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vendredi 3 juillet 2026

Paroles natures



" Feuilles de catalpa
Tendues vers l'au-delà
de soi "
(François Cheng, Double chant section « L'Arbre nous en a parlé », p. 70)


photos perso dans le jardin

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mercredi 8 octobre 2025

Eclaircie poétique

 Haïkus de la clarté, Pierre Dhainaut dans Progrès d'une éclaircie, Faï fioc, 2015.


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Un colloque avec et sur Pierre Dhainaut est organisé prochainement 
par Sabine Dewulf et Sabine Zuberek

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vendredi 17 mai 2024

La vie de l'ombre


 "Matin de printemps 
Mon ombre aussi 
Déborde de vie ! "
Issa



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mardi 16 janvier 2024

Deux haikus d'hiver ..

 


malgré le chagrin

s’éprouver reconnaissant

du feu qui crépite 


au profond de la nuit 

recevoir la présence 

qui veille quoi qu’il advienne


Gilles Farcet

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samedi 31 décembre 2022

Chat lu !

 


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mardi 1 février 2022

Plouf, le repos.

 L’art du plouf, savoir flotter…

Retour au bercail, lessivé, crevé, excavé de fatigue et plein de reconnaissance….

Merci de tout cœur à toutes et à tous…

Sur le chemin de Nietzsche, à nouveau une vie pépère, contemplative…

Epuisé, je dévale la pente qui conduit au lac. 

Sur le chemin, une jeune femme en pleurs, des enfants qui jouent. 

Beauté et tragique de l’existence.

Je n’avais jamais compris le poème de Basho…


Interprétation toute personnelle : 

Un vieil étang, 

Une grenouille,

Plouf.

Le vieil étang c’est le fond du fond, le calme, la paix, la nature de Bouddha qui rayonne en chacun de nous.

La grenouille ? Ca pourrait être les tracas, le stress, le bruit, les peurs, la blessure, le manifesté…

Plouf, retour au calme, plongeon dans un océan de paix. Tout est paix, au fond du fond.

Apprendre à flotter dans l’étang, ne plus craindre les croa croa croa, oser le grand plouf dans la profondeur… 

Le défi... Le vrai repos. Plouf...

Merci à toutes et à tous. Votre soutien me réconforte. Plouf…

Prenez soin de vous. Prenons soin de nous sans laisser personnes sur la touche.

Bisous

Alexandre Jollien

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samedi 1 août 2020

Une totale disponibilité au monde


...Sur l’autre versant de la profondeur, la pratique méditative régulière rend disponible au monde, à sa beauté comme à ses contradictions. Elle aide à affiner son langage, à entendre les résonances entre le réel et l’intériorité, toutes « les correspondances ». Hervé Esnault, sophrologue et hypnothérapeute, met à profit les états modifiés de conscience des personnes qu’il reçoit pour leur lire un ou deux haïkus, ou l’Invitation au voyage, de Charles Baudelaire. « Je leur propose de se redire ces vers mentalement. Puis elles laissent parler leur imaginaire, se promènent dans de nouvelles manières de voir leur vie. » Pour ce public souvent contraint par le stress et l’anxiété, c’est comme une fenêtre inespérée, celle de la conscience, qui s’ouvre. « Je les encourage à garder les notes de ce qu'ils vivent à l’issue des séances, car les hàikus notamment aiguisent leur regard sur l’instant présent », se félicite le praticien.


« Quand vous entendez le mot océan, votre cerveau active la zone olfactive, celle qui perçoit l’odeur iodée. Aussi peut-on dire d’un poème qu’il transforme votre cerveau », s’émerveille pour sa part Pierre Lemarquis, neurologue, neuropharmacologue et président de l’association l’Invitation à la beauté, qui explore la notion d’« empathie esthétique ». « Écouter de la poésie, c’est être en amont du langage comme quand on écoute une symphonie », explique-t-il. Ce refuge dans l’instant présent et les plus petits détails de la réalité aide paradoxalement à traverser les périodes agitées, ou désolantes. Ce n’est pas toujours le rêve d’un ailleurs et le désir d’évasion qui nous portent alors, mais bien plutôt l’attention au « tout devant », la conscience de ce qui est simplement là. Comme beaucoup d’autres, je l’ai expérimenté pendant le confinement. Observer sur ma petite terrasse la floraison de l’hortensia ou de l’arbre d’à côté et transformer ces instants en haïkus suffisait à colorier les jours. 

Pascale Senk
(source : La Vie)

"face à l'ocean-
les pensées vont et viennent
par vagues
sur le rocher
mon ombre soudain hors
et dans le monde"

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dimanche 19 février 2017

Prière phytospirituelle du matin...


Pause des jours d'hiver
matin de prière
bourgeon d'instant



Extraits par deux  illustrations graphiques choisies du renku de Matsuo Munefusa (Bashô)

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samedi 18 février 2017

Rencontre poétique et pratique avec Pascale Senk


Pascale Senk est journaliste et écrivain. Elle est l'auteure avec Martin Rubio du livre Échanger sa maison, le nouvel esprit du voyage (Éditions des Équateurs) et de L’Effet haïku, lire et écrire des poèmes courts agrandit notre vie (Leduc.s éditions), un témoignage et une enquête sur les pouvoirs méditatifs et existentiels de cette pratique. Avec une sélection des plus beaux haïkus et des suggestions pour en écrire.

Marc de Smedt - J’ai eu un vrai coup de cœur pour votre livre, qui nous apprend à la fois à saisir les moments précieux de nos vies et à nous épurer de nos trop-pleins. Comment vous est venue l’idée de ce voyage ?

Pascale Senk - Je m’intéressais depuis longtemps à la poésie, mais avec les haïkus japonais, dans leur brièveté et leur simplicité d’accès, j’ai découvert un monde nouveau. En plus du plaisir de la lecture et l’état méditatif qu’ils créent, les haïkus m’ont littéralement « reformatée » et recentrée. J’ai donc vécu et je vis là une expérience existentielle que j’ai voulu partager car elle est accessible à tous. 

Marc de Smedt - Vous dites qu’il faut à la fois créer son propre choix de haïkus utiles au quotidien et apprendre à en écrire pour coucher sur le papier ses états d’âme, ses douleurs ou ses émerveillements, car cela fait du bien…


Pascale Senk - Oui, cela permet de savoir accueillir ce qui vient, d’être davantage présent, attentif à ce qui est là, et de devenir une conscience qui sort de sa bulle à problèmes et apprend à explorer le monde de ses émotions de façon simple et efficace tout en s’ouvrant à autre chose de plus intéressant en soi. En lisant ou écrivant des haïkus, on se sent rassemblé, apaisé, relié et centré sur l’essentiel. On peut pratiquer cela à tout moment de la journée ! Je cite une formule de Marie de Hennezel, qui dit : « Ecrire un haïku peut être une pratique spirituelle qui permet de rester vivant et branché sur le neuf en soi. » Chaque haïku a sa propre histoire !

Marc de Smedt - Votre livre propose, suivant le mot de Michel Onfray, « une attentive présence au monde ». Comment l’avez-vous conçu ?


Pascale Senk - Dans la première partie, j’évoque comment une lecture régulière de haïkus peut imprégner notre manière d’être et d’envisager la vie. Chaque chapitre s’intéresse à une facette du haïku, et à la leçon qu’il nous transmet. Mais pas de sagesse sans pratique. Aussi souvent que possible, j’ai suggéré au lecteur une expérience en rapport avec ce que je venais de développer. La deuxième partie donne quelques points de départ pour écrire ses propres haïkus et montre comment cette pratique nous permet de jouer, de devenir plus conscients, de nous apaiser, de remercier, de célébrer l’amitié, d’être plus attentif à la beauté de la vie… C’est une voie d’épanouissement !


source : Clés 


Quelques haïku choisis par Pascale Senk (et mis en image) :





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dimanche 1 avril 2012

Regardez ! Regardez ! avec Joshin Luce Bachoux

« Regardez ! Regardez ! » Aussi bref qu'une respiration, aussi plein qu'un tableau, il y en a un pour chaque instant de notre vie : le « haïku », ce court poème japonais, nous montre de petites choses, si légères qu'on ne les voit pas, si habituelles qu'on ne les regarde pas. Il parle du fugace, de l'absolu, de l'instant :
« Au firmament d'automne,
un petit oiseau
aux dimensions du ciel... »
Issa

Comme on voudrait le saisir, l'attraper, juste ce moment ! J'ai les yeux plus grands que la tête et les mains qui me démangent ! C'est que cette matinée est si belle ! Juste fraîche, avec un petit parfum de feu de bois et de rivière. Il est tôt, et les oiseaux, eh bien, s'égosillent, il faut le dire, rien de très mélodieux, mais si joyeux, si pleins de vie qu'ils donnent envie de courir et de sauter... Et puis il y a la neige, et les pins aux fleurs de givre, et peut-être, là-bas, queue rousse, vite disparu dans un fourré, un renard - et on veut croire qu'il est venu voir le soleil se lever, et pas vérifier si la porte du poulailler du voisin est bien fermée !
Oui, il est si parfait ce matin, dans sa beauté et son impermanence, son effervescence et son foisonnement : je ne sais par quel bout le prendre ; je voudrais le ranger dans ma tête, pour le ressortir à l'envi, ou, mieux encore, pouvoir le faire vivre sur le papier... Mais je sens bien qu'il m'échappe, déjà, la lumière change, déjà, le moment est passé, déjà, il est trop tard...D'autres, avant moi, s'y sont essayés :


« Soir : la cloche du temple
arrêtée dans le ciel
par les cerisiers en fleurs. »
Chiyo


Attrapant au vol l'infiniment grand et l'infiniment petit, il nous fait rêver, ou rire, ou frissonner :


« Une par une
les étoiles apparaissent
- quel froid ! »
Taigi

Mais, toujours, il nous interpelle : ne dormez pas ! Tout est autour de vous, toujours... Regardez ! Regardez :


« Crépuscule,
dans l'eau de la flaque
la lumière vit encore... »
Issa

Ces courts poèmes illustrent bien cette phrase du peintre Shitao : « Trouver la profusion, au bord du pas-grand-chose, au bord du rien... »
Au bord du rien : un souffle, une esquisse de geste, un rêve :


« Sur ma paume
une libellule bleue
et son parfum d'eau. »
Kuroda


Le haïku : une évocation, un trait à peine tracé, une émotion attrapée au vol, le cœur qui se serre :


« Sur ce chemin,
nul ne vient,
- soir d'automne. »
Bassho


Oh, il n'est pas toujours romantique ; tout est bon, les gestes les plus quotidiens et les choses les plus ordinaires, il suffit de regarder autrement et nous voyons le comique des petits événements de notre vie :


« Pour vous aussi, les puces,
la nuit est peut-être longue
- mais elle n'est pas solitaire ! »
Issa


Il nous transforme en géant, ou en Lilliputien ; il nous fait ouvrir les yeux à un autre monde, il voit de la poésie là où, souvent, nous ne voyons rien...Ah ! Celui-ci, mon préféré, peut-être, au bord du minuscule, au bord du rien, et tout est là :


« Sur la pointe d'une herbe
dans l'infini du ciel,
une fourmi... »
Hosaï

Regardez ! Regardez !

Joshin Luce Bachoux est nonne bouddhiste. Elle anime la demeure sans limites, temple zen à Saint-Agrève, en Ardèche.