samedi 6 juin 2020

Le monde a peur...



Le monde extérieur est neutre, mais si le monde extérieur est neutre , à quoi bon agir ?

Ce n'est pas l'extérieur qu'il faut changer mais la cause intérieure. Il ne s'agit pas d'agir sur l'effet, c'est-à-dire la projection mais sur la cause : notre propre incompréhension : " Ce n'est pas les autres qu'il vous faut changer mais vous-même."... " C'est vrai, vous créez votre propre monde. Si la peur est en vous, vous aurez peur de tout ce qui est à l'extérieur. Le monde extérieur est votre propre projection ! Quand vous êtes libre de la peur intérieure,vous êtes libre de la peur au dehors..."
Svâmi Prajnanpad, Manque et Plénitude

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vendredi 5 juin 2020

Au cœur du changement...



S'il n'y a pas un petit changement, plus un petit changement, plus un autre petit changement, il n'y aura jamais pour finir une grande transformation. Or, dans ce domaine, attention moyenne, c'est-à­-dire celle qui sert à l'existence courante, plus attention moyenne, plus attention moyenne, c'est rien puis rien puis encore rien. Nous avons à exercer un effort actif pour recevoir, comprendre, assimi­ler; alors la vérité prend racine en nous et nourrit ce personnage particulier du disciple, seul « cen­tre de gravité permanent » dans notre existence.


Par l'effort conscient une petite graine va devenir un arbre immense. Car ce que nous appelons habituellement conscience n'est pas une conscience digne de ce nom. La conscience apparaît avec le degré supérieur de l'attention, quand les trois fonctions y participent, tête, coeur et corps. C'est sans aucun doute un élément de croissance intellectuelle que de lire avec beaucoup d'attention des idées nouvelles, difficiles, surprenantes peut-être, mais vous concentrer dans cet effort intellectuel actif n'est pas encore suffisant. Il faut que le corps participe avec une certaine sensation, une manière d'être là, un abandon à la respiration. Il est évident que vous ne pouvez pas passer l'existence dans une posture rigide et hiératique dite « de méditation ». Il faudra bien apprendre à vivre un relâchement du corps, une tranquillité de la respiration, un contrôle sur les différentes tensions sans que cela se voie du dehors. Et enfin la vivante attention du coeur donne leur sens aux deux autres. A cet égard vous constatez que vous êtes très démunis. La plupart du temps ce sentiment, cette intelligence du coeur, vous fait défaut parce que vous êtes sous l'emprise d'une coloration émotion­nelle qui influence vos pensées et vous empêche de voir la réalité telle qu'elle est. Et ce qui vous est possible face à vos états intérieurs, au prix de cette intense vigilance, c'est d'abord de voir et reconnaître, le « See and recognize » de Swâmiji. Celui-ci ne s'accomplira pas tout seul, s'il n'y a personne pour voir et personne pour reconnaître. Vous apparaissez et pour un moment vous êtes : je vois et je reconnais, je me désengage par le non-conflit et l'acceptation, je me rapproche de la cons­cience témoin. Et qu'est-ce que je vois, au niveau physique, émotionnel, mental et le plus souvent les trois ensemble? Des formes que je peux nommer. Ceux qui connaissent tant soit peu la doctrine hindoue se souviennent – mais avec quelle qualité d'attention? – de nama et rupa, le nom et la forme.

La voie et ses pièges
Arnaud Desjardins

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jeudi 4 juin 2020

Quand l'idéal nous piège



Pour « guérir » d’un idéal excessif, le meilleur moyen n'est même pas de l’atteindre. Comme le disait Oscar Wilde : « Il y a deux drames dans la vie d'un homme : ne pas arriver à obtenir ce qu'il souhaite. Et y arriver. » Se dégager de l'emprise de ses idéaux n’est pas chose facile, notamment parce qu’ils jouent parfois un rôle compensatoire à une blessure enfantine de l’estime de soi : le sentiment de ne pas avoir été respecté par son père va être, par exemple, à l’origine de l’acharnement au travail et à la réussite de tel homme d’affaires. La prise de conscience de nos idéaux, parfois masqués à nos propres yeux, est souvent la première démarche qui nous permettra de les assouplir : c’est le but de nombreuses psychothérapies.


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source : L'Estime de soi
Christophe André et François Lelord
S'aimer pour mieux vivre avec les autres

mercredi 3 juin 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

mardi 2 juin 2020

Avers et revers


Agir ou Non agir ?
Aujourd'hui, on voit de nombreuses publications prôner le Non agir (Wu Wei) comme s'il s'agissait d'un idéal, ou d'un état supérieur.
Pourtant, comme le Yin et le Yang, citer le non agir indépendamment de l'agir n'a pas plus de sens que de vouloir s'emparer d'un seul pôle d'un aimant ou de vouloir parler d'une inspiration sans référence à l'expiration.
La pensée chinoise est cyclique. Elle ne conçoit un extrême qu'en rapport avec son exact opposé, qui constitue la condition de sa renaissance. Sans expiration, pas d'inspiration. Sans systole, pas de diastole.
Nous sommes des êtres vivants, incarnés. Tant que ce sera le cas, nous devons apprendre à danser entre agir et non agir. C'est le juste dosage des deux qui est source de toute créativité. Et quand nous créons, nous sommes heureux.
Alors fuck le non agir par l'agir, et vice-versa. Leur accouplement engendre le toujours nouveau, et l'émerveillement qui va avec.
Fabrice Jordan


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dimanche 31 mai 2020

Un voyage sur place





"Une nouvelle version des "Puissances de dix".
J'ai vu et partagé ce petit film des centaines de fois. 
Il nous donne une idée claire de notre vraie place dans l'univers, à mi chemin entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. Il nous montre que nous ne sommes humains que dans une certaine perspective, à une certaine distance et que nous sommes évidement aussi cellulaire et planétaire, infini, dans les deux directions. Notre véritable nature est infinie."
Alain 

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samedi 30 mai 2020

Quand faites-vous votre exercice?



Graf Dürckheim, évoquant sa relation avec Kenran Umeji Roshi (son maître zen et maître de Kyudo), nous fait part d’un épisode de son séjour au Japon (1937-1947) qui devrait attirer l’attention de toute personne pratiquant un exercice qui a ses racines en Orient ou en Extrême Orient :
Umeji Roshi — « Alors Dürckheim, quand faites-vous votre exercice ? »
Graf Dürckheim — « Cher maître, je pratique une demi-heure chaque matin. »
Umeji Roshi — « Dans ce cas, vous n’avez encore rien compris; un homme en chemin vers sa vraie nature pratique toute la journée. »
Et Graf Dürckheim ajoute : « Si à cette question j’avais répondu que je fais l’exercice toute la journée, Umeji Roshi m’aurait certainement dit « Vous semblez n’avoir encore rien compris; un homme en chemin ne se contente pas de pratiquer toute la journée, il pratique aussi une demie heure chaque matin ! ».

Il m’arrive d’entendre une remarque très compréhensible : « Je sais ce qu’est pratiquer un exercice une demi-heure chaque jour mais je ne vois pas comment pratiquer zazen, le taï-chi ou le tir à l’arc toute la journée ? »

Il est important, tout d’abord, de décrire en quoi consiste cet exercice auquel nous consacrons, quotidiennement, une demi-heure de notre temps. Quel qu’il soit, l’exercice n’a pas pour but une performance extérieure mais la transformation intérieure de l’homme qui l’accomplit. Quel que soit l’exercice, il n’a qu’un but : l’éveil de l’homme à sa vraie nature d’être humain. Graf Dürckheim parle de l’accouchement de l’être, du soi véritable. L’exercice sur le chemin n’est donc pas une simple technique d’appropriation extérieure. Le but de la pratique de l’aïkido ou du karatedo n’est pas de gagner un combat; ce qui, possiblement, peut être un des effets de la pratique. Le but de la pratique de zazen n’est pas de vaincre l’insomnie; ce qui, possiblement, peut être un effet de la pratique. Le but du tir à l’arc n’est pas la percée du centre de la cible par la flèche que vous décochez; ce qui, possiblement, peut être un effet de la pratique.

Quant au maître, qui ne cesse de pratiquer la technique qu’il enseigne, il donne à ce que nous appelons le corps, la place qui devrait être la sienne tout au long de notre existence. Quelle est cette place ? « La PREMIÈRE ! ».
Le centre de l’exercice est donc la perception que l’homme a de lui-même — EN TANT que corps— (et pas DE son corps). Se glisser dans la connaissance de cette évidence : « Corps je suis », nécessite une relation au corps autre que l’approche intellectuelle, rationnelle. Et voilà un obstacle majeur pour beaucoup d’occidentaux qui s’intéressent aux exercices orientaux : le mental (mind) est mis entre parenthèses. L’exercice nous met ou nous remet en contact avec l’usage de la conscience sensitive. Est mis entre parenthèse l’usage de la conscience DE, la conscience de quelque chose; par exemple : la conscience du corps, la conscience de la respiration. Lorsqu’on pratique un exercice, La conscience objectivante (qui jette-hors), doit laisser place à la conscience sensitive, la conscience SANS de.

La pratique de zazen, comme aussi la pratique du tir à l’arc, du yoga, implique l’usage de la conscience SANS de, grâce à laquelle nous découvrons, de manière de plus en plus subtile, notre vécu intérieur. Rien d’extraordinaire. Tous, avant même la naissance physiologique, avons commencé notre approche du réel grâce à l’usage de la conscience sensitive.

Ce retour à la conscience qui est au commencement, à l’origine de notre existence est tellement simple qu’elle paraît bien compliquée. Dans la tradition orientale de l’exercice, c’est dans la relation concrète au Maître de l’exercice que cette approche inhabituelle du réel se prépare. En voici un exemple : je tire à l’arc depuis trois ans. Après avoir observé ma manière de tirer le Maître Sagino me dit, « Allez-vous encore essayer longtemps d’ouvrir l’arc en utilisant vos muscles ? Jack San, ouvrez-vous ! Oui, ouvrez-vous et l’arc sera entrainé par ce geste d’ouverture de tout vous-même ! ». Après quoi, le Maître a tiré une flèche et j’ai vu, enfin vu, ce que signifie l’injonction : « Ne tirez pas, laissez cela tirer ».
Les débuts du déconfinement ?* En attendant de se voir, de se revoir, il est un exercice que vous pouvez apprendre et reprendre : « N’inspirez pas; laissez cela inspirer lorsque vous respirez ! » Le Maître de cet exercice est la vie elle-même. Dürckheim parle du Maître intérieur. Que signifie « Faire l’exercice toute la journée ? »
Très simple ! Profiter des activités de la vie quotidienne, qu’il me faut FAIRE, pour me sentir en contact avec les actions INFAISABLES qu’il m’a été donné de découvrir et de prendre au sérieux à l’occasion de l’exercice particulier : la tenue corporelle (la verticalité intérieure), la forme corporelle (ni crispé ni avachi). Et je vous propose un exercice contrariant pour l’EGO de la plupart de nos contemporains : « Faire tout ce que vous faites un petit peu plus lentement ! ». Tout ? Oui, ranger la vaisselle, marcher d’un bureau à un autre, s’habiller, éplucher les carottes, écrire une lettre… et Graf Dückheim ajoute : se raser ou se maquiller !

Ah ! J’allais oublier un exercice qui n’est pas un exercice mais une rupture avec ce qui est, inconsciemment, notre manière d’être habituelle : « Détendez-vous dans les épaules » ! Ne cherchez pas à détendre quelque chose : les épaules; ça ne sert à rien. Détendez-vous, en tant que personne qui est tendue dans les épaules et qui, par cette manière d’être en tant que corps (Leib), révèle un manque de confiance en soi. Se dé-tendre dans les épaules est un geste de confiance de l’homme entier.

Jacques Castermane

* Dès que possible (et en tenant compte de l’évolution des données gouvernementales sur le déconfinement), nous vous adresserons le programme annonçant la reprise des activités au Centre.

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jeudi 28 mai 2020

Dans la chaleur de l’amour du soleil



"Le mental peut seulement deviner un avenir. Soyez disposé à ne pas savoir, à trébucher parfois, à vous incliner devant l’inconnu. Cessez de penser votre chemin dans la vie, de toujours essayer de le travailler avant de le vivre. La vie est faite pour être vécue, pas pour être analysée à mort. Ressentez-le – ressentez toutes les énergies qui veulent être ressenties, des énergies qui attendent depuis très longtemps votre attention et votre étreinte chaleureuse. Laissez tout de la vie bouger en vous, la joie autant que la peine, l’ennui autant que le bonheur absolu. Laissez les questions demeurer un moment, n’essayez pas de les annihiler par des réponses prématurées. Les questions sont vos amis intimes, les réponses sont des étrangers, à présent. Dans la chaleur de l’amour du soleil, les fleurs s’épanouissent au moment idéal, et pas un moment plus tôt. Laissez la chaleur de la conscience illuminer ces parts de vous-même qui luttent pour la vie. Voyez la parfaite chorégraphie. Maintenant."

Jeff Foster


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mercredi 27 mai 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

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Méditation et Kinhin avec Taisen Deshimaru




Taisen Deshimaru, était un maître bouddhiste zen japonais de l'école Soto. Il est le fondateur et le principal inspirateur d'une multitude de dojos et de groupes zen en Occident. Vous pouvez écouter Arnaud Desjardins nous parler de lui :



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mardi 26 mai 2020

En ce corps par Ma Anandamayi

Petite fille, ma grand-mère m'appelait "La Distraite".
Un jour, elle me demande d'aller laver un pot et ajoute en manière d'avertissement :
Amène seulement le pot cassé... et tu verras !!
Je vais à la fontaine. Là, alors que je parlais à un arbre, le pot me tombe des mains et se brise avant que je m'en aperçoive. Je ramasse scrupuleusement chaque fragment et retourne à la maison.
Ma grand-mère me dit :
Mais qu'est-ce que tu me rapportes ?
Tu m'as dit de ramener le pot cassé. Le voilà.
Ma grand-mère, loin de se mettre en colère, eut du mal à réprimer son rire.
Il fut un temps où si quelqu'un s'inclinait devant moi, je ne pouvais faire autrement que de m'incliner jusqu'à ses pieds.
Ce pouvait être dans mon dos et de très loin, si quelqu'un s'inclinait, même si je n'avais rien vu, ma tête d'elle-même s'inclinait. Maintenant, je laisse chacun faire, sans plus.
En fait, c'est à Dieu même que vous adressez votre hommage.
Vous pouvez m'apprécier ou non. Mais moi, je ne peux absolument pas me passer de vous ! (elle éclate de rire)
Pendant longtemps je n'ai rien mangé.
La nourriture ne m'évoquait rien.
C'est en voyant un jour un chien engloutir une bolée de riz que je me suis réalimentée.
Ma main ne sait pas me donner à manger. On m'a souvent demandé pourquoi. On mange pour préserver sa vie. Je n'ai pas le moindre élan pour préserver ma vie. J'ai essayé quelques jours de manger "toute seule", mais je porte la nourriture à la bouche "des autres". Ayant vu cela, ils ont préféré m'alimenter !
Le sanskrit bien sûr, mais aussi tous les autres langages me sont une fois ou l'autre venus aux lèvres. Je communiquais ainsi avec les saints des contrées lointaines, dans leur propre langage.
Ce n'est pas nécessaire de passer par les lettres et les mots pour comprendre un langage. Quels que soient les gens qui m'environnent, leurs pensées captent mon attention, et leur langage émerge directement en moi.
Une chienne ne me quittait plus. Elle écoutait les chants, sa tête posée sur mes genoux. Quand j'intervenais pour dire quelque chose, elle se couchait à mes pieds et écoutait. Parfois elle bondissait et japait pendant les chants. C'était sa façon de danser et de chanter. Quand elle avait sa tête sur mes genoux, elle attendait la fin des chants pour se redresser, prête à recevoir avec tous ceux assemblés sa part d'offrande. Un jour elle accoucha. Elle ne manqua pas les chants du soir et revint vers ses petits aussitôt après. Il en fut ainsi tout le temps de mon séjour. Un chevreau vint se joindre à elle. Le soir, pendant les chants, j'avais sur un genou la tête de la chienne ; sur l'autre genou, la tête du chevreau...
Si vous considérez que je sais tout, cela rend toute communication impossible entre vous et moi. Si je sais tout, que puis-je vous demander ?
Les questions anodines, laissez-moi vous les poser, même si je connais la réponse !
Je suis une vagabonde qui ne tient pas en place dites-vous... Vous considérez que je vais deci delà parce que vous êtes vous-même soumis au va-et-vient. En réalité, je suis à la même place. Je ne fais que me déplacer chez moi. Quand vous êtes chez vous, restez-vous tout le temps dans un fauteuil ? Vous aussi, vous allez d'une pièce à l'autre. Je ne fais rien de plus. Je suis chez moi. Nulle part ailleurs.
Qui a le pouvoir de venir à moi, à moins que je ne l'attire ?
Je ne vous réponds pas. Cela vient à ma bouche. La réponse est "à vous" comme vos questions sont "à vous".
Je suis votre enfant.
Vous m'offrez de l'eau fraîche. Je la bois.
Vous me donnez de l'eau sale, je la filtre pour vous.
Je ne dis jamais, je reviendrai vous voir, ou je ne reviendrai pas...
Je dis : "je suis dans ce corps." Si vous me ramenez, je reviens.
De nombreuses âmes - pas seulement les plus pures... - viennent à moi. Je les rencontre, chacune selon son mode de compréhension.
Je suis l'univers jusqu'à la moindre poussière, au moindre insecte.
Vous me demandez si vous êtes proches de moi, alors que je vis en totalité.
Vous, mais aussi ceux qui ne m'ont jamais vue, ceux qui n'ont jamais entendu parler de moi, traversent ma vision quand ils sont dans le besoin. Alors je fais le nécessaire.
J'insiste :
Prenez contre votre poitrine cette enfant. Vous trouvez plus commode de l'appeler MERE. Vous la tenez ainsi à distance respectueuse. Une mère est une femme âgée. Vous ne serrez pas contre vous avec toute votre ferveur une femme âgée, n'est-ce pas ? Ma prière est que vous me regardiez comme votre fille et me teniez de toutes vos forces embrassée.
Jamais je n'insiste pour qu'on écoute ou suive mes conseils. "Ce corps" prononce ce que vous lui faites dire. Certains trouvent dans ces mots l'élan qu'ils cherchent. D'autres ne trouvent rien car ils ne cherchent pas vraiment.
Si je vous demande de ne pas trop vous préoccuper de savoir qui est "ce corps", ce n'est pas tant pour que vous imaginiez qu'il est tellement supérieur ! Vous pouvez l'envoyer au Diable ou le traiter si vous préférez comme l'idiot du village... (rires)
Parfois un robinet soupire à fendre l'âme. Hier dans la cour c'était le cas. j'étais convulsée de rire à l'entendre. Je dois avoir un écrou déserré dans la tête ! Il n'y avait pas de quoi rire... Cela traverse "ce corps" sans raison. Tout peut m'arracher un rire. Alors les tentatives de me ramener au calme ne font que jeter de l'huile sur le feu.
Il est venu ici sous tant de formes pour s'offrir à cette mendiante (elle se montre elle-même).
A tous, cette mendiante demande une seule chose : méditez sur Dieu. Il s'est manifesté comme le monde entier. Il est tout entier le carnaval de cet UN.
Pour moi, Il y a un seul maître-son résonnant dans tout l'univers.
Je considère toutes les mains comme les miennes. En réalité je mange toujours de ma propre main.
Ce corps n'est qu'une poupée. Vous voulez jouer avec elle... elle joue.
Ce corps est toujours dans le même état, non changeant. Votre disposition vous fait considérer une phase de son comportement comme ordinaire ou extraordinaire.
Une personne demanda :
Ma, quelle sorte de rêves avez-vous ?
Elle répondit :
Dormir n'est possible qu'au stade de l'ignorance. Quand il n'y a pas d'ignorance, il n'y a pas de sommeil. Comment pourrait-il y avoir des rêves ? Mais si vous dites que tout est rêve alors c'est autre chose !
Y a-t-il une différence essentielle entre moi-même et vous-même ?
Seulement parce qu'Il est existe un JE et un VOUS.
Réellement, dans ce corps, rien n'existe qui soit de l'ordre du désir et du manque.
Une graine a-t-elle le désir de faire un arbre ? Un arbre a-t-il le désir de nous abriter dans la fraîcheur de son ombre ?
Des émotions surgissent dans ce corps selon vos besoins.
Chaque question n'obtient pas toujours sa réponse. Vous n'êtes pas toujours capables de me faire donner une solution absolue. Peut-être que cela ne servirait à rien qu'il en soit autrement.
Je n'agis pas, comme vous le faites, poussée par ma volonté. Cela arrive comme cela arrive de tout temps.
Quand l'écorce de l'arbre fut entamée, ce corps reçut la blessure et ressentit la souffrance.
Laissons cela. Si l'on évoquait plus longtemps de tels événements en sa présence, ce corps se raidirait probablement.
Ici, n'est-ce pas... Tout ce qui devait arriver est arrivé. Tout ce qui était désiré par vous tous, pour votre bénéfice, est accompli.
Savez-vous ce qu'il en est de ce corps ?
Tous les "noeuds" internes sont défaits. C'est pourquoi quand une maladie l'attaque, elle l'investit totalement. Tout est dénoué, jusqu'à la racine de chaque cheveu. Aussi les maladies peuvent venir sans entrave. Mais quand le remède vient, il se répand tout aussi facilement.
Ici... (Elle se montre elle-même) Rien qui soit de l'ordre de donner, prendre et même servir... Sur votre plan, vous avez peut-être cette impression !
Je n'ai pas la place de me retourner. On ne peut aller nulle part où Il ne soit.
Ce corps est une marionnette - il joue ce que vous lui faites jouer.
Ce corps répond aussi au cri fervent de ceux qui ne l'ont jamais rencontré.
Quel que soit le Nom sous lequel vous voulez chercher Dieu, cette enfant vous souhaite la bienvenue du fond du cÏur.
Je ne fais ni ne dis rien avec un motif ou par effort de volonté. Ce sont vos pensées ou désirs qui font dire ou faire des choses à ce corps pour votre bénéfice.
Je vois souvent ce qui va arriver dans le futur, mais souvent aussi les mots ne viennent pas.
Je n'ai aucun besoin de faire ou dire quoi que ce soit. Il n'y a jamais eu aucun besoin. Il n'y en a pas maintenant. Il n'y en aura pas non plus dans le futur.
Ce que vous voyiez manifesté en moi dans le passé, ce que vous voyez maintenant, ce que vous verrez dans le futur, est pour le bien de tous.
Si vous cherchez ce qu'il y a de particulier en ma personne, je dois vous dire que le monde entier est ma personne...
Ma volonté serait irrésistible si je l'exprimais !
Qui est ANANDAMOYI ?
Qui est "envahi de joie" ?
Lui dans toutes les formes, éternellement intronisé au cœur de tout être. En vérité, Il demeure partout. Ayant vu Cela, atteint Cela, tout est vu, tout est atteint. Ce qui signifie : être sans peur, sûr, libre de tout conflit, immuable, impérissable.
"Ce corps" ne fait venir personne à lui, n'écarte personne, il ne parle à personne, ne prend la nourriture de personne.
Qui suis-je ?
On peut dire qui l'on est si l'on a une perception de soi-même.
Je n'ai en rien cette perception.
Alors je suis ce que vous voulez que je sois.
Ma Anandamayi