extrait de Le Livre des transformations de Richard Wilhelm
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S'émerveiller, c'est résister.
C'est d’une certaine façon désobéir.
Christian Bobin
Image par Simone Bramante
De même que l'ombre suit le corps, tel on pense, tel on devient."
Bouddha. - (Via Matthieu Ricard )
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Jean-Marc Mantel, Le Mirage du moi – Le spectacle et le spectateur, éditions Accarias-L’Originel de Jean-Louis Accarias, 2022.
Où qu’on ouvre un livre de Jean-Marc Mantel, on ne peut qu’être saisi par la clarté et la force des réponses qu’il apporte aux personnes qui le questionnent. Le Mirage du moi, nouvellement paru chez l’excellent éditeur Accarias-L’Originel, se compose de trois grandes parties, respectivement intitulées « La naissance du moi », « Les croyances du moi » et « Les souffrances du moi ». Au total, ce sont 44 chapitres qui se succèdent, chacun d’entre eux étant centré sur un thème précis. Par exemple : « La densité des pensées » (p. 82), « Croire que l’on peut aider les autres » (p. 138), « Conscience et utilité de la souffrance » (p. 208), « Les obsessions du moi : le corps, la sexualité, la drogue » (p. 296)… Bien des réponses sont courtes et concises, même si certaines d’entre elles sont très développées. Jean-Marc Mantel emploie des phrases plutôt brèves, fermement affirmées et conclues par un point. A titre d’exemple, voici une de ses réponses :
« Mon « je » simple et inconscient est-il différent du « Je » spirituel ?
Non. Il n’y a qu’un Je. Les autres « je » n’en sont que des reflets. Une seule bougie pour d’innombrables reflets dans des miroirs multiples. »
Je n’ai pas rencontré Jean-Marc Mantel mais, pour avoir entendu, de vive voix, différentes paroles d’êtres réalisés, je me sens, quand je le lis, en terrain connu, de ce point de vue : il me semble que les assertions de ce maître sont issues d’une expérience profonde, fondamentalement différente de celles qui peuvent être les nôtres. Médecin psychiatre de formation, il a suivi l’enseignement de Jean Klein. L’aisance avec laquelle il formule son propre enseignement me frappe et me donne toujours envie de le lire davantage. Cet ouvrage a été conçu et élaboré par Bernard Seghezzi dans une forme qui le rend extrêmement accessible et facile à consulter, si l’on cherche par exemple une réponse à propos d’un thème précis.
Extrait du chapitre 24 « Se dégager de la croyance par le questionnement, le raisonnement » :
« La reconnaissance de la totalité de ce que tu n’es pas, sans doute et sans condition, t’amène à l’extrême rebord de ce que tu es. Il n’y a plus alors place pour la moindre volition, ni pour un moi qui veut. L’absorption dans l’unité se fait ensuite d’elle-même, en temps voulu, lorsqu’il n’existe plus aucune saisie, ni retenue, tout comme la chaise qui bascule en arrière, lorsque la main, qui la maintient, lâche toute prise. » (p. 189)
Avis de lecture par Sabine Dewulf
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Ta souffrance
Le mot méditation est aujourd’hui sur toutes les lèvres.
En 1967, Il y a plus de cinquante ans, je demandais à Graf Dürckheim ce qu’il entendait par méditation ?
« Méditation ! C’est un concept. Si vous posez cette question à vingt personnes je suis persuadé que vous aurez vingt définitions différentes. On ne peut pas dire la méditation c’est ça ! On peut décrire ce que l’on comprend en pratiquant soi-même un exercice proposé sous ce nom. La méditation que je pratique et enseigne est désignée au Japon comme étant zazen. »
Le maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi, que nous avons eu l'honneur et la chance de recevoir au Centre au cours des dix dernières années, a toujours souligné que « Il y a mille et une façons de méditer mais qu'il n’y a qu’une façon de pratiquer zazen ».
Jinen San, Maître Zen qui enseigne au Japon et en Australie, répond que "La vérité est la vérité sans vérité ! C'est la vérité. Et il ajoute que "Lorsque nous disons ou mentionnons simplement la vérité, c'est habituellement la vérité dans le concept. Il y a donc une séparation entre la vérité et la vérité conceptuelle".
On ne pratique pas zazen avec le mental. A la question - Pourquoi est-il si difficile de faire l'expérience de la vérité ? Jinen San répond: "Si difficile ? Parce que nous pensons! C'est une sorte d'habitude, nous pensons qu'il faut tout penser... voilà le problème. Nous pensons que nous ne savons pas grand-chose sur les choses sans les conceptualiser, sans les approcher par la pensée. Ce qui est la cause de beaucoup de problèmes".
- Vous voulez dire que la clé qui ouvre sur la vérité est donc la MÉDITATION ?
« C'est la raison de la méditation. Mais lorsqu'on dit "méditation" il serait plus juste de dire ZAZEN. Lorsqu'on dit "méditation", c'est une pratique à travers le concept. Zazen est hors concept. On utilise la même position assise pour zazen ou pour méditer, mais la manière de pratiquer est très différente si on médite ou si on pratique zazen".
Parmi les promoteurs d'une pratique méditative dite moderne - la méditation de pleine conscience -nombreux sont les initiateurs qui font l'amalgame entre zazen et méditation. En affirmant un tel assemblage ils attestent d'une vérité : ils n'ont jamais encore pratiqué zazen. La plupart des personnes qui pratiquent "la méditation de pleine conscience" cherchent à obtenir quelque chose. La liste des CENT bienfaits associés et promis à celles et ceux qui pratiqueront cette méthode est en totale opposition avec l'exercice essentiel du Zen - ZaZen - qui est pratiqué SANS but.
Je ne pratique pas zazen en espérant atteindre un but prémédité. Je ne pratique pas zazen en cherchant à me faire une idée de la vérité qu'il me faudrait atteindre.
Pratiquer zazen en ayant un but, serait faire de zazen un moyen alors que zazen, par lui-même, est l'activation des qualités d'être qui sont à l'origine, au commencement de notre existence : la paix de l'âme (le calme intérieur), la paix de l'esprit (la sérénité) et la simple joie d'être qui en est l'expression.
Le Maître Zen Daigu Ryokan (1758-1831) écrit que " Zazen n'est pas un moyen ; zazen est une preuve".
Une preuve ? Oui, la confirmation à travers un vécu intérieur, de la libération de notre vraie nature d'être humain hors des chaînes d'un moi mondain - l'ego - qui est devenu le domaine de l'angoisse et des états qui l'accompagnent (soucis, inquiétude latente, peur souterraine). Expérience libératrice qui, même lorsqu'elle a la douceur d'un souffle, est bouleversante.
Zazen est l'exercice au cours duquel s'opère une véritable métamorphose. "Lorsqu'on pratique zazen, le corps prend la forme du calme !" (Hirano Roshi).
Zazen est un exercice indubitablement corporel et spirituel.
Corporel ! Ici encore il nous faudra distinguer la vérité dans le concept et la vérité vraie. Ce qui exige d'avoir un regard nouveau sur ce qu'on appelle : le corps.
Passage de l'idée d'un corps que l'homme —A — à l'expérience du corps que l'homme —EST—. Au cours de la pratique de zazen s'éveille la conscience de ce que les japonais désignent comme étant le corps du Chemin". Cela ne concerne pas le corps que nous avons (Körper) mais le corps vivant dans sa globalité et son unité. (Leib).
C'est dans l'attention à l'acte de respirer que nous expérimentons la métamorphose de notre manière d'être au monde. " La respiration est davantage qu'une alimentation de l'homme en oxygène. L'acte de respirer est ce geste vital au cours duquel l'homme peut se donner lorsqu'il expire et se recueillir lorsqu'il inspire" (K.G. Dürckheim).
Il serait plus approprié d'écrire —JeInspire— sans intervalle entre le sujet et le verbe. Parce que, en vérité, il n'y a ni distance ni écart de temps entre ce que je nomme "Je" et ce que je nomme "inspire". "Je respire" est la vérité dans le concept. "JeInspire" est la vérité vraie.
Spirituel ! Lorsque la vie spirituelle devient une profession de foi et donc, une vérité dans le concept et un objet de réflexion mentale ; la personne se coupe de sa racine essentielle, de sa propre essence, de sa vérité vraie. Le Maître Zen - qui n'est pas un maître de vie mais un maître dans la pratique d'un exercice - nous propose une Voie d'éveil à notre nature spirituelle à travers un chemin d'expérience et d'exercice. Les grandes formules abstraites, les grandes idées laissent place à un engagement : "Le chemin est la technique ; la technique est le chemin".
Jacques Castermane
A peine la journée commencée et… il est déjà six heures du soir.
A peine arrivé le lundi et c’est déjà vendredi
et le mois est déjà fini
et l’année est presque écoulée
et déjà 40, 50 ou 60 ans de nos vies sont passés.
et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.
et on se rend compte qu’il est trop tard pour revenir en arrière.
Alors… Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste.
N’arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent.
Mettons de la couleur dans notre grisaille.
Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.
Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste.
Essayons d’éliminer les « après » …
Je le fais après,
Je dirai après
J’y penserai après
On laisse tout pour plus tard comme si « après » était à nous.
Car ce qu’on ne comprend pas, c’est que :
après, le café se refroidit …
après, les priorités changent …
après, le charme est rompu …
après, la santé passe …
après, les enfants grandissent …
après, les parents vieillissent …
après, les promesses sont oubliées …
après, le jour devient la nuit …
après, la vie se termine …
Et après c’est souvent trop tard…. Alors… Ne laissons rien pour plus tard…
Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre les meilleurs moments, …
les meilleures expériences,
les meilleurs amis,
la meilleure famille…
Le jour est aujourd’hui… L’instant est maintenant…
Jacques Prévert (1900-1977).
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Même si vous trouvez une seule personne qui vous respecte complètement (parce que tout jugement prouve un manque de respect), qui vous accepte tel(le) que vous êtes, qui ne vous demande rien, qui dit: "Sois toi-même. Sois authentique. Je t'aime. Je t'aime toi, pas ce que tu fais. Je t'aime tel(le) que tu es au plus profond de ton être, je me fiche de ta coquille extérieure ou de tes vêtements. J'aime ton être, pas ce que tu as. Je ne me soucie pas de ce que tu as, une chose m'importe : ce que Tu Es. Et tu es extraordinairement belle/beau ! "
C'est l'Amour. C'est pourquoi l'amour nous accomplit si profondément. Aimez-vous et acceptez-vous d'abord et sachez que chaque fois que vous trouvez une Femme ou un Homme qui vous aime simplement sans raison, juste pour l'amour, ce genre d'amour transforme !
Il n’y a qu’une façon d’aimer les gens, c’est de les aimer tels qu’ils sont. Ici réside la beauté : lorsque vous les aimez tels qu’ils sont, ils changent ; pas en fonction de votre réalité - ils changent en fonction de leur propre réalité. Lorsque vous les aimez, ils se transforment. Ils ne se convertissent pas, ils se transforment. Ils sont renouvelés, ils se développent, ils atteignent de nouvelles dimensions de leur Être. Mais cela se passe à l'intérieur d'eux, selon leur propre Nature.
Tout à coup, vous devenez une personne différente, une personne que vous n’avez jamais vue, vous vous souvenez de VOUS, vous devenez VOUS. Soudain toute la tristesse disparaît, toutes les difficultés disparaissent. Vos Pas seront transformés en une danse et votre cœur chantera la chanson."
Auteur inconnu ⭐️
(Traduit de l'anglais par la page “L’armure et l’amour” de Unions Sacrées " Amours Solaires de la Nouvelle Terre.)
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Je suis parfois soufflé par la conversation incessante du pré qui fait face à la fenêtre devant laquelle j’écris. Je regarde, je n’entends rien, la fenêtre est fermée, et quand bien même serait-elle ouverte, aucune rumeur ne me parviendrait, mais je vois très bien l’agitation des brins. Ils sont comme huilés par la lumière.
Si j’avais le talent de regarder à fond – un talent qui me manque trop souvent -, je verrais, parce que je le sens, que chaque brin est différent du brin voisin. Ils sont sans arrêt pris dans un événement. Dans l’événement de la brise, de la pluie, dans l’événement des lumières qui vont, qui viennent, qui s’affairent on ne sait trop à quoi, du jour qui s’en va, du froid qui remonte de la terre.
Est-ce qu’il y aura encore un autre jour ? Le pré est rempli de mille questions qui sont sans impatience d’une réponse. "
Christian Bobin - Le plâtrier siffleur
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Il n'y a pas demain, il y a Main tenant !
Se laisser toucher comme on approche l'instant.
On est souvent à deux doigts du bonheur.
Paumé, juste alors ressentir au creux du cœur
Une palpitation qui s'incarne. Gasho !
"Grand-Maman, que faire avec la souffrance ?
- Utilise tes mains mon enfant ! Si tu utilises ton mental, la souffrance s’accentue.
- Mes mains ?
- Oui, oui ! Nos mains sont les antennes de notre âme.
Quand tu les utilises en cousant, en cuisinant, en peignant, en touchant le sol ou en les plongeant dans la terre, tes mains envoient des signaux d’amour au plus profond de toi et ton âme se calme. Et elle n’a plus besoin de la souffrance pour que tu prennes soin d’elle.
- Les mains sont-elles vraiment si importantes ?
- Oui, pense aux bébés, ils découvrent le monde en le touchant. Quand tu regardes les mains des personnes âgées, elles t’en racontent davantage sur leurs vies que n’importe quelle autre partie de leur corps.
Il est dit que tout ce qui est "fait main" est fait par le cœur, parce que c’est vrai, les mains et le cœur sont connectés. Les masseuses le savent. Quand elles touchent le corps de quelqu’un avec leurs mains, elles créent avec cette personne une connexion profonde. Pense aux amoureux, quand ils se prennent la main, ils subliment leur amour.
- Grand-Maman, depuis combien de temps n’ai-je pas utilisé mes mains de cette façon ?
- Utilise-les, mon enfant ! Crée de tes mains ! Et tout à l’intérieur de toi se transformera ! La douleur ne disparaîtra pas, mais elle se métamorphosera en la plus merveilleuse des œuvres d’art. Elle ne te fera plus souffrir. Parce que tu auras réussi à embellir ton essence."
Elena Barnabé
illustration : Emilia Dziubak
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"Il ne suffit pas de manger bio et de se chauffer au solaire. Il n'y aura pas de changement de société sans changement humain. Et pas de changement humain sans changement de chacun. J'espère que l'humanité comprendra enfin que la grande mutation sera celle de l'âme humaine." (Pierre Rabhi)