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dimanche 12 octobre 2025

« L’estime… ne va pas de soi »

 « L’estime… ne va pas de soi »

Louise Groux - Lion

« Maman, regarde mon beau dessin ! » Parfois, je cherche encore l’approbation des autres, comme la petite fille attend derrière la porte de recevoir son bisou. Vivre de mon travail exige une certaine reconnaissance – expositions, ventes, etc. Comment trouver l’équilibre entre estime de soi et orgueil, doute et humilité ? Face à mes premiers tableaux, maman me challenge : « Ce n’est pas abouti, ma chérie ! » Quant à mon père, je me tue à attirer son attention. Comme seule victoire sur son indifférence, j’obtiens : « Tu es ma fille, donc tu te dois d’être géniale. » À peine écrasant. J’ai arrêté de brûler mes œuvres quand j’ai identifié les blessures dans mon enfance et expérimenté la tendresse infinie de Dieu, destinée à chacun. Je suis désirée et digne d’amour. Je n’ai plus besoin d’une reconnaissance à tous crins. Quand je doute, désormais, je prie. Une de mes plus grandes joies réside dans les moments où je vis l’humilité en vérité. 

L. Groux - N.D. de Paris

Un jour, je devais peindre un retable pour une commande privée, une scène de crucifixion. J’y allais la fleur au fusil, confiante, déterminée, persuadée de mener les choses rondement. J’ai été submergée par ce sujet insondable. La technique ? Les proportions ? Le souffle ? Quelque chose m’agressait. J’ai compris que deux sujets coexistaient : le temporel et le spirituel. Pour la technique, je m’étais préparée comme un soldat va au front. Un plan de bataille bien carré. Pour l’essence, j’ai dû finir à genoux et lâcher prise. Mon travail ne m’appartient pas. Je peins afin de donner à contempler beaucoup plus grand que moi-même. Pour combattre l’orgueil, rien de tel que d’avoir des enfants. Des phrases comme : « Maman, c’est quoi ton travail, en fait ? Tu dessines toute la journée ? » ou encore « Mamaaaaan, y a plus de papier toilette ! » font vite redescendre sur terre !


Louise Groux

Voir son site

Source : La Vie

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lundi 14 octobre 2024

Je suis l'abandon

 Voici la blessure d'abandon que j'ai beaucoup travaillée... La vulnérabilité est une porte pour l'accueillir. Et l'estime de soi pour la cicatriser.

Extrait du très beau livre "Le Murmure des émotions" de Caroline Foucher



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dimanche 30 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (6)

 

S’aimer soi-même


Oui... car il ne peut y avoir authentiquement amour de l’autre sans qu’il y ait amour de soi. Pourtant, parvenir à s’aimer soi-même est une des choses les plus difficiles.

Rappelons-nous : en présence de l’être de lumière, les personnes ayant fait une EMI se sont senties aimées de façon inconditionnelle. Cette expérience d’amour a été si puissante, si inspirante que beaucoup d’entre elles en sont revenues avec une forte aspiration à être capables non seulement de manifester à leur tour autant d’amour, mais de s’ouvrir au respect de soi, à l’amour de soi, à l’autocompassion :

« Si l’être de lumière a pu m’accepter telle que je suis, avec tous mes défauts, imperfections et faiblesses, je peux moi aussi m’accepter telle que je suis. »

En cela, les EMI sont ressenties comme un véritable soin, une authentique réparation des blessures passées. C’est l’opportunité de mettre un point d’arrêt aux comportements d’autodestruction ou d’autosabotage et d’aller vers l’acceptation, le pardon de soi, l’accueil de tout ce que l’on est.

«Je me suis sentie aimée par cet être d’une manière qui dépassait tout ce que j’avais pu connaître. Si j’avais su combien je pouvais être aimée, peut-être n’aurais-je pas tant perdu de temps à me détester moi-même... J’ai compris que j’étais digne en tant que personne et que ça ne servait à rien de vouloir me persuader du contraire. »

Pour quelqu’un qui souffre de manque d’estime de soi ou de dévalorisation, quelle délivrance de se percevoir fondamentalement digne d’amour, quelle que soit son histoire de vie, de se voir sans l’ombre d’un doute intrinsèquement lumineux, digne d’exister au monde, sans avoir besoin de se justifier ou de recevoir l’approbation d’autrui !

Ainsi, même si on n’en a pas vécu, les EMI poussent à revisiter cette terrible tendance à nous dénigrer nous-mêmes. Elles nous montrent comment nous percevoir tels que nous sommes véritablement : des êtres fondamentalement aimants et aimables - dignes d’être aimés —, au-delà de ce que nous croyons de nous. Et si une partie de notre mission de vie était aussi d’apprendre le respect de nous-mêmes, de nous révéler nous-mêmes à notre propre nature, dans sa dimension lumineuse d’amour et de sagesse ? Les personnes qui ont vécu une EMI n’ont strictement rien fait pour acquérir ce nouveau regard sur elles-mêmes, aucun travail, aucune psychothérapie : elles se sont simplement perçues telles qu’elles étaient vraiment. Pourquoi ne pas nous ouvrir, nous aussi, à ce que nous sommes déjà ?

«J’ai découvert qu’il y avait en moi une sécurité et une dignité fondamentale qui ne dépendent pas du regard d’autrui. Elles guident mes pas et je me suis affranchie de l’opinion des autres pour décider ce qui est bon pour moi. Je n’ai plus peur d’être rejetée si je ne vais pas dans leur sens. Je SUIS et cela ne dépend de personne. »

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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mercredi 28 juin 2023

Appréciation

 Comment s'apprécier à sa juste valeur ? Déjà prendre conscience que notre corps est une merveille où chaque cellule vit en harmonie avec les autres. Plus je le respecte, moins je suis soumis aux agressions extérieures...



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vendredi 18 juin 2021

Acceptation de soi...

 


« Quand, dans l’enfance, on nous a proposé une perfection que nous ne pouvions pas incarner, nous avons été divisés et nous nous sommes sentis défaillants par rapport à un idéal qui aurait été en fait flatteur pour notre vanité et nous aurait permis de nous sentir aimés et admirés par nos parents et notre entourage. Nous en arrivons donc à nous détester nous-mêmes d’être ce que nous sommes ou, selon une manière bien erronée de nous exprimer, de « n’être que ce que nous sommes ». Si j’étais autre – tout cela remonte à l’enfance -, je me sentirais tout le temps aimé, jamais critiqué, jamais refusé, et, qui plus est, admiré. Il y a scission entre ce que je voudrais être et ce que je suis, alors qu’en vérité, à chaque instant, je ne peux être que ce que je suis. Sur la base de cette division, qui n’a aucune valeur spirituelle et qui conduit au non-amour de soi, je ne peux pas progresser. Un être divisé ne peut pas croître, évoluer. Un être unifié inévitablement progresse.


C’est un point vraiment essentiel de ne surtout pas confondre l’amour heureux pour soi-même avec l’amour propre, la vanité ou la susceptibilité qui sont au contraire des marques flagrantes de non-amour de soi. Parce que je ne peux pas m’aimer moi-même tel que je suis, je deviens très vulnérable à l’admiration, à la louange ou, au contraire, à la critique. Nous pouvons bien sûr nous sentir déroutés au premier abord par un enseignement qui nous demande de nous aimer nous-même alors qu’on nous a toujours dit qu’il fallait s’oublier soi-même pour aimer les autres et que tout le mal venait justement de ce qu’on s’aimait soi-même au lieu d’aimer les autres. Par un étrange paradoxe, nous trouvons tout à fait normal qu’un sage nous aime d’un amour inconditionnel et absolu mais, nous, nous ne pouvons pas nous aimer parce que nous ne sommes pas ce que nous voudrions être ou ce que, selon les modèles qu’on nous a proposés, nous devrions être.

Il faut, d’une manière ou d’une autre, réussir à se pardonner complètement et à s’aimer soi-même inconditionnellement grâce à l’ensemble de toutes les pratiques d’une voie. »

Extrait de "Les formules de Swâmi Prajnânpad"

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mardi 15 décembre 2020

Changez votre fréquence intérieure

Changez votre fréquence intérieure


Cet exercice devrait être pratiqué pendant plusieurs semaines (au moins trois), c’est le minimum de temps qu’il faut pour se déconditionner. 

Il s’agit de remplacer une voix intérieure négative, critique et démoralisante, par une voix bienveillante et encourageante. 

 a. Identifiez votre voix intérieure négative 
 Celle qui vous dit que vous n'êtes pas à la hauteur, que vous n’y arriverez pas, que vous êtes nul, pas aimable, pas séduisant, celle qui vous indique le verre à moitié vide, vos échecs plutôt que vos réussites, qui répète : « A quoi bon ? » dès que vous prenez une initiative… Quel ton utilise-t-elle? Persuasif, désabusé, ironique, autoritaire, froid, etc.? 

 b. Répondez-lui calmement 
 Vous avez reconnu cette voix ? Vous pouvez maintenant lui répondre pour la remettre à sa place. A vous de trouver votre formule qui, idéalement, devrait lui dire ceci : « Je sais que tu es inquiète pour moi, que tu veux mon bien, mais tu t’y prends mal, tu me fais de la peine et tu me paralyses. J’ai besoin de mots bienveillants et encourageants pour avancer. »

c. Transformez la rengaine négative
A partir des critiques ou avertissements émis par votre voix intérieure négative, imaginez la traduction-transformation positive qu'en ferait votre ami imaginaire pour vous conseiller au mieux et vous encourager. Vous pouvez mettre cette « traduction-transformation » par écrit.

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source : Psychologies magazine

vendredi 11 décembre 2020

Traitez-vous en véritable ami ou amie

Retour sur soi 

Imaginez que l’un ou l'une de vos proches doive procéder à des changements dans sa vie ou vivre votre épreuve. Comment le ou la soutiendriez-vous ? Quels conseils lui donneriez-vous? Quelles attentions lui accorderiez-vous? Quel professionnel lui conseilleriez-vous de consulter? Qu’est-ce qui vous alarmerait dans son comportement? Quels conseils donneriez-vous à ses proches ? Que ne feriez-vous jamais avec lui ou elle, ni ne lui diriez jamais?
Une fois toutes ces réponses récoltées, relisez-les très attentivement avant de les noter, puis considérez-les comme de salutaires piqûres de rappel pour vous.


Faites des pauses d’autocompassion


Pensez à une situation ou une relation difficile, qui, dans votre quotidien, est source de stress. En y pensant, essayez de sentir les endroits où le stress ou une tension se manifeste dans votre corps, puis dites-vous que : 

a. C’est un moment de souffrance.
Vous pouvez aussi vous dire : « Ça fait mal. aïe! », ou « C’est ça, le stress. » 

b. La souffrance fait partie de la vie.
Elle est commune à toute l’humanité. 

Vous pouvez aussi vous dire : « Les autres ressentent aussi cela, je ne suis pas seul, nous luttons tous dans nos vies. » 

Maintenant, posez vos mains sur votre cœur, ressentez leur chaleur et la douceur de leur poids sur votre poitrine, puis dites-vous : « Puissé-je faire preuve de bonté ou de gentillesse avec moi-même. »
Vous pouvez aussi vous dire : « Puissé-je me donner la compassion dont j’ai besoin, apprendre à m’accepter comme je suis, me pardonner, être fort, être patient. »
Cet exercice peut être effectué à tout moment du jour ou de la nuit, dès que vous ressentez monter en vous une certaine dureté pour vous-même, ou que vous vous négligez. 


Pratiquez le toucher soutenant 


Parce qu’il active le système nerveux parasympathique, le toucher apaise les tempêtes émotionnelles. Des études ont montré qu’il activait la production d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, qui nous procure un sentiment de sécurité, calme nos émotions, ainsi que le système cardio-vasculaire. 
Quand vous sentez le stress monter : 
 • Prenez deux ou trois respirations profondes et lentes. 
 • Placez doucement votre main sur votre cœur (ou les deux mains sur votre poitrine, comme vous le sentez). 
 • Ressentez le rythme de votre respiration qui s’apaise, votre corps qui se détend... 
 Vous pouvez aussi : 
 • Poser vos mains sur votre visage ou sur votre abdomen. 
 • Vous serrer dans vos bras. 
 • Frottez doucement vos bras de bas en haut.

Source : Psychologies magazine

jeudi 4 juin 2020

Quand l'idéal nous piège



Pour « guérir » d’un idéal excessif, le meilleur moyen n'est même pas de l’atteindre. Comme le disait Oscar Wilde : « Il y a deux drames dans la vie d'un homme : ne pas arriver à obtenir ce qu'il souhaite. Et y arriver. » Se dégager de l'emprise de ses idéaux n’est pas chose facile, notamment parce qu’ils jouent parfois un rôle compensatoire à une blessure enfantine de l’estime de soi : le sentiment de ne pas avoir été respecté par son père va être, par exemple, à l’origine de l’acharnement au travail et à la réussite de tel homme d’affaires. La prise de conscience de nos idéaux, parfois masqués à nos propres yeux, est souvent la première démarche qui nous permettra de les assouplir : c’est le but de nombreuses psychothérapies.


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source : L'Estime de soi
Christophe André et François Lelord
S'aimer pour mieux vivre avec les autres

lundi 27 août 2018

Aide toi ! Le ciel t'aidera !


La plus grande étreinte d'amour que tu ne feras jamais est de t'embrasser complètement. 
Ensuite, tu te rendras compte que tu as embrassé l'univers entier et tout le monde en lui. 

ADYASHANTI 


Mariela Garibay

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mardi 23 janvier 2018

Mieux s'aimer... pour mieux aimer les autres. (2)

Y a-t-il un risque à se donner au-delà de ses forces ?
Sans aucun doute. Nous n'avons pas à être des amis, des pères, des collègues parfaits, mais à être d'abord responsables de notre propre existence ; on peut s'engager pour les autres, mais pas les sauver. Malgré ma longue expérience de la méditation, j'ai longtemps cru que mon devoir de bienveillance passait par le sacrifice, notamment pour mon compagnon très malade et en pleine détresse. « Sauvez votre peau ! » : cette parole d'un ami thérapeute a été un déclic. Et du jour où j'ai assumé que je ne pouvais sauver mon ami, que je pouvais être là, que je pouvais l'aimer et l'aider sans me sacrifier pour autant, je lui ai laissé la possibilité de trouver en lui-même sa propre solidité. Il nous faut sortir de cette fausse dualité entre mon mauvais égoïsme et la prééminence de l'autre à qui je devrais tout.
Il nous faut sortir de cette fausse dualité entre mon mauvais égoïsme et la prééminence de l'autre à qui je devrais tout.
On a fait de « l'autre » un totem écrasant, dites-vous. Pourquoi ? Où sont les fautifs ?
« Je ne vaux rien, et ce qui compte, ce sont les autres ! » Nous devons cet impératif catégorique aux philosophies occidentales ! Notons au passage un changement de vocabulaire révélateur : on est passé du « prochain »  – celui qui m'est proche !  – à un « autre » complètement abstrait. Je peux aimer mon prochain, mais comment puis-je aimer « l'autre » ? C'est au XIXe siècle qu'Auguste Comte a inventé l'altruisme, la meilleure réponse, selon lui, à notre égoïsme... Or, cela ne fait que renforcer le problème. Autrui n'est pas séparé de moi. Le croire est une folie ! Tout autant l'égoïste qui croit pouvoir vivre sans s'ouvrir à l'autre que l'altruiste qui croit que cela passe par le déni de soi font fausse route ! La philosophie n'a jamais demandé de se sacrifier soi-même sur l'autel de la raison. Dans Ménon, Socrate invite tout être humain – et même l'esclave ! – à parler en son nom, à réfléchir par lui-même en interrogeant le sens de son existence.
La théologie chrétienne serait-elle aussi victime de ces dérives ?
Bien sûr ! Je suis frappé de voir qu'on identifie le christianisme au péché originel et qu'on en a fait la source de toutes nos culpabilités. On a retenu cette idée que si l'homme se regarde, il se voit forcément mauvais. Or il suffit d'ouvrir les Évangiles pour voir que le Christ ne cesse de montrer sa capacité à aimer chacun comme il est, aussi imparfait soit-il. Sa parole n'est jamais écrasante, on le voit dans sa rencontre avec la Samaritaine. Il l'aime plus qu'elle ne s'aime et la conduit, à partir de cet amour-là, à se prendre elle-même, la pécheresse, en considération. S'aimer sans condition, simplement parce que je suis un être humain, ce message est d'une vraie modernité. À l'ère de l'auto-exploitation, où nous n'avons plus le droit de nous arrêter pour nous écouter, nous retrouver, être attentifs à nos ressentis, c'est révolutionnaire. Le malentendu de notre temps est là : ce n'est pas par l'auto-contrôle que l'on parvient à s'aimer, mais par un don gratuit que nous pouvons nous octroyer à nous-mêmes, ou plus simplement accepter de recevoir.
Je rejoins la vision de la philosophe Simone Weil d'un amour de soi qui est d'abord l'amour de la vie qui nous habite.
S'aimer soi-même n'empêche donc pas l'ouverture au monde ?
Le « moi » n'est pas une identité dangereuse qui nous enfermerait sur nous-mêmes, mais plutôt une énigme à rencontrer. Ni mes angoisses, ni mes colères, ni mes peurs ne me résument totalement. Je reste toujours « autre », à découvrir. « Deviens ce que tu es », conseillait déjà le poète lyrique grec Pindare au Ve siècle avant notre ère. Le mythe de Narcisse nous parle de cette aventure d'advenir à soi. À l'opposé de l'individualisme égoïste de notre temps, je rejoins la belle vision de la philosophe Simone Weil (1909-1943) d'un amour de soi qui est d'abord l'amour de la vie qui nous habite. Le narcissique est le contraire du vaniteux, qui est loin de lui-même et qui a besoin que tous reconnaissent qu'il est génial. Le narcissique  – celui qui s'est rencontré  – est en paix avec lui-même, n'a pas besoin qu'on lui dise qu'il est le meilleur. Il ne reste pas à se regarder dans le miroir, mais s'engage pour le monde. C'est la peur qui sépare des autres, pas l'amour de soi. L'alternative n'est donc pas de s'occuper de soi ou des autres, c'est un même mouvement, car l'amour n'est pas un gâteau : la part que je m'octroie, je ne l'enlève pas aux autres.
Qui peut nous aider aujourd'hui à trouver cet amour juste et à sauver notre peau ?
Les spirituels qui nous parlent de ce don incroyable d'être aimé au-delà de soi-même. Les bons thérapeutes qui nous aident à retrouver notre socle par la rencontre véritable : ils nous permettent d'aimer enfin ce que nous sommes. Enfin, les poètes qui nous parlent de la confiance en la vie et de l'humanité qui nous habite. Je pense ici particulièrement à Rainer Maria Rilke, qui m'a guidé pour ce livre, avec notamment sa figure du « Narcisse exaucé » : dans sa rencontre avec lui-même, le monde entier lui est donné.

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source : la Vie

lundi 22 janvier 2018

Mieux s'aimer... pour mieux aimer les autres. (1)

On s'aimerait trop, on ne serait pas assez altruiste. C'est tout l'inverse, nous dit Fabrice Midal, philosophe et fondateur de l'École occidentale de méditation. Et d'inviter à relire le mythe de Narcisse, qui est mal compris. Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est être bienveillant avec soi pour... mieux aimer les autres. 

De livre en livre, celui qui médite depuis 30 ans et qui a fondé l'École occidentale de méditation dénonce la course à la performance que nous imposent nos rythmes de vie et de travail, mais aussi l'idéal de perfection qui traverse la société, avec l'illusion de pouvoir « tenir » grâce à des outils antistress, comme le serait la méditation. En 2017, son précédent ouvrage, Foutez-vous la paix !, visait déjà à nous déculpabiliser de ne pas être « zen ». Cette fois, en réhabilitant le mythe mal interprété de Narcisse, le philosophe nous invite à avoir de la tendresse pour soi, comme on l'aurait pour un ami.
Que nous raconte le mythe grec de Narcisse ?
J'ai longtemps cru que Narcisse était l'être qui s'aime trop. Or, c'est tout l'inverse. Le mythe nous conte l'histoire d'un enfant à qui on a prédit qu'il vivra vieux s'il ne se connaît pas. Il grandit donc éloigné de tous les miroirs. Il est beau, mais se croit vilain petit canard. Loin de lui-même, il ne sait pas vraiment qui il est. Un jour, se mirant dans l'eau d'une source, Narcisse découvre un beau jeune homme et tombe amoureux de sa propre image, de cet étranger qui n'est autre que lui-même. Quand il finit par se reconnaître, il est heureux et se transforme en fleur blanche au cœur d'or, le narcisse, la première à éclore après l'hiver.
Ce mythe ferait écho aux souffrances de notre temps ?
Oui ! Car jamais nous n'avons vécu aussi loin et avec une telle défiance de nous-mêmes. Si, au XXe siècle, le mythe d'Œdipe était l'emblème de la psyché humaine, de cet homme écrasé par la loi du père, bravant l'interdit et qui cherche sa singularité, celui de Narcisse nous parle de l'être fragmenté d'aujourd'hui, qui s'auto-exploite et cherche sa cohérence. Conduit par la quête de performance, l'homme contemporain ne respecte plus ses besoins, il ne s'autorise plus à se reposer et se donne jusqu'à l'effondrement. Les risques d'épuisement psychologique  – dont le saisissant burn-out !  – sont les nouveaux virus du siècle. Chacun s'efforce en permanence d'être au top : bon professionnel, bon parent, bon compagnon, bon citoyen... s'instrumentalisant lui-même comme une machine. On le voit avec les jeunes enfants, qui ont déjà l'angoisse de plus en plus tôt de ne pas être à la hauteur. Il en découle des déficits d'attention, signe de ce stress qu'on leur impose pour rentrer dans la performance scolaire, en les évaluant de plus en plus tôt. Il est urgent de retrouver qui nous sommes, de faire la paix avec nos corps et nos esprits.
Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est avoir de la tendresse pour soi. 
Quelle nouvelle image de nous-mêmes Narcisse nous propose-t-il d'habiter ?
Le mythe nous invite à regarder dans le miroir pour retrouver notre vulnérabilité et les limites de notre propre humanité. Voir en moi « l'humaine condition », écrivait Montaigne. Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est avoir de la tendresse pour soi. C'est se regarder dans le miroir pour ne plus être trop loin de soi-même, pouvoir se témoigner de l'amitié  – comme à un ami dont on connaîtrait les défauts  – et se reconnaître des talents pour les faire grandir. Nous n'avons pas assez d'amour narcissique. À cet égard, il est symptomatique de constater que lorsque je demande aux participants de mes sessions sur l'amour bienveillant d'identifier une qualité qu'ils possèdent ou un acte bénéfique qu'ils ont accompli dans leur vie, plus de la moitié n'y parvient pas spontanément...
Ce serait donc en reconnaissant nos fragilités que nous pourrions retrouver confiance ?
Le psychiatre américain Milton Erickson raconte que, appelé un jour auprès d'une femme dépressive qui vivait isolée de tous, il lui a fait cette étonnante prescription : ayant repéré dans sa maison une bouture de violette dont la patiente prenait grand soin, il lui a demandé d'acheter dix pots garnis de fleurs et dix pots vides et de remplir ces derniers de boutures pour les offrir un par un aux autres villageois. L'existence de cette femme en a été bouleversée. En retour de ces cadeaux qui réveillaient en elle le plaisir et l'élan vital, elle a reçu compliments et reconnaissance jusqu'à devenir une personnalité appréciée de son village. L'histoire montre qu'un narcissisme bien orienté n'est pas une méthode de plus pour cultiver l'estime de soi, mais une image de soi-même à habiter, une confiance à nourrir pour retrouver sa vitalité et s'engager sur la voie de la transformation.

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source : la Vie

vendredi 26 juillet 2013

Changement vers l'estime de soi avec Elina Dumont

« Enfant de l'abandon, adolescente fugueuse, femme de la rue. J'en ai bavé, pourtant je m'en sors, et je n'en reviens pas. Je raconte ma longue nuit. J'ai parlé, souri, dragué, emballé, couché : juste pour trouver un lit. J'étais dehors. Il fallait bien que je trouve un chez moi. […] J'ai des dents blanches, un sourire engageant, je n'ai pas l'air d'une fille de la rue, d'une "SDF" comme on dit. Ma mère était un danger pour ses enfants. Elle buvait, elle était psychiatrique. J'ai été placée, tôt, chez la mère Trognon, au milieu des vaches, des prés et des forêts. La mère Trognon accueillait des enfants de la DDASS comme moi. Dans le village, des gens ont abusé de moi. Je ne savais pas, personne ne m'a rien dit, je croyais que c'était normal.
 À 15 ans, j'ai grimpé le mur et j'ai fui, direction Paris. J'ai atterri dans un foyer. Monsieur Jacky m'a lancé comme stripteaseuse en me faisant croire que j'allais percer comme danseuse. Dans la rue, c'est sans limites. J'ai eu le nez dans la coke, j'ai bu, je me suis évanouie pour que les pompiers me ramassent. Dormir au chaud, à l'hôpital, […] c'est le luxe des gens de peu. 
Mes amis de la rue m'en ont beaucoup appris : "Neuneuil", "Darty" "Zonzon", "la Fiole". […] Je ne les laisse pas tomber, c'est un peu ma famille. Dehors, tu n'as que trois verbes à ta guise : manger, te réchauffer, dormir. Aujourd'hui, je me suis reconstruite. J'ai aussi rencontré des gens qui ont cru en moi, j'ai gagné en confiance, suivi une thérapie. Je suis devenue comédienne. Une fille qui se sort de la rue, qui raconte ce qu'elle y a vécu. » 
Elina Dumont
Livre "Longtemps, j'ai habité dehors"



J'ai changé, oui j'ai changé. Je n'ai pas arrêté de changer, c'est d'ailleurs ça qui m'a sauvé la vie. Je n'ai jamais voulu me laisser abattre ni rester enfermée dans une case.

Trois choses m'ont permis d'avancer : le théâtre, la psychothérapie et toutes les personnes qui, un jour, m'ont fait confiance. Grâce à elles, je peux dire que je suis sortie de la survie... pour entrer dans la vie !.

Elina Dumont
(La Vie)