mardi 27 mai 2014

Et votre foi, docteur ? avec Christophe André (1)

Il était là... dans mes bras. Mon meilleur ami, tel un frère, avec qui j’avais tout partagé durant nos études à l'internat de Toulouse. Il venait de se tuer à moto devant moi, dans le sud du Portugal. J'étais en plein cauchemar. Je me suis occupé de tout : rapatrier son corps, prévenir ses parents... Après l’enterrement,je suis parti seul quinze jours à l’abbaye d’En Calcat. Ce sont des patients de l'hôpital psychiatrique qui m’avaient fait découvrir ce monastère bénédictin, et je sentais combien ce lieu de spiritualité leur faisait du bien. Là-bas, frère Benoît, le père hôtelier, prit soin de moi ; chaque jour, je trouvai dans ma chambre la lecture dont j'avais besoin, je découvris la clôture, partageai ce bouleversement calme des offices et de la prière des moines, ces hommes patinés de spiritualité. Je repartis apaisé. Je venais de rencontrer la foi chrétienne incarnée.

Six mois plus tard, j’allais connaître ma future épouse, et sa famille, des catholiques pratiquants heureux qui vivaient la charité en action. Comme je l’avais pressenti tout petit garçon. Dieu non seulement me regardait vivre, mais il veillait sur moi.

Enfant, je me sentais orphelin de repères. Mes parents étaient des gens bien, courageux et travailleurs, mais ils ne nous parlaient guère de leurs valeurs et ne m'avaient pas transmis de doctrine. J’enviais secrètement mes copains enfants de chœur à l'église et leur univers qui m’était inaccessible. J’ai été baptisé, mais je n'ai pas reçu d'éducation religieuse. Je me revois tout petit, sur le pont de Palavas-les-Flots, montrant le poing à un curé avec mon grand-père cévenol, qui m’apprenait des chansons anticléricales. En vacances, il m'achetait le joumal des Jeunesses communistes, dans lequel je dévorais les aventures du Docteur Justice, ce héros qui défendait les faibles.

Quand j'ai lu Freud en terminale, ce fut un vrai déclic : l'élève studieux et l'enfant solitaire que je fus découvrait qu'on pouvait mettre des mots sur ses états d'âme et ses émotions. J'ai décidé de faire médecine pour être psychiatre.

C’est Lucien Millet, un maître humaniste, mon père spirituel et adoptif, qui a fait de moi le psychiatre que je suis. Cet homme - un chrétien - appelait ses patients par leur prénom, les consolait. Il était en rupture totale avec le milieu psychiatrique lacanien des années 1980, où l’on vous enjoignait de garder vos distances pour éviter tout attachement. C’est grâce à lui que j’ai pu trouver ma voie : comportementalisme, psychologie positive, méditation. Au-delà de ses symptômes, le patient est d’abord pour moi une personne : sa vision du monde et la manière de conduire son existence m'intéressent. J’ai compris en psychiatrie combien il est essentiel, au-delà de la maladie, de développer sa capacité à nourrir la vie de tout le bonheur possible.

...



lundi 26 mai 2014

William Blake par Christine Jordis

Né au-dessus d’une échoppe de bonnetier, à Londres, William Blake (1757-1827) affirmait que, pour retrouver la joie que nous portons en nous, « il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception ». Après avoir vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d’anges », il dessina, peignit, grava, écrivit de longs poèmes prophétiques. 

Anticlérical, antimonarchiste, pacifiste, révolté par la misère et l’injustice sociale, il voulut changer l’homme et le monde. À l’argent-roi, il opposa l’esprit, c’est-à-dire la poésie et l’art. Rejeté par son époque, condamné à la solitude et à la pauvreté, il n’en continua pas moins de poursuivre son chemin jusqu’à sa mort.



extrait de "Poésie" sur France Culture
(4 min.)



La poésie a le pouvoir de transformer l’homme et le monde. Blake en était persuadé. Tel était le programme qu’il s’était fixé, telle la mission dont il se sentait chargé. Pour autant, sa poésie n’est pas adossée à un enseignement ni à une théorie : aucune dogmatique, aucune certitude définitive établie sous forme de lois ou revendiquée au départ, mais une connaissance immédiate, reposant sur l’expérience et la vision, et qui possède donc la mouvance, les heurts, les éclats et les variations du temps qui passe : la vie, dans son mouvement. La « vérité » de Blake n’est pas isolable, séparable de sa poésie ; malgré ses nombreux aphorismes, on ne peut la décliner en recettes, ni formules, ni directives. Elle est dans le déploiement de ses vers et de sa prose, liée à sa création incessante, nourrie de sa propre existence incluse dans celle du monde, en perpétuelle mutation.


dimanche 25 mai 2014

Vert printanier avec Philippe Mac Leod

Les vieux platanes décolorés, le long des routes ou sur les places, étalant une ombre chaude, douce et généreuse. Le jeune acacia des pierres disjointes dans les enclos éboulés. Le pin sur le bleu marin. L’horizon tremblant des colonnes en marche sur les plaines. Le haut cierge planté droit aux portes de la mort, l'if sombre dans la lumière intense. Les allées rêveuses dans l’eau des tilleuls. Chênes massifs, plus vastes que nos maisons quand grincent les charpentes, fleuve immobile en tous ses affluents. Aulnes vernissés, peupliers noirs, saules chatoyants dans le courant frais, le long des eaux sinueuses qui leur arrachent de fugaces reflets.


Et le noisetier des sentiers, le bouleau des clairières, le houx des chemins d’ombres et de murmures, le grand hêtre ajouré, les fourrés, les taillis, les buissons emmêlés, les grands halliers, les bosquets et les forêts, en chevelures bouffantes ou par touffes comme une toison, orées, lisières où hésite la lumière, sombres massifs, clairs domaines, pêle-mêle dévalant les pentes ou fleurissant au hasard de graines minuscules, vous tissez pour la terre, infatigablement, ce fin duvet, cette enveloppe légère, cette écorce d’air qui protège l’intérieur du fruit, dur encore, et seul sur la branche, dans la nuit immense du bois si noir et si froid que fait l’univers. Vert tendre des prairies longues et douces, vert pâle ce matin, ténu, vaporeux, vert d’ombre comme l’eau qui le baigne. Vert feuillu ou herbu, en grappes scintillantes ou en nappes lourdes et molles, vert du grand air, moussant, dru comme laine, charnu ou plus qu'un rêve dans les branches, un murmure odorant sous les vents qui le frôle. Mordant sur la roche, vert des fourrés profonds où serpentent les ruisseaux, des crêtes cinglantes où un souffle vif taille les pelouses, vert comme une verve, sève comme un verbe, comme la vie, comme un rire ou une hymne, entre ciel et terre, de l’ombre à la lumière, une ébullition, un frisson, une abondance, une vague immense qui remonte de la terre - vert comme une éruption, une effusion, un bouillonnement, jusqu’au bleu qui s’en exhale ou comme le fleuve jusqu'à l’océan.

Qu'un feuillage oublié revienne aux mains des arbres, tout l'espace s’emplume, s’envole de ses jeunes ailes, d’un nid de bois mort qui ne servira plus. Voici l’herbe debout l’herbe dardée d’un astre qui s’enflamme et lève avec puissance. Vert firmament, azur gazonnant, semé de mille étoiles blanches et menues, au cœur jaune et palpitant tourné vers d’autres saisons. Le tombeau est vide et vaste. De la pierre levée la semence s'échappe. Les vents, les vents en portent l’annonce, les vents aux longs cheveux des femmes, qu’on ne veut toujours pas entendre !

La pluie a fleuri le cerisier, ses longs bras élancés, maigres encore, et noirs, tout ruisselants d’une flamme sinueuse qui fait fondre la neige d’une peau qui passe. Tout se meurt à vouloir renaître. Tant de lumière éclose, non, ce n’est pas un rêve, mais une brillance nouvelle, une effervescence, la terre qui s'élève d’un épi, le ciel immense pour la recevoir. Comme le bouton qui éclate au chant du merle, tout gluant de sa semence, l’air ouvert jusqu’en son bleu le plus profond, la terre étire ses horizons et s'agrandit en dedans, pour faire place à toutes les feuilles qui attendent. Elles poussent aux portes du jour, écartant les rêves trop étroits, les langes aux ailes repliées, la chaleur trompeuse d’une nuit trop longue, qui s’évapore dans l’œil grand ouvert d’un ciel venteux.

Philippe Mac Leod

vendredi 23 mai 2014

jeudi 22 mai 2014

Pas de complaisance avec Catherine Ingram



Désintéressez-vous de vos pensées névrotiques. 


Nul besoin de tenter de les arrêter, ce qui est pratiquement impossible, mais seulement de ne plus vous y complaire. 


Faites de ce désintérêt une habitude. 


Finalement, toute pratique reviendra à cela, et vous devrez la suivre en toutes circonstances, et pas seulement sur votre coussin de méditation. 



 Catherine Ingram 
 (Portland, Etats Unis, octobre 1999)


mercredi 21 mai 2014

Rencontre avec Rodolphe Massé

Il faudrait remplacer le mot spiritualité par le mot Vie.

La seule question est : qu’attendons-nous de la Vie ? Comment souhaitons-nous vivre vraiment ?

Il ne s'agit jamais de nier notre humanité, mais de la célébrer. Ce n'est possible qu'en revenant constamment à ce que nous sommes : pure ouverture, pure conscience ; donc pure joie, pure liberté.

Voyez le Je comme une Elle, comme un Il... et cette aile ou cette île, comme un jeu.

Toute votre vie, vous vous êtes pris pour votre personnalité, pour la personne, pour le masque. Et pourtant, toute votre vie, en amont, vous avez été le témoin de votre personnalité, la conscience qui l'anime et peut en témoigner.

C'est une question d'attention à ce qui se passe vraiment. Cette conscience qui témoigne de votre vie, c'est la Vie qui s'exprime, personnelle et relative en apparence, en surface ; universelle et absolue en réalité, en profondeur.


Rodolphe Massé




Rodolphe Massé est l'auteur du Livre du Silence – 111 Portes sur le Royaume, paru en juin 2013 aux Editions Accarias – L'Originel, préfacé par Catherine Harding et Alejandro Jodorowsky. 

Né en 1973, Rodolphe est poète, scénariste, pianiste et compositeur. Ancien élève d’Arnaud Desjardins et de Daniel Morin, il rencontre ensuite Alejandro Jodorowsky. 


 Il partage aujourd’hui sa propre expérience de l’Éveil à travers textes et musiques, mais aussi par une transmission directe, au fil de rencontres et d’entretiens. 







mardi 20 mai 2014

En liaison avec Christiane Singer

2014-05-17 Radio Vatican
Le Livre pour Dieu de cette semaine est une évocation fraternelle, littéraire et spirituelle de Christiane Singer, par l’un de ses intimes, Léonard Appel. En effet la démarche spirituelle de Christiane Singer a consisté en une quête ininterrompue de la vie, jusqu’à sa source.
De conférences en livres, de romans en essais, elle a exprimé, dans un langage à la portée de tous, une spiritualité profondément incarnée. Sœur Catherine Aubin a interrogé l’auteur de cette évocation, Léonard Appel, sur le sens de ce livre et sur la vocation de Christiane Singer, qui disait d’elle-même qu’elle était « passeur ».
Léonard Appel, après des études d’histoire et d’histoire de l’art, a été membre pendant vingt-cinq ans de la Communauté de Taizé. Il a fondé ensuite, avec Marie Milis, à Bruxelles, « Initiations », un lieu de recherche, de conférences et de réflexion, au sein duquel Christiane Singer est intervenue à de nombreuses reprises.





lundi 19 mai 2014

Chant de pleince conscience avec Thich Nhat Hanh

Puisse, le son de cette cloche pénétrer au plus profond du cosmos.
Même dans les endroits les plus sombres, les êtres vivants peuvent l'entendre clairement, et toute souffrance cesse en eux.
La compréhension vient en leur cœur, et ils dépassent le royaume de la douleur et de la mort.

La porte universelle du dharma est déjà ouverte, Le son de la marée montante se fait entendre clairement.
Le miracle se produit : une magnifique enfant apparaît au cœur d'une fleur de lotus.
Une simple goutte de cette eau de compassion est suffisante pour ramener le printemps rafraîchissant sur nos montagnes et nos rivières.

Au son de la cloche, je sens les afflictions qui commencent à se dissoudre en moi.
Mon esprit est calme, mon corps détendu.
Un sourire est né sur mes lèvres.
En suivant le son de la cloche,
ma respiration me ramène dans la pleine conscience et la sécurité de mon île intérieure.
Dans le jardin de mon cœur, les graines de la paix fleurissent en toute beauté...





samedi 17 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (5)

« Strong impulse to make the other happy. »
Une forte impulsion à rendre l'autre heureux… 

… Enfin, trouver son bonheur dans le bonheur de l’autre. Si cette impulsion est réciproque, si chacun trouve son bonheur dans le bonheur de l’autre, les deux sont évidemment comblés.

Ce critère exige une approche adulte du couple. La demande d'être heureux grâce à un autre est naturelle, normale, légitime chez un homme ou une femme qui n'a pas encore atteint le bout du chemin et qui se sent encore incomplet. Mais il y a une manière tout à fait égoïste de vouloir rendre l’autre heureux, dans laquelle l’autre n'est pas vraiment en question. C'est l’autre tel que je le vois à travers mes projections, mes demandes à moi, que je cherche à rendre heureux en lui offrant ce que j'ai envie de lui offrir, en faisant pour lui ce que j'ai envie de faire, et sans tenir compte de ses véritables demandes. On ne peut sentir ce dont l’autre a vraiment besoin que si l'intelligence du cœur est éveillée.

Ce bonheur est aussi une réalité simple, quotidienne, faite d'une accumulation de petits détails, et pas seulement de s'entendre dire «je t'aime ». Un être a besoin de respirer à chaque minute, et il a besoin de respirer l’amour tous les jours. Cette envie de rendre L’autre heureux ne se fabrique pas artificiellement, elle est là ou elle n'est pas là. 

 « Une forte impulsion à rendre L’autre heureux » est un sentiment permanent: « J'existe pour lui, que puis-je faire pour lui ? » Cette intelligence du cœur s'éveillerait très naturellement si les émotions ne venaient pas corrompre la possibilité d'un véritable sentiment.

----------

Ces critères sont simples. Mais, s'ils sont réunis, tous les autres en découlent, y compris l'entente sexuelle.

vendredi 16 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (4)

« Complete trust and confidence. » 
Une confiance, une foi complète en l’autre... … 

Elle ne peut pas me faire de mal, il ne peut pas me faire de mal. Comme un petit enfant qui a une confiance absolue en sa mère. Je ne dis pas que vous devez avoir une attitude infantile vis-à-vis de votre époux ou de votre époux, mais vous pouvez retrouver un cœur d’enfant confiant. Puissiez-vous ressentir une complète confiance que n’éprouve aucune nécessité de se méfier, d’avoir peur ou de se protéger.

Bien sûr, beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui sont blessés jusqu'au fond de l'inconscient par des trahisons passées vécues dans l'enfance ou la petite enfance. Ce genre de blessure ne facilite pas la communion, l’approche ouverte, le don mutuel de soi dans l’amour. Est-ce que cette personne a su m'inspirer une réelle confiance ? Du fond de moi monte ce sentiment : elle peut faire des erreurs, elle peut se tromper, elle peut même accomplir une action qui me créera une difficulté momentanée mais elle ne peut pas me faire du mal. Fondamentalement, ce qui domine, c'est cette certitude. 

Le mariage ne peut pas être une voie spirituelle vers la sagesse si cette confiance et cette foi n'existent pas, si vous vivez dans la peur. Vous avez à être plus forts que votre infantilisme et à ne pas détruire vous-mêmes une relation précieuse par une méfiance qui n'est en rien justifiée. Il faut que les partenaires ne soient plus totalement infantiles, aient une certaine compréhension de leurs propres mécanismes et décident de les dépasser, d'être plus adultes. 

Seule cette confiance complète élimine le poison de l’amour, la jalousie. Je ne dis pas que c'est un vice ou un péché, c'est une émotion particulièrement infantile dans laquelle le mental invente ce dont il n'a aucune preuve. Rien n'est plus destructeur de l’amour que cette jalousie.


jeudi 15 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (3)


« Two natures which are not too différent. » 

Deux natures qui ne soient pas trop différentes… … complémentaires, oui, mais pas trop différentes ! Il est normal qu'il y ait une différence et une complémentarité entre un homme et une femme. Nous ne trouverons jamais notre alter ego : un autre nous-même qui, à chaque instant, soit uniquement l'incarnation de notre projection du moment. Nous ne trouverons jamais une femme qui sera toujours exactement ce que nous voulons, aura toujours exactement l'humeur ou l'état d'âme que nous souhaitons, l'expression ou le timbre de voix que nous espérons et prononcera les mots que nous attendons — jamais. Et cela, il faut le savoir. C'est une demande infantile, indigne d'un adulte, destructrice de toute tentative de couple, de vouloir que l'autre soit uniquement le support de mes projections et réponde à chaque instant à ce que mécaniquement je demande. C'est une illusion que vous devez réussir à extirper. L'autre est un autre. Et, même si une communion s'établit, l'autre n'aura jamais notre inconscient, notre hérédité. Il y aura toujours une différence.

Mais si les natures sont trop différentes, aucune vie commune n'est possible et cet amour sera battu en brèche par la réalité. Les cas extrêmes vous paraîtront évidents. Si un homme est plutôt solitaire, aime les longues marches dans la campagne, la vie dans la nature, et qu'une femme ne rêve que de mondanités et de réceptions, il est certain que les natures sont trop différentes. Malheureusement, cela n'empêche pas de tomber amoureux.

 Deux natures qui ne sont pas différentes, cela n'existe pas. «Deux natures qui ne soient pas trop différentes», sinon l'entente est au-dessus de nos capacités respectives. Il faudrait être bien plus avancé sur le chemin de la liberté intérieure pour pouvoir former un couple paisible avec un partenaire dont la nature est radicalement différente de la nôtre. La fascination amoureuse ignore superbement l'incompatibilité de deux natures. On croit de bonne foi pouvoir s'aimer mais il n'y a pas de possibilité d'une véritable entente. La complémentarité de l'homme et de la femme repose sur la différence mais elle repose aussi sur la possibilité d'association, d'imbrication, de complicité.