samedi 30 novembre 2013

La sagesse et le calme par Jacques Castermane



La sagesse ? Ce n’est pas un idéal ; c’est une manière d’être. Elle se reconnaît à ces qualités d’être qui manquent cruellement à l’homme contemporain : la paix intérieure, la liberté intérieure, la simple joie d’être. Le calme ? Ce n’est pas le contraire de l’agitation, c’est l’absence d’agitation.

Le zen avoue un but : la paix intérieure (C’est, depuis les Grecs, le but de la philosophie). Le zen, à cette fin, propose un exercice : la pratique méditative sans objet (Zazen). Hui-Neng, maître T’Chan (6ème Siècle), précise le but de la pratique méditative sans objet : « Le calme et la sagesse sont les fondements de ma méthode. Avant tout, ne tombez pas dans l'erreur de croire que ce sont deux choses différentes. C'est une seule et même substance, et non deux. Le calme est la substance de la sagesse, et la sagesse est le fondement du calme. Chaque fois que fonctionne la sagesse, le calme est en elle. Chaque fois que le calme fonctionne, en lui est la sagesse ».

Mais aujourd’hui, vingt siècles plus tard et après trois cent ans de conditionnement à une pensée objective, avons-nous des preuves scientifiques qui garantissent les effets de la pratique méditative ?
Utilisant l’électroencéphalographie, une équipe de chercheurs du Wisconsin a détecté une très forte augmentation des ondes à haute fréquence gamma dans le cerveau de moines zen qui méditent régulièrement (Quel dommage pour Hui-Neng, Dogen ou Hakuin d’avoir vécu à une époque où il n’était pas encore possible d’être électroencéphalographié ou IRMisé !).


La sagesse, le calme, n’ont pas besoin de preuves ; la sagesse, le calme, ont besoin de témoins. « Si tu désires savoir si un homme est un sage, il suffit de poser la question à son épouse ... ! » me disait Arnaud Desjardins. C’est par sa manière d’être, sa façon d’être là, que l’être humain témoigne s’il est agité, stressé, méfiant, inquiet ou s’il vit dans cette qualité d’être appelée la paix intérieure. Le calme, la sérénité, la paix de l’âme sont des qualités d’être qui n’ont pas besoin de la pensée, pas besoin du raisonnement, pas besoin de l’analyse biochimique ou de l’imagerie médicale.
Les progrès, dans tous les domaines de la science, m’intéressent. Et, à l’occasion de divers problèmes de santé, j’ai bénéficié de cet élargissement du savoir mis en application par la médecine expérimentale.
Mais il serait sage de na pas amalgamer savoir et sagesse.
A la question que lui pose Dürckheim « Quelle est pour vous la différence entre le savoir et la sagesse ? », Daisetz Teitero Suzuki répond : « Le savoir regarde au dehors ; la sagesse regarde en dedans ». Puis il ajoute « Mais, si vous regardez dedans comme vous regardez dehors, vous faites du dedans... un dehors » !
Sagesse ? Savoir ? Sans doute avons-nous besoin des deux ! Comme nous avons besoin de l’inspire et de l’expire ; mais si vous mélangez les deux, vous risquez de vous étouffer.

Jacques Castermane

mercredi 27 novembre 2013

Trois conseils d'un moine bénédictin pour cultiver son énergie spirituelle

Benoît Billot est bénédictin, moine dans la ville au prieuré d’Étiolles, dans l’Essonne. Adepte du zazen, il a fondé en 1989 la Maison de Tobie.

Le premier point, et le plus important, est de dire OUI à la vie.

Pour certains, ce oui est tout à fait naturel, comme s’il était inscrit dans leur ADN psycho-spirituel. Pour d’autres, il est beaucoup plus difficile ; ces personnes sont donc appelées à regarder positivement les petits événements quotidiens : le temps qu’il fait, la personne rencontrée, le travail demandé, l’état de santé…etc. Travail de tous les instants qui, à la longue, change le regard sur l’existence et ouvre la personne à une large acceptation de l’énergie de vie.

Le second est de prêter attention à l’énergie vitale.

Elle se fait sentir à tous les niveaux de la vie humaine. Physique : je respire, je mange, je digère, je marche… Relationnel : mes contacts avec les personnes que j’aime, ma famille, mes insertions sociales ou professionnelles... Culturel : j’aime me cultiver, étudier, comprendre… Spirituel : je me soucie de mon intériorité, je me tourne vers l’Infini… Regardons tous ces domaines et apprécions le désir qui les vivifie, l’étonnante santé qui nous permet de tenir notre place dans la vie. Quelle chance de ne pas être des légumes ! (Je n’oublie pas cependant que les légumes eux même sont traversés par l’énergie de croissance et de maturité !).

Le troisième est de se tourner vers la Source de cette énergie.

Dans sa réalité la plus profonde, elle n’est pas une fabrication automatique de notre biologie, elle n’est pas non plus un du. Je peux découvrir qu’elle est un don qui vient de l’Au-delà. Chacun se fait une idée sur le « donateur » : est-ce le Taô ? La grande Vie ? Brahman ? La tradition judéo-chrétienne y reconnait l’œuvre de l’Être Divin, qui insuffle sa force à ses créatures, après les avoir lancées dans l’existence (Voir Genèse 2, 7). Quel que soit le visage que l’on donne à cette divine origine, il est important de garder la conscience que l’énergie qui anime notre vie nous est donnée, et qu’il faut savoir remercier. La prière d’action de grâce permet à l’Homme de cultiver ce don et de l’utiliser de façon juste.

Benoît Billot 
source : La Vie

mardi 26 novembre 2013

Laisser "vivre" l'énergie vitale... avec Claudine Badey-Rodriguez


L'énergie, c'est ce qui me permet de me sentir exister, de sentir mon envie de vivre. Et ça ne dépend pas de l'âge. Même fatiguée, si j'ai un projet de vie et des intérêts, si je suis en lien avec les autres, c'est source de vitalité. Sans ouverture relationnelle, on perd son énergie. L'isolement peut faire perdre le goût de la vie. La première question à se poser : Qu'est ce qui me porte et comment je me sens reliée ?

Mobiliser son énergie vitale, c'est se demander : Quel sens je veux donner à ma vie ? Qu'est ce qui, pour moi aujourd'hui, est essentiel ? Quand on avance dans son existence, il ne s'agit plus de chercher à faire mais à "être". La question ne se pose donc pas en terme d'activités mais de valeur de sens. Et cela suppose d'être clair avec ses valeurs. Définir ses priorités et ses vraies envies...

Il peut être important de se poser pour faire un petit bilan. Soit seul, guidé par des lectures, ou avec d'autres lors de journées de réflexion pour regarder ses réussites et mesurer ses ressources. Observer aussi la façon dont on a traversé les difficultés et dont on s'en est sorti. Faire un bilan de vie pour ne pas passer à côté de ce qui est essentiel pour soi et se confronter à ses réalisations pour mieux dégager un projet de vie.

Claudine Badey-Rodriguez 
(source : La Vie)

lundi 25 novembre 2013

Une rencontre avec Abd Al Malik


Samedi soir, je suis allé écouter Abd Al Malik. Un concert qui m'a paru très court car j'ai été transporté par les mots et la musique. 

" Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre." 
Albert Camus

Ci-joint une chanson de l'album "l'art et la révolte",
et la lettre d'Abd Al Malik adressée à Camus (désolé pour le son mais l'enregistrement a été effectué avec un portable)



La nuit à Naïma



Il est des lieux où le où s’est éteint ou le comment de l’action ne signifie plus rien
Il est des lieux où il n’y a rien aux alentours ou en pleine nuit le soleil éclaire comme en plein jour
Il est des lieux où les directions s’éteignent ou les cieux ne reflètent plus aucun par terre
Il est des lieux où l’égo et l’endroit de la tourmente et le cœur celui de la félicité que l’on contemple
Il est des lieux où l’on ne voyage que de nuit où la louange est une station ou l’on s’évanouit
J’ai entendu parler de Naima, j’ai rêvé de Naima, j’ai cru te voir Naima, je suis allé à Naima par une piste qui descendait au ciel

Il est des lieux où l’on ne revient pas même si l’on s’en va, qu’on ne quitte pas

Il est des lieux où le temps ne peut imposer sa raison, ou le sommeil est l’allusif de la mort et de la résurrection
Il est des lieux où la présence te change ou chaque mot prononcé est étrange
Il est des lieux où les cœurs chantent à tue-tête, ou le poème n’est plus le privilège de l’esthète
Il est des lieux où l’on vit éternellement ou alors on y meurt à chaque instant
J’ai entendu parler de Naima, j’ai rêvé de Naima, j’ai cru te voir Naima, je suis allé à Naima par une piste qui descendait au ciel

Il est des lieux où les voix sont des silences, où des voiles de lumières nous tiennent à distance

Il est des lieux où les astres se ramassent à même le sol où les animaux pleurent avec les hommes
Il est des lieux où le langage est solaire puisque la demeure est polaire
Il est des lieux où les tables sont toujours déployées en ton honneur
Il est des lieux où la générosité toujours exulte de bonheur
J’ai entendu parler de Naima, j’ai rêvé de Naima, j’ai cru te voir Naima, je suis allé à Naima, par une piste qui descendait au ciel

Il est des lieux où le où s’est éteint ou le comment de l’action ne signifie plus rien

Il est des lieux où il n’y a rien aux alentours ou en pleine nuit le soleil éclaire comme en plein jour
Il est des lieux où les directions s’éteignent ou les cieux ne reflètent plus aucun par terre
Il est des lieux où l’égo et l’endroit de la tourmente et le cœur celui de la félicité que l’on contemple
Il est des lieux où l’on ne voyage que de nuit où la louange est une station ou l’on s’évanouit
J’ai entendu parler de Naima, j’ai rêvé de Naima, j’ai cru te voir Naima, je suis allé à Naima par une piste qui descendait du ciel


Lettre à Albert Camus

dimanche 24 novembre 2013

samedi 23 novembre 2013

Alexandre Jollien, l'écrivain

"La faiblesse, c'est le lieu de la souffrance si on la refuse."
"Le succès ne guérit absolument pas les blessures..."



vendredi 22 novembre 2013

Méditation avec Alexandre Jollien


"Laisser ce qui vient venir sans s'accrocher, sans rejeter..."




...J’ai découvert, grâce aux exercices de méditation, l’apaisement que je recherchais. Et pourtant c’était loin d’être gagné au début [rires] ! 
J’ai rencontré le zen grâce à ma femme qui le pratique depuis quelques années. Un stage était organisé dans mon quartier. J’y allais vraiment en traînant des pieds. Ce fut une révélation. Il m’a suffit de rester une demi-heure sans rien faire devant un mur, et j’étais totalement démuni et apaisé. 

Comme je suis assez opiniâtre, je persévère. Mais de même qu’avec la philosophie, ma rencontre du zen est le fruit d’un hasard. Grâce au zen, grâce au Philosophe nu, je suis parvenu à m’ouvrir davantage à la rencontre. Mais c’est loin d’être le bout du chemin ! À la fin de chaque livre, je pense que c’est fini. 
Là, je souhaite persévérer dans la recherche de la joie et l’approfondissement de l’intériorité. En me rapprochant de ma foi religieuse.
(source : egora.fr)


jeudi 21 novembre 2013

L'enfance avec Alexandre Jollien

"La foi de mon enfance m’a légué un lourd héritage, en tout cas un grand sentiment de culpabilité. J’ai longtemps cru que l’amour de Dieu se méritait. Je ne me suis vraiment libéré de ce poids que lorsque j’ai compris qu’il s’agissait, en fait, d’un amour inconditionnel."


mercredi 20 novembre 2013

Réalité avec Arnaud Desjardins


Swâmiji (Swami Prajnanpad) lui-même incarnait plus que tout autre la liberté radicale, absolue, presque inhumaine, par rapport à tous les désirs et à toutes les peurs, l'absolu du détachement. La voie qu'il propose s'adresse à des êtres qui ont une intense soif de liberté intérieure et d'établissement dans le calme non affecté de leur réalité profonde mais qui sont bien obligés de constater que, pour l'instant, certains obstacles sont là. 
Il s'agit donc d'une méthode réaliste qui ne nie pas les difficultés car la négation ne les fait pas disparaître, et qui en tient compte pour les dépasser. 

 "La réalité suprême, c'est le Soi. Si vous découvrez « votre propre Soi », l'ego disparaît et, selon une autre terminologie, le « je » disparaît aussi. 

Si vous vous confondez ou vous identifiez avec le corps physique, qui est l'auteur des actions, qui a un larynx pour parler ou a été au contraire opéré d'un cancer de la gorge, le corps physique qui peut se sauver en courant parce qu'il a peur ou demeure paralysé sur place, si vous vous identifiez même avec l'intelligence qui peut prendre une décision délibérée, vous n'échapperez jamais à la condition limitée, vous n'accéderez pas à la réalité métaphysique. 

Cette dimension que je décris comme verticale dans l'espace correspond à une dimension verticale à l'intérieur de vous, une dimension nouvelle de la conscience d'être ou de la conscience de soi."




"En fait, notre stratégie de libération doit se déployer dans trois domaines : un domaine concernant en effet les émotions, les affects; un domaine concernant la manière dont nous pensons ou dont nous voyons les différents visages de la réalité – y compris nous-mêmes et tout ce que nous pouvons observer en nous-mêmes – et, troisième aspect de cette stratégie d'ensemble, l'activité. 

Le domaine de l'action peut être une stratégie à court terme s'il s'agit de décisions ponctuelles à prendre, ou à plus longue échéance s'il s'agit d'envisager le déroulement de notre existence, dans la mesure où il nous semble que nous avons certaines possibilités d'intervenir sur nos destins."

La Voie et ses pièges
Arnaud Desjardins


Portraits de Jacques Lajeunesse

mardi 19 novembre 2013

Contre vents et années par Denise Desjardins


Parution le 18/11/13. 

«Ce sera mon dernier livre», affirme Denise Desjardins, aussi déterminée à quatre-vingt-dix ans qu'elle l'était à vingt et un ans, lorsqu'elle a quitté l'Algérie pour venir vivre à Paris. Déroulant en vers libres le fil de sa vie, elle se dévoile ici sans fard ni tabou. 

Elle évoque son parcours de vie, son enfance parfois difficile, ses débuts de peintre, son union avec Arnaud Desjardins. 
Retraçant ses voyages en Orient, tous motivés par une recherche spirituelle, elle relate ses rencontres avec maîtres et sages hindous, tibétains ou encore afghans, son éblouissement devant Mâ Anandamayi, le travail exigeant avec Swâmi Prajnânpad dont elle a suivi l'enseignement. 

Depuis 1974, elle tente, à sa mesure, de transmettre ce qu'elle a reçu en abondance.

Voici également le témoignage d'une rencontre lors de son dernier passage à Paris

« Si vous voulez quelque chose, peu importe combien de temps, combien de vies, vous mettrez à l'accomplir. L'important est d'essayer, d'essayer encore, jusqu'à ce que vous atteigniez votre but. » 
Denise Desjardins

lundi 18 novembre 2013

En quête de sens...

Ce film est l'histoire de deux amis d’enfance qui ont décidé de tout quitter pour aller questionner la marche du monde. Leur voyage initiatique sur plusieurs continents est une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature, au bonheur et au sens de la vie...

Avec Dr. Vandana Shiva, Satish Kumar, Pierre Rabhi, Trinh Xuan Thuan, Arnaud Desjardins, Frédéric Lenoir...




Voici comment l'un des 2 réalisateurs en est venu à faire ce film :