vendredi 8 janvier 2016

Le choix d'être heureux avec Gilles Farcet


En cette vie, que cherchons-nous ? Nous avons tous en nous la nostalgie du bonheur et, au fond, nous agissons toujours en vue d'atteindre ou de retrouver une forme de paix et de joie, et ce même lorsque nous nous trompons et que nos choix nous conduisent à souffrir davantage. 
C'est en acceptant de nous voir tels que nous sommes que nous pouvons espérer comprendre comment nous fonctionnons, et dans quelle mesure nous sommes prisonniers de nos peurs et de nos attentes. Connaître notre prison, c'est nous donner les moyens de nous en libérer, pour atteindre cette autonomie sereine à laquelle nous aspirons. 
Or, contrairement à ce que prétendent aujourd'hui nombre de marchands de prêt à penser et à vivre, il n'existe pas de formule pour être heureux. Ce texte n'est donc pas un recueil de « recettes » visant au bien être ; plutôt un petit traité de pratique spirituelle. Gilles Farcet s'appuie ici sur son parcours et sa longue expérience d'une voie pour tenter de dissiper quelques illusions, proposer de nouveaux positionnements intérieurs et surtout montrer ce qui nous exile du simple sentiment : ici et maintenant, je me sens ouvert, positif et content.











lundi 4 janvier 2016

Saint Augustin par Michel Delpech


J’ai découvert saint Augustin il y a bientôt 30 ans, après mon voyage à ­Jérusalem. Depuis, je ne l’ai plus quitté ! J’ai énormément d’admiration et d’affection pour cet homme, ce grand serviteur de l’Église. Il en est, à mes yeux, le plus grand personnage. Je le vois comme une figure indépassable, un génie, au même titre qu’un Léonard de Vinci. Et son talent littéraire est énorme.

Avant sa conversion, il a connu la vie terrestre, ses plaisirs et ses dangers. Tous ces chemins parcourus pour arriver à Dieu me touchent beaucoup. C’est un homme sur qui on peut poser sa tête. Sans parler d’identification, je peux me ­reconnaître en lui par la vie ordinaire qu’il a vécue avant d’être prêtre puis évêque. Il n’a pas tout de suite été saint. Il a fallu du temps, qu’il se bagarre avec la vie. Ce parcours semé d’embûches est très rassurant.

Lorsque je lis les Confessions ou que je pense à lui, je le vois comme un contemporain : il aurait pu naître aujourd’hui. J’avais écrit une chanson, il y a 40 ans, que j’avais appelée les Aveux. Récemment, une nouvelle traduction a rebaptisé les Confessions, les Aveux. C’est extraordinaire, non ? Augustin est un homme de toutes les époques, il est universel. Tout comme Jésus, saint Jean de la Croix ou sainte ­Thérèse de Lisieux, je l’aime. C’est un ami à qui je parle régulièrement et à qui je vais rendre visite de temps en temps à l’église qui lui est dédiée, boulevard Malesherbes à Paris (dans le VIIIe arrondissement).



Le poète et Père de l’Église
354 Naissance à Thagaste (Algérie).
371 Liaison avec celle qui lui donnera un fils en 372.
386-387 Conversion et baptême à Milan.
388 Retour en Afrique. Il y mène une vie intellectuelle et monastique.
391 Ordination à Hippone (Algérie).
396 Évêque d’Hippone.
401-402 Parution des Confessions.
430 Mort d’Augustin à Hippone, alors assiégée par les Vandales.

A méditer
« Aussi, en toute hâte, je revins à l’endroit où Alypius était assis : oui, c’était là que j’avais posé le livre de l’Apôtre tout à l’heure, en me levant. Je le saisis, l’ouvris et lus en silence le premier chapitre où se jetèrent mes yeux : « Non, pas de ripailles et de soûleries ; non, pas de coucheries et d’impudicités ; non, pas de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne vous faites pas les pourvoyeurs de la chair dans les convoitises. » Je ne voulus pas en lire plus, ce n’était pas nécessaire. À l’instant même, en effet, avec les derniers mots de cette pensée, ce fut comme une lumière de sécurité déversée dans mon cœur, et toutes les ténèbres de l’hésitation se dissipèrent. »

Les Confessions,
Scène du jardin (livre VIII)


À lire
Une année avec Saint Augustin
Les plus beaux textes à découvrir chaque jour et à méditer Sermons, commentaires de psaumes, lettres, confessions… l’évêque d’Hippone a beaucoup écrit. Au travers de 400 textes issus de son œuvre, le lecteur pourra s’immerger dans la pensée augustinienne tout au long de l’année liturgique. Et enrichir son approche, grâce aux commentaires de fins connaisseurs de cette figure, comme Isabelle Bochet, Frédéric Boyer, Benoît XVI ou encore Jean-Luc Marion.
Bayard, 29,90 €.

Les Confessions
Un monument. Par ces 13 livres autobiographiques, ­Augustin nous offre un des plus beaux testaments spirituels de l’histoire de la littérature. De sa jeunesse, marquée par la débauche et l’oisiveté, à sa conversion fulgurante et absolue, c’est toute une vie intérieure, en perpétuelle soif de vérité et de Dieu, qui y est révélée. Le Seuil, 9 €.

À faire
Se former au collège des Bernardins Benoît XVI lit les Pères de l’Église À partir des catéchèses du pape, le père Jacques Ollier, docteur en théologie, propose de découvrir les Pères de l’Église, véritables pasteurs pour la communauté chrétienne. Parmi eux, saint Augustin, source inépuisable d’inspiration pour Benoît XVI. Vendredi 10 h-11 h 30, du 7 février au 23 mai 2014. Tarif plein/réduit 130 €/65 €. www.collegedesbernardins.fr




Des conseils pour "Passer ma route" par Michel Delpech


1. Écoutez votre conscience
Nous quittons Dieu lorsque nous transgressons notre conscience. Si nous l’outrepassons mais que nous pensons, à tort, que c’est une bonne chose, Dieu ne nous en voudra pas. Mais si la motivation réside dans l’intérêt ou l’orgueil, alors nous nous éloignons de lui. Comment être à l’écoute de sa conscience ? Par le silence, la méditation et la prière. Les moments de solitude débouchent toujours sur une réponse, une voie nous paraissant plus claire, plus sage, plus évidente qu’une autre.

2. Prenez le temps
Le silence n’est pas sans lien avec le temps : face à une possibilité ou une décision à prendre, ne vous précipitez pas. Pesez bien le pour et le contre. Bien que cela soit séduisant sur le moment, vivre dans l’emballement et l’exaltation permanente ne mène à rien et l’apparence du moment peut être trompeuse. Le cœur et la raison doivent fonctionner en bonne entente. Certains choix déterminent nos vies. Faisons en sorte qu’ils soient le plus justes possible.

3. N’ayez pas peur
Lorsque vous devez faire des choix, n’ayez pas peur de prendre la direction la plus difficile, si c’est celle qui vous semble la plus juste, la meilleure pour vous. Nous avons tous de bonnes raisons de préférer la facilité, qu’elle soit matérielle, affective ou professionnelle. Or, la voie la plus étroite est toujours la bonne. Les vertus se nourrissent entre elles, c’est la même chose pour les défauts. Mais il est plus facile de céder au mal, d’écouter ses bas instincts, que d’acquérir quelques vertus. Pourtant, c’est en développant ses vertus que l’on accède au bonheur !

4. Apprenez à prendre du plaisir
Écoutez de la bonne musique, ne perdez pas votre humour, restez proche de vos amis, restez vous-même quel que soit votre interlocuteur. Et puis allez vous promener, découvrez les fleurs, parlez aux arbres, n’oubliez pas que les animaux sont de merveilleuses créatures de Dieu. La vie est belle, rendez grâce à Dieu en l’appréciant.




Les étapes de sa vie
1946 Naissance à Courbevoie (92).
1952 Première communion.
1970 Début d’une longue quête spirituelle.
1976-1982 Dépression.
1981 Rencontre frère Odon à l’abbaye de Saint-Wandrille (76).
1985 Mariage avec Geneviève dans une église copte, suivi d’un voyage à Jérusalem, où il va rencontrer le Christ.
2013 Apprend qu’il est atteint d’un cancer de la langue. Sortie du livre J’ai osé Dieu…
2015 Fin du chemin


dimanche 3 janvier 2016

2016, un chemin de joie et de retournement...



Ne vous arrêtez pas en chemin. 


Allez jusqu’au bout de la folie du mental. La récompense est tellement plus grande que tout ce que la réalité paraît vous faire perdre, que c’est vraiment fou de continuer dans cette erreur permanente. La récompense, vous le savez, c’est la paix, la joie qui demeure, la certitude, c’est l’absence totale de crainte – c’est ce que vous n’osez même pas espérer en vérité. 
Et comment avez-vous une chance, vous tous – je peux vous regarder chacun dans les yeux, vous dont je connais bien les existences – de la découvrir, cette réalité ? En écartant ce qui la voile ! 
Et qu’est-ce qui la voile ? C’est ce second que le mental n’arrête pas de créer. Si, pendant une seconde, le mental arrêtait totalement, consciemment et inconsciemment, de créer un second, la grande vérité se révélerait à vous instantanément. 

Peut-être, de nouveau, serait-elle voilée mais au moins vous auriez eu un aperçu, comme une porte qui s’est ouverte : vous avez juste eu le temps de voir ce qu’il y avait à l’intérieur de la salle et la porte s’est refermée...






... Mais ce qui est proprement insensé, c’est que le mental considère comme le monde véritable celui de sa fabrication, qui n’a, je ne le redirai jamais trop, aucune existence d’aucune sorte, et c’est par rapport à ce monde totalement chimérique qu’il se permet de juger le monde réel. 

Pour le mental, le plus important n’est pas le monde réel auquel il vient surajouter un monde irréel, c’est le monde inexistant auquel il vient comparer le monde réel. Pour le mental, la situation est totalement retournée. 
C’est de ce retournement que vous devez prendre conscience si vous voulez échapper à ce mécanisme. Ma vie est fondée sur un immense mensonge : ce qui devrait être. 
Vous devez découvrir en vous-même cette aberration, cette folie : je fabrique un monde. Chacun fabrique le sien. Le monde réel est le même pour tous mais le monde fabriqué est différent pour chacun. Vous sécrétez ce monde illusoire d’instant en instant. Parfois, c’est flagrant et parfois, comme je vous le disais, c’est inconscient ou subconscient. Vous devez donc être doublement vigilants. D’abord vigilants pour vous ramener – et c’est l’effort qui vous sera demandé pendant longtemps – à l’unique réalité... 

Arnaud Desjardins
A la Recherche du Soi - II. 
Au-delà du Moi 


samedi 2 janvier 2016

Voeux avec Marie de Hennezel

Connaître notre ombre
Quelle montée de la violence, ces derniers mois ! Insultes, propos racistes, harcèlement à l’école, exaspération haineuse. Une vague inquiétante, amplifiée par les réseaux sociaux. Notre surmoi moral et républicain ne semble plus capable, dit-on, d’endiguer ce flot.
Le passage à l’année nouvelle pourrait être le moment de s’engager à faire barrage aux petites violences qui tentent quotidiennement de s’imposer à nous, presque à notre insu. Ne suis-je pas, comme tout le monde, traversée d’impatience, d’exaspération, d’indifférence ? Un tel engagement n’est-il pas à ma portée ? Bouddhistes, chrétiens, humanistes ont compris depuis longtemps que le meilleur moyen de faire obstacle au mal dans le monde est de commencer par soi-même. Apprendre à reconnaître ce que Jung appelait notre « ombre ». Et à la contenir. Rien de naïf là-dedans. Il s’agit d’une bonté active. D’un acte de résistance. D’une façon de s’indigner.
Alors, indignons-nous, au sens noble du terme, portons haut notre exigence de respect, de soi, de l’autre, surtout et parce qu’il est différent.

Faire un vœu
Le passage à la nouvelle année, c’est aussi le moment de faire un vœu. Faisons celui d’être heureux et de ne pas passer à côté de la beauté. Voilà quelque chose qui pourrait nous aider à mettre un peu de lumière et d’amour autour de nous. Nous poser tous les jours la question : « Qu’ai-je trouvé beau aujourd’hui ? »
Selon François Cheng, il y a deux mystères dans la vie : le mal –  évoqué plus haut – et la beauté. « La beauté est mystère, parce que l’univers n’était pas obligé d’être beau », souligne-t-il. Il se trouve qu’il l’est, et cela semble trahir « un désir, un appel, une intentionnalité cachée qui ne peut laisser personne indifférent ».
Qui peut dire que même dans un univers de laideur ne se cache un infime détail qui nous rappelle ce mystère ? Etty Hillesum, dans l’horreur du camp d’extermination où elle a terminé sa courte existence, cherchait tous les jours la petite étincelle de beauté qui lui permettrait de garder le goût de vivre, et l’âme intacte.

Nous relier à l’âme
L’âme ! Voilà un mot que l’on n’osait plus prononcer, tant il avait perdu son sens profond et universel au profit de sa seule signification religieuse. Or, l’âme est liée au cœur et à l’intuition. C’est quelque chose d’intime, de secret, de sensible. C’est l’interface entre mon identité dans ce qu’elle a d’unique et le monde autour de moi. « L’âme est pour moi cette larme qui coule de mes yeux. Et ce sont les yeux de l’humanité tout entière », écrivait Stéphane Hessel, nous rappelant que l’âme diffère de l’esprit par l’émotion qui l’habite.
Une émotion qui permet la communion affective avec les autres, la nature, les animaux, ces êtres doués de sensibilité, et même avec les objets ou les lieux, porteurs eux aussi de l’émotion que nous leur prêtons.
Ne dit-on pas qu’un lieu a une âme ? Une vibration, une résonance ?


Marie de Hennezel 
(source : Psychologie magazine)

jeudi 31 décembre 2015

L'instant est là...






Pour que 2016 soit un an neuf... par Denis Marquet


La venue d'une nouvelle année nous relie à notre désir du Nouveau.
Chaque instant que nous vivons est à la fois la conséquence de causes anciennes, que certains appellent karmiques ; mais aussi l'opportunité de lancer pour l'avenir des causes neuves, qui ne sont pas l'effet du passé et génèrent des effets qui ne répètent rien.
De telles causes naissent de notre ouverture à une dimension transcendante à l'intérieur de nous. 
Alors, c'est le divin, ou la grâce, le mystère ou quelque nom que nous lui donnons, qui crée notre vie.
Et, libres du passé, nous pouvons vivre selon nos aspirations les plus profondes.

Pour cela, il suffit de s'abandonner !
S'abandonner, c'est accepter de ne pas se représenter son avenir, car on ne peut se re-présenter que du passé.C'est accepter de se laisser surprendre par soi-même, par les rencontres et les opportunités.
C'est accepter de lâcher l'illusion du savoir, toutes les attentes que nous faisons peser sur les autres et sur notre vie, ainsi que toute forme de contrôle.
Un instant d'abandon total nous plonge dans la dimension vierge de notre être ; nous voilà prêts pour un nouveau départ, un commencement dans le Nouveau : une naissance.

Fêtons le passage vers 2016 dans l'abandon total ! 
Alors ce nouvel an sera pour nous l'an du Nouveau : une merveilleuse année.


mercredi 30 décembre 2015

lundi 28 décembre 2015

Message de Noël de la part de Thich Nhat Hanh



Il y a quelques jours, Thầy pensait au message qu'il souhaitait envoyer à ses ami(e)s et étudiant(e)s pour qu'ils puissent fait comme Jésus ou comme le Bouddha.  Thầy a écrit cette calligraphie :

"Il n'y a pas un chemin à chercher pour aller chez soi,
Notre chez-soi est le chemin. »
 
Cela signifie que  le chemin et l'outil ne sont pas deux choses séparées. "Il n'y a pas de chemin à chercher pour aller  chez soi" Notre "chez soi" est le chemin. Quand nous faisons un pas sur ce chemin alors nous nous sentons chez nous tout de suite, à ce moment précis. C'est très authentique, c'est la pratique du village des Pruniers. Il n'y a aucun chemin menant au bonheur, le bonheur est le chemin. Récemment Thay a également partagé lors d'un de ses enseignements qu'il n'y a aucun chemin menant au Nirvana, le Nirvana est le chemin. Chaque pas, chaque respiration est capable de nous ramener chez nous, dans l'ici et le maintenant. C'est la pratique fondamentale du Village des Pruniers.

C'est le message que Thầy veut envoyer à tous ses amis et étudiants durant cette saison de Noel. Si vous voulez envoyer des vœux à vos ami(e)s et bien-aimé(e)s vous pouvez envoyer ce message. Si vous pouvez le pratiquer véritablement, alors votre envoi aura une signification profonde ; mais si vous ne le pratiquez pas, alors ce message n'aura aucune valeur. 

Réjouissons-nous de notre pratique de revenir chez soi en cette saison de fêtes. Soyons véritablement dans notre "chez soi" et devenons ainsi une maison pour nos bien-aimé(e)s et tous nos ami(e)s.


Avec confiance et amour

Thầy

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