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dimanche 6 septembre 2026

Dire OUI

 

" Me vient à l'esprit que, par contraste, notre époque marche sur la tête en valorisant le non. Elle nous a convaincus que refuser c'est faire montre d'intelligence, de puissance, d'autonomie, d'indépendance. Méfiance, rejets, réfutations et critiques systématiques passent pour des vertus. Seuls le niais ou le frêle acquiescent.

Une faiblesse que de dire oui ? On a besoin de force pour consentir, de courage pour dire oui au risque, oui au danger, oui à l'aventure, oui à l'autre, oui à l'amour quand il se présente, oui à l'amour quand il demande des efforts, oui à la Révélation, oui à Dieu."

( Le Défi de Jérusalem - Eric-Emmanuel Schmitt )

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mardi 23 décembre 2025

Oui au refus du oui...

 


" Me vient à l'esprit que, par contraste, notre époque marche sur la tête en valorisant le non. Elle nous a convaincus que refuser c'est faire montre d'intelligence, de puissance, d'autonomie, d'indépendance. Méfiance, rejets, réfutations et critiques systématiques passent pour des vertus. Seuls le niais ou le frêle acquiescent.

Une faiblesse que de dire oui? On a besoin de force pour consentir, de courage pour dire oui au risque, oui au danger, oui à l'aventure, oui à l'autre, oui à l'amour quand il se présente, oui à l'amour quand il demande des efforts, oui à la Révélation, oui à Dieu."

( Le Défi de Jérusalem - Eric-Emmanuel Schmitt )

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jeudi 11 septembre 2025

Nettoyer les plaies - hexagramme 18

Avec l'hexagramme 18, remédier au corrompu, il y a à réparer quelque chose qui a été négligé. C'est le moment de clarifier le passé, de soigner les blessures afin de rétablir un équilibre. 

Un plan d'action en trois phases.

Nettoyer les plaies comporte toujours une part de risque. Il va donc falloir procéder par étapes. 

1. Avant de soigner une plaie, il faut savoir ce qui l'a provoquée et identifier clairement ce qui a mené à la dégradation actuelle. 

2. La plaie doit ensuite être vigoureusement nettoyée ; cette phase centrale est la plus délicouracate, celle qui "fait mal" : il faut avoir le courage d'affronter des vérités pénibles et de renoncer à des habitudes ou à des modes de comporte- ment qui ne vous correspondent plus. 

3. Pour finir, il faut suivre pas à pas le processus de "cicatrisation" pour éviter tout risque de re- chute dans la corruption du passé.

(source : "Prendre les bonnes décisions" avec le Yi king de Nathalie Chassériau)

"Le vent souffle bas sur la montagne : image de la DÉCOMPOSITION.

Ainsi, l'homme supérieur stimule le peuple et fortifie son esprit.

Lorsque le vent souffle bas sur la montagne, il est repoussé et détruit la végétation. Ceci constitue un défi à l'amélioration. Il en va de même pour les attitudes et les modes dégradantes : elles corrompent la société humaine. Pour mettre fin à cette corruption, l'homme supérieur doit régénérer la société. Ses méthodes doivent également s'inspirer des deux trigrammes, mais de manière à ce que leurs effets se déploient en séquence ordonnée. L'homme supérieur doit d'abord mettre fin à la stagnation en agitant l'opinion publique, comme le vent agite tout, puis il doit fortifier et apaiser le caractère des gens, comme la montagne apporte tranquillité et nourriture à tout ce qui pousse à ses alentours."

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samedi 15 février 2025

Une leçon de vie

 

Une jeune fille se plaignait sans cesse à son père, lui disant que sa vie était trop dure. Elle se sentait épuisée par les épreuves, convaincue qu’à peine un problème résolu, un autre survenait aussitôt.


Un jour, son père, qui était chef cuisinier, l’invita à venir avec lui dans la cuisine. Là, il remplit trois casseroles d’eau et les plaça sur le feu. Dans la première, il mit des carottes, dans la deuxième des œufs, et dans la troisième, des grains de café.

La fille, impatiente, observait sans comprendre ce qu’il faisait. Après environ 20 minutes, son père éteignit le feu. Il sortit les carottes et les mit dans un bol, les œufs dans une assiette, et versa le café dans une tasse. Puis il se tourna vers sa fille et lui demanda :

« Que vois-tu ? »

Toujours confuse, elle répondit : « Des carottes, des œufs et du café. »

Il lui demanda alors de toucher les carottes. Elle constata qu’elles étaient devenues molles. Puis il lui demanda de casser un œuf. Une fois épluché, elle vit qu’il était dur. Enfin, il lui fit goûter le café, dont l’arôme et le goût lui arrachèrent un sourire.

Son père lui expliqua alors :

« Ces trois éléments ont fait face à la même adversité : l’eau bouillante. Mais chacun a réagi différemment. La carotte, forte et rigide au départ, est devenue fragile et molle sous la chaleur. L’œuf, fragile à l’extérieur et tendre à l’intérieur, a durci avec l’adversité. Quant aux grains de café, eux, ils ont transformé l’eau en quelque chose de meilleur. »

Puis, en la regardant dans les yeux, il ajouta :

« Lequel es-tu ? Es-tu comme la carotte, qui semble forte, mais s’effondre face aux difficultés ? Ou comme l’œuf, qui commence avec un cœur tendre mais se referme et durcit après les épreuves ? Ou es-tu comme le grain de café, qui transforme son environnement et trouve une force pour améliorer la situation autour de lui ? »

Enfin, il conclut :

« Lorsque la vie te met à l’épreuve, sois comme le grain de café. Transforme les obstacles en opportunités, et fais en sorte que les difficultés révèlent le meilleur de toi-même. Tout dépend de la manière dont tu choisis de réagir. »

Une belle leçon pour affronter la vie avec courage et résilience.

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source non connue

samedi 27 avril 2024

Peut-on (vraiment) lâcher prise ?

 par Violaine Gelly, psychopraticienne 

Cliché du développement personnel, le lâcher-prise serait devenu la solution à toutes nos ruminations, toutes nos angoisses. Mais encore faut-il savoir ce que nous aimerions lâcher. Et d'ailleurs, sommes-nous si sûrs de notre prise ?


Renoncer à notre toute-puissance, une gageure ?

Lâcher prise, c’est chuter du piédestal des envies, des attentes, des espoirs dont nous estimons légitimement qu’ils devraient tout emporter sur leur passage. Cela nous renvoie illico au fait que nous sommes impuissants, soumis, contraints. Tous ces ressentis qui nous écorchent l’ego en apportant la preuve que nous ne contrôlons pas tout. Remplacez le mot « contrôle » par celui de « pouvoir », et vous admettrez qu’il n’est pas facile d’y renoncer. D’abord parce que le contrôle a d’abord été, pour chacun d’entre nous, une source de joie et de sécurité. C’est ce que la psychanalyse appelle la toute-puissance enfantine. Contrôler le monde qui nous entoure, dans la vulnérabilité absolue des premiers mois, est une épopée de chaque instant : vérifier que le parent accourt dès qu’on a peur, faim ou froid ; découvrir qu’on peut rattraper une balle qu’on nous lance ou cogner deux cubes l’un sur l’autre ; apprendre à tenir en équilibre et réussir à articuler des premiers mots… Voilà des occasions de plaisir et de fierté accentuées par les encouragements et les rires de ceux qui s’occupent de nous. Quelle formidable source de narcissisme que cette faculté d’agir sur notre environnement, et quelle difficulté à la quitter. Bien entendu, en grandissant, nous avons dû renoncer à notre toute-puissance. L’autorité, la morale, la vie en compagnie des autres ont tenté de nous remettre à notre juste place mais, en chacun de nous, sommeille ce petit-enfant pour qui le monde se pliait à ses désirs : « Si je veux, je peux. »

Il nous faudrait donc oublier ce désir – cette illusion – enfantin d’avoir prise sur soi, sur les autres et sur le monde, et admettre, définitivement, que nous n’avons pas systématiquement raison. Raison de vouloir nous accrocher, raison de ne pas lâcher, raison de résister. Certes, la combativité est souvent un moteur. Mais quand cette obstination devient pathologique, qu’elle nous contraint à rester dans des situations professionnelles sans issue, dans des relations conjugales destructrices, qu’elle nous engage à livrer des combats perdus d’avance, à tenter de réparer l’irréparable, qu’elle nous fait dédaigner le bon, le simplement bon ou même le pas mal, pour une perfection inatteignable, nous ne cessons de nous fracasser contre des murs. Bien sûr, cela nourrit de magnifiques portraits littéraires, comme celui du capitaine Achab usant les mers à la recherche de Moby Dick, mais notre vie doit-elle se résumer à courir après des baleines blanches ?

Accepter la réalité pour ce qu’elle est

Nos luttes internes s’inspirent de nos espoirs profonds, de nos attentes vitales, de nos valeurs. Souterrainement, pourtant, elles reposent aussi sur bien des injonctions imposées de l’extérieur par nos parents, nos maîtres, la société, ou générées par notre surmoi, ce gendarme intérieur fort bavard. Pour savoir reconnaître celles-ci et entrer dans ce fameux « lâcher-prise », il peut être utile de faire appel aux philosophes stoïciens. Le premier d’entre eux, Épictète, décrivait la source de cette sagesse passant par « nous occuper de ce qui dépend de nous, et user des autres choses comme elles sont1 ». C’est-à-dire agir sur ce qui dépend de nous, et renoncer à ce qui ne dépend pas de nous. Le philosophe Alexandre Jollien avoue ne pas aimer beaucoup l’expression de lâcher-prise et lui préfère l’idée de « s’abandonner à la vie ». Cet abandon, pour lui, ne s’apparente pas à de la résignation, mais à un véritable engagement dans l’existence. Il ne s’agit plus de vivre au conditionnel, dans les supputations de ce qui aurait pu être ou de ce qui pourrait être mieux, mais de braver nos peurs pour embrasser pleinement la réalité et faire avec ce qui est, même l’imparfait ou le difficile.

Dans tous ses livres, cet adepte du stoïcisme remplace l’idée de « lâcher-prise » par celle de « laisser-passer ». Gravement handicapé de naissance, il raconte : « Mon parcours m’a habitué à la lutte et je ne suis pas très enclin à apprécier avec légèreté le bonheur qui passe. Je m’agrippe, je m’accroche et tout est gâché. Alors, souvent, je me souviens de cette parole d’Épictète qui me guide : “Souviens-toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un festin. Un plat est-il venu jusqu’à toi ? Étendant ta main avec décence, prends-en modestement. Le retire-t-on ? Ne le retiens point. N’est-il point encore venu ? N’étends pas au loin ton désir, mais attends que le plat arrive enfin de ton côté .” » Ne pas s’accrocher, ne pas fuir pour autant, juste être là et accepter la réalité pour ce qu’elle est.


Avoir le courage de regarder nos propres limites

Comme le disait Marc Aurèle, autre grand stoïcien : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre3. » Et pour cela, ce sont nos propres limites qu’il faut avoir le courage de regarder. Lâcher-prise, c’est accepter de se voir comme imparfait et ne pas s’en alarmer. Invictus, qui se finit sur ce vers : « Je suis le capitaine de mon âme », aurait été le poème préféré de Nelson Mandela. Certes, mais pas le capitaine de l’océan, pas celui de la tempête, pas celui des autres navires.

Pour rester dans la métaphore nautique, l’enseignant spirituel Arnaud Desjardins, disciple du gourou indien Swami Prajnanpad, comparait la vie avec une descente de torrent en kayak : un enfer pour celui qui lutte, un réel plaisir pour ceux qui jouent avec le torrent. Avec, et non contre. Il ne s’agit pas de lâcher une quelconque « prise », mais d’abandonner le combat et l’anticipation pour accepter la surprise et l’incertitude joyeuse. Les vivre à notre façon et dans notre singularité d’être, c’est exercer le seul contrôle que nous aurons jamais sur notre vie.


Petit Traité de l’abandon, pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose d’Alexandre Jollien (Points, “Essais”, 2015).

 Pensées pour soi de Marc Aurèle (Flammarion, “GF”, 2015).

 Invictus, poème de William Ernest Henley.

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(source Psychologies magazine)

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jeudi 5 janvier 2023

« Seule la joie peut durer »


« Pour les Anciens, le but de la vie était d’accéder à la sagesse. La notion du bonheur n’a été considérée qu’au XVIIIe siècle, avec Diderot ou Kant par exemple, mais sitôt exclue du champ philosophique car jugée trop singulière, subjective : le bonheur ne peut être pensé de manière universelle. On doit à Bergson d’avoir montré qu’il est lié à notre élan vital : la joie indique que la vie en nous a gagné du terrain, remporté la victoire. Notre société consumériste propose de faux bonheurs, associés à la richesse, à la possession, au plaisir. Or ils ne suffisent pas à rendre heureux. Seule la joie peut durer. Elle suppose de ne pas désirer l’impossible, d’éviter de se lamenter, de se réjouir d’être en vie, même sous la pluie… “Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté”, considérait Alain. Être optimiste demande de l’intelligence et du courage. Que choisissons-nous d’entretenir : le manque ou le plein ? »

Éric-Emmanuel Schmitt, agrégé de philosophie, auteur de la série les Contes de la Chouette (dernier paru : l’Ours qui voulait être heureux, Hachette enfants).

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mardi 21 décembre 2021

Profonde traversée

 Il devient de plus en plus difficile d’obéir à ses intuitions profondes dans une société d’humains qui les transforment aussitôt à votre place en idéologies, principes, points de vue, raisonnements et les réduisent à une étiquette qu’ils vous collent sur le front pour vous réduire à une caste où vous vous sentez vous-même étranger. 

Il faut du courage et surtout une foi inébranlable en la Vie pour continuer à lui obéir et résister aux tentacules des égrégores de toutes sortes. 

Je repense souvent à cette phrase que Christiane Singer m’a cité un jour que je lui partageais une de mes épreuves :  « Traverse noble fils, traverse , porte fièrement ta couronne et reste debout au milieu de ton désastre ! »

Cette voix résonne toujours en moi quand j’en ai besoin comme aujourd’hui……

Vincent Houba







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jeudi 4 février 2021

Oasis à vivre

 


EDGAR MORIN 99 ans.
′′J'ai été surpris par la pandémie mais dans ma vie, j'ai l'habitude de voir arriver l'inattendu. L'arrivée de Hitler a été inattendue pour tout le monde. Le pacte germano-soviétique était inattendu et incroyable. Le début de la guerre d'Algérie a été inattendu. Je n'ai vécu que pour l'inattendu et l'habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise énorme mais qui a toutes les caractéristiques de la crise. C'est-à-dire que d'un côté suscite l'imagination créative et suscite des peurs et des régressions mentales. Nous recherchons tous le salut providentiel, mais nous ne savons pas comment.
Il faut apprendre que dans l'histoire, l'inattendu se produit et se reproduira. Nous pensions vivre des certitudes, des statistiques, des prévisions, et à l'idée que tout était stable, alors que tout commençait déjà à entrer en crise. On ne s'en est pas rendu compte. Nous devons apprendre à vivre avec l'incertitude, c'est-à-dire avoir le courage d'affronter, d'être prêt à résister aux forces négatives.
La crise nous rend plus fous et plus sages. Une chose et une autre. La plupart des gens perdent la tête et d'autres deviennent plus lucides. La crise favorise les forces les plus contraires. Je souhaite que ce soient les forces créatives, les forces lucides et celles qui recherchent un nouveau chemin, celles qui s'imposent, même si elles sont encore très dispersées et faibles. Nous pouvons nous indigner à juste titre mais ne devons pas nous enfermer dans l'indignation.
Il y a quelque chose que nous oublions : il y a vingt ans, un processus de dégradation a commencé dans le monde. La crise de la démocratie n'est pas seulement en Amérique latine, mais aussi dans les pays européens. La maîtrise du profit illimité qui contrôle tout est dans tous les pays. Idem la crise écologique. L'esprit doit faire face aux crises pour les maîtriser et les dépasser. Sinon nous sommes ses victimes.
Nous voyons aujourd'hui s'installer les éléments d'un totalitarisme. Celui-ci n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier. Mais nous avons tous les moyens de surveillance de drones, de téléphones portables, de reconnaissance faciale. Il y a tous les moyens pour surgir un totalitarisme de surveillance. Le problème est d'empêcher ces éléments de se réunir pour créer une société totalitaire et invivable pour nous.
À la veille de mes 100 ans, que puis-je souhaiter ? Je souhaite force, courage et lucidité. Nous avons besoin de vivre dans des petites oasis de vie et de fraternité."

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dimanche 10 mai 2020

Le cœur nu...


"Imaginons que nous sommes assis par terre, nus, touchant le sol de nos fesses nues. Puisque nous ne portons ni foulard ni chapeau, nous sommes également exposés au ciel. Nous sommes pris en sandwich entre le ciel et la terre : un homme nu ou une femme nue, assis entre ciel et terre.

La terre reste toujours la terre. La terre laisse quiconque s'asseoir sur elle et jamais elle ne cède. Elle ne fait jamais faux bond ; on ne tombe pas de la terre pour aller se perdre dans l'espace intersidéral. De même, le ciel reste toujours le ciel ; il reste toujours le ciel au-dessus de nous. Qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, le jour comme la nuit, le ciel est toujours là. En ce sens, nous savons que le ciel et la terre sont dignes de confiance.
En photo, deux grands guerriers et amis réunis sur une scène : 
Allen Ginsberg le poète de la beat generation, 
et Chögyam Trungpa le maître de méditation.

La logique de la bonté fondamentale est analogue. Lorsque nous parlons de la bonté fondamentale, nous ne voulons pas dire qu'il faille prendre position pour le bien et rejeter le mal. La bonté fondamentale est bonne parce qu'elle est inconditionnelle, parce qu'elle est primordiale. Elle est toujours déjà là, de la même façon que le ciel et la terre sont toujours déjà là. On ne rejette pas l'atmosphère. On ne rejette pas le soleil et la lune, les nuages et le ciel. On les accepte. On accepte le fait que le ciel est bleu ; on accepte les paysages et la mer. On accepte les autoroutes, les immeubles et les villes. La bonté fondamentale est à ce point fondamentale, à ce point inconditionnelle. Ce n'est pas un parti pris pour ou contre, de la même façon que la lumière du soleil n'est ni pour ou contre quoi que ce soit.
Les quatre saisons se succèdent libres des exigences des gens, sans que personne n'ait besoin de voter pour elles. La peur et l'espoir ne peuvent changer le cours des saisons. Il y a le jour ; il y a la nuit. La nuit il fait noir et le jour il fait clair, sans qu'il soit besoin d'ouvrir et de fermer un commutateur. Il y a une loi et un ordre naturels qui nous permettent de survivre et qui sont fondamentalement bons ; ils sont bons parce qu'ils sont là, parce qu'ils fonctionnent, parce qu'ils sont efficaces.

Lorsqu'on est assis dans la posture de méditation, on est exactement l'homme nu ou la femme nue que nous avons décrits plus haut, assis entre ciel et terre. Affaissés, nous essayons de cacher notre cœur, de le protéger en voûtant le dos. Par contre, dans la posture de méditation, assis droits mais détendus, notre cœur est à nu. Tout notre être est exposé, en premier lieu à nous-mêmes, mais aussi aux autres. C'est pourquoi lorsque nous nous exerçons à rester assis dans le calme et à suivre notre souffle à mesure qu'il sort et qu'il se dissout, nous établissons un contact avec notre cœur. En nous laissant tout simplement être tels que nous sommes, nous commençons à éprouver une réelle sympathie envers nous-mêmes.

Quand nous éveillons ainsi notre cœur nous découvrons avec surprise qu'il est vide. Nous constatons que nous regardons l'espace. Que sommes-nous, qui sommes-nous, où est notre cœur ? Si nous regardons vraiment, nous ne verrons rien de tangible ni de solide. Bien sûr, il se peut que nous trouvions quelque chose de très solide si nous en voulons à quelqu'un ou si nous vivons un amour possessif. Mais ce n'est pas là un cœur éveillé. Si nous cherchons le cœur éveillé, si nous creusons dans notre poitrine pour le trouver, nous n'y découvrirons rien d'autre qu'une sensation de tendresse.

Habituellement, être courageux veut dire ne pas avoir peur, ou alors retourner les coups que l'on reçoit. Mais ici nous ne parlons pas du courage des bagarres de ruelle. Le véritable courage est le produit de la tendresse. Il survient lorsque nous laissons le monde effleurer notre cœur, notre cœur si beau et si nu. Nous sommes disposés à nous ouvrir, sans résistance ni timidité, et à faire face au monde. Nous sommes disposés à partager notre cœur avec les autres."

Chögyam Trungpa
(Shambhala, la voie sacrée du guerrier)

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vendredi 29 novembre 2019

La prière du pas...

Plusieurs d’entre vous souhaitent que je diffuse des demandes de prières pour eux-même , ce qui est normal . Aujourd’hui je vous propose une forme simple de prière : la prière du "pas suivant ». Ça consiste juste quand on n’a plus envie de se lever et/ou d’avancer de faire le pas suivant juste pour quelqu’un d’autre. 

Le 13 juin 1930, alors qu’il traverse les Andes pour l’Aéropostale, Henri Guillaumet, pilote mythique de l’Aéropostale, est pris dans une tempête de neige et son avion s’écrase près du lac Laguna Diamante située à une altitude de 3 250 m. En plein hiver austral, l’aviateur marche cinq jours durant avec l’espoir que l’on trouve son corps ; sans quoi sa femme ne toucherait la prime d’assurance qu’après quatre année . Il aurait dit : « j’ai fait un pas et encore un pas en pensant : si ma femme croit que je vis, elle croit que je marche » 

Sainte Thérèse, épuisée, en fin de vie, continue à marcher dans le cloître . Lorsque sa sœur Céline lui conseille de s’asseoir plutôt dans son fauteuil, elle lui répond: « Je marche pour un missionnaire ».  

Et bien sûr Dialogues avec l’Ange L 13
“Chaque pas que tu fais dans le vide est une île fleurie pour beaucoup.”
“Vous pouvez déjà marcher, non seulement sur l’eau, - si vous avez la foi - mais aussi sur le vide noir.”

J’étais juste entrain de penser à ce message lorsque Claudine qui n’en savait rien m’a envoyé cette illustration … 


Alors au PAS SUIVANT ! 

MTBC


mardi 29 octobre 2019

Se prendre en main


« Moi, mon moteur, c’est les possibles. On me dit souvent que je suis pleine d’enthousiasme. Eh oui, c’est vrai, parce que j’ai toujours les yeux rivés sur ce qu’il est possible de faire dans une vie, dans une communauté. Cela dit, il faut être prudent avec les possibles. Ce n’est pas parce que c’est possible que ça t’est dû. Et si un projet ne fonctionne pas, il ne faut surtout pas se décourager. Il y a plein d’autres possibles ailleurs ! »

« Quand il m’arrive quelque chose de merveilleux, je regarde vers le haut et je dis merci. Je suis pleine de reconnaissance. Quand ça va mal, je regarde ce qu’il y a devant moi. J’essaie des choses, j’occupe mon esprit, j’agis plutôt que de laisser l’angoisse prendre le dessus. Et c’est comme un cercle vertueux, on dirait. Se prendre en main, ça génère de nouveaux possibles. De nouveaux possibles, ça permet de se prendre en main… »

Fernande Ouellet
Source : Lapresse.ca

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dimanche 11 décembre 2016

Troisième dimanche de l'Avent avec Alexandre Jollien


Au milieu de vigoureuses septuagénaires coréennes, me voilà à pédaler comme un dératé. Pour me donner un peu d’entrain, j’écoute l’un après l’autre des podcasts qui me nourrissent. Bientôt, je dois me mordre les lèvres pour ne pas fondre en sanglots. Une bienheureuse révélation a lieu dans cette salle de gym non loin de Daeheung. Comme si un voile s’était déchiré et que la bonté de la vie dans sa simplicité était réapparue.

L’émission les Racines du ciel avec Marion Muller-Colard me rapproche illico de la transcendance. Et je comprends que pour me tourner vers l’Autre Dieu, Celui au-delà de mes représentations étriquées, il me faut quitter les caricatures, les calculs, les projections, autant de frusques jetées sur un Dieu qui heureusement nous échappe. Et d’abord je dois abandonner ce marchandage qui fait de Dieu un concessionnaire du bonheur et le transforme en une sorte d’expert-comptable qui juge, punit et récompense à tour de bras. De là à juger le réel à l’aune de notre conception du juste il n’y a qu’un pas et il est ma foi vite franchi.

Non, la justice n’est peut-être pas de ce monde. Et c’est délivrés de cette attente que nous pouvons progresser et oser un peu plus de solidarité. La théologienne me rapproche de Job pour tenter un véritable compagnonnage avec ce maître de sagesse qui nous apprend précisément à aimer Dieu pour rien, gratuitement.

Mais d’abord, il nous faut décaper notre image de Dieu et pour ce faire nous risquer à un autre usage de la plainte. Car un cœur plein de ressentiment ne saurait s’élever dans la joie. Oser reconnaître que nous n’en pouvons plus, que notre condition est tragique représente une étape décisive vers la paix du cœur. La franchir, c’est sans doute passer de la résignation à l’acceptation libre et joyeuse de l’existence.

Après l’effort, dans les bains publics, je me livre à une prière toute particulière, j’ose enfin confier à Dieu que j’en ai ras le bol de ce corps handicapé, déjà usé. Et il me semble que plus ma plainte monte vers le ciel, plus elle laisse la place à un véritable amour, à une légèreté, à de la paix. C’est inimaginable la somme d’énergie requise pour nier tout ce qui s’entasse dans un cœur.

Sans verser dans les jérémiades, il faut pas mal de courage pour détecter là où ils croupissent les ressentiments, les déceptions, l’amertume et les déraciner. Au fond, Job nous invite à être vrai, à ne plus faire le beau devant Dieu, à quitter la logique du donnant-donnant et la pensée magique. Et qui n’a jamais lâché un « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ! » ?

Ragaillardi, je sors du bain, nu comme un ver, pour m’apercevoir que la préposée au nettoyage a emporté tous mes vêtements avec le linge sale. Me voilà impuissant, désemparé et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Serait-ce un signe, l’image du renouveau, de cette renaissance qui nous fait passer de la plainte à la grâce ?

Aujourd’hui, le livre de Marion Muller-Colard, L'Autre Dieu. La plainte, la menace et la grâce (Labor et Fides, 2014), me guide vers l’amour de Dieu. Déjà je peux essayer de ne plus regarder vers le ciel en tremblant de peur ni prétendre par ma prière contracter une assurance-vie quand il s’agit d’aimer sans filet. 

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vendredi 17 avril 2015

lundi 2 septembre 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (5)

Si elle se définit volontiers comme juive baptisée, Magda Hollander-Lafon refuse le terme de ‘convertie’. 

 Elle s’en explique, tout en rapportant l’incompréhension que son baptême a pu susciter et suscite encore dans la communauté juive.