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samedi 31 janvier 2026

Le petit moi.


« Si vous pouvez comprendre que ce “petit moi”
n’a jamais, à aucun moment,
eu d’existence en dehors de votre imagination,
alors vous ne serez plus préoccupé
par les moyens ou les méthodes
pour vous en débarrasser. »
ANNAMALAI SWAMI
— The Mountain Path, juin 1993, p. 50
Image : Kristina Varaksina

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mardi 11 février 2025

La métaphore de la file d'attente.🚶🚶🚶🚶


Petit, on nous apprend à laisser passer les autres, ou à les faire passer en premier, ou à se mettre en retrait pour ne pas déranger, ne pas s'imposer, ne pas être égoïste, ect..

Et aujourd'hui où en êtes-vous dans cette file d'attente?

Et si la règle, c’était chacun son tour?

Et s’il y avait de la place pour tout le monde?

Et si c’était enfin votre tour?

Et si vous vous occupiez (enfin) de vous?

❌ Non, ça ne fait pas de vous quelqu’un d’égoïste!

✅ Car plus vous répondez à vos besoins et plus vous serez disponible pour les autres. 🥰

Qu'en pensez-vous?

Valérie Roumanoff


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lundi 12 février 2024

Dépasser l'égo

 

16 octobre 1959

Swamiji : Prenez un autre exemple. Vous dites " j'avance ". Est-ce que réellement vous avancez ? Svâmiji vous répond : " Non, vous n'avancez pas malgré les apparences." 

Avancer est une réaction... réaction de quelle action ? Essayez de répondre... 

de l'action de pousser le sol vers l'arrière. On ne monte pas un escalier, on ne fait que pousser les marches vers l'arrière. On n'atteint pas le Soi, on dépasse l'ego. Comment ? C'est ce que nous verrons la prochaine fois.

Extrait de Candide aux pays des Gourous de Daniel Roumanoff. Éd. Dervy 

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samedi 30 décembre 2023

Aimer l'égo

 


La libération ne sera jamais le fruit de la frustration et de la mutilation, plus on s'oppose par la force aux désirs de l'ego, plus on renforce l'ego. C'est ce qui se passe notamment dans l'enfance, plus on s'oppose à un enfant en essayant de briser ses caprices, ses violences et ses exigences, plus ont renforce son ego. Un ego humilié, un ego qui doute de lui, la tête en bas, les jambes en l'air c'est toujours un ego hypertrophié. La disparition des désirs ne peut se faire que par un minimum d'accomplissement des désirs et une compréhension aiguë de la nature même du désir.

L'ego ne révélera le Soi que s'il est convenablement traité. Un ego brimé dans l'enfance et ensuite brimé dans l'existence ne fera jamais place au Soi. Et s'il y a trop de frustration de l'ego la spiritualité sera viciée, elle deviendra une compensation et elle peut mener à une inflation énorme de l'ego. Pour que la graine se transforme en arbre il faut bien que le grain en tant que grain meurt. Mais cette mort est un accomplissement, le grain portait l'arbre potentiellement en lui-même, c'est pour cela que le chemin commence par l'amour de soi-même et non avec la mutilation et la destruction de soi-même. Et tout une part du chemin consiste à s'occuper avec amour de l'ego, pour lui permettre de s'effacer, de mûrir et de se transformer, d'être moins crispé, moins tendu.

L'ego ne mourra jamais de son plein gré, plus on veut le détruire, plus on le renforce. Pour que l'ego se sente accompli il faut qu'il se sente libre des vieux désirs frustrés de l'enfance. Si les désirs de l'adulte ne sont que la forme mensongère d'un désir d'enfant oublié, ce désir d'adulte ne sera jamais satisfait. Ce qui est important est de trouver ce qui désaltère à tout jamais …

Arnaud Desjardins

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dimanche 9 avril 2023

Flux délivré

 


La délivrance de l'ego s'effectue non pas en recherchant son anéantissement par la pratique d'austérité, de renoncements et de sacrifices, mais au contraire en s'efforçant de suivre son mouvement naturel de prise de possession du monde, et en lui faisant faire l'expérience de sa plus grande expansion possible de façon à lui faire prendre conscience de l'inanité de son projet. 

C'est alors que vient la réalisation que l'ego n'existe pas en réalité, car il est impossible d'être séparé :

Je suis un flux.

Swâmi Prajñânpad,  un Maître contemporain. 

Les Lois de la Vie.

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jeudi 15 septembre 2022

Zazen ou mindfulness ?


À chacun de choisir et de décider ! Mais, si possible, en connaissance de cause parce que l'amalgame qui est fait actuellement entre ces deux propositions est inconvenant.

Pourquoi ? Parce que :

Le Zen est un chemin d'expérience et d'exercice !

La Mindfulness est un chemin d'exercice et d'expérience !

« Pour l'homme en chemin, tout commence par une expérience! » écrit K.G. Dürckheim à son retour du Japon où, pendant une dizaine d'années, il s'est immergé dans le monde du Zen. L'expérience dont il est ici question n'a rien d'oriental, rien de japonais, rien de bouddhiste, rien de chrétien, rien de laïque. Elle est universellement humaine. Il est dans la nature de tout être humain d'être happé ou touché, par une expérience, un vécu intérieur, qui transforme en un clin d'œil la personne qui l'éprouve, qui l'accueille, sans détour par la réflexion mentale.

En témoigne et lui donne caution le récit d'un auteur hors bouddhisme, hors christianisme, hors hindouisme, hors scientisme. Il s'agit de Marcel Proust (1) :


« Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain je portai à mes lèvres une cuillerée de thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée de miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle? Où l'appréhender? (...) Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas dans le breuvage, mais en moi. Le breuvage a éveillé la vérité mais il ne la connaît pas. »

Dans la mémoire de chacun il y a une petite madeleine. Souvenez-vous ! Il y a dix ans, en écoutant Gymnopédie d'Eric Satie ... lors des dernières vacances au bord de l'Atlantique, ce coucher de soleil qui m'a bouleversé ... en courant le marathon de Paris, tout à coup je ne courrais plus, cela courrait ... j'avais quatre ans et j'étais sur la balançoire ... la semaine dernière, en arrêt devant une peinture de Monet ...!

Ce moment inattendu au cours duquel on ne se pose plus la question du sens de la vie parce que ce qu'on vit, ce qu'on sent et ressent, donne sens. Expérience à l'origine d'une force vitale stimulante, d'un calme intérieur apaisant, d'une profonde joie intérieure.


La question est alors : comment devenir celui, celle, qui s'est dévoilé à l'occasion de telle ou telle 
circonstance existentielle? La réponse au -comment- lorsqu'elle est posée à un maître Zen est immédiate : « En pratiquant zazen » (ou un exercice pratiqué dans l'esprit du zen : Kyudo, Kendo, Chado (2).

On ne pratique pas zazen dans le but de construire un avenir. On pratique zazen afin de libérer notre nature profonde enfermée dans le moi mondain, l'ego. C'est pourquoi on désigne zazen comme étant une pratique sans but. Parce que le but n'est autre que ce qui est dès l'origine de mon existence : ma vraie nature, ma nature essentielle. Zazen n'a donc rien à voir avec les méthodes proposées dans le cadre du développement personnel ni avec les pratiques méditatives qui s'appuient sur l'usage du mental (mind). Ces différentes méthodes proposent un "chemin d'exercice et d'expérience". Le Zen propose un chemin d'expérience et d'exercice.

La liste des cent (100) bienfaits promis à celles et ceux qui vont pratiquer la méditation de pleine conscience n'a absolument rien à voir avec la pratique méditative sans objet appelée zazen. Zazen, n'a d'autre but que l'éveil de nos potentialités innées qui ne peuvent être construites à coups d'exercices.

Zazen ? "C'est être assis (Za) comme un bébé est allongé dans son berceau !" (Michiko Nojiri - Maître du Chado).

Voici ce qu'écrit Christian Bobin (3) : "Les bébés sont les grands sages. Le vrai savoir est dans leurs yeux.(...) Une de leurs grandes vertus est de ne pas être aveuglés par un savoir. Ils regardent sans morale, sans aucune prétention, sans philosophie, sans religion, sans aucune précaution. Il n'y a aucune distance entre leurs yeux et Dieu ou les anges. Ou les atomes de l'air si l'on ne croit pas en Dieu ou aux anges. Les bébés sont à une cloison de papier de riz de la vérité."

L'ensemble des doctrines concernant une conception nouvelle de l'homme a pour but ce que révèle cette idée absurde ... "rien que du bonheur"! À la pointe de ce désir égotique il y a aujourd'hui l'idée d'accéder à un "homme augmenté".

Cette arrogante vanité qui promet le passage d'un ego de taille XXL à un ego de taille XXXL écarte plus que jamais l'être humain de sa nature essentielle qui est indépendante des conditions sociologiques ou psychanalytiques ou scientifiques. L'inobservance des intentions de l'être − ce qui fait que chacun est ce qu'il devient et devient ce qu'il est − est la cause d'un mal-être individuel qui devient un mal-être collectif. Finalement et irrémédiablement une vérité qui a sa place dans les traditions de sagesse en Orient est l'importance du CORPS sur ce chemin d'expérience et d'exercice.

Le corps vivant, Leib (4), est l'enceinte du secret qu'est le vrai soi-même. Il s'agit du corps-vivant, Leib (à ne pas confondre avec le corps-objet, objectivé mentalement, Körper). La vie n'est pas dans un contenant qu'on désigne comme étant un corps. Le corps-vivant est la vie qui, d'instant en instant, prend forme selon un ordre des choses (Tao-Do) qui n'est pas du ressort du moi, lequel pense que s'il ne fait rien, rien ne se fera.

Jacques Castermane

(1) Du côté de chez Swann, éd. Folio, p. 44-45

(2) l'art du tir à l'arc, l'art du sabre, l'art de la préparation du thé.

(3) Christian Bobin, Le Plâtrier siffleur, éd. Poésis, p.11

(4) Le corps-objet, le corps-outil = Körper dans la langue allemande.

 Le corps-vivant dans sa globalité et son unité = Leib dans la langue allemande.

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vendredi 10 juin 2022

Le profil illusoire pris de face...

 


Je comprends bien ce que peut être une illusion, un mirage qui fait surgir un étang en plein désert; j'aurai beau rouler vingt kilomètres je n'atteindrai jamais cet étang inexistant. De même, si le sens du moi individualisé peut se volatiliser sans laisser de traces, c'est parce qu'il n'a jamais existé que sous forme d'illusion. Ce qui a une réalité ne peut pas disparaître mais seulement se transformer. Or l'ego, lui, disparaît comme un rêve dont on s'éveille. Si vous lisez les paroles de tel ou tel maître contemporain comme Ramana Maharshi, Ramdas ou Mâ Anandamayi, vous retrouverez cette affirmation à longueur de pages. Mais ce moi règne sur nos existences et aucune illusion n'a autant de conséquences et des conséquences aussi graves.

Arnaud Desjardins - La voie et ses pièges

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mercredi 13 avril 2022

Rencontre avec Emmanuel Desjardins (2)



MK : Comment se porte la spiritualité dans notre siècle ? Pensez-vous avec Malraux que « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas », comme il le disait en 1972 ?

ED : La spiritualité se porte à la fois bien et mal. A l’époque où mon père s’est intéressé à ce sujet, la spiritualité était presque éteinte en Occident. On le prenait pour un demi fou dans sa propre famille. Par ailleurs, dans les années 80, lorsque j’étais à Sciences-Po, la spiritualité, comme l’écologie d’ailleurs, n’était pas du tout prise en compte. A cette époque, quand les médias parlaient de spiritualité, tout était confondu : le problème des sectes, la superstition, la religion, l’ésotérisme. Ce n’était pas clair. Aujourd’hui, les temps ont beaucoup changé. La spiritualité est devenue visible et légitime et suscite une abondante littérature, avec d’énormes succès de librairies. Dans les années 60, les gens qui voulaient changer le monde, qui se disaient « révolutionnaires », étaient absolument contre toute forme de spiritualité. Sans doute du fait des traces laissées par le matérialisme historique de Marx. Aujourd’hui, la spiritualité apparaît comme faisant partie des forces de guérison du monde. Les gens qui veulent faire bouger les choses et lutter contre la folle fuite en avant du monde actuel, associent la dimension spirituelle à la dimension écologique, sociale et humanitaire. Il est donc difficile d’avoir une représentation homogène de la spiritualité contemporaine car, oui, d’un côté, tout le monde s’y intéresse, mais de l’autre, on peut relever une part de dévoiement par effet de mode. La spiritualité actuelle émerge dans une société matérialiste, obsédée par la consommation et le divertissement et il y a forcément un appauvrissement. Cela dit, même une spiritualité authentique peut donner naissance à des formes plus ou moins dénaturées. Au Moyen Age, la foi, la religion, la spiritualité étaient très présentes mais avec en parallèle un degré très élevé d’intolérance, d’inquisition, de guerres de religion… De nos jours, il y a un risque de superficialité.

Donc que sera le 21ème siècle ? Sans doute beaucoup de choses à la fois. Il sera probablement spirituel et très douloureux. Mais lorsqu’elle est vécue consciemment, la souffrance nous ouvre les portes de notre propre profondeur.

MK : La spiritualité deviendrait-elle un super instrument de la société de consommation ?

ED : Oui ce risque existe en effet. Un maître tibétain, Chogyam Trüngpa, parlait même de « matérialisme spirituel », la récupération de la spiritualité pour le renforcement de l’ego. Mais par ailleurs il y a une forte recherche de sens. A Hauteville, le centre où je travaille, j’ose croire que nous faisons un travail sérieux et je constate que les personnes qui frappent à notre porte ont une vraie demande. Et nous ne sommes pas les seuls, évidemment. Les propositions foisonnent : il y a les mouvements spirituels authentiques, mais il existe aussi beaucoup de contrefaçons, des manifestations superficielles et d’autres carrément toxiques. C’est pour cela que tout repose sur le discernement de celui qui se met en recherche. Sans cela, le risque est grand de tomber sur des sectes ou autres impostures. Mais, aujourd’hui, dans l’ensemble, des enseignements de qualité existent. Et l’homme étant différent partout dans le monde, il ne peut y avoir une seule réponse. Chacun doit trouver celle qui correspond à sa quête profonde.

MK : La démultiplication de « l’offre de spiritualité » n’est-elle pas le signe d’une recherche élargie d’une « voie de guérison »?

ED : C’est certain. On a exploré de multiples voies, depuis le début du 19ème siècle. A cette époque, le progrès technique apparaît (la médecine, l’industrie, la technique…) comme la solution qui sortira l’humanité de la pauvreté, de l’insalubrité, de la famine, de la maladie et de la misère. Et pendant deux cents ans, cette dynamique génère un formidable espoir : on a trouvé la réponse à toutes les difficultés de la condition humaine. La perspective d’un monde meilleur était crédible et il semblait que c’était dans cette direction qu’il fallait chercher le sens et le bonheur. Mais il y a eu beaucoup de désillusions et d’espoirs déçus. Aujourd’hui, il est difficile de croire que le monde de demain sera meilleur et que, dans les années 2030, 2040, cela ira beaucoup mieux. C’est parce qu’on ne croit plus que le Progrès peut faire le bonheur de l’humanité que la spiritualité revient sur le devant de la scène. La question fondamentale qui reste donc posée est celle de savoir comment faire face et réduire l’étendue de la souffrance sur terre, qui reste immense. Car il y a toujours des tragédies, des guerres, des injustices, de la misère. On se dit alors que ce n’est pas seulement le monde qui doit changer mais aussi chacun de nous individuellement et qu’il nous faut apprendre à être heureux et en paix dans le monde tel qu’il est.


MK : Comment analysez-vous la crise que l’on traverse actuellement ?

ED : La crise actuelle révèle la fragilité d’un organisme malade dont les symptômes s’amplifient chaque jour. Si l’on se penche sur la littérature scientifique de ces dernières années, plusieurs experts annonçaient déjà le risque de la propagation de maladies contagieuses et de pandémies, notamment comme conséquence du réchauffement climatique. La crise d’aujourd’hui n’est donc pas totalement une surprise. Elle est le fruit d’un grand dérèglement. Un autre symptôme est la multiplications des dérives extrémistes de certains pays (Mexique, Brésil, Turquie…) et l’arrivée au pouvoir de candidats populistes en Europe ou aux États-Unis. La situation au Moyen-Orient n’est pas plus rassurante. Comment en est-on arrivé là ? Beaucoup de choses sont liées entre elles : la perte du lien spirituel mais aussi la toute-puissance, la coupure d’avec la nature, le fait de considérer le vivant comme un objet dont on peut faire ce que l’on veut, la fixation sur la croissance économique, l’urbanisation massive.

Nous arriverons sans doute à vaincre l’épidémie de coronavirus. Mais que sera l’après-pandémie ? L’union nationale a fonctionné, les sacrifices et le confinement ont été acceptés. Mais quand l’épidémie sera derrière nous l’heure des comptes et de la critique sonnera inévitablement. Il y avait déjà en France un front anti-gouvernement très fort et qui continue de couver. Va-t-on vraiment goûter durablement à la solidarité, au ralentissement imposé par cette pandémie ? Quel impact durable cela aura-t-il d’avoir constaté que la pollution avait diminué, qu’on entendait le chant des oiseaux, que l’eau des canaux de Venise redevenait claire ? Prendra-t-on vraiment conscience de la question du réchauffement climatique et des 50 millions de réfugiés qui en souffrent dans le monde. Quel sera l’avenir pour la jeune génération ? Ce que l’on partage aujourd’hui c’est surtout l’incertitude. Une crise, c’est toujours un mélange de forces très puissantes de destruction et de guérison qui créent une dynamique conduisant vers l’inconnu.

MK : Notre société peut-elle toujours fabriquer des vivants heureux ?

ED : C’est un grand mystère. Les gens heureux et ceux qui sont malheureux existent depuis toujours. Il y a deux mille cinq cents ans, le Bouddha disait déjà que « tout est souffrance ». De nos jours, très nombreux sont encore les gens très malheureux. Il y a beaucoup de misère de toutes sortes, matérielle ou affective. Ce qui fait qu’une société fabrique des gens heureux reste une question entière. Et d’ailleurs, est-ce le rôle de la société de « fabriquer » des gens heureux ? Est-ce en son pouvoir ? C’est aussi une responsabilité individuelle. C’est à chacun d’avoir le courage et l’honnêteté nécessaires pour cheminer vers la véritable joie.

MK : Quel sens a pour vous aujourd’hui « l’audace de vivre » dont parlait Arnaud Desjardins ?

ED : Swâmi Prajnânpad disait « soyez audacieux », Arnaud Desjardins parlait, lui, de « l’audace de vivre ». Plus que jamais cela me semble d’actualité. On associe facilement la spiritualité à une vie calme et retirée, à l’écart de l’agitation du monde, « Vivons heureux, vivons cachés » disait Épicure. La spiritualité peut aussi consister à prendre la vie à bras le corps, à assumer tous les aspects de la condition humaine (la joie, l’amour, la créativité, la peur, le désir). Plus le monde est agité et incertain, plus prendre la vie à bras le corps peut paraître difficile, et pourtant c’est nécessaire. « Accepter la vie dans ses aspects contrastés, sans jugement, c’est découvrir l’unité et la béatitude » disait Sawami Prajnânpad.[1] Pour lui, la connaissance vient après que l’on ait fait tout ce que l’on a pu pour agir, en connaissant la peine et le plaisir. « Assumer à 100% la condition humaine finie révèle l’infini qui la sous tend »[2]. Donc, oui, il faut vivre à fond. De la naissance à la mort, nous connaissons des succès et des échecs, nous traversons tous de grandes joies et de grandes souffrances. Vivre pleinement, c’est donc être assez grand pour arriver à embrasser la vie dans tous ses aspects. Les possibilités sont immenses. Aura t-on le cœur assez grand pour toute cette immensité ?

Emmanuel Desjardins est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel d’Hauteville, fondé par Arnaud Desjardins, dont il assure aujourd’hui la direction. Il a publié  : « Prendre soin du monde », « Spiritualité, de quoi s’agit-il ? », et récemment « Vivre, La Guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad. »

[1] Vivre, La Guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad- Emmanuel Desjardins-Ed. du Relié 2019

[2] Ibid

Source : Rebelle(s)

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mercredi 25 août 2021

Contenu et structure de l’ego.

 


L’ego, le mental, est complètement conditionné par le passé.
Son conditionnement comporte deux aspects : le contenu et la structure.
Dans le cas de l’enfant qui pleure parce qu’on lui a pris son joujou, le jouet représente le contenu.
Ce dernier est interchangeable : il peut s’agir d’un autre jouet ou objet. Le contenu avec lequel vous vous identifiez est conditionné par votre milieu, votre éducation et la culture où vous évoluez. Que l’enfant soit riche ou pauvre, que le jouet soit un simple morceau de bois en forme d’animal ou un gadget électronique sophistiqué ne fait aucune différence en ce qui concerne la souffrance causée par sa perte.
La raison pour laquelle une telle souffrance se produit se cache dans le mot « mon », qui est la structure. La compulsion inconsciente à renforcer sa propre identité par une association à un objet fait partie prenante de la structure même de l’ego.
La plus fondamentale des structures mentales par laquelle l’ego peut exister est donc l’identification. Étymologiquement, le terme « identification » vient du latin idem, qui veut dire « pareil » et facere, qui veut dire « faire ». Donc, quand je m’identifie à quelque chose, je le « fais pareil ». Pareil à quoi ? Pareil à moi.
Je confère à cet objet un sentiment de moi et ainsi il devient partie prenante de mon « identité ». Un des types d’identification de base est l’identification aux objets : mon jouet devient plus tard ma voiture, ma maison, mes vêtements, etc. J’essaie de me trouver dans des objets, n’y réussis jamais vraiment et finis par m’y perdre. Tel est le destin de l’ego.
Eckhart Tolle
Extrait du livre : Nouvelle terre: L'avènement de la conscience humaine.

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mercredi 11 août 2021

L'égo est vu...


 

Vous pourrez comprendre aussi ce que signifie réellement « être un avec ». 

L’ego même calme, même paisible, même serein, même non égoïste ne peut jamais être parfaitement un avec. Il apporte toujours sa coloration, il se sent toujours quelqu’un en face de quelque chose d’autre. Quand vous vous sentez « quelqu’un », vous ne pouvez pas être un avec. Mais il y a en vous, ou vous êtes, une conscience qui n’est ni quelque chose ni quelqu’un (ce serait encore un objet), qui est vraiment comparable à un miroir, qui est seulement conscience, seulement lumière rigoureusement incolore. Ce n’est pas « moi » qui prends conscience de l’interrupteur ou de la poignée de porte ou du trou de serrure que j’ai là sous les yeux. Il serait peut-être juste, pour essayer d’exprimer l’inexprimable, de dire non pas : « Je vois la poignée de porte », mais simplement : « La poignée de porte est vue. » Et vous noterez, en effet, les différences de formulation entre l’école hindoue et l’école bouddhiste. Certains diront


: « Nous pouvons employer l’expression “je vois la poignée de porte”, à condition que ce je ne soit pas le moi ou l’ego, mais le pur témoin sans aucune définition ou limitation d’aucune sorte. » Et d’autres rétorquent : « Non, ce pur témoin est tellement incompréhensible à l’expérience ordinaire que si vous dites : “Il s’agit du pur je et non pas du petit moi”, le petit moi va immédiatement annexer ce pur je et ne comprendra pas. » C’est la formulation bouddhiste et certaines formulations hindoues. 

Il n’est pas juste de dire je, au sens le plus ultime du mot : je vois la porte. Il faut dire : la porte est vue, c’est tout. Mais tous reconnaissent qu’il y a bien une certaine conscience qui est là. La porte est vue et n’en disons pas plus sous peine de nourrir l’ego dans ses illusions et ses incompréhensions. La formulation hindoue paraît plus positive, la formulation bouddhiste paraît plus négative, mais elles pointent vers la même direction. Les bouddhistes disent : « La rivière disparaît dans l’océan. » Et les hindous disent : « La rivière se jette dans l’océan. » « La rivière disparaît dans l’océan », l’ego prend peur : je vais disparaître. Tandis que : « la rivière se jette dans l’océan », l’ego trouve ça magnifique. « Je vais atteindre la grande Réalité suprême. » Il semble qu’une formulation soit plus négative et effrayante pour l’ego, mais la réalisation est exactement la même. Dans les deux cas la rivière a disparu et l’eau est élargie à l’infini, à l’immensité de l’océan.

Arnaud Desjardins, Le vedanta et l’inconscient, À la recherche du soi, tome III

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mardi 10 août 2021

Ego en disparition

 


L’autre, quel que soit cet « autre », est un autre. Il est peut-être moi en tant qu’atman ou que brahman mais, en tant qu’ego, il n’est certainement pas moi. Le chemin du dépassement de l’ego et de la libération passe par cette nécessité de rendre à « l’autre » sa pleine liberté d’être lui-même, ce qui n’exclut pas le fait, tout en reconnaissant l’autre comme un autre, d’agir si vous sentez cette action utile et juste. Vous en tant qu’ego, vous pouvez disparaître complètement ; la Conscience demeure, les phénomènes continuent mais l’ego, qui fait des phénomènes une affaire personnelle, a disparu. Vous êtes là en tant que témoin immuable, permanent et les phénomènes sont là – sans confusion.

Les phénomènes ont existé pour vous depuis la conception ; ils ont même existé dans ce que nous appelons les vies antérieures ; ils existeront encore ce soir, demain, après-demain, jusqu’à votre mort – et ils existeront encore après la mort de votre corps physique. Laissez-les exister ! Et vous, vous en serez le témoin, le spectateur. Pour le spectateur, l’histoire est achevée. Vous, vous sentez que vous avez une histoire, un devenir, que vous avez eu des moments heureux, des moments malheureux, que vous avez eu l’impression de progresser, de ne plus progresser, peut-être même de rétrograder, de descendre la pente, de la remonter.

Cette histoire personnelle n’existe que pour l’ego. Les phénomènes ne vous concernent pas réellement. Mais quand je dis : « vous », faites bien attention ; tantôt « vous » désigne l’atman, tantôt « vous » désigne l’ego. Soyez attentifs et ne confondez pas.


C’est ce sens de l’ego qui vous donne l’impression d’avoir une histoire individuelle, avec un passé et un avenir, et que vous avez changé, progressé, pas progressé. Quand l’ego disparaît, pour vous, au sens le plus profond du mot « vous », le devenir est terminé. Vous avez atteint le but, vous avez atteint « l’autre rive », et, par conséquent, le voyage de l’existence est achevé. Mais, en vérité, pour la Conscience, cette histoire n’a jamais existé. Cette histoire personnelle n’a existé que pour l’ego et cet ego est un malentendu, une illusion, qui s’interpose entre le monde phénoménal (ou la réalité relative) et vous en tant que Conscience immuable.

Pour l’instant, cet ego est là. Quand vous dites : « je », vous vous confondez avec les chaînes de causes et d’effets, avec les phénomènes. Vous êtes pris, identifié, sujet au désir, sujet à la peur, sujet à la souffrance ; vous vous souvenez d’avoir eu un passé par lequel vous vous sentez très concerné et qui vous donne la conviction que vous avez un futur. Pour l’atman il n’y a aucun futur. L’atman est immuable. Il ne changera pas, quoi qu’il puisse arriver ou ne pas arriver. Mais, tant que votre conscience est celle de l’ego et non celle de l’atman, vous projetez le passé sur le futur et vous vous représentez, vous, comme ayant encore une histoire devant vous, qui sera peut-être heureuse, peut-être malheureuse ; certaines perspectives vous rassurent, d’autres perspectives vous inquiètent, alors que, pour la Conscience non-dépendante, il ne peut être question ni d’être rassuré ni d’être inquiet.


Voyez-le, cet ego, voyez-le à l’œuvre. Il y a un enseignement à suivre, il y a des découvertes à faire ; il y a des vérités que vous ignorez aujourd’hui et que vous n’ignorerez plus demain. Et dans cette connaissance ou prise de conscience se trouve tout un aspect de ce qu’on peut appeler « chemin », chemin qui concerne en fait une irréalité : cette illusion de l’ego. Pour l’atman, pour la Conscience, il n’y a aucun chemin : la Conscience est déjà là, mais elle n’est pas encore réalisée en plénitude. Attention, méfiez-vous, aujourd’hui vous êtes soumis à cette conscience de l’ego et l’ego s’imagine quelque chose sur cette libération dont il ne peut en fait rien se représenter, puisque la libération est la disparition de l’ego. Un ego libéré, cela n’existe pas. Un ego qui a disparu, oui. Comment cet ego peut-il disparaître, c’est toute la question.

Cet ego ne disparaît pas par la suppression, la répression, la négation – certainement pas. Cet ego disparaît en devenant de moins en moins contraignant, de plus en plus fin, jusqu’à ce que tout d’un coup, la rupture de niveau ait lieu, pareille à un éveil – le sommeil est de plus en plus léger et brusquement se produit l’éveil.

Arnaud Desjardins, extrait de Au-delà du moi, À la recherche du soi, tome  II



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vendredi 21 mai 2021

Mots pour rire

 



" Si quelqu’un vous fait passer un moment
difficile et que votre ego commence à avoir mal,
au lieu de réagir, observez simplement ce qu’il
se passe. Voyez comment le son est simplement
sorti de la bouche de l’autre personne, entrant
par votre oreille et provoquant une douleur dans
votre coeur. Si vous y réfléchissez de la bonne
façon, cela vous fera rire ; vous verrez comment
il est ridicule d’être contrarié par quelque
chose d’aussi insignifiant. "
-Lama Yéshé.

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mercredi 28 avril 2021

L'égo avec Christophe Massin



« Ce qui ébranle l’ego, c’est de le démasquer sur le vif plutôt que de vouloir le changer. » Christophe Massin.

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jeudi 25 mars 2021

L'action en soi ou IN-action


 "Optez pour le plus grand et le plus petit sera pris en charge. Ne vous inquiétez pas. La vie n'est pas un casse-tête (puzzle). C'est l'ego qui rend perplexe. Vous n'êtes pas obligé d'arranger les choses. Il suffit de demeurer tranquille et de laisser tout cela se dérouler. Si vous pensez que vous pouvez mettre en œuvre la vie, vous créez une identité en tant que 'solutionneur' de vie. Grosse difficulté! Personne ne peut mettre la vie en œuvre. Comme on renonce à son ego, on est automatiquement en harmonie avec la vie. Regardez comme la vie prend soin de la vie. Ça coule spontanément et parfaitement en chaque forme. Lâchez prise à la danse de l'existence. Pourquoi manquer le meilleur spectacle sur terre ?"

Mooji

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mardi 16 juin 2020

Non séparation avec Gilles Farcet



L'impression de séparation est intimement liée à celle qui nous faut nous croire le possesseur de quoi que ce soit. 
Pour reprendre l’exemple de l’automobiliste coincé dans un embouteillage : si cette route est ma route, alors elle n'est pas insérée dans un ensemble et donc soumise aux chaînes de causes et d’effets à l'œuvre dans cet ensemble. Le fait qu’elle soit en travaux pour le bien de la communauté ne me concerne pas, moi qui entend aller attraper mon train pour mon rendez-vous dans ma journée à moi ! Selon l’expression consacrée, « ce n’est pas mon problème » ! En tant que moi possesseur et contrôleur, je me fantasme et me positionne du même coup comme séparé, existant à part du tout. 
Dans le monde séparé de l’ego, le fait que la lumière ne s’allume pas alors que moi j’aurais besoin d’y voir clair n’a rien à voir avec le tout qui n’est même pas pris en considération. L'EDF est en grève, il y a eu des tempêtes, les magasins vendant des ampoules sont fermés le dimanche ? « Pas mon problème », serine l’ego.

Cette fabrication d'un ego contrôleur, possesseur et séparé repose sur un mécanisme à l’œuvre au cœur de notre relation à ce qui est, à savoir le refus. Chaque fois qu'au nom de ce qui devrait être (« la route devrait être dégagée ») je refuse que ce qui est soit, j’alimente très concrètement l’illusion de l’existence d’une entité que nous appelons ego. C'est pourquoi la pratique du oui à ce qui est, bien envisagée à sa place c’est-à-dire dans l’instant et non dans le déroulement du temps au sein duquel il s'agit de se positionner, n’est pas seulement une démarche de bon sens mais bien une pratique spirituelle par laquelle l’existence même de l’ego se trouve mise en cause. Chaque fois que le conflit cesse, l’ego se trouve déjoué.

Sans doute avons-nous aussi entendu affirmer que l’ « ego n’existe pas ». Et, en effet, s’il existe bien momentanément une personne, il n’existe pas d’entité située à part de l’ensemble, apte à contrôler et propriétaire de « son » monde. Et pourtant, tant qu'une illusion nous tient, elle existe bel et bien pour nous. L’enfant qui, dans la pénombre de sa chambre, tremble de peur du fait de la présence d'un monstre est, certes, victime d’une totale illusion. Il n’y a pas de monstre. Reste qu’il a bel et bien peur tant que ses parents n’allument pas la lumière et ne lui montrent pas que la méchante créature n’était que sa fabrication. Il ne s’agit donc pas de prétendre détruire ou soumettre le mécanisme de l’ego mais plutôt de le déjouer par la pratique du « oui » et ainsi d'en arriver à voir, soit son inexistence - si on entend par ego un moi possesseur, contrôleur, séparé -, soit sa dimension provisoire et relative - si on entend par ego l’inévitable point de vue individuel.

Demeure alors la personne humaine, dans sa plénitude non défigurée par l’ego. Le « sage», c’est la personne parvenue à maturité et donc à plénitude, le rayonnement de la personne que les masques de l’ego ne sont plus là pour distordre. Et cette personne non déformée a alors toute latitude d’être au service de l’ensemble dont elle-même fait partie.


A la vérité, tout ce qui participe à la maladie du monde, avidité, égoïsme, violence, exclusion, manipulations, procède de l'ego et de sa prétention à posséder et contrôler à partir de sa position isolée. Un « ego sain », ce que Swami Prajnanpad entendait sans doute lorsqu’il affirmait avoir besoin d'« ego forts », c’est la plénitude d’une personne purifiée des mécanismes de l’ego. « On n’est pas plus ou moins libre mais plus ou moins asservi », rappelle Arnaud Desjardins. Disons alors que moins elle se trouve asservie à la prétention à posséder, contrôler et à l'illusion de la séparation, plus la personne unique reflète Dieu, si l'on entend par là, ainsi que l'exprimait Swami Prajnanpad, « la plus haute possibilité de l'homme ». L’humain purifié des déformations de l’ego s’exprime, se déploie, le visage humain lavé des grimaces du moi illusoire resplendit dans sa beauté et sa grandeur.

Gilles farcet

vendredi 8 mai 2020

Humilité aquatique


L'humilité nous ouvre les portes d'un état d'esprit simple tout en fermant l'accès aux problèmes compliqués de l'égo.

Je souhaite revenir à ce sujet sur le fameux dicton grec « connais-toi toi-même ». Cette phrase fait corréler la connaissance de soi à la connaissance de tout ce qui est extérieur à soi. Il ne s’agit donc pas de partir à la rencontre de sa seule personne. Le savoir que l’on acquiert sur elle nous permet d’aller vers l’autre dans la paix avec soi et de ce fait avec les autres, avec « le reste ».

Je perçois ainsi toute la beauté et la dimension de ce message de la mer. J’ai l’humilité de sentir que je suis seulement une femme parmi les rochers, les arbres, les fleurs, les animaux, les humains, le soleil, la lune, les étoiles, la mer, la terre, le vent, les volcans, la galaxie...

L’humilité, c’est l’accueil de soi, c’est accueillir l’amour en soi. Elle nous montre, comme Vénus me l’a appris, que nous sommes tous issus de la même terre en même temps qu’elle nous oblige à sonder les profondeurs qui touchent à une inimitié enfouie jusqu’à notre subconscient.

Ces quelques jours passés seule en compagnie de l’océan m’ont fait sentir en osmose avec la mer au plus profond de mon être. M’y abandonner dans l’amour, m’y abdiquer et oser l’accepter dans l’humilité absolue.

Je dirais enfin que l'humilité dont me parlait la mer, c’est aimer la vérité plus que soi-même et retrouver la joie !

Les heures passent et soudain, mon aisance dans l’eau est totale. Mon chemin croise alors celui d’une méduse, cette petite créature qui se propulse dans les mers en suivant la direction des courants. La manière dont elle s’abandonne aux forces de l’océan est l’exemple même de la grâce. Elle nous apprend à nous laisser transporter, à nous laisser guider par les puissances naturelles.

Dans l’eau, ma sensibilité change, je capte avec une aisance incroyable les messages que m’adressent les êtres, les choses qui m’entourent.

Dialogue Avec Un Dauphin - Une Relation Extraordinaire Au-Delà De L'espèce 
par Frédérique Pichard

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mardi 5 mai 2020

samedi 28 mars 2020

Moins d'ego, plus de joie (4)


Ne pas chercher à éliminer l’ego

« Tout ce à quoi vous essayez de renoncer vous poursuivra... L'idée même de renoncement, c'est à cela qu'il convient de renoncer. »


Combattre l’ego, afin de le faire disparaître, renforce la conviction qu’il existe - le serpent se mord la queue. Il se manifeste par un flux de pensées, distillant en continu ses opinions sur lui-même et sur le reste. Vouloir endiguer ce flot intarissable se heurte à une impossibilité, sauf temporairement. Nous pouvons constater son instabilité, l’irréalité de la séparation qu’il établit entre nous et le reste, son inconsistance.
Plutôt que d’établir un barrage illusoire, laissons ses commentaires traverser la conscience et attachons-nous à reconnaître son chant : « Et moi, et moi, et moi. » Nous savons il quoi nous en tenir, il ne connaît pas d’autre rengaine... Et si nous tentions de l’observer, sans nous engager, en nous tournant vers ce qui ne change pas, vers la conscience ? 
« Vous êtes un courant continu de changements, c'est vous et ce n'est pas vous. Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas. Il est immuable. Il est Absolu. Et c'est vous. » 
La vision suffit : ne plus lutter contre l’ego le laisse choir dans le vide.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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vendredi 27 mars 2020

Moins d'ego, plus de joie (3)

J'ai pu tester cela hier et ça a marché ! Une détente et quelques larmes émues de cette unification.
Je vous le conseille !

Sortir de la logique binaire : la coïncidence des opposés

Dans mon cheminement, l’opinion que, moi, j’ai de moi-même, face aux différents domaines de la vie, a accaparé beaucoup de mon attention. Mes jugements ont fluctué de la dévalorisation aux prétentions de supériorité. J’observais comment je pouvais osciller d’une seconde à l’autre, m’enorgueillir de certaines facilités puis me trouver nul, peu sympathique.
Où se situe la vérité ? Puis-je trouver une objectivité pour définir ma valeur, ou ma cote dépend-elle uniquement de mon humeur du moment ? Ainsi je peux tergiverser entre « Suis-je beau ou laid ? » et en arriver à « Ni l’un ni l’autre », rien de fixe. Puis j’ai découvert qu’en prenant la formulation opposée : « Je suis beau et laid en même temps », « Intelligent et pas si intelligent que ça », une sidération de ma pensée se produisait, amenant la paix et le silence.

Dans le Relatif, je peux être beau comme être laid, les deux ont leur part de vérité. Laisser ces opinions coexister dans mon esprit, sans chercher à trancher, les neutralise. Je peux penser tout et son contraire à propos de moi, il s’y trouvera du vrai et du faux, mais rien ne me définira entièrement, toute formulation restera relative et fondamentalement réductrice. Quelle détente ! La coïncidence des opposés tétanise l’ego, il ne peut penser dans ces termes, et aussitôt il « bugue » !


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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