mardi 15 janvier 2019

Mémoire du Tout


Sans doute avons-nous tous fait l’expérience, un jour, de nous retrouver en pleine nature et d’être envahi par un profond sentiment de bonheur. Une immense paix s’est installée et pendant un moment, tous nos soucis et peurs ont disparu. Et nous avons réalisé combien ces peurs qui entravent nos vies sont finalement peu de choses. Pourquoi ? Parce que nous sommes nous-même peu de chose ! Mais ressenti au milieu de la nature, ce sentiment n’avait plus rien de disqualifiant. Au contraire, par un magnifique paradoxe, nous sentir tout petit au milieu de l’univers nous a fait grand bien. On pourrait même dire que cela nous a grandi. Ce n’était pas notre ego qui se gonflait, c’était autre chose en nous. Comme si nous étions traversé par une force beaucoup plus grande que nous, mais en laquelle nous nous reconnaissions. 

Telle la goutte de pluie retournant à l’océan, nous retrouver en pleine nature nous a fait reconnaître notre propre nature. Certains vous diront qu’ils ont vécu la même chose en ville, devant une œuvre d’art, à la terrasse d’un café ou en lisant un livre. Dans tous les cas, le bonheur est venu de nous sentir partie prenante d’un tout plus grand que nous. Souvent, nous n’avons pas su trouver les mots pour le dire. Mais le sentiment est resté gravé dans notre mémoire. 

source : Nouvelles Clés

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lundi 14 janvier 2019

Témoignage de la seconde guerre...


Extrait du film « Human » de Yann Arthus-Bertrand


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Christiane Singer et le corps...(4)

 
Ce corps qui nous est si "chair"...
Le corps est cette œuvre d'un grand luthier qui aspire à la caresse de l'archet". Christiane Singer n'entre pas dans le vieux débat corps et esprit, mais se passionne pour ce corps qui changent, que le temps marquent des ses signes indélébiles.


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dimanche 13 janvier 2019

Trajectoire déroutée...


Sanda Voïca est une poète roumaine qui écrit en français. Son dernier recueil, Trajectoire déroutée, qui rend hommage à sa fille brutalement disparue (1994-2015), est bouleversant : il exprime avec une telle force la vérité d'une mère frappée par une intime tragédie que le cri poétique touche à l'universel. Sa parole connaît l'art miraculeux de l'équilibre - entre pudeur et âpreté, entre simplicité et déroute des images. Sa poésie est un labyrinthe authentique : il ne s'agit pas d'échapper par un fil d'Ariane au tragique de l'existence, mais d'y demeurer tout en se laissant conduire vers ce centre ou ce cœur vers lequel converge toute la trame tissée du poème. 
Ce cœur vivant qui par tous les moyens cherche à se désintriquer du désespoir dont les mots, les pensées, la noirceur collent et engluent. Qui cherche à retrouver sa place, distincte de celle de la défunte. Qui dit l'amour inguérissable et la vulnérabilité transfigurée, devenue "talon de lumière". Et qui pratique, dans les quelques failles que la douleur immense lui a laissées, "l'écriture sainte de la joie".   


"Ligne horizontale de lumière 
Concentrée jusqu'à un bâtonnet frêle 
qui ne me quitte plus.


Je m'y installe.
Il devient vertical."

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"On vit en immortels,
on meurt en mortels."
 
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"L'écriture sainte de la joie.

Troquer une souffrance 
pour une autre.
Ma tête pousse
et les talons traînent.
La main s'accroche 
à l'air scintillant
ou au brouillard.
Je monte.

La joie est dite."

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"J'ai vu, j'ai trouvé, j'ai compris
une chose
si claire et éclairante
mais si vite partie
que je ne puis dire
que ses ailes très longues
en vol très calme,
sans pouvoir identifier le corps."


Sanda Voïca, Trajectoire déroutée, éditions LansKine, 2018.


Pour découvrir davantage Sanda Voïca, voici le lien vers un entretien récent :


par Sabine Dewulf

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samedi 12 janvier 2019

Le temps d'un conte


Un petit conte pour nous accompagner... à goûter ce qui passe. 


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Christiane Singer et la crise...(3)

De nouveau, un morceau d'anthologie à écouter, la joie dans l'âme !

"La mort, cette fidèle et excellente amie" c'est de Mozart, une citation que reprend volontiers à son compte Christiane Singer. Pour elle, les crises sont une nécessité sans quoi la vie serait fade et sans intérêt.
Troisième partie avec Christiane singer (14 min.)
source audio


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vendredi 11 janvier 2019

Vie pour un matin... radieux


« Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la bonne nouvelle, j’affirme avec audace ma foi dans l’avenir de l’humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain ne soit qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoique ce soit le cours des événements,
Je refuse de partager l’avis de ceux qui préte
ndent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir réalité.
Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot.
La vie même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l’espoir d’un matin radieux. »

 

Martin Luther King

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Christiane Singer, une spiritualité du quotidien (2)

"La pâte humaine avec sa part de divin, voilà qui pourrait résumer l'intérêt premier de Christiane Singer.. Elle est auteur de plusieurs romans, essais. Ses racines spirituelles sont chrétiennes, mais Christiane Singer et, on le voit dans ses écrits, puise dans d'autres traditions religieuses. Elle se défend toutefois de faire du syncrétisme..."



jeudi 10 janvier 2019

Un regard sur notre regard

«Les vrais yeux travaillent en dedans de nous.
Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible.
Voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert.
Voir, c’est un mouvement que la vie fait en nous, avant les objets, avant toute détermination extérieure.
Avant les objets, et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer.
C’est au dedans de vous que vous voyez.
Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi, les couleurs qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde.
Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité.»
Jacques Lusseyran, Le monde commence aujourd’hui.

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Rappel du don profond de la joie... (1)

Quête de soi, du sens de la vie, ce sont des thèmes porteurs : beaucoup disent, écrivent, témoignent sur ces sujets fondamentaux de notre existence. Christiane Singer avec son don de conteuse et son approche spirituelle, apporte sa pierre à l'édifice. Certains lui reprochent un discours trop simpliste, en tout cas, ses succès de librairie démontre que sa vision de la vie est porteuse de sens pour certains.
Christiane Singer avait, en 2004, 61 ans. Même si son accent trahit ses origines marseillaises, elle vivait en Autriche et parcourait l'Europe pour donner des conférences, animer des ateliers...


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mercredi 9 janvier 2019

De la peur à l'optimisme avec Eric Antoine


Un humoriste illusionniste à la joie de vivre communicative, Eric Antoine.
Son optimisme chevillé au cœur, notre invité l’a croisé dans des ouvrages de philosophie, chez des amis, chez sa mère, chez des inconnus, des enfants, des professeurs… Des liens durables ou fugaces qui ont façonné son regard enthousiaste sur le monde… 
Voici un extrait très intéressant où il répond à une jeune stagiaire. 





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mardi 8 janvier 2019

Colette Roumanoff et Alzheimer


Colette Roumanoff tente de nous présenter malgré les fréquentes interruptions de la journaliste une autre façon de voir la maladie en entrant dans son présent... (vous pouvez passer la première minute).
Le bonheur plus fort que l'oubli !


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lundi 7 janvier 2019

Méditation au delà du sens...


La méditation, au-delà du sens et du non-sens Il arrive un moment où l'assise quotidienne n'est plus une obligation, mais devient une nécessité impérieuse : retrouver, se retrouver en ce vrai soi-même. Renouer, rétablir le contact avec ce qu'il est impossible de définir. Lorsqu'on lâche toute initiative, toute présomption à être le maître d’œuvre de quoi que ce soit, ce moment précieux où le moi cesse toute activité et constate que tout s'organise selon une conjonction de facteurs qui nous échappent, est peut-être le moment clef de la pratique, ce moment où naît une autre forme de compréhension.

Jacques Castermane, sans utiliser de périphrases, nomme cela : « l'infaisable »... parvenir à ce point de bascule où nous sommes étonnés de ce qui arrive, étonnés de ce qui apparaît. C'est peut-être cet appel-là que nous ressentons dans la nécessité de nous assoir, ce que les marins intitulent : « l'appel du grand large ». Un moment où l'on devient plus vaste que soi-même parce que l'on n'est plus identifié à ce que l'on fait. Le moi largue les amarres et constate qu'il ne commande pas au vent, il s'accorde de la manière la plus juste qui soit avec ce qui ne dépend pas de lui. Au moment où l'on réalise que nous ne pouvons pas faire zazen, que nous ne pouvons pas construire l'immobilité, que nous ne pouvons pas élaborer la tenue, que nous ne pouvons pas contraindre la respiration, quelque chose de majeur se passe. Ce n'est pas que les phénomènes cités soient autres, c'est que notre manière de les appréhender se transforme. Se laisser embarquer par ce que l'on ne peut pas faire, devenir ce que l'on ne peut pas faire, devient la réponse ultime à ce koan posé par Dürckheim : « Subordonner notre vie à un sens au-delà de tout sens ». Pourquoi un koan ? Parce qu'il nous semble impossible de trouver quel est ce sens en dehors de l'expérience : celle de se sentir basculer dans l'infaisable, se sentir être agi par quelque chose d'autre que le moi et s'en étonner. 

C'est-à-dire remplacer le besoin de donner du sens par le goût du vivant, investir pleinement l'intimité avec ce vivant sans pour autant chercher à savoir ce qu'il est. Cette manière d'envisager la méditation bouleverse considérablement toutes les idées préconçues qui consistent à croire que la voie va donner du sens à notre existence. Le besoin de sens, n'est en fait qu'un besoin de cohérence du moi face au non-sens de certains événements de la vie. En effet, nous sommes soucieux de maintenir une certaine cohérence dans nos vies, un certain équilibre orchestré de préférence de manière positive. Toute rupture au sein de ce projet, introduit du non-sens. Attendre de zazen le maintien de cette cohérence est une fausse route.

Aucune cohérence n'est proposée par la pratique et s'est bien la raison qui nous pousse à dire, lorsque nous sommes soumis à de longues heures d'assise : « Mais qu'est ce que je fous là, ça n'a pas de sens ? » Voilà une remarque bien légitime pour l'ego, la …….... pratique n'a aucun sens pour l'entendement. Tous les exercices qui nous sont proposés sur la voie ont un caractère absurde pour le moi, il nous faut donc apprendre à retrouver le vrai soi même au cœur de l'incohérence, ressentir la plénitude au cœur de la précarité. « Lorsque malgré la pauvreté matérielle, on se sent riche, ou plein de force en dépit d'une faiblesse, ou encore abandonné de tous on éprouve un sentiment de contact... devenir attentif à ces divergences est un élément important du travail sur la voie » (K. G. Dürckheim). 

Il est important de mettre en valeur ce contact dont parle Dürckheim, cette proximité, voire cette union avec ce qu'on laisse être présent et que d'ordinaire nous considérons comme absent : l'indicible, justement parce que nous avons renoncé à faire quelque chose ou à modifier le cours des choses. Lorsque la tension entre soi et l'activité en cours s'estompe, entre soi-même et la simple pratique, peut apparaître ce dont on se sent riche et fort : la plénitude, l'ordre et l'unité. N'existe plus alors cette opposition entre le non-sens d'une situation et le sens qu'on souhaiterait lui donner, la plénitude s'est substituée au défaut d'être provoqué par les événements de la vie. Le sens auquel Dürckheim nous invite à subordonner notre vie exige de nous laisser travailler davantage par le « comment » que par le « pourquoi ». Le « pourquoi » cherche une réponse à l'extérieur dont le moi cherche à s'emparer d'une manière dogmatique et définitive, le « comment » s'ouvre sur un processus qu'il nous faut assumer par nous-mêmes et qui nous laisse sur le mode interrogatif, donc dans une absence de sens.

On peut s'assoir définitivement sur un « pourquoi », un « comment » nous maintient dans une activité qui ne cesse jamais de s'accomplir. Le « comment » ne nous rassure pas, il nous maintient à fleur du vivant. Il arrive souvent à Jacques Castermane de dire ceci : « Je respire et je n'y suis pour rien ». Cela revient à dire : « Je vis et je n'y suis pour rien »... « je vois et je n'y suis pour rien... ». Cette assertion a un caractère irréfutable, indiscutable et, telle une évidence, il nous est impossible de la remettre en cause. Cela s'impose comme une réalité sans que celle-ci n'ait besoin d'aucune preuve. Revenir sur cette évidence, je respire et je n'y suis pour rien, n'a pas pour but d'en faire quelque chose et surtout pas celui de donner du sens. Ce qui va tout changer, c'est la relation que nous allons entretenir avec cette évidence, c'est-à-dire « comment » nous allons nous en remettre au caractère inconnaissable de la vie. Quelle sera la qualité du contact que nous allons établir avec l'inappropriable ? Voilà une œuvre à réinventer chaque jour. La nécessité impérieuse qui nous pousse à pratiquer chaque jour est directement en lien avec ce besoin d'affiner la qualité du contact avec ce qui sous-tend notre vie. Se sentir riche de ce contact intime avec la vie est peut-être l'une des principales ressources dans lesquelles il nous faudra puiser au cœur de l'instabilité mondiale où nous nous trouvons. 

Dominique Durand
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