vendredi 8 septembre 2023

Bonté en soi

 "Lorsque nous parvenons à nous ouvrir à nous-mêmes, que nous cessons de nous punir ou de nous condamner, nous pouvons toucher notre bonté primordiale. 

Cette tendresse à notre égard passera par l’apprentissage de la détente et de l’abandon. Elle va nous permettre de poser un regard honnête sur nos problèmes et nos possibilités, ce qui sera le point de départ pour nous aider nous-mêmes et pour aider les autres. 

C’est parce que nous possédons en nous cette bonté primordiale que nous pouvons nous apprécier et aimer la vie. C’est parce que nous bénéficions d’un esprit et d’un corps qui sont précieux que nous pouvons entrer en relation avec le monde et le comprendre. 

Bien que notre vie soit précieuse, elle est cependant éphémère et personne ne peut dire combien de temps elle va durer. Tant que nous sommes en vie, nous avons tout intérêt à en faire bon usage ; et avant d’en faire bon usage, pourquoi ne pas l’apprécier ?

Cependant il y a un problème. Tant que nous continuons à entretenir nos habitudes anciennes et que nous ne prenons pas la ferme décision d’arrêter de courir dans tous les sens, nous n’aurons aucune possibilité d’apprécier notre vie. 

Nous sommes tellement absorbés dans l’activité à poursuivre nos désirs, que nous ne parvenons pas à trouver un peu d’espace pour reprendre contact avec notre cœur. Si nous persistons à prendre nos désirs pour la réalité, ceci ne nous mènera pas à la paix intérieure mais plutôt au désastre. 

D’ailleurs soyons honnêtes et jetons un regard sur ce qu’a été notre vie jusqu’ici ! Pour la majorité d’entre-nous, sincèrement ce n’est pas folichon ! 

Qu’avons-nous fait réellement de bien pour nous-mêmes et pour autrui ?"

- Karma Seunam Dordjé -

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jeudi 7 septembre 2023

Du côté de l'instructeur par Gilles Farcet (2)

 DU COTÉ DE L’INSTRUCTEUR, EPISODE 2

« L’ESCLAVAGE COMPLET EST LA LIBERTÉ PARFAITE » - UN ENSEIGNANT SPIRITUEL DIGNE DE CE NOM NE PREND PAS SA RETRAITE

Une première exigence de cette situation d’accompagnant instructeur, que ce soit dans le cadre, d’un grand lieu comme Hauteville ou d’une petite structure, est que à maints égards la dynamique ne s’arrête jamais véritablement. Tout simplement parce que, dans cette relation bien particulière, il n’y a pas de limite de temps. 

L’instructeur accompagnant, à partir du moment où il ou elle assume cette fonction, n’est pas censé l’abandonner, décider de faire autre chose , encore moins « prendre sa retraite ». 

Voilà bien un élément à lui seul susceptible de décourager bien des vocations … Il n’a jamais été question qu’Arnaud « prenne sa retraite », même s’il a dans les faits touché sa petite pension de réalisateur le moment venu … 

J’aurais en ce qui me concerne aimé le voir mener une existence un peu plus tranquille, avoir à faire à un Arnaud dans sa vieillesse un peu plus dégagé de quantité de charges, mais c’est une autre question. 

Un enseignant spirituel digne de ce nom ne prend pas sa retraite. Il ou elle est censé « mourir en scène «  comme Molière, ou en tout cas continuer jusqu’à ce que cela ne soit physiquement ou /et intellectuellement plus faisable ; auquel cas il ou elle demeurera autant que possible disponible pour transmettre par ce qu’il ou elle est … 

Swami Prajnanpad, âgé et malade, a transmis jusqu’au bout, Yogi Ramsuratkumar aussi, et je pourrais égrener une longue liste. 

J’ai vu de mes yeux Lee Lozowick enseigner et poursuivre son travail alors qu’il était littéralement ravagé par la maladie, au point qu’il aurait été, selon une perspective plus courante, censé être en soins palliatifs.  J’ai vu Yvan Amar lui aussi rongé, encore très jeune, par une grave maladie, rassembler ses quelques forces pour donner encore et encore… Monsieur Gurdjieff tenait toujours table ouverte pour ses élèves dans son fameux appartement quelques jours avant sa mort. 

Ce que d’aucuns qualifieraient d’acharnement n’est pas, selon moi, le fait d’une névrose ou d’un masochisme mais bien d’une consécration. Un enseignant - accompagnant digne de ce nom se doit à celles et ceux qui placent leur confiance en lui, et par delà ces personnes en elles mêmes, à la transmission. La fonction d’ami spirituel n’est pas un job ou un mandat que l’on exerce un temps. C’est un engagement à vie. 

Lequel peut bien sûr prendre différentes formes et n’exclut pas des aménagements en fonction de l’âge, de la santé… 

Swami Prajnanpad âgé et malade, s’il continuait à accompagner ses élèves, n’avait pas le même rythme quotidien que dans ses plus jeunes années… Il n’est pas nécessairement demandé à un instructeur accompagnant de se consumer à la tâche sans aucun ménagement, même si certains, tel un Lee Lozowick, choisissent manifestement de le faire, quitte à prendre congé quelque peu prématurément. 

J’ai parlé du rythme très soutenu tenu par Arnaud jusqu’à ce qu’un malaise le terrasse, mais il avait tout de même , à quatre vingt ans passés, davantage de jours et de périodes de repos qu’il ne s’en accordait autrefois … 

Il n’en demeure pas moins que, avec les aménagements et modalités propres au style et au destin de chacun, la fonction d’ami spirituel n’obéit pas aux lois habituelles de limite de temps et d’âge. 

C’est une position de ce fait assez singulière.

Pour ma part, à mon niveau de  « petit joueur » néanmoins soumis aux règles et lois du jeu, je n’ai plus dans les faits qu’une liberté de mouvement réduite à peau de chagrin. En pratique bien entendu, je suis « libre », et fort heureusement. Si je décide demain de tout liquider pour déménager à Los Angeles, personne n’aurait le pouvoir de m’en empêcher ! 

Reste que cela constituerait une forme de trahison et d’abandon. Tout comme je n’ai jamais ne serait ce qu’envisagé qu’Arnaud pourrait un jour cesser sa fonction, sinon par la mort ou l’incapacité, nos élèves prennent pour acquis que nous allons rester "en poste" jusqu’au bout. 

Etant entendu, là encore, que cela n’exclut aucunement les adaptations, changements, voire mutations. 


Arnaud a mis fin au Bost, créé Font d’Isère, mis fin à Font d’Isère, déménagé à soixante dix ans en Ardèche pour y fonder Hauteville, lieu qui a lui même connu bien des évolutions au fil des seize années où il l’a dirigé de son vivant. 

Je ne me sens donc aucunement obligé de maintenir quoi que ce soit « en l’état ». A mes yeux et selon ma perspective, tout est toujours ouvert et possible. Je dis parfois à nos élèves que je ne me sens en rien prisonnier du dispositif que nous avons mis en place et que, si il venait à nous apparaître comme inadéquat ou ne servant plus pleinement sa fonction, nous n’hésiterions pas un instant à le dissoudre. Une structure, quelle qu’elle soit, n’a pas de sens et de légitimité en elle même. Elle ne vaut et ne se justifie que par ce qu’elle sert. 

Reste qu’en pratique, et tout en n’oubliant pas que l’homme propose et Dieu dispose, je ne nous vois guère migrer et expliquer aux personnes venues s’établir aux alentours pour être au cœur de la dynamique que tout se passera désormais ailleurs … Et encore moins annoncer que nous allons dorénavant nous consacrer à plein-temps à la culture de notre potager. 

Le paradoxe est que, à maints égards, je ne me suis de ma vie senti aussi libre. 

En pratique et selon toute apparence prisonnier de nos élèves et du dispositif mis en place, je m’éprouve au quotidien, quelques rares moments de fatigue mis à part, moments que d’ailleurs j’ai appris à gérer, plus comme un oiseau volant en plein ciel que comme un volatile en cage. 

Et, tout cela étant dit, ma situation en tant qu’instructeur vis à vis des élèves s’apparente à celle d’un homme marié et prenant ses vœux au sérieux, bien loin de celle de ces enseignants qui voguent de stage en stage, de conférence en atelier , tels des « polyamoureux » terrifiés par l’engagement mais contraints par leur image à théoriser leur terreur pour en faire une marque de suprême liberté… 

« L’esclavage complet est la liberté parfaite ». Voilà bien une formule de Swami Prajnanpad susceptible d’être comprise à bien des niveaux, jusqu’à la plus haute métaphysique.

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mardi 5 septembre 2023

A l'air libre...

 "J'ai trouvé, mon amour, le nom le plus secret et le plus clair pour dire ce qu'est ta vie dedans ma vie : l'air. Tu es l'air qui ne me fait jamais défaut, cet air si nécessaire à la pensée et au rire, cet air qui rafraîchit mon cœur et fait de ma solitude une place battue par tous les vents."

L'éloignement du monde

"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."

La plus que vive

Christian Bobin

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lundi 4 septembre 2023

Transformation silencieuse.


 On ne peut pas imposer la liberté, ni la sécurité, on ne peut rien imposer. Votre attitude seulement va permettre à votre environnement de se questionner profondément. Dès lors commence une profonde transformation. Faire face aux faits, à ce qui est fonctionnel, cela s'apparente davantage à une attitude spirituelle; laisser la vie se révéler, non pas en sélectionnant selon sa préférence, son vouloir, ou son attente, mais en restant totalement disponible à chaque instant.

Le spirituel s'est s'immerger dans l'évidence de l'instant sans vouloir le manipuler ou l'utiliser. Etre disponible. A ce moment-là cette attitude de disponibilité va libérer la situation. Vous allez vous rendre compte que la situation se réfère toujours à votre écoute, à votre silence. D'un point de vue spirituel, il n'y a pas de conflit possible et rien à résoudre. Il y a uniquement acceptation, célébration de l'évidence.

Le sacre du dragon vert : Pour la joie de ne rien être - Eric Baret

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dimanche 3 septembre 2023

Colette et l'impermanence heureuse

 un interview sur "L'impermanence heureuse" où il est question de Prajnanpad, d'Alzheimer et de Théâtre.


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samedi 2 septembre 2023

Du côté de l'instructeur par Gilles Farcet


Je partage ici quelques réflexions , qui éventuellement trouveront leur place dans un prochain ouvrage, autour de la fonction de « transmetteur » vue de l’intérieur, du point de vue, précisément, du transmetteur. Il y aura plusieurs épisodes. 

Episode 1
TDD ET TDI (deux types de contrat en matière de transmission spirituelle) 

Je dis parfois qu’en matière de transmission spirituelle , il existe deux types de contrats entre élèves et enseignants : la TDD et la TDI. 
La TDD, c’est la transmission à durée déterminée et c’est , de très loin,  aujourd’hui, la plus répandue, celle qui se fait au travers de stages, séminaires et conférences n’impliquant pas de suivi à long terme. 
On le sait, sur le marché du travail, un contrat à durée déterminée engage peu de part et d’autre. 
Une fois le temps prévu pour la mission écoulé, à moins d’un éventuel renouvellement du contrat pour de nouveau une durée déterminée, employé et employeur vont chacun leur chemin. Pas de départ à négocier, de rupture conventionnelle… C’est d’ailleurs la souplesse de cette formule , l’impression de liberté qu’elle peut donner à l’employé comme à l’employeur, qui lui confère son côté attractif. 
« Le marché du spirituel » - cette expression n’étant pas péjorative si on considère qu’elle fait simplement référence à un contexte d’offre et de demande-  fonctionne majoritairement par TDD  : conférences, ateliers, séminaires, éventuellement cycle de séminaires… 
Et puis il y a la TDI, la transmission à durée indéterminée, dans laquelle enseignant et élève,  à l’issue d’une nécessaire et saine période d’essai , s’engagent l’un vis à vis de l’autre sans limite de temps - ce qui , fort heureusement n’exclut pas la possibilité d’une séparation mais confère un autre contexte à la collaboration , avec davantage de responsabilité et d’obligation de part et d’autre. 
Le fait est que les instructeurs  exerçant dans le cadre d’une « TDI »ne sont aujourd’hui  pas légion. 
Chaque fois ou presque que j’entends parler d’un enseignant ou d’une enseignante spirituelle, je comprends assez vite que la personne en question se garde bien de prendre des « élèves »  ; tout au plus rencontre-t-elle dans un cadre très circonscrit des participants  ponctuels ou habitués de ses stages et séminaires. 
Beaucoup revendiquent ce fonctionnement comme une marque et une garantie  de liberté; c’est le cas des  « éveillés » qui se plaisent à répéter qu’ils n’ont pas d’élèves, pas d’enseignement, ne s’inscrivent eux mêmes dans aucune tradition. Nombre d’entre eux tiennent même la relation de type « TDI » comme intrinsèquement infantile et aliénante. 
D’autres, rares il faut le dire, ne nient pas l’importance de la fonction d’instructeur accompagnant mais assument avec honnêteté de ne pas vouloir l’exercer, sans doute parce qu’ils ne s’y sentent pas appelés et aussi parce qu’ils en mesurent l’exigence. 
Le fait que, en ce qui me concerne, j’exerce ma fonction dans une perspective de type TDI ne me confère à mes propres yeux aucun mérite particulier. C’est ma place dans l’ensemble, mon rôle, voilà tout. Un rôle qui m’est échu échu selon des courants bien au delà des limites de mon entendement et de ma volonté ; et un rôle que je m’estime privilégié de tenir. 
Il n’en reste pas moins que ce rôle de transmetteur à durée indéterminée a ses exigences bien spécifiques sur lesquelles il me paraît intéressant de s’arrêter. 


UN « BON BOULOT » ?
Cette exigence, de prime abord, ne saute pas aux yeux si l’on s’attache à la figure du « maître » adulé dont la parole est loi.  
Sans parler des figures régnant sur des mouvements de type plus ou moins sectaire avec tout ce que cela peut comporter, nombre d’enseignants respectés et respectables présentent pas mal d’attributs ordinaires de la « réussite ». 
Dans Imagine, film documentaire qui lui a été consacré après sa mort, on voit John Lennon raconter avec humour s’être dit en voyant à la télévision Elvis Presley face à une meute de filles hurlantes en adoration : « Ça c’est un bon boulot » ! Pour ensuite, une fois devenu lui même une star, en partie déchanter face aux pressions inhérentes à un tel statut. 
Un instructeur spirituel ne se trouve pas dans une situation proportionnellement comparable à celle d’un Lennon ou d’un Presley- si l’on excepte les « gourous » rock star avec Rolls Royces et foules subjuguées dans des salles immenses. 
Reste que ce qui pourrait à partir d’une vision de surface faire envie dans cette fonction mérite un examen plus attentif. 
Prenons à titre d’illustration la position d’un enseignant spirituel dont je peux affirmer avoir été très proche, Arnaud Desjardins. Sa situation avait, de l’extérieur, de quoi faire envie, notamment les quinze dernières années de son existence, où il présidait à la destinée d’un imposant et magnifique ashram dont il était le dirigeant incontesté, à la tête d’une équipe toute disposée à servir son œuvre et à lui faciliter la tâche au quotidien. 
Sa situation, celle d’une personne en position objective de pouvoir, de fait admirée et respectée, régnant sur un cadre splendide,  avait une dimension majestueuse. D’aucuns, avec un regard critique, compréhensible mais disons le assez hâtif et superficiel, ont pu parler de « cour » et de « monarque » en visitant ce bel ashram. 
C’était pourtant à bien des égards, je fais partie de ceux bien placés pour en témoigner, une position sinon de servitude du moins de service, d’une exigence que l’on a peine à se représenter. 
Fort de sa notoriété et de son rayonnement, Arnaud aurait facilement pu opter pour le mode TDD, se dispenser d’Hauteville et de toute la charge que ce lieu entraînait. Donnant chaque mois un séminaire de week end aux quatre coins du monde, il aurait profité, sans avoir à en assumer le poids, de beaux endroits où il aurait été reçu avec les honneurs. Il aurait bien gagné sa vie en dispensant la bonne parole , avec tout le loisir de mener le reste du temps une existence tranquille et reposante. 

Au lieu de quoi, il s’est d’abord littéralement épuisé les neuf premières années de son activité d’enseignant  au Bost. Après la période intermédiaire de Font d’Isère, ashram plus grand mais de dimension encore restreinte, il prit sur lui à soixante dix ans de fonder un grand lieu pour y accueillir beaucoup plus de personnes, tout en pouvant, notamment par le recours à des collaborateurs élèves de longue date,  dont j’ai fait partie, continuer à proposer une forme de « travail » suivi à celles et ceux qui le demandaient. 
Quoique ne pouvant encore mesurer, à l’époque, toute la terrible exigence de sa consécration à cet ashram, j’ai été aux premières loges pour en avoir un aperçu. 
A quatre vingt ans, Arnaud menait à maints égards la vie d’un chef d’entreprise de quarante ans, lequel, qui plus est, se serait montré exceptionnellement attentif au bien être et au déploiement aussi bien de ses clients que de chacun de ses employés. J’ai parfois vu Arnaud très fatigué, j’oserais même dire « stressé ».  Pas au sens émotionnel mais objectif du terme. Un organisme psycho physique à qui une grosse pression est durablement imposée ne pourra qu’en être affecté, même si cela ne donne lieu à aucun refus  et à aucune appropriation, autrement dit même si l’on n’en rajoute pas. 
Bien sûr, Arnaud avait fait les choses à sa dimension, en grand. 
Sa vocation propre, au final, même s’il avait tenté de se faire oublier au Bost, n’était pas, après avoir témoigné de la sagesse pour des millions de personnes à la télévision, de transmettre sur une petite échelle - tout étant relatif : il n’a jamais cherché à atteindre en tant qu’enseignant spirituel la notoriété de certains gourous planétaires drainant des adeptes - à ce stade peut on encore parler d’élèves ? - par dizaines , voire centaines de milliers. Arnaud se situait dans cette zone intermédiaire très délicate où il demeurait possible à ceux qui le souhaitaient de l’approcher, de lui poser des questions, de bénéficier de son attention sans qu’il lui soit encore possible de suivre de près toutes les personnes venant à l’ashram, cette fonction étant déléguée à ses collaborateurs. 
Avec l’ashram d’Hauteville, Arnaud a fait oeuvre de bodhisattva, voué à être instrument du bien pour un maximum de personnes. Il l’a fait au détriment d’une existence plus tranquille et conforme à son âge, de sa santé souvent, même s’il avait une solide constitution. 
Je ne suis pas un bodhisattva. Tout au plus un homme de bonne volonté -  ou alors un bodhisattva de quartier ! 
Ma propre situation aujourd’hui en tant qu’enseignant est modeste et de dimension familiale, avec vocation de le demeurer. 
J’ai beaucoup apprécié de me voir un jour qualifié de « petit joueur » par une connaissance qui s’enquérait avec insistance de la nature de mes activités et du nombre de nos élèves. 
Petit joueur je suis et entends bien rester, ce qui ne me dispense pas des règles et exigences du jeu. 
Il ne se passe pas une journée dans l’exercice de ma fonction sans que je me souvienne de la consécration d’Arnaud, avec une perspective affutée par mon expérience. Car, indépendamment de l’échelle à laquelle elles s’appliquent, les lois à l’œuvre sont les mêmes. 
Le fait d’être désormais responsable à plein titre d’une sangha m’amène à considérer d’un œil nouveau et beaucoup plus averti bien des choses dont j’ai été témoin lors de mes années de collaboration auprès de mon « ami spirituel ». 
Je le revois me disant parfois, sur le ton d’un constat : « la plupart des gens qui viennent ici ne se représentent pas du tout ce qu’implique la direction d’un ashram, tout ce dont il faut s’occuper, tout ce qu’il y a à prendre en compte… »

A suivre ….

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vendredi 1 septembre 2023

Un appétit sauvage...

 Je vous propose de changer d'alimentation en cette rentrée. C'est intéressant pour la santé et la nature...


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jeudi 31 août 2023

De l'ordinaire à l'extraordinaire

 

De l’ordinaire « corps que l’on a » à l’extraordinaire « corps que l’on est ».

« L’exercice du matin, Zazen, n’est qu’un modèle pour vivre sa vie quotidienne d’une autre manière. Grâce à l’attitude méditative, nous passons de la rencontre de l’ordinaire avec la rencontre de l’extraordinaire. Nous ne sommes pas assis, une heure chaque matin, pour trouver un silence ou, comme beaucoup l’espèrent, acquérir des facultés supérieures.

Il s’agit de se préparer à un état d’être dans lequel vous préservez le contact avec l’essentiel. Pas seulement dans un exercice de méditation mais dans toute action ». K.G. Durckheim

Que signifient ces termes « ordinaire » et « extraordinaire » ?


L’ordinaire, c’est notre manière habituelle de voir les choses, de tout vivre sur le plan de la pensée, du raisonnement et de l’efficacité existentielle. N’importe alors que le bon fonctionnement du corps, qui se doit d’être maintenu en bonne santé, à notre service et à notre disposition comme le serait un outil performant.

C’est ce que K.G. Durckheim appelle le corps que l’on a, qui « se réfère à la santé, au rendement et au bon fonctionnement existentiel. »

Le corps, vu comme une simple machine, forcément inférieur à l’esprit, est alors au service des lois du mental humain et ne sert qu’une vision rationnelle du monde :

« Si je pratique Zazen régulièrement, il doit se passer ceci … je dois respirer de cette manière … dans 6 mois, j’aurai dépassé cette difficulté … dans 2 ans je serais plus calme…»

« Moi, je pense qu’il est bon de m’améliorer, de maitriser mes pensées, mes émotions, mon sommeil, ma santé … pour une meilleure efficacité dans mon travail, mes relations, ma vie profane et spirituelle.»

Une manière « ordinaire » de pratiquer la méditation serait de rester dans cette vision du corps objet, et de ne voir l’exercice sur le chemin qu’en termes de buts à atteindre, de contrôle, ou d’amélioration des performances.

Pratiquant ainsi, je ne cherche qu’à faire entrer l’exercice dans mon entendement, sans remettre en cause la conscience ordinaire ; je me maintiens sous la dépendance du moi existentiel (petit moi, moi profane, moi fixateur … autres noms pour désigner cette conscience égocentrée), ce qui m’empêche de goûter le contact avec l’Essence, l’Être, ma vraie nature, que je suis depuis toujours.

L’exercice n’est alors qu’un moyen de prolonger ma vision des choses dans une attitude considérée comme spirituelle, mais ne fait qu’affirmer la mainmise du mental, de l’égo sur ma pratique.

« Le moi devient fatal à l’homme qui s’identifie définitivement et exclusivement avec ses positions, et en particulier avec sa conception de la réalité : l’homme est alors arrêté sur un certain échelon de la connaissance … La détresse spirituelle de l’homme vient de ce que, à une certaine étape de son développement, son être véritable est obnubilé par sa conscience objective… Essayons d’avoir le courage d’oublier toutes nos théories pour prendre au sérieux ce que nous vivons, ce que nous sentons, dans l’instant.» K.G. Durckheim

Alors, comment retrouver, entrainer, préserver ce lien à l’essentiel et rencontrer cet extraordinaire dont parle Durckheim ?

En remettant en cause cette manière de tout aborder, de tout vivre, sous la seule vision de la conscience ordinaire qui fait de tout ce qu’elle rencontre un objet. Retrouver ce lien à l’essentiel, c’est avant tout passer de cette vision du « corps que l’on a », au geste vivant du « corps que l’on est ».


Le corps n’est pas quelque chose, mais exprime un geste de la vie.

Le corps est la forme par laquelle se révèle, s’épanouit le geste vivant que nous sommes.

Le corps est la forme par laquelle notre sentiment d’appartenance à la Vie donne sens à notre existence.

Le « corps que l’on est » sert les lois du vivant et n’est plus cet objet aux ordres du mental.

Ce flux de transformation incessant que sont les lois du vivant (interdépendance, changement, différence, impermanence …) redeviennent conscientes lorsque nous retrouvons le contact avec notre centre vital, appelé Hara dans la pratique traditionnelle japonaise des exercices sur la voie du Zen.

Une attitude centrée en Hara nous libère d’une position corporelle focalisée exclusivement dans le haut du corps : attitude souvent crispée, tendue, liée au volontarisme, aux trois prisons du mental : toujours plus d’avoir, plus de savoir, plus de pouvoir.

Retrouver, développer Hara, c’est le retour à un centre de gravité naturel, centré dans le bassin, le bas ventre, qui nourrit une forme plus juste, une tenue plus juste, une respiration plus juste ; une manière d’être plus juste et plus simple, parce que naturelle, en lien avec les lois du vivant, tout comme le bébé l’est par nature.

Pour retrouver ce lien à « l’océan de vie » que nous sommes, il est nécessaire de se mettre en chemin en pratiquant, en reprenant un exercice spirituel non mental qui nous réoriente vers la conscience sensorielle du corps vivant.

C’est le sens de tous les exercices pratiqués, repris, répétés chaque jour sur la Voie de l’action qu’est le zen : la chance de découvrir une action libérée des contraintes égocentrées imposées au « corps que l’on a ».

« Le corps que l’on est » n’est pas quelque chose à obtenir, maintenir, mais un geste qui nous relie au flux incessant de la vie « dans son perpétuel mouvement de régénération et dans sa poussée de transformation créatrice.» K.G.D

La pleine attention au corps en acte, au Geste, est ce lien sacré à l’extraordinaire.

 Joël PAUL

Les citations sont extraites de “L’expérience de la transcendance” et de “Pratique de la Voie intérieure – le quotidien comme exercice” de Karlfried Graf Durckheim

(Joël participe à l’animation des Retraites avec Jacques Castermane du 15 au 19 novembre et du 7 au 10 décembre.)

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mercredi 30 août 2023

Rentrée bien ordonnée commence par soi-même

 Après avoir désencombré, la clé du succès réside dans l’installation d’aménagements pertinents et l’adoption de nouveaux réflexes. Coach en rangement et en organisation, Élodie Boulard, alias Fée du tri, décrit dans ses formations les étapes pour fluidifier son quotidien.


« J’ai trié des maisons de 300 m2 quasiment vides et des appartements de 80 m2 envahis par le bazar, qui m’ont demandé un temps fou », nous prévient Élodie Boulard, vêtue d’une longue robe fluide aux motifs géométriques. Debout devant un grand écran, cette professionnelle de l’organisation, au surnom de Fée du tri sur Internet, assure à Paris une formation pour devenir home organiser.

Installées autour d’une table, sur des fauteuils ou dans un canapé, 12 femmes prennent des notes avec application. Des persiennes mi-closes préservent de la chaleur estivale la salle de réunion parquetée aux murs blancs et aux plafonds décorés de moulures. « Comprendre les causes du bazar permet non pas de les modifier, mais de proposer un cadre adéquat à vos clients, explique-t-elle. Le but est d’être pleinement bien chez soi. Il existe un désordre rampant que l’on ne voit pas, car on entasse rapidement quand il y a du monde, ou avant de partir en vacances. Mais votre cerveau, lui, sait que la cave est à ranger depuis 10 ans ! » Et que les placards croulent si on les ouvre, et que l’on ne peut plus mettre un pied dans le grenier…

Différentes causes du désordre

Dynamique, elle énumère 10 profils enclins à se laisser déborder : le collectionneur, le passionné qui change de projets tous les deux jours – « il s’inscrit au yoga et achète toute la panoplie, mais abandonne et opte pour la poterie, laissant traîner le matériel qui le culpabilise à chaque fois qu’il passe devant… Il ne termine rien et transforme rapidement une maison en capharnaüm ! » –, le sentimental pour lequel chaque objet est rattaché à une personne ou une histoire, dont il ne saurait se séparer, le perfectionniste qui procrastine, craignant de n’avoir pas le temps de tout faire parfaitement, l’angoissé qui achète « au cas où » et garde « au cas où »… Des sourires entendus se dessinent. « On l’est tous plus ou moins ! », rassure la professionnelle.

Inutile de vouloir adopter une meilleure organisation sans passer au préalable par la case désencombrement. « Je rêve de susciter une prise de conscience, afin d’enclencher la dynamique nécessaire pour trier, jeter, organiser… Et ainsi, changer de vie, retrouver sa liberté au quotidien et ses priorités. » Par où commencer pour repartir du bon pied ? « Le dressing n’est pas si compliqué à faire et génère le déclic », précise la professionnelle.

Un à un, elle présente chaque effet à sa cliente et demande si celle-ci souhaite le garder. Son mantra : « S’il y a un doute, cela ne fait pas de doute : il doit sortir ! » Mais elle tâche au préalable de faire verbaliser le problème : il est neuf et je ne l’ai jamais mis, c’est du 38 et je fais maintenant du 40, il est bien mais je transpire dedans, il a coûté cher, c’est un cadeau de mon mari… « Autant de fausses excuses qui ne justifient pas de le garder ! » Après avoir ainsi passé chaque pièce au peigne fin, « c’est en moyenne 60 % de la maison qui s’en va ». Et autant de place de gagner, d’un point de vue spatial comme mental.


Optimiser son quotidien

En un clic, Élodie passe à une nouvelle page sur son écran, qui présente les causes structurelles du désordre, à commencer par un rangement peu pertinent – éloigné, incongru, etc. Et d’illustrer : « L’appareil à raclette utilisé trois fois par an, mieux vaut l’envoyer au garage. Tout ce qui sert au quotidien doit être accessible : rien de plus pénible que de devoir dégager cette grande poêle posée sous quatre casseroles. »

Deuxième problème : les objets « sans domicile fixe » : « Votre mission consiste à leur trouver une maison ! Le bazar vient souvent du fait que chaque objet ne possède pas une place attitrée. Comme il en change souvent, on ne sait jamais où il est, et on perd du temps à le chercher. 

Quand il ne faut pas carrément le racheter, dans l’urgence, faute d’avoir remis la main dessus à temps. Le bazar est aussi imputable à une organisation trop complexe : « Plus de 2 gestes pour ranger un objet et c’est un risque d’échec », prévient Élodie Boulard. Ce qui explique pourquoi tant de chaussures traînent dans l’entrée, au lieu d’être rangées dans le placard, portes fermées…

Revisiter son mode de vie

Pour éviter l’effet rebond, différentes règles sont à observer : un objet rentre, un autre sort ; remettre en place sitôt après usage ; réparer ce qui est cassé. « Prévoyez dans l’entrée un “action bag” où vous centralisez tout ce qui doit sortir : le pull oublié par la copine, la paire de chaussures à emporter chez le cordonnier, l’objet défectueux à déposer chez Darty, etc. Si vous laissez quelque chose de cassé dans un tiroir, il y restera des mois, croyez-moi ! » Sans conteste.

Et si l’on veut vendre ? Élodie Boulard esquisse une moue : « Le gain me semble dérisoire par rapport au temps passé pour photographier, écrire l’annonce, répondre aux questions, préparer le colis, imprimer le bon, aller au point relais, etc. Je conseille plutôt de donner à des associations ou au Relais. Apporter 40 sacs de vêtements, comme l’a déjà fait une cliente, produit un électrochoc quant à sa consommation et aide à en changer radicalement… »

Source : magazine La Vie

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mardi 29 août 2023

Chemin vers la bonne humeur

 


Faites ce que vous sentez, dit Swamiji. Prendre le temps de sentir ce que l'on sent et regarder ce ressenti avec bienveillance, quel qu'il soit, est le début de la sagesse.

Swamiji parle beaucoup de joie : "Toute action qui ne procure pas de joie ou un sentiment de bien-être est dangereuse." Si on devait appliquer ce critère avec rigueur, on ne ferait pas grand-chose de ses journées, ici en Occident. Et pourtant, si je dois faire quelque chose, pourquoi le ferais-je sans plaisir ? Oui, pourquoi? Si je n'arrive pas à tenir la joie dans ma main, je dois au moins aller vers la bonne humeur.

Pour aller vers la bonne humeur, il est indispensable de chasser sans pitié la moindre contrariété. La contrariété appelle le sentiment de séparation. Je refuse ce qui arrive, je m'en sépare et je me sépare du courant de la vie. Qu'est-ce que je vais gagner ? Un état de Robinson sur une ile déserte, un état de confusion qui me fait croire que moins je vois ce qui se passe plus je m'en protège. C'est juste l'inverse qui est vrai. Si je vois clairement, je peux faire un tri dans ce qui arrive, garder ce qui me plaît et me nourrir et jeter le reste.

Chaque matin, la priorité consiste à retrouver sa bonne humeur si on l'a perdue, à la renforcer si elle se montre capricieuse ou hésitante. Ce faisant, on est obligé de se poser des questions, on est obligé de voir et d'accepter un peu plus les choses comme elles sont, ce qui permet d'entrouvrir la porte au bonheur, et à la joie qui l'accompagne.

Extrait de "L'impermanence heureuse" de Colette Roumanoff - comment j'ai transformé ma vie avec la philosophie de Prajnanpad.

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lundi 28 août 2023

Pratiquer les vertus communes, pour une vie simple



« Nous venons d’une tradition où les vertus sont abstraites et subsistantes par elles-mêmes. Il faut les assumer, les appliquer. Moi, j’ai repris un petit passage d’Aristote, où il explique qu’il n’y a pas que les grandes vertus héroïques, mais aussi les vertus quotidiennes. Au sens littéral, il faut faire avec, chacun de nous avec ses propres limites. Nous sommes dans une société qui essaye aujourd’hui de franchir à tout prix les limites de la personne : le culte qu’on a pour l’intelligence artificielle est une espèce de soif de dépasser le constat des limites humaines.

Pour ma part, je reste en deçà. Avant de faire quoi que ce soit et pour bien habiter avec nous-mêmes, il faut connaître et accepter nos limites. Cela est plus facile et fructueux que d’essayer de les dépasser, vainement, du reste. Il ne s’agit pas d’une fainéantise spirituelle. Les vertus ne sont pas un alibi pour se pardonner constamment, mais une ascèse pour mieux exercer notre conscience. Reconnaître ses limites, c’est aussi le moyen le plus direct pour assurer un rôle effectif à la liberté d’autrui. Dans mes livres les Vertus communes et la Vie simple, j’ai illustré des dispositions d’attention aux autres réellement à notre portée, que nous pouvons pratiquer dans l’ordinaire de nos vies.

Nous plongeons dans le malaise de la complexité et nous risquons d’être paralysés par les choix à effectuer si nous ne nous exerçons pas. Il faut donc faire le pari de la confiance envers autrui. Elle peut être déçue, mais si l’on est trop prudent et que l’on cherche toujours à détecter le comportement d’autrui, c’est la paralysie. La défiance est stérile. Il est difficile de pouvoir vivre sans faire constamment des actes de confiance simples – c’est ce sur quoi se base notre civilisation. Lorsque nous sortons dans la rue, nous ne passons pas notre temps à tout vérifier et anticiper. Pratiquer la confiance c’est aussi croire à la société. »

Carlo Ossola

---------------- source: magazine La Vie


dimanche 27 août 2023

Accueil du miroir

 

Lors de la méditation... j'ai repris la comparaison classique de notre esprit et du miroir. Nous ne pouvons jamais voir la surface d'un miroir. La surface d'un miroir est toujours recouverte d'un reflet.

Le reflet n'est pas la surface du miroir. La surface du miroir est par elle-même, par essence, vide et ne contient aucune image, aucune forme, aucune couleur. La nature du miroir est de refléter.

De par le fait que la surface du miroir n'a aucune caractéristiques, aucune formes et aucune couleurs, elle est capable de refléter toutes les formes et les couleurs qui se présentent à elle. A chaque instant la surface du miroir reflète quelque chose de différent, l'analyse fine nous montre que ce n'est identique à aucun moment.

Le miroir ne choisit à aucun moment ce qu'il reflète, il accueille tout avec la même équanimité. Bien qu'il soit capable de tout refléter, le miroir ne garde aucune trace de ce qu'il a reflété.

L'image qui est reflétée dans le miroir est vide de toute existence en elle-même, c'est la raison pour laquelle elle ne peut laisser aucune trace. Notre esprit a des caractéristiques très semblable au miroir, sans être un miroir, car notre esprit n'est pas une chose.


Nous ne pouvons pas voir notre esprit directement, mais seulement au travers de tout ce dont il est conscient. Ce dont l'esprit est conscient, toutes les perceptions (les cinq sens et les perceptions mentales), ne sont pas l'esprit, l'esprit est ce qui perçoit les perceptions. L'esprit est par essence vide de tout et ne contient rien. Et perce qu'il ne contient rien, il peut tout accueillir.

La nature de l'esprit est d'être animé et connaissant. Au sein de l'esprit apparaissent toutes les perceptions, ce surgissement est l'aspect animé de l'esprit. Le fait d'en prendre connaissance est l'aspect connaissant et auto connaissant de l'esprit.

Tout ce qui apparaît dans l'esprit à chaque instant est nouveau et n'a jamais eu lieu à un autre moment que maintenant. Notre esprit ne choisit pas ses perceptions, elles surviennent, elles émergent, elles surgissent sans aucun chois de notre part. Notre esprit est par nature totalement équanime. 

La conscience ne garde aucune trace de ce qui a surgi dans l'instant précédent, si ce n'est une nouvelle pensée qui surgit et fait suite à la précédente. Mais c'est une nouvelle pensée, ce n'est pas une trace. Chaque pensée est vide d'existence autonome et ne peut être saisie, elle n'est qu'un flux, un mouvement de l'esprit. Sachons laisser le flux de la vie nous traverser sans chercher à le saisir. Sachons être rempli de gratitude que tout cela puisse survenir afin que nous puissions réaliser notre véritable nature.

Philippe Fabri

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