dimanche 15 janvier 2017

Derrière le voile avec Philippe Mac Leod


La parabole révèle la parole encore secrète au cœur de la graine. Et la parole se tient là, tout entière, roulée sous cette enveloppe, comme l'arbre à venir jusqu'en ses plus fines ramures. La parabole ne donne que ce que l'on peut entendre et recevoir aujourd'hui, seulement ce que l'on peut deviner de ce qui se prépare dans la semence, pas plus grosse qu'une étoile dans la démesure des ciels nocturnes. La parabole ne fait que s'ajuster à nous qui entendons, comme en miroir elle épouse le voile de nos oreilles, la poussière de nos yeux, nous qui regardons et ne savons pas voir celui qui parle, celui qui agit au cœur du grain esseulé, qu'un vent étranger dépose sur l'hiver de nos terres.
Que nous dormions ou que nous nous escrimions, celui que nous ne distinguons pas se tient là, dans le noir de nos aveuglements, infime, minuscule semence dans le fond de nos barques, guère plus distincte qu'un murmure au beau milieu de nos vacarmes. Qu'il dorme ou qu'il veille, c'est nous qui faisons la nuit, d'une épaisseur impénétrable, puisque nous nous tenons au-dehors, trop loin pour entendre, beaucoup trop loin pour le reconnaître, lui, l'insaisissable pêcheur des hautes terres, l'étrange semeur dans sa barque, d'un geste large vers la multitude sur les talus, les foules éparses, assises face à la mer immense et bleue comme une médiation suspendue entre le ciel et la terre.
Le temps sera long d'une rive à l'autre, interminable le chemin sans tracé d'un temps à un autre temps. Et cette barque, qu'on ne quitte pas, comme un fil rouge qui disparaît, puis qu'on retrouve plus loin sur une grève inconnue. Et ces soirs qui descendent, vastes comme le monde, la nuit qui tombe sur la mer et remonte de la terre comme des pensées qui parlent un peu plus bas et parviennent jusqu'à nous, chargées de tous les silences traversés, jusqu'à ces lueurs à ma fenêtre, où je puis le reconnaître, debout dans la lumière de la Résurrection, tenant le fil jamais lâché, pour me le remettre aujourd'hui et ajouter à la chaîne des âges la longueur de mon regard.
Tant bien que mal je le suis sur des chemins identiques, seulement un peu plus longs et plus sinueux, et traversant des villes où les murs ont changé de langage, où les visages des hommes toujours se ressemblent. Ce n'est plus un livre que je tiens entre mes mains ou appuyé sur mes genoux. Le voile de la page est si fin, je peux voir trembler la flamme à l'intérieur du sanctuaire, une présence affleurer à la surface de ma peau déroulant un vivant parchemin, et je pense à cette silhouette légère, jadis, comme un remous à la surface des eaux.
C'est sur les airs qu'il marche à présent, enveloppé du scintillement de nos espaces, dans un aujourd'hui qui retentit de sa voix, et j'aime en suivre la courbe, aux premières heures, lorsque la clarté monte du fond de la nuit, jusqu'aux horizons rougeoyants, comme une phrase bien pleine, bien ronde, qui se déroule, parvenue au bout de son souffle. Il nous a laissé ce livre pour que de chacun de nos jours nous ajoutions une page chargée de sens, et à l'autre bout je m'endors en sentant derrière moi le poids de sa présence, comme si le temps lui-même, qui passe, jour après jour, instant après instant, comme si le temps lui-même était habité, traversé du vent de son passage, son haleine, le frôlement de sa parole vivante, sensible, qui pour moi, ce soir, devient le monde entier.


source : La Vie

samedi 14 janvier 2017

Pierre Rabhi... vu de l'intérieur...


Les problèmes sont en moi déjà !
La nécessité du changement intérieur... 
et du travail sur soi (corps, émotions, pensées)



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vendredi 13 janvier 2017

Introspection...




"Une vie sans introspection ne vaut pas la peine d'être vécue." 

 Socrate




"L’homme moderne, noyé dans de fausses idéologies collectives, désorienté par un manque de valeurs auxquelles se raccrocher, a oublié qu’il avait une âme. 

Il recherche désespérément en dehors de lui quelque chose qui puisse l’animer, le rendre vivant. 


C’est pourtant en lui qu’il pourrait retrouver le contact avec les forces inconscientes qui l’animent, en se confrontant avec elles." 


Carl Gustav Jung

Artiste : Vladimir Kush

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jeudi 12 janvier 2017

Pourquoi méditer ? Dominique Durand


Lorsqu'on se pose la question « Pourquoi méditer ? » il est nécessaire de revenir aux fondamentaux de la technique, la simple assise de Bouddha, parce que celle-ci est sans ego et qu'elle inspire une réponse qui ne concerne en rien tous les justificatifs proposés qui ne sont que des points de vue au service du moi.

Avant même que l'ego ait eu le temps de s'approprier la situation, lorsque l'on vient à peine de s'asseoir, la vertu de l'immobilité et de la tenue nous révèle une vérité qui nous pénètre en force : nous ne nous appartenons pas, rien ne nous appartient dans ce qui se passe en ce moment, ni nous-mêmes, ni ce qui se fait.

Alors, nous ne pouvons qu'être invités à contempler « ce qui se réalise et s'organise selon ses propres lois » (Jacques Castermane).
Un ensemble s'élabore de lui-même qui ne concerne pas seulement « celui de nos dix mille milliards de mitochondries jouant à la perfection leur rôle de nano-centrales énergétiques », ou encore « celui de notre foie régulant nos taux de sucre et d'insuline au millième de gramme près », organisations pour lesquelles nous ne sommes pour rien.

Quoique tout à fait respectable, cette prise de conscience ne serait encore qu'une objectivation de l'inexplicable. Il faut sauter le pas en nous aidant d'une indication de K.G. Dürckheim qui nous invite à « étendre notre intérêt à des régions et des aspects de notre existence que le moi ne peut pas soumettre : l'expérience des sens et l'expérience intérieure du corps », parce que, ajoute-t-il, « ces deux domaines ne sont jamais complètement corrompus ».

Qu'entend-il par là ? Qu'est-ce que le moi ne peut pas soumettre ? Dürckheim nous propose de simplement sentir sans nous approprier ce que nous savons ou ce que nous pensons de ce qui est senti. Henry Maldiney, phénoménologue reconnu, disait que, sentir, ça n'est pas avoir une sensation. L'acte pur de voir, d'entendre, de respirer et non pas de voir, entendre ou respirer quelque chose, ces fonctions, si tant est que l'on puisse les nommer ainsi, ne sont pas de notre fait, elles sont, elles se font et peu à peu et, libérées de nos pensées, nous imprègnent d'une autre façon. Et nous voilà, bouleversés, bousculés par le changement opéré dans notre manière d'explorer cela. Conduits malgré nous à contempler simplement ce qui se réalise, l'expérience nous pousse à devenir plus larges, plus vastes, pour laisser résonner ce vécu particulier : laisser se déployer sans heurts le « vivre », se laisser pousser soi-même par ce « vivre » au-delà des frontières établies et connues.


Cela ne nous appartient pas, nous ne le possédons pas, cela est tel que c'est et nous devons simplement permettre que cela soit. Le corps devient la connaissance immédiate de ce « vivre » qui ne passe plus par la conscience d'un moi contraint et limité. Le « vivre » s'accomplit de lui-même et nous en devenons simple témoin.

L'assise en silence révèle cette présence à la vie et nous saisissons alors combien il est dérisoire de répondre à la question « pourquoi méditer ? ». Parce que la réponse est bien trop vaste pour être contenue dans une logique explicative limitée à une cause et un effet. Même si nous sommes poussés un jour ou l'autre vers cette pratique avec le souhait d'améliorer quelque chose dans notre existence, nous sommes un jour ou l'autre, à force de pratique, confrontés à cette réalité, qu'il y a dans cette activité quelque chose de l'ordre de l'anonymat et de l'impersonnel, que nous serions bien en peine de définir.

La réalité connue à travers la pratique méditative ne pourra jamais être saisie par une pensée, une phrase, une explication, elle ne pourra jamais être au service du moi. Quant à cette question : pourquoi méditer ? Gardons-la sur le mode interrogatif et contentons-nous de nous ouvrir au mystère révélé par chaque assise.


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mardi 10 janvier 2017

Anniversaire !




Merci de votre fidélité... et de notre phytospiritualité.

Je compte sur vous et votre présence 
pour poursuivre notre chemin 
de transformation et de guérison
à travers ce blog.

Un petit message me fera plaisir 
(je suis humain !)

Par Acou...


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La citation sur l'image est de Swami Prajnanpad






Entière sensation...


“Chacun de nous peut représenter une différence réelle et substantielle sur cette planète. En vous engageant personnellement dans une quête de la conscience, vous assumerez vraiment un rôle marquant dans la transformation du monde.”


Shakti Gawain 
La Transformation intérieure

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lundi 9 janvier 2017

dimanche 8 janvier 2017

Hommage à Damien Ricour

Comédien depuis plus de 20 ans décédé vendredi 30 décembre, Damien Ricour a toujours mis son art au service de sa foi. Il avait interprété son spectacle inspiré de l'existence de François d'Assise aux Rencontres de la joie, organisées par La Vie en mars 2015 à Paris.

« Chaotique. Tel est le contexte dans lequel je suis entré dans la vie. Non désiré par mon père, qui a plié bagage avant ma naissance, j'ai vécu mes deux premières années chez une nourrice. Ma mère, très malade, venait me voir tous les week-ends. Jusqu'à l'âge de 18 ans, j'ai veillé sur elle. Notre vie était soumise aux allers-retours entre la maison et l'hôpital psychiatrique où elle était soignée. Sans repères solides, j'ai tenté, malgré tout, de me construire, nourri de l'amour de ma mère, qui n'a jamais failli, mais aussi de celui de mes cousins et de mes oncles et tantes. 

Tout s'est vraiment dégradé dans ma quatorzième année. J'étais alors beau, entreprenant, je plaisais aux filles, je faisais rire. Accident de mobylette. Dents cassées. Court temps de coma. « Dieu, où étais-tu à ce moment-là ? » Mon enfance avait été suffisamment difficile comme ça... Première colère. Première fois que ma chair était atteinte. Qu'une porte s'entrebâillait, laissant apparaître ma fragilité. 
Un peu plus tard, au lycée, la pente glissante a débouché sur une déscolarisation. J'ai pris la route, avec cette idée que la drogue me permettrait de mourir. Dieu n'avait plus de place dans cette vie que je n'estimais pas. Vaquant de squat en squat, je prenais comme modèles des compagnons de galère, à défaut d'avoir un père.

Au bout d'un an, je suis rentré à Paris, sans argent. Un soir, désespéré, je n'ai pu que crier vers Dieu : « Que veux-tu que je fasse ? » La nuit même, j'ai rêvé de théâtre... J'aime les planches depuis mes 8 ans, lorsque je suis monté sur scène pour la première fois. Moi qui n'avais jamais su comment me situer, je m'étais enfin senti à ma place. J'existais.

Cette quête d'amour et de reconnaissance, Dieu avait dû la percevoir en moi bien des années auparavant. À l'époque, la foi était très présente à la maison. Avec ma mère, nous lisions la Bible, allions à la messe parfois, visitions les sœurs franciscaines. Et, tout petit, j'ai ressenti un appel du Christ extrêmement fort : c'est comme s'Il me choisissait. À cette élection se mêlait la sensation d'être aimé de manière inconditionnelle et d'être habité par une grande joie. Seul Lui pouvait me débarrasser de tous mes problèmes. Samuel, appelé par Dieu (1 Samuel 3), c'était moi. Ce sentiment d'avoir été élu n'était pas dénué de toute-puissance. Me plaçant sur un plan strictement humain, j'allais enfin prouver qui j'étais : « Dieu t'a choisi, il va tout planifier. Tu seras encore plus connu que Michael Jackson ! »

D'un point de vue spirituel, un autre événement marquant a eu lieu quand j'avais 9 ans, année du décès de mon grand-père maternel. Cet homme tendre, drôle et cultivé m'a beaucoup marqué. Mais, j'ignore pourquoi, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le pitre avec mes cousins lors de son enterrement. Quelque temps après, j'ai assisté à une messe en latin avec les scouts. Bien que ne saisissant absolument rien à la liturgie, je me suis soudainement et physiquement senti saisi par un souffle venu d'ailleurs. Explosion de larmes. Repentance. « Je n'aurais jamais dû rigoler, faire le clown à son enterrement... et j'ai été dur avec grand-père parfois. » Ce saisissement n'était pas du même ordre que celui que j'avais ressenti tout petit. La première fois, c'est comme si une main m'avait sorti la tête de l'eau pour me permettre de respirer. Là, ce courant, humble, doux et bon, m'avait littéralement pénétré et me faisait percevoir ma pauvreté intérieure. À 42 ans, j'en pleure encore.

Fils unique, j'ai dû, dès mon plus jeune âge, jouer à peu près tous les rôles. Au fil de ma carrière, j'ai beaucoup développé le solo, qui me correspondait bien, en alternant spectacles profanes et pièces où je témoigne de ma foi. C'est après la fameuse nuit où j'ai rêvé de théâtre que j'ai décidé de me lancer dans cette voie. Peu à peu, mon goût pour la vie a repris. Le fait d'être en représentation rejoignait mes aspirations enfantines : briller, être applaudi, aimé.

Un jour, un ami de l'école de théâtre m'a proposé de jouer une pièce sur le bon larron dans son temple protestant. Une semaine avant la représentation, j'ai participé à une célébration. Lorsque le pain et le vin m'ont été présentés, au moment du partage eucharistique, j'ai entendu cette parole au fond de mon être : « Si tu manges mon corps et bois mon sang, tu dois te donner à moi. » Si j'acceptais, mon existence prendrait un tout autre sens, je le savais. Prononçant « Oui, Jésus, je t'accueille », j'ai porté à ma bouche le pain et le vin. Pour la troisième fois de ma vie, j'ai été saisi de l'Esprit saint. Retournement intérieur. À cet âge, j'aurais pu penser que le bonheur était d'avoir une belle voiture, une maison, la reconnaissance... Ce jour-là, j'ai enfin compris que ce n'était pas la gloire qui me sauverait, mais Son amour. Dieu me prenait tout entier, pauvre, fragile, limité. C'était la plus belle chose que je pouvais recevoir. Indicible joie.

À partir de ce moment, mon seul désir a été de me construire avec le Christ. Une année au service de la vie du temple, avec le pasteur, une autre au sein de l'Église m'ont permis de comprendre que je n'étais pas appelé à la vie consacrée. En parallèle a émergé l'envie de parler de Dieu dans mes spectacles. C'est comme ça que j'ai couché sur le papier Bienvenue au Paradis, version complétée du Bon Larron. Prisons, écoles, paroisses... depuis, je joue partout où ma voix peut trouver une place.

La joie dans l'épreuve. C'est ce que j'expérimente depuis une dizaine d'années. Jalonnées de très beaux événements, comme mon mariage avec Élisabeth et la naissance de mes enfants, elles furent aussi marquées par de grandes souffrances. Durant environ deux ans, j'ai connu la dépression. À certains moments, il m'était impossible de jouer sur scène. Une seule chose m'apaisait : savoir que Dieu était là, à mes côtés. Alors, je n'ai pas cessé de lui parler. Mais parfois, l'adresse se faisait cri, face au tourbillon de solitude dans lequel je m'enlisais.

Les médecins ont diagnostiqué une forme de bipolarité. Je serai suivi à vie. Tout ce que je veux, c'est ne pas retomber : pour moi, la souffrance psychologique est la pire de toutes. Il y a eu aussi l'annonce de mon cancer à l’œil, l'été dernier, à Avignon. Juste avant de partir en tournée, j'étais tombé sur cette parole : « Rien n'est impossible à Dieu. » Sur le moment, bêtement, j'ai pensé à mon spectacle : « Cela va bien se passer. » Aujourd'hui, je pourrais compléter cette phrase par : « Il peut aller jusqu'à me faire ce cadeau. » Oui, je considère mon cancer comme un cadeau. Peu m'importe de connaître son sens ou son origine. Je sais juste que l'amour de Dieu est tel qu'Il va jusqu'à permettre cela.

Dans l'Évangile, que le paralytique guérisse ou non, Dieu va jusqu'à descendre au fond de ses ténèbres. Aussi étrange que cela puisse paraître, mes ténèbres à moi sont imprégnées de la « joie en Dieu ». Elle n'est pas volontaire ou fruit d'une méthode. Elle n'est en rien dépendante d'un contentement, de satisfactions, déceptions ou souffrances humaines. Pure, grâce, elle vient d'ailleurs. Récemment, j'ai confié à mon père spirituel que, sur la Croix, le Christ avait dû être joyeux. La joie, telle est la réponse ultime. »


Les étapes de sa vie :
 1972 : Naissance à Paris.
1981 : Mort de son grand-père.
1994 : Conversion.
2003 : Création du spectacle Debout dans le vide, adaptation de la vie de Pier Giorgio Frassati.
2005 : Mariage, dont naîtront quatre enfants.
Août 2014 : Apprend qu'il a un cancer.



Les dix premières minutes d'un documentaire sur Damien Ricour, comédien décédé le 30 décembre dernier, ont été dévoilées par les réalisateurs, James et Sabrina Gunnell. Dans le film, le comédien revient sur la dépression qu'il a traversée, mais aussi sur sa façon de vivre son cancer, toujours ancré dans le Christ.


« C’est un message de vie face à la mort qui se profile, un message d’espérance extraordinaire », explique Steven Gunnell, qui a réalisé le film avec sa femme Sabrina. « Il montre comment un couple résiste dans une épreuve, comment la foi peut permettre de traverser la maladie, quand la fin arrive. » Avec sa petite société de production KREA Film-Makers, Steven Gunnell réalise des films principalement pour des structures catholiques.

« Il faut que l’image de Damien reste dans les cœurs et qu’il aille dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas », poursuit le réalisateur. « Moi, je dis que c’est un saint. Son amour pour Dieu ne le quittait pas. Il s’est battu, avec une hargne… mais je ne l’ai jamais entendu pester ou rechigner. “Je n’ai plus qu’à me laisser aimer”, disait-il. »
Amis de Damien et Elisabeth Ricour, le couple Gunnell s’est lancé dans ce documentaire en début d’année 2016. « On voulait faire un DVD pour les aider », raconte Steven Gunnell. En effet, depuis le pronostic de son cancer, Damien Ricour ne pouvait plus se produire, en raison du retrait de ses assurances. Il avait même dû fermer sa compagnie de théâtre. « On est allé chez eux, on l’a suivi sur scène, à droite à gauche. Il avait beaucoup d’énergie. »

« En octobre sa situation s’est dégradée, on a compris qu’il ne remonterait pas sur scène. J’avais déjà fait un premier teaser. Damien m’a dit : “Fonce, fait le film, pour la gloire de Dieu”. Il a eu le temps de le voir avant de partir, il m’a dit : “C’est pas mal” ! » Après avoir eu l’aval de la famille, Steven Gunnell pense attendre encore quinze jours avant de diffuser le film dans son intégralité.

source : La Vie


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samedi 7 janvier 2017

Hommage à Guy Corneau


"Les émotions sont l'intelligence-même de la vie en nous. Elles s'adressent autant à notre mental qu'à nos sensations.
C'est l'espace de l'âme.
On en rend les autres responsables : c'est à cause de toi que je suis triste, que je suis en colère...
Or c'est faux, c'est à cause de nous : on avait certaines attentes qui reposent sur des blessures inconscientes, et les circonstances viennent nous rappe
ler les états qui s'installent en nous...
On n'est pas toujours au rendez-vous de nous-mêmes, de notre propre vie et les autres ne sont que des acteurs qui réveillent nos blessures, comme l'abandon qui vient nous rappeler que c'est nous qui nous abandonnons nous-mêmes.
La joie c’est quelque chose qui est déposé en nous dès le départ, la simple joie d'exister, la joie d'être au monde mais aussi la joie de nos actions...
Or très tôt, dès l'enfance, elle se voile et les autres émotions apparaissent comme la colère, la tristesse : on n'est plus au rendez-vous de notre propre joie.
Cela crée une frustration profonde et la seule personne qui puisse faire quelque chose c’est soi."

- Peut-on dire que les émotions sont le tissus de l’humanité ?

"C’est comme l'eau qui circule partout.
Les émotions sont un baromètre car la réactivité vient des blessures qui n'ont pas été travaillées.
On attend encore que les autres fassent quelque chose pour nous. A mesure que je prends soin de moi, que je me rencontre, je suis moins réactif et mes émotions vont servir à autre chose, à être un moteur, un propulseur de l'action juste."

- Les émotions sont donc des guides ?
" Oui si je m'en sers comme des alertes qui me disent que quelque chose se passe.
Si je me dis que cette colère est contre moi, et que je vais chercher le conflit inconscient derrière, alors l'émotion est un très bon guide, le fil de pêche qui mène au poisson qui est souvent la blessure profonde.
De nos jours, il y a une sorte de consommation de l'émotion : il ne se passe pas assez de choses satisfaisantes dans ma vie alors je consomme la tragédie du monde. Par exemple, la guerre c'est un assemblage de beaucoup d'insatisfactions de beaucoup de gens, comme un égrégore de mauvaises croyances.
La somme d'iniquité, la mauvaise répartition des richesses, l'inégalité hommes femmes, c'est le terreau de la guerre, et cela commence chez nous : est-ce que je répartis bien les richesses dans ma vie, est ce que je suis équitable envers les gens qui m'entourent, est-ce que je fais ma part pour ceux qui ont moins, pour apporter plus d'égalité ?
La guerre nous invite à regarder la guerre dans nos vies.
Dans mon couple par exemple, choisir toujours la paix, plutôt que les querelles ou le contrôle de l'autre..."


Guy Corneau
Extrait d'une interview en avril 2016 dans "Soleil Levant"


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vendredi 6 janvier 2017

Quel effet cela fait-il de méditer? par Jacques Castermane




« Imaginez, pour un instant, qu'étant dans une forêt vous n'ayez plus de noms pour ce que vos yeux rencontrent, pour ce que vos oreilles entendent, pour ce que sent votre peau. Qu'est-ce que vous rencontrez ? Ce n'est pas un « ça » puisque vous n'avez pas de concept à votre disposition, mais vous rencontrez une vie extraordinaire qui vous fait frissonner. Et dans ce frisson, c'est vous-même que vous rencontrez d'une façon inconnue ». 
 (Karlfried Graf Dürckheim)



Quel effet cela fait-il de méditer ? La méditation de pleine attention est l’occasion de rencontrer soi-même d’une façon inconnue ; parce que méditer nous libère des processus mentaux qui nous empêchent de nous voir, de nous sentir, dans notre vraie nature. Problème ! Cela n’est-il pas … « que subjectif » ? 
Pouvez-vous nous donner des preuves scientifiques, nous présenter des mesures quantitatives qui permettraient d’envisager la méditation comme ayant une base … scientifique ? 

Professeur de philosophe à New-York, Thomas Nagel a écrit, dans les années soixante-dix, un article devenu célèbre : « Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? ». Il attire notre attention sur le fait que, même si la recherche scientifique arrive à décrire, dans sa totalité, le fonctionnement du corps et du cerveau d'une chauve-souris, nous ne pourrons pleinement comprendre quel effet cela fait d'être une chauve-souris. 
Pourquoi ? Parce que, écrit Nagel : « « L'approche scientifique, ne permet pas d’appréhender l’aspect phénoménal de la conscience. La seule façon de savoir ce que cela fait d’être une chauve-souris serait de devenir nous-mêmes une chauve-souris. » 

La seule façon de savoir quel effet cela fait de méditer, est de devenir soi-même un méditant ! L’expérience vécue par la personne qui médite ne peut être réduite à une activité cérébrale mesurée et quantifiée dans les laboratoires des sciences du cerveau. 
Le calme intérieur n’est pas un état mental ; c’est une expérience phénoménale qui a pour champ le « tout » humain : « Je suis ». 
Ce « tout » qui est plus que la somme des parties qui le composent; ce « tout » qui est soumis à la fragmentation, à la dissociation, dans les laboratoires des sciences. 

Méditer ? N'étant pas soumis à l’exigence mentale de nommer ce qui se présente au « tout » que vous êtes, vous rencontrez une vie extraordinaire qui vous respire ; vous rencontrez votre vraie nature : domaine du calme intérieur, du silence intérieur.




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jeudi 5 janvier 2017

Plénitude de l'Être


Gnanananda – Henri Le Saux Plénitude de l’Etre – 
Vie et enseignement de Srî Gnanananda, 
textes présentés par Patrick Mandala, préface par Svami Atmananda Udasin, éditions Accarias/L’Originel, 2015.


Ce livre témoigne d’une tentative exemplaire de mettre à notre disposition un enseignement fondamental. Plénitude de l’Etre concerne l’enseignement d’un sage dont l’envergure est comparée à celle des plus grands maîtres de l’Inde : Srî Gnanananda. Après une introduction qui nous présente son plus proche disciple, le moine bénédictin Henri Le Saux, devenu lien vivant entre la mystique chrétienne et l’hindouisme, c’est un portrait du guru qui nous est offert, grâce au témoignage de Le Saux (1ère partie, 25 pages). La deuxième partie du livre, de loin la plus importante (88 pages), nous expose l’enseignement du maître tel qu’il a pu se diffuser à travers les dialogues entre celui-ci et son disciple.
L’un des grands intérêts de cet ouvrage, c’est le caractère méthodique de l’exposé : l’enseignement de Srî Gnanananda est exposé en 48 thèmes bien précis et aussi divers que le Guru, la grâce, le but, le Soi, les désirs, la méditation, la nourriture, le mental, les symboles, l’Eveil, etc. Ces thèmes sont eux-mêmes regroupés en cinq grandes catégories progressives, aux titres clairement métaphoriques :
I.       Un doigt pointe vers la lune
II.     Ciel voilé
III.   Au-delà des nuages
IV.  Au-delà des mots
V.    Plénitude
VI.  L’Indicible.
Ce livre est aussi précieux par le fait que les paroles du maître sont constamment reliées aux enseignements des Upanishad : cela permet de les resituer dans le contexte traditionnel de la mystique hindoue.
Autre point remarquable : cet enseignement est commenté à la fois par les précisions de Patrick Mandala, grand spécialiste de la tradition hindoue, et par celles d’Henri Le Saux, qui possédait le don remarquable de déceler des ponts authentiques entre les pensées orientale et occidentale.
Par ailleurs, les paroles du maître sont précisées par des notes régulières concernant le vocabulaire employé, ce qui contribue à la rigueur de l’exposé.
Enfin, notons qu’à la biographie et l’enseignement du maître s’ajoutent une biographie détaillée ainsi qu’une bibliographie abondante d’Henri Le Saux.


                                                                           Sabine Dewulf


Voici un livre rare qui a l’immense mérite d’être consacré à la fois à l’un des grands maîtres védantins de l’Inde contemporaine, Srī Gnānānanda, et à son disciple venu de France, le bénédictin Dom Henri Le Saux.
Srī Gnānānanda est relativement peu connu du grand public francophone. Son nom est indissociable de celui de Henri Le Saux bien plus connu en Europe pour son engagement dans le dialogue interreligieux. 
Tous s’accordent à dire que ce Sage advaïtin a l’aura et l’envergure spirituelle d’un Râmana Mahârshi. Il se dégage de son être sérénité (sama) et contentement (santosha) – qu’Henri Le Saux nomme « jubilation ».        
Srī Gnānānanda était d’abord et avant tout un jnānī, ce qui signifie celui qui a réalisé l’Ātman (le Soi), qui est établi lui-même dans la Conscience non-duelle. Son enseignement fondamental était celui du pur advaita (Non-Dualité) et est proprement universel dans sa portée. La Vérité se situe au-delà de toutes les religions et de toutes conceptualisations. 
Srī Gnānānanda appelle, non à copier son propre cheminement, mais bien à trouver en nous-même notre propre vérité et chemin, notre propre nudité et transparence. 
Puisse le lecteur trouver dans ce livre d’une grande richesse une introduction à la Non-Dualité dans sa forme la plus pure, et un guide fiable sur le chemin de la découverte du Soi.
« Le beau livre de Patrick Mandala cite abondamment les enseignements directs du sage… Il offre aussi au lecteur un excellent florilège, organisé par thèmes, qui couvre pratiquement tous les aspects de l’enseignement de ce grand témoin de l’advaïta. C’est dire l’importance de cet ouvrage qui trouvera écho auprès des chercheurs spirituels… »     
                                                                                          Svāmī Atmānanda Udâsîn


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mercredi 4 janvier 2017

On n'est pas sérieux quand on a 17 ans...


La poésie japonaise Haiku contient 17 syllabes.

La masse de Neptune est 17 fois celle de la Terre.

La Maison Blanche est située sur la 17e rue à Washington.

La momie du roi Toutankammon était enveloppée de 17 draps.

Jésus voyagea 17 ans en vue de sa préparation avant son ministère public.

Il y a 17 muscles dans la langue.

17 est le septième plus petit nombre premier.

Le nombre 17 est l'un des six nombres chanceux d'Euler.

Avec le 17, vous appelez la Police.

Aux États-Unis, 17 ans est l'âge auquel quelqu'un peut donner son sang et se porter volontaire pour être soldat.

"17 ans" est une chanson de Georges Moustaki.

17 est le numéro atomique du chlore, un halogène.

Le nombre d'années de mariage des noces de rose est 17 ans.

La ligne 17 pourra en 2030 aller de Saint-Denis Pleyel à Le Mesnil-Amelot.

L'étoile est l'arcane 17, de la paix, de la capacité à recevoir, à donner gratuitement sans aucun retour et de l'être désintéressé, ouvert.

Apollo 17 (7 décembre 1972 - 19 décembre 1972) est la dernière mission du programme spatial Apollo à emmener des hommes à la surface de la Lune.

Cet article comporte 17 phrases et je ne vous ai pas mis les 2000 autres pour ne pas encombrer cette nouvelle année...


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