Il n'est plus temps de changer d'heure mais il est l'heure de changer de temps et de nourriture...
mercredi 4 avril 2012
mardi 3 avril 2012
L'acte avec Yvan Amar
My dad's body would have turn 62 today... And after more than 12 yrs i can't believe how present and vibrant he still is!!! Feeling so grateful for all the moments shared and most of all for the precious gifts he left me, his unconditional faith and great sense of humor... i can still hear him laughing at me when i complain!! haha!!!!! and i'll always remember him telling me "I'd rather live 50 years fully than an empty 100's !!!!" And it has been 49 incredible years!! we've been all blessed with your presence!!
Happy Birthday Daddy!! You're ETERNAL !!!!!
Le corps de mon pére aurait eu 62 ans aujourd’hui… Et aprés plus de 12 ans, sa presence est toujours aussi radieuse, lumineuse!!! Je suis pleine de reconnaissance pour tous les moments partagés, et plus que tout pour les plus beaux des cadeaux qu’il m’ait fait, sa Foi inconditionnelle et son unique sens de l’humour!!! J’entends encore le son de son rire quand je me plains!! haha… Et ses mots resonnent encore en moi: « je prefere vivre 50 années pleines que 100 vides »!! et elles auront été 49 années plus que pleines !! Merci!!!
Bon Anniversaire Papa!! Tu es ETERNEL!!!
Anais Amar
(samedi 31 mars)
Happy Birthday Daddy!! You're ETERNAL !!!!!
Le corps de mon pére aurait eu 62 ans aujourd’hui… Et aprés plus de 12 ans, sa presence est toujours aussi radieuse, lumineuse!!! Je suis pleine de reconnaissance pour tous les moments partagés, et plus que tout pour les plus beaux des cadeaux qu’il m’ait fait, sa Foi inconditionnelle et son unique sens de l’humour!!! J’entends encore le son de son rire quand je me plains!! haha… Et ses mots resonnent encore en moi: « je prefere vivre 50 années pleines que 100 vides »!! et elles auront été 49 années plus que pleines !! Merci!!!
Bon Anniversaire Papa!! Tu es ETERNEL!!!
Anais Amar
(samedi 31 mars)
Question : On dirait que le chemin de transformation passe par le fait de poser des actes. Qu’est-ce qui fait qu’un acte est transformateur ?
Yvan : Je pense profondément qu’un acte est transformateur quand par cet acte là nous sommes entrés dans un acte infini. Nous ne connaissons des actes que les actes qui commencent et qui se terminent.
Qu’est-ce-que nous connaissons des actes?
Quand on parle d’un acte, c’est un acte qui a un commencement, un déroulement, une fin et un résultat. Mais est-ce que ça, c’est vraiment un acte?
Il n’y a qu’un seul acte c’est l’Acte de Dieu et qui consiste en fait à faire Dieu. Cet acte là, il est obligatoirement infini. Un acte n’est véritablement transformateur que lorsque qu’il n’a plus aucune cause et ni aucune conséquence, donc qui est l’acte infini de transformation pour faire Dieu. Un acte qui ne peut plus avoir aucun résultat. Poser cet acte là, c’est en fait déposer l’acteur une fois pour toute.
Si nous poursuivons continuellement des actes qui seront des actes significatifs sous prétexte que justement ils vont se distinguer des autres et se traduire par des résultats, nous sommes encore dans l’accumulation, nous sommes encore dans le règne de la quantité. Le règne de la qualité ne connaît qu’un seul acte c’est l’Acte créateur de Dieu. L’Acte créateur de Dieu, c’est faire Dieu, c’est rentrer dans le Faire Dieu. Cet acte là n’a plus de commencement, n’a plus de fin et n’a jamais de résultat. Il est transformateur parce qu’il est l’acte du Grandir Parfait. Il est l’acte du Grandir du Monde. Il n’est pas l’acte d’un résultat, il est l’Acte continuellement Acte. Dans la recherche des nouvelles formulations du Prologue par Goethe, ou il reprend : « Au commencement était la Parole », il dit :" Non, au commencement était la Force », il dit :"Non, au commencement était l’Acte ». C’est dans le Faust de Goethe.
Si la question se pose de cette façon là, l’acte que l’on va poser c’est l’Acte Infini, c’est le seul acte toléré dans cette voie là et pour que cet acte soit infini, il n’y qu’une seule façon, c’est qu’il soit l’acte de gratuité, l’acte qui n’a plus de résultat. Cet acte là est continuellement transformateur. Il n’accumule pas des résultats successifs à partir desquels on pourra dire il y a eu telle et telle transformation. L’Acte transformateur est un Acte de transformation Infini. C’est l’Acte de création et pour que cet Acte soit, il n’y a qu’une seule voie, il faut que l’acteur disparaisse.
C’est l’Acte du Serviteur, c’est l’acte de celui qui se confond avec la Loi avec la volonté du Maître . Cet Acte là c’est la Loi. C’est l’obligation. La seule façon de poser un acte dans cette voie là, un acte éminemment transformateur c’est de déposer l’acteur. Il fut un temps ou on déposait les valises dans le train...
-
Autour d'Yvan Amar
( septembre 1996 ) — avec David Amar et Anaïs Amar.
Yvan : Je pense profondément qu’un acte est transformateur quand par cet acte là nous sommes entrés dans un acte infini. Nous ne connaissons des actes que les actes qui commencent et qui se terminent.
Qu’est-ce-que nous connaissons des actes?
Quand on parle d’un acte, c’est un acte qui a un commencement, un déroulement, une fin et un résultat. Mais est-ce que ça, c’est vraiment un acte?
Il n’y a qu’un seul acte c’est l’Acte de Dieu et qui consiste en fait à faire Dieu. Cet acte là, il est obligatoirement infini. Un acte n’est véritablement transformateur que lorsque qu’il n’a plus aucune cause et ni aucune conséquence, donc qui est l’acte infini de transformation pour faire Dieu. Un acte qui ne peut plus avoir aucun résultat. Poser cet acte là, c’est en fait déposer l’acteur une fois pour toute.
Si nous poursuivons continuellement des actes qui seront des actes significatifs sous prétexte que justement ils vont se distinguer des autres et se traduire par des résultats, nous sommes encore dans l’accumulation, nous sommes encore dans le règne de la quantité. Le règne de la qualité ne connaît qu’un seul acte c’est l’Acte créateur de Dieu. L’Acte créateur de Dieu, c’est faire Dieu, c’est rentrer dans le Faire Dieu. Cet acte là n’a plus de commencement, n’a plus de fin et n’a jamais de résultat. Il est transformateur parce qu’il est l’acte du Grandir Parfait. Il est l’acte du Grandir du Monde. Il n’est pas l’acte d’un résultat, il est l’Acte continuellement Acte. Dans la recherche des nouvelles formulations du Prologue par Goethe, ou il reprend : « Au commencement était la Parole », il dit :" Non, au commencement était la Force », il dit :"Non, au commencement était l’Acte ». C’est dans le Faust de Goethe.
Si la question se pose de cette façon là, l’acte que l’on va poser c’est l’Acte Infini, c’est le seul acte toléré dans cette voie là et pour que cet acte soit infini, il n’y qu’une seule façon, c’est qu’il soit l’acte de gratuité, l’acte qui n’a plus de résultat. Cet acte là est continuellement transformateur. Il n’accumule pas des résultats successifs à partir desquels on pourra dire il y a eu telle et telle transformation. L’Acte transformateur est un Acte de transformation Infini. C’est l’Acte de création et pour que cet Acte soit, il n’y a qu’une seule voie, il faut que l’acteur disparaisse.
C’est l’Acte du Serviteur, c’est l’acte de celui qui se confond avec la Loi avec la volonté du Maître . Cet Acte là c’est la Loi. C’est l’obligation. La seule façon de poser un acte dans cette voie là, un acte éminemment transformateur c’est de déposer l’acteur. Il fut un temps ou on déposait les valises dans le train...
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Autour d'Yvan Amar
( septembre 1996 ) — avec David Amar et Anaïs Amar.
lundi 2 avril 2012
dimanche 1 avril 2012
Regardez ! Regardez ! avec Joshin Luce Bachoux
« Regardez ! Regardez ! » Aussi bref qu'une respiration, aussi plein qu'un tableau, il y en a un pour chaque instant de notre vie : le « haïku », ce court poème japonais, nous montre de petites choses, si légères qu'on ne les voit pas, si habituelles qu'on ne les regarde pas. Il parle du fugace, de l'absolu, de l'instant :
Comme on voudrait le saisir, l'attraper, juste ce moment ! J'ai les yeux plus grands que la tête et les mains qui me démangent ! C'est que cette matinée est si belle ! Juste fraîche, avec un petit parfum de feu de bois et de rivière. Il est tôt, et les oiseaux, eh bien, s'égosillent, il faut le dire, rien de très mélodieux, mais si joyeux, si pleins de vie qu'ils donnent envie de courir et de sauter... Et puis il y a la neige, et les pins aux fleurs de givre, et peut-être, là-bas, queue rousse, vite disparu dans un fourré, un renard - et on veut croire qu'il est venu voir le soleil se lever, et pas vérifier si la porte du poulailler du voisin est bien fermée !
Oui, il est si parfait ce matin, dans sa beauté et son impermanence, son effervescence et son foisonnement : je ne sais par quel bout le prendre ; je voudrais le ranger dans ma tête, pour le ressortir à l'envi, ou, mieux encore, pouvoir le faire vivre sur le papier... Mais je sens bien qu'il m'échappe, déjà, la lumière change, déjà, le moment est passé, déjà, il est trop tard...D'autres, avant moi, s'y sont essayés :
Attrapant au vol l'infiniment grand et l'infiniment petit, il nous fait rêver, ou rire, ou frissonner :
Mais, toujours, il nous interpelle : ne dormez pas ! Tout est autour de vous, toujours... Regardez ! Regardez :
Ces courts poèmes illustrent bien cette phrase du peintre Shitao : « Trouver la profusion, au bord du pas-grand-chose, au bord du rien... »
Au bord du rien : un souffle, une esquisse de geste, un rêve :
Le haïku : une évocation, un trait à peine tracé, une émotion attrapée au vol, le cœur qui se serre :
Oh, il n'est pas toujours romantique ; tout est bon, les gestes les plus quotidiens et les choses les plus ordinaires, il suffit de regarder autrement et nous voyons le comique des petits événements de notre vie :
Il nous transforme en géant, ou en Lilliputien ; il nous fait ouvrir les yeux à un autre monde, il voit de la poésie là où, souvent, nous ne voyons rien...Ah ! Celui-ci, mon préféré, peut-être, au bord du minuscule, au bord du rien, et tout est là :
Regardez ! Regardez !
Joshin Luce Bachoux est nonne bouddhiste. Elle anime la demeure sans limites, temple zen à Saint-Agrève, en Ardèche.
« Au firmament d'automne,
un petit oiseau
aux dimensions du ciel... »
Issa
Oui, il est si parfait ce matin, dans sa beauté et son impermanence, son effervescence et son foisonnement : je ne sais par quel bout le prendre ; je voudrais le ranger dans ma tête, pour le ressortir à l'envi, ou, mieux encore, pouvoir le faire vivre sur le papier... Mais je sens bien qu'il m'échappe, déjà, la lumière change, déjà, le moment est passé, déjà, il est trop tard...D'autres, avant moi, s'y sont essayés :
« Soir : la cloche du temple
arrêtée dans le ciel
par les cerisiers en fleurs. »
Chiyo
Attrapant au vol l'infiniment grand et l'infiniment petit, il nous fait rêver, ou rire, ou frissonner :
« Une par une
les étoiles apparaissent
- quel froid ! »
Taigi
« Crépuscule,
dans l'eau de la flaque
la lumière vit encore... »
Issa
Au bord du rien : un souffle, une esquisse de geste, un rêve :
« Sur ma paume
une libellule bleue
et son parfum d'eau. »
Kuroda
Le haïku : une évocation, un trait à peine tracé, une émotion attrapée au vol, le cœur qui se serre :
« Sur ce chemin,
nul ne vient,
- soir d'automne. »
Bassho
Oh, il n'est pas toujours romantique ; tout est bon, les gestes les plus quotidiens et les choses les plus ordinaires, il suffit de regarder autrement et nous voyons le comique des petits événements de notre vie :
« Pour vous aussi, les puces,
la nuit est peut-être longue
- mais elle n'est pas solitaire ! »
Issa
Il nous transforme en géant, ou en Lilliputien ; il nous fait ouvrir les yeux à un autre monde, il voit de la poésie là où, souvent, nous ne voyons rien...Ah ! Celui-ci, mon préféré, peut-être, au bord du minuscule, au bord du rien, et tout est là :
« Sur la pointe d'une herbe
dans l'infini du ciel,
une fourmi... »
Hosaï
Joshin Luce Bachoux est nonne bouddhiste. Elle anime la demeure sans limites, temple zen à Saint-Agrève, en Ardèche.
samedi 31 mars 2012
Les 5 grands regrets des malades en fin de vie...
Bronnie Ware est une infirmière australienne. Elle s'est occupée de personnes en fin de vie et les a accompagnés durant les dernières semaines de leur vie. Elle a partagé ces moments forts avec eux. Elle en a écrit un livre "The Top Five Regrets of the Dying : A Life Transformed by the Dearly Departing" dont voici un extrait :
"Mes patients sont ceux qui rentraient « à la maison » pour mourir. Nous avons souvent partagé des moments incroyables ensemble. J’étais avec eux pour les trois à douze dernières semaines de leur existence. Les gens grandissent énormément lorsqu’ils sont confrontés à leur propre mort. J’ai appris à ne jamais sous-estimer la capacité de croissance d’un être humain. Certains changements furent tout à fait phénoménaux. Chacun a expérimenté une panoplie d’émotions, comme le déni, la colère, les remords, puis encore le déni et éventuellement l’acceptation. Tous sans exception ont trouvé la paix avant de partir.
Après avoir été questionnés sur certains regrets qu’ils pourraient avoir ou quoique ce soit qu’ils auraient fait différemment, certains thèmes ont refait surface à maintes reprises :
1- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre ma vie selon mes aspirations, et pas de vivre la vie que les autres attendaient de moi que je vive. »
Celui-ci était le plus commun, celui qui revenait le plus souvent. Lorsque les gens se rendent à l’évidence que leur vie touche à sa fin et jettent un regard lucide en arrière, il leur est facile de voir à quel point plusieurs de leurs rêves sont demeurés inexaucés. La plupart des gens n’ont même pas honoré la moitié de leurs rêves et sont décédés en sachant que ce fut à cause de choix exercés ou non. Il est très important de faire en sorte d’honorer au moins un de vos rêves au long de votre vie. Dès lors que vous perdez votre santé, il est déjà trop tard. La santé apporte une liberté dont peu prennent conscience, jusqu’à ce qu’elle vous échappe.
2- « Je regrette d’avoir travaillé autant. »
Cette déclaration me parvenait de chaque patient masculin. Ils ont manqué l’enfance de leurs enfants et l’intimité avec leur conjointe. Les femmes aussi ont mentionné ce regret. En simplifiant votre style de vie et faisant des choix conscients tout au long de votre existence, c’est possible de ne pas avoir besoin des revenus dont vous croyez avoir besoin. Et en créant davantage d’espace dans votre vie, vous devenez plus heureux et plus ouvert à de nouvelles opportunités, plus pertinentes à vos valeurs et styles de vie.

3- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage d’exprimer mes émotions. »
Plusieurs ont retenu leurs sentiments dans le but de préserver une paix superficielle avec les autres. De cette façon, ils se sont résignés, ont vécu une vie plus médiocre et ne sont jamais devenus ce qu’ils auraient réellement pu devenir. Plusieurs ont développé des maladies à la suite de cette accumulation de ressentiments et d’amertume. On ne peut contrôler les réactions d’autrui. Cependant, bien que les autres puissent réagir lorsque vous leur montrez que vous avez changé en leur parlant de façon honnête et transparente, la relation finit par s’élever à un tout autre niveau. C’est soit cela ou vous éliminez une relation toxique de votre vie. Vous sortez "gagnants" dans les deux cas de figure.
4- « Je regrette de ne pas être demeuré en contact avec mes amis. »
Souvent, mes patients ne prenaient pas pleinement conscience de tous les "bénéfices" que leur apportaient leurs vieux amis jusqu’à ce qu’ils soient rendus à leurs dernières semaines de vie et il était souvent impossible de les retrouver. Ils regrettaient tous profondément ne pas avoir mis le temps et les efforts nécessaires pour poursuivre leurs relations avec leurs amis. Chaque personne se rend compte que ses amis lui manquent lorsqu’il se rapproche de la mort. C’est très commun de voir que notre vie "chargée" nous laisse échapper nos amitiés.
Sauf que lorsque vous êtes proches de votre mort, tous les aspects physiques disparaissent. Bien sûr que les gens veulent régler leurs affaires financières avant de mourir, mais l’argent et le statut n'ont plus du tout la même importance pour eux. Même la partie incontournable des détails financiers est laissée aux mains d’un proche étant donné l’état de santé fragile du concerné. Ce qui reste en bout de compte, c’est l’amour, les liens et les relations.
5- « Je regrette de ne pas m’être laissé être plus heureux. »
En voici une autre très commune. Plusieurs n’ont réalisé qu’à la fin de leur vie que le fait d’être heureux était un choix. Ils sont plutôt demeurés coincés dans de vieilles croyances et habitudes. Le soit disant « confort », issu des comportements familiers a pris le dessus sur leurs émotions, ainsi que sur leur vie physique. La peur du changement leur a fait prétendre à eux-mêmes qu’ils étaient heureux. Alors qu’en somme, ils auraient eu besoin de rire et de s’amuser davantage, quitte à cabotiner ou du moins retrouver plus de « folie » dans leur vie."
"Mes patients sont ceux qui rentraient « à la maison » pour mourir. Nous avons souvent partagé des moments incroyables ensemble. J’étais avec eux pour les trois à douze dernières semaines de leur existence. Les gens grandissent énormément lorsqu’ils sont confrontés à leur propre mort. J’ai appris à ne jamais sous-estimer la capacité de croissance d’un être humain. Certains changements furent tout à fait phénoménaux. Chacun a expérimenté une panoplie d’émotions, comme le déni, la colère, les remords, puis encore le déni et éventuellement l’acceptation. Tous sans exception ont trouvé la paix avant de partir.
Après avoir été questionnés sur certains regrets qu’ils pourraient avoir ou quoique ce soit qu’ils auraient fait différemment, certains thèmes ont refait surface à maintes reprises :
1- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre ma vie selon mes aspirations, et pas de vivre la vie que les autres attendaient de moi que je vive. »
Celui-ci était le plus commun, celui qui revenait le plus souvent. Lorsque les gens se rendent à l’évidence que leur vie touche à sa fin et jettent un regard lucide en arrière, il leur est facile de voir à quel point plusieurs de leurs rêves sont demeurés inexaucés. La plupart des gens n’ont même pas honoré la moitié de leurs rêves et sont décédés en sachant que ce fut à cause de choix exercés ou non. Il est très important de faire en sorte d’honorer au moins un de vos rêves au long de votre vie. Dès lors que vous perdez votre santé, il est déjà trop tard. La santé apporte une liberté dont peu prennent conscience, jusqu’à ce qu’elle vous échappe.
2- « Je regrette d’avoir travaillé autant. »
Cette déclaration me parvenait de chaque patient masculin. Ils ont manqué l’enfance de leurs enfants et l’intimité avec leur conjointe. Les femmes aussi ont mentionné ce regret. En simplifiant votre style de vie et faisant des choix conscients tout au long de votre existence, c’est possible de ne pas avoir besoin des revenus dont vous croyez avoir besoin. Et en créant davantage d’espace dans votre vie, vous devenez plus heureux et plus ouvert à de nouvelles opportunités, plus pertinentes à vos valeurs et styles de vie.

3- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage d’exprimer mes émotions. »
Plusieurs ont retenu leurs sentiments dans le but de préserver une paix superficielle avec les autres. De cette façon, ils se sont résignés, ont vécu une vie plus médiocre et ne sont jamais devenus ce qu’ils auraient réellement pu devenir. Plusieurs ont développé des maladies à la suite de cette accumulation de ressentiments et d’amertume. On ne peut contrôler les réactions d’autrui. Cependant, bien que les autres puissent réagir lorsque vous leur montrez que vous avez changé en leur parlant de façon honnête et transparente, la relation finit par s’élever à un tout autre niveau. C’est soit cela ou vous éliminez une relation toxique de votre vie. Vous sortez "gagnants" dans les deux cas de figure.
4- « Je regrette de ne pas être demeuré en contact avec mes amis. »
Souvent, mes patients ne prenaient pas pleinement conscience de tous les "bénéfices" que leur apportaient leurs vieux amis jusqu’à ce qu’ils soient rendus à leurs dernières semaines de vie et il était souvent impossible de les retrouver. Ils regrettaient tous profondément ne pas avoir mis le temps et les efforts nécessaires pour poursuivre leurs relations avec leurs amis. Chaque personne se rend compte que ses amis lui manquent lorsqu’il se rapproche de la mort. C’est très commun de voir que notre vie "chargée" nous laisse échapper nos amitiés.
Sauf que lorsque vous êtes proches de votre mort, tous les aspects physiques disparaissent. Bien sûr que les gens veulent régler leurs affaires financières avant de mourir, mais l’argent et le statut n'ont plus du tout la même importance pour eux. Même la partie incontournable des détails financiers est laissée aux mains d’un proche étant donné l’état de santé fragile du concerné. Ce qui reste en bout de compte, c’est l’amour, les liens et les relations.
5- « Je regrette de ne pas m’être laissé être plus heureux. »
En voici une autre très commune. Plusieurs n’ont réalisé qu’à la fin de leur vie que le fait d’être heureux était un choix. Ils sont plutôt demeurés coincés dans de vieilles croyances et habitudes. Le soit disant « confort », issu des comportements familiers a pris le dessus sur leurs émotions, ainsi que sur leur vie physique. La peur du changement leur a fait prétendre à eux-mêmes qu’ils étaient heureux. Alors qu’en somme, ils auraient eu besoin de rire et de s’amuser davantage, quitte à cabotiner ou du moins retrouver plus de « folie » dans leur vie."
vendredi 30 mars 2012
jeudi 29 mars 2012
Allo, la Terre...
Une drôle de petite histoire...qui fait matière à penser...
mercredi 28 mars 2012
Joie humaine de vivre... avec Frank Andriat
Chaque être humain est donc croyant et chacun peut, s’il le désire, entrer en contact avec son intériorité, là où vit l’Intime, où il souffle, se propage et nous imprègne. Nous pouvons choisir de le nier, de rejeter tout cela en bloc, de nous installer avec assurance dans notre finitude. Mais nous pouvons aussi nous laisser troubler par la présence des espaces infinis. C’est cette dernière expérience que je relate dans mes livres qui célèbrent la joie de vivre non plus à la périphérie mais au cœur de soi-même.
Depuis mon expérience spirituelle de 1990, l’Intime est devenu mon compagnon de route, ma lumière, mon éclaireur intérieur. Sans l’Intime avec moi, je suis dévoré par le loup qui m’habite ; avec Lui, je n’ai plus peur d’être un agneau. Mon écriture aussi est devenue une prière. Désormais, ce n’est plus moi qui écris, c’est l’Intime qui écrit en moi. Je me tiens à son écoute, je l’éprouve, le reçois en plénitude, laisse l’émotion surgir tel un tremblement de vie intérieure ; puis, je trace des lignes qui tentent d’atteindre le cœur, au risque, avec mes pauvres mots, de rétrécir son chant, de durcir la fragilité d’une goutte d’eau qui glisse sur le cil d’une rose.
Frank Andriat
Depuis mon expérience spirituelle de 1990, l’Intime est devenu mon compagnon de route, ma lumière, mon éclaireur intérieur. Sans l’Intime avec moi, je suis dévoré par le loup qui m’habite ; avec Lui, je n’ai plus peur d’être un agneau. Mon écriture aussi est devenue une prière. Désormais, ce n’est plus moi qui écris, c’est l’Intime qui écrit en moi. Je me tiens à son écoute, je l’éprouve, le reçois en plénitude, laisse l’émotion surgir tel un tremblement de vie intérieure ; puis, je trace des lignes qui tentent d’atteindre le cœur, au risque, avec mes pauvres mots, de rétrécir son chant, de durcir la fragilité d’une goutte d’eau qui glisse sur le cil d’une rose.
Frank Andriat
mardi 27 mars 2012
L'avenir des antibiotiques...
En pleine réaction épidermique, pourquoi ne pas s'interroger sur les antibiotiques...et leur devenir.
lundi 26 mars 2012
Longévité avec Denise Desjardins
dimanche 25 mars 2012
"Pince-moi, je pense !" par Michel Laurent Dioptaz
" Réveille-toi ! réveille-toi ! ce n'est qu'une pensée. "
L'identification à nos pensées est telle qu'on a oublié que cet outil à penser n'est que l'une des formes que peut prendre l'intelligence à travers nous. Et le fait que nous ne nous servions plus que de cet outil pour appréhender la réalité a littéralement démembré notre présence au monde. Les pieds de l'esprit ne se glissant plus dans les pieds du corps, nous marchons à côté de la vie.
Lorsque l'on marche en prenant appui sur ses pensées, pas un seul pied ne touche terre... la terre de l'instant. Et cela quel que soit le type de pensées, même celles qui cherchent à percevoir le présent ou croient parfaitement le concevoir.
Pour la pensée, le présent est une donnée parmi d'autres.
Pour le présent, c'est la pensée qui est une donnée parmi d'autres.
Aucune pensée ne peut se poser sur le présent. Elles peuvent se poser partout : devant nous, dans le futur... derrière nous, dans le passé... mais jamais à notre endroit, dans notre centre, notre présent. Et si une pensée arrivait à s'y poser, elle ne pourrait goûter sa "réussite", car elle aurait juste réussis à se faire disparaître, à faire disparaître le penseur.
Tout comme notre petit doigt placé devant notre oeil peut faire disparaître le paysage, juste une petite pensée placée devant le présent... et c'est l'éclipse de conscience.
Ainsi, tant que les pensées sont là, le présent est aveugle à notre endroit.
Le présent n'est pas, comme le conçoivent les pensées, cette sorte de point microscopique coincé entre passé et futur, où il est si difficile de se tenir en équilibre. Non, vécu du dedans, c'est l'inverse, le présent est un lieu d'éternité où l'on a les deux pieds posés bien à leur place, et où l'on a enfin tout son temps. Ceci est le centre de l'Etre.
Ce que l'intellect nomme le "présent" n'est qu'un concept axial, pratique pour articuler nos latéralités passé/futur, mais sans la moindre ressemblance avec ce qui nous est donné de vivre, lorsque notre conscience se pose réellement en ce lieu.
Confondre le présent conceptuel avec le présent expérimental est source d'absurdes déductions car, si la carte n'est jamais le territoire, que dire lorsqu'il ne s'agit que de juste un point sur la carte, le lieu-dit "le présent".

Les pensées les plus fines sont encore trop épaisses pour se glisser dans l'exacte présence du présent.
Les pensées les plus vastes, trop étroites pour l'infinité du présent...
L'identification à nos pensées est telle qu'on a oublié que cet outil à penser n'est que l'une des formes que peut prendre l'intelligence à travers nous. Et le fait que nous ne nous servions plus que de cet outil pour appréhender la réalité a littéralement démembré notre présence au monde. Les pieds de l'esprit ne se glissant plus dans les pieds du corps, nous marchons à côté de la vie.
Lorsque l'on marche en prenant appui sur ses pensées, pas un seul pied ne touche terre... la terre de l'instant. Et cela quel que soit le type de pensées, même celles qui cherchent à percevoir le présent ou croient parfaitement le concevoir.
Pour la pensée, le présent est une donnée parmi d'autres.
Pour le présent, c'est la pensée qui est une donnée parmi d'autres.
Aucune pensée ne peut se poser sur le présent. Elles peuvent se poser partout : devant nous, dans le futur... derrière nous, dans le passé... mais jamais à notre endroit, dans notre centre, notre présent. Et si une pensée arrivait à s'y poser, elle ne pourrait goûter sa "réussite", car elle aurait juste réussis à se faire disparaître, à faire disparaître le penseur.
Tout comme notre petit doigt placé devant notre oeil peut faire disparaître le paysage, juste une petite pensée placée devant le présent... et c'est l'éclipse de conscience.
Ainsi, tant que les pensées sont là, le présent est aveugle à notre endroit.
Le présent n'est pas, comme le conçoivent les pensées, cette sorte de point microscopique coincé entre passé et futur, où il est si difficile de se tenir en équilibre. Non, vécu du dedans, c'est l'inverse, le présent est un lieu d'éternité où l'on a les deux pieds posés bien à leur place, et où l'on a enfin tout son temps. Ceci est le centre de l'Etre.
Ce que l'intellect nomme le "présent" n'est qu'un concept axial, pratique pour articuler nos latéralités passé/futur, mais sans la moindre ressemblance avec ce qui nous est donné de vivre, lorsque notre conscience se pose réellement en ce lieu.
Confondre le présent conceptuel avec le présent expérimental est source d'absurdes déductions car, si la carte n'est jamais le territoire, que dire lorsqu'il ne s'agit que de juste un point sur la carte, le lieu-dit "le présent".
Les pensées les plus fines sont encore trop épaisses pour se glisser dans l'exacte présence du présent.
Les pensées les plus vastes, trop étroites pour l'infinité du présent...
samedi 24 mars 2012
L'amour avec Edgar Morin
Veuf inconsolable, le sociologue Edgar Morin a écrit une déclaration d’amour émouvante à Edwige, celle qui a partagé sa vie pendant 30 ans. Rencontre touchante avec cet éternel amoureux de 90 ans.
Pourquoi avoir choisi, à votre âge, de vous mettre à nu en écrivant ce livre Edwige, l’inséparable ?
Edwige était une personne très secrète et pudique. Excepté quelques amies, les gens ne la voyaient qu’au travers des apparences. J’ai donc éprouvé le besoin de la faire reconnaître. C’était une femme qui sécrétait une poésie par sa grande capacité d’émerveillement. Elle s’émerveillait de notre chatte, de la nature, des jolies choses de la vie. Elle aimait la beauté d’une façon extraordinaire et sentait tout ce qui est poétique dans l’existence. D’ailleurs, je considère qu’un amour tient dans un couple quand l’autre est source de poésie. Si l’un des deux cesse de l’être, ça n’a plus de sens.
Aviez-vous des petits mots doux pour Edwige ?
Parfois, je l’appelais Edwigette, mais le plus souvent c’était « mon cœur ». Enfin, ça me gêne un peu d’en parler… Elle disait que nous étions deux inséparables, en se référant à ces oiseaux qui se bécotent sans arrêt. C’est vrai que nous aimions tout le temps nous embrasser. Dès que nous nous croisions à la maison, nous nous donnions des baisers. Elle nous disait inséparables, et pourtant…
Finalement, les intellectuels sont comme tout le monde : ils expriment leur amour par des métaphores ou des diminutifs un peu enfantins…
Bien sûr. Nous nous faisions des petits dessins. Nous aimions jouer ensemble, comme les enfants. Ce sont des choses normales. Montaigne disait que « chacun porte en soi l’humaine condition » : c’est le tronc commun à toute l’humanité. Le fait d’être un intellectuel et un écrivain donne la possibilité d’exprimer avec des mots ce que tout le monde vit ou ressent.
Quel est donc ce lien si particulier qui vous unissait à Edwige ?
Ce lien a commencé avec un coup de foudre, bien avant que nous nous unissions. C’était en 1961 et nous nous sommes mariés en 1978. Grâce à ce livre, Edwige, l’inséparable, j’ai compris ce qui nous liait si intimement, bien que nous soyons totalement différents. Montaigne disait de La Boétie : « C’était lui, c’était moi. » Avec Edwige, c’était elle et c’était moi.
Quelle est la singularité de votre amour filial ?
Ma mère est l’amour primordial de ma vie. Elle est morte quand j’avais 10 ans. Après son décès, elle est devenue à mes yeux une sorte de déesse. Elle s’appelait Luna (« Lune ») et, quand je vois la pleine lune, je sens sa présence. Sa perte m’a donné un grand besoin d’amour, car elle a laissé un immense vide en moi.
Quant à mon père, j’avais un ressentiment contre lui car, pensant me protéger de trop d’émotions, il m’a bêtement caché la mort de ma mère. Il m’a privé de lui dire au revoir. Je ne me suis vraiment réconcilié avec lui qu’après des années.
Finalement, Edwige et vous aviez une épine liée à vos enfances ?
Exactement. Le père d’Edwige était un médecin bohème qui ne se faisait pas payer et fréquentait les artistes. Il avait été chassé par la mère d’Edwige, elle aussi médecin, mais très bourgeoise. Edwige m’a toujours dit que son père était pour elle un étranger. Cependant, à deux ou trois occasions, j’ai constaté que quelque chose se déchirait en elle quand on l’évoquait. C’était la racine de son caractère renfermé : elle cachait cette douleur. D’autant qu’Edwige a toujours eu le sentiment que sa mère ne l’aimait pas.
(…)
Pensez-vous pouvoir aimer de nouveau ?
Oui. J’éprouve d’ailleurs actuellement un sentiment amoureux pour quelqu’un, mais ce nouvel amour n’effacera pas celui pour Edwige. J’ai découvert en chacune des femmes que j’ai aimées une souffrance d’enfant. Est-ce par télépathie ? Est-ce dans l’expression du regard qui me donne un message subliminaire qu’avec le temps je comprends ? En fait, c’est une chose mystérieuse, mais je suis un éternel amoureux. C’est à la fois ma pathologie (la perte de ma mère a créé un vide absolu) et ma santé (l’amour est la santé de l’âme). Parfois, je me dis qu’il s’agit d’une sorte de maladie. Mais, finalement, je crois que je suis un être très simple et normal. Car il faut aimer, aimer encore. Le philosophe Vladimir Jankélévitch est celui qui a le mieux exprimé ces choses-là en écrivant : « Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien sont les choses les plus importantes dans la vie. »
■ Edgar Morin a publié un livre dédié à sa femme, Edwige, l’inséparable (Fayard, 2009).
Pourquoi avoir choisi, à votre âge, de vous mettre à nu en écrivant ce livre Edwige, l’inséparable ?
Edwige était une personne très secrète et pudique. Excepté quelques amies, les gens ne la voyaient qu’au travers des apparences. J’ai donc éprouvé le besoin de la faire reconnaître. C’était une femme qui sécrétait une poésie par sa grande capacité d’émerveillement. Elle s’émerveillait de notre chatte, de la nature, des jolies choses de la vie. Elle aimait la beauté d’une façon extraordinaire et sentait tout ce qui est poétique dans l’existence. D’ailleurs, je considère qu’un amour tient dans un couple quand l’autre est source de poésie. Si l’un des deux cesse de l’être, ça n’a plus de sens.
Aviez-vous des petits mots doux pour Edwige ?
Parfois, je l’appelais Edwigette, mais le plus souvent c’était « mon cœur ». Enfin, ça me gêne un peu d’en parler… Elle disait que nous étions deux inséparables, en se référant à ces oiseaux qui se bécotent sans arrêt. C’est vrai que nous aimions tout le temps nous embrasser. Dès que nous nous croisions à la maison, nous nous donnions des baisers. Elle nous disait inséparables, et pourtant…
Finalement, les intellectuels sont comme tout le monde : ils expriment leur amour par des métaphores ou des diminutifs un peu enfantins…
Bien sûr. Nous nous faisions des petits dessins. Nous aimions jouer ensemble, comme les enfants. Ce sont des choses normales. Montaigne disait que « chacun porte en soi l’humaine condition » : c’est le tronc commun à toute l’humanité. Le fait d’être un intellectuel et un écrivain donne la possibilité d’exprimer avec des mots ce que tout le monde vit ou ressent.
Quel est donc ce lien si particulier qui vous unissait à Edwige ?
Ce lien a commencé avec un coup de foudre, bien avant que nous nous unissions. C’était en 1961 et nous nous sommes mariés en 1978. Grâce à ce livre, Edwige, l’inséparable, j’ai compris ce qui nous liait si intimement, bien que nous soyons totalement différents. Montaigne disait de La Boétie : « C’était lui, c’était moi. » Avec Edwige, c’était elle et c’était moi.
Quelle est la singularité de votre amour filial ?
Ma mère est l’amour primordial de ma vie. Elle est morte quand j’avais 10 ans. Après son décès, elle est devenue à mes yeux une sorte de déesse. Elle s’appelait Luna (« Lune ») et, quand je vois la pleine lune, je sens sa présence. Sa perte m’a donné un grand besoin d’amour, car elle a laissé un immense vide en moi.
Quant à mon père, j’avais un ressentiment contre lui car, pensant me protéger de trop d’émotions, il m’a bêtement caché la mort de ma mère. Il m’a privé de lui dire au revoir. Je ne me suis vraiment réconcilié avec lui qu’après des années.
Finalement, Edwige et vous aviez une épine liée à vos enfances ?
Exactement. Le père d’Edwige était un médecin bohème qui ne se faisait pas payer et fréquentait les artistes. Il avait été chassé par la mère d’Edwige, elle aussi médecin, mais très bourgeoise. Edwige m’a toujours dit que son père était pour elle un étranger. Cependant, à deux ou trois occasions, j’ai constaté que quelque chose se déchirait en elle quand on l’évoquait. C’était la racine de son caractère renfermé : elle cachait cette douleur. D’autant qu’Edwige a toujours eu le sentiment que sa mère ne l’aimait pas.(…)
Pensez-vous pouvoir aimer de nouveau ?
Oui. J’éprouve d’ailleurs actuellement un sentiment amoureux pour quelqu’un, mais ce nouvel amour n’effacera pas celui pour Edwige. J’ai découvert en chacune des femmes que j’ai aimées une souffrance d’enfant. Est-ce par télépathie ? Est-ce dans l’expression du regard qui me donne un message subliminaire qu’avec le temps je comprends ? En fait, c’est une chose mystérieuse, mais je suis un éternel amoureux. C’est à la fois ma pathologie (la perte de ma mère a créé un vide absolu) et ma santé (l’amour est la santé de l’âme). Parfois, je me dis qu’il s’agit d’une sorte de maladie. Mais, finalement, je crois que je suis un être très simple et normal. Car il faut aimer, aimer encore. Le philosophe Vladimir Jankélévitch est celui qui a le mieux exprimé ces choses-là en écrivant : « Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien sont les choses les plus importantes dans la vie. »
■ Edgar Morin a publié un livre dédié à sa femme, Edwige, l’inséparable (Fayard, 2009).
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