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samedi 11 octobre 2025

Dépression...

 La dépression est un bon signe.

C'est la vie qui frappe à la porte en geignant. Elle nous dit que cette existence ne lui va pas et que nous courons à notre perte. La dépression est le sursaut paradoxal de la santé.
C'est comme une lettre que nous nous écrivons à nous même, mais dont ne réussissons pas encore à ouvrir l'enveloppe craignant qu'elle contienne de mauvaises nouvelles. On croit que ça ne va pas alors qu'en réalité on est entré dans une sorte de rébellion douce par rapport à ce qui nous entoure et qui nous fait souffrir.
La dépression c'est la résistance dans les catacombes.

C. Bobin.
Entretien avec P Van Eersel - A la recherche de la vie intérieure


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dimanche 27 juillet 2025

Déprimé


 Quiconque est déprimé est simplement en train de croire ses pensées stressantes. C'est tout, les amis. C'est tout ! La fin. Et qui est responsable de me réveiller si je suis déprimée ? C'est moi. Tout le reste n'est que bien-être, mais le mental va le dominer aussi longtemps qu'il croit ce qu'il pense. Il va ignorer tout ce qui peut arriver de bon, car le rôle du mental est d'avoir raison. Tant qu'il n'est pas sorti du déni, il essaie de prouver qu'il a raison mais il a tort. Et le moyen de savoir que le mental a tort, c'est que tu es déprimé — ou tu es à fond dans tes addictions. Elles te le feront savoir. 

♡ Croire mes pensées est épuisant. Je n'abandonne pas les pensées stressantes, je les remets en question et elles me lâchent. 

~ Byron Katie

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vendredi 10 novembre 2023

Un corps en hiver


Le corps n'est pas une entité séparée de l'environnement. Toutes les saisons, tous les cycles cosmiques ont un lien avec le corps. Le corps n'est même que cela.
Quand vous ressentez l'hiver sensoriellement , sans résistance, vous ne pouvez pas être déprimé par l'hiver.
La dépression due aux conditions climatiques, ou due à n'importe quoi, c'est une réaction, cela ne vient pas de la prétendue cause.
Le corps est ressenti très différemment selon les saisons : il y a les saisons qui fixent le corps, il y a les saisons qui libèrent le corps, mais cela ne joue pas du tout au niveau psychologique.
Plus vous allez être intime avec votre fonctionnement organique, plus vous allez devenir réceptif aux cycles de la nature.
La sensibilité brûle la possibilité de dépression.
Eric Baret
Le sacre du dragon vert
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dimanche 12 mars 2023

« La dépression, un appel au secours de l’âme qui n’en peut plus »

 Selon le Dr Louis Masquin, neuropsychiatre et ancien chef de clinique à la faculté de Marseille, la dépression est comme une expérience de mort à soi-même pour renaître autrement. Une croix qui ouvre sur l’espérance de Pâques.

Comment comprenez-vous l’augmentation des cas de dépression ?


En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Il s’agit bien d’un phénomène de société, que le Covid a en quelque sorte exacerbé. J’insiste toujours sur la complexité de cette maladie dont l’origine est multifactorielle. Le premier facteur de vulnérabilité à la dépression est sans doute la fragilité psychologique actuelle. Je note par exemple chez nombre de jeunes une absence de point d’ancrage. Ensuite, notre monde est difficile, marqué par un bouleversement radical des repères familiaux et sociaux ainsi que des valeurs.

L’homme étant fait pour être en communion avec d’autres, il peut être écrasé par l’impératif contemporain d’affirmation individuelle et d’autonomie absolue. Et puis, dans une société qui s’accélère à un rythme effréné, l’individu passe d’une chose à l’autre sans prendre le temps de s’arrêter. Il vit à la surface de lui-même, laissant de côté le besoin d’intériorité.

Le vide spirituel serait-il à prendre en compte ?

Je pense en effet que l’augmentation de fréquence de la dépression vient, tout au moins en partie, de la crise spirituelle que traversent nos sociétés modernes, de la perte des idéaux noyés dans le matérialisme et le consumérisme. Les avoirs, les pouvoirs et les jouissances ne nourrissent pas un homme, si j’ose dire ! Sa soif et sa faim vont bien au-delà car les aspirations spirituelles, qu’on le veuille ou non, sont le propre de l’humain. Pour preuve, l’émergence des nouvelles religiosités et spiritualités.

Le psychiatre viennois Hans Lenz décrivait la dépression comme « la maladie des manques » : manque d’intérêt, de plaisir, d’énergie vitale, de sommeil… Et nous pourrions ajouter : manque de Dieu, ou, plus largement, de vie spirituelle. Je me pose donc la question : la dépression ne serait-elle pas un appel au secours de l’âme qui n’en peut plus ?


D’où votre insistance à ne pas la réduire à la seule dimension de la maladie ?

Certains psychiatres ont une vision très biologique des problèmes de la vie psychique. Ils les abordent comme s’ils étaient déconnectés de la vie spirituelle. Ils rêvent d’un médicament miracle qui sortirait la personne du tunnel de la dépression. Mais c’est oublier que l’homme est indissociablement corps, âme et esprit.

Comme l’écrivent le Dr Yves Prigent et le père Stan Rougier, dans la  Dépression, une traversée spirituelle (DDB) : cette maladie « se trouve au carrefour du social, du psychologique, du biologique, du culturel et du spirituel, elle est comme le révélateur d’une identité globale de l’homme ». C’est cette vision-là qu’il faut envisager.

N’y a-t-il pas là un risque de confusion entre le psychologique et le spirituel ?

Il est nécessaire de ne pas psychologiser le spirituel ni de spiritualiser le psychologique, c’est indéniable. La dépression est une maladie, qu’il faut traiter en tant que telle, et traiter correctement – le risque de suicide est réel. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un travail psychologique, d’une psychothérapie ni du recours aux antidépresseurs lorsqu’ils sont nécessaires.

Cela étant dit, il ne faut pas s’arrêter à la dimension médicale, mais aller plus loin, et ce, au rythme du patient. À lui de se mettre à l’écoute de ce que cette épreuve vient lui dire. Oui, la souffrance dépressive est terrible, torturante, mais elle n’est pas exclusivement négative. Quelque chose de positif peut en sortir. Ce blocage peut être une réaction de sauvegarde, et l’effondrement dépressif pourrait se comparer au compteur qui disjoncte pour sauver le circuit électrique.

« Il y a un message dans la dépression », écrivez-vous. Quel est-il ?

Ces questions essentielles de l’existence que la personne avait refoulées, mises de côté ou qu’elle n’avait pas voulu affronter, voilà qu’elles surgissent très directement et radicalement à l’occasion d’une dépression : quel est le sens de ma vie (direction et signification) ? Quelle est la hiérarchie de mes valeurs et de mes finalités (solidarité, générosité, justice, vérité) ? Comment suis-je présent au monde et aux autres ? Quid de mon ouverture à un Au-delà de moi, au Tout Autre, à la transcendance, de ma relation avec le divin ? Et Dieu dans tout ça ?

J’ai accompagné plusieurs trentenaires qui ont changé d’orientation professionnelle. Leur dépression leur avait fait prendre conscience d’un manque de cohérence entre leur métier et leurs valeurs. « Je ne peux pas continuer ainsi », disaient-ils.

La dépression est donc une invitation au changement ?

Oui, et nous avons souvent bien du mal à l’accueillir ! La première étape est d’accepter la maladie, le diagnostic et le traitement, et ce n’est pas le plus facile. D’une certaine façon, la dépression est une expérience de mort à soi-même pour renaître autrement. Elle est une croix, qui peut être lourde à porter, mais qui ouvre sur l’espérance de Pâques. Encore faut-il entendre cet appel au changement et y consentir, s’y engager.

Il n’y a pas de guérison magique ou passive. Le Christ nous pose la question, comme à l’asthénique de la piscine de Bethesda : « Veux-tu être guéri ? » (Jean 5, 6), et aussitôt il lui adresse un triple impératif : « Lève-toi, prends ton brancard et marche » (5, 8). Il ne dit pas : « Ne bouge pas, je vais te guérir. »

Dans cet Évangile, Jésus ne va-t-il pas encore plus loin ?

Être en bonne santé physique et psychologique n’est pas suffisant. Pour les croyants, la guérison (c’est-à-dire la santé, en latin salus, c’est-à-dire le salut) est aussi spirituelle. Jésus invite ainsi l’asthénique à s’engager à se convertir : « Te voilà guéri : ne pèche plus de peur qu’il ne t’arrive pire encore » (Jean 5, 14). La guérison n’est pas un état, mais bien un chemin, un chemin de conversion. Guérir, c’est se mettre en route et avancer dans la vie sous le regard de Dieu et dans sa main.

Source : La Vie (Par Alexia Vidot)

À savoir. La Dépression. Vers une nouvelle aurore ?, de Dr Louis Masquin, Éditions des Béatitudes,

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vendredi 5 février 2021

Notre corps reflète notre état intérieur

 Souvent je redresse ma posture et mes pensées changent... Essayez, c'est l'intégrer.

Ça m'intéresse : Pourquoi est-ce important de revenir au mouvement?

Nathalie Rapoport-Hubschman : Nous sommes dans une société qui a mis le corps de côté. Très sédentarisés, nous passons nos journées à ne bouger que nos doigts sur un clavier. Nous attachons de l'importance à nos idées, à notre mental. Revenir au corps en mouvement est vital : tout en nous est en mouvement, le sang, la lymphe, le cœur qui bat... Nos corps ont été conçus pour se mouvoir. Il suffit de regarder les bébés, qui gigotent sans cesse. Il est nécessaire de revenir à des approches corporelles pour renouer avec notre véritable nature, et instaurer un équilibre avec notre mental. 

ÇM : Comment le mouvement peut-il aider à sortir de la dépression? 

N.R.-H. : Le plus difficile dans la dépression est de se bouger. La perte de l'élan vital va de pair avec une apathie et une difficulté à initier des actes. Se lever, sortir, travailler relèvent d'un véritable défi. Entrer dans le mouvement permet au dépressif de se décentrer de ses pensées négatives. Il porte son attention sur le corps, et met de la distance vis-à-vis de ses ruminations. Si des pensées automatiques surviennent, il peut se focaliser sur la posture et la respiration. Celle-ci est importante pour calmer le mental : je respire, mon corps est vivant, je mets à distance mes pensées. 

ÇM : Comment expliquer ce lien corps-esprit? 

N.R.-H. : Le corps reflète notre état intérieur; la posture est un langage à part entière. Des épaules rentrées, la tête basse ou, inversement, une main ouverte, un dos droit sont autant d'informations que capte notre cerveau. La posture, le mouvement laissent une empreinte cérébrale. Ainsi, modifier consciemment sa posture a des effets sur le mental. Se redresser, ouvrir les bras, amène des émotions positives. L'un ne va pas sans l'autre, le corps et l'esprit sont sans cesse en interaction. C'est pourquoi notre équilibre physique et mental provient d'un sentiment d'unité.


source : ça m'intéresse 2013
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samedi 7 mars 2020

A quoi bon zazen ? A rien pour l'égo !


À rien pour l’ego !
Je suis conscient que cette indication n’est pas la meilleure qui soit pour convaincre de la valeur et de l’intérêt de l’exercice appelé zazen pour l’homme actuel. D’autant moins que la plupart des personnes qui s’orientent vers la pratique d’un exercice qui a ses racines en Orient ou en Extrême-Orient ont pour but le maintien ou le rétablissement de la santé, l’exigence du confort et l’augmentation de leur efficacité fonctionnelle dans le monde. Chacun est prêt à engager un travail sur lui-même à la condition d’y trouver une augmentation de ses capacités. On pourrait dire qu’un exercice n’a de sens que dans la mesure où il permet et favorise le passage d’un EGO de taille XXL à un EGO de taille XXXL ! Peut-être est-ce utile ? Mais ce n’est en aucun cas le but de l’exercice appelé zazen.

Nous devons distinguer les exercices pragmatiques mis au service du moi existentiel et les exercices qui tendent à la réalisation d’une vie intérieure apaisée. La finalité de tous les exercices proposés dans le monde du zen est l’éveil de l’homme à sa vraie nature en tant qu’être humain.
La formule proposée par K.G. Dürckheim est très claire : « Je ne pratique pas zazen pour guérir LE moi qui souffre mais pour guérir DU moi qui est la cause majeure des souffrances propres à l’être humain. »
Il ne s’agit donc pas de voir dans la pratique de l’assise silencieuse appelée zazen, un moyen de vivre comme d’habitude mais en étant plus détendu. Zazen est une rupture avec notre manière de vivre habituelle, une rupture avec notre manière d’être habituelle.

Zazen ? Ne rien faire, mais à fond !
Être là, assis, dans le retrait du moi et donc de toute activité objective.
L’exercice du — rien faire — ouvre sur l’émergence de l’infaisable.
L’infaisable ? Ces actions qui ne sont pas du ressort du moi mais du ressort de l’être.
Par la pratique inlassable de zazen, chacun peut ainsi s’affranchir de son moi inquiet, anxieux, sans cesse préoccupé par le désir d’avoir plus, de savoir plus, de pouvoir plus. Exigences qui peuvent conduire au burn-out ou à la dépression.
En se laissant transformer par l’infaisable, dont le souffle (la respiration) est l’expression la plus intime, l’homme retrouve son état de santé fondamental dont les symptômes sont le calme intérieur, la paix intérieure, la confiance et la simple joie d’être.
Jacques Castermane
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mercredi 17 janvier 2018

Au noyau de l'Être


La passion est destructrice parce que je tente de la retenir, d'en faire ma chose, ma propriété.

Or, je souffrirai jusqu'à en mourir - et beaucoup savent que ces mots ne sont pas exagérés - jusqu'à l'instant où je "passerai au travers". Le sens de la souffrance, c'est de traverser. Nous vivons dans une époque tellement poltronne qui nous protège, qui nous apprend surtout à ne pas souffrir, à rester en surface, à ne pas entrer dans les choses. Tout est superficiel.

Or "il n'est pas de petites portes, il n'est que de petits frappeurs". La passion nous offre une chance de traverser le mur des apparences.

[…] Alors seulement commence la responsabilité envers le monde, quand on s'aperçoit combien de choses on fait souffrir de sa souffrance, combien de choses et de gens et d'êtres étouffent de notre étouffement, de notre ressentiment, de notre haine, que de choses sont prises dans le réseau de nos désespoirs, que de choses nous entraînons dans nos dépressions, combien de plantes meurent autour de nous dans notre appartement, combien de morts entraînent nos dépressions.

[…] rester en contact avec la profondeur, se pencher sur ce qui m'habite, sur ce silence des entrailles. Quelque chose en moi sait que rien ne peut m'arriver, que rien ne peut me détruire. C'est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en chacun de nous. Alors la peur cesse et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau en moins d'horreur sur la Terre!

Christiane Singer, extrait de Terre du ciel

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