tu n'as que trois verbes à ta guise : manger, te réchauffer, dormir. Aujourd'hui, je me suis reconstruite. J'ai aussi rencontré des gens qui ont cru en moi, j'ai gagné en confiance, suivi une thérapie. Je suis devenue comédienne. Une fille qui se sort de la rue, qui raconte ce qu'elle y a vécu. »
Elina Dumont
Livre "Longtemps, j'ai habité dehors"
J'ai changé, oui j'ai changé. Je n'ai pas arrêté de changer, c'est d'ailleurs ça qui m'a sauvé la vie. Je n'ai jamais voulu me laisser abattre ni rester enfermée dans une case.
Trois choses m'ont permis d'avancer : le théâtre, la psychothérapie et toutes les personnes qui, un jour, m'ont fait confiance. Grâce à elles, je peux dire que je suis sortie de la survie... pour entrer dans la vie !.
Elina Dumont
(La Vie)
À 15 ans, j'ai grimpé le mur et j'ai fui, direction Paris. J'ai atterri dans un foyer. Monsieur Jacky m'a lancé comme stripteaseuse en me faisant croire que j'allais percer comme danseuse. Dans la rue, c'est sans limites. J'ai eu le nez dans la coke, j'ai bu, je me suis évanouie pour que les pompiers me ramassent. Dormir au chaud, à l'hôpital, […] c'est le luxe des gens de peu.
Mes amis de la rue m'en ont beaucoup appris : "Neuneuil", "Darty" "Zonzon", "la Fiole". […] Je ne les laisse pas tomber, c'est un peu ma famille. Dehors, tu n'as que trois verbes à ta guise : manger, te réchauffer, dormir. Aujourd'hui, je me suis reconstruite. J'ai aussi rencontré des gens qui ont cru en moi, j'ai gagné en confiance, suivi une thérapie. Je suis devenue comédienne. Une fille qui se sort de la rue, qui raconte ce qu'elle y a vécu. »
Elina Dumont
Livre "Longtemps, j'ai habité dehors"
J'ai changé, oui j'ai changé. Je n'ai pas arrêté de changer, c'est d'ailleurs ça qui m'a sauvé la vie. Je n'ai jamais voulu me laisser abattre ni rester enfermée dans une case.
Trois choses m'ont permis d'avancer : le théâtre, la psychothérapie et toutes les personnes qui, un jour, m'ont fait confiance. Grâce à elles, je peux dire que je suis sortie de la survie... pour entrer dans la vie !.
Elina Dumont
(La Vie)
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jeudi 25 juillet 2013
Transformation des émotions avec Christophe Massin (3)
Tout ce processus demeure très discret, ne recherche pas les effets spectaculaires, les auréoles ni les arcs-en-ciel ! La détente de l'acceptation mène à la simplicité, à la sobriété. C'est l'exactitude de l'amour, juste ce qui est demandé, pas plus, pas moins. Je me sens intimement relié à tout ce qui m'entoure, issu de la même réalité.
Si je reviens à l'exemple, qu'est devenue mon irritation de départ?
Le parcours intérieur de la colère jusqu'au point sensible, l'ouverture et la détente ont changé mon état. Je nous vois chacun plongé dans nos préoccupations particulières – la vérité de la différence ! « Lorsque vous voyez la différence vous devenez un. »
Je vois aussi que prendre contre moi l'indisponibilité de ma compagne crée de la souffrance en moi. Cette souffrance rejaillit en agressivité et cherche à s'assouvir en la blessant. Cela m'éloigne encore plus d'elle au moment où je voulais en être proche. Tandis que percevoir le lien qui nous unit resitue son indisponibilité momentanée comme un incident de parcours qui peut être traité sans remous et même avec humour.
L'amour a été mis au défi et paradoxalement il va se nourrir de cette difficulté : vais-je m'aimer suffisamment pour ne pas prendre comme une offense personnelle cette situation, et vais-je aimer ma compagne suffisamment pour m'ouvrir à elle telle qu'elle est? Il ne s'agit surtout pas de forcer un sentiment de manière volontariste mais d'un changement complet de perspective: le passage du point de vue de l'ego à la perception de ce qui est. L'ego s'est focalisé sur un aspect, réduisant ici l'immensité infinie de la réalité à l'indisponibilité de ma compagne pour moi. Ce qui est ne peut être défini, ne peut se ramener à un événement particulier, c'est le mystère de l'existence. Cela, l'ego ne peut l'appréhender, il doit, au contraire, se laisser absorber par ce mystère et s'y fondre.
L'amour l'emporte alors dans son flux, faisant disparaître en même temps mon problème. Plus d'ego, plus de problème ! Plus d'ego ne signifie pas de le supprimer mais de réaliser qu'il est le fauteur de troubles, comme le voleur qui crie « au voleur! » pour détourner l'attention. Il faut juste lui demander de ne plus s'en mêler, de s'effacer discrètement. Il prétend servir au mieux mon intérêt alors qu'en fait sa maladresse, sa vision étriquée, sa susceptibilité, son avidité le contrecarrent et me desservent.
Au long de ce parcours, de la souffrance à la douleur, puis de la douleur au sentiment, le ressenti émotionnel a représenté le fil rouge de la transformation. Il en est le lieu et le vecteur et nous permet de savoir comment nous sommes situés, suivant en parallèle les quatre positions, moi seulement, moi et l'autre, l'autre et moi, l'autre seulement.
Nous pouvons les repérer aisément dans l'exemple qui précède où moi seulement se heurte à l'existence de l'autre, pour finalement l'inclure et cesser de s'opposer à lui. L'autre seulement ne signifie pas ma compagne seulement, mais s'élargit à la globalité de la situation telle qu'elle est seulement, sans l'interférence de l'ego, sans moi ni mes commentaires. L'autre seulement traduit simplement que moi s'est effacé de la scène : l'instance qui s'interpose et juge, compare, rejette, agrippe a disparu au profit d'une connexion directe avec la vie. L'autre seulement équivaut à la vie seulement, à l'amour seulement, sans condition.
Extraits de "Souffrir ou Aimer"
de Christophe Massin
Si je reviens à l'exemple, qu'est devenue mon irritation de départ?
Le parcours intérieur de la colère jusqu'au point sensible, l'ouverture et la détente ont changé mon état. Je nous vois chacun plongé dans nos préoccupations particulières – la vérité de la différence ! « Lorsque vous voyez la différence vous devenez un. »
Je vois aussi que prendre contre moi l'indisponibilité de ma compagne crée de la souffrance en moi. Cette souffrance rejaillit en agressivité et cherche à s'assouvir en la blessant. Cela m'éloigne encore plus d'elle au moment où je voulais en être proche. Tandis que percevoir le lien qui nous unit resitue son indisponibilité momentanée comme un incident de parcours qui peut être traité sans remous et même avec humour.
L'amour a été mis au défi et paradoxalement il va se nourrir de cette difficulté : vais-je m'aimer suffisamment pour ne pas prendre comme une offense personnelle cette situation, et vais-je aimer ma compagne suffisamment pour m'ouvrir à elle telle qu'elle est? Il ne s'agit surtout pas de forcer un sentiment de manière volontariste mais d'un changement complet de perspective: le passage du point de vue de l'ego à la perception de ce qui est. L'ego s'est focalisé sur un aspect, réduisant ici l'immensité infinie de la réalité à l'indisponibilité de ma compagne pour moi. Ce qui est ne peut être défini, ne peut se ramener à un événement particulier, c'est le mystère de l'existence. Cela, l'ego ne peut l'appréhender, il doit, au contraire, se laisser absorber par ce mystère et s'y fondre.
L'amour l'emporte alors dans son flux, faisant disparaître en même temps mon problème. Plus d'ego, plus de problème ! Plus d'ego ne signifie pas de le supprimer mais de réaliser qu'il est le fauteur de troubles, comme le voleur qui crie « au voleur! » pour détourner l'attention. Il faut juste lui demander de ne plus s'en mêler, de s'effacer discrètement. Il prétend servir au mieux mon intérêt alors qu'en fait sa maladresse, sa vision étriquée, sa susceptibilité, son avidité le contrecarrent et me desservent.
Au long de ce parcours, de la souffrance à la douleur, puis de la douleur au sentiment, le ressenti émotionnel a représenté le fil rouge de la transformation. Il en est le lieu et le vecteur et nous permet de savoir comment nous sommes situés, suivant en parallèle les quatre positions, moi seulement, moi et l'autre, l'autre et moi, l'autre seulement.
Nous pouvons les repérer aisément dans l'exemple qui précède où moi seulement se heurte à l'existence de l'autre, pour finalement l'inclure et cesser de s'opposer à lui. L'autre seulement ne signifie pas ma compagne seulement, mais s'élargit à la globalité de la situation telle qu'elle est seulement, sans l'interférence de l'ego, sans moi ni mes commentaires. L'autre seulement traduit simplement que moi s'est effacé de la scène : l'instance qui s'interpose et juge, compare, rejette, agrippe a disparu au profit d'une connexion directe avec la vie. L'autre seulement équivaut à la vie seulement, à l'amour seulement, sans condition.
Extraits de "Souffrir ou Aimer"
de Christophe Massin
mercredi 24 juillet 2013
Transformation des émotions avec Christophe Massin (2)
— Admettre que je ne sais pas.
Lâcher implique de reconnaître que je ne sais pas, qu'une large proportion des éléments qui ont concouru à cette scène m'échappe totalement. Mon point de vue se limite à un point de vue. Le réaliser véritablement me conduit à quitter le ton cassant et péremptoire de la colère, pour une attitude plus ouverte. Un début d'acceptation devient possible, quand je vois qu'il ne m'est pas nécessaire de comprendre tous les tenants et aboutissants pour accepter.
— Accepter pour comprendre.
La compréhension découlera naturellement de l'acceptation, alors que, le plus souvent, nous exigeons en priorité de comprendre avant d'accepter.
— Ressentir plutôt que penser.
Plus je rumine dans ma tête à propos de la situation, moins j'arriverai à accepter. Alors que si je m'intéresse à ce que je ressens dans mon corps et dans mon coeur. cela me sera plus aisé: je sens l'oppression dans la poitrine, la tension dans mes bras et mes jambes, la crispation de mon visage. mon vécu émotionnel. Je laisse ces sensations évoluer d'elles-mêmes, en les acceptant et en me relâchant autant qu'il m'est possible.
— Choisir plutôt que supporter.
Pour que l'acceptation soit libératrice et joyeuse, elle doit être vécue comme un vrai choix positif : je peux facilement refuser, je peux aussi accepter sur un mode passif, tiède — bon, c'est comme ça... ma compagne est comme ça... Mais en ce cas, le résultat risque fort de me décevoir à la mesure de cette tiédeur.
— Voir un défi et une opportunité.
Je peux plutôt choisir activement cette situation comme un défi et une opportunité. Elle me défie parce qu'elle déçoit mon attente : vais-je trouver la ressource pour saisir la balle au bond ou vais-je répéter la scène de ménage sans surprise, une fois de plus ? Elle m'offre l’opportunité de m'ouvrir, de dépasser le plan superficiel, d'élargir le champ de mes possibles.
— M'ouvrir à la créativité et à l'imprévisibilité.
Cette attitude qui relève le défi m'emmène vers la nouveauté, vers l'imprévisible. Je ne sais plus ce qui va sortir de moi, je vais le découvrir en même temps que ma compagne — cela devient passionnant. Je fais confiance à l'intelligence du cœur qui va savoir trouver un chemin, sans que je me prenne la tête à élaborer une quelconque stratégie. Alors que la tête oppose (j'ai raison/elle a tort), le cœur intègre les points de vue contradictoires en nous englobant tous les deux dans sa vision bienveillante : comme une mère entoure du même amour ses enfants qui se disputent. Je m'appuie aussi sur mon corps qui dispose de ses propres antennes et de son intelligence instinctive.
— Me laisser aller à la détente.
L'acceptation a contribué à me détendre physiquement et je peux pousser plus loin dans cette direction en respirant avec le ventre, en le mettant en mouvement, pour retrouver une fluidité, une circulation de l'énergie. Me mobilisant ainsi, je me rapproche du plaisir sensuel de sentir la vie palpiter, avec d'autant plus d'intensité, après toutes ces émotions. Mieux je me sentirai dans mon corps, plus vivante sera ma réponse.
— M'impliquer pleinement.
Tête, cœur et corps participent tous à l'alchimie qui va transformer un homme énervé et agressif en un homme aimant, déjà en lui-même, puis avec l'autre. Oui, le processus réclame la participation de tout mon être, que rien ne soit laissé en dehors, que rien ne soit évité. L'amour exige cette entièreté, ce don de soi complet qui en même temps m'emplit.
— Répondre à la situation.
À partir de ce terreau fécond, la réponse se développe naturellement, prenant en compte l'ensemble de la situation, et pas seulement mon point de vue personnel. La transformation ne s'arrête pas à celle du vécu émotionnel, son aboutissement se concrétise par l'action, une action qui exprime l'unité avec l'autre, avec la situation. L'amour est réponse à ce que la vie me demande maintenant. L'égocentrisme laisse la place à une vision plus vaste où je deviens un élément au même titre que les autres.
Lâcher implique de reconnaître que je ne sais pas, qu'une large proportion des éléments qui ont concouru à cette scène m'échappe totalement. Mon point de vue se limite à un point de vue. Le réaliser véritablement me conduit à quitter le ton cassant et péremptoire de la colère, pour une attitude plus ouverte. Un début d'acceptation devient possible, quand je vois qu'il ne m'est pas nécessaire de comprendre tous les tenants et aboutissants pour accepter.
— Accepter pour comprendre.
La compréhension découlera naturellement de l'acceptation, alors que, le plus souvent, nous exigeons en priorité de comprendre avant d'accepter.
— Ressentir plutôt que penser.
Plus je rumine dans ma tête à propos de la situation, moins j'arriverai à accepter. Alors que si je m'intéresse à ce que je ressens dans mon corps et dans mon coeur. cela me sera plus aisé: je sens l'oppression dans la poitrine, la tension dans mes bras et mes jambes, la crispation de mon visage. mon vécu émotionnel. Je laisse ces sensations évoluer d'elles-mêmes, en les acceptant et en me relâchant autant qu'il m'est possible.
— Choisir plutôt que supporter.
Pour que l'acceptation soit libératrice et joyeuse, elle doit être vécue comme un vrai choix positif : je peux facilement refuser, je peux aussi accepter sur un mode passif, tiède — bon, c'est comme ça... ma compagne est comme ça... Mais en ce cas, le résultat risque fort de me décevoir à la mesure de cette tiédeur.
— Voir un défi et une opportunité.
Je peux plutôt choisir activement cette situation comme un défi et une opportunité. Elle me défie parce qu'elle déçoit mon attente : vais-je trouver la ressource pour saisir la balle au bond ou vais-je répéter la scène de ménage sans surprise, une fois de plus ? Elle m'offre l’opportunité de m'ouvrir, de dépasser le plan superficiel, d'élargir le champ de mes possibles.
— M'ouvrir à la créativité et à l'imprévisibilité.
Cette attitude qui relève le défi m'emmène vers la nouveauté, vers l'imprévisible. Je ne sais plus ce qui va sortir de moi, je vais le découvrir en même temps que ma compagne — cela devient passionnant. Je fais confiance à l'intelligence du cœur qui va savoir trouver un chemin, sans que je me prenne la tête à élaborer une quelconque stratégie. Alors que la tête oppose (j'ai raison/elle a tort), le cœur intègre les points de vue contradictoires en nous englobant tous les deux dans sa vision bienveillante : comme une mère entoure du même amour ses enfants qui se disputent. Je m'appuie aussi sur mon corps qui dispose de ses propres antennes et de son intelligence instinctive.
— Me laisser aller à la détente.
L'acceptation a contribué à me détendre physiquement et je peux pousser plus loin dans cette direction en respirant avec le ventre, en le mettant en mouvement, pour retrouver une fluidité, une circulation de l'énergie. Me mobilisant ainsi, je me rapproche du plaisir sensuel de sentir la vie palpiter, avec d'autant plus d'intensité, après toutes ces émotions. Mieux je me sentirai dans mon corps, plus vivante sera ma réponse.
— M'impliquer pleinement.
Tête, cœur et corps participent tous à l'alchimie qui va transformer un homme énervé et agressif en un homme aimant, déjà en lui-même, puis avec l'autre. Oui, le processus réclame la participation de tout mon être, que rien ne soit laissé en dehors, que rien ne soit évité. L'amour exige cette entièreté, ce don de soi complet qui en même temps m'emplit.
— Répondre à la situation.
À partir de ce terreau fécond, la réponse se développe naturellement, prenant en compte l'ensemble de la situation, et pas seulement mon point de vue personnel. La transformation ne s'arrête pas à celle du vécu émotionnel, son aboutissement se concrétise par l'action, une action qui exprime l'unité avec l'autre, avec la situation. L'amour est réponse à ce que la vie me demande maintenant. L'égocentrisme laisse la place à une vision plus vaste où je deviens un élément au même titre que les autres.
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