« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il m'aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m'arrêtant net devant un liseron, un silex ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d'une présence, l'excès du réel qui ruine toutes les définitions. Bach est plus que musicien. Soulages est plus que peintre. Rimbaud n'est poète que secondairement, comme les cendres qui retombent en papillons du volcan — ses poèmes. Je reconnais dans ces insensés ce qu'apprend avec effroi le nouveau-né, chaque fois que le visage de sa mère lui réapparaît, crevant la toile de l'air comme le lion le cercle de feu : il y a une réalité infiniment plus grande que toute réalité, qui froisse et broie et enflamme toutes les apparences. Il y a une présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant. »
mardi 21 octobre 2025
Je me moque
« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il m'aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m'arrêtant net devant un liseron, un silex ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d'une présence, l'excès du réel qui ruine toutes les définitions. Bach est plus que musicien. Soulages est plus que peintre. Rimbaud n'est poète que secondairement, comme les cendres qui retombent en papillons du volcan — ses poèmes. Je reconnais dans ces insensés ce qu'apprend avec effroi le nouveau-né, chaque fois que le visage de sa mère lui réapparaît, crevant la toile de l'air comme le lion le cercle de feu : il y a une réalité infiniment plus grande que toute réalité, qui froisse et broie et enflamme toutes les apparences. Il y a une présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant. »
lundi 20 octobre 2025
Soif divine
Un autre extrait sonore du livre de Amélie Nothomb à boire avec les oreilles.
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dimanche 19 octobre 2025
Croire
Voici, de manière sonore, les dernières phrases du livre d'Amélie Nothomb, intitulé Soif, où elle donne la parole à Jésus :
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samedi 18 octobre 2025
En l'honneur de Pierre Dhainaut
Quelques bribes en retour du colloque en cours abordant l'œuvre de poète Pierre Dhainaut, présent à l'occasion de ces 90 ans.
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Extraits tirés de ce recueil publié à l'occasion du colloque "Rythmes du monde dans la poésie de Pierre Dhainaut"
vendredi 17 octobre 2025
Ecoute de l'aube
On
me dit que tout finit par s’adoucir,
qu’il existe au printemps une pâte nouvelle
pour faire son pain de la douleur...
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On
me dit que tout revient à la source de tout,
que les gestes aujourd’hui serviront à cela :
une servante d’amour redonnée à l’amour...
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Le
paysage, ce matin, a-t-il changé ?
On
dirait qu’il s’accoutume
à cette manière nouvelle de la présence,
facilement,
comme s’il attendait
depuis longtemps que tu l’habites,
et
présides sans peser à ses métamorphoses :
voici
qu’aujourd’hui il te répond,
et
t’offre ce tremblement léger
dans la couleur de l’aube.
jeudi 16 octobre 2025
Projection entre mondes
"Personne ne peut vous connaître et donc personne ne peut parler de vous.
mercredi 15 octobre 2025
Chemin de Vie
Ces jours-ci, je me trouve complètement désintéressé par les « enseignements spirituels. ”
Pas parce que je suis devenu cynique ou arrogant ou perdu la foi, mais parce que je n'en ai tout simplement plus besoin. C'est la vérité honnête. Les enseignements spirituels parlaient autrefois à une douleur profonde en moi - la recherche de la paix, de la vérité absolue, de quelque chose de sacré et transcendant au-delà du bruit de la vie quotidienne.
Mais maintenant, ce désir a complètement changé de forme. S'est transformé en quelque chose de radicalement différent.
Plus je deviens présent, moins j'ai envie d'idées de présence.
Plus je vis, moins j'ai besoin d'apprendre à vivre.
La vie elle-même m'enseigne, chaque jour.
Pendant des années, j'ai utilisé la spiritualité pour échapper à l'être humain - le désordre, les relations, les routines domestiques, la beauté ordinaire de la vie quotidienne. Je pensais que l'illumination était quelque part au-delà de tout ça.
Mais maintenant, les vrais enseignements spirituels sont ici - non pas dans aucun livre sacré, mais dans le son du rire de ma fille, dans l'odeur du dîner, dans la sortie des poubelles, ou dans la promenade dans le parc au coucher du soleil.
Les anciens enseignements parlaient de « lâcher prise » des attachements à ce royaume terrestre.
Non. La vie m'apprend à devenir plus intime avec cette terre - à la rencontrer pleinement, à l'aimer farouchement, à trouver le sacré et le transcendant juste ici, où que je sois, quoi que je fasse, avec qui je suis.
Je n'ai plus besoin de chemin.
La vie EST le chemin.
- Jeff Foster
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mardi 14 octobre 2025
Le club des jeunes hommes riches
lundi 13 octobre 2025
C'est moi qui m'éloigne...
Le très beau Fanal bleu de Colette, l'une de ses toutes dernières œuvres, moins connue que d'autres mais non moins intéressante (tout comme l'Etoile Vesper).
« Que nos précieux sens s'émoussent par l'effet de l'âge, il ne faut pas nous en effrayer plus que de raison. J'écris "nous" mais c'est moi que je prêche. Ô découvertes, et toujours découvertes ! Il n'y a qu'à attendre pour que tout s'éclaire.
Au lieu d'aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du cœur, pareil à celui du ressac ? Rien ne dépérit, c'est moi qui m'éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert. Découvrir qu'il n'y a pas de désert : c'est assez pour que je triomphe de ce qui m'assiège. »
Colette - Le Fanal bleu, 1949
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dimanche 12 octobre 2025
« L’estime… ne va pas de soi »
« L’estime… ne va pas de soi »

Louise Groux - Lion
« Maman, regarde mon beau dessin ! » Parfois, je cherche encore l’approbation des autres, comme la petite fille attend derrière la porte de recevoir son bisou. Vivre de mon travail exige une certaine reconnaissance – expositions, ventes, etc. Comment trouver l’équilibre entre estime de soi et orgueil, doute et humilité ? Face à mes premiers tableaux, maman me challenge : « Ce n’est pas abouti, ma chérie ! » Quant à mon père, je me tue à attirer son attention. Comme seule victoire sur son indifférence, j’obtiens : « Tu es ma fille, donc tu te dois d’être géniale. » À peine écrasant. J’ai arrêté de brûler mes œuvres quand j’ai identifié les blessures dans mon enfance et expérimenté la tendresse infinie de Dieu, destinée à chacun. Je suis désirée et digne d’amour. Je n’ai plus besoin d’une reconnaissance à tous crins. Quand je doute, désormais, je prie. Une de mes plus grandes joies réside dans les moments où je vis l’humilité en vérité.

L. Groux - N.D. de Paris
Un jour, je devais peindre un retable pour une commande privée, une scène de crucifixion. J’y allais la fleur au fusil, confiante, déterminée, persuadée de mener les choses rondement. J’ai été submergée par ce sujet insondable. La technique ? Les proportions ? Le souffle ? Quelque chose m’agressait. J’ai compris que deux sujets coexistaient : le temporel et le spirituel. Pour la technique, je m’étais préparée comme un soldat va au front. Un plan de bataille bien carré. Pour l’essence, j’ai dû finir à genoux et lâcher prise. Mon travail ne m’appartient pas. Je peins afin de donner à contempler beaucoup plus grand que moi-même. Pour combattre l’orgueil, rien de tel que d’avoir des enfants. Des phrases comme : « Maman, c’est quoi ton travail, en fait ? Tu dessines toute la journée ? » ou encore « Mamaaaaan, y a plus de papier toilette ! » font vite redescendre sur terre !
Louise Groux
Source : La Vie
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