« Les émotions sont le sel de la Vie ! »
jeudi 11 mars 2021
Emotion quand tu nous tiens...
mardi 9 mars 2021
François-Xavier Moronval, à l'épreuve de la fragilité
Toujours en première ligne pour les autres, cet urgentiste a un jour basculé du côté des patients. C'est dans la présence diffuse de Dieu et dans les réseaux sociaux qu'il a puisé les ressources pour vivre cette épreuve.
Aux urgences, depuis plus de 10 ans, j'ai vu le pire, des pendus, des blessés par balles, des mutilés, des bébés secoués... Je suis confronté aux drames humains, sans filtre. C'est souvent très difficile d'affronter toute cette fragilité, mais je suis fait pour ça. Dans les couloirs de l'hôpital où j'exerce, dans les Vosges, j'ai le sentiment que je peux vraiment être utile. Et pourtant, vous allez peut-être trouver cela étrange, mais j'ai longtemps eu très peur du sang !
À la vue de l'hémoglobine, pendant mes études, je sortais de l'amphithéâtre, en plein cours, et faisais un malaise vagal dans les toilettes. En stage de chirurgie, au bloc opératoire, je devais tenir les écarteurs et hop ! je tombais dans les pommes. On appelle cela de l'hématophobie, une affection qui, selon l'Organisation mondiale de la santé, arrive au troisième rang des phobies les plus répandues après la peur des animaux et celle du vide.
« Ma vocation médicale est plus forte que tout »
Quand j'étais petit, j'étais fasciné par Il était une fois la vie. Ce dessin animé très bien fait est sans doute à l'origine de ma vocation. Quand j'ai dit à mes parents que je voulais devenir médecin, ils ont tenté de me dissuader. Ils travaillent tous les deux dans le soin : ma mère est kinésithérapeute, mon père, orthopédiste. Eux savaient bien que je ne tenais pas le coup devant une plaie. Et, pourtant, j'ai surmonté cette phobie avec beaucoup d'efforts et de patience.
Je tentais de me dissocier intellectuellement du moment présent pour affronter la vue du sang. Ma vocation médicale est plus forte que tout. Ce sont les urgences pédiatriques qui m'ont donné le goût pour la médecine d'urgence. C'est très compliqué de voir des enfants en souffrance.
Progressivement, sans même m'en rendre compte, je faisais moins de malaises, j'éprouvais une joie intense à aider et soulager les petits. Je suis également formé en médecine de catastrophe, capable de prendre en charge de très nombreuses victimes en même temps, en cas d'accident chimique, nucléaire, de séisme ou d'attaque terroriste.
Un accident extrêmement grave
Un matin de la fin du mois de juillet 2019, quand mon téléphone a sonné, alors que je dormais très profondément après 24 heures de garde, je ne me doutais pas de l'épreuve à laquelle j'allais bientôt devoir faire face. Au bout du fil, une voix de femme, inconnue, m'a prévenu : « Votre épouse va bien mais elle a eu un accident de la route, un accident sérieux, il faut venir. » J'ai demandé comment était la voiture, par réflexe. « Mais il n'y a plus de voiture ! », s'est-elle exclamée.
J'ai tout de suite compris que c'était extrêmement grave et, en tant que soignant, je sais parfaitement que l'on ne donne jamais d'information inquiétante au téléphone. J'ai roulé de manière automatique vers le lieu qu'on m'avait indiqué, à 10 km de chez nous. Mes mains étaient tétanisées sur le volant. En garant ma voiture avant le virage, j'ai même fait un bref malaise et j'ai dû m'allonger.
« Elle s'est vue mourir »
Ce jour-là, je suis passé de l'autre côté du miroir. De médecin, je suis devenu victime. Un buggy de collection, pourtant homologué, s'était déporté sur la route et avait tapé de plein fouet l'automobile que conduisait Tiphaine, alors enceinte de sept mois de notre premier enfant. Le conducteur en face est décédé sur le coup. Quant à notre voiture, elle a pris feu.
Mon épouse s'est retrouvée prisonnière de l'habitacle déformé par la collision et les flammes. Elle ne parvenait pas à ouvrir la portière et s'est vue mourir. Finalement, elle a pu s'extraire et se laisser tomber à terre. Elle ne pouvait pas se relever ni marcher, alors elle s'est traînée au sol. Les témoins n'osaient pas s'approcher d'elle et de son gros ventre, car les pneus, à proximité, explosaient. Ils craignaient un embrasement général.
Quand j'ai retrouvé ma femme à ce moment-là, sous une couverture de survie, j'ai vu qu'elle ne présentait pas de lésions apparentes, cela m'a un peu rassuré. Mais elle m'a soufflé : « Je ne sens pas le bébé. » J'ai eu terriblement peur qu'il soit mort et que la situation de Tiphaine ne dégénère après coup, ce qui arrive fréquemment dans ce genre d'accident. Elle a effectué une batterie d'examens, des scanners, des échographies qui ont fini par me rassurer. La petite était bien vivante, mon épouse ne présentait aucune lésion interne. Elle souffrait toutefois de graves fractures aux vertèbres.
« Nous étions vivants et ensemble ! »
Ce n'était que le début de notre épreuve. Elle a dû rester allongée à plat dos, à l'hôpital, jusqu'à l'accouchement qui a été pratiqué sous anesthésie générale à la fin du mois d'août. Puis elle a dû être opérée dans la foulée et placée en soins intensifs. Les premiers mois de la vie d'Iris ont donc été particuliers, avec une maman en convalescence et amoindrie.
Tiphaine ne pouvait pas la porter ni la changer mais elle restait à côté de moi pour tous les soins que je prodiguais. Nous étions vivants et ensemble ! Nous avions vécu de si belles choses depuis notre rencontre dans une soirée étudiante en 2008, à commencer par notre mariage dans le Grand Canyon, après avoir survolé l'Arizona en hélicoptère depuis Las Vegas.
Dieu... et Twitter !
Dans les semaines qui ont suivi l'accident, je me suis surpris à adresser quelques prières à Dieu afin que tout aille bien pour ma femme et notre bébé. C'était non codifié, un peu flou. Mais j'ai quand même fait toute ma scolarité à Saint-Sigisbert, un établissement catholique de Nancy, et mes deux parents, croyants et pratiquants, nous ont élevés, ma sœur et moi, dans la foi. Au milieu de cette épreuve, je cherchais des ressources et parmi celles-ci, il y avait Dieu… et Twitter !
Ce réseau social est souvent décrié pour la présence de trolls et pour la méchanceté de certains commentaires. Je m'en suis servi pour témoigner de ce que nous traversions. Je peux dire que cela m'a sauvé tout comme m'a beaucoup aidé une séance d'hypnose que j'ai faite pour tenter d'évacuer le traumatisme de l'accident.
En effet, j'ai revécu ces heures-là et modifié un détail de la scène pour la rendre plus acceptable : j'ai remplacé mentalement le médecin qui m'a accueilli, sur les lieux de l'accident, par une collègue que je considère comme ma grande sœur. Cela me permet de faire face au souvenir plus facilement. D'ailleurs, je me forme désormais à l'hypnose pour aider mes patients blessés ou endeuillés.
Un compte qui a explosé avec la crise sanitaire
« Je suis papa, nous avons l'immense bonheur de vous annoncer la naissance de Cacahouète ce matin à 10 h 37 ! Elle se prénomme Iris. Elle est magnifique et adorable ! Elle restera sous surveillance durant les 24 prochaines heures. Nous l'aimons déjà énormément. » Le tweet tout simple que j'ai écrit pour la naissance d'Iris le 23 août 2019 a affiché plus d'un million de vues et a été classé dans le top des tendances en France ce jour-là ! Je n'en reviens toujours pas ! Mon compte @FXMoronval est désormais suivi par 24 000 abonnés. Il a explosé avec la crise sanitaire.
Après l'épreuve familiale, nous devons désormais affronter la pandémie de Covid-19. Ma femme étant infirmière dans un service de réanimation, nous sommes tous les deux en première ligne. Depuis mars dernier, je suis au front tout le temps, dans la crainte d'une saturation des lits et surtout des respirateurs, donc la peur de devoir sélectionner entre un patient de 40 ans et un autre de 60 ans.
Donner des informations fiables sur le coronavirus
Mentalement, je suis fatigué comme tous les Français. Cette maladie est complexe avec des symptômes variés et parfois atypiques. Elle complique les procédures à l'hôpital. Sur Twitter, et au sein du collectif Du côté de la science, cofondé avec des amis médecins qui écrivent également sur ce réseau, je lutte contre les fausses informations qui peuvent induire des comportements à risque chez les gens. Il me tient à coeur de divulguer des informations fiables et vérifiées sur le coronavirus.
Je ne me considère pas dans un combat. Je tiens à garder une posture toujours bienveillante dans l'exercice de la médecine et sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, je bloque tous ceux qui ont des mots déplacés ou violents. J'envisage mon travail comme une mission. L'accident de mon épouse m'a aidé dans ma pratique quotidienne : j'ai plus d'empathie qu'avant, je me mets davantage à la place des gens. Il a aussi renforcé notre couple. Nous savourons chaque instant que nous offre la vie. Je pense souvent à la famille du conducteur du buggy, qui est mort dans ce terrible accident. Écrivez-le, c'est important pour moi : nous ne l'oublions pas.
Les étapes de sa vie
21 juin 1984 : Naissance à Nancy.Mars 2008 : Stage aux urgences de l'hôpital de Nancy.
28 septembre 2012 : Soutenance de sa thèse sur la formation des médecins en gestes techniques.
21 juin 2015 : Mariage avec Tiphaine.
1er septembre 2016 : Responsable de l'école du Samu (Cesu) pour les Vosges.
Mars 2019 : Début d'une formation à l'hypnose.
Fin juillet 2019 : Accident de la route de son épouse alors enceinte de sept mois.
23 août 2019 : Naissance d'Iris.
Les étapes classiques des voies spirituelles...et leur but.
Le quatrième temps peut s’apparenter au deuxième, mais il va plus loin : il s’agit à ce stade d’incorporer une forme de lumière. Ça peut paraître un peu étrange, car il ne s’agit pas d’une lumière visible la plupart du temps, mais de lumière dans son aspect subtil et mystérieux. À ce stade, le pratiquant travaille sur la 6ème dimension (la dimension des Gui/fantômes, ou de l’ombre selon Jung).
lundi 8 mars 2021
Acceptation

Accepter la réalité telle qu’elle est dans l’instant, n’est pas une forme de résignation. C’est prendre conscience que toute chose qui apparaît est impermanente et que donc nos attachements et nos illusions peuvent également disparaître. Par le simple fait de comprendre la nature de l’illusion, on pénètre la véritable nature des phénomènes, sans détester ce qui s’élève. C’est à partir de la vision juste que se produit une transformation, un éclairage décisif sur la nature qui nous constituent et avec laquelle nous vivons. Toute la question est d’entrer en contact avec cette véritable nature qui est toujours proche et qui nous constitue. On s’ajuste alors à cette manière de fonctionner en intégrant le fait qu’il n’y a rien que l’on puisse saisir et qui puisse demeurer.
dimanche 7 mars 2021
Comment... annoncer le pire
À la faculté de médecine, aucun cours n'explique aux futurs jeunes médecins comment annoncer à une mère que son enfant est mort noyé, à un mari que son épouse n'a pas survécu à un accident de voiture, à un fils que son père a succombé à une hémorragie cérébrale après un malaise. Maladie grave, décès brutal, crise cardiaque... Nous ne sommes pas formés à ce moment que nous devons pourtant affronter très fréquemment aux urgences hospitalières.
Autant les annonces de cancer sont codifiées dans une procédure prédéfinie de longue date, autant pour le reste c'est le grand vide. Nous devons improviser dans une forme de solitude. J'ai, pour ma part, appris de mes pairs, en les observant directement sur le terrain.
Le temps
Je prends le temps qu'il faut, plus d'une heure si c'est nécessaire.
L'environnement
Je me place à la hauteur de la personne, dans un lieu calme et isolé.
Les mots
J'explique ce qu'il s'est passé en y allant le plus progressivement possible.
L'empathie
Je propose de l'eau, un café, j'essaie d'avoir une petite attention gentille, d'être dans une relation empathique. J'observe le langage non verbal de la personne en face de moi pour adapter mon discours. Est-elle nerveuse ? apathique ? Va-t-elle s'évanouir ? Je suis aux aguets.
La clarté
Je m'assure que le message est bien passé, que tout a été bien compris puis je réponds aux questions.
Le débrief
Après l'annonce, je débriefe toujours avec l'équipe - aides-soignantes, infirmières, médecins, etc. - car il arrive que je me sente mal, que certains hurlements de proches endeuillés résonnent encore dans ma tête, que je me projette dans une situation douloureuse, surtout quand cela concerne des jeunes gens ou des bébés. Je ne reste pas insensible. Je peux aussi avoir besoin d'en parler avec mon épouse en rentrant à la maison. Infirmière en réanimation, elle me comprend. Elle-même est parfois confrontée à des situations difficiles. Elle est toujours d'un grand soutien pour moi.
François-Xavier Moronval
************samedi 6 mars 2021
Un moment avec Kankyo Tannier
1.Un emploi du temps surchargé, un stress presque permanent, le sentiment de perdre le contrôle de sa vie : quels conseils donneriez-vous à une personne prisonnière de sa propre vie ? Comment changer notre rapport au temps ?
Tout dépend des causes de cet emploi du temps surchargé. Est-ce pour obéir aux injonctions du moment, avec ce modèle sclérosant d'une vie réussie mêlant travail intensif, enfants courant – comme les parents – d'une activité à l'autre, biens matériels à profusion pour afficher son statut social ? Ou bien ce stress est-il dû à une antienne, apprise dans l'enfance, selon lequel « Prendre son temps c'est pour les fainéants, un être humain responsable se doit d'être – très – occupé » ? Ou encore multiplie-t-on les activités pour se sentir vivant, par peur du vide et, par extension, de la mort ? Quel que soit le cas de figure, il s'agirait tout d'abord d'en prendre conscience. Faire un peu d'introspection pour voir vraiment ce qui nous emprisonne : est-ce le temps ou notre vision du monde ? Et ensuite cette question cruciale : comment voudrions-nous vivre les choses autrement ?
2.Vous évoquez le tempérament colérique qui est le vôtre depuis toujours. Comment le dompter, ou comment l'accepter ?
L'accepter en effet, c'est le mot-clé. Cela ne signifie pas bien sûr s'abandonner à la colère et la déverser sur autrui. Mais savoir, en temps réel, comment elle apparaît et où elle se niche. Une émotion, quelle qu'elle soit, est une sensation physique. La première étape, la plus difficile, est donc d'accepter de ressentir. Dire « OK » à la colère qui est présente, plonger dans le corps pour l'accueillir physiquement. Cette émotion a sans doute de bonnes raisons de se manifester mais, sans aller plus loin dans l'analyse, elle a surtout besoin de ce qu'on appelle « l'accueil illimité » : prendre un moment pour sceller un accord, au cœur de l'être. Et cette pratique de la reconnaissance émotionnelle peut également être appliquée au stress du temps dont nous parlions plus haut.
3.Les outils numériques envahissent littéralement notre quotidien. Comment reprendre le contrôle ? Et voyez-vous des aspects positifs à cette « communication » permanente ?
Il y a indéniablement de très nombreux aspects positifs comme la création de liens sociaux (bien utiles en période de pandémie), le partage d'informations, la libération du travail de l'homme grâce à la robotisation, etc. Mais également des conséquences dramatiques sur la vie des individus. On pourrait en parler longuement. Le plus dangereux est selon moi le remplacement d'une vie incarnée par une vie virtuelle. Nous avons déjà tendance à vivre « dans notre tête », avec le numérique ceci est démultiplié. Avec le risque, à terme, de ne plus savoir quoi faire, comment se comporter dans le réel, là où les émotions se manifestent « pour de vrai ». C'est tout le challenge de la pratique de Zazen, la méditation zen : ré-apprendre l'ancrage dans le moment présent, celui-ci.
4.Face au dérèglement climatique, les humains sauront-ils, d'après vous, s'unir et adhérer à une cause commune ? Qu'est-ce qui pourrait déclencher cette adhésion ?
Il y a en l'être humain une tendance naturelle à la solidarité et à l'entraide. Être serviable, utile aux autres, ça rend heureux ! La société individualiste et consumériste de l'après-guerre semble avoir dissimulé cet état d'être mais les circonstances actuelles nous invitent à renouer avec le lien social. Il y va finalement de notre survie et je suis optimiste quant à notre capacité à le redécouvrir. On voit d'ailleurs fleurir un peu partout des éco-villages, des lieux éco-spirituels, comme la Ferme Kibo que je viens de créer en 2021. La tendance se répand comme une traînée de poudre et l'urgence climatique est le booster idéal pour nous mettre en mouvement. Je fais le vœu que cette solidarité se fasse avec le monde animal, si maltraité de nos jours.
Kankyo Tannier
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Source : Nouvelles ClésUne communication unique
vendredi 5 mars 2021
Le virus ennemi
jeudi 4 mars 2021
Le vivant se doit au vivant
Le vivant se doit au vivant
Pas à un absolu sec
En tête à tête avec lui même
Pas à un Dieu à notre image ,
Vengeur ou complaisant
Version dure ou version molle
Le vivant se doit au vivant
C’est au vivant que le vivant rend compte
Et, ce faisant,
Honore la source du vivant
Source qui ne s’accomplit qu’en son courant
Serpentant tout du long
De l’improbable vallée du vivant
mercredi 3 mars 2021
Action de recevoir...
mardi 2 mars 2021
Exercice pour se prendre en mains
Maintenant, c'est deux mains... pour accueillir l'instant.
source : La médecine traditionnelle pour les nuls.
lundi 1 mars 2021
Des cendres... pour monter.
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| Photo de Grover Shrayer |
Mars... et ça repart.









