dimanche 12 décembre 2021

Ultrasolutions

 Nous avons tous en tête des ultra solutions qui nous assurent d’échouer 

Paul Watzlawick est un thérapeute américain, figure majeure de l’école de Palo Alto. Dans son livre  Comment réussir à échouer, il nous invite à identifier et à nous méfier de ce qu’il nomme les ultra solutions. Une ultra solution est une solution qui se débarrasse non seulement du problème mais aussi de tout le reste (en dernier ressort, de la vie). Watzlawick nomme quelques ultras solutions auxquelles nous avons tous plus ou moins recours dans nos vies :


Chercher la sécurité à tout prix

Watzlawick remarque que, plus on essaye de se protéger, plus on ressent un besoin de protection. Plus on ressent un besoin de protection, plus on évite les situations potentiellement à risque et plus on se méfie des gens… alimentant la suspicion à l’égard du monde extérieur.

Chercher la sécurité à tout prix peut, par exemple, conduire à une fois inébranlable dans les horoscopes. Or, dans une phénomène de prophétie auto réalisatrice, les prédictions négatives se vérifient quasiment systématiquement. Si une personne qui cherche la sécurité à tout prix lit dans son horoscope matinal qu’elle doit être prudente aujourd’hui, elle risque de modifier ses actes et à se mettre en quête des éléments validant la prédiction… si bien que la prédiction va se réaliser, confirmant nécessairement la fiabilité des prédictions ! Par exemple, cette personne peut éviter les ascenseurs parce qu’ils sont plus risqués que les escaliers mais va aussi éviter la treizième marche qui porte malheur. Elle peut alors sauter pour l’éviter et mal se réceptionner : l’horoscope avait bel et bien raison !

Faire deux fois plus d’une solution efficace pour avoir deux fois mieux

Watzlawick remarque que nous sommes tous tentés de faire deux fois plus d’une même solution pour avoir deux fois mieux. Or deux fois plus d’une même chose se transforme en quelque chose d’autre (et pas en plus de la même chose avec deux fois plus d’efficacité).

Watzlawick prend l’exemple des tankers transportant du pétrole. Des tankers deux fois plus grands ne permettent pas de transporter deux fois plus de pétrole dans les mêmes conditions. Au delà d’un certain tonnage, ces tankers géants se comportent d’une autre manière que les plus petits. Des qualités propres à la nouvelle situation émergent et, si elles ne sont pas prises en compte, créent des problèmes nouveaux là où des solutions étaient supposées émerger.

Si quelque chose est mal, son contraire doit nécessairement être bien

Watzlawick nous appelle à la méfiance envers la vision binaire du monde : bien/ mal, sage/ ignorant, correct/ faux, j’ai raison/ vous avez tort. Cette vision du monde conduit les personnes qui l’adopte à penser que leur vision du monde est la seule juste (et vraie) et qu’elles ont la mission d’en convaincre les autres pour les rendre sages et heureux.

Or les personnes convaincues de cette idée selon laquelle elles possèdent la sagesse et que les autres sont au mieux ignorants, au pire obtus risquent de basculer dans une ultra solution : à force de ne jamais rencontrer de gens assez raisonnables et éveillés pour les écouter et comprendre la force de leurs idées, elles vont se penser “contraintes” de passer à une action plus violente sous une forme ou une autre pour convaincre les autres (en gros, leur faire du mal pour leur – supposé – bien…).

Les  jeux à somme nulle

Watzlawick définit les jeux à somme nulle comme le fait qu’il n’existe que deux solutions : perdre ou gagner. Les personnes qui adoptent cette vision du monde sont amenées à avoir constamment peur soit de perdre, soit d’être abusées (qu’un autre profite d’elles). Elles vivent alors dans un perpétuel état d’alerte et de stress.

Par ailleurs, leurs attitudes agressives ou défensives engendrent les situations contre lesquelles elles voulaient précisément se protéger, confirmant la conception qu’elles avaient de la vie : celle d’une bataille permanente.

Être convaincu de savoir exactement ce que l’autre pense

Watzlawick alerte sur le fait d’être convaincu de savoir ce que pense l’autre, menant à ne pas l’écouter vraiment et donc à ne pas le comprendre si bien que tout compromis est entravé.

Beaucoup de gens ont en effet une chose en commun : leur incapacité à comprendre que l’autre n’a pas nécessairement tort mais qu’il pense juste différemment. Watzlawick rappelle toutefois que l’on peut très bien comprendre le point de vue de l’autre sans pour autant l’accepter.

Eviter les ultras solutions pour augmenter les chances de réussir. Une troisième voie

Paul Watzlawick nous invite donc à considérer des “troisièmes voies” (le “tertium”). Il est par exemple possible de choisir le courage quand on a le choix entre la lâcheté et l’imprudence.

Le thérapeute insiste sur l’idée selon laquelle il existe quelque chose de plus dans une interaction que la somme des personnes qui en sont parties (deux fois plus ne produit pas deux fois pareil).

ll fait référence aux batailles de la Première Guerre Mondiale en Flandre. Aucun des deux camps n’avait réellement envie de perdre la vie dans des batailles. Des rituels de non agression spécifiques apparurent progressivement dans une perspective gagnants/ gagnants (“vivre et laisser vivre”). Mais la hiérarchie militaire a instauré des sanctions contre les soldats du terrain qui avaient recours à des stratégies d’évitement des combats, voire de fraternité avec les “ennemis”. Les soldats du terrain, toujours dans une optique “vivre et laisser vivre”, trouvèrent de nouvelles troisièmes voies : obéir à l’ordre de tirer mais éviter soigneusement de toucher l’ennemi qui, reconnaissant, fait de même !

Reformuler ce que pense l’autre (plutôt que l’écouter ou ne pas l’écouter)

Watzlawick suggère de nous efforcer à reformuler les pensées de l’autre et de lui laisser la possibilité de confirmer si cette formulation reflète en effet ce qu’il pense.

Certains thérapeutes utilisent cette approche en invitant une partie A à exposer le plus complètement possible le point de vue de B jusqu’à ce que B soit satisfait de la définition de A. Puis c’est le tour de B d’exposer le point de vue de A  sur le problème jusqu’à ce que A trouve que son point de vue a été correctement présenté par B.

Le recours à une tierce personne qui connaît bien les deux parties peut également être efficace pour comprendre les dynamiques de la relation (par exemple, demander à un enfant de décrire la relation entre deux membres de sa famille).

Enclencher des réactions en chaîne de gentillesse

Watzlawick nous invite également à créer des réactions en chaîne de gentillesse pour monter aux personnes convaincues que les jeux sont forcément à somme nulle peuvent être différents (il se peut que tous les joueurs gagnent). Se monter gentils avec ces personnes leur impose de nouvelles règles du jeu parce qu’elles ont fait une expérience émotionnelle différente.

Accepter que l’ordre et le désordre sont complémentaire et utiles

Paul Watzlawick estime que le plus important à garder en tête est que toute relation est plus que, et différente de, la somme de tous les ingrédients que les entités impliquées apportent dans la relation : il y a toujours une qualité émergente.

Quand nous aurons pleinement pris conscience de l’existence de ces qualités émergentes, nous apprécierons combien elles sont décisives pour nos vies. Mais c’est aussi là que tout cela devient inacceptable pour les perfectionnistes et les manichéens. Car il devient évident que ces nouvelles formes d’ordre ne peuvent émerger que là où existe un certain désordre.

Ainsi, nous servons mieux la vie quand nous comprenons et acceptons l’idée que l’ordre, sans un certain degré de désordre, devient hostile à la vie. Pour Watzlawick, l’ordre est justement une ultra solution. Une interaction entre ordre et désordre est indispensable dans cette perspective.

Le changement est synonyme de l’émergence d’une nouvelle qualité; cette qualité émergente présuppose, et à son tour crée, un certain degré de désordre. Voilà une pilule difficile à avaler pour beaucoup car il est bien plus facile de dénigrer les méfaits du désordre que ceux de l’ordre

Paul Watzlawick

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samedi 11 décembre 2021

S'aimer !

 


Vous ne vous sentirez pas aimé tant que vous ne vous aimerez pas vous-même.

Souvenez-vous : on ne peut aimer que quand on n'a plus besoin d'être aimé parce qu'il n'y a plus de peur à l'arrière-plan, on n'a plus besoin d'être aimé quand on a vraiment été aimé par soi-même.

Pour une vie réussie de Arnaud Desjardins

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vendredi 10 décembre 2021

Jugement du jugement ?


"L'esprit de jugement représente souvent toutes les voix critiques et déçues de notre enfance. Si nous le combattons - "Je ne devrais pas juger. Je suis trop sévère", nous ne faisons qu'ajouter des jugements.

Lorsque l'esprit de jugement apparaît, nous pouvons simplement le reconnaître en nous inclinant vers l'intérieur et dire : "Ah, oui, l'esprit de jugement." Dès que nous le faisons, la pensée jugeante perd souvent son pouvoir sur nous. Nous pouvons même dire : "Merci pour votre opinion"."

Jack Kornfield

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jeudi 9 décembre 2021

Le centre spirituel par Jacques Castermane

 Inauguré par K.G. Dürckheim le 12 juillet 1981, à Mirmande,


LE CENTRE DÜRCKHEIM EST-IL UN CENTRE SPIRITUEL ?

La réponse est : Oui ... à condition de distinguer les différentes définitions données à ces différents concepts : spirituel, exercice spirituel, expérience spirituelle, vie spirituelle. Ainsi, « On se trompe si on confond la vie spirituelle avec la religion qui n’est qu’une des façons de la vivre. La spiritualité est une dimension de la condition humaine, non le bien exclusif des Eglises »

Si je reprends ce que nous a dit André Comte-Sponville (1) au cours des nombreuses leçons de philosophie dont nous avons bénéficié au Centre, c’est parce que Graf Dürckheim, dès les années 1950, souligne que « Ce qu’on désigne comme étant l’expérience spirituelle (l’expérience mystique, le satori) n’est pas due au fait que l’homme qui fait cette expérience est chrétien ou bouddhiste mais parce qu’il est un être humain ».

Et le vieux sage de la Forêt Noire ajoute : « M’intéresse dans le Zen ce que cette tradition recèle —d’universellement humain— ».

La Voie spirituelle proposée au Centre Dürckheim est le Zen, un chemin d’expérience et d’exercice qui n’est en aucun cas enchaîné à une confession religieuse.

UN CHEMIN D’EXPÉRIENCE ! IL S’AGIT DE L’EXPÉRIENCE DE LA TRANSCENDANSE ?

Transcendance. C’est un mot que Graf Dürckheim n’hésitait pas à prononcer mais l’expression qui semble lui être propre était « Transcendance Immanente ». Il s’agissait pour lui d’une Réalité qui nous dépasse et qui, en même temps était le cœur de tout être vivant. Il s’agit de ce qui tout à la fois nous dépasse infiniment mais qui, nous dépassant, est le fondement intime de ce processus de transformation qu’est l’acte de vivre.

Plus je pratique zazen et plus il me semble que ce qu’on désigne comme étant la transcendance est l’immanence lorsqu’elle est pensée alors que l’immanence c’est la transcendance lorsqu’elle est vécue. Au cours des cinq années passées en Forêt Noire j’ai pu observer que les croyances et les rituels qui sont traditionnellement liés à l’expérience spirituelle et à la vie spirituelle cédaient le pas à l’exigence de la pratique d’un exercice indubitablement corporel et spirituel appelé -zazen- et au débordement de cette manière d’être au monde dans la vie quotidienne. Ce qui n’interdisait à personne ni la croyance ni la foi. Nonobstant, ni la croyance ni la foi n’autorisent à séquestrer l’exercice appelé zazen dans le cadre enserré de ses propres croyances, même si on fait don de sa vie pour celles-ci. (2)

ZAZEN ! UN EXERCICE CORPOREL ?


Oui. Un exercice qui engage le corps-vivant dans sa globalité et son unité (LEIB dans la langue allemande). Le tout corps vivant que l’homme ‘’EST‘’ ; à ne pas confondre avec le corps que l’homme ‘’A‘’ (KÖRPER dans la langue allemande).

Körper : (étymologie : le mot latin corpus) est le corps disséqué, morcelé ; c’est le corps objectivé, le corps-objet, le corps-outil, le corps-paraître. Körper est pensé comme étant la somme des éléments qui le composent (+ ou- 206 os, + ou- 600 muscles, + ou- 70 organes, + ou- 30 milliards de cellules, 23 paires de Chromosomes dans chaque cellule, chaque chromosome porte + ou – 2000 gènes).

Leib : (étymologie le verbe Leben, vivre) n’est pas quelque chose mais un événement qui associe un ensemble de gestes à travers lesquels l’homme se présente, devient ce qu’il est ou se manque (KGD).

VOUS SEMBLEZ PRÉFÉRER LE MOT ZAZEN AU MOT MÉDITATION ?

Il ne s’agit pas d’une préférence mais du respect d’une différence, d’une énorme différence. « Il y a mille et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de pratiquer zazen ! C’est ce que n’a cessé de répéter le Maître zen Hirano Katsufumi Rôshi (3) au cours des sesshin qu’il a animé au Centre Dürckheim pendant une dizaine d’années. Une différence qui est insaisissable par la pensée.

« Chercher à comprendre le Zen n’est rien d’autre que pratiquer zazen. »

Autrement dit, si vous désirez savoir si l’eau est chaude ou froide ... trempez le coude dans l’eau, comme le font toutes les mamans du monde avant de plonger leur bébé dans le bain. Aucune mesure quantitative, objective, scientifique, ne peut remplacer cette expérience qualitative qu’est l’expérience de notre vraie nature, de notre propre essence.

Jacques Castermane

(1) André Comte-Sponville : « On a été habitué, pendant vingt siècles d’Occident chrétien, à ce que la seule spiritualité socialement disponible soit une religion, au sens occidental du terme, c’est-à-dire ne croyance en un Dieu, un théisme. On a donc fini par croire que les mots “religion” et “spiritualité” étaient synonymes. Il n’en est rien. Il suffit pour s’en rendre compte de prendre un peu de recul, aussi bien dans le temps, du côté des sagesses antiques, que dans l’espace, du côté des sagesses orientales, spécialement bouddhistes ou taoïstes. On découvre vite qu’il existe d’immenses spiritualités sans croyance en un Dieu ou en une transcendance. C’est ce que j’appelle des spiritualités de l’immanence. Cette manière d’envisager la spiritualité n’aurait pas du tout choqué un épicurien ou un stoïcien de l’Antiquité. Elle ne choquerait pas un bouddhiste d’aujourd’hui. Elle n’est paradoxale que dans un univers monothéiste, et judéo-chrétien en particulier. Comme je suis athée, j’ai dû m’appuyer sur des traditions différentes, à savoir les sagesses grecques, d’une part, et les spiritualités orientales, d’autre part. Sans mépriser pour autant la tradition judéo-chrétienne, qui m’intéresse surtout par sa morale, celle des Évangiles. Mais bouddhisme ou taoïsme sont plus proches de ma conception de la spiritualité, pour la simple raison qu’elles ne font aucune référence à quelque Dieu que ce soit ».

(Lire L’esprit de l’athéisme —André Comte-Sponville —Ed. Albin Michel)

(2) lire à ce propos la lettre d’Instant en Instant n° 96, (Octobre 2021) :

 Le soi Nu (Shohaku Okumura Rôshi)

(3) Nous venons d’apprendre le décès de Hirano Rôshi, survenu le samedi 27 novembre 2021

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mercredi 8 décembre 2021

Vide médian / 化 Hua, la métamorphose



"Très tôt dans ma vie, j’ai eu le sentiment qu’il y avait en l’homme une tendance inévitable vers la chute. L’homme doit tomber. Et l’on doit accepter cette idée presque insupportable, l’idée de l’échec, dans un monde voué au culte du succès.

Mais symétrique à la chute, il y a dans l’homme un élan vers le haut. La pensée, le langage, l’amour, toute création participent de cet élan.

Il y a donc un double mouvement de chute et d’élévation dans l’homme, une sorte de loi de gravité paradoxale.

Entre ces deux dimensions, il y a une dimension verticale. La poésie qui m’intéresse possède l’audace et la nudité suffisantes pour atteindre ce lieu où se produit le double mouvement vertical de chute et d’élévation. Parfois on oublie l’une des deux dimensions.

Mes poèmes tentent de rendre compte de cette contradiction vitale."

Roberto Juarroz Dans 'Les Lettres Françaises' (avril 1993)

Calligraphie François Cheng

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mardi 7 décembre 2021

Partageons nos ressentis avec autrui

 Merci à ceux qui viennent ici. Cela me touche et je vous remercie de faire vivre ce lien qui nous unit.


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lundi 6 décembre 2021

Vibrations


 Pour nous accorder nous devons nous-mêmes être bien accordé.🙏

Etes-vous d'accord ?


Le but est de jouer la note juste pour nous.

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Jacques Dropsy, auteur de l’ouvrage "Le corps bien accordé", propose à ses lecteurs ce qu’il appelle "l’Exercice Invisible", dont il donne cette définition : "Etre bien dans sa peau, être capable du geste juste, de l’attitude exacte, ni trop, ni trop peu, c’est, à l’image du clavecin bien tempéré de Bach, pouvoir jouer d’un corps bien accordé, harmonieux, sonnant juste, sans fausse note."
Pour la plupart d’entre nous, tout ceci n’est pas ou n’est plus spontané. Comment opérer ce travail ? Non pas en faisant des exercices physiques spécialisés, ou une quelconque gymnastique, mais en apprenant à faire autrement les gestes de la vie quotidienne : se lever, marcher, respirer, prendre, donner, parler... C’est cela, l’expression corporelle de la vie quotidienne.

(Merci Jean)

dimanche 5 décembre 2021

Hommage à Pierre Rabhi



Car nous entrons dans une ère où, face aux planifications de l'homme, la nature décidera et mettra des limites.





La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l'égard de la vie.





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samedi 4 décembre 2021

Recueillement

 


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Laissez monter une image qui vous fait du bien.
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vendredi 3 décembre 2021

"Si on ne respecte pas plus la nature, on partira avec elle"

 Pour Boris Cyrulnik, il n'y a pas d'une part les plantes, et les animaux, et de l'autre, nous les humains. Et notre avenir dépend beaucoup du vivant. 



La catastrophe, mode de l'évolution humaine

Boris Cyrulnik : "La catastrophe est un mode d'évolution de l'humanité. Le tsunami de Lisbonne, autour de 1755, provoque l'avancée de l'urbanisme. L'épidémie de peste de 1348 de Marseille transforme les règles sociales. La guerre de 1914-1918 a été une métamorphose en particulier pour les femmes… En cas de catastrophe, ou de grand changement, les réformettes politiques ne suffisent plus. Il faut engager des bouleversements sociaux importants. Le grand bouleversement actuel, et la découverte qu'on a palpée pendant presque deux ans, est qu'on ne peut plus ne pas respecter la nature. 

On fabriquera des virus tous les ans. Il faudra recommencer à se confiner avec un prix humain exorbitant.

Mieux comprendre les animaux

Le jour où l'on comprendra qu'une pensée existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans les zoos, et de les avoir humiliés. J'ai côtoyé l'écologie animale dans les années 1970. On a appris que les animaux comprennent beaucoup plus de choses que ce qu'on croyait. Descartes nous a joué un vilain tour en parlant "d'animal machine". Et cette idée a infusé notre culture occidentale.  

Je fais partie d'une génération où lorsque j'étais étudiant en médecine, des maîtres nous disaient tant que l'enfant ne parle pas, il ne peut rien comprendre. Beaucoup de mères étaient étonnées : "Mais moi, j'ai l'impression que mon bébé comprend", disaient-elle. On a plaqué ce raisonnement sur les animaux aussi. 

On fabrique des animaux dans des élevages faramineux. Pour nourrir ces animaux, on détourne les végétaux. On en aura bientôt plus. Souvent, on mange des animaux inutilement…  

Tous les êtres vivants doivent être respectés. Si on ne respecte pas les plantes, on va abîmer notre vie quotidienne. Si on ne respecte pas les animaux, on va créer des déséquilibres dans le système... Mais pour respecter le vivant, il faut le comprendre. 

Un programme : ralentir la consommation, la circulation, l'école pour aller à la rencontre des autres 

Si on remet en place l'ancienne société avec son hyper consommation et son hyper circulation tous les ans, de nouveaux virus apparaîtront. Nous devons ralentir. Ralentir la consommation, ralentir la circulation, et même ralentir l'école… On veut vivre 100 ans si on perd un an ou deux à l'école, qu'est-ce que ça peut faire ?

Ralentir pour éprouver le plaisir de rencontrer l'autre. Il faut aller découvrir les personnes de différentes cultures, de diverses religions… On peut alors expliquer notre culture. Et ne pas être toujours d'accord. On peut se disputer. Et la dispute fait partie de la relation humaine.

Je dis que notre corps est un carrefour de pression climatique sensoriel. Notre âme est un carrefour de récits. On ne sépare plus le corps et l'âme. Les deux fonctionnent ensemble. Si on abîme le corps, on abime l'âme et vice-versa. Puis on abime la société, et on ne peut plus vivre ensemble. Ce raisonnement écosystémique commence à être accepté. Il y a encore des gens qui s'y opposent, mais cela ne fait rien. L'évolution dans les mois qui viennent va imposer cette idée globale."

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jeudi 2 décembre 2021

Derrière la couverture ?

 


J'aspire à être heureux. Je vois que, jusqu'à présent, je n'ai pas réussi à l'être vraiment. Même les moments heureux ont été quelque peu gâchés à l'arrière-plan parce que je savais bien au fond de moi qu'ils n'allaient pas durer et que la souffrance allait revenir tôt ou tard. Or les sages nous promettent non seulement que cet état immuablement heureux est possible et même – aussi étonnant que cela paraisse et pourtant unanimement affirmé – qu'il est déjà là, que nous sommes déjà cet atman, cette Nature-de-Bouddha, mais que nous n'en sommes pas conscients. Voici encore une des idées de base autour desquelles s'ordonne ensuite toute la démarche. Nous sommes déjà nus sous nos vêtements, la nudité n'est pas à créer, elle est à révéler, à dévoiler. Nous sommes déjà ce que nous cherchons à devenir, le Royaume des Cieux est, au présent, au-dedans de nous et non pas sera au-dedans de nous quand nous aurons suffisamment médité ou prié. Prendre conscience de cette réalité qui est la nôtre, c'est ce qui a été désigné par les termes illumination, éveil, libération, qu'on retrouve à peu près dans toutes les traditions.

Peut-être tout ce que j'ai dit là vous paraît-il théorique ou, en tout cas, éloigné de vos préoccupations. Mais pourquoi entendre seulement ce que vous savez déjà ou ce que tous les journaux vous disent le matin ou le soir ? Ouvrez-vous à un message, à des promesses d'un autre ordre et à des directives qui peuvent vous conduire, si vous êtes persévérants, vers cet éveil intérieur. J'ai comme vous tous été très malheureux, désemparé, perdu, oscillant de l'enthousiasme au découragement.

J'ai été fasciné par certains aspects du monde relatif, effrayé par d'autres. Mais j'ai réalisé la plupart des rêves de ma jeunesse. Je tiens à témoigner qu'il n'y a rien dans cette voie qui ne soit pas complètement et uniquement heureux. Si vous progressez selon la voie réelle, pas une voie déformée par le mental des uns ou des autres, vous verrez qu'en fin de compte vous n'avez à renoncer à rien – c'est assez paradoxal à dire – et vous aurez l'impression que vous n'avez rien à donner en échange de cette paix. Si je veux un vêtement qui me fait envie, il faut que je donne en échange de l'argent. J'ai gagné d'un côté mais j'ai perdu de l'autre. La vérité, c'est que sur la voie, même la « mort à soi-même » est absolument bénéfique. Sur le moment, on n'a certes pas cette impression mais ensuite on réalise : je n'ai rien perdu, rien. D'un point de vue, il y a un prix immense à payer en efforts, en consécration, en lucidité, en courage pour regarder la vérité en face. Vous aurez à payer le prix complet, il n'y a pas de soldes ni de marchandage possible. Mais d'un autre point de vue, il n'y a même pas de prix à payer. Il y a juste à « laisser tomber » les souffrances, « laisser tomber » les peurs, les attachements, les illusions.

Arnaud Desjardins

La Voie et ses pièges

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mercredi 1 décembre 2021

Pluie... dedans.

 


Parfois il ne pleut pas dehors.

Il pleut dedans.

Dru, charnu, lourd, il pleut.

La nappe de l’âme est alors pleine, imbibée.

Il pleut tant que ça déborde des yeux, les yeux qui dévalent ce qui ne peut être vu.

Les caniveaux déserts de l’esprit se font torrents.

Torrents traversés .

Les barrages cèdent, ils cèdent et inondent tout.

Ils inondent la pluie elle même.

Et pour ne pas se noyer il faut plier un bateau en papier et à ce bateau en papier confier nos vies.

Et si le bateau en papier se dissout…il faut marcher sur l’eau…

Mais pour survivre il n’est qu’une issue: devenir eau. Il faut se noyer se dissoudre s’imbiber se fondre et couler.

Boire à pleines mains, et surtout ne pas essuyer, ne pas sécher, ni pas éponger, …..

Puis, cette eau qui pleut, féconde et devient promesse. Promesse d’espérance. 

L’espérance que tout verdira . 

Bientôt.

Jusqu’à Fleurir. 

Bientôt.

Jusqu’à porter du fruit.

Bientôt.

Jusqu’à aimer qu’il pleuve.

Maintenant.

Federico isahaq Dainin Jôkô sensei

Illustration: Folon - Lily aime-moi

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mardi 30 novembre 2021

Bombe émotionnelle



Comment faire quand on reçoit un scud émotionnel lancé volontairement ?

Quand on s'en aperçoit, il est déjà trop tard. Le missile a atteint son but, le cœur est touché, l'estomac retourné. Le fourbe peut être passé sous le radar, tout spécialement si l'attaque a été passive agressive. Ce sont les pires, elles explosent sans rencontrer de résistance.

Comment agir au lieu de réagir ? Voilà la seule question.

Tout d'abord, accepter rapidement que nous sommes touchés et en prendre la mesure : ouvrir les yeux, le cœur, et ressentir pleinement.

Ensuite, sentir le niveau très animal où veut nous emmener l'attaque. La première envie est presque toujours une envie de réponse immédiate, défensive, territoriale, violente. Autrement dit, une réponse animale, rouge sur la spirale dynamique, régressive au possible malgré nos 10, 20 ou 30 ans de pratique.

Une fois vu où cette réponse automatique veut nous emmener, c'est à dire en dessous de notre de dignité, ne pas tomber dans le piège. C'est dur, ça demande de ravaler son ego et d'accepter un peu de souffrance, ou beaucoup. 

Mais ça vaut le coup. Vraiment. D'abord, le niveau de l'attaque ne nous définit pas nous, il définit celui ou celle qui l'envoie. Cela lui appartient. Et c'est elle ou lui qui veut fighter à ce niveau. Rien ne nous y oblige, sauf très rares cas vitaux.

Pour rester libre, c'est nous qui devons définir à quel niveau nous répondons. Et nous voulons y répondre "par le haut". Une question que je me répète souvent dans ces moments : "que ferait l'Amour"?

Et croyez moi, l'Amour peut trancher et il n'a rien de mièvre. Mais il répond toujours par le haut. Il ne se laisse pas entraîner dans l'automatisme, la mécanicité ou la régression animale. Il trouve toujours la meilleure solution possible, complexe souvent, la moins pire en tout cas.

Et pour nous aider, deux choses importantes. Premièrement, le temps. Ne pas répondre de suite, oser attendre une nuit, un jour. La deuxième : ouvrir le système, se confier, demander conseil, laisser émerger une réponse qui tient compte d'une sollicitation d'avis soutenants. Ce sera notre réponse, centrée et entière, mais notre réponse fécondée par l'ouverture, et pas la fermeture.

Try it. C'est un exercice très difficile, tant les forces animales sont puissantes. Et souvent, nous échouons. Ce n'est pas grave, c'est en tombant qu'on apprend. Mais c'est possible, et quand nous y arrivons, car nous y arriverons, toutes nos cellules en bénéficient. Toutes.

Et nous traçons le sentier vers notre prochaine action libre. Et ce sentier deviendra de plus en plus large et de plus en plus facile à arpenter. 

Bonne pratique !

par Fabrice Jordan

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