jeudi 5 août 2021

Je sors de cette retraite en silence... apaisé !

 


Cet abrégé, conclusion de l’expérience faite par une personne qui participait pour la première fois à une retraite en silence, vaut plus que toutes les théories qui tentent d’objectiver les avantages de la pratique méditative appelée zazen.

« Je sors de cette retraite en silence ... apaisée ! »

Lorsque A.M. m’a dit cela je n’ai pas douté un instant de l’authenticité de son expérience. Sa manière d’être en tant que personne, sa manière d’être en tant que corps-vivant (IchLeib) confirmait son expérience intérieure. Sa manière d’être et de s’exprimer, particulièrement sobre, donnait l’impression qu’elle ne tombait pas dans le piège souvent tendu par l’ego : l’idée que ce pourrait être définitif.

Lorsque je lui ai dit « voilà une bonne raison pour reprendre l’exercice demain », son éclat de rire rendait compte de sa compréhension du mot Chemin et confirmait sa détermination.

Une autre participante à cette première retraite post-confinement, résumait son expérience par ces mots :« Au cours de ces quelques jours, les exercices que nous avons pratiqué m’ont permis de rompre cette urgence permanente qui gangrène mon existence quotidienne ! »

J’avais orienté la retraite en silence en invitant chacun « à tout faire un petit peu plus lentement ». Tout ! S’habiller, marcher du parking au Dojo, passer de la cuisine à la salle à manger, faire la vaisselle. Briser la culture du tout faire vite, plus vite qui emmène bon nombre de nos contemporains au burn-out ou à la dépression.

Un autre commentaire m’a particulièrement touché. « La retraite en silence que vous animez est vraiment une réponse à ce besoin vital de souffler, de se ressourcer. Je vous suis reconnaissant de ne pas nous assommer de promesses surabondantes et illusoires dont la plupart des ouvrages qui ont pour thème la méditation sont truffés. Merci de nous avoir donné quelques clés pour trouver en soi les moyens de traverser les épreuves de la vie ».

Se sentir apaisé ! Rompre avec ce sentiment d’urgence qui gangrène notre existence quotidienne ! Trouver en soi les moyens de traverser les épreuves de la vie !

Ces témoignages devraient nous interpeller ; d’autant plus en cette période de pandémie. Ils m’invitent à concevoir qu’il est possible d’assumer les conséquences d’une telle épreuve sans être attaché au désir du retour à une vie extérieure qui serait comme avant. Une telle adversité peut au contraire être l’opportunité de rompre avec les normes réclamées ou dictées par le monde extérieur et à contrario de se centrer ou se recentrer sur l’essentiel.

Se centrer sur l’essentiel ! Comment ?

La réponse donnée à cette question par K. Graf Dürckheim à son retour du Japon (1947), suite à son immersion d’une dizaine d’années dans le monde du Zen est résumée dans cette ordonnance : « Le Chemin est la technique ; la technique est le Chemin ».

Zazen, technique qui consiste à ne rien faire mais à fond (comme le disait André Comte-Sponville après avoir participé une sesshin au Centre) est très certainement l’exercice le plus simple et accessible au plus grand nombre. Il est vrai que le plus simple n’est pas toujours ce qu’il y a de plus facile à réaliser. Voici ce que me disait Graf Dürckheim suite à ma toute première expérience de cet exercice qu’est la pratique méditative sans objet : « Vous savez, l’exercice appelé zazen sera toujours un peu difficile pour ce qu’on appelle l’ego. Mais il faut savoir que le démantèlement du ‘’moi’’ est la condition fondamentale de la réalisation du vrai soi-même. Il ne s’agit pas d’anéantir le ‘’moi‘’ mais de transformer un ego uniquement centré sur lui-même afin de nous ou ouvrir à ‘’ce plus que l’ego‘’ que nous sommes déjà au plus profond de nous-mêmes ». (1)

L’usage du kanji ZAZEN m’oblige à réaffirmer ce qui apparaît comme étant fondamental sur la Voie tracée par Graf Dürckheim et dans l’enseignement qui nous est proposé depuis quelques années par le maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi (2) : « ZAZEN EST DIFFÉRENT DE LA MEDITATION ».

« Il y a mille et une manière de méditer ; il n’y a qu’une manière de pratiquer zazen ».(H.R.)

« On ne pratique pas zazen avec le mental ». (H.R.)

« Laisser le corps, le corps vivant (Leib), prendre le dessus sur le mental ». (K.G.D.)

« En pratiquant zazen, le corps (Leib) prend la forme du calme ». (H.R.)

 

« Comment fait-on pour devenir calme ? »

Question posée par Graf Dürckheim à un maître zen au début de son séjour au Japon. Avec un sourire malicieux le maître répond : « Simplement laisser sortir le calme qui est en soi ... oui, simplement laisser sortir ... »

 Jacques Castermane

 (1) La Sagesse exercée — Jacques Castermane — Ed du Relié (2013)

(2) Lire : ENSEIGNEMENTS — propos du maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi

Propos recueillis par Jocelyne Derudder www.tenchijin-zen-kai.fr


********


mercredi 4 août 2021

Hexagrammes du Yi Jing et organisation fractale

Je me forme actuellement au Yi Jing. C'est un monde de sagesse qui peut nous emmener loin en nous...

Via Dominique Bonpaix


Les hexagrammes, en tant que figures à six traits superposés, font preuve d’une organisation fractale. Les fractales sont des figures qui possèdent une invariance d’échelle (ou autosimilarité) : le même objet est observable même en augmentant la taille, c’est à dire que les proportions restent les mêmes. De plus, il se répète à l’infini : en zoomant sur une partie, le tout refait son apparition.
Qu’un seul trait change de nature (le Yin se transformant en Yang ou inversement, c’est le cas du trait mutant), un autre hexagramme entier fait surface. C’est l’hexagramme dérivé (celui qui « habite la ligne », comme disent les chinois), ce dernier nous permettant de mieux comprendre de quoi il retourne précisément à cet endroit. Chacun des six traits est donc « habité » par un hexagramme. Or, cet hexagramme lui-même comporte six traits, habités eux-mêmes par un autre hexagramme qui comporte lui-même six traits habités par… et cela à l’infini. La structure entière du Yi Jing se retrouve en chaque point du système.
Et nous constatons que les hexagrammes n’ont pas d’échelles variables… : un hexagramme a toujours la même proportion.
Patterns et « situations types » du Yi Jing
Une fractale illustre le fait que des phénomènes de la vie se répètent continuellement à des niveaux différents. Nos vies, aussi bien individuelles que collectives, sont également constituées de motifs qui se répètent. Une expérience qui arrivera à une personne à un moment de sa vie se répercutera en écho à un autre moment. Ce qui arrive à une personne dans une culture donnée se retrouvera en écho chez un autre individu dans une autre culture… Ces expériences répétitives peuvent se transformer mais elles gardent toujours leur essence, telles les fractales et les patterns.
Ce sont les « situations types » des hexagrammes du Yi Jing, vous l’avez deviné.
Le Livre des Changements est lui-même à la fois un système déterminé et aléatoire. Des formes visibles vont apparaître (les hexagrammes-réponse), qui étaient enfouies dans la structure même du changement. Mais ceci n’est pas nouveau. Hermès Trismégiste, personnage de l’Antiquité gréco égyptienne, disait déjà : « Les mots sont comme des nœuds et le cosmos est tissé comme un vêtement ».
Les hexagrammes obtenus par le jet des pièces sont des agrégations momentanées, corrélées au questionnement qui les a générés, comme des nœuds issus des courants souterrains inhérents à la situation vécue. On les appelle « bian hua » 变化 en chinois, le jeu des incessantes transformations.


Image : Deep Sea 2018, by Kirell Benzi, créé à partir de données issues des mouvements de l'eau de l'océan Atlantique, près de Bordeaux.

*****************************

mardi 3 août 2021

Pour la nuance sans nuance...

 

Fabrice Jordan : "C'est la nuance et la gestion tranquille de la conscience de multiples complexités interdépendantes qui sauvera le monde. Ni le nivellement des propos, ni aucune position figée ne permettent de comprendre l'aujourd'hui, ni de tisser un demain qui respire. 
Et Etienne Klein l'exprime à merveille."


***************

lundi 2 août 2021

Le conte des deux cygnes

 La nonne bouddhiste nous offre un de ces récits de sagesse, appelés Jatakas, qui retracent les vies antérieures du Bouddha. Foisonnants d'images propres à l'Inde ancienne, ils se veulent riches d’enseignements sur l’Éveil, la réincarnation et le karma. 

Des contes où il est question, comme dans tous les contes, de rois, de pouvoir, de promesses tenues ou brisées, des responsabilités de nos actes : ainsi sont racontées, dans les pays d’Asie, les vies antérieures du Bouddha, tantôt être humain, tantôt animal : daim, tortue, singe, lièvre, éléphant et plus encore.

Sous de multiples formes, il est montré comment, d’existence en existence, le futur Bouddha approfondit la moralité et la sagesse, et surtout le don sous toutes ses formes et la compassion. Ces contes, appelés « Jatakas » sont récités, chantés ou mis en scène ; ils sont connus de tous, et chacun a ses préférés. Voici l’Histoire des deux cygnes.


La volonté de posséder

Il était une fois près d’un lac bleu au fond de l’Himalaya, un couple de cygnes si beaux que même les boutons de lotus palissaient à côté d’eux ; à la voix si douce, qu’elle surpassait même la musique des bracelets de chevilles des jeunes femmes. Les dieux eux-mêmes les admiraient, et petit à petit leur réputation atteignit le royaume de Varanasi. 

Lorsque le roi entendit parler d’eux, il voulut absolument les posséder : il donna l’ordre de creuser un lac près de son palais, de le parer des plus belles plantes, des plus délicieux ombrages. Bercé par la brise, le pollen des lotus recouvrait les rives d’un voile doré ; l’eau en était si limpide que les pierres de son fond scintillaient comme des joyaux. La nuit, le lac devenait un immense miroir pour la lune et les étoiles brillantes.

Une beauté ambiguë

Bientôt, la beauté du lac rivalisa avec celle du ciel bleu traversé de ravissants petits nuages blancs. Le roi proclama alors que tous les oiseaux pouvaient venir sans crainte, qu’ils y seraient protégés. Un beau jour d’automne, un couple de cygnes de l’Himalaya survola cette merveille, et de retour, ils en firent si bien la description que tous leurs amis voulurent s’y rendre.

Mais le roi des cygnes, et son ministre, essayèrent de les en dissuader. Ils dirent : « Les animaux, les oiseaux, expriment leurs sentiments par des chants ou des cris, mais ces créatures que l’on appelle “hommes” savent mentir avec de belles paroles. » Mais comme les autres ne changeaient pas d’avis, ils les accompagnèrent.

Des cygnes solidaires

Lorsque le roi de Varanasi apprit l’arrivée de ces oiseaux dorés, aux yeux de saphir, d’une beauté inégalée, il loua aussitôt les services d’un chasseur pour qu’il pose des pièges et attrape plusieurs de ces cygnes. Le lendemain de leur arrivée, méfiant, le roi des cygnes fit le tour du lac, et hélas ! il fut attrapé par un collet. Il poussa alors un cri pour prévenir les autres, afin qu’ils s’envolent. Tous partirent à tire d’aile, sauf le ministre, qui insista pour rester près de son roi.

Le chasseur, lorsqu’il arriva, fut surpris : l'un des cygnes était attrapé, mais l’autre, à côté de lui, était libre ! Il ne s’envolait pas et ne montrait aucune marque de peur.

Plus encore, lorsqu’il fut devant eux, le second cygne lui demanda de le prendre lui à la place et de laisser partir le roi des cygnes. Touché par cette loyauté, et au risque de sa vie en s’opposant à la volonté de son roi, le chasseur libéra le cygne prisonnier. Mais les oiseaux ne s’envolèrent pas : ils se perchèrent sur les épaules du chasseur et lui dirent de les emmener voir le roi, pour le sauver de sa colère.

Joshin Luce Bachoux

******

dimanche 1 août 2021

Pour moi, l’escalade est une école de vie.

 Claude Compagnone nous explique comment l'escalade et l'effort physique lui permettent de se rapprocher de Dieu. 


S'ajuster dans l'effort commun

Escalader une paroi de montagne ou de haute montagne, c’est s’engager, encordés, à deux, dans un parcours vertical dans lequel chacun va dépendre de l’autre et va compter sur l’autre. La cordée devient un lieu de vie singulier et transitoire où l’entraide et l’attention mutuelle sont alors primordiales. Il faut s’ajuster dans l’effort commun pour mener à bien le projet d’ascension et faire face aux évènements imprévus.

Recevoir un don

Ce parcours vertical pour être accompli demande au corps et à l’intelligence de se plier à un environnement naturel que l’homme n’a pas créé et qui s’offre comme un don à recevoir et à découvrir. Cet environnement s’impose à moi de manière massive, et, en cheminant, j’en découvre la diversité et la beauté. Je ne fais que passer et il m’accepte, en transit. Je découvre humblement ma petitesse par rapport à l’immensité et à la force de la Création. L’avancée prudente, pas à pas, se fait ainsi pérégrination et contemplation.

Garder ses sens en éveil

L’implication du corps et de l’esprit y est totale. Ici, il ne m’est pas possible de faire semblant et de penser à autre chose qu’à ce que je fais. Il faut être pleinement éveillé. Le risque est constamment présent et doit être apprécié et géré. Corps et esprit se font alors intelligence et mouvement. Mes sens sont tout en éveil pour « lire » le rocher, trouver le cheminement et anticiper les problèmes.

Mon corps déploie tout entier et amplement son agilité et sa puissance musculaire pour tirer, pousser ou bloquer. Il entre dans un ballet étrange dont la chorégraphie est dite, mètre après mètre, par le rocher lui-même. Une forme d’unité se gagne ainsi entre le corps et l’esprit et entre moi et le monde. Une plénitude s’installe. Profondément en lien avec la Création, j’entre dans un lien profond et vital avec Dieu, le Créateur.

********

samedi 31 juillet 2021

La chance d'être accueilli sur terre, de pouvoir y respirer et d'y marcher.

 ... Se sentir vivant !


"Ce que j'ai aimé le plus au monde , je crois que c'était la vie ".
Jean d'Ormesson .

******* 

vendredi 30 juillet 2021

L'honneur

 

"L'honneur appartient à ceux qui jamais ne s'éloignent de la Vérité.
Même dans l'obscurité et la difficulté, ceux qui essayent et qui ne se laissent pas décourager par les insultes, les humiliations ou même la défaite.
Parce qu'en faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant. "
Nelson Mandela
Conversation avec moi-même



Photo : une des nombreuses versions du Jin Guang Fu, 金光符, talisman de la Lumière de la Réalisation. Une des pratiques fondamentale des pratiquants taoïstes, très efficace quand on traverse des périodes de doute ou de "noirceur" ou que l'on est confrontés à des éléments négatifs comme ceux cités par Mandela.





*********************************

jeudi 29 juillet 2021

Deux vidéos sur la non dualité...

Pour la personne qui a du temps en vacances et qui souhaite approcher l'instant présent où la personne disparaît et devient "vacance"...
Dans les deux vidéos, "on" parle brièvement d'Arnaud Desjardins. 
...

******


*****

mardi 27 juillet 2021

Faire la paix avec nos fantômes et retrouver la clarté (2)

 

4) Aider les fantômes à trouver leur vraie maison (et à nous foutre la paix)
Une fois que le ou les messages ont été entendus, alors nous pouvons gentiment inviter ces hôtes à rejoindre la dimension dans laquelle ils doivent vivre et les guider dans cette direction.
Ces mémoires/fantômes sont de l’information. Celle-ci ne peut pas être détruite, mais elle peut être remaniée ou distribuée autrement ou ailleurs.
Nous voulons être en paix ? Eux aussi. Dès lors, un deal équitable avec eux est nécessaire : « J’ai entendu votre message, merci beaucoup, maintenant j’ai besoin de me retrouver et en remerciement pour votre message, je vais vous guider vers votre propre suite. »
Ici, nous utilisons certaines visualisations d’accompagnement spécifiques. Et pour les plus récalcitrants d’entre les fantômes, nous leur faisons comprendre que nous ne plaisantons pas. Leur intérêt est désormais de nous laisser à nous-mêmes. Les outils Yin sont utilisés en premier, et les Yang en cas de nécessité. Faut pas trop nous chercher non plus, ils doivent le sentir.

5) Retrouver la clarté et le sens de notre chemin
Enfin seuls !
Oui, mais le vide est parfois effrayant ! Et nous comprenons alors peut-être pourquoi nous avons mis tant de temps à nous occuper de ces fantômes. Il s’agissait peut-être de présences gênantes, mais il s’agissait avant tout de présences…
D’abord, nous allons nettoyer tous les résidus à l’intérieur de notre corps, comme on fait le ménage après une bonne soirée, ou une mauvaise.
Le nettoyage de la moelle des os, liée au Reins également, est une des techniques fondamentales que nous utilisons. Ensuite, la vibration de mantras spécifiques comme celui de purification du corps, du cœur ou de la Terre poursuivra ce travail.
Nous apprenons alors à définir quel chemin nous voulons, maintenant que notre libre arbitre est restauré. Ce n’est parfois pas simple, et il faut laisser le temps au temps. Mais comme la nature a horreur du vide, quelque chose émerge tôt ou tard. Nous restons attentifs pour déjouer toute inertie de comportement ancien. Nous voulons du neuf!
6) Inviter nos divinités à protéger le chemin et à l’éclairer
Une fois le chemin sous nos yeux, nous apprenons à le protéger et à l’éclairer. Après tout, nous allons devoir y cheminer maintenant, et autant faire en sorte que le voyage se passe au mieux. Il sera peut-être long.
Nous travaillons dès lors avec l’autre côté de la pièce des fantômes : celle des Shen 神, ou « divinités ».
Il s’agit cette fois d’un plan informationnel d’un type plus subtil, plus léger que le monde des Gui. Ce plan nous allège et nous tire vers le haut, et contraste avec l’alourdissement engendré par les fantômes.
Nous apprenons à invoquer la présence des divinités de nos organes, et à leur demander protection, quand cela est nécessaire. Nous retrouvons donc une présence, mais qui est de l’ordre du Clair et non du Trouble.
Peu à peu, nous apprenons surtout l’autonomie, l’individuation, l’originalité et la création. Nous incarnons ce que nous sommes depuis toujours.
Timidement au début, et parfois maladroitement, comme un enfant qui doit réapprendre à marcher. Mais petit à petit, nous grandissons et un jour, nous pouvons chanter en marchant, droits et ouverts aux autres. Si quelqu’un trébuche à nos côtés, nous l’aidons à se relever et à se trouver, comme nous l’avons fait nous-mêmes.

7) Apprendre à rester dans le flux du toujours nouveau
La dernière phase semble la plus simple : rester dans le flux de la vie, du nouveau.
Eh bien pas du tout ! Car nous allons chuter encore, parfois. Oui, mais la différence, c’est que nous savons nous relever.
Nous comprenons aussi que le chemin est sans fin et évolue en spirale. On revoit la même chose, mais pas du même plan. Nous le savons et nous apprécions le voyage, nous sommes solides, mais humbles, car nous savons la chute possible à tout moment.
C’est ce qui rend le voyage si beau, n’est-ce pas ? Et à chaque fois que cela est nécessaire, nos divinités sont là : relève toi, marche, cours. Le chemin, et la lumière, c’est par là nous disent-elles.

Fabrice Jordan
****************

lundi 26 juillet 2021

Faire la paix avec nos fantômes et retrouver la clarté (1)


1) Prendre conscience de l’influence du passé : les fantômes
Le mot fantôme (ou Gui 鬼, en chinois) est un mot intéressant. On peut bien sûr le voir au premier degré, comme nous l’envisagions en tant qu’enfants, avec le drap blanc et les deux trous pour les yeux.
En prenant du recul, cependant, on peut définir un « fantôme » comme une trace du passé toujours vivante, et surtout agissante, aujourd’hui, au cœur de notre vie.
Si l’on accepte cette définition, alors nous pouvons voir des fantômes en de nombreux endroits de nos vies.

Dans nos schémas de pensées, d’abord, que nous avons hérité de tout notre arbre transgénérationnel. Nous portons bien souvent les espoirs, ou les déceptions, de nos ancêtres et de nos parents.
Combien d’injonctions internalisées, du type : « tu n’y arriveras jamais » ou au contraire « notre famille est supérieure aux autres, tu dois te comporter comme tel». Combien de comportements hérités, inculqués, imités, qui vont aujourd’hui à l’encontre de nos aspirations ou qui nous limitent dans nos possibilités d’expression?
Quand nous ne sommes pas capables d’en prendre conscience, les fantômes se manifestent dans nos comportements, et plus particulièrement dans ceux qui sont répétitifs et un peu ou beaucoup, autodestructeurs.
Plus le fantôme est installé profondément, plus ces schémas sont trans-sectoriels, c’est-à-dire qu’ils se retrouvent à l’identique dans plusieurs secteurs de nos vies : professionnel, amoureux, familial, social, etc.
2) Apprendre à les localiser dans notre corps ou nos actions
Le point de départ, si l’on souhaite retrouver notre liberté et notre créativité, est de pouvoir localiser précisément où se logent ces « fantômes ».
S’agit-il-de comportements qui nous sabotent ? Si oui, dans quel domaine de notre vie sont-ils les plus présents et actifs? Lors d’une telle recherche, l’avis de nos proches ou de personnes externes est important, et cela implique que nous fassions preuve d’humilité, pour écouter sans être immédiatement réactifs. Ici, l’écoute et la non-action sont essentielles.

Sont-ils présents dans notre environnement ? Au travail, à la maison, ressentons-nous un malaise dans certaines pièces, zones, ou à certaines heures de la journée ?
Ou se cachent-t-ils dans nos corps et nos cœurs ? Quelles sont les parties de moi que je ne ressens pas, ou alors, celles qui crient en permanence ? Ou se situent les douleurs ? Comment se manifestent les symptômes ? Nous évoquent-t-ils des choses anciennes, familiales ? Quelqu’un de notre famille a-t-il déjà présenté des comportements ou symptômes similaires ?
Devenons les Sherlock Holmes de nos fantômes. Cela dédramatise la situation, et nous met dans une position active et non plus de victime.
3) Entendre leur message et prendre un engagement
On peut envisager les choses comme ça : un fantôme est un résidu vivant du passé, qui n'est pas situé au bon endroit, ne trouve pas le chemin vers sa nouvelle maison et doit donc être guidé. Ou alors il ne veut pas nous quitter tant qu’un certain message n’a pas été non seulement délivré mais entendu.
Il convient dès lors de bien vouloir « tendre l’oreille », qui dans la vision chinoise est liée au rein, à l’eau (deuil et renouveau) et au transgénérationnel.
En utilisant un certain nombre « d’outils habiles », nous pouvons apprendre à décrypter le message de nos fantômes. Par exemple, dans ma lignée, la « méditation des 5 fantômes » est faite pour ça. Nous pouvons travailler à deux, pratiquer certains talismans travaillant sur ombre et lumière (talismans du soleil et de la lune) ou utiliser l’attention flottante proche de la psychanalyse lors de nos sessions de Qi Gong, en y mettant une intention légère.
L’important ce n’est pas la rose, mais la prose de nos fantômes.
Si nous ne l’entendons pas, nous les mettons en échec et ils n’ont pas de raison de nous laisser seuls. Pour comprendre qu'ils ont été entendus, ils ont aussi besoin de sentir que nous avons pris un engagement, que la lettre ne restera pas morte, mais qu’elle vivra et que nous maintiendrons sa flamme vivante.
On s’engage aussi vis-à-vis de nos fantômes.
A suivre...
********
Fabrice Jordan


dimanche 25 juillet 2021

samedi 24 juillet 2021

Les trésors de la peur

 Les peurs sont ce qu'il y a de plus dur à traverser, à transformer. Il y en a beaucoup qui s'expriment actuellement. Elles peuvent se découvrir dans l'immobilité qui permet d'entrer en contact avec la profondeur. La respiration permet d'entrer calmement dans l'univers de l'eau sans avoir peur de s'y noyer... et d'aider notre dragon à nous révéler notre potentiel...

"Nos peurs les plus profondes sont comme des dragons, qui gardent notre trésor le plus profond." - Rainer Maria Rilke



« Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions. »
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

************

Enoki Toshiyuki