vendredi 16 octobre 2015

Petite démonstration d’impuissance acquise


Voici la vidéo d’une expérience intéressante qui nous aide à mieux comprendre comment la résignation peut être inculquée à une population. On y voit une psychologue (Charisse Nixon) qui réussit à provoquer dans sa classe, à travers l’angoisse et la frustration, un état de résignation et d’impuissance, le tout en moins de 5 minutes.
Il ressort de ce type d’expérience que dans des conditions de frustration ou d’angoisse permanente, l’être humain tend à se résigner et à considérer comme insurmontables des difficultés même légères.

extrait :
"Si l’on pense seulement un instant au bombardement médiatique auquel nous sommes soumis en permanence, il n’est pas difficile de comprendre de quelle manière ces études sont utilisées et qui les manie à son avantage… En soumettant une personne à un sentiment d’angoisse et de frustration constant, on peut l’induire à penser qu’il n’y a rien à faire, que rien ne peut changer sa propre condition, et l’amener ainsi à un état d’apathie où il supportera n’importe quel méfait. À l’inverse, comprendre comment ces mécanismes fonctionnent permet de savoir comment réagir de manière positive à l’adversité.
Certains disaient par le passé que lire pendant 15 minutes un magazine de mode fait baisser le taux d’estime pour soi d’environ 30%, mais aujourd’hui, la guerre contre l’estime de soi s’étend sur tous les fronts : radios, télés, journaux, publicités partout dans les rues, sur Internet et sur les réseaux sociaux qui te suivent où que tu ailles. Imaginez ce que peut provoquer de s’entendre dire tout au long de son existence que quelque chose ne va pas dans votre vie, que votre voiture est vieille, que votre garde-robe est démodée, que vos dents ne scintillent pas, que vous avez de la cellulite, etc.
Autrement dit, à travers la frustration, l’estime de soi plonge sous le niveau zéro et la voie est alors ouverte pour faire accepter avec résignation et apathie n’importe quelle solution qui en général, sera proposée par ceux-là mêmes qui sont à l’origine du problème."


mercredi 14 octobre 2015

L'art et la pratique spirituelle du Reiki par Patrice Gros


Les Cinq Préceptes selon l'enseignement du Reiki Jin Kei Do :
Sois conscient à chaque moment de ta journée :
  • d’observer l’émergence du désir, de la colère et de l’illusion, regardant profondément leur véritable cause
  • d’apprécier le cadeau de la vie et d’être rempli de compassion pour tous les êtres
  • de trouver le moyen de subsistance juste et d’être honnête dans ton travail
  • de voir en toi-même la nature toujours changeante du corps et de l’esprit
  • de fusionner avec la nature universelle de l’esprit alors que le Reiki coule en toi
En suivant ces idéaux tous les jours, ton esprit et ton corps se transformeront véritablement, avec le pouvoir du Reiki




"Et une fois n'est pas coutume, j'ai l'immense joie de vous annoncer la nouvelle parution de mon tout premier livre, L'art et la pratique spirituelle du Reiki, qui vient d'être re-publié en format papier aux Éditions Grancher.
La mise en page a été particulièrement réussie. Le texte a été revu, corrigé et augmenté (notamment, l'aspect historique a été entièrement ré-écrit pour l'occasion)."
Patrice Gros


mardi 13 octobre 2015

Ecoute la voix... de la pensée.




Le processus de la pensée est en majeure partie involontaire, automatique et répétitif chez la plupart des gens. Ce n'est rien d'autre qu'une sorte d'electricité statique mentale qui n'a pas de raison d'être reelle. A proprement parler, ce n'est pas vous qui pensez, c'est seulement la pensée qui se produit. 
L'énoncé disant "Je pense" implique un acte de volonté. Il implique que vous avez votre mot à dire sur le sujet, qu'il y a un choix à faire de votre part. Mais pour la plupart des gens, ce n'est pas ce qui se passe. "Je pense" est un énoncé qui est aussi faux que "Je digère" ou "Je fais circuler mon sang". 
La digestion se produit, la circulation de sang se fait et la pensée se produit aussi. La petite voix dans sa tête a sa vie à Elle. La plupart des gens sont à sa merci, ce qui signifie qu'ils sont possédés par la pensée, par le mental. Etant donné que le mental est conditionné par le passé, vous êtes ainsi forcé de le jouer et le rejouer sans cesse.


lundi 12 octobre 2015

Jardin japonais...


Ce qui différencie un jardin japonais d'un jardin japonisant, outre l'aspect purement visuel ou esthétique, est l’Émotion, l'émotion que ressentira le maître des lieux dans son jardin mais aussi l'émotion et le trouble que provoquera ce lieu chez les invités.

En effet, un jardin japonais n'est pas une "belle pièce déco" supplémentaire attenante à la maison où il est plaisant, il est vrai, de se détendre entre amis un soir d'été, mais un lieu ou le maître de maison et ses hôtes se trouvent transportés par le charme et la sérénité, un lieu où l'on peut s'unir, pour un temps, à la nature. L'Homme peut alors sublimer la nature, la révéler notamment par la taille des arbres ou il dévoilera sa beauté cachée.

Les principaux symboles sont les sables (graviers) et les pierres.
Le sable représente l'eau d'une façon générale (la mer, les rivières, les torrents...). La manière de le ratisser et le tracé de ses contours indiqueront aux promeneurs, sans ambiguïté, s'il s'agit d'une mer calme ou non, d'un torrent, d'un lac...
Les pierres représentent les montagnes ou les îles ; elles seront disposées de façon précise.


Les règles permettant l'implantation des pierres en fonction de l'orientation des différents éléments, sont retranscrites dans un manuel le "SAKUTEIKI" dès le milieu du XIe siècle. Le recours aux symboles comme le sable par exemple n'exclut pas la possibilité de mettre de l'eau sous sa forme liquide ; de nombreux jardins japonais disposent de lacs, cours d'eau, rivières, etc.

Les symboles ne se contentent pas de reproduire certaines composantes de la nature, ils font aussi appel à des représentations plus abstraites comme la longévité symbolisée par les conifères ou l'évasion symbolisée par le lotus.

Vous l'aurez compris, même si la simplicité caractérise les jardins japonais, il n'est pas simple de les concevoir et l'utilisation de galets, graviers, bassins ou lanternes ne feront pas de votre jardin un jardin japonais, mais un jardin japonisant. Seule une parfaite connaissance des règles et des codes, des plantes et de l'environnement, associée à un regard aiguisé et à une âme d'artiste, vous permettront de réaliser ces jardins de rêves.

Créer un jardin japonais relève en effet de l'Art.


source : Le journal des femmes


dimanche 11 octobre 2015

La méditation peut-elle guérir ?... réponse de Olivier Douville

Psychologies : Le docteur Lionel Coudron, grand connaisseur du yoga et de la méditation, a eu accès au dossier médical du lama Phakyab Rinpoché. Selon lui, sa guérison peut s’expliquer par des processus neurophysiologiques naturels.

Comment vous, psychanalyste, qui avez rencontré Phakyab Rinpoché, l’expliquez-vous ?

Olivier Douville : Je ne l’explique pas, justement. Cette guérison est un défi pour la psychanalyse et la médecine. Mon premier réflexe a été de me plonger dans l’histoire des miracles recensés par l’Eglise. Jamais on a vu des os se reconstituer de cette manière. Un canular ? L’hypothèse est tentante. Mais après avoir rencontré Phakyab Rinpoché, je préfère m’interroger : « Et si c’était vrai ? ». Il est convaincu que la méditation l’a sauvé. Pour ma part, je ne parierai pas sur les causes réelles de son rétablissement. Selon le docteur Lionel Coudron, en méditant, Phakyab Rinpoché a donné à ses cellules souches de tissus, de cartilage et d’os, la capacité de se reproduire. Il pose que dans chaque cellule de notre organisme se trouve la totalité des plans de notre corps. Nous, occidentaux, aurions perdu cette capacité naturelle d’agir sur nos cellules. C’est un point de vue ! D’ailleurs comment prouver les effets curatifs de la méditation ? Une telle étude impliquerait de priver un malade de tout autre traitement. Puis d’observer comment son état évolue. Aucun médecin ne s’y risquerait. Si je risque une hypothèse, c’est qu’il se pourrait que plus on oublie son narcissisme, son reflet dans le miroir, plus on développe une mémoire du corps – possiblement inscrite dans les gènes.

Dans une psychanalyse, symptômes physiques et maladies ne régressent-ils pas aussi d’une manière inexplicable ?

Olivier Douville : Si bien sûr. Freud en son temps a parlé d’une pulsion de guérison. Et spontanément les patients se placent en état de méditation, d’auto-hypnose. Le divan est aussi fait pour cela. La psychanalyse et le bouddhisme ont en commun de refuser la séparation du corps et de l’âme. Toutefois nous ne parlons pas d’ « esprit », plutôt d’énergie psychique, de libido, ou de narcissisme ayant une action thérapeutique sur le corps. Mais nous ne savons rien de cette énergie psychique : c’est une hypothèse de travail. Là où le bouddhisme et la psychanalyse ne sont pas à égalité, c’est que la seconde est incapable d’inventer une théorie de la guérison ou une théorie psychosomatique convaincante. Pour l’instant, aucune n’est satisfaisante. Dans la symbolique bouddhiste, le rétablissement « miraculeux » de Phakyab Rinpoché ne choque pas. Justement parce que le matériel philosophique et spirituel pour l’envisager est là, disponible.


Phakyab Rinpoché a l’ambition d’utiliser sa propre histoire pour guérir l’humanité. Un psychanalyste pourrait-il s’en inspirer ?

Olivier Douville : Je crois que nous avons beaucoup à apprendre des philosophies orientales dans le rapport au corps, dans les relations entre psychisme et corps. Mais aussi qu’il ne faut pas considérer ce livre comme un simple document ethnographique sur la pensée tibétaine. Il nous concerne tous – dans notre relation à notre corps. Je pense aussi qu’il faudrait en finir avec ce terme de « corps » - que le même mot désigne le corps biologique, le corps malade, le corps de plaisir, l’image de soi ou le cadavre, n’est pas pertinent. En ce qui concerne la valeur du témoignage de Phakyab Rinpoché, beaucoup d’éléments nous échappent. Du fait qu’il s’agit de propos recueillis, que nous ne parlons pas sa langue. Du fait aussi que des mots tels que « compassion » ou « moi » n’ont pas la même signification dans sa culture et dans la nôtre. Sa compassion n’a rien de sentimental : c’est une ouverture à l’universel.



source Psychologies magazine


samedi 10 octobre 2015

Phakyab Rimpoché, sauvé par la méditation...

Sauvé de l’amputation par la méditation Sur le point d’être amputé de sa jambe dévorée par la gangrène, le lama tibétain Phakyab Rinpoché s’est tourné vers la méditation pour se soigner. Il affirme aujourd’hui qu’elle l’a guéri d’un mal jugé… inguérissable par la médecine. Miracle ? Une première mondiale en tous les cas qui interroge toutes nos connaissances sur les capacités thérapeutiques du psychisme comme sur le rapport corps-esprit. Et les révolutionnera peut-être. Isabelle Taubes


Novembre 2003. Phakyab Rimpoché regarde de sa fenêtre, les éclairs d’orage illuminer le ciel New Yorkais. « Je ferme les yeux et respire profondément pour tenter de contrôler la douleur. Le dos me lance et j’ai aussi, à intervalles réguliers, des sensations de déchirement au pied droit que déforme une gangrène à un stade avancé. Le pansement ne réussit pas à contenir l’odeur insoutenable de chair purulente que dégage ma plaie », écrit le lama tibétain, dans son livre La Méditation m’a sauvé (avec Sofia Stril-Rever - Ed. du Cherche Midi 2014). Selon les médecins de l’hôpital Bellevue où il est arrivé dans le cadre du programme américain en faveur des survivants de la torture, seule l’amputation au dessous du genou pourrait lui permettre de survivre. Les os, le cartilage, les tissus de son pied droit sont en train de se décomposer d’une manière irréversible. De plus, une pleurésie et une tuberculose osseuse épuisent son organisme. Ni les antibiotiques ni les curetages quotidiens n’ont le moindre effet. Son état est la conséquence des tortures infligées par la police chinoise quelques années auparavant.

Un grand méditant
Petit retour en arrière car l’histoire de cet homme n’a rien de banale. Né en 1966 au pays des Neiges, le Tibet, il est un descendant des mythiques cavaliers Khampas qui vainquirent la dynastie chinoise Tang. Il a grandi en pleine nature, au milieu des chevaux et des troupeaux de yaks. Dans ce monde, les dieux se transforment en oiseaux pour servir de guides. Dès son plus jeune âge, Phakyab Rinpoché a su qu’il devait écouter leur chant pour savoir où aller. Sa vocation de moine s’est décidée l’année de ses 13 ans. Endormi dans les hautes herbes, il rêve. Une silhouette se dessine. Un être de lumière le regarde. C’est le Bouddha Maitreya - le protecteur, la divinité de l’amour - qui lui demande de le suivre. Le veut-il ? « Oui », répond le rêveur qui se réveille aussitôt, le visage baigné de larmes. « Je fais alors le vœu de donner ma vie en offrande à tous les êtres », écrit-il. En quelques minutes, l’adolescent est devenu un autre. Il raconte cette vision à sa grand-mère qui, la première, va l’initier à la voie du Bouddha et aux grands saints du Tibet. Cette initiation n’est pas sans risque. Dans le Tibet occupé, évoquer la religion des ancêtres est un acte de résistance. Un geste politique. Qu’il paiera vingt ans plus tard en étant arrêté, torturé et poussé à l’exil.

Un destin d’exilé
En se réfugiant en Amérique, Phakyab Rinpoché s’inscrit dans le destin commun des lamas. Depuis que les Chinois ont asservi le pays, les plus grands maîtres se sont exilés pour assurer la transmission. Pour la plupart en Inde. Mais beaucoup aussi se sont installés aux Etats-Unis, la terre des Peaux Rouges. Une de leurs vieilles prophéties semble d’ailleurs l’avoir annoncé, il y a bien longtemps : « Quand les oiseaux de fer voleront, quand les chevaux de fer galoperont sur des roues, le Dharma sera chassé du Tibet. Les Tibétains se répandront comme des fourmis sur l’espace de la Terre. Et le Dharma parviendra au Pays de l’homme rouge ». En Amérique Phakyab Rinpoché se confie à une psychologue. Pour la première fois, il parle de sa situation de réfugié, des coups subis, de la violence, de la torture. « Cesser d’être un homme, être réduit à l’état de rebut abject, le corps disloqué, démembré, humilié par des traitements dégradants - comment exprimer cela à des êtres dont l’intégrité physique et morale n’a jamais été bafouée ? » Mais il n’en veut pas à ses tortionnaires - ils ont accumulé tant de mauvais « karma » qu’ils sont à plaindre. Autant victimes que lui, finalement. « Le véritable ennemi est toujours en soi, raconte-t-il en bouddhiste authentique. C’est la haine, la colère, la volonté de posséder, le désir de vengeance. »

La guérison en soi
En ce mois de novembre 2003, les médecins décrètent que l’amputation de la jambe gangrénée est la seule solution. Il ne s’y résout pas car ce serait un obstacle à la circulation des énergies à travers le corps. Indécis, il écrit au Dalai Lama. La réponse ne se fait pas attendre : « Pourquoi cherches-tu la guérison à l’extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui guérit. Et une fois guéri, tu enseigneras au monde comment guérir. » C’est une révélation pour Phakyab Rinpoché. En dépit des avertissements de ses médecins, il quitte l’hôpital Bellevue le 1er décembre 2003 pour un petit appartement de Brooklyn qui sera sa grotte de méditation. « J’avais coutume d’appeler sur moi la protection du faucon, j’invoquai ce jour-là la protection de ma lignée. Et rapidement, je perçus une aura de protection lumineuse et bienveillante. » C’est le début d’une retraite de trois ans, trois de méditation et de yoga, trois ans de travail sur les énergies du corps. Ou plutôt des corps. Car dans la tradition bouddhiste, derrière le corps physique visible s’en tient un autre, invisible, « conscient et relié à des niveaux profonds de l’esprit. » La méditation consiste à entrer en contact avec lui. Le lama effectue également un intense travail de visualisation en imaginant son corps comme une enveloppe vide, sans la chair ni les os. Travail de respiration aussi , « pour chasser les toxines, les expirer », afin de mieux faire circuler les 21 600 « souffles », nos forces de vie. Pendant sa retraite, Phakyab Rinpoché met en place un véritable programme thérapeutique. Basé d’une part sur une véritable ascèse : lever à 5h, coucher après minuit, repas simples à base de farine d’orge, de fromage, de thé. Mais surtout sur un travail spirituel essentiel : prières, offrandes, récitation de mantras, utilisation de pierres médicinales. Des dieux à forme humaine et à tête de cheval ou de buffle sont invoqués pour faire face à la maladie, puis Tara verte, mère de tous les humains. Il se relie ainsi au monde des ancêtres et des forces agissantes. Bien sûr, tout cela ne s’improvise pas. Il faut être initié dès son plus jeune âge pour espérer obtenir des résultats.

La victoire
Cinq ans plus tard, Phakyab Rinpoché remarche sans problème. Aujourd’hui, de la gangrène, il ne reste qu’une vieille cicatrice. L’astragale, l’os de la cheville est reconstitué. Mais le lama ne cache pas sa déception: « Pourquoi ces mêmes médecins qui avaient voulu m’amputer ont-ils dédaigné ma guérison ? Ils ont vu les plaies de ma gangrène cicatriser, j’ai progressivement réussi à marcher sans béquille. Pourtant, ils ont préféré ignorer cette évolution. Parce qu’elle contredisait leurs pronostics ? Parce que j’ai fait appel pour guérir au potentiel de guérison de l’esprit ? » Pour le corps médical, son cas relève plus des guérisons spontanées inexplicables. Car les techniques d’imageries médicales les plus sophistiquées ne permettent pas d’observer et de comprendre le phénomène. Pour Phakyad Rinpoché, la réponse est limpide : son intense pratique de la méditation l’a soigné. Et sauvé de l’amputation. C’est en tous les cas la première fois dans l’histoire médicale et celles des miracles recensés par l’Eglise qu’une repousse osseuse a lieu.

(source : Psychologies magazine)

vendredi 9 octobre 2015

La méditation ne se mesure pas à l'aune du moi par Dominique Durand

S'il vous est arrivé de laisser de côté la pratique méditative pendant ces mois d'été, ne passez pas trop de temps à vous accabler de reproches. Reconsidérez plutôt avec sérieux ce propos de Karlfried Graf Dürckheim : « On sait que l'on est sur le chemin lorsqu'on ne peut plus s'en écarter ».
En effet, chercher de bonnes raisons au fait que l'on a médité ou pas, c'est encore vouloir justifier cette pratique et l'enfermer dans des grilles de lecture définies par le moi. 

La méditation ne se justifie pas, elle est sans usage, elle se présente sans référence et ne ressemble à aucune autre activité. Il n'y a pas à se dire : « C'est bien de pratiquer », « Je devrais pratiquer », ou encore : « J'aurais dû pratiquer ». Ces remarques ne font qu'introduire entre le moi et la pratique une relation de marchandage. Nul ne peut définir la méditation et nous ne pouvons nous définir par rapport à elle. En outre, la pratique ne s'aborde pas à petits pas (un pas en avant, trois pas en arrière), c'est un saut.

Afin de répondre à l'exigence du propos de K.G.Dürckheim, nous devons démontrer une confiance absolue dans l'action de s'asseoir, le dos droit, totalement immobile. Immersion sans retenue dans une pratique corporelle saisissante de simplicité et qui demeure inchangée depuis Bouddha. Expérience vierge de tout présupposé, à laquelle vous vous abandonnez chaque jour parce qu'elle est toujours neuve. La tenue juste, à elle seule, désorganise la pensée et ses stéréotypes.
Quand nous regrettons de ne pas avoir suffisamment médité, nous soumettons notre pratique à « la surveillance du moi ». Si nous laissons dépendre notre assiduité d'une gratification du moi, nous perdons l'essence de la pratique.

Abandonnons marchandages et palabres inutiles; devenons simplement curieux de l'approfondissement de notre propre façon d'expérimenter. C'est cette curiosité qui devient alors invitation à la pratique, se soustrayant ainsi au contrôle du moi existentiel. La curiosité a quelque chose d'immédiat, elle ne nous engage pas dans le long terme, elle nous libère de cette idée d'une quête infinie. Elle nous introduit dans la méditation avec ce regard éveillé, totalement attentif à la manière dont nous sommes touchés par ce qui nous arrive. Personne n'est en mesure d'inciter quelqu'un à persévérer dans la pratique, il n'y a que la pratique pour expliquer la pratique et pour convaincre de pratiquer.

On ne peut pas « se forcer » à méditer et cependant il faut s'efforcer, jusqu'au point où l'on bascule dans cette évidence corporelle qu'est l'exercice méditatif. Là commence le chemin, parce que la foi en zazen (dont parle maître Hakuin) s'est suffisamment nourrie d'une pratique assidue. La foi ne peut se passer de la pratique, de même que la pratique ne peut se passer de la foi.
Négliger la pratique n'est pas un manquement par rapport au moi, puisqu'elle est sans usage pour le moi, mais par rapport à notre vraie nature, à ce qui nous fait être, un manquement quant à l'actualisation de ce que nous sommes au plus profond. Cela ne s'évalue pas en terme de regrets, de culpabilité.


jeudi 8 octobre 2015

L'attraction pour la méditation par Jacques Castermane


L’attraction phénoménale pour le mot méditation est certainement un événement positif. A la fin du siècle dernier la personne qui disait pratiquer la méditation était aussitôt suspectée d’être membre d’une secte.

Aujourd’hui le mot méditation, loin d’être tabou, est en première de couverture des magazines, il fait le titre du J.T. de vingt heures, les radios lui consacrent de nombreuses émissions ; quand aux maisons d’éditions elles ne peuvent que se féliciter d’un tel engouement. Mais un tel emballement pour la méditation oblige à se poser trois questions : ce qui est pratiqué, dans quel but, et par qui est enseigné cet exercice.

Méditer ! Concrètement, cela consiste en quoi ?

A cette question, André Comte-Sponville répond : « C’est un exercice indissociablement corporel et spirituel. » (1) Voilà dit ce qui ne l’est que rarement.
Spirituel ? Un mot qui désigne l’universel devenir qui nous porte et nous emporte : être !
Le corps ? Non pas le corps disséqué, fragmenté, analysé dans les laboratoires (le corps objet) mais le corps vivant (Leib) qui respire et qui, à travers notre attitude, nos gestes, exprime dans quelle mesure notre vie intérieure est épanouie, ample, joyeuse, calme ou agitée, amère, morose, déprimée.

En 1947, à son retour du Japon, K.G.Dürckheim (docteur en philosophie) propose à l’homme occidental la méditation de pleine attention (Achtzamkeit Meditation).
« Lorsque j’étais au Japon j’ai rapidement perçu que la méditation est l’art de cultiver la plénitude intérieure, le silence intérieur, le calme intérieur. Au cours de cette méditation sans objet, l’attention est portée à la couche la plus profonde de l’être ; là ou la véritable nature d’un être s’accomplit. Et cet accomplissement se manifeste alors directement sur le plan humain dans une autre manière d’être au monde. »

Depuis plus de vingt-cinq siècles, la méditation de pleine attention, a sillonné les terres de l’Orient et l’Extrême-Orient, dans un but : « l’épanouissement de l’être humain » qui a sa source dans l’expérience de cette part de lui-même encore trop souvent ignorée, —sa propre essence—, son —être essentiel—. Mais aujourd’hui, sous prétexte d’occidentalisation, de scientifisation, de laïcisation, est proposée une méthode pour laquelle le mot méditation ne me semble ni justifié ni légitime.
Ainsi, lorsque je lis les promesses faites par les promoteurs de « l’étatsunisation de la méditation » je suis inquiet : « La pratique de la méditation garanti un gain d’efficacité et un surcroît de performance … la méditation vous permet de faire face aux exigences imposées dans le milieu du travail, de supporter le stress sans tomber malade … la méditation vous permet de retrouver le sommeil lorsque vous êtes surmené ».

Réduire la « méditation » — exercice fondamental dans la plupart des écoles de sagesse —, à de telles visées pragmatiques est un non-sens ! Vue sous cet angle la « méditation » aurait donc pour but de continuer à vivre d’une manière inepte, sans plus souffrir des symptômes qui révèlent cette manière absurde de vivre ! Attitude inintelligente qui ne sera pas sans dommage pour la santé.

Alors, quelle forme de méditation choisir ? A chacun de décider après s’être posé ces trois questions : ce qui est pratiqué, dans quel but et par qui ? 

 (1) André Comte-Sponville – « C’est chose tendre que la vie » Albin Michel -2015- ; pages 229 et suivantes

mercredi 7 octobre 2015

Mes conseils pour résister avec Pierre Rolinet

1. Gardez l'espérance
L'espérance, c'est ce que la foi m'a toujours procuré. Elle me vient de Dieu et m'a toujours accompagné. Chaque jour, chaque heure, la prière au plus profond de moi m'animait. Elle est un soutien qui permet de tenir en vue d'un avenir dans lequel on veut croire, quand on n'est plus sûr qu'il adviendra.

2. Organisez-vous
Résister ne se fait pas n'importe comment. Cela passe obligatoirement par une organisation que l'on met en place : quand j'étais dans le camp de concentration, c'était des processus de survie ; à mon retour, une ligne de conduite à laquelle j'ai adhéré toute ma vie. Organiser sa vie autour de principes donne une assise à nos actes, cela leur donne du sens. Je me souviens avec douleur de certains prisonniers, à notre arrivée dans le camp, qui troquaient parfois leur pain contre des cigarettes. Ils avaient perdu espoir de rentrer et, ne faisant plus attention à eux-mêmes malgré nos avertissements, ils oubliaient de s'organiser pour survivre.

3. Engagez-vous !
Je ne conçois pas que l'on puisse mener une vie sans s'engager. L'engagement est une manière de résister. Ensuite, il faut bien choisir la voie que l'on veut emprunter. Dans l'engagement, ce sont les choix qui sont difficiles, et il faut accepter ensuite leurs conséquences. M'engager en résistance voulait dire que je pouvais en mourir. Survivre aux camps m'appelait à en témoigner.

4. Prenez des risques mesurés
Une fois dans le camp de concentration, j'ai très vite appris à mesurer chaque risque que je prenais. Est-ce que tel acte m'aiderait à vivre plus longtemps ou est-ce que cela me rapprochait du danger ? Le plus grand risque que j'ai pris a été d'accepter de garder les colis de prisonniers protestants hollandais d'un autre baraquement que le mien, la nuit. En échange, ils me donnaient leur ration de pain. Mais si j'étais découvert, la sentence pour être sorti de mon lit aurait été 100 coups de Schlag qui m'auraient été fatal.

Pierre Rolinet

(La Vie)


mardi 6 octobre 2015

Voyage intérieur...


L'expérience de la Volonté consiste à sentir la présence de l'Etre comme un soutien intérieur tenace et indéfectible. Ce peut être l'impression d'être debout sur une montagne immense et immuable, ou d'être la montagne elle-même. Quand nous éprouvons cette sensation, nous savons que notre nature essentielle est toujours présente et qu'elle seule est inébranlable.

La personnalité étant une construction mentale, lorsque nous nous identifions à elle, notre âme n'a pas de véritable fondation. Contrairement à l'Être, la personnalité a besoin d'être en permanence étayée et renforcée; nous avons besoin des autres pour leur soutien émotionnel, et d'une affirmation pour préserver notre sentiment d'être la personne que nous sommes.

L'Être, en revanche, est ce qui est présent quand nous nous relaxons pleinement et cessons d'essayer de faire advenir quoi que ce soit, quand nous laissons s'évanouir toutes nos croyances et toutes nos convictions. La présence de la Volonté nous donne un sentiment de confiance en nous et en notre capacité à persévérer c'est finalement la confiance dans notre capacité à découvrir nos vérités les plus profondes, à voyager résolument dans notre domaine intérieur et à découvrir enfin qui nous sommes réellement.

Sandra Maitri 
 Les 9 visages de l'âme 
 Petite bibliothèque Payot - p.121 (source : blog ipapy)


dimanche 4 octobre 2015

Louis et Zélie et...Sainte Thérèse de Lisieux


Nous fêtions le 1er octobre la petite Thérèse de Lisieux. Et le 18, ses parents seront canonisés. En quoi ces trois personnes sont-elles des modèles pour nous ?

Une famille qui connut l'ordinaire...
Thérèse Martin n'est pas née dans une famille ordinaire : elle et ses quatre soeurs deviendront religieuses ! Pourtant, son quotidien rejoint le nôtre : ses deux parents travaillaient ; Zélie, sa mère, qui ne put plus allaiter à partir de la quatrième enfant, dut confier sa progéniture à une nourrice. Bavarde, vive et enjouée, Zélie avait beaucoup d'humour. Sachant qu'elle allait mourir, elle a gardé sa confiance en Dieu pour l'avenir de sa famille.



... et des tribulations

Les Martin n'ont guère été épargnés : quatre premiers enfants décédèrent, et Zélie mourut d'un cancer du sein à l'âge de 46 ans, alors que Thérèse n'avait que 4 ans et demi. Vers 64 ans, Louis commença à ressentir l'artériosclérose dont il souffrira pendant sept ans, puis la maladie d'Alzheimer. Hallucinations, crises d'angoisse, il est interné à Caen. « Il ne faut pas demander ma guérison, mais seulement la volonté de Dieu », écrit-il à ses filles.


La mission de Thérèse À 14 ans,

Thérèse voulut devenir religieuse, mais était bien trop jeune. Au lieu de se résigner, elle décida son père... à l'emmener à Rome pour obtenir l'autorisation du pape ! Pourquoi l'Église nomma patronne des missions une carmélite, décédée à 24 ans ? Parce qu'elle portait le monde entier dans son coeur : le criminel Pranzini, un missionnaire pour qui elle marchait dans sa minuscule cellule, etc. Elle a ainsi tracé une « petite voie » vers le Ciel, qui consiste à vivre l'ordinaire de façon... extraordinaire.


Une pluie de roses

Et ce n'est pas fini ! Thérèse a promis de faire « tomber une pluie de roses » après sa mort. Bientôt, ses parents seront aussi invoqués : Louis et Zélie Martin seront canonisés ensemble le 18 octobre. Une première pour un couple !

J'offre cet article à des personnes qui ont besoin de roses de Vie...