dimanche 1 septembre 2024
L'intranquille
samedi 31 août 2024
Méditations
Pour que les actes accomplis dans le but d’aider autrui aient véritablement des conséquences bénéfiques, ils doivent être guidés par la sagesse, une sagesse qui s’acquiert par la méditation. La raison d’être ultime de la méditation est de se transformer soi-même pour mieux transformer le monde, ou de devenir un être humain meilleur pour mieux servir les autres. Elle permet de donner à la vie son sens le plus noble.
Matthieu Ricard, L’art de la méditation.
"Quelle est l'intention des méditations ?
C'est l'intention qu'ont tous les êtres : être heureux, expérimenter le bien-être et éviter la souffrance, le mal-être !
Notre ignorance des conséquences de nos actes fait que, malheureusement, nous nous trompons souvent et nos actes, malgré notre bonne volonté, entraînent régulièrement de la souffrance pour nous-mêmes et pour les autres. Il s'agit donc d'essayer de mettre de la conscience sur nos actes.
Nous arrêter le temps de la méditation, observer ce qui se passe dans notre esprit est un premier pas vers la paix. Prendre conscience que chacun de nos actes est précédé d'une pensée. Prendre conscience que nous avons si peu de pouvoir sur le surgissement de nos pensées. Prendre conscience que nous avons la possibilité de devenir conscient de ce que nous allons faire de la pensée qui surgit.
A partir de là nous allons pouvoir commencer à essayer d'avoir une vie un peu plus consciente. Nous allons essayer de devenir conscient, de nous éveiller à notre véritable nature et à la véritable nature de tous les phénomènes.
Peut-être en arriverons nous à devenir conscient que la seule façon d'être vraiment en paix est de s'éveiller pour le bien de tous les êtres, ce qui est l'union de la sagesse et de l'amour.
Et pour tout cela nous avons à développer certaines qualités : la patience, le courage, la générosité, l'éthique, la concentration, la sagesse.
Vous voyez, il y a du travail pour chacun de nous..."
Philippe Fabri
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vendredi 30 août 2024
Silence du dedans
"Un jour, on découvre ce silence du dedans, qui existe en dehors de tous les mouvements de l'âme. Comme un espace profond, mystérieux, inexprimable.
Ce silence du dedans n'est pas absence de bruit, mais une vie, une présence qui absorbe le temps, efface toute chose. A ce moment, le monde entier baigne dans le silence, il est enveloppé par lui, et ce silence est plénitude".
Erik Sablé, Brèves de Sagesse, Editions Dervy.
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jeudi 29 août 2024
Observation et connaissance
Le Bouddha nous a appris à observer les choses précisément là où elles apparaissent. Une fois apparues, elles ne durent pas ; elles disparaissent et d’autres choses apparaissent qui finissent aussi par disparaître.
Mais ce n’est pas ce que nous voulons !
Quand notre esprit est en paix, nous voulons qu’il continue à être en paix, nous ne voulons pas qu’il s’agite, nous voulons nous sentir bien !
Or, ce souhait est contraire à la réalité.
Le Bouddha nous a dit de commencer par voir et comprendre clairement la nature de tout ce qui nous entoure. Ce n’est qu’ensuite que l’esprit sera vraiment calme et paisible.
Tant que nous ne connaîtrons pas ces choses, tant que nous ne comprendrons pas nos humeurs, nous demeurerons des personnes changeantes, nous nous attacherons à nos humeurs, et cela tournera à l’entêtement et à l’orgueil.
~ Ajahn Chah
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mercredi 28 août 2024
Amour joyeux
Aristote écrit : « Aimer, c’est se réjouir », idée que reprendra Spinoza, quelques vingt siècles plus tard, en disant – et c’est la définition de l’amour que je préfère : « l'amour est une joie qui accompagne l’idée d’une cause extérieure ». Autrement dit, aimer c’est se réjouir de.
Si quelqu’un vous dit : « Je suis joyeux à l’idée que tu existes », vous prendrez cela pour une déclaration d’amour, et vous aurez évidemment raison. Vous aurez aussi beaucoup de chance, parce que c’est une déclaration spinoziste d’amour, ça n’arrive pas tous les jours, beaucoup de gens sont morts sans avoir entendu ça ; et puis, surtout, c’est une déclaration d’amour qui ne vous demande rien. Et ça, c’est tout à fait exceptionnel. Profitez-en bien ! Parce que si quelqu’un vous dit : « Je t’aime », mais s’avère être platonicien, son « je t’aime » signifie en vérité « Tu me manques, je te veux ». Donc il demande tout, puisqu’il vous demande vous-même. Alors que si quelqu’un vous dit : « Je t’aime » en un sens spinoziste, cela veut dire : « Tu es la cause de ma joie, je me réjouis à l’idée que tu existes ». Il ne demande rien puisque votre existence suffit à le convaincre et à le satisfaire.
l’amour selon Platon et Spinoza de André Comte-Sponville.
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mardi 27 août 2024
Alors respire....
"Le vent coule si paisible
sur le sommeil de la prairie
que les herbes semblent
inventer la brise en rêve.
Et les nuages passent sans bouger
tellement ils sont haut et loin
de nos pensées .
Et les pensées se perdent
Dans le bleu d'un autre ciel.
Alors respire le rien."
Jean Mambrino 1923-2012 - Ainsi ruse le mystère. Poèmes
peinture : Andrew Wyeth 1917-2009 Blackberries
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lundi 26 août 2024
Sortir des griffes du temps
Bonne semaine accompagnée de repos chaleureux !
Un gros chat attend son heure ~
Sagesse féline
dimanche 25 août 2024
« J’ai le vague à l’âme de l’été, la nostalgie de l’enfance où le temps du repos était long »
Paule Amblard arpente les rues désertées du Paris estival… et cette saison lui évoque l'insouciance de ses jeunes années, les déambulations des poètes, l'abandon au présent des spiritualités orientales.
À l’heure où j’écris, la ville dans laquelle j’habite est dépeuplée. À Paris, les rues sont en deuil avec leurs commerces fermés par les lourdes ferrailles des rideaux gris, les trottoirs sont désertés des humains, des poussettes, des chiens. Je pourrais me réjouir de ce calme retrouvé, où la cité semble reprendre souffle.
Débarrassée de son trop-plein d’habitants, elle apparaît nue dans la beauté de ses musées, de ses monuments, de ses immeubles de vieilles pierres, de ses éléments qui n’appartiennent qu’à elles : une entrée de métro signée Guimard, une fontaine Wallace avec ses cariatides, un bouquiniste le long de la Seine. La pierre reprend ses droits sur la foule qui s’est enfuie, elle redevient un objet de contemplation. Je pourrais me réjouir de ce spectacle qui brille pour une poignée d’égarés qui ne sont pas partis. Mais le temps radieux m’invite ailleurs.
Ce bonheur d’enfant
J’ai le vague à l’âme de l’été, la nostalgie de l’enfance où le temps du repos était long, heureux, loin de mon quotidien d’écolière. L’été avait le goût de pêche, l’odeur de fleur et de vent, la surprise de l’instant non prévu, le sourire des adultes détendus. C’était si simple, le temps d’enfance, à rêvasser, à bouger sans fatigue ou lassitude, à regarder l’infiniment petit dans une fourmi ou l’infiniment grand dans les constellations célestes.
À l’heure où je devrais travailler, j’aimerais voyager dans ce passé des étés de l’enfance, revoir mon grand-père dans le jardin confectionner pour ma sœur et moi des pagnes de Tahitiennes avec des fanes de carotte. J’aimerais revenir dans l’église où nous allions chaque dimanche célébrer la messe avec ma grand-mère, l’entendre chanter fort à me faire rougir d’être à ses côtés, mettre ma main dans la sienne à l’heure de communier, aller dans le cimetière sur la tombe familiale pour dire un bonjour hebdomadaire à ceux qui sont partis et nettoyer la pierre, l’orner de nouvelles fleurs et enfin revenir dans la maison, rejoindre mon grand-père qui ne croit pas mais respecte la ferveur de son épouse.
J’aimerais retrouver ce bonheur d’enfant fait de grandeurs et de manques, d’engouements et d’ennuis. Pourquoi à l’âge adulte est-ce devenu si complexe de vivre pleinement, sans crainte, en faisant confiance à notre destinée ? Il faudrait faire comme les bouddhistes, laisser passer les nuages des pensées, des obligations, des projections pour fixer sa conscience sur l’instant présent, qui laissera sa place à un autre instant.
Une question de conscience
Il faudrait être comme les poètes qui n’ont pas besoin de sortir de chez eux pour déambuler dans la nature et être en communion avec le monde : « J’irai dans les sentiers, / Picoté par les blés, fouler l’herbe menue : / Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. / Je laisserai le vent baigner ma tête nue. / Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : / Mais l’amour infini me montera dans
l’âme », écrit Rimbaud dans son poème Sensation.
Il faudrait être comme les voyants, sentir le ravissement spirituel, quitter nos pesanteurs, se retourner et voir le ciel ouvert comme Jean à Patmos. Que l’on reste, que l’on parte, on voit bien que tout ceci est une question de conscience. Vacances ou non, il s’agit de trouver la bonne orientation, celle qui mène à l’Orient de nous-mêmes, vers la lumière qui est la nôtre.
Alors les nuages, les nostalgies seront laissées à ce qu’ils sont, des souvenirs. Si vous partez en vacances ou si vous ne partez pas, - puissiez-vous goûter les pêches et sentir l’odeur du vent. « Ici une buée, et là une buée / Et après la Clarté ! » (Emily Dickinson).
Paule Amblard
Historienne de l’art, spécialisée dans l’art du Moyen Âge et la symbolique chrétienne, elle est l’autrice de l’Apocalypse de saint Jean, illustrée par la tapisserie d’Angers (Diane de Selliers, 2010), des Enfants de Notre-Dame et de la Chambre de l’âme (Salvator, 2021 et 2023).
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samedi 24 août 2024
lumière de la nuit
Hexagramme du samedi 24 selon l'almanach Ton Shu :
vendredi 23 août 2024
Arc et flèche...
jeudi 22 août 2024
Jour de transformation...
Hexagramme du 22 / 08 ..., il est tellement inspirant
mercredi 21 août 2024
Douleur chronique
À toutes celles et ceux qui endurent la douleur chronique sans trouver les mots pour la dire, pris au piège d’une prison d’autant plus redoutable qu’elle est invisible. Tenter de lui jeter un sort par le pouvoir cathartique de la poésie. Continuer, persévérer, ne pas rester figer, garder le fil du mouvement vital. Sortir de l’isolement en osant parler. Se fier à ce que le corps raconte de notre histoire et avancer main dans la main avec les thérapeutes qui jalonnent ce parcours du combattant pas toujours pacifique. Mon maître de chant Jean-Pierre Blivet m’a transmis une clef essentielle, fondamentale pour libérer la voix autant que le corps qui m’a beaucoup aidée :
« P a s d e p r e s s i o n , p l u s d ’ e s p a c e ».
Plus je lutte, plus je me contracte. Plus je me contracte, plus j’exacerbe la douleur à mesure que les tissus se resserrent mis sous pression manquant d’oxygénation. En d’autres termes R E S P I R E R en conscience pour apporter de l’espace en soi là où la douleur tend à nous assécher. Je sais combien cela est difficile à mettre en œuvre mais je sais aussi que cela en vaut la peine. Laisser la vie chanter à travers soi aussi ténue et fragilisée soit-elle. Le souffle est - si ce n’est la voie - une des voies à suivre pour apaiser, transcender la douleur. Céline Dion nous en a montré un édifiant et bouleversant aperçu lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024.
mardi 20 août 2024
Deux déesses...
Le fondement d'une existence réussie, c'est à mes yeux, je le disais il y a quelque temps, la foi dans la vie : quoi qu'il arrive, où que nous en soyons, même au pire du pire, au cœur du chaos de l'existence. Un chaos souvent perçu comme négatif alors qu'en réalité, il n'est qu'un réservoir encore informe de ressources inimaginables.
C'est pourquoi Eris, déesse grecque de la discorde (Discordia pour les Romains), se situe à la base de la lyre cosmique dont joue la déesse Harmonie (schéma de gauche). Elle est fille de la Nuit (Nyx) et petite-fille du Chaos primitif, celui qui n'a pas de nom et dont tout procède.
D'une manière plus concrète, ce chaos, c'est l'ensemble de notre alphabet en désordre, c'est-à-dire toutes les potentialités de notre langage, par lequel nous cherchons à donner un sens au monde où nous jouons notre rôle, sans jamais pouvoir (heureusement !) en épuiser le mystère.
Regardez bien cette déesse qui semble redoutable, avec ses cheveux de jais et cette longue mèche qui lui barre le visage, le corps perdu dans un immense tourbillon : elle tient dans sa main une pomme d'or !
Bien sûr, dans le mythe grec, cette pomme est la cause de la terrible guerre de Troie, qui dura 10 ans, selon Homère. Mais si nous élargissons notre vision, nous constaterons que le jardin des Hespérides est un fabuleux Eden - certes très bien gardé 😉 - qui contient une multitude de fruits d'or !
N'est-ce pas là l'essentiel ?
Source : dessins de Marie Dewulf pour L'Oracle alphamythique - texte Sabine Dewulf.
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