jeudi 7 octobre 2021
Relative ascension
mercredi 6 octobre 2021
J'aime mon prochain comme moi-même
mardi 5 octobre 2021
Espace de l'instant
Plus on éveille la densité tactile, et moins il y a de la place pour chercher les choses dans la pensée.
Quand je cherche dans la pensée, je ne trouve que le passé.Or rien n’est séparé.
C’est la pensée qui sépare, qui crée un espace et un temps.
Il n’y a rien de tel. Il n’y a pas de là-bas.
Il y a uniquement l’instant.
lundi 4 octobre 2021
Inconscient
dimanche 3 octobre 2021
« Le seul ennemi de l'arbre, c'est l'homme »
Le célèbre botaniste Francis Hallé appelle à la création d’un vaste espace européen de forêt en libre évolution, pour des raisons écologiques et philosophiques.
« C’est une bonne année pour les glands. » « Écrasez ces feuilles, vous verrez, elles sentent le pastis. » Se promener avec Francis Hallé dans le jardin luxuriant qu’il partage avec ses voisins sur les hauteurs de Montpellier, c’est bénéficier d’une extraordinaire leçon sur les végétaux. Un moment qui active tous les sens, mais réveille aussi nos consciences.
À 83 ans, ce scientifique de renommée internationale, connu pour ses missions sur la canopée amazonienne, publie un livre en forme de manifeste, Pour une forêt primaire en Europe de l’Ouest (Actes Sud). Un projet aussi fou qu’à l’époque celui des cathédrales, mais nécessaire pour des motifs écologiques et philosophiques.
Vous appelez à la création d’une forêt primaire en Europe de l’Ouest. Comment définir une forêt primaire ?
C’est une forêt, qualifiée parfois d’« ancienne » ou de « vierge », dont les arbres sont hauts et gros par leur diamètre basal, leurs racines très étendues. Les sols sont très fertiles, la biodiversité est très importante. On peut observer aussi bien des champignons que beaucoup de traces d’animaux. Une forêt, c’est l’association de la flore et de la faune ! Il y fait également très sombre, car la canopée est totalement fermée.
L’homme ne doit pas intervenir. Il ne prélève rien, même pas un bouquet de fleurs. Il ne plante pas. Quand un arbre tombe, on le laisse au sol. Or, l’arbre met plusieurs dizaines d’années pour disparaître. Résultat, il n’est pas facile de s’y déplacer. Par ailleurs, on sent mieux les interactions entre les arbres et les animaux que dans une petite forêt. Enfin, c’est un endroit très beau. Les Européens trouvent leurs forêts extraordinaires, mais ils n’ont jamais vu la majesté de la forêt primaire ! La beauté montre à quel point l’évolution a réussi son travail.
Où en trouve-t-on encore ?
Aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande. En Europe, elles ont quasiment toutes disparu au milieu du XIXe siècle. Je rappelle que le seul ennemi de la forêt, c’est l’homme. La seule qui subsiste est celle de Bialowieza. Située en Pologne, elle est magnifique. S’y côtoient loups, cerfs, bisons, sangliers… Mais elle est menacée : le président Duda n’a aucune sensibilité écologique.
Le lieu représente une zone de chasse et d’exploitation du bois. Il existe un lien entre populisme, vision prédatrice de la nature et croyance en une croissance indéfinie. On retrouve la même logique au Brésil avec le président Bolsonaro, qui malmène la forêt amazonienne.
Quelle est précisément la nature de votre projet ?
Il couvrirait 70 000 hectares. La commission européenne est notre principal soutien. Actuellement, nous cherchons le lieu. Nous sommes allés voir dans les Vosges, mais les sols sont trop chahutés. Et nous souhaitons constituer une forêt primaire de plaine. C’est ce qui a disparu en premier.
Nous nous rendrons bientôt dans les Ardennes. Pas question en tout cas d’acheter un terrain. Nous ne voulons pas priver les gens d’une partie de leur territoire et d’un futur bien commun. En rachetant un terrain dans le Vercors, les gens de l’Association pour la protection des animaux sauvages sont mal perçus par la population. Les visiteurs seront les bienvenus, mais devront faire preuve de respect. Si on piétine trop le sol très tendre de la forêt primaire, on tue les arbres.
Quel serait l’intérêt d’une telle aventure ?
La forêt primaire possède bien des vertus. C’est une écologie optimale. Grâce à la grande taille des arbres, le stockage de carbone dans le bois est maximal. Avec la décomposition des arbres morts, la capacité de captation de carbone dans l’humus est aussi très bonne. Sa pluralité d’essences assure aussi une bonne résilience face aux effets du réchauffement climatique.
Ce projet comporte une dimension philosophique. Il va à l’encontre de la fébrilité actuelle qui domine la société. Il ne faut pas être pressé. À partir d’un sol nu, 10 siècles sont nécessaires pour qu’apparaisse une forêt primaire. Un tel projet suppose l’arrêt de tout anthropocentrisme. Or la crise écologique ne sera résolue que si l’homme abandonne son statut d’être supérieur à la nature.
La crise sanitaire ne change-t-elle pas la donne ? On voit des citoyens se mobiliser pour défendre les forêts…
La filière bois continue de les surexploiter. Les lobbys sont présents jusqu’à l’Élysée. Et le ministre actuel a protesté contre des mesures européennes réduisant la pression sur les forêts. En l’espace d’une vie humaine, on a vu à quelle allure les écosystèmes se détruisent. Si vous vous projetez sur quatre ou cinq générations, nous allons vivre dans un égout.
Pourtant, d’un point de vue quantitatif, la France voit son nombre de forêts progresser…
Ceux qui avancent ces chiffres ne font pas la différence entre les plantations et les forêts. Les sapins Douglas plantés dans le Morvan ou le Limousin relèvent de l’agriculture. Mon rêve est d’ailleurs de sortir la forêt des compétences du ministère de l’Agriculture. La laisser sous la tutelle de ce ministère facilite les coupes, en cas de besoin supplémentaire de terres agricoles.
Vous avez 83 ans, votre amour pour les arbres reste intact. Sans doute vient-il de loin ?
Dès que, enfant, je me suis mis à grimper dans les arbres, j’ai su que je voulais devenir botaniste. Mes frères se sont cachés dans la forêt de Fontainebleau pour éviter de faire le service de travail obligatoire qu’avait imposé l’Allemagne au gouvernement de Vichy. La forêt a pris la valeur de refuge, de lieu de résistance au pouvoir. Depuis mes séjours tropicaux, je me qualifie de militant, prêt à me battre contre ceux qui veulent détruire les arbres.
Source : la Vie
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samedi 2 octobre 2021
« Une petite boutique spécialisée dans une denrée encore rare »
Au cours d’un voyage au Japon (1980), Sôkô Morinaga Roshi, abbé du Temple Daishu-in à Kyoto, ayant appris que j’anime un centre de méditation en France me questionne : où ? quoi ? pourquoi ? comment ?
Suite à l’énoncé de mes réponses il me dit : « Si je comprends bien, vous avez en charge une petite boutique spécialisée dans une denrée encore rare aujourd’hui, l’expérience spirituelle ».
Quarante ans après son inauguration par Graf Dürckheim, présenter le Centre Dürckheim comme étant — une petite boutique spécialisée dans une denrée rare — étaie sa destinée.
Je trouve cette dénomination d’autant plus justifiée et appropriée que nous vivons dans une société qui n’arrête pas d’implanter des supermarchés, des hypermarchés, des grandes surfaces.
Morinaga Roshi ajoutait : « Nous vivons une époque au cours de laquelle, en Occident comme en Orient, les grandes institutions qui se réfèrent à la vie spirituelle vont perdre leur influence au profit de petites communautés qui rassemblent des personnes attirées par — l’exercice spirituel et l’expérience spirituelle — ».
L’exercice spirituel ?
J’avais 17 ans lorsque j’ai lu l’ouvrage de Herrigel : Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc. La première phrase que j’ai soulignée et qui m’accompagne encore quotidiennement est que « Pour bien tirer à l’arc il ne faut pas viser la cible mais porter son attention sur l’action, sur les gestes qui permettent d’encocher la flèche pour ensuite la décocher ! »
La pratique de zazen m’a appris qu’il en est de même lorsqu’on désire bien vivre. Il importe de prêter attention à l’action dans laquelle nous sommes engagés à l’instant.
Que ce soit être assis, être debout, être allongé ou en train de marcher. Le maître zen voit ces différentes actions comme étant des attitudes dignes de notre attention. Elles le sont d’autant plus qu’elles révèlent la part d’infaisable qui compose notre vitalité.
Voici ce qu’écrit Graf Dürckheim au sujet du cheminement spirituel : « Il y a au Japon les exercices spécifiques propres au domaine artistique, au domaine artisanal ou martial. Le fruit attendu de la pratique d’un exercice n’est pas un acquis ou une performance extérieure mais la transformation de la personne qui le pratique. Il s’agit de l’éveil à notre nature essentielle. Ce qui se traduit par une certaine atmosphère intérieure. Compte ce que ressent, ce qu’éprouve celui, celle qui s’exerce. Le principe fondamental sur lequel reposent ces pratiques est la mort du moi qui fait les choses afin de rendre libre, afin de libérer la voie qui ouvre sur un soi plus profond, notre propre essence. L’exercice bien compris est un chemin à tracer par l’homme lui-même qui lui permet d’accéder, étape après étape, à la voie par laquelle il libère son être véritable ».
Libérer son être véritable ! C’est le but de la Voie tracée par Graf Dürckheim ; une Voie spirituelle qui n’est pas confessionnelle. Un exercice proposé par un maître zen vise à l’accouchement de l’être, du Soi véritable.
Voici un texte éclairant que nous devons à Shohaku Okumura Roshi, qui enseigne zazen aux États-Unis :
« Laisser se révéler notre être-nu »
« Nous portons des vêtements de métiers tels que médecin, avocate, mécanicien, prêtre, élève, enseignante. Mais quand nous sommes assis face au mur et abandonnons la pensée, la comparaison à autrui, nous enlevons toutes ces tenues.
En zazen, je ne suis pas prêtre bouddhiste japonais, je ne suis ni japonais ni américain. En zazen, nous ne sommes ni riches ni pauvres, ni bouddhistes, ni chrétiens. Les termes : japonais, américain, chrétien, bouddhiste, homme et femme, sont pertinents uniquement lorsque nous nous comparons aux autres. Quand je me compare aux américains, je suis japonais, mais avant que je sache qu'il existe des personnes qui ne sont pas japonaises, je ne savais pas que j'étais japonais. Lorsque nous sommes simplement assis en zazen face au mur, nous ne sommes ni des êtres vivants illusionnés ni des bouddhas éveillés, nous ne sommes ni vivants ni morts mais simplement tels que nous sommes. C'est tout. En zazen nous retirons tous nos vêtements et devenons le soi nu. »
Jacques Castermane
Lettre N° 96 – Octobre 2021
vendredi 1 octobre 2021
Changement intérieur !
Votre vie a une raison d'être intérieure et une raison d'être extérieure. La raison d'être intérieure est primordiale et concerne l'Être. La raison d'être extérieure est secondaire et concerne le faire.
Notre vraie raison d'être ne concerne pas ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Elle concerne notre état de conscience.
Ce faisant, nous apprenons que l'action, bien que nécessaire, est seulement un facteur secondaire dans la manifestation de notre réalité extérieure. Le facteur premier dans la création est la conscience. Peu importe notre niveau d'activité et la quantité d'efforts que nous fournissons, c'est notre état de conscience qui crée notre monde.
S'il n'y a aucun changement sur le plan intérieur, même une infinité de gestes ne pourront faire la différence. Nous ne ferions que recréer sempiternellement des versions modifiées du même monde, d'un monde qui est le reflet extérieur de l’ego.
UNITÉ avec toute vie p93
Eckart Tolle
jeudi 30 septembre 2021
Se laisser toucher par l'altruisme
L’Intercontinentale des consciences
L’Intercontinentale des consciences est un réseau de méditantes et méditants engagés.
Ce réseau veut rassembler toutes celles et ceux qui partagent la conviction que seul un approfondissement de conscience, personnel et collectif, pourra inspirer assez puissamment nos engagements visant, dans toute leur diversité, à réparer ensemble le tissu déchiré du monde.
J’aime beaucoup ce proverbe qui dit : « On entend le bruit des chênes que l’on abat, on n’entend pas le bruit de la forêt qui pousse. »
L’Intercontinentale des consciences est pour moi « cette forêt qui pousse », qui pousse depuis bien longtemps, cette forêt de veilleurs et de silencieux qui, par la méditation ou par une autre pratique de la conscience exercée, font ce que font les arbres par la photosynthèse : transformer le gaz carbonique en air respirable…
Grâce aux méditants engagés dans la pratique de la « kardiosynthèse », c’est-à-dire l’apaisement des pensées troubles et maléfiques, dans le silence et la lumière du cœur, l’Intercontinentale des consciences peut transformer en air vif l’atmosphère polluée de haine et d’envie qui rend notre monde de plus en plus irrespirable.
Cela ne fait pas de bruit mais c’est d’une efficacité incroyable : l’efficacité silencieuse des arbres qui communiquent par ce réseau souterrain et invisible qu’est le mycélium.
La forêt humaine et ses veilleurs silencieux et solitaires communiquent, eux aussi, par un réseau intime et invisible d’ondes. Ce réseau d’intentions et d’informations lumineuses garde l’univers dans la saveur de l’Un et le goût de l’Autre. Ni fusion, ni séparation, ni syncrétisme, ni sectarisme, mais « Alliance » toujours nouvelle de ceux qui boivent à la Source jaillissante de « l’Amour qui fait tourner la terre, le cœur humain et les autres étoiles ».
Jean-Yves Leloup
Voir le site pour se lier aux autres méditants
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mercredi 29 septembre 2021
Salon du bien-être
J'organise ce week-end un salon autour du bien-être près de Lille.
Vous pouvez venir vous détendre ou méditer en lien avec nos activités ;-)
mardi 28 septembre 2021
Au cœur de la Voie...
"On appelle "cœur" la faculté de s'étendre indéfiniment à partir d'un point et de tout concentrer en un seul canal.
On appelle "méthode" les procédures qui permettent de connaître les développements en partant de la racine, de répondre à toutes les situations grâce à un seul principe.
On appelle "Voie" l'art consistant à connaître le pourquoi au repos, les buts en mouvement, les modalités quand on entreprend et où s'arrêter quand on agit."
Ecrits de Maître Wen, Livre de la plongée dans le Mystère, Editions les Belles Lettres
Image : Livre de divination par les nuages et les comètes. Soie. Tombe N°3 de Mawangdui
lundi 27 septembre 2021
Humour pour un début de semaine
" Sherlock Holmes et le fidèle Watson sont en camping. Après un bon dîner bien arrosé, ils se retirent sous la tente et s'endorment rapidement. Quelques heures plus tard, Holmes se réveille et donne un coup de coude à son fidèle compagnon : "Dites donc, Watson, regardez un peu le ciel et dites-moi ce que vous voyez. - Je vois des millions d'étoiles, répond Watson. - Et qu'en déduisez-vous ?" Watson réfléchit une minute puis déclare : "Eh bien ! D'un point de vue astronomique, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. D'un point de vue astrologique, j'observe que Saturne fait partie du Lion. D'un point de vue horaire, j'en déduis qu'il est approximativement trois heures quinze du matin; D'un point de vue météorologique, je suspecte que nous aurons une belle journée demain. Enfin, d'un point de vue théologique, je vois que Dieu est puissant et que nous sommes bien petits et insignifiants face à l'univers. Et vous, Holmes, qu'est-ce que cela vous dit ?" Après un court silence, Holmes lui dit :"Watson vous êtes un idiot. J'en dis que quelqu'un nous a volé la tente !"
Cité par Éric Edelmann in La splendeur du vrai p 117/118
dimanche 26 septembre 2021
Juste un temps
« Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts »
Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, nous relate un rituel original auquel elle a participé en août 2021 avec sa communauté : trois jours consacrés à la mémoire des défunts. Une manière émouvante et concrète de se tourner vers « ceux qui nous ont quittés ».
De petites lumières tremblantes qui illuminent un instant le crépuscule, puis, au fil de la rivière, s’éloignent et disparaissent… Nous regardons partir ces fins morceaux d’écorce ou de bambou que nous avons confectionnés cet après-midi, taillés et lissés, puis peints : des fleurs, des oiseaux, des ébauches de visages, toujours des couleurs… Sur le dessus une feuille, ou un morceau de papier avec un nom. Et enfin, collée en équilibre, une petite bougie.
Puis, tard en cette belle journée de la mi-août, quand le soleil a commencé à disparaître derrière la colline, nous sommes descendus en silence jusqu’au cours d’eau en contrebas ; nous sommes restés là quelques minutes, recueillis, chacun dans ses pensées, dans ses souvenirs, mais puisant de la force à être ensemble. Nous ne pouvions plus voir le jardin ni les bâtiments ; le quotidien semblait avoir disparu. Il nous restait un monde vert et silencieux, tranquille et accueillant ; juste un murmure, celui de l’eau, un fredonnement léger pour accompagner ces instants d’émotion.
Moment de partage et d’acceptation
Alors, chaque personne à tour de rôle a allumé sa bougie, s’est avancée et a délicatement déposé la frêle embarcation sur l’eau. Quelques secondes pour la regarder prendre son élan, puis une autre personne à son tour pour confier un nom, un souvenir, à la source de toute vie.
Car comme il est dit, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts. Cette cérémonie clôt le temps des morts ; ou plutôt non, pas une cérémonie, le mot est trop fort, il ne transmet pas la simplicité, la retenue de nos gestes ; pas un rituel non plus, chacun s’avance doucement, prend le temps voulu, il n’y a pas de préséance, personne ne dirige. C’est un moment de partage, d’acceptation aussi : ouvrir les mains et laisser partir.
Vers tous ceux qui nous ont quittés...
Les deux jours précédents ont été un temps du souvenir : nous avons choisi de garder cette date de plein été, comme au Japon, pour nous tourner vers nos proches, ou moins proches, vers tous ceux qui nous ont quittés. Plénitude : le potager croule sous les courgettes et les haricots, avec les pointillés orange des potimarrons ; dans le jardin, c’est à qui, dahlias, cosmos, ou lupins, attrapera le plus tôt le soleil. Mais déjà, dans nos montagnes, le matin se fait frisquet, et le soir, les sapins s’enroulent dans une brume légère…
Offrandes et longue méditation silencieuse
Il est d’usage d’aller le premier jour au cimetière laver les tombes, aussi tendrement, dit-on, que si on lavait le dos de sa mère… Ici, en ces contreforts des Cévennes, nous nettoyons le petit cimetière qui se trouve sur le terrain en nous efforçant d’enlever mauvaises herbes et orties le plus doucement possible ! Le lendemain matin, chacun dépose, dans la salle de méditation ou au-dehors, dans la forêt ou en plein champ, des offrandes. Ce peut être un message, une photo, ou ce qu’aimait la personne : ainsi il y a sur l’autel une plaquette de chocolat, du Coca, une petite maquette d’avion et un joli foulard.
L’après-midi, nous nous sommes réunis pour une longue méditation silencieuse, puis, séparément, nous avons marché jusqu’à la nuit. Troisième jour, les petits bateaux, la rivière… Nous revenons au temple en silence ; la nuit est tombée. Un grand apaisement en nous et autour de nous ; fatigués et heureux, comme au retour d’un grand voyage. Le halo des lampes qui accompagne notre marche nous le dit : nous ne sommes jamais seuls, nous traversons cette vie, entourés de tous et de chacun, ensemble, et ainsi entre la douceur dans nos vies.
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